Rien ne te retiendra dans ta chute, pour peu que je te brise ...

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Aventure #1 écrite Dim 22 Nov - 21:56

Non, non … pas assez proche … Pas encore assez proche.
 
Les gens disent qu’un des stades premiers de la folie est de se mettre à parler tout seul. Je me suis souvent amusé de ce constat de simplet, car il est pratiquement certains qui ceux qui l’ont émis n’ont jamais passé des dizaines, centaines, voire peut-être milliers d’années dans une salle où les jours et nuits défilent sans la moindre trace de changement, les uns après les autres, sans jamais rencontrer qui que ce soit à faire la discussion … Enfin. Non, j’exagère sur ce dernier point : de temps en temps, un humain, candidat pour devenir mon invocateur, vient me rendre visite … Mais jusqu’à présent, je ne peux pas dire que leur passage m’ait marqué … Du moins, rien de particulièrement transcendant, en tout cas. Et quoi qu’il en soit, si j’en reviens à un stade où je me mets, seul, à parler à voix haute dans ma cellule, c’est que cela fait trop longtemps depuis la dernière visite que j’ai reçu. Et si c’était vrai, après tout ?
 
Même pas « tiède » … juste … glacé.
 
Je sens que la pierre éclate sous ma griffe, et un petit éclat est projeté dans les airs. Je ne daigne même pas le suivre du regard : il est ressorti des brumes, et y retourne … Que je le regarde ou non n’y changera rien, et pour la durée qu’aura ce « divertissement », il ne vaut pas la peine que je lui accorde mon intérêt. Je préfère continuer, très doucement, de gratter le sol sous ma patte. Je sens l’imperfection que j’ai créée dans la couche d’obsidienne se combler d’elle-même, m’empêchant d’apprécier le fruit de mon travail … Et de m’échapper en creusant un tunnel. Je dois l’avouer, je n’ai jamais tenté de m’enfuir par ce genre de voie … Je me suis au contraire toujours accroché à ce mince espoir lumineux que je perçois, au-dessus de ma tête, si loin … Si loin. Je l’ai déjà atteint. A plusieurs reprises. Je sais que je parviendrais à l’atteindre de nouveau. Mais pas par ma seule force … Il m’a fallu des siècles pour réaliser. Je n’obtiendrais la force d’y parvenir que lorsqu’un invocateur, que j’estimerais digne, m’accompagnera … Ou alors, certaines lois de la physique favorisent les ascensions lorsque le poids du corps qui cherche à monter augmente, mais dans ce cas, j’avoue que j’assisterais avec un intérêt tout particulier à la conférence d’un spécialiste du sujet pour qu’il m’explique ce processus. Parce que ça n’a pas de sens. Un instant … mes réflexions aussi commencent à ne plus avoir de sens. Pour assister à une conférence sur une loi physique, il faudrait que ce genre de choses existe encore … Or, la dernière fois que je suis sorti, ce monde n’était clairement pas assez avancé pour que le terme « conférence scientifique publique » ait du sens auprès de qui que ce soit. Les hommes en sont encore à travailler leurs champs à la force de leurs bras et celles des invocations ou des bêtes … Ils n’ont pas le temps de consacrer leurs méninges à des réflexions profondes sur le sens et le fonctionnement de leur univers. Pas encore. Cela viendra, probablement.
 
Non, ça ne va pas … ça ne va pas du tout. Si ça continue sur ce chemin, ça ne va qu’aller en continuant de s’éloigner.
 
Je sais que je serais là lorsque l’humanité atteindra ce stade … à nouveau. Car il me semble totalement impensable que les dieux, s’ils ont refait les hommes tels que nous les connaissions, aient les pouvoirs de les empêcher de recommencer. La technologie, ce n’est pas uniquement l’affaire de vieux barbus réfléchissant dans leurs laboratoires … Même un paysan avec assez d’esprit peut dessiner les plans d’une meilleur faux. Même un simple horloger peut créer des engrenages d’une complexité telle qu’elle n’appartiendrait plus à son domaine premier, mais à celui de la robotique. Et même un tueur peut inventer les plans de nouvelles armes … L’esprit de l’homme est ainsi fait. Ce qu’il ne sait pas faire, il peut apprendre. Chasser, pêcher, cueillir, cultiver, développer, construire, coloniser, aménager, s’approprier, étendre, rentabiliser, dérober, rentabiliser … mais surtout, perfectionner toutes les choses précédentes déjà acquises. Un homme capable de se satisfaire de ce qu’il a est un homme qui sait qu’il peut tout perdre, et qui donc par prudence ne cherche pas à obtenir plus. Mais ces hommes ne sont malheureusement pas la majorité … non, les autres ont quelque chose. Et ils veulent quelque chose de mieux. Ils veulent tout améliorer … pour eux. La technologie reprendra les rênes de ce monde … et rien ni personne n’empêchera ce fait. Etant immortel, et bloqué ici, je ne vois pas où je pourrais me trouver lorsque cela arrivera, encore une fois …
 
Je commence à en avoir marre … Hun ? Ah, quoique … Comme ça, peut-être que …
 
L’obsidienne se brise de nouveau, craque. Comme une vitre plaquée contre un sol lisse, sur laquelle on abattrait un poing ou une masse quelconque. Elle se fendille, casse. Un point de faiblesse est créé dans une structure auparavant uniforme : elle ne demande plus qu’un nouvel assaut pour être brisée. Mais la magie, ancienne et puissante, qui habite cet endroit l’empêche de céder : ce que je brise se reconstruit, inlassablement … J’ai l’impression de faire un duel de nerfs avec mon environnement. Et pour l’instant, je perds. Me relevant subitement lorsque j’entends le crissement qui m’indique que les plaies du verre de roche se referment, je grogne, frappe le sol de ma patte, et m’élance soudainement. Le museau raclant presque le sol, je sais parfaitement vers quoi je me dirige. Mon indéfectible miroir de glace, qui se trouve toujours au même endroit, au centre parfait de ma cellule. Je le percute avec la même violence qu’un rhéno en train de charger, et j’aimerais me dire que je fais autant de dégâts : la glace explose littéralement, projetant des éclats translucides un peu partout autour de moi. Secouant ma boite crânienne massive, je chasse par ce biais de ma fourrure les petits bris de glace qui y sont restés … avant d’entendre de nouveau ce bruit. Mes oreilles, puis ma tête pivotent, et observent le miroir. Il ne restait de ce dernier plus qu’une base brisée et presque invisible, dans les brumes qui l’entourent … Mais cette base « repousse ». Le miroir se reconstruit. Rapidement. J’aimerais dire que je suis capable d’un tel prodige, mais il n’est pas dépendant de ma volonté … Et je ne suis pas certaine que si je voulais l’arrêter, j’en serais capable. Mais cela signifie quelque chose. Je vais, une fois de plus, accueillir chez moi un candidat pour mon épreuve … Et cette pensée me fait sourire, de toutes mes dents. Je me tourne lentement, très lentement, vers la porte de ma cellule. Puis, avec toute la délicatesse qui me caractérise, je me laisse choir sur le sol, m’allongeant avec autant de douceur que si je cherchais à écraser des fruits exotiques pour briser leur coque et les dévorer.
 

Peut-être qu’on s’en rapproche, finalement. Un peu.
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Dernière édition par Bé le Mar 24 Nov - 10:06, édité 1 fois
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Aventure #2 écrite Lun 23 Nov - 20:13


Un fin manteau blanc recouvrait Lüh. Grayo sortie de chez lui couvert de son manteau en peau d'Oboro, son luth et un sac chargé de provisions. La porte de la cité était ouverte. Il allait enfin pouvoir chercher sa mère et sa soeur. Mais quelque chose lui manquer et il le savait. Il était fort, mais pas assez pour combattre des créatures à l'extérieur, il y a également son état mental qu'il contrôle difficilement. Le contrôle qu'il a sur lui-même, lui demande un effort constant. On peut dire que Grayo a une force mentale hors du commun.

Il fit son premier pas en dehors de Lüh, un frisson le parcourus. Le début de l'aventure était arrivé. C'est avec un plan en tête qu'il commença à marcher. Tout reposé sur une histoire racontée dans une taverne. Grayo ne savait pas s'il s'agissait d'un mythe, d'une légende, ou d'une histoire pour enfants, mais si l'invocation de l'histoire existait vraiment alors non seulement il ou elle pourrait l'aider pour traverser des endroits dangereux, mais aussi l'aider pour arrêter sa folie. Après tout, ils avaient créé les premiers Homme.

Il marcha dans le froid. Un vent soufflait sur la peau de son visage qui était devenu rose bonbon. Grayo avait l'impression d'avoir la chair à vif. Il décida d'accélérer le pas. Il arriva enfin à apercevoir les îles Aqua. Comme il s'en douter, un petit village côtier se trouvait là. Il se dirigea au port et demanda s'il pouvait empreinter un bateau pour aller sur l'île. Les gens du village étaient bien amicaux et acceptèrent de l'emmener à l'autre village côtier se trouvant sur l'île.


> Mmmh d'accord mais c'est vous qui ramait. J'avais justement besoin d'aller au village.

Grayo sourit et suivit le villageois. Il monta dans la barque et se mit à ramer. En une demi-heure, ils arrivèrent au village. Il remercia l'homme avant de partir. Après avoir regardé sa carte, il suivit le chemin menant au temple Aqua. Il arriva devant de nombreuses grandes portes en fer, toutes étaient rouillées par l'humidité. Il posa sa main sur une des lourdes portes et la poussa avec difficulté. Un grand escalier en une pierre noire, violette descendait dans l'ombre. Un souffle glacial lui parvint. Il commença à descendre en tremblant. La peur s'insinua dans son esprit. Plus que jamais il du combattre la folie. Il se mit à fredonner une mélodie, ce qui le calma légèrement.

Il posa son pied sur le sol d'une large salle. On pouvait apercevoir un pilier brisait ainsi qu'un miroir. Grayo fut intrigué par ce miroir. Il se déplaça jusqu'a lui et se regarda dedans. Rien de surprenant, il vit son reflet comme dans un miroir normal. Il se rendit compte qu'il n'avait pas encore aperçu l'invocation. La salle était très sombre et il ne pouvait pas voir grand-chose. Il chuchota:


> Il y a quelqu'un ? Aucune réponse.

Il parla plus fort.

> Il y a quelqu'un ?
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Dernière édition par Grayo Cruse le Mar 24 Nov - 12:21, édité 1 fois
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Aventure #3 écrite Lun 23 Nov - 23:03

Ou peut-être que pas du tout, au final.
 
Je dois avouer une chose : des fois, j’oublie que je suis une divinité. C’est vrai après tout : j’ai une constitution, une force qui dépasse de très loin celle des animaux normaux, mes pouvoirs magiques, une fois réveillés, sont redoutables, j’ai une sagesse fruit de plusieurs millénaires d’expérience … Et mes sens sont également bien plus aiguisés que la moyenne. Pour une raison qui m’échappe, je vois parfaitement dans l’obscurité la plus totale, alors que ce n’est probablement pas le cas de n’importe quel être humain venu de l’extérieur … Enfin. Probablement. Honnêtement, je me dis uniquement cela parce que j’ai l’impression qu’il m’a raté, lorsqu’il a passé la porte. Peut-être effectivement que les ténèbres qui m’entourent me camouflent de manière trop efficace. Ou peut-être suis-je tombé sur quelqu’un capable de rater une créature faisant 4 … 5 fois sa taille ? J’ai toujours été mauvais en calcul mental. Enfin … Libre à lui de s’avancer, d’explorer l’endroit si cela lui plaît. Fermant doucement mes énormes yeux blancs, je pratique une de mes activités préférées : lécher, les uns après les autres, mes crocs pour les enduire de salive, et les faire luire doucement dans le peu de lumière de la salle. Alors même que je fais cela, il me semble que la lumière autour de nous augmente légèrement … Peut-être l’épreuve elle-même juge-t-elle inutile qu’il passe son temps à me chercher. Après tout … Il n’est pas là pour ça. Pas cette fois. Je n’ai plus envie de me cacher. Et pourtant, j’aurais du mal à me révéler en plein jour … Hey, ce n’est pas de ma faute : ce n’est pas moi qui ai décidé d’être coincé ici. Et je n’ai pas plus choisi les conditions dans laquelle ma cellule serait aménagée … Enfin. Plutôt, les conditions dans lesquelles elle me permettrait de « vivre ». Encore qu’ici, on parlerait plutôt de survivre … et encore. Je n’ai pas non plus décidé de son apparence, même si je n’ai pas pu m’empêcher de la modifier légèrement, de mes dents, de mes griffes … et avec des cadavres.
 
La pièce, nouvellement un peu mieux illuminée, se révèle. Circulaire, extrêmement large. Rien de bien neuf : les murs portent des traces de griffures, qui depuis longtemps ont entaillée les grosses pierres qui les constituent. Les résultats de mes échecs constants à atteindre l’inaccessible … enfin. Formant un carré, au centre de la salle, ce ne sont pas 1, mais 4 piliers qui se dressent fièrement vers l’infini : l’un d’entre eux a visiblement échoué en plein milieu de sa quête cependant, il est effectivement brisé … son sommet est visible, en tout cas. Je me demande si les autres ont une hauteur maximale. Je me suis plusieurs fois posé la question. Puis, j’ai fini par renoncer à trouver la réponse … Comme pour toutes les questions insolubles. Enfin, au centre de ce carré effectivement, mon miroir de glace … qui me nargue, à être ici, alors que quelques instants plus tôt je l’avais littéralement brisé. J’ouvre paresseusement une de mes étranges paupières, et le toise. Par un curieux hasard, il me rend mon regard. Mon propre regard j’entends : je vois mon œil torve sur la surface réfléchissante. Si j’étais une faible créature mortelle, et que je faisais face à une telle vision, je pense que je m’enfuirais en courant … Du moins, si j’avais bien fait mon job sur la créature faible et mortelle que je mentionnais plus tôt. Mon véritable travail. Ma tâche confiée par les dieux. Apprendre aux animaux à développer leur instinct de survie. En l’occurrence, j’ai l’impression que mon œil est celui d’une créature dangereuse … Ou alors, je suis influencé par la rangée de crocs en dessous. Je ne l’avais pas vraiment notée … Je dois avouer que, malgré le fait que j’ai passé ces derniers millénaires dans une salle vide avec 4 colonnes et un miroir, je n’ai jamais vraiment été attiré par l’idée de contempler mon reflet pendant des lustres.
 
Est-ce que c’est une question de distance, ou … D’autre chose. Est-ce que je suis loin dans l’espace, dans le temps ? Ou peut-être qu’il me faut d’abord remplir un objectif.
 
Jouant lentement de mes imposants muscles, je me redresse lentement sur mes 4 pattes, la tête légèrement traînante. On pourrait penser à un chien blessé, mais en m’observant, c’est assez évident que je cherche simplement à garder les yeux au bon niveau. Si j’avais le crâne à la hauteur qu’il est normalement supposé atteindre, je ne pourrais plus m’observer dans le miroir … au mieux, voir le sol qui se trouve devant. Mais vu que je peux sans forcer poser mon menton sur le dessus du miroir, pour l’instant, pour continuer de m’observer je dois baisser la tête. M’approchant d’un pas lent, je finis par être tout proche de la structure de glace. Le blanc de mon œil m’est renvoyé avec une sévérité que je ne me connais pas. Je me toise durant quelques instants. Puis, probablement satisfait de mon inspection, ou au contraire peut-être énervé par cette dernière, je lève une patte, et assène un coup de griffe. La glace ne résiste pas, alors que je l’entaille de 4 larges et profonds sillons. Le craquement qui retentit lorsqu’elle se brise me rappelle un peu celui des os … en plus sec. Observant les 4 cimeterres noirs que j’ai accrochés au bout des pattes, je finis par la reposer à terre. La glace se régénère. Je brise, elle recolle. J’éclate, elle refait. Je déchire, elle relie … Je tranche, elle cicatrice. J’ai déjà joué à ce jeu bien trop de fois. La glace, mon propre élément, n’est pas mon amie, ici. Elle refuse de se plier à ma volonté, et me montre la pitoyable étendue de mes pouvoirs. Las, je me détourne, et m’oriente vers l’énorme pilier brisé, qui semble me tendre les bras … Du moins, à mes yeux. Je ne me souviens plus s’il a toujours, ou non, été comme ça. Brisé. Je sais juste que j’ai très rapidement trouvé un rôle à cet élément du décor … En quelques foulées, je suis à son pied. Mais je ne m’arrête pas. Au contraire, je quitte le sol après m’être légèrement replié sur moi-même dans ma course, et m’accroche de mes griffes dans la pierre. En un instant, j’ai escaladé le pilier, et me tient à son sommet … Sur lequel, sans plus de cérémonie, je fais un petit tour sur moi-même, avant de m’allonger tranquillement, laissant mes pattes avant dépasser légèrement dans le vide. Fermant les yeux, je semblerais peut-être parti pour un petit somme … Si je ne réfléchissais pas à voix haute, partiellement.
 
De toute évidence, si c’est un objectif, mais qu’il est ici, alors je ne pense pas que je le trouverais dans mon environnement … je l’aurais fait depuis bien trop longtemps sinon. Non. Je suis loin.
 

Et l’humain ? Dans toute cette histoire, j’ai presque l’impression de l’avoir oublié … ou pas. Peut-être, qui sait ? Après tout, je ne l’ai pas invité à rentrer … maintenant qu’il est là, il peut bien tenter de faire ce qu’il veut … Peut-être que ça marchera, ou pas : je suppose qu’il s’en rendra compte à mes réactions.
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Aventure #4 écrite Mar 24 Nov - 10:11


Grayo n'entendit aucune réponse. Il regarda encore une fois le miroir. Un petit éclat blanc brillée derrière lui. Il n'osa pas se tourner. La lumière dans la pièce augmenta légèrement. Une voix s'éleva.

> Est-ce que c’est une question de distance, ou … D’autre chose. Est-ce que je suis loin dans l’espace, dans le temps ? Ou peut-être qu’il me faut d’abord remplir un objectif

La chose qui avait brillé derrière était une silhouette allongé sur le sol. Il essaya de se tourner mais ses pieds refusaient de le faire. Un bruit d'os qui se brisait se fit entendre. Grayo s'accroupit, le visage marqué par la peur.

*suis-je le bienvenu ?* pensa-t-il.

Il décida d'essayer de faire bonne impression. Car certe il est venue ici pour libérer une invocation, ou plutôt l'utiliser mais l'invocation à la décision final. Grayo se leva, cessa de trembler et se força à sourir. Il reprit le contrôle sa peur et se tourna pour bien voir la salle. Il se trouvait au centre. Il pouvait voir les murs recouverts de trasse de griffe et des cadavres éparpillés sur le sol. Le sourir de façade de Grayo avait disparu, il ferma les yeux pour se concentrer. La folie prenait le dessus. Des visions de son village en flemme lui revinrent à l'esprit. Il se força à se calmer, lorsqu'il rouvrit les yeux il vit une créature géante, sombre. Il n'y avait pas seulement son pelage qui était sombre mais aussi l'aura qu'il dégageait. Grayo ne savait pas s'il avait rêvé ou bien vu cette chose. La voix s'éleva de nouveau.

De toute évidence, si c’est un objectif, mais qu’il est ici, alors je ne pense pas que je le trouverais dans mon environnement … je l’aurais fait depuis bien trop longtemps sinon. Non. Je suis loin.

Il ne comprenait pas l'invocation. Il tremblait, la folie était de plus en plus forte. Grayo saisi son luth et se mit à jouer une musique apaisante. Le calme revint dans son esprit. La créature qui c'était installer au sommet du pilier semblait l'avoir oublié.


> Pardon, seriez-vous une invocation ? Dit Grayo avec hésitation.

Il regretta très vite d'avoir posé cette question idiote. Quelle créature pourrait dans notre monde se trouverais dans un temple. Grayo se mit à rire d'un rire nerveux.


> Pourriez-vous m'aider ?

Cette dernière question, il l'avait posé avec détermination. Il se remémora sa mère et sa soeur. Les images qui lui vinrent lui redonnère force et courage. Plus que jamais il était déterminé. Il se rappela les phrases qu'avait prononcé l'invocation.

> Si vous le désirez, je vous aiderais dans votre but, du moin si cela m'est possible.
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Aventure #5 écrite Jeu 26 Nov - 0:57

Une réaction des plus classiques : simplement m’interpeller par la parole en pensant que je vais répondre … Je pense qu’il n’est pas très au fait de qui il est parti libérer, celui-ci. Il ne s’y prend clairement pas de la bonne manière, mais ça ne m’étonne guère. Peu importe : il apprendra probablement à me connaître, il en aura le temps après tout … Ou bien, au contraire, il échouera comme nombre avant lui, et rejoindra le sol de ma salle … Mais bon. Ça ne me dérange pas de piétiner des ossements, à vrai dire. Beaucoup sont d’ailleurs réduits à l’état de poussière, depuis le temps … Ce n’est pas comme si je chérissais les cadavres d’inconnus venus pour m’asservir. Je me souviens encore des premiers qui ont tenté de me libérer … Il me semble que, dans la rage qui animait encore à l’époque mon cœur, j’avais fait en sorte de pouvoir les dévorer vivant … quelque chose de cette trempe, en tout cas. Le temps, le manque d’occupation ici, et peut-être une certaine forme de sagesse m’ont dissuadé de continuer au-delà du 5ème, peut-être … ou alors, juste une petite exception de temps en temps. Mais elles sont si rares … Non, les quelques ossements qui restent, éparpillés dans la légère brume qui recouvre le sol, sont ceux de perdants. Une leçon de vie ? Hum … Dommage que je ne l’ai pas raconté à voix haute, celle-ci. Autant, en la pensant, elle m’a fait rire … Autant, si je la sortais maintenant, elle ne me ferait même pas dévoiler mes crocs. Enfin, pas plus qu’ils ne le sont déjà.  De toute manière, il n’y a personne pour m’écouter … Personne pour me répondre. Juste des murs, qui renvoient l’écho de mes paroles. Juste ma solitude, qui me murmure à l’oreille qu’elle sera toujours là. Une compagne si indésirable … Et pourtant, si omniprésente autour de moi. En cet instant, je lui trouve plus de pouvoirs qu’à Aqua, et de très loin … car l’entité à l’origine de ma création a pu me mettre dans cette cellule. Elle a pu me priver de mes pouvoirs. Elle a pu me contraindre à devenir l’esclave d’une poignée de mortels … Mais pas me briser. Alors que ma solitude, elle, s’y essaye depuis tant de temps … elle y arriverait presque. Presque. Je continue de combattre la folie pour l’instant, je pense … Ou alors, je l’ai embrassé sans m’en rendre compte, et dans ce cas, je me demande bien contre quelle étrange chimère je tente de me battre … Ma sanité, peut-être, justement ?
 
Un objectif à remplir, et je ne le perçois même pas … C’est peut-être ma limite. Réellement ?
 
Peut-être que je n’ai jamais tenté assez fort de sortir d’ici. Je veux dire … J’ai essayé. Une fois. Deux fois. Un millier. Un million peut-être. Mais peut-être n’était-ce pas assez. Peut-être que la force qui me manque vient de mon manque de conviction … Peut-être dois-je essayer encore un million de fois, pour y parvenir. Et si c’était le cas ? Et si, en essayant encore et encore, je finissais par prouver mon attachement et ma dévotion à ma liberté ? Peut-être qu’elle est là, ma véritable épreuve. De manière aussi imprévisible que les autres fois, je me relève, et inspire profondément. Je sens mes muscles qui crient pour s’exercer un peu, et mon corps qui retrouve rapidement cette sensation d’exaltation … Un test. Tout ceci n’est qu’un test. J’ai l’impression de subitement plonger dans une vague : une sorte d’onde, partant de mon museau et fonçant vers la pointe de ma queue, parcours mon pelage et le fait vibrer, gonfler avant de revenir à sa taille normale. Je me sens prêt. Mes muscles se déplient et me propulsent dans les airs … Il y a peut-être 5 ou 6 mètres jusqu’au sol, je n’en suis pas certain. Pourtant, quand je le touche, je ne laisse pas l’onde de choc se répercuter dans le sol. Je ne cause aucun bruit assourdissant. Au contraire. Je recycle, redirige ma vitesse pour que ma chute me permette de ne pas prendre trop d’élan. Et pourtant, je continue de chercher à en prendre. Mes griffes heurtent la pierre volcanique avec un son dissonant : je suis bien, bien plus rapide que ce que ma taille ne laisserait supposer. Mais je ne peux me vanter de rien : des millénaires d’entraînement, à l’air libre comme ici, m’ont permis de me faire les pattes. Je sais que je peux y parvenir : j’y suis déjà arrivé par le passé, après tout … avec Grim, j’avais atteint cette lumière. Maintenant que j’y repense, je n’avais pas retenté l’expérience, depuis son passage … qui sait.  J’ai très rapidement atteint la vitesse que je désire : je sais qu’il ne serait pas utile de monter plus haut, même si j’en serais probablement capable durant quelques instants … Mais trop de vitesse ne m’a jamais permis d’accéder à un point plus élevé. En réalité, je ne fais que chercher dans la paroi l’endroit par lequel je vais commencer à l’escalader … Pour en revenir à Grim, peut-être que cette jeune femme n’avait pas forcément d’importance, dans l’équation … Elle n’avait fait que m’accorder sa confiance, après tout. En quoi cela suffirait-il à me rendre plus talentueux pour escalader les parois ? Bien sûr, par « escalade », je n’entends pas vraiment le style classique, avec des pioches, des cordes et des mousquetons … Non, ça, c’est une méthode humaine. La mienne est à la fois plus rapide, et également plus impressionnante : atteindre une vélocité me permettant de marcher sur la paroi. De m’y ancrer avec mes griffes. De pousser, pour continuer à aller de l’avant, tout en m’élevant un peu plus à chaque pas. Aucune autre méthode ne sied à ma morphologie : j’ai déjà essayé, et les échecs étaient aussi retentissants que rapides. Soudain, je la vois. Une large pierre, pas très différente des autres. Epaisse et large, elle doit faire dans le mètre de large et de hauteur, pour une profondeur qui m’est inconnue … Les murs de ma cellule sont solides : je n’ai jamais cherché à voir à quel point. Je sais qu’ils le sont plus que moi. Je prends une impulsion, et quitte le sol. Une de mes pattes cherche le rebord : je sais que l’emplacement sur le mur dont je parlais plus tôt dispose d’une anfractuosité qui me permet de m’appuyer dessus. J’y parviens, et me repousse. La partie la plus complexe commence à cet instant : parvenir à maintenir mon équilibre, tout en continuant ma course, et le tout en échappant à la gravité … Sans avoir le moindre support à la verticale face à moi. Le point me desservant peut-être le mieux est le nombre de fois où j’ai effectué cet exercice complexe : je commence, instinctivement, à savoir comment me placer, comment enchaîner les mouvements d’appuis, et le reste. Mes griffes pénètrent assez le roc pour m’empêcher de lamentablement glisser : c’est ainsi que sont nées les précédentes marques … En regardant toute la salle, on pourrait presque croire que les traits courts que l’on trouve extrêmes régulièrement forment une tornade. Sans le faire exprès, je cours toujours dans le même sens … Pourquoi ? Question d’instinct, je suppose.
 
Je me suis élevé d’environ 10 mètres lorsque je réalise. Depuis toujours, j’ai eu cette petite fenêtre, ce point dans mon « ciel » qui émettait de la lumière. Comme une petite étoile, seule, perdue dans l’immensité d’une nuit d’un noir absolu. Je sais, pour l’avoir déjà traversé, qu’il s’agit d’une sorte « d’issue » … un fils d’Aer piégé dans ma cellule serait libre de ses mouvements, à vrai dire. Mais pour moi .. Je ne peux que tenter de courir jusque-là, pour être honnête. Mais lorsque je lève les yeux dans les ténèbres glaçantes qui m’entourent, je ne vois plus rien. L’obscurité est totale, immaculé, vierge. Je me sens subitement affreusement seul. J’ai soudainement l’impression de riper contre la roche, mais je ne relève même pas vraiment : je reste le visage dressé vers le haut, la gueule légèrement ouverte sous la surprise. Je chute. Je sais que, l’espace d’une seconde ou deux, je n’ai pas l’impression d’être soumis à la gravité. C’est uniquement dû à mon oreille interne, qui n’enregistre pas très bien le mouvement que je suis en train de faire. Mais je sais, à la manière qu’à le monde de basculer dans son ensemble, que je suis en train de me diriger droit vers le sol. Cette fois, le choc que je cause en entrant en collision avec est assourdissant : toute la pièce semble vibrer sous l’impact. Je rebondit à peine, et glisse encore sur quelques mètres, avant que l’unique mur qui m’entoure ne stoppe de nouveau ma course. Allongé sur le flanc, pathétique, je reste un instant comme ça. Je crois que mon cerveau tourne à l’envers. Sans grand effort, je me redresse lentement, et secoue ma tête. Puis, je la dirige vers le ciel. Le point n’est plus là. Ma lumière … Ils l’ont prise. L’espoir de plusieurs millénaires, cet espoir que j’avais tant renforcé en l’accomplissant, au moins une fois … Cet espoir vient de m’être arraché. Je reste amorphe face à ce constat : mon impuissance est à l’image de ma stupeur : trop grande pour me rendre utile à quoi que ce soit … En particulier moi-même. Mais un détail m’attire tout de même. Sous moi. Le verre … Il crisse. Craquèle. Il se referme. Il cicatrice de ce qu’il vient de subir. J’ai brisé le sol en chutant dessus.
 
Un autre échec … Et pourtant … Peut-être que je ne regarde pas la bonne direction, tout simplement.
 
Lentement, je m’approche de l’endroit où j’ai chuté précisément, un peu plus tôt. En posant la patte dedans, je m’en rends clairement compte : une large surface a été enfoncée par la violence de ce qu’elle a subit. L’impact se résorbe, mais il existe. Je souris plus largement. Ce n’est pas un sourire rassurant, et je le sais. J’espère qu’il comprendra qu’il n’est pas visé.
 

Il serait peut-être temps que je consente à tourner la tête, je crois … Grand temps, même.
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Aventure #6 écrite Jeu 26 Nov - 18:39



> Un objectif à remplir, et je ne le perçois même pas … C’est peut-être ma limite. Réellement ?

Encore une phrase qui suivait la pensée de l'invocation et que seule elle pouvait comprendre.

Grayo commença à penser que l'invocation l'ignorée, ou peut - être réfléchissait elle a quoi lui répondre. Il décida d'attendre tranquillement en observant l'occupation de la créature.
Il vit que l'invocation commençait à bouger. On pouvait voir que les muscles sous sa peau se tendir pour finalement le propulser dans les airs. La première fois que Grayo regarda le plafond. Du moins il essaya. Les piliers montaient dans l'obscurité.
La créature fit des sauts démesurément haut pour finalement redescendre sans faire le moindre bruit. Grayo était à la fois admiratif et craintif.


La créature à peine atterrie commença à prendre de l'élan. Grayo la suivi du regard. La créature fit un saut pour commencer une assention vertical pour finalement retomber sur le sol bruyamment en le faisant trembler.

*Que cherchait il a faire ?*

> Un autre échec … Et pourtant … Peut-être que je ne regarde pas la bonne direction, tout simplement.

L'invocation regarda vers l'obscurité au dessu d'elle. Elle était sûrement plongée dans ses pensées.

> Il serait peut-être temps que je consente à tourner la tête, je crois … Grand temps, même.

Que signifiait cette phrase. Grayo en avait assé de ses phrases qui pour lui n'avaient aucun sens. La créature ne répondait toujours pas.

> Très bien, je vais t'expliquer pourquoi je suis ici. Premièrement, j'ai besoin de ta force pour retrouver quelque chose de précieux et deuxièmement, je dois me faire soigner d'une maladie, et je pense que seule une invocation en est capable. Si ton but est de vivre libre, dès que mes deux objectifs sont accomplis, je te rendrais ta liberté.

Grayo venait-il de signer son arrêt de mort? La colère qui l'avait emporté disparu pour laisser place à la peur. Il trembla de tout son corps en attendant les prochains mots de l'invocation, ou prochains gestes.

HRP:
 
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Aventure #7 écrite Jeu 3 Déc - 21:38

Je l’ai senti. L’espace d’un instant, seulement, mais je l’ai senti. Dans le ton de sa voix aussi bien que dans son cœur, j’ai senti ce qu’il me fallait … Mais l’instant d’après, c’est reparti, remplacé par quelque chose qui l’empêche de passer ce premier tour. J’ai horreur de la peur. Je veux dire, j’ai horreur de la peur telle qu’elle se manifeste chez les hommes. Ils ne savent pas faire grand-chose à part crier, se rouler en boule, trembler … Ceux qui en ont la force détalent de toutes leurs forces. Chez les animaux, la peur est un moteur qui leur permet de survivre. Je suis bien placé pour le savoir : je l’ai presque fait naître, chez beaucoup d’entre eux, mais chez les hommes … Ils ont peur de tout. Pour rien. Un homme peut avoir peur de parler à un autre. Pas parce que l’autre va le tuer, mais parce que le sujet n’est pas agréable, délicat … Voir, pire, parce que le premier a juste peur d’interagir avec quelqu’un. Ils ont baptisé cette absurdité comportemental « timidité », et l’expliquent par un manque de confiance en soi et ses capacités, ou quelque chose du genre … ce qui est parfaitement ridicule. Dans le pire des cas, si à la suite d’une bourde, ils s’embrouillent avec une personne … ils peuvent toujours aller chercher ailleurs. Qu’est-ce qui les en empêche, le nombre ?  J’en ricanerais, si l’occasion m’était donnée. Continuant pendant quelques instants de gratter le sol de mes griffes, je soupire … Il est revenu à la normale, désormais. Mais même avec les brumes, que l’impact avait dispersées, j’ai clairement pu sentir que j’avais « enfoncé » le sol sur plusieurs bons centimètres d’un coup. Mhhh … De combien suis-je tombé ? 10 mètres ? Étrange … j’avais déjà fait chute bien plus rude de par le passé, mais celle-ci a causé bien plus de dégâts que les précédentes ... c’est étrange. Etrange, mais intéressant. Je finis par laisser cet endroit qui ne se différencie plus en rien du reste, et m’assied à terre. M’asseoir comme le ferait un chien, bien entendu : les fesses posées au sol, mais les pattes avant droites, et le torse haut …
 
Le temps horriblement long que je mets à digérer les informations ne dure pourtant que quelques secondes : en réalité, je pense que je connais déjà la solution à la question qui vient de s’imposer à moi .. Mais que j’ai du mal à l’admettre. Il faut dire qu’elle est tordue. La question, elle, est simple. Il y a toujours eu un trou dans mon plafond, et par ce dernier, je pouvais espérer sortir de la salle … Le trou a disparu. Par où dois-je désormais tenter de m’éclipser ? Par où tenter de déployer mes ailes pour pouvoir enfin m’envoler … enfin. Métaphoriquement parlant bien entendu : je suis incapable de voler, et n’ai pas d’ailes. Pourquoi les fils et filles d’Aer ont cette exclusivité, d’ailleurs ? Là aussi, je suis tout à fait dans l’incapacité de répondre … Je peux bien sûr – enfin, pouvais, mais qu’importe la différence est faible – me métamorphoser en oiseau ou quelque chose de ce genre afin d’atteindre les cieux, mais pour ce qui est du reste … ce n’est pas mon domaine. Par conséquent, je n’y ai pas accès. C’est stupide. Est-ce que, parce que les fils de terra ont pour domaine « la terre », ils ne respirent pas, et ne vivent que sous la surface ? Je ne parle même pas des enfants d’Ignir, qui eux devraient en permanence patauger dans de la lave pour espérer survivre … enfin. Dans tous les cas, les cieux ne sont plus une issue pour moi, quel que soit mon moyen d’y parvenir. Je dois donc trouver une porte de sortie. La seule question est : laquelle … J’avoue que, n’ayant jamais été confronté à cette situation, je n’ai jamais réfléchi à la question. La porte est trop petite : je suis aussi bien trop grand que trop large pour elle. Je ne pense pas que je puisse simplement détruire un mur vers une sortie … En revanche, je ne pensais pas qu’il y avait possibilité de détruire le sol à ce point … Et quelque chose me dit que je n’ai pas encore tout exploré dans cette option … Loin de là.
 
Hun … Quand j’y pense. C’est ironique. Je passe des siècles à regarder une porte. A la contempler.  A l’écouter, elle, ses promesses de liberté, ses belles forme, sa lumière chaude et accueillante, à fantasmer chaque nuit le jour où je l’approcherais avec autre chose que mes yeux … Vient le jour où, en effectuant enfin un essai fructueux, je parviens à l’atteindre, la franchir … Et après une brève période de délivrance, me revoilà ici. Et la porte a disparu. He he … Ha ha ha !
 
Il me semble m’être déjà entendu dire que ma voix avait les mêmes intonations douces et rassurantes que la charge, sourde et déterminée, d’un troupeau de bovidés déterminés à défoncer et piétiner tout ce qui se trouve sur leur voie. Et lorsque je ris, c’est l’éclat paisible du tonnerre qui éclate et se répercute tout autour de moi. L’écho renvoyé par les murs amplifie le son, lui fait emplir l’air de manière plus intense encore : j’ai presque l’impression de vibrer. Je relève doucement la tête, la rejetant vers l’arrière, au point que si quelque chose venait à me tomber dessus depuis le ciel, je l’avalerais presque directement. Je ne sais pas combien de temps je passe à rire de telle manière. Je ne sais pas non plus s’il est naturel, pour une créature vivante, de pouvoir à ce point vider ses poumons. Mais techniquement … Suis-je vraiment vivant ? En tant qu’immortel, après tout, je suis à l’opposé de ce qui définit la vie en elle-même … La mienne ne prendra jamais fin. Qu’est-ce qu’un être « vivant », s’il ne peut mourir ? Soudain, je referme ma gueule et fait claquer mes crocs, alors que mon crâne bascule de nouveau vers l’avant, revenant à sa pose naturelle.
 
Très, TRES fin, aqua … Véritablement une nouvelle preuve que tu veilles sur tes fils et filles, même tant de siècles après les avoir oublié dans des trous à rats comme le mien. Pour un peu, tu recevrais un titre pour « parent de l’année » … Si tu n’étais pas une espèce d’insupportable mioche aux caprices aussi longs que pénibles.
 
Je ne sais pas si c’est de rage : ma patte se soulève, et frappe le sol. Quelque chose craque. A nouveau. Même si mon visage n’a clairement pas la morphologie de celui des hommes et même s’il est recouvert d’un pelage parfaitement uniforme, à moins d’être aveugle, il faut vraiment être un abruti complet pour ne pas constater que je hausse un sourcil. Et le fait est que : même si je l’ai constaté plus tôt, cette fragilité du sol m’étonne … Au plus haut point, réellement. Un sourire étire cependant rapidement mes babines, alors que je me regarde la patte, jouant à remuer doucement mes griffes dans les airs en les inspectant visuellement, de manière assez approfondie.
 

Enfin, je vais peut-être devoir m’y mettre, au lieu de râler comme ça … Tant qu’il n’y a personne de concerné par ce que je dis pour m’entendre, ça ne sert à rien.
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Aventure #8 écrite Ven 11 Déc - 18:35


Grayo déssida de mettre de côté sa peur et essaya de réfléchir. Il repensa à tous ce qu'il avait vu et entendu. Un chien qui parle, que l'on appelle invocation, des murs recouverts de glace, quatre piliers dont un qui est détruit, une brume flottant jusqu'à ces genoux, et le plus bizarre, de matériau qui se recompose. La créature ignorait drôlement bien Grayo. Cependant Grayo se demanda si justement il y avait une signification à tout ça.

Il se pencha sur le miroir, rien de spécial. Il regarda la glace qui avait été brisé mais rien d'anormal encore une fois. Il toucha les traces des griffes dans le mur. Les traces ne se reconstituaient pas contrairement à la glace, comme pour montrer sa défaite, son impuissance à l'invocation.

La voix de la créature le fis sursauter. Pas de peur mais de surprise.


> Hun … Quand j’y pense. C’est ironique. Je passe des siècles à regarder une porte. A la contempler.  A l’écouter, elle, ses promesses de liberté, ses belles forme, sa lumière chaude et accueillante, à fantasmer chaque nuit le jour où je l’approcherais avec autre chose que mes yeux … Vient le jour où, en effectuant enfin un essai fructueux, je parviens à l’atteindre, la franchir … Et après une brève période de délivrance, me revoilà ici. Et la porte a disparu. He he … Ha ha ha !

...

>Très, TRES fin, aqua … Véritablement une nouvelle preuve que tu veilles sur tes fils et filles, même tant de siècles après les avoir oublié dans des trous à rats comme le mien. Pour un peu, tu recevrais un titre pour « parent de l’année » … Si tu n’étais pas une espèce d’insupportable mioche aux caprices aussi longs que pénibles.

La créature frappa le sol rageusement.

> Enfin, je vais peut-être devoir m’y mettre, au lieu de râler comme ça … Tant qu’il n’y a personne de concerné par ce que je dis pour m’entendre, ça ne sert à rien.

C'est à ce moment-là que Grayo comprit. La créature lui passait un message. Sinon pourquoi dire "Tant qu’il n’y a personne de concerné par ce que je dis pour m’entendre, ça ne sert à rien.". Que veut dire exactement cette phrase. Cherchait-il de l'aide. Logiquement oui, puisqu'il lui faut un humain pour sortir de sa prison. Que faut-il dire à cette créature pour la faire réagir.

> Créature, je ne sais pas comment t'appeler, je vais donc dire Blargon. Si ce prénom ne te convient pas, il te faudra donner le tien. Je pense comprendre que tu me test et je vais relever ton défi.

Grayo sorti une dague et la planta dans le miroir. Le miroir se brisa en petits morceaux et se reconstitua. Voilà la preuve de sa détermination. Il commença à frapper la glace sur les murs avec sa dague en espèrent faire un trou.

> Que cherches-tu exactement? La liberté ou une chose qui a besoin de cette liberté ?

Grayo frappait tellement fort la glace que sa main s'ensanglanta. Les goute tombaient sur le sol de façon régulière en créant un écho.

"Plic ... "Ploc"
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Aventure #9 écrite Mer 30 Déc - 19:34

Bon … Ce n’est pas que je m’ennuie, mais franchement, je commence à me lasser de tout ça. Ce petit jeu de devinettes dure depuis assez longtemps maintenant, je pense … Enfin, après tout, j’ai une éternité parfaite devant moi, je ne vois pas ce qui m’enjoindrait à presser les choses. Peut-être un trait des humains qui m’a déteint dessus : l’impatience … Ou l’inverse. Peut-être, lors de leur création, leur ai-je concédé ce défaut … C’est tout à fait possible, après tout. Mais le fait est que je ne pourrais jamais vérifier la véracité de cette belle théorie … Ma mémoire ne me permet pas de retracer avec exactitude ces évènements, à vrai dire. C’était il y a si longtemps … Et tant de choses sont arrivées, peu après cela. Bon, il faut être honnête, à partir du moment où nos parents sont revenus et ont réduit notre monde – qui était à feu et à sangs – en charpie pour ensuite le remodeler sous la forme d’une minuscule petite île comme celle-ci, il ne s’est pratiquement plus rien passé du tout. Pour moi, en tout cas, mais je doute que les autres invocations aient plus de divertissements dans leurs cellules … à vrai dire, je trouve la mienne spacieuse, confortable, adaptée à ma corpulence … Il y a pire. Enfin, probablement. Je ne suis jamais rentré dans la cellule d’un de mes collègues, et je doute la chose ne serait-ce que possible … à moins que ? Il faudrait que je tente le coup un jour, une fois libéré. Si je suis libéré un jour. Les précédents essais ne sont pas des plus encourageants, il faut bien l’admettre.

L’inspection visuelle détaillée que je fais de ma patte avant droite est, je l’avoue, particulièrement prenante. Je n’ai jamais compris comment les dieux avaient déterminé de quelle manière un pelage soyeux, mais intégralement noir tel que le mien, devait renvoyer la lumière … Mais leur choix a été judicieux. Enfin, judicieux … Il me plaît, en tout cas. Je dis ça, parce qu’en faisant se mouvoir mes griffes les unes par rapport aux autres, les reflets que je perçois m’apparaissent très beaux … Chatoyants, ils sont aussi vivants et inconstant que l’eau translucide dans laquelle viennent se perdre des rayons du soleil, à la mer le plus souvent. Bien entendu, sur du noir parfait, ça ne rend pas exactement de la même manière, mais la comparaison reste plutôt exacte. Si on prend également en compte le fait que c’est moi qui décide du mouvement, et donc que je le contrôle, aussi … Et pour finir, ma patte griffue n’évoque en rien la plage, l’été, et la chaleur, mais là je suis totalement en train de dévier du sujet principale. Car dans tous les cas, je suis à ce point absorbé dans l’observation du jeu de lumière entre mes coussinets que je n’entends absolument rien d’autre … Même pas un bruit désagréable de couteau métallique en train d’être usé sur de la glace, ou le son régulier de gouttes de sang qui tombent et touchent le sol. Rien de tout cela ne m’atteint, ou peut-être que je fais un effort monstrueux de mauvaise volonté, qui peut savoir après tout … Enfin. Reposant mon membre avant sur le sol pour reposer de nouveau une partie de mon poids dessus, je ferme les yeux, et entre-ouvre légèrement les lèvres pour soupirer. Un puissant sentiment de lassitude envahit tout mon être sans que je sache pourquoi, et je n’ai pas l’impression que simplement secouer la tête et me dire « mais non, tout va bien » parviendra à le chasser.

Lentement, je fais glisser mes pattes vers l’avant, et m’allonge sur le sol. Et oui, je suis capable de m’étendre comme ça, d’un coup, sans avoir à faire 3 fois le tour de la position que je veux occuper avant de m’y caler confortablement. Je ne sais pas qui a donné aux chiens cette manie, mais il a mal fait son boulot : c’est une perte de temps précieux aussi dispensable que facile à éviter. La manie. La manie est aussi dispensable que facile à éviter … Des fois, mes propres pensées me perdent, à être formulée de manière si tortueuses. Enfin, dans tous les cas, ma pose à moi non plus n’est pas parfaite, je dois dire : étiré de telle manière, j’ai l’impression d’être un athlète en train de se préparer pour je ne sais quelle épreuve de gymnastique où sa souplesse et ses capacités de contorsionniste seront mises à rude épreuve … Alors qu’il n’en est rien du tout : je veux juste me reposer un peu.  Je ne sais pas, j’en ai assez de bouger. Je ne veux plus. Je ne veux plus de chocs sur mes murs ou mon sol, je ne veux plus éclater mon miroir, je ne veux plus aller me percher sur mon pilier brisé pour m’y reposer quelques instants, je veux juste … La paix. Je crois que c’est ça, que je recherche : une paix totale et inviolée … Malheureusement, mon propre esprit est trop agité pour me permettre d’y goûter lorsque je suis seul, alors en la présence d’une autre personne … D’ailleurs, qui dit aux humains d’aller déranger les invocations dans leur lente progression vers la folie, comme ça, de manière régulière ? Que je sache, je ne suis jamais rentré chez quelqu’un sans lui demander son avis ni l’autorisation au préalable … à part quand je cherchais réellement à énerver la personne que je venais voir, ce qui n’est pas si exceptionnel que ça, pour moi. à vrai dire, du temps où les hommes étaient encore des créatures que je pouvais tout simplement faire éclater juste en me concentrant trop sur leur corps si fragile à l’aide de mes pouvoirs de créature divine, j’adorais faire ça. Helas, mes pouvoirs ont décrus, les hommes se sont armés … Et aller les embêter pour l’unique plaisir de les voir en rogne est devenu un brin plus complexe.

Et maintenant, les rôles sont inversés … Je suis prisonnier de cette antre où j’aimerais trouver un genre de paix, et je suis condamné à être dérangé par des visiteurs que je ne connais pas, qui ne me connaissent pas non plus – je ne vois d’ailleurs pas de quel droit ils pourraient vouloir me donner une identité comme ça, sans prévenir – et qui ne sont visiblement pas sur la même longueur d’ondes que moi. Le seul problème, c’est que le jeu n’est pas le seul à pouvoir renverser les règles de la sorte … et que donne une double inversion ? La situation de départ. Alors certes, je ne suis pas chez un humain, et je ne décide toujours pas de quand il ou elle passe, mais pour le reste … Un de nous deux, dans cette pièce, à passer des millénaire à casser les pieds à diverses gens plus ou moins importants, alors que l’autre … … et bien l’autre, en premier lieu, ne peut tout simplement pas avoir plusieurs milliers d’années à son actif pour commencer, mais surtout, l’autre … et bien l’autre, je n’en sais pas grand-chose. Enfin, je suppose qu’il peut jouer quand même, après tout. Et de toute manière, il n’a pas le choix … ça fait partie de son épreuve, après tout. Même si il ne sait pas qui je suis exactement, et ce qui me motive … Il n’avait qu’à se renseigner quelque part, dans le pire des cas. Qui a dit que je devais être celui qui renseignerait le premier voyageur venu ? Dans le temps, il existait des établissements pour cela … des « offices du tourisme ». Je n’ai absolument aucune idée d’à quoi ils pouvaient ressembler, mais je doute qu’un chien géant qui parle ait jamais accueilli des gens à l’intérieur. Enfin … Je suppose que je pense encore à n’importe quoi, comme d’habitude. C’est malheureux, mais c’est ainsi … Mon fil de pensée est tortueux, et ne peux pas rester sur un sujet plus de quelques instants sans dévier de sa route, aller voir ailleurs, trouver un autre sujet, et en faire globalement le tour pour ensuite revenir à son but originel. Je suppose que ça veut dire que je suis dérangé. Mais si je ne réfléchissais pas comme cela, je pense que je serais définitivement devenu fou …

… Peut-être, ou peut-être pas. Après tout, râler fait du bien … Je crois. ‘Fin bon … Je peux bien le dire en même temps : je m’ennuie à mourir, ici … Les murs ne font que me renvoyer mes paroles, les pilonnes ne bougent pas, et moi, tout de suite, j’avoue me sentir désœuvré … Ce n’est pas comme si faire la conversation seul pouvait vraiment être intéressant, de toute manière.

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Aventure #10 écrite Dim 24 Jan - 17:27


*Ce qui est intéressant avec le froid, c'est l'effet qu'il produit. Du sang qui coule, mais aucune douleur. De profondes coupures mais toujours aucune douleur. Bon, il est sûr que si on retournait le doigt de quelqu'un alors là en plus du bruit de l'os qui craque, on pourrait sentir une douleur plutôt forte. Je dois admettre que je suis une sorte de masochiste. Je n'aime pas ressentir la douleur, mais j'ai besoin de la ressentir. Peut-être pour me montrer que je suis vivant.*

Grayo s'assit sur le sol glacé.


*J'ai dû être bien présomptueux à dire que j'allais réussir son épreuve. Après tout je fais face à un loup plus grand que la moyenne, ... bon d'accord beaucoup plus grand que la moyenne et qui en plus est skyzophrène. Pourquoi un beau coeur pur comme le mien ne suffirait pas. Que cherchent les invocations ? Logiquement elle recherche toute la liberté. Leur pensé vont elles plus loimp.*

Il se coucha. Cette position lui donné l'impression de pouvoir réfléchir plus facilement.


> Peut-être, ou peut-être pas. Après tout, râler fait du bien … Je crois. ‘Fin bon … Je peux bien le dire en même temps : je m’ennuie à mourir, ici … Les murs ne font que me renvoyer mes paroles, les pilonne ne bougent pas, et moi, tout de suite, j’avoue me sentir désœuvrer … Ce n’est pas comme si faire la conversation seule pouvait vraiment être intéressant, de toute manière.

Grayo soupira bruyamment.


*J'en peux plus. Il dit qu'il s'ennuie alors que je lui offre la liberté. Il dit faire la conversation seule, mais je n'arrête pas de lui parler.*

Il se frotta les cheveux comme un dément. Il dit avec un ton calme, mais irrité.


> Tu sais que je suis là ? Peut-être est tu sourd ? Tu dis t'ennuyer, alors vien avec moi. Si tu le veux j'irais jusqu'à détruire un monde pour ton aide.


*La, je crois avoir atteint des sommets dans la présomption. Détruire un monde, et puis quoi . J'aurais dû dire faire tout mon possible pour détruire un monde. Le destin n'a pas été dur qu'avec lui. Il a l'avantage d'être immortel, et un jour viendra ou les invocations seront libérées par les dieux. Même moi, dire que le destin a été dur avec moi est égoïste. Mon père et moi étions resté en vie après l'attaque du village, et après j'ai pu vivre d'une passion. Aujourd'hui encore, je suis en vie avec un but en tête. Quand je pense que lui il ne fait rien d'autre que dormir.*

Il sera les dents en regardant l'escalier qu'il avait empreinter.


*Je vais peut-être échouer et devoirs partir, ou pire.* pensa-t-il en regardant le squelette allongé à côté de lui.

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Aventure #11 écrite Mer 3 Fév - 0:32

Je sens un genre de … Frisson me parcourir l’échine. Une étincelle, une fois encore … Ténue, timide, mais peut-être suffisante pour enflammer les poudres … Malheureusement, une fois de plus, elle disparaît. Une fois de plus, je la sens, qui s’étiole dans les ténèbres … Et j’avoue que j’ai une pointe de regret. Mais je suis vieux, fatigué, et susceptible … bon. Certes. Je suis immortel : il est normal que mon âge soit très avancé, et après tout je ne suis pas plus ancien que n’importe lequel de mes frères … Certes, dans cette cellule, je passe une immense partie de mon temps à dormir et à me reposer, de manière générale. Et certes … Ma réaction est des plus polies et cordiale, lorsque je réponds. Mais par vieux, je veux tout simplement dire que vivre depuis des millénaires me pèse. Par fatigué, je veux dire que mon esprit, las de cette solitude infinie, a fini par changer au point de m’empêcher de réellement éprouver de la patience pour les autres, les rares fois où je croise leur route. Et par susceptible … j’entends que même si je suis très dur à énerver, j’ai quand même une patience des plus limitées. Et lorsque quelque chose se bloque de manière bête … J’aime pousser la chose en question à avancer à nouveau. Peu importe pour moi si elle se brise au passage …

Mon pas est doux. Je pourrais, à chaque fois que mes coussinets heurtent le sol, faire peser absolument tout mon poids dessus. Je pourrais probablement faire trembler cette salle … Mais je m’en abstiens. Je fais autant de bruit que cette brume, légère et omniprésente, qui masque les pieds de tout être présent dans ma prison. Et avec le peu de lumière présente, on ne peut pas vraiment dire que mon ombre me trahisse … Je ne suis pas même certain d’en avoir une, en ces lieux. En résumé ? J’avance tel un fantôme, silencieux, comme détaché de ce monde … Et surtout, presque imperceptible si on ne regarde pas déjà dans ma direction. Comme lui. Pourquoi s’est-il allongé par terre ? Je dois avouer que je l’ignore tout à fait, et à vrai dire, je n’en ai pas grand-chose à faire. Je sais simplement que le sol de ma cellule est parfaitement glacial … Mais s’il tient vraiment à s’y plaquer le plus possible, libre à lui. Après tout, c’est sa chaleur … Chez un demi-dieu de glace, ça n’a pas vraiment sa place, peut-être. J’ai le temps de m’approcher à ma guise, toujours sans un bruit … Je veux que ma voix soit le premier son qui lui révèle ma nouvelle position. Je veux le surprendre … Je suppose. Je veux lui faire peur ? Peut-être … je ne suis plus très certain de rien, depuis le temps … Je sais juste que, lorsque j’ouvre finalement à nouveau ma gueule, cette dernière est située non loin au-dessus de sa tête. Encore une fois, le grondement sourd et rocailleux qui me sert de voix retentit, avec une douceur surprenante.

Peut-être suis-je sourd … Ou peut-être que tout ce temps, j’ai attendu autre chose que de belles promesses et des questions posées. Tu as fait preuve d’une patience relativement grande … Je suppose que tu as vraiment besoin d’une invocation. Mais j’ai une mauvaise nouvelle pour toi.

Lentement, je m’allonge sur le sol. Bien entendu, je ne m’éloigne pas : ma tête reste proche de la sienne, peut-être même encore plus maintenant que ma mâchoire repose directement sur le sol … Je ferme les yeux. Lentement, une langue longue, large et humide sort d’entre mes crocs, et les passe en revue, un à un. Lentement, je me lèche les babines et inspecte mes quenottes, avant de finalement laisser mon énorme muscle rose s’écrouler par terre, mou, spongieux et inerte. Je me sens affreusement calme … Et je dois admettre que je n’aime pas ça du tout. Mais ce n’est pas la peine de le montrer : autant rester aussi doux et cordial que … Qu’un agneau, je suppose ? Après tout, mon apparence parle pour elle-même … S’il se met à penser que, juste parce que je parle tranquillement et ne suis pas grossier, je suis une créature de douceur et de paix … Et bien, s’il pense ça, autant l’achever tout de suite. Ma mission était de permettre aux animaux d’évoluer, d’une certaine manière … Cela passe parfois malheureusement par l’élimination pure et simple des spécimens indésirables. D’un coup, mon œil énorme s’ouvre. De blanc, il est passé à rouge … Je le sais, mais ne connaît pas la raison de ce changement soudain. Même si la coïncidence m’amuse, je dois l’admettre. Je le scrute. Lentement, le coin de ma babine qu’il peut voir se redresse … Dessine un rictus tordu. Tordu, et malsain.

Depuis que tu es arrivé dans cette salle, je n’attendais qu’une chose … Que tu t’énerve. Je t’ignore. Je ne réponds à aucune de tes questions. Je fais comme si tu n’étais pas là … Et tout ce que tu trouves à faire, c’est m’offrir de détruire un monde pour mon aide ? Sais-tu seulement ce que c’est, de voir une planète entière rongée par les flammes de l’apocalypse ? As-tu une idée de ce qu’on ressent, à voir des milliards de vies s’éteindre, presque toutes en même temps, mais pourtant, chacune l’une après l’autre ? Non … Non, je doute que tu le saches. Penses-tu que la « liberté » que tu vas m’offrir serait à même de me satisfaire ? Ce n’est pas mon corps … Mais mon esprit qui a besoin de sortir d’une cage. Et l’extérieur, ce qu’il y a hors de ces murs … c’est loin de suffire, pour un cas comme le miens.

Lentement, je me mets à tapoter le sol d’une de mes griffes. Au début, ce n’est que par jeu : il y a tant de façons plus ou moins marquées de tuer le temps … Mais dans le contexte présent, mon jeu dégénère. Ce qui était au début un petit « poc, poc, poc » … Devient plus ou moins rapidement un « crac, crac, Crack », qui s’amplifie. Parce que je tape plus fort. Parce que l’obsidienne se brise. Parce que mon sourire s’accentue, de secondes en secondes. Parce que je me mords la langue, et qu’un large filet de sang rougeâtre en coule pour aller se répandre au sol … Je suis susceptible, vieux, fatigué. Mais pas encore tout à fait sain d’esprit … oh ? Aurais-je dit quelque chose qui n’a pas beaucoup de sens ? Par pitié … c’est loin d’être la première fois.

Tu as trouvé juste de me donner nom, sans même me décliner ton identité … Très fin. « Blargon ». Sous-estimes-tu donc à ce point le pouvoir de dénommer les choses ? Laisses-moi à ton tour t’attribuer un surnom … Viande froide. Viande froide, dans laquelle j’ai craché, et qui n’a pas réagi. Viande froide, que j’ai laissé en plan, et qui n’a pas cherché à me rattraper. Viande froide … qui attend que le monde la saisisse, alors que c’est à elle d’empoigner son existence et son destin. Ne restes donc pas comme ton ami, sur le sol … Lui n’a plus aucune vie dont profiter. Non, viande froide … Relèves-toi, et vite. Relèves-toi, et marche … cours, peut-être. Car je vais me mettre à décompter. Et lorsque j’arriverais à 0 … J’ai un ricanement sinistre, probablement aussi rassurant que la vue, à la sortie de sa maison, d’un paysage entier où sont posés des milliers de corbeaux … qui se tournent brusquement vers vous, nouvelle proie potentielle. Lorsque j’arriverais à 0, si tu es encore à portée de crocs, je peux t’assurer qu’une mort rapide serait ton option la plus réjouissante. Mais peut-être suis-je un peu dur avec toi, après tout, viande froide … Tu ne pouvais pas deviner, à vrai dire. Cela s’est joué à l’instant où tu as pénétré cette pièce … S’il avait été dans ta nature de céder à la colère lorsqu’une contrariété du style de celle que je viens de te faire subir t’arrive, alors tu aurais remporté mon épreuve. Hélas ? Je n’ai constaté qu’une irritation … certes présente, mais contenue, limitée. Et moi. Me limiterais-tu, une fois dehors ? au nom d’une « morale », ou d’une « éducation » … Refreinerai-tu tes ordres ? Me restreindrais-tu ? Si la chance de tuer un homme pour te venger se présenterais … M’ordonnerait-tu de le faire, ou pas ? Non. Je le vois d’ici … tu voudrais réfléchir. Peser le pour, et le contre … tu voudrais t’assurer que tu me demande de faire ce qui est juste. Et ce genre de comportement est aux antipodes de ce que je recherche … Je ne te blâme pas pour cela, viande froide. Tu me répugnes, mais je ne t’en veux pas.

Tu sais, viande froide ? J’ai quand même bien aimé ton passage ici. Je suis sûr que, si tu t’en donnes la peine, tu parviendras à libérer un de mes frères … je ne doute pas que tu en serais capable. Tu as des choses à faire ? Fais-les. Tu as probablement déjà la force en toi … Il te suffit encore de la trouver. Si jamais tu as des question, d’ailleurs, ou que tu t’en sens l’envie … N’hésites pas à revenir. Je ne te laissera plus me libérer, mais je serais heureux de discuter avec toi .. Enfin. Ça, c’est dans un cas. Dans l’autre cas, tu me tiendras compagnie, et pour l’éternité … à partir de très bientôt, en fait. Au revoir, viande froide. Rassures-toi : je ne peux franchir la porte qui conduit ici. 15. 14. 13.


A moins de boiter affreusement, il pourra facilement atteindre la porte … S’il se relève et se remue assez rapidement. Lentement, je referme mon étrange paupière, et laisse mon rictus s’accentuer alors que je continue à compter. Je suis régulier, méticuleux … Et tendu comme un ressort, à vrai dire. Je pensais chaque mot que j’ai prononcé : s’il n’est pas assez vif, je le tue sur place. Et l’idée de bondir de ma position sur lui, alors qu’il n’est qu’à quelques mètres de la porte, a quelque chose de séduisant … mais encore une fois, il a le temps.

HRP:
 
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Rien ne te retiendra dans ta chute, pour peu que je te brise ...

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