Entre la vie et la mort

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Aventure #1 écrite Ven 16 Oct - 19:28


Le temple de feu était immense, parsemé de pièges et de salles habitées par les demis-dieux. Les humains qui s'y engouffraient étaient pour la plupart armés jusqu'aux dents tandis que les plus naïfs s'y aventuraient avec quelques sous en poches et une armure légère pour seul habit. La plupart savaient ce qu'ils étaient venu y chercher et ils savaient que le chemin serait rude et dangereux. Des donjons de lave, des combats contre les invocations, des énigmes à rendre fou le plus saint des hommes. Et parmi ces salles, il y avait celle de Raziel, fils de la réalité. Mais pour accéder à son repaire, les armes n'étaient pas vraiment nécessaires.

En haut d'une tour, après avoir gravi des centaines de marches, une porte en bois barrait la route. Cette porte frêle et n'ayant rien d'imposante, s'avérait être indestructible et fermée à clé. Le plus bourrin des hommes pourrait frapper contre cette piteuse barrière inlassablement tandis que la chaleur des cachots le cuirait à petit feu... Et le plus poli des hommes se saisirait de cette poignet en anneau pour toquer et être invité à pénétrer dans la demeure de la vie et la mort. Derrière cette porte, pas le repaire de celui que vous êtes venu chercher, seulement un long couloir d'ébène dans lequel il faudra oser s'avancer. Un pas, puis deux pas, puis trois pas... En s'enfonçant dans l'obscur boyau, les lumières seront enfin visible, laissant dans leur sillage une vision unique et étrange pour ce temple.

Temple du feu, c'est son nom ? Pourtant, alors que la lave semblait être la maîtresse dans le reste du donjon, ici, ce n'est pas ce qu'on retrouve. Des murs de couleur grisâtres, avec des petites choses volant doucement dans le corridor. Des choses semblable à des lucioles, n'émettant aucune chaleur et virevoltant librement dans l'espace. Sur ces murs assombri, on peut y découvrir des fresques, toutes plus magnifiques les unes que les autres. Des fresques représentant des forêts et des histoires pleines de musiques et de festivités. La chaleur y est présente, mais presque apaisante, semblable au ventre d'une mère. Ces petites lumières suivent le chemin de celui qui a osé s'engager sur cette voie, lui laissant découvrir un univers magnifique et plein de poésies. Puis, la chaleur augmente au fur et à mesure des pas. Sur les fresques, les monstres commencent à se dessiner et bougent lorsqu'on ne les regarda pas. Ils se mouvent dans l'ombre et deviennent à chaque fois plus monstrueux quand la lumière les éclaire de nouveau.

Pour arriver à la salle de Raziel, les épreuves ont été de voyager jusqu'à lui, mais son couloir n'a pas d'énigmes. Il n'est qu'un long couloir au départ magnifique, puis se plongeant dans la laideur et enfin dans la désolation. Hélas, après tout ce chemin, c'est sur un mur qu'on arrive. Vous aurez beau le toucher et le manipuler, rien ne changera. Il faudra de la patience avant que les phrases ne s'écrivent et enfin, deux phrases apparaîtront, chacune durant une minute. La première offrira ces mots "L'arme ne peut vaincre l'inexistant" et après une minute, la deuxième s'écrira "Les yeux sont trompeurs, l'instinct est sauveur".  Ces deux phrases sont l'énigme pour passer cette étape, mais une fois qu'elles ont disparut, elles ne se remontrent plus. L'arme ne pouvant vaincre l'inexistant, ne peut passer par ce qui n'existe pas. Il faudra donc se démunir et les laisser devant la porte. Et l'instinct poussera l'aventurier à croire que derrière ce mur, la pièce existe... Et ses yeux ne lui révéleront jamais le passage, mais l'instinct le fera passer à travers le mur.

C'est à ce moment là que le visiteur pourrait le voir. Dans une pièce à la chaleur presque étouffante, une statue règne au milieu de la pièce. Cette statue orangé est immobile et on ne peut voir son visage. Enroulé dans une fourrure de pierre, ce qui apparaît ressemble à une queue, mais il est impossible de vraiment savoir ce que cette forme représente. Ce que le voyageur ignore néanmoins... C'est qu'en passant par ce long couloir, son rêve le plus fou, ses plus lourds secrets et ses crimes ont été révélé au maître des lieux.
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Dernière édition par Raziel le Dim 25 Oct - 14:15, édité 1 fois
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Nérée Helireah
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Aventure #2 écrite Dim 18 Oct - 4:21



Il était une fois, une femme. Elle se tenait debout devant cette porte de bois. Immobile, ses yeux la fixaient depuis un moment déjà ; son regard même était plongé dans un vide qu’elle seule pouvait contempler. Il était une fois, une incertitude.


Il s’était passé tellement de chose, de temps. Depuis combien de temps séjournait-elle ici ? Nérée était, comme à son habitude, assise sur le rebord de sa fenêtre. Le sable à perte de vue lui semblait dorénavant si étranger, alors qu’elle avait vécue en ces lieux. Ils étaient si silencieux. La jeune femme avait, en effet, renvoyer tout le personnel qui habitait le château à Lüh : là-bas se trouvait sa nouvelle vie. Là-bas se trouvaient ses nouveaux repères et elle ne voulait pas y retourner. La demoiselle descendit du rebord, prenant au passage ses affaires qu’elle avait rassemblé quelques temps auparavant. Peut-être reviendrait-elle ici un jour, même si ce jour n’était connue que de la vie. En quelques minutes, elle sortit de sa demeure, plaçant sur sa tête la capuche de sa tenue de voyage pour se protéger du soleil. Avec ce dernier, le désert ambré ressemblait à une mer où la mort dormait paisiblement, et dont une de ses vagues vous touchait forcément un jour où l’autre – où plus rapidement si vous tombiez par mégarde sur une des créatures qui l’habitait.

C’était un nouveau voyage, un nouveau départ. Cependant, il ne ressemblait aucunement au premier. Nérée avait un but. Alors elle se dirigea vers le temps du feu, qui n’était pas bien loin de sa position. Alors elle se demanda si Ambre serait aujourd’hui encore assez clément pour lui laisser la vie sauve. Là était son premier objectif, son premier voyage parmi ceux qu’elle songeait à faire. Une sœur ? Elle n’y croyait pas encore assez pour sentir cette excitation, et cette colère d’avoir été ignorante durant ses années d’existence. Ses pieds s’enfonçaient agréablement dans le sable, comme lorsqu’elle n’était qu’une enfant. C’est ce qu’elle était. Une femme du désert, une femme qui lui avait confiée sa vie insignifiante en n’espérant point vivre le lendemain. Demain était un autre jour, demain lui importait peu.

Première hésitation. Après une heure de marche sans rencontre, la Dame Aux Fleurs se trouva devant ce grand bâtiment imposant. Elle était souvent venue ici, servant de guide aux voyageurs perdus. Mais cette fois-ci, la raison était toute autre. Cela lui rappelait son expérience au temple de la Terre, là où elle avait rencontré Nevi. Nérée s’en souvenait comme si elle venait de le vivre et pourtant, cela remontait maintenant à plusieurs mois. Même si le soleil régnait en maître dans le ciel, la chaleur qui léchait son visage ne provenait pas de lui. Alors que ses pas la rapprochaient un peu plus de l’antre des demi-dieux, la jeune femme ne sut pas si cela était une bonne idée.

Elle ne savait pas ce qu’elle venait chercher en ces lieux. Alors que ses pieds foulaient le sol chaud du temple, alors qu’elle avançait au hasard dans cet endroit immense, Nérée ne trouvait aucune explication à ses actions. L’incertitude voilà ce qui la faisait vaciller en ce moment même. Son propre monde lui paraissait bien plus réconfortant, même si elle ne voulait s’y rendre. Son évasion même ne l’attirait pas en ce moment précis, bien qu’elle restait présente dans son esprit. Elle n’arrivait pas à s’en défaire.

Ses pas la firent déambuler dans des dizaines de couloirs, gravir des centaines de marches. Il était certain que la jeune femme était perdue. Mais cela n’était pas important. Elle arriva devant un petit escalier en colimaçon, assez grand cependant pour sa personne. Même s’il y avait d’autres couloirs, c’est ici qu’elle prit une décision ; elle monta. Elle avait toujours aimée les hauteurs, ainsi ressentir une pression chaude plus marquée ne la dérangeait pas. Elle y était de toute façon habituée. Après quelques minutes, Nérée arriva en haut de la tour. Nérée arriva devant une porte de bois, simple.

Seconde hésitation. Etait-ce une bonne idée ? Peut-être rechercher une nouvelle invocation allait la perdre définitivement. Peut-être qu’elle lui apporterait autant de chose que Nevi l’avait fait. Elle s’approcha de la porte, si simple et pourtant si belle, l’effleura du bout de ses doigts. Il y avait une poignée. Et sa main monta, et sa main s’en saisit. Etait-ce contre son gré ? Un coup. Puis deux, un dernier le succédant. La jeune femme n’avait pas réfléchit, la jeune femme avait sentie l’envie de le faire et elle l’avait fait. Au final, ses hésitations n’étaient pas importantes. Elle passa le pas de la porte.

Elle avait franchi son point de non-retour lorsque la porte se ferma derrière elle. Ce long couloir qui s’étirait devant ses prunelles semblait étrange. Elle ne voyait rien. Elle ne voyait que ce son esprit et ses sens lui intimaient, et ainsi elle commença une marche dénudée de peur. Nérée avança, tout simplement. Alors que l’obscurité reine se faisait détrônée par la douce lumière, la température ambiante se faisait plus agréable, tant bien que la jeune femme se découvrit la tête. Du néant elle était passée à un état de bien être absolue. Ces lumières qui l’entouraient, elles semblaient irréelles. L’ambiance de ces lieux était bien différente de celle du temple du Feu. Puis la jeune femme s’intéressa enfin aux fresques du mur, alors que sa main dansait doucement avec les lumières. Elles étaient incontestablement belles.
Nérée observa les fresques, vit leur évolution en même temps que la sienne. Le couloir l’importait peu dorénavant, les lucioles n’étaient plus qu’une source de lumière dénudée d’intérêt. Etait-ce la chaleur qui augmentait ou bien elle-même qui avait de plus en plus chaud ? L’histoire évoluait, bien évidement. Elle laissait entrevoir la fin sans la dévoiler, la laissait sous-entendre alors que l’on chercher à l’ignorer. Etait-ce des monstres ? Ces formes qu’elle voyait sur ces murs gris, n’était qu’au final que des formes. A chaque pas un peu plus imposantes, à chaque fois un peu plus monstrueuse. Une pression psychologique apparaissait peu à peu, comme si une vérité inavouée s’inscrivait dans son esprit, au prix de cris intériorisés. Un frisson parcourra lentement son corps. Non pas parce que Nérée avait peur, bien au contraire, mais parce que cette histoire lui était familière. Ne la vivait-elle pas ? Ce voyage sans retour avait un début et une fin. Et la fin, elle ne pouvait l’ignorer. Elle ne voulait pas l’ignorer.

Nérée avait chaud. Elle était arrivée devant un mur, un cul de sac, devant la fin de l’histoire. Presque avait-elle oubliée sa présence dans un lieu divin, avec son désir de partager ses jours avec l’un de ces habitants. Insouciante. La jeune femme contempla le mur, se demanda quelle serait sa prochaine action. Allait-elle faire demi-tour ? Etait-ce une épreuve, ou bien une simple impasse. Revenir sur ses pas lui semblait impossible ; on ne revient pas de la mort.

Combien de temps s’était écoulé depuis son arrivée en ces lieux ? La demoiselle s’était assise depuis lors, contemplant ce mur qui l’empêchait d’aller plus loin. Elle attendait. Qu’y avait-il après l’histoire ? Si elle se basait sur ce que ses prunelles voyaient, c’était des mots. Ils venaient d’apparaître l’instant d’un souffle. L'arme ne peut vaincre l'inexistant. Les yeux sont trompeurs, l'instinct est sauveur. Alors elle se redressa, contemplant le mur avec le même regard qu’auparavant. Au final, cela était bien une épreuve. Fallait-il passer ce mur, ou trouver une porte ? Au final, rien n’avait changé. Les monstres étaient toujours derrière elle, la douce chaleur bien loin d’elle. Si quelqu’un devait changer, c’était bien elle. Elle était actrice dans l’histoire, elle était le personnage principal.

La seule chose qu’elle avait était ces mots. Ils étaient si simple et pourtant, si empli de sens. Alors elle décida de faire réellement l’épreuve. Elle ne pouvait de toute façon plus reculer pour elle. Prenant quelques instants pour réfléchir, elle posa sa main sur le mur comme pour en sentir les contours. La demoiselle n’était pas armée. Du moins, avec des objets coupant et donneuse de mort. Elle n’aimait de toute façon guère se battre. Si on pouvait y voir en cet instant un avantage, cela ne changeait rien que le mur restait encore et toujours un mur. Non, elle n’était pas armée dans ce sens-là. Son arme était sa personne. Ses mots, son esprit, sa manière d’agir. Sa notoriété, son statue de noble de haut rang. Devait-elle s’en débarrasser ? Un sourire fleurit sur ses lèvres. Posant son sac doucement au sol, elle enleva sa tenue de voyage, puis sa robe qu’elle portait en dessous. Elle délaissa ses fleurs ornant sa chevelure, rangea ses bijoux. Ainsi désarmée, ce qui la distinguait physiquement avait été délaissé.
Elle avait toujours agit d’une manière déterminée, bien que pour beaucoup de gens cela paraissant sans aucune réflexion ou logique. Etre ainsi aurait pu être gênant si Nérée n’aurait pas été seule. Elle restait, au fond d’elle, éduquée comme une noble. Au final, ce mur n’était qu’un mur. La façon dont l’être divin lui infligeait l’épreuve était intéressante. Alors elle inspira, les paupières closes, faisant le calme dans son esprit.
Les yeux sont trompeurs, l'instinct est sauveur.

Alors elle laissa derrière elle ses propres armes, ce qui la constituait et ce qui la rendait immortelle à ses yeux. Ses affaires la rendait Nérée, mais son corps ainsi nu ne pouvait qu’être comme celui de tout Homme. Alors elle laissa ses propres yeux. Elle n’avait en ce moment plus besoin d’évasion, n’avait plus besoin du monde dans lequel elle évoluait depuis bien trop longtemps. Elle était simplement Nérée, qui agissait selon son esprit le plus simple et pourtant le plus recherché. Entre la vie et la mort, il existait bien quelque chose d’indéfinissable. Elle avait un pied dedans, et elle mourrait d’envie d’y plonger toute entière. Elle voulait connaitre la déchéance ou la joie, elle voulait savoir ce qui allait se passer si ce mur n’en n’était pas un. Au final, un mur est simplement s’il est pensé comme tel. Passant une main dans ses cheveux, la jeune femme recula de quelques pas pour mieux avancer.

La chaleur entoura rapidement son corps, s’engouffra dans ses poumons, lui faisant ressentir une sensation de bien-être et d’oppression. Elle aimait cela. Rouvrant ses paupières, ses prunelles se posèrent sur une forme indéterminée trônant au milieu de la pièce.
Etait-ce un monstre ? Son instinct lui susurrait de toucher cette statue qui l’attirait tant et pourtant, il lui conseillait dans un même instant de ne point s’en approcher. Cela pouvait être dangereux. Cela pouvait la tuer, comme la chaleur qui l’étouffait peu à peu. Et pourtant cela était si apaisant. Etait-ce la vie ou la mort, ce qu’elle sentait là ? Cela était bien après, pendant, et bien avant. Un tout à la fois et dans un lieu où elle ne semblait pas exister. Dans un lieu où son existence avait réellement un sens. Alors Nérée s’en approcha doucement, peut-être pour simplement mieux en discerner la signification de la statue. Une queue ? Elle ressemblait à une queue d’animal. La forme de cette statue orangée l’intriguait.
Malgré tout, elle ne put que contempler sa douce couleur orangée, rappelant son beau désert, une envie de l’effleurer du bout du doigt la traversant de toute part.

Mais elle s’arrêta.




« Oh my God, I see how everything is torn in the river deep
And I don't know why I go the way
Down by the riverside. »
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Aventure #3 écrite Mer 21 Oct - 0:27

Elle regarde ses mains gantées avant de soupirer. Pourquoi n'avait-il pas réussi à trouver meilleurs habits pour la vêtir convenablement ? Elle grogne et lance un regard mauvais sur l'homme qui l'accompagnait. D'autant plus que ses blessures, comment étaient-elles arrivées sur son corps magnifique, lui faisaient encore mal malgré les soins d'Hasmael. Piètres soins. Pourquoi refusait-elle de le congédier ? Ah oui, parce qu'elle ne pouvait pas, il était là pour la garder en vie, il était son seul repère, a vrai dire, il était tout pour elle, en cet instant. Nouveau grognement et elle râle d'avoir renvoyer définitivement Ika et Rook. Mais de si frêles créatures ne pouvaient prétendre servir la reine qu'elle était. Enfin, la reine en devenir car elle avait bien l'intention d'aller reprendre ses droits dans les terres du nord. Pour une fois que son minable serviteur avait une bonne idée.

Nausicaa, au regard froid et dur, mène sa monture d'une poigne de fer tandis qu'elle traverse les contrées, suivie par son chevalier servant. Plutôt grand et fier de lui, il abordait également une mine fermée, glaciale. Vêtu d'une légère armure, il abordait à sa ceinture une épée de belle facture. Elle lui avait, en effet, ordonné d'aller les équiper de la meilleure façon qui soit et en deux jours, ou trois, elle ne savait plus tant cela lui avait paru des siècles, ils s'étaient équipés d'une façon bien trop modeste à son goût. La jeune femme, vêtue d'une tenue peu pratique pour le genre d'expédition qu'elle menait, soupire avant de passer une main sur le col de sa cape. Moui, une facture presque noble mais pas encore assez pour habiller la royale personne qu'elle était.
Ses cheveux, désormais courts, dansaient dans la légère brise qui leur faisait face.

Fière d'elle, son regard, bien que rouge et inhabituel, fixait l'horizon sous cette lune salvatrice. Elle ne pouvait voyager de jour sous peine d'avoir de gros problèmes. Puis porter moult protections n'était pas ce qui lui plaisait le plus. Il faudrait qu'elle s'en accommode pourtant lorsqu'ils arriveraient à la lisière du désert. Car arrivé devant cette grande étendue infinie de sable, il n'y avait plus d'arbres pour la protéger du soleil. Soupirant doucement, elle chasse ces pensées de sa tête et continue sa route avec prestance et dignité.

Une semaine passa, peut-être même plus, jusqu'à qu'ils rejoignent le désert ambré. Pourquoi désirait-elle traverser ces terres puant la mort ? Tout simplement pour rejoindre le temple du feu et asservir un autre chien des dieux. Elle n'avait pas assez de puissance sous la main pour asservir le nord et quoi de plus puissant qu'un esclave maîtrisant le feu ? Elle lance un regard à Hasmael, toujours aussi passible, puis elle soupire de nouveau avant de mettre pied à terre pour se dégourdir les jambes. Ils avaient eut de la chance, ils n'avaient rencontré aucuns brigands ni même aucuns monstres. Peut-être que l'aura divine de l'esclave qui la suivait décourageait les plus féroces ? Nausicaa hausse les épaules et réarrange sa tenue, soucieuse de l'apparence qu'elle pouvait montrer. Son regard, plus hautain que jamais, fixe le sable presque blanc. Le soleil s'y reflétait, douloureusement. Elle avait l'impression d'être déjà venu ici, et ce ne serait pas idiot compte tenu qu'Ika avait été sous ses ordres, mais elle n'arrivait pas à mettre la main sur les souvenirs liés à cet instant.

Légèrement énervée, la demoiselle, dans un geste peu gracieux, saisit une poignée de sable avant de la lancé vers le désert. Là elle s'arrête, regardant au creux de sa main le sable fin s'écouler, tout comme sa vie. Pourquoi avait-elle l'impression d'avoir tout oublié ? Pourquoi Hasmael refusait-il de lui révéler quoi que ce soit ? Et a qui appartenait ce visage qui venait la hanter parfois dans ses songes ? A qui appartenait cette voix qui lui murmurait des mots doux ? Pourquoi avait-elle l'impression d'avoir perdu quelque chose de cher à ses yeux ?
Les derniers grains tombèrent sans qu'aucune réponse ne lui soit donnée. Énervée et frustrée, la jeune demoiselle de vingt ans enfourche son cheval et commence à s'avancer dans le désert.

Le soleil se levait et elle commençait à ressentir les désagréments dus à sa maladie, à sa tare génétique. Encore une chose dont elle ne serait pas trop mécontente de se débarrasser. Alors qu'elle pestait intérieurement, une longue cape de lin, légère mais tout de même protectrice, vint la recouvrir. Son regard rubis de détourne alors vers l'homme qui la suivait. Cet homme qui ne faisait qu'obéir à ses ordres, cet homme qui était lui aussi un enfant des dieux, une créature divine réduite au rang d'esclave.
Sans un mot, elle arrange la cape sur ses épaules et donne un léger coup de talon sur le flan de sa monture pour la faire avancer dans le désert. Mais il fait chaud, beaucoup trop chaud pour la pauvre créature qui fini par s'effondrer sous un soleil de plomb. Râlant et pestant contre son cheval, elle n'a cependant pas d'autres choix que de la laisser mourir sous le soleil. Elle ne prend même pas le temps d'abréger ses souffrance et continue sa route sans se retourner, sous le regard impassible du fils de Terra.

Les secondes deviennent des minutes et les minutes des heures. Le soleil tape sur sa légère cape de lin et elle peine à avancer dans l'immense désert. Elle a soif mais sait, par expérience, qu'il ne faut boire que très peu sous peine de finir par mourir de déshydratation. Cela peut paraître stupide mais en fait non. Mais peut importe les raisons, elle a chaud, elle est fatiguée et ce genre d'exercice n'est pas fait pour sa royale personne...

Soudain, elle aperçoit un bâtiment, immense, au milieu des dunes. L'espoir renaît, elle n'avait croisé alors que des mirages et autres fantaisies dues à la chaleur. Nausicaa déglutit avant de regarder son serviteur qui ne semblait pas plus gêné que ça par l'étouffante chaleur. Elle hausse un sourcil avant de se redresser avec ses ultimes forces, et de parcourir la distance restant entre elle et le grand bâtiment qui pouvait être son sauveur ou bien un énième mirage qui la mènerait à sa perte. Alors qu'elle allait s'effondrer dans un énième soupir las, elle foule un sol pavé. L'air, qui n'était pas plus frais, semblait différent de celui du désert. Le temple, enfin, elle croyait... Mais cette croyance fut confirmée par les raidissements d'Hasmael.

Sans prendre le temps de s'inquiéter pour lui, elle avance dans ces longs couloirs avec plus de vigueur. Une vigueur retrouvée grâce à une certaine excitation. Elle ne fait pas attention aux multiples râles et grognements qui s'élèvent dans ces grands couloirs, non, elle sait où elle veut aller. Tout là haut, elle veut rencontrer le meilleur de tous. Celui dont la cellule sera si difficile d'accès que personne, ou presque, n'y serait arrivé. Elle voulait ce chien d'Ignis, cet esclave. Elle voulait la puissance pour conquérir le nord, pour mettre sous sa domination toutes ces âmes perdues.
Alors elle s'enfonce dans le temple, sans prendre le temps de qu'inquiéter de savoir si Hasmael la suit ou non. Enfin, elle arrive devant une porte close, au plus profond du temple, du moins c'est ce qu'elle espérait.

Ni une, ni deux, elle tente de l'ouvrir de force, car aucune porte ne peut résister à la reine en devenir qu'elle était. Mais rien à faire, elle ne s'ouvre pas. Soupirant, elle pose les mains sur la porte de même que son front. Ce n'était pas le moment d'abandonner... ôtant sa capuche, dévoilant ainsi un visage blanc malgré les rougeurs qui le parcouraient, elle fixe le sol de ses yeux rubis avant de se rappeler que gouverner voulait aussi dire savoir se comporter avec noblesse. La jeune femme se redresse et frappe à la porte. D'elle même, cette dernière s'ouvre, dévoilant à l'albinos un long couloir sombre. Elle dégluti et serre les poings. Désarmée, elle n'est pas prête à affronter quelconque danger, mais elle comptait sur le garde du corps qui la suivait pour la protéger de tout danger. Alors, bien que tremblante, elle s'avance dans le couloir, sans se retourner. Sans se rendre compte que la divinité qui l'accompagnait ne pouvait aller plus loin.
Le couloir s’assombrit et sa peur grandit. La sueur perle sur son front, coule le long de son échine, la faisant frissonner. Sa longue marche s'arrête au pied d'un mur.

Elle attend, impatiente, énervée. Les poings serrés, la gorge nouée, la peur au ventre, elle fixe ce mur, attendant malgré sa patience limitée. Là, à une minute d'intervalle, deux phrases apparaissent puis disparaissent. Et... plus rien. La jeune demoiselle, intriguée par cela se retourne pour espérer avoir un soutient ou une quelconque réponse d'Hasmael. Mais rien, il n'est pas là. Très vite, la colère cède à la panique. Où est-il ? Qu'est-il advenu de lui ? Rien aux alentours. Elle tremble de nouveau, scrute chaque recoins du couloir avant de repérer un tas de choses délaissées au pied du mur. L'albinos se baisse et observe, sans toucher cependant. Une personne était-elle morte ici ? Ou était-ce la réponse à l'énigme posée ? Soupirant longuement, elle décide de céder à la seconde hypothèse. Elle faisait cela pour ne pas laisser la peur l'envahir plus encore. Noble et sage choix de sa part. Quelque peu hésitante, Nausicaa se dévêtit et laisse la douce chaleur venir caresser sa peau. Combien de fois était-elle venu dans cet endroit ? Combien de fois avait-elle arpenté les couloirs de ce temple ? Elle avait croisé la mort, de nombreuses fois, toujours présente par le biais de cadavres parfois encore frais.
La jeune femme, désormais nue de tout apparat et de toute dignité, pose un bras pour cacher ses attributs féminins. Elle rougit, de honte, mais quelle honte y avait-il a avoir en ce moment même ? Elle était seule, coincée face à ce mur. Ce mur... pourquoi avait-elle l'impression qu'il était faux ? Elle inspire grandement avant de fermer les yeux et d'avancer lentement vers ce mur. Stupide, tout simplement, elle finirait par se le prendre, dans quelques pas... qui ne vinrent jamais. Elle ne percuta pas le mur. Surprise, elle ouvre les yeux et découvre une autre salle, étrange.

Une autre femme était présente, elle aussi nue. Désormais rouge pivoine, l'albinos regarde autour d'elle. N'était-ce pas là une blague de très mauvais goût ?
Mise à part une salle qui paraissait normale, il n'y avait rien si ce n'était cette femme et cette étrange statue. Nausicaa sent un poids s'ôter de ses épaules et elle se détend un peu. Néanmoins, elle reste toujours gênée et pudique devant cette nudité. La jeune femme, tout de même curieuse, s'approche de l'inconnue et de l'étrange statue. Piège ? Blague ? Embuscade ? Qu'avait-elle à perdre maintenant qu'elle était prise dans cet étau ? Rien si ce n'était la vie. Et bien qu'elle veuille la garder, elle n'avait pas peur de la mort, en future reine qu'elle était, elle se devait de devenir Homme. Elle se devait d'exister et de prouver à autrui qu'elle n'était pas une simple femme frêle et sensible. Non, elle était Nausicaa, conquérante en devenir des terres du nord. Et ce n'était pas une statue, une salle à la chaleur étouffante et une jeune femme nue qui allaient l'effrayer. Ainsi, elle inspire à nouveau, laissant la chaleur venir brûler ses poumons. Elle inspire et prononce de sa voix claire et forte, elle prononce ses désirs, on ne peut plus clairs désormais.

Qui que tu sois, enfant des Dieux, tes petites plaisanteries ne m'amusent guère. N'as-tu donc rien d'autre à faire que de t'entourer de mystère tout en convoquant la nudité des femmes ? Seules à être assez raffinées pour passer chacune de tes énigmes, à commencer par la porte. C'est bien l'attitude d'un mâle que nous avons là. Et moi, Nausicaa, quémande à te voir en face de moi. Je jugerais alors si tu es digne de me servir ou si tu n'es qu'un chien sans valeur.

Sur ces mots, fiers et puissants, elle regarde l'autre femme de haut, sans rien dire.
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Aventure #4 écrite Dim 25 Oct - 14:15


Il avait perdu la notion du temps il y a bien longtemps. Caché dans son cocon de pierre, il dormait, mais écouté. Il s'était figé, mais il voyait ses hôtes ou plutôt, il les avait vu, il les avait senti. La première jeune femme a être rentrée semblait sûr d'elle. Elle ne sentait pas la peur, mais à vrai dire, la juger était complexe. Elle ne respirait pas le courage ou la puissance, mais n'avait rien d'une biche fragile qui attendrait la venue du beau chasseur venu l'aider à traverser des terres inconnues. Se plonger dans son esprit n'avait pas été difficile, mais sa conception du monde était loin d'être anodine. Raziel n'avait sans doute jamais rencontré pareil personnage avant celle-ci, c'était intriguant et agaçant à la fois. Le plus surprenant fut son arrivée au sein de la salle de l'invocation. Personne jusque là n'avait répondu à l'énigme de la sorte. Mais ce n'était pas fini.

Cela faisait bien longtemps qu'aucun visiteur n'était venu... Mais une jeune fille s'engouffra dans le tunnel, prévenant la créature de sa venue. Il attendit donc sans se mouver, occupé à s'attarder sur ses pensées jusqu'à se heurter violemment à un mur de magie. Il fut frustré et étonné, mais également curieux de découvrir cette nouvelle venue qui tremblait de tout son être malgré cette vile arrogance qui dévorait ses chairs. Lorsqu'elle parvint jusqu'à lui et son visiteur précédent, Raziel se décida à enfin témoigner sa présence, jusqu'à ce que des paroles acerbes ne l'interrompe.

- Qui que tu sois, enfant des Dieux, tes petites plaisanteries ne m'amusent guère. N'as-tu donc rien d'autre à faire que de t'entourer de mystère tout en convoquant la nudité des femmes ? Seules à être assez raffinées pour passer chacune de tes énigmes, à commencer par la porte. C'est bien l'attitude d'un mâle que nous avons là. Et moi, Nausicaa, quémande à te voir en face de moi. Je jugerais alors si tu es digne de me servir ou si tu n'es qu'un chien sans valeur.

Il ne pu s'empêcher. Un rire rauque et puissant s'échappa de la statue de pierre qui se craquela. Il semblait plus imposant qu'il ne l'était en réalité, avec ce boucan dans le fracas des fragments de pierres qui tombaient à terre, dévoilant sa magnifique fourrure orangée. Sa queue s'abaissa et vint entourer ses pattes et lentement, la bête releva son crâne immaculé pour contempler les deux êtres face à lui à l'aide de ses deux orbites creux. Ses oreilles étaient fièrement dressées sur son crâne et son pelage s'ébouriffa jusqu'à ce que la poussière ne soit plus. Il dévoila donc sa véritable apparence, ce sourire de chat se recourbant sur sa mâchoire puis, il se leva. De quelques pas agiles, il fut rapidement auprès de la jeune albinos qu'il contourna avec malice. Sa queue touffu caressa ses cuisses, puis remonta sous son menton pour irriter d'avantage l'humaine.

- Ô ma reine, vous êtes aussi resplendissante que vous êtes réfléchie. N'êtes vous pas celle qui vous êtes dévêtue ? Jamais mon énigme n'a demandé à voir un si jolie corps nu. Ne vous êtes vous pas contentée de suivre le troupeau et d'imiter votre concurrente ? J'appelle ça de la tricherie et je n'aime pas beaucoup les tricheuses.

Puis, dans un nouveau bond vif et rougeoyant, il s'approcha de sa sœur plus rousse. Il vint s'asseoir bien droit face à elle, sans un mot, mais sans se départir de cet air enjoué et souriant, bien qu'il fut plus plongé dans la réflexion que l'amusement. Ses oreilles s'agitèrent et il pencha légèrement la tête sur le côté, comme un chiot qui ne comprendrait les mots de son maître et il reprit, d'une voix moins moqueuse.

- Tu es parvenue jusqu'à moi, mais ta réussite n'a pas de sens. Si ton âme, tes mots et ton corps sont tes armes, alors quitter ta peau de tissu n'y changerait rien. Ta tenue n'est qu'une enveloppe au danger, comme un fourreau l'est pour son épée. N'aurais-tu pas dû te peler la peau, te couper la langue puis t'arracher le cœur ? Ça ferait plus de sens, à mon sens.

Il tourna les talons et reparti à sa place initiale. Il s'allongea dans la poussière, les pattes avant croisées entre elles et reposa ce qui semblait être son regard sur les énergumènes.

- N'avez vous pas une requête à me faire si vous êtes venues jusqu'à moi ? Oh, dois-je également vous demander, petite reine, de penser par vous même ? A moins que mes mots n'est étaient trop durs pour vos élégantes oreilles et que le chien sans valeur ne soit plus à la hauteur.

Raziel n'aimait pas vraiment se faire appeler ainsi, mais il était suffisamment sage pour ne pas prendre la mouche au moindre mot déplacé. Être enfermé dans un donjon pendant des années laissait le temps de réfléchir et sa libération dépendait de ces deux jeunes filles actuellement, il ne devait pas les faire fuir. De plus, malgré tout, la souveraine couvait un secret que l'invocation désirait dérober. Il voulait en comprendre sa cause.
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Aventure #5 écrite Lun 26 Oct - 1:08


Ce chien se mit à rire. Elle serre les dents et darde son regard vers la statue qui se révèle vite être l'invocation en question. La tête haute, elle toise cette chose affreuse, plus affreuse encore qu'Hasmael qui pourtant battait des records en terme de mocheté. La jeune demoiselle souffle d'orgueil devant ce demi-dieu. Cependant, elle ne put s'empêcher de rougir plus encore lorsqu'il vint taquiner ses jambes nues de la longue queue touffue. La jeune albinos, encore innocente malgré son âge, ne se soucia guère, par la suite, du fait que l'appendice de la divinité vienne taquiner son menton. Se remettant doucement de cette caresse qui la gêna beaucoup, elle fixe son regard rouge, déterminé et hautain dans ces orbites vides de tout organe propre à la vue.

Désormais largement irritée par les paroles de cet esclave, la jeune femme croise les bras et le défie du regard. Tricher ? Qu'était-ce tricher ? Elle n'avait nullement usé de cette tactique non noble, non, elle avait tout simplement suivit son instinct et... Elle grogne, fronçant les sourcils. Si seulement elle avait une épée ou autre, elle l'abattrait de suite sur ce crâne affreux, laid, sans aucune élégance. Son regard va rapidement scruter la salle avant de se reposer sur l'invocation, plus déterminée que jamais. Elle n'allait pas se laisser se faire insulter de la sorte.

Nausicaä serre les poings. Un tel affront, devant sa personne ? Mais qui était-il pour la juger ainsi ? Parce qu'il était la création, l'esclave d'un Dieu, il se permettait de se montrer hautain devant elle ? L'albinos, qui regrettait vraiment de ne pas avoir d'arme en cet instant, sourit, un sourire franc mais néanmoins narquois. Elle s'avance, de sa démarche élégante mais tout de même nonchalante. Elle s'avance sans faire attention à l'autre humaine présente. Une humaine trop faible pour qu'elle puisse s'élever au rang d'adversaire aux yeux de la frêle albinos.
Elle s'avance donc et se campe face à cet enfant déchu. Quelle pauvre créature, au final. Condamnée à la servitude éternelle, condamnée à être plus inférieure que les esclaves. Condamnée à servir la pire des créatures sur cette île. L'Homme, bien que grand de part ses idées, était aussi la pire des choses. Stupide, idiot, incapable de voir autre chose que ses propres intérêts. Il était drôle de comparer cette créature, ce chien à ces humains. Il était drôle de voir que lui aussi ne voyait guère plus loin que son propre intérêt qui était de sortir de cette geôle millénaire. Il était enchaîné mais voulait prouver le contraire par une épreuve puérile.

Le prisonnier se plaisait à se croire libre en inventant mille labyrinthes pour perdre son gardien qui connaissait chaque chemin de ces dédales de folie. Il était fou, fou d'être enfermé depuis si longtemps. Elle le savait, ces créatures ne pouvaient qu'être folles, elles étaient inférieures, indignes. Et pourtant elles étaient de vraies armes, des armes de conquête. Oui, elle était déterminée à faire preuve de gentillesse envers cette aberration des Quatre. Elle était déterminée à le libérer pour une fausse liberté car elle avait besoin de lui, elle avait besoin de la puissance d'Ignis pour délivrer le Nord de tous ces hérétiques. Elle avait besoin de lui pour reconquérir son trône. Elle effacera donc cette ardoise d'affronts, d'insultes, de moqueries.

Toujours sans faire attention à l'autre demoiselle, elle soupire et passe une main, légère, dans ses cheveux blancs, si magnifiques. Puis elle se baisse et saisit une poignée de sable au sol avant de se redresser, de fixer l'invocation et d'ouvrir la main, laissant le sable fin s'écouler. Le temps passait, pour elle, pour les autres, mais pas pour ce prisonnier fou, pas pour cet esclave qui se complaisait dans sa moquerie. N'avait-il donc jamais eu de visite avant elles ? D'ailleurs, son choix était déjà fait. Nausicaä n'était pas si idiote. Elle avait bien compris qu'il s'était intéressé à cette frêle humaine qui n'avait dit mot depuis. Mais l'amnésique était combattante. Elle ne voulait plus fuir. Par ailleurs, avait-elle déjà fuit ? Elle ne savait pas, même si cette étrange impression d'avoir oublié quelque chose était toujours présente.

Regarde, dit-elle, regarde moi bien et regarde ce sable qui s'écoule. Comme lui, tu n'es rien, absolument rien. Tu ne veux pas nous blesser ni même nous faire fuir. Tu as besoin de nous pour sortir de cette prison. Pauvre fou, pourquoi donc t'entêtes-tu à dénigrer les seules clés de ta délivrance, alors ? Espères-tu un brin de clémence de ma part ? De sa part ? Dit-elle en pointant du doigt la jeune demoiselle.

Elle soupire et son regard se fait brillant, plus dur. Oui, si elle avait put, il n'aurait plus de tête à présent.

Il est vrai que je n'ai pas été des plus futées que de suivre sans réfléchir. Mais toi, ne suis-tu pas les autres ? A faire des épreuves ? Ne suis-tu pas tes confrères dans votre folie ? N'est-il pas plus simple de choisir sans épreuve ? Tu me juges stupide, idiote, et de surcroît tu penses que je suis incapable de penser par moi-même. Mais fais le toi-même, esclave de tes créateurs.

Elle inspire et remet en place une mèche folle.

Je ne vais pas me plier plus longtemps à tes désirs stupides. Si tu veux que je m'en aille, je le ferais, mais hélas pour toi, tu perdras un choix. Tu sera alors condamné à suivre la voie que l'on t'offre et non suivre tes propres choix. Tu ne m'es pas utile, oui, tu es pathétique. Ce n'est pas à toi de juger si l'on est digne de te posséder, mais à nous de voir si tu es digne de nous servir. Tel un acheteur devant un cheval. La monture ne choisit pas son cavalier. Tu n'es rien si ce n'est un esclave. Et encore, un esclave est plus libre que toi.

Nausicaa se recule, croisant les bras, ne se souciant plus de sa nudité. Après tout, l'Homme naît nu, alors pourquoi s'encombrer de vêtements futiles ?

Que tes oreilles sifflent, saignent, s'abaissent devant mes paroles. Prends conscience de qui tu es et remets toi à ta place. Tu n'es pas un dieu, tu n'es même plus un demi-dieu. Tu es juste l'ombre de ton passé, invocation. Alors cesses tes mystères et vas droit au but.

Sur ces paroles, elle lui tourne le dos avec orgueil avant d'aller s'adosser à un mur, le regard brillant le un sourire narquois affiché au visage. Comment allaient-ils réagir, tous deux ? Allait-elle enfin entendre la voix de cette jeune femme ? Allait-il finir par s'énerver ? Elle avait fait ce qu'elle avait à faire. Oui, elle venait de mentir sur ses intentions, mais elle n'avait eu envie de satisfaire les attentes de ce chien esclave de lui-même. Elle avait un égo à préserver, une réputation à tenir et ça n'allait pas être une invocation sur un tas de caillou qui allait la faire ployer.
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Aventure #6 écrite Dim 1 Nov - 15:06

Et alors qu’elle entendait le bruit de pas étouffés derrière elle, la jeune femme commença à sourire. Pourquoi avait-elle franchi cette porte ? Au final, peut-être que ce qu’elle cherchait ne se trouvait pas devant elle. Cela allait devenir intéressant.

Ainsi elle ne fit rien. Il est vrai qu’elle n’aurait pensé être dérangée par une autre personne, bien que cela ne la trouble pas. Qu’on pose son regard sur son corps l’indifférenciait. Pourtant, à l’instant où elle avait franchi le mur, la personne était devenue sa rivale. Une concurrente, une personne futile qu’il fallait devancer pour atteindre ses objectifs. Ces pensées, Nérée ne les aimaient pas. Elles étaient si réductrices. Si insignifiantes.
Il y avait quelqu’un qui marchait, derrière. Quelqu’un qui se rapprochait doucement, pour arriver à ses côtés. Nérée tourna légèrement son regard et découvrit un visage rougit, peut-être liée à une autre cause que la chaleur qui léchait sa peau. Etait-elle gênée ? Elle était, elle aussi nue. Elle était, elle aussi belle. Elle semblait jeune. Elle avait les cheveux de neige et le regard de sang. Elle se tenait devant la statue, et même si au final peu de choses différentiaient, elle semblait d’un tout autre caractère. Cela se voyait à sa manière de se tenir, son regard empli d’un fort sentiment. Sa rivale semblait fort intéressante, la jeune femme
Et elle prit la parole.

Nausicaä. Cette femme qui la regardait d’un air hautin avait un nom qui ne lui ressemblait pas. A ce regard elle ne fit rien, son expression faciale était redevenue neutre depuis un long moment. Non pas parce qu’elle contenait son sourire, mais parce que la réaction était simplement futile. Elle plongea son regard dans le sien, songeant à ses dires. Il était vrai qu’être intimité n’avait aucun sens en ces lieux. N’avait aucun sens pour Nérée. Mais ses paroles s’étouffèrent lentement dans le silence de la salle, comme si elles n’avaient eu aucun impact. Le Demi-dieu était-il seulement encore vivant ? La Dame Aux Fleurs avait apprécié cette agressivité, cette façon de s’imposer semblablement à une Reine alors qu’elle n’était rien, comme elle. Cette albinos était amusante, cela contrastait bien avec l’ambiance trop incompréhensible et plaisante du temple des Demi-dieux.
Mourir de l’immortalité était absurde, et pourtant il en prenait tout son sens en ces lieux.

Une minuscule pierre tomba du haut de la statue, venant s’écraser sur le sol poussiéreux dans un bruit étouffé. Elle roula jusqu’au pied de la jeune femme, mais son regard resta fixé sur les hauteurs de la salle. Cela se craquelait. La pierre se fendait de toute part, les morceaux qui en tombaient se faisant de plus en plus imposant. Bien que Nérée se trouvait à une distance assez grande pour ne pas être touché par les éboulements, la poussière qui se souleva rendit difficile sa respiration. Mais tout cela n’était pas important. Le rire qui parvenait à ses oreilles balaya son âme alors qu’enfin le demi-dieu daignait informer les prétendantes de sa présence. Il se tenait face à elles, vide et empli de toute vie. Il semblait les regarder, alors que son attention pouvait aussi se porter sur son propre pelage. Puis le silence retomba, alors que toutes les pierres s’étaient immobilisées. Puis il s’avança.

Cela n’étonna guère Nérée de voir le Demi-dieu se tourner dans un premier temps vers sa semblable. N’était-ce pas elle qui avait attirée toute l’attention ? Elle ne lui en portait cependant déjà plus. Ainsi la jeune rousse ne nota point les taquineries de l’invocation qui rendaient encore plus rouge la Reine en devenir, ni ses dires pour commenter sa venue en ces lieux. Ainsi elle négligea les réactions risibles de sa compagne. Il était pourtant amusant de la voir passer de la gêne à la haine. Nérée passe une main devant ses yeux pour en ôter la poussière et la bête se trouvait déjà devant elle, penchant la tête sur le côté. Ce dernier lui adressa la parole. Sans aucun sens ? Elle ne répliqua pas. Elle l’écouta simplement, sachant que tout cela ne faisait que commencer. Ainsi elle le laissa retourner à sa place, comme si rien ne s’était passé. Cela était insignifiant. Aussi insignifiant que la requête.
Au final, rien ne pouvait avoir de sens.

Et alors qu’elle entendait le bruit de pas étouffés devant elle, la jeune femme commença à sourire. Allait-elle réellement continuer vers sa déchéance évidente ? Au final, peut-être que celle qui allait la sauver se trouvait devant elle. Cela devenait intéressant.

Elle avait croisé les bras, serré les poings, affiché son mécontentement. Elle se trouvait maintenant à quelques pas de la Dame Aux Fleurs ; elle s’était avancée pour certainement se confronter à l’invocation. Elle l’observa alors, puis se détacha de ce qui allait devenir ennuyant. Elle le sentait, ce sentiment qu’elle avait vue dans son regard, elle n’allait plus la contenir. Nérée alors lui tourna le dos, posant son regard sur chaque recoin de la salle. Il fallait attendre que cela cesse. Tout simplement. Il faisait si chaud ici. Passant une main dans sa chevelure encore pleine de poussière, la demoiselle soupira faiblement. Avait-elle choisie la bonne personne ?

Elle continuait à parler, encore et encore. Elle l’entendait comme une douce mélodie rouge comme les roses. Elle crachait sur l’être qui se tenait devant elle, oubliant tout, se foutant de tout. Qu’y avait-il à dire de plus ? La jeune femme longea le mur et s’arrêta, sans se soucier de l’albinos qui continuait son monologue inintéressant. Elle n’écoutait plus. La poussière s’engouffrait entre les doigts de ses pieds, se soulevait à chacun de ses pas pour en adoucir le bruit. Et puis, silence. Ce silence apaisant, qui comme un souffle d’air balayait cette pièce si chaude. La femme s’était arrêtée, et posée dos à un mur non loin. Peut-être n’avait-elle pas tout écouté, son esprit en avait retenu l’essentiel. Pourquoi pensait-elle soudainement à cette ancienne chanson depuis que ses pieds foulaient la poussière ? Et sans qu’elle ne s’en rende compte, ses pensées se transformèrent en paroles, brisant le silence roi. Sa voix raisonnait dans cet endroit.

« They see you as small and helpless
They see you as just a child
Surprise when they find out that a warrior will soon run wild
Prepare for your greatest moments
Prepare for your finest hour
The dream that you've always dreamed is suddenly about to flower
We are lightning
Straying from the thunder
Miracles of ancient wonder
This will be the day we've waited for
This will be the day we open up the door
I don't wanna hear your absolution
Hope you’re ready for a revolution
Welcome to a world of new solutions
Welcome to a world of bloody evolution
In time, your heart will open minds
A story will be told
And victory is in a simple soul
»

Petit lien si vous voulez la musique

Elle s’arrêta. Son visage était maintenant en face de celui de l’albinos, à quelques centimètres. Alors lentement elle posa sa main contre le mur, à côté d’elle. Pour qui avait-elle chantée, au final ? Peut-être était-ce sa requête. Mais celle qu’elle regardait en ce moment même n’était pas l’être divin. Depuis quand avait-elle changée d’idée ? Elle posa son regard dans le sien. S’était-elle maintenant calmée ? De toute façon, le Demi-dieu n’avait plus son importance d’avant. Les secondes s’écoulèrent, interminables. Ainsi d’un coup elle se redressa, se tenant devant elle sans intimidation. Elle la regardait d’égal à égal. Etre nue n’avait que peu d’importance.
Peut-être depuis le début elle était venue pour cela.

Elle ne voulait pas laisser le temps au Demi-dieu de l’interrompre. Au final, ce dernier n’avait eu qu’un rôle secondaire dans les échanges verbaux. Avait-il seulement eu un rôle ? Bien évidemment. Cette situation était amusante. Même si elle avait inconsciemment inversé les rôles, Nérée pouvait aisément deviner comment atteindre cette Reine ; sa façon d’être était trop simple. Ou peut-être trop compliquée pour elle. Elle passa une main dans ses cheveux d’ambre, comme son vis-à-vis l’avait fait auparavant. Elle restait sa rivale, malgré tout. Elle se pencha, emprisonna dans son poing le sable qui se trouvait au sol.

« Regarde. Regarde-moi bien ce sable qui s’écoule. » Elle ne l’avait pas quitté du regard depuis quelques minutes. N’était-ce pas un air de déjà vu ? Elle reprit : « Comme lui, tu sembles ne rien être mais le simple fait que l’on te prenne en main peut te rendre utile. Il n’y a pas qu’un seul point de vue existant dans ce monde. Il n’y a pas qu’une seule manière de résoudre ses problèmes. As-tu réellement conscience de qui tu es ? »

Elle baissa sa main, se tenant droite devant la jeune femme qui avait donné son nom quelques temps auparavant. Elle avait gardé jusqu’à lors son visage neutre, dénudée de toute expression. L’épreuve ne l’intéressait plus vraiment, même si elle n’oubliait pas la présence du Demi-dieu. Elle lui tournait le dos. Oui, elle était toujours en compétition, mais cet écart semblait toutefois nécessaire.

« Si tu ne veux pas te plier à des désirs stupides, acceptes alors les miens. Je ne serai pas ton esclave, mais je te serai utile et tu le seras pour moi. Peut-être n’était-ce pas ce que tu t’attendais trouver en ces lieux. Mais pourquoi ne pas emprunter une autre voie que celle que tu désirais ? Peut-être te voyais-tu sortir de ce temple vivante, et en compagnie d’un enfant des Quatre. J’ai besoin de quelqu’un pour aller dans le nord de ce monde, pour atteindre mon objectif dans ces terres délaissées. Une Reine comme toi devrait comprendre. Prends conscience que les désirs sont parfois semblables, chez nous les Hommes. Si tu ne veux plus suivre sans réfléchir, sois intelligente ; les plans sont faits pour être abandonnés. »

Elle fit une pause, pour reprendre son souffle et éviter de monopoliser le temps avec ses dires. Elle n’aimait pas cela. Inspirant doucement, elle reprit la parole. Peut-être était-ce aussi destinée à l’invocation. Cela n’était que peu important. « Je n’ai pas changé d’avis depuis mon arrivée en ces lieux. J’ouvre simplement une nouvelle porte. Et toi, pourquoi es-tu venue ici ? »  

Nérée lui tourna le dos, recula de quelques pas. Là où elle était placée, elle cachait la vue de l’invocation à l’albinos. Peut-être était-ce fait exprès. Peut-être pas. Son regard était dorénavant animé d’une lueur en accort à son sourire malicieux, adressé à la femme nue devant elle. Etait-ce un défi ou une requête ? Peut-être voulait-elle jouer avec sa vie, peut-être avait-elle choisi une nouvelle voie vers la mort. Cette femme, Nausicaä, allait-elle la suivre, l'aider, la choisir ? Au final vie, la mort, tout cela n’était pas important. Cela n’avait pas de sens.



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Aventure #7 écrite Jeu 3 Déc - 21:47


Finalement elle avait une belle voix. Une si belle voix. Nausicaa, les bras croisés, observe cette jeune femme qui chantait et se mouvait de façon bien gracieuse. Détachée, elle venait vers elle, tout en laissant ses mots s'envoler dans la grande salle, si doux, si étranges, dans une langue qu'elle ne comprenait pas. Un instant, elle ferme les yeux, un léger sourire aux lèvres, se laissant porter par la belle mélodie. Un léger soupire s'échappe, lovée dans cette agréable chaleur, bercée par ces paroles si douces. Elle avait l'impression d'être retournée dans les bras de sa mère. Elle ouvre soudainement les yeux et sursaute lorsqu'elle voit le visage de la jeune femme si proche du sien.

Avait-elle réellement eut une mère ? Ne serait-ce qu'une famille ? Son instinct lui hurlait que oui, mais sa mémoire était vide, vide de tout sentiment maternel, vide de tout souvenir familial. Elle était orpheline, orpheline à cause de souvenirs qui n'existaient pas. Son regard rubis se durcit à nouveau. Elle fixe la demoiselle aux traits si fins, si gracieux. Elle frissonne lorsque l'espace qui les sépare se réduit. Presque collées l'une à l'autre, elle pouvait sentir la douceur de la peau sur la sienne, sentir cette agréable chaleur l'envahir. Elle rougit, peu habituée à une telle proximité, peu habituée à une telle intimité.
Tout avait disparu autour d'elle, la salle, les gravas, l'invocation. Elle sublimait tout de son visage ensorceleur.

L'inconnue se baisse et attrape une poignée de sable avant de se redresser et de la fixer de nouveau. Puis elle parle, un discourt qui avait des airs de déjà vu. Un discourt qui résonnait dans sa tête comme une provocation. Un discourt qui ne pouvait que se moquer d'elle... Mais elle écoute, en femme civilisée qu'elle était. L'albinos écoute, troublée, surprise par ces mots, par ces actes. Des mots si vrais, qui ne laissaient place à la réplique. Oui, comme le sable, elle n'était rien bien qu'elle se targuait de prétendre le contraire. Bien qu'elle se convainquait du contraire. Elle n'était rien d'autre qu'un grain de sable dans le désert, qu'une goutte d'eau dans l'océan. Elle n'était qu'infime aux yeux de la vie, qu'une fraction de secondes aux yeux des demi-dieux.

Si éphémère. Mais ne devait-on pas user de ce temps si court pour réaliser de grandes choses ? Ne devait-on pas user de ce temps qui nous était imparti avant que l'épée de Damoclès ne nous tombe dessus ? Ne devait-on pas vivre sans se soucier de notre place dans le monde ? Elle penche la tète et décroise les bras, les laissant pendre mollement le long de son corps. Elle n'était pas plus grande que l'inconnue, elle ne la dominait ni du regard, ni de sa posture. A vrai dire, c'était elle qui se faisait dominer par cette prestance intimidante. Mais elle était une reine, elle ne pouvait se laisser marcher sur les pieds ainsi. Elle ne pouvait laisser son ego se faire bafouer de la sorte.

Mais encore une fois, la jeune demoiselle aux cheveux d'ambre, la déstabilisa par ses mots. Alors qu'elle s'attendait à voir une rivale devant elle, elle se retrouvait avec une jeune femme faisant une proposition bien étrange. Suivre une autre voie, ouvrir une autre porte que celle qui nous est destinée. L'avait-elle déjà fait ? S'en était-elle seulement rendu compte avant ? Le destin semblait mener les rênes de sa misérable vie. Une reine, qu'à cela ne tienne, une couronne ne faisait pas d'elle une reine. Un monarque sans territoire était un monarque déchu, était un monarque nu. Aussi nu qu'elle ne l'était en ce moment. Oui, son corps était exposé à la vue de tous mais son âme également. Elle avait perdu ce qui la protégeait, elle avait perdu tout ce qui la couvrait. Elle était nue, nue comme un nouveau né. Mais peut-être était-ce la réponse ? Peut-être qu'en entrant dans cette salle elle était morte ? Vivait-elle là une renaissance ?

La jeune femme se détache du mur, se détache de son point d'appui. Elle fait un pas, puis un autre. Elle se détache de ce qui la soutenait, tel un nouveau né se détache du cordon ombilical de sa mère. Elle quitte la chaleur maternelle pour affronter le monde. Elle renaissait, tel l'un de ces oiseaux des légendes. Nulle immortalité, elle entrait juste dans une nouvelle vie. Mais au final, n'était-ce pas ça l'immortalité ? N'était-ce pas le fait de vivre une vie éphémère mais remplie de multiples morts et renaissances de l'esprit, de l'âme ? Au final, les demi-dieux n'étaient que des êtres linéaires, qui n'avaient d'immortel que le contenant de leur âme. Ils n'étaient rien, ils ne vivaient pas. Au contraire des Hommes, ils n'avançaient pas vers leur déclin, ils n'avançaient pas vers leur immortalité. Celle qui se rompt lorsque la mort souhaite vous montrer un nouveau chemin. On ne cessait de mourir et de renaître, jusqu'à ce que ce corps ne le supportât plus. Puis on s'envolait pour rejoindre une nouvelle vie, un nouveau cycle immortel. L'albinos, décontenancée mais toujours fière, fière d'être cette personne orgueilleuse et hautaine, se place devant l'inconnue.

D'un geste lent, elle lève la main, une main aux doigts fins, une main qui pouvait saisir l'avenir mais aussi retenir le passé, une main qui vint se poser avec délicatesse sur la peau douce de cette joue. Un fin sourire étire ses lèvres tandis qu'elle penche légèrement sa tête sur le côté. Oui, ce chemin elle ne le fera pas seule, oui, derrière cette porte s'ouvrait un nouvel avenir, un avenir de gloire et de conquête mais également un avenir avec cette femme. Elle ne pouvait laisser cette chance passer, qui qu'elle était, aussi forte qu'elle le pouvait, on ne refusait pas une telle témérité, surtout face à une reine.
Toujours avec ce même sourire et ce même orgueil, elle approche son visage du sien puis fini par poser délicatement ses lèvres sur celles de la jeune femme en un baiser volé. Puis, comme une voleuse, elle se recule, toujours avec le même sourire.

Tu es bien téméraire que de vouloir ainsi t'offrir à moi. Et en effet, tu m'as surpris, je ne m'attendais pas à trouver un tel joyaux en ces lieux désolants. J'en suis ravie. Il va de soit que tu n'auras pas la puissance de l'un de ces chiens mais qu'importe, si c'est cette voie que l'on doit suivre, alors parcourons ce chemin ensemble.

Elle laisse un blanc s'installer avant de le rompre de nouveau.

Je suis là pour assouvir ma soif de pouvoir. Je suis là pour me confronter à cet esclave. Mais je pense que je suis également venue pour trouver une autre issue. Je ne lâche en rien mes objectifs premiers, mais ce détour, j'accepte de le prendre.

Nausicaa s'avance alors, dépassant l'inconnue aux cheveux d'ambre. Puis la jeune femme se place devant le demi-dieu qu'elle toise avec haine et orgueil. Ils n'étaient que des outils, de simples outils de domination et de puissance. Et elle allait en acquérir un nouveau, par tous les moyens.

Fais ton choix, chien, dit-elle dans le plus grand des calmes, en croisant les bras sur sa poitrine.

HRP: Je suis vraiment désolée pour ce délais interminable :/
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Aventure #8 écrite Sam 27 Fév - 20:01

Petite note : c'est tout petit mais au moins ça boucle ce rp interminable de manière rapide, désolée pour l'attente :c


Fin de la danse, fin du spectacle. Nérée ne voulait plus être en ces lieux, elle n’y trouvait plus aucun intérêt : elle avait eu ce qu’elle cherchait. L’albinos s’était placée devant ses yeux ; son discours semblait avoir fait son petit effet. La demoiselle avait fait attention à chacune de ses réactions, émotions. Une reine bien expressive, ce qui était amusant. Au final elle était contente de sa journée. Sa main vint alors sur sa joue et la jeune noble prédit facilement la suite des évènements. Cela lui rappelait un jour à Lüh, lorsqu’un demi-dieu lui avait volé un baiser. Elle ne l’avait pas oublié, loin de là, et était persuadée qu’un jour leurs chemins allaient se croiser de nouveau. Un lien s’était tissé entre eux. Cependant, elle accorda bien moins d’importance au geste de son vis-à-vis. Son visage se rapprochait et pourtant Nérée ne fit rien, ne bougea point. Elle acceptait ce lien.

Puis elle lui adressa la parole, fierté et orgueil pouvant se percevoir dans sa jeune voix. Une reine bien jeune. Cette dernière acceptait de prendre un autre chemin en sa compagnie. Elle acceptait son offrande et sa proposition que d’être sienne. Elle lui appartenait dorénavant.

« Alors nos chemins se recroiseront à Lüh. Nous nous y retrouverons, assurément. »

Une simple phrase, alors que Nérée lui tournait déjà le dos. Elle fit quelques pas en arrière, un sourire aux lèvres. L’invocation ne l’intéressait plus, ainsi rester en ces lieux était inutile. Peut-être ce demi-dieu accepterait de lier sa vie à cette femme. Qu’importe. La demoiselle, sans tourner une dernière fois son visage envers sa nouvelle compagne sorti de la salle. Elle récupéra ses affaires, se rhabilla. Elle ne fit guère attention aux affaires de l’albinos, posées un peu plus loin.

Puis elle disparut au détour d’un couloir du temple.



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Aventure #9 écrite 

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Entre la vie et la mort

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