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 Résurrection fatale

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MessageSujet: Résurrection fatale   Ven 18 Déc - 0:57

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Un détail plutôt étrange, qu’on pouvait probablement qualifier comme « une des bizarreries du corps humain » : la première chose qui réveilla l’assassin … fut l’encombrement de ses poumons. Ce dernier, péniblement, se mit à se racler la gorge, et eut le réflexe de tourner la tête sur le côté et de s’élever un peu pour cracher un glaviot noirâtre. Ce dernier partit sur quelques centimètres, décrivit une trajectoire en cloche, et s’écrasa sur le sol, sans bruit, dans la mousse. Le biceps de l’assassin trembla : il chuta de nouveau à terre, peinant quelque peu à retrouver un souffle correct désormais : sa gorge était légèrement obstruée … encore que toujours un peu plus utile qu’avant. A la réflexion, ce n’était d’ailleurs pas tant sa gorge que tous ses poumons … Les yeux fermés, le jeune homme fit de nouveau fonctionner certains de ses muscles, et se racla, presque instinctivement, la gorge le plus fort possible. Un nouveau glaviot partit d’entre ses lèvres : il ne se releva même pas pour l’éjecter, cette fois. Quelque chose clochait.

Où était-il ? Avec un effort qui lui sembla démesuré, il parvint à ouvrir les yeux … Ses paupières luttaient tellement pour rester fermer. Dormir, encore … Mais son esprit s’y refusait, maintenant qu’on l’avait tiré du royaume des songes. Il avait l’impression que l’intérieur de son crâne avait été rempli avec une sorte de matière cotonneuse : ses réflexions étaient lentes, désynchronisées … Un adulte se retrouvant brusquement dans un corps de petit enfant pour tenter de courir. Il hésite, trébuche … Finit par avancer. A un rythme trop lent par rapport à ce qu’il désirait. La luminosité était faible : entre deux branches d’arbres, il vit les étoiles … Le ciel nocturne ? Il était encore tôt … ou tard, peut-être ? Il avait besoin d’en voir et savoir plus. Tentant de s’appuyer sur une main pour se redresser, il poussa immédiatement un cri de douleur, retombant presque aussi vite qu’il s’était – légèrement – redressé. Il n’eut pas besoin de voir pour comprendre … Se souvenir. Sa main brisée. Cependant, à la façon d’un excitant brusque, la douleur lui permit tout à coup d’un peu dissiper les brumes qui ralentissaient tant le cours de ses réflexions. Il avait une main brisée. Il était allongé sur un sol froid, mais mou : quelque chose en extérieur, peut-être était-ce de l’herbe ou de la mousse qu’on trouvait au pied des grands arbres. Une clairière ? Non, il voyait encore les branchages et feuillages autour de lui. Une forêt. Celle de Jade, probablement. Lentement, les derniers vestiges de sommeil le quittaient … Mais pas la lenteur exaspérante à laquelle son cerveau tournait. S’appuyant sur son autre main pour tenter de se redresser, le jeune homme comprit subitement. La drogue. La poudre de sommeil. Les effets n’étaient pas encore tout à fait dissipés. Quelque chose fonça vers son visage. Réflexes émoussés, quasi inexistants. L’attaque lui percuta la joue. De « presque assit », il passa de nouveau à « allongé » bien que sur le ventre cette fois : il avait la mâchoire en feu. On venait … de le claquer ?

Un éclat de voix lui vrilla les tympans : assez fort pour qu’il ne tente misérablement de se couvrir les oreilles de ses mains … Il n’y parvint qu’à moitié : sa main blessé lui faisait si mal qu’il peinait à mobiliser les muscles de son bras pour la faire bouger. Légitime … après tout, il l’avait envoyé à plusieurs reprises contre un panneau de bois après même l’avoir cassé. Il avait frappé sa lampe à huile, également … Soudain, une énorme pièce du puzzle parvint à atteindre son cerveau englué dans une semi-somnolence artificielle, alors qu’il réalisait quelque chose. Il était toujours en vie. Face dans la terre, à gémir alors qu’il tentait pitoyablement de reprendre une posture digne de ce nom, mais en vie. Or, lorsqu’il s’était endormi.. Lorsqu’il s’était endormi, il n’était pas particulièrement parti pour se réveiller. Il ne venait pas juste de recracher les effets d’une mauvaise bronchiolite : ses poumons étaient gorgés de suie. Sa main brisée était le témoignage le plus évident du fait qu’il ne sortait pas d’un mauvais rêve … Tout était réel. Les souvenirs revinrent en bloc, défonçant tout sur leur passage comme un torrent faisant brusquement céder un barrage. La journée ennuyeuse. Sa rencontre « fortuite » avec sa belle. Leur soirée, qu’il avait passé sur un petit nuage. Cet instant où tout avait basculé, l’invocation, la fuite, le retour, la disparition de celle qu’il aimait, arrachée … et finalement, le silence, et la solitude. La puissance de ce qu’il avait ressenti à ce moment-là lui brûlait encore si ardemment le cœur qu’il en fut subitement suffoqué : il eut comme l’envie de pousser un cri, mais sa gorge s’y refusa, lui permettant à peine d’émettre un coassement ridicule. Puis, une nouvelle fois, l’envie de cracher. Plaçant ses bras de manière à pouvoir au moins se servir de ses coudes pour s’appuyer sur le sol et se soulever, le jeune homme décolla son torse de l’humus frais, releva les yeux … Et laissa le nouveau projectile de salive s’éjecter, quelque part devant lui.

Un élément de son champ de vision le perturba. Peut-être en était-ce la couleur. Probablement. Du bleu. Même la nuit, ce genre de bleu n’était pas naturel : pas dans un tel environnement. Pas avec cette teinte. En revanche, il le connaissait. Même avec ses yeux fatigués et la drogue qui réduisait encore son cerveau à l’état d’éponge, l’assassin savait où il avait vu cette teinte et à quoi, ou plutôt à qui elle appartenait. Et pour une raison qui ne lui échappait pas vraiment, il n’avait pas particulièrement envie de cette discussion là tout de suite. Peut-être parce qu’il venait de déduire une petite partie de ce qu’il venait de se passer … Et peut-être parce qu’il avait l’impression que c’était intégralement justifié, lorsqu’il y regardait à deux fois. Bon … il était vivant de toute manière, et n’avait aucun moyen de remédier à ce problème dans l’instant. On pouvait dire que quelque part, il était donc forcé à faire ce qu’il allait faire … à savoir : expliquer à son invocation … ce qui l’avait conduit à être dans cet état ? Le jeune homme aux yeux d’or se fit subitement la réflexion que, s’il savait qu’il était en vie, il n’avait toujours pas souvenir de pourquoi ou comment … Juste un début d’hypothèse.

Hey … Salut … Nephylim … … c’est toi qui … vient de me claquer ? Parvenant au terme des maigres forces qu’il avait récupéré, l’assassin chut de nouveau, laissant son menton retomber dans le sol. La sensation était désagréable. Mais il connaissait bien pire. Sacré patate, mon vieux … Et pourtant … J’en ai encaissé pas mal … dans mon temps. Tu m’en voudras pas, hein … si je reste comme ça … Je crois bien … Que je pourrais rester comme ça … un siècle ou deux … pour récupérer …

Il n’avait même pas terminé sa phrase qu’il fermait de nouveau les paupières, finalement vaincu. Pendant un petit instant, on aurait pu croire qu’il s’était rendormi : son corps ne bougeait plus, et ses traits étaient lâches à l’extrême, dénués de tension … dénués d’énergie. Le poison dans son organisme continuait de faire son effet, après tout. Cependant, lentement, le corps de l’humain pivota doucement, alors qu’il bougeait le bras valide pour l’amener devant lui. Roulant pour se retrouver, une fois encore, allongé sur le dos, le jeune blond aux cheveux verts resta comme cela quelques instants, avant d’ouvrir un œil fatigué. Un petit sourire tentait d’étirer les commissures de ses lèvres, avec un certain mal.

Je vais passer … l’éponge, pour la claque. Tu peux … me faire un petit topo ? Aux dernières nouvelles … J’étais mort. Ha ha … Je me demande … si c’est pas toujours le cas.
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MessageSujet: Re: Résurrection fatale   Mer 23 Déc - 17:03

Vitesse, attention, précision. Courir à en perdre haleine, s’inquiéter, se presser de nouveau. Tout va si vite. Quelle est la dernière fois que j’ai ressenti cela ? Oh… je me souviens, un autre jour maudit. Un regret éternel. Pourtant, et bien que jamais je ne l’avouerais, je remerciais que ce moment arrive. Après des années d’attente, j’ai l’impression de vivre. De me battre contre autre chose que l’ennuie et ma propre folie. Aujourd’hui, je combats la folie d’un autre. Mon but est de l’aider, le sauver… Ou bien ce jour sera lui aussi marqué d’une croix noire, ce jour sera aussi maudit à l’avenir.

Ma peau est devenue plus sombre, mon pelage porte encore les cendres de l’incendie. Des marques bien futiles comparées à celle que portera l’espèce de loque devant moi.
Chance pour moi, j’étais resté attentif cette nuit. J’avais entendu au profond de mon être un appel, me permettant de me matérialiser auprès de celui que j’avais choisi d’accompagner jusqu’à la fin de sa vie.
Ce fut la surprise et l’appréhension qui s’empara de moi dès les premières secondes, ne comprenant pas les raisons de cet enfer ou les flammes étaient maitresses et dévoraient tout. Mais il y avait encore quelque chose à sauver dans ce lieu fumant. Du moins, l’espérais-je.
Je ne doutais pas non plus de ma force, loin de là. L’ennuie était mon anatomie, peu utile pour transporter une personne. Tant pis pour lui, je le trainerais par le col. Il n’est pas à ça prêt. Et c’est la raison de l’état pitoyable de ces vêtements.

La chaleur n’était pas agréable, en y restant trop longtemps, ma peau risquait de se mettre à craqueler. Enfin, c’est ce que j’imaginais. C’est donc sans m’attarder que j’évacuais le corps inanimé de l’idiot que j’avais choisi. L’amenant le plus rapidement possible au dehors, un étage plus bas. Mais déjà, les curieux s’attroupaient. Des secours ne devaient pas être loin, mais je me dis qu’il valait mieux les éviter. Le problème est qu’il est difficile pour moi de rester discret… Encore plus en trimbalant un homme inconscient.
Une solution, quitter la ville. Dommage, je l’aimais bien. Et pour traverser tout cela ? M’imposer. De toute façon je suis méconnaissable, à mon grand regret. Apparaissant bien plus noir que bleu. En allant vite, baissant la luminosité de mes vibrisses, on se souviendra de moi pour ma noirceur, pas mon corps et celui que j’amène.
Au final, les deux miliciens tenant la garde en firent les frais. C’était facile d’inventer une histoire d’agression, de menacer quiconque de trop curieux ou voulant m’empêcher de passer de le tuer s’il me bloquait le chemin. Chose que j’aurais certainement faite dans ce genre de cas. L’important est d’être convainquant sans s’exposer.

Qu’importe ce que ces humains en penseraient. Qu’importe d’être recherché comme j’ai pu le voir sur des affiches. De toute façon, je me refusais à accompagner l’enfant lors de ces missions nocturnes.
Une fois dehors, tout était plus simple. La forêt serait mon bastion le temps de régler certaines affaires importantes. Aucun animal, aussi affamé soit-il et attiré par une proie facile n’osera s’approcher de moi. On ne me vole pas.

Alors je lâchais sans délicatesse la chose fragile qu’il m’avait fallu trainer si longtemps. Profitant de son inconscience pour me plonger dans la rivière à quelque pas. Ma peau était irritante et sale, j’avais besoin de m’hydrater et d’éliminer toutes ces imperfections. Je ne sortis de l’eau qu’une fois satisfait et m’allongeais auprès de Nathaniel, réfléchissant aux conséquences qu’allaient avoir nos actes.

Il finit par bouger, s’appuyant sur sa main cassée. Idiot. Ce reflexe stupide de vouloir se dresser avant même d’avoir identifié le problème. Naissant d’un complexe tout autant stupide.
Mais Il persévérait. A la fois qualité et défaut des humains… Qui nous appartiennent tout autant. Mais bon, il lui fallait rester allongé encore un instant et pour son égoïsme, je crois que quelque chose s’impose.
Un geste fluide, un claquement sec, l’impact fut violent et envoya l’humain à terre. Je grondais alors.

Reste à terre !

Il bouge encore. C’est que je n’ai pas encore frappé assez fort. Qu’importe. Il redressa la tête. Comprenant enfin ma présence. Me tenant droit devant lui, je n’arborais aucune expression, toutes paupières close, la truffe parfaitement lisse, communiquant uniquement par mes capacités de ventriloquie.


Te claquer ? M’a tu bien regardé ? Avec quoi ? Je ne suis pas équipé pour. Et si c’est ce que tu as ressenti, c’est que ta drogue marche merveilleusement bien.

Comme pour appuyer mes propos, ma queue fendait l’’air et battait le sol dans un bruit sourd.
Il n’avait pas encore compris comment je l’avais frappé et à quel point la substance qu’il a consommé lui permettait d’éviter la douleur. Sa main ne devait être douloureuse que lorsqu’il s’appuyait dessus.
Il fallut un peu de temps à l’humain pour retrouver la force de parler à nouveau. Toujours cette insouciance dans le ton. Au moins ça qui n’a pas changé. Et il passe l’éponge en plus ? Quelle chance j’ai, vraiment !

C’est généreux de ta part, mais tu vas devoir passer l’éponge sur encore deux ou trois trucs, moi aussi j’ai envie d’être un peu égoïste.
Au dernière nouvelle, tu t’es comporté comme le dernier des imbéciles et peut-être bien comme un lâche. C’est donc cette partie de toi qui t’as tant effrayé dans mon temple ? Quoi qu’il en soit, ça a été à moi de te trainer jusqu’ici. Mhm peut être que nous serons recherchés aussi qui sait ? A vrai dire je m’en fiche un peu. Donc voilà, j’ai droit à une récompense pour avoir fait échouer une erreur

Ne dit rien, je sais déjà ce que je vais faire. En fait j’aurais quelques petites questions. Une réponse m’ira très bien. Mais je suis certain qu’il y en a une que tu connais très bien, non ? Quelque chose comme : pourquoi ?
Oh et bien sûr je ne te lâcherais pas avant d’avoir une réponse alors fais vite, mais pas tout de suite car j’ai autre chose à demander.
?


Sauf que dans son état, je n’étais même pas certain qu’il me comprenne. Je m’en allais donc attirer son attention en posant, dans un premier temps, ma patte sur sa main brisée, appuyant de plus en plus fort au fur et à mesure que le temps s’écoulait. Persuadé qu’il ne hurlerait pas.

Ça doit être douloureux. Dis-moi, quel est le pire, petit homme ? Ton poignet brisé ?

Une dernière pression avant d’arrêter ce supplice.

Cela ? Tes poumons encrassés?


La partie osseuse de ma queue s’abattit sans hésitation sur son ventre, le faisant cracher violemment. Il fallait bien lui faire éliminer les restes encombrant ses bronches, gênant sa respiration. J’attendis qu’il puisse calmer sa toux et sa douleur avant de me replacer à côté de lui et de continuer.
Ou d’être de nouveau enfermé une éternité sans en connaitre la raison ?
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MessageSujet: Re: Résurrection fatale   Lun 4 Jan - 0:40

Quand bien même il aurait pris le double de la dose de somnifère qu’il avait ingurgité,  l’assassin pouvait affirmer une chose : il aurait clairement senti ce coup de queue- passer. Ce n’était certes – probablement – pas destiné à le tuer ou à lui briser quelque chose, mais pour autant, s’il avait reçu un coup pareil sur le poignet, le jeune fou n’était pas capable de juger que ses os y auraient survécu … enfin. En tout cas, le résultat fut relativement probant : devant tourner la tête, le jeune homme fut obligé d’éjecter, une fois de plus, une boule de salive qui s’échoua probablement non loin des autres. L’espace d’un instant, il mastiqua légèrement dans le vide, tentant de chasser le goût atroce qui lui restait sur la langue, mais sans résultat … Il avait la gorge sèche. Les paroles qu’il entendait, il le savait bien, étaient chargées de colère. Même sans cela, il n’avait pas vraiment de doutes sur la question : pour quel autre motif son invocation aurait-elle pu vouloir le frapper à plusieurs reprises, de la sorte ? Et après tout … Sa colère n’était-elle pas légitime ? Peut-être. Oui, peut-être fallait-il passer l’éponge sur plusieurs choses, et laisser le demi dieu épancher toute sa soif de vengeance sur lui … Chose ironique : il le sauvait, mais ce n’était que pour mieux le frapper par la suite … encore que : encore une fois, les coups ici étaient destinés à faire mal, et pas à l’achever. Et pourtant … S’il avait envie d’une chose, ce n’était certainement pas d’être encore passé à tabac. Il avait déjà donné, dans cette catégorie, à son époque …

Je dois admettre … C’était plutôt idiot de ma part de dire que tu m’avais claqué … Mais bon … Je me sens assez idiot, je dois dire, oui. Cesses de me frapper ou de me faire mal en général … Je t’écoute.

Pour une raison ou une autre, se faire appuyer sur la main qu’il s’était brisé n’était pas franchement l’évènement qu’il voyait le plus se produire dans la soirée. Enfin, intentionnellement, en tout cas. Lentement, il releva son membre blessé, le rabattant sur son ventre et le laissant là quelques instants. Reniflant, l’assassin laissa une larme quitter son œil, glisser sur son nez, passer dans l’autre, pour finalement échouer à terre. Contrairement à ce à quoi il se serait attendu, ses yeux ne le piquaient pas vraiment … Il les avait gardé fermés, en même temps. Avec une lenteur exaspérante, le jeune malade finit par se remettre en mouvement. Tournant d’abord de nouveau la tête vers le ciel, il s’appuya sur son bras valide, et parvint, petit à petit, à se remettre droit sur le sol. Son bras, en tombant sur ses jambes, lui tira une grimace, mais aucune réaction supplémentaire. Il se sentait si vidé de toute énergie … ça se voyait probablement à sa pose. Mais il refusait de retomber à terre pour autant. Un rire le prit soudain. Il fut de relativement courte durée : au quatrième « Ha » à peine, l’assassin fut forcé de tousser, et éjecta au terme d’une bruyante et pénible quinte de toux une nouvelle partie des déchets carbonisés qui lui salissaient le système respiratoire. Ses yeux dorés restèrent dans le vague. Puis, comme animés d’une conscience propre, se relevèrent vers le seul autre être doué de conscience de la clairière.

C’est simple à ce point , tu sais. J’ordonne ? Tu fais. J’interdis ? Tu ne peux pas faire.  Je viens de t’interdire de me frapper : cela vaut au moins jusqu’à ce que je me sois rétabli de la plupart de mes blessures. Ne me force pas à recommencer. Ne me force plus jamais à le faire …

Les lèvres fines s’étaient étirées en un maigre sourire, qui fut presque aussi volatile que dénué de joie. Lentement, il porta sa main valide à son visage, dont il massa la peau de manière laborieuse avant de regarder la paume de sa main et le bout de ses doigts. Le tout avait été noirci par la suie qu’il venait de frotter. Pas étonnant qu’il ait autant de mal à faire bouger ses traits, avec la fine couche noirâtre qui la recouvrait … Il avait besoin de se rincer le visage. Pas de se baigner : il n’avait clairement pas assez chaud pour ça … Mais dans un premier temps, se débarbouiller serait une bonne chose. Ça, et aussi trouver un moyen de faire en sorte que sa main ne lui fasse plus mal au moindre geste. Mais c’était déjà un peu moins urgent, il n’avait qu’à faire attention … faire attention … La chose était facile à dire, mais plus complexe à mettre en pratique : son cerveau englué avait tendance à oublier les évènements presque aussi vite qu’il ne les assimilait … Encore que, pour ce qui était de l’assimilation aussi, il y avait encore du travail pour la rendre aussi performante que d’habitude. Son corps et sa tête étaient dans un état lamentable … Non, vraiment, ce n’était pas le moment pour prendre des coups pour soulager la conscience d’un autre.

Et puis, tu sais … Je ne me suis jamais vanté d’être courageux … Je laisse ce genre de folie là à d’autres plus qualifiés que moi. Je n’ai, à ma connaissance, jamais cherché à mener un combat que je pensais perdu d’avance … Traites-moi d’imbécile, ou de lâche s’il te sied. Sais-tu seulement à quoi j’ai fait face, tout à l’heure ? Sais-tu ce qui m’a donné envie de me précipiter vers ma fin ? Oh, mais tu avais une autre question, avant cela, c’est vrai … Qu’est-ce qui est le pire, entre mon poignet brisé, mes poumons encrassés, ou un enfermement illimité … Sans nul doute, je dirais la troisième option. A mon tour, de te poser une question de ce genre … As-tu déjà eu l’impression qu’on arrachait une partie de toi si importante que même en brisant des os de ton corps, tu avais encore des doutes sur si c’était réellement le tiens ? Sur si tu sentais encore vraiment quelque chose ? As-tu déjà … Effleuré du bout de la patte le songe que le monde ne se porterait qu’infiniment mieux sans toi ?

L’assassin avait l’impression de faire craquer quelque chose, en lui. Métaphoriquement parlant bien sûr : il ne bougeait pas depuis tout à l’heure, même s’il oscillait doucement. En revanche, à l’intérieur, quelque chose se … fissurait. Refusait de continuer. Un masque. Son masque. Son sourire de toujours, dont il ne se séparait pratiquement jamais, commençait pour la première fois à vouloir le quitter pour de bon. Le temps n’était pas encore venu pour cela : il pourrait toujours lui servir … Comme il lui avait toujours servi, jusqu’à présent. Mais pour l’instant, il était inutile. Les mots, comme les expressions, étaient graves, lourds de sens. Laissant son menton tomber pour toucher sa poitrine, il clôt ses paupières un instant. Ce rêve … Il lui avait semblé si impossible, mais si vrai à la fois. Comme s’il ouvrait une porte dont il n’aurait jamais songé l’existence possible, pour peu qu’il ait un jour l’idée de regarder dans sa direction, mais qu’une fois qu’il l’avait passé, il se demandait comment il avait pu ne pas envisager cette version des faits.

Les gestes toujours lents, et parfois mal coordonnés, n’aidaient pas l’assassin à faire ce qu’il voulait … Hors, ce qu’il voulait en cet instant, c’était bouger d’ici. Il entendait un son familier non loin : à n’en pas douter, son ami n’avait pas pris la fuite sans écouter ses préférences naturelles … Comme la proximité d’une rivière. C’était précisément ce dont il avait besoin … Cette soif qui lui tiraillait la gorge était de plus en plus pénible à supporter. A une vitesse rivalisant probablement avec celle d’un nouveau née, il parvint à se remettre sur ses jambes, et se mit à marcher. Les effets secondaires de la drogue le faisaient tituber de temps à autres, mais il parvenait encore à mettre un pied devant l’autre … à peu près. Par instants, son champs de vision s’obscurcissait : à d’autres, les lignes droites se courbaient et la verticale penchaient dangereusement sur le côté … Heureusement, il parvenait à faire fi de ces informations erronées, et à continuer d’avancer. S’il avait eu la moindre expérience plus ou moins intense avec l’alcool – en deux mots : être ivre – il aurait probablement pu rapprocher ce qu’il vivait de cela … en très imbibé. Tellement qu’au bout de plusieurs mètres, alors pourtant qu’il savait la rivière presque à portée de ses yeux, il finit finalement par basculer, et heurta un arbre, contre lequel il s’appuya un instant avant de glisser à terre. Pivotant pour que l’écorce ne soutienne son dos, il laissa doucement sa tête aller en avant, puis en arrière, heurtant légèrement l’écorce.

J’ai soif … J’échangerais une bonne lame contre un verre d’eau … … D’ailleurs.

Le jeune homme, soudainement pris d’un doute, tapota plutôt doucement certains endroits spécifiques de son corps … Il portait un vêtement sans manche, et pas de veste. Brillante idée. La majeure partie de ses armes étaient donc chez lui … Autant dire « détruites ». Même si le métal survivait aux flammes, il n’avait aucune chance d’aller y récupérer quoi que ce soit … à l’issue de son inspection, tout ce qu’il parvint à trouver fut un stylet dans une de ses jambes de pantalon, et un petit couteau de lancer accroché à une de ses chevilles. Pas de quoi aller très loin : il avait l’habitude de plus … Beaucoup plus. Mais visiblement, les habitudes allaient devoir changer, à partir de maintenant …

Tu sais … Je peux comprendre. Ta colère. Crois-moi, j’ai déjà vécu … D’être condamné … Pour les actes stupides d’un autre. Mais il va falloir … Trouver une manière plus productive de te passer les nerfs. Je ne suis pas en l’état pour subir ce genre de choses … Probablement même pas pour survivre par moi-même, là tout de suite. Ce serait bête de gâcher le résultat tes efforts, n’est-ce pas ?

L’espace d’un instant, il était revenu. Mal assuré, pas aussi flamboyant que d’habitude. Une façade qui peine à se remettre en place. Dans le contexte actuel, c’était normal … Naturel. Une nouvelle fois, il s’évanouit, alors que l’assassin laissait lui échapper un soupire prononcé. S’en suivit un raclement de gorge, pour une fois, à peu près contrôlé, puis un crachat. Le noir était désormais teinté de rouge : sa gorge ne supportait plus d’être dénudée de ses protections naturelles.

Au moins, mort, je t’aurais épargné mes blagues …[/b]
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Dernière édition par Nathaniel le Mer 6 Jan - 18:21, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Résurrection fatale   Mer 6 Jan - 14:10

Il souffrait. Rien d’étonnant à cela. Et pas que de mes coups. Ce qu’il s’était infligé était la principale raison de ses maux. J’aurais bien voulu continuer à contribuer à sa repentance, mais, comme je m’y attendais, il ne fallut pas longtemps pour me voir interdire de le toucher… Tellement prévisible. Je me mis à faire les cents pas devant lui. De droite à gauche, tel un loup cherchant une ouverture vers sa proie. Je connaissais le pouvoir d’un interdit. Inutile d’essayer, ça ne donnerais de moi qu’une honteuse parodie.

Tsss voilà une réaction bien humaine.

Je finis par m’assoir, l’os de ma queue frappant trois fois une large branche comme l’annonce d’une sentence. Puisqu’il ne me restait rien de physique à faire, j’allais devoir m’y prendre autrement.
Une dernière chose cela dit. D’un mouvement puissant, se finissant par un bruit sourd, la branche fut sectionnée sans autre forme de procès et tomba au sol, s’enfonçant dans la terre.

A part ma queue qui se replaçait doucement sur l’herbe, je n’avais pas bougé d’un pouce, avant d’ouvrir mes membranes oculaires, fixant l’agonisant. Son regard s’était rempli d’une certaine défiance lors de son ordre. Je m’y plierais, je n’ai pas le choix. Mais plier n’est pas céder.
Je l’observais, l’écoutais parler. Quand il eut finis, je me redressais sur mes quatre pattes  et fit quelque pas sur le côté, lui montrant mon flanc noircit.
Ta détresse et tes sentiments obscurcisse ton raisonnement, et pas que d’un peu, mais je vais y réfléchir.

Je levais alors ma truffe vers la cime des arbres environnant avant que mon corps ne soit pris de violente secousse que même l’humain pouvait remarquer, suivit d’un éclat de rire peut-être un peu trop méprisant.
C’est à moi, que tu poses cette question ? Sérieusement ? Moi, l’amnésique, celui qui a oublié jusqu’à son nom et ceux qui ont accompagné sa route des millénaires durant ? Celui qui, en plus de l’incompréhension, a côtoyé la folie trop longtemps pour véritablement espérer redevenir celui qu’il a été par le passé ?

Je vais te répondre.

Non, j’ignore ce qui t’a amené à tant de lâcheté. Même s’il serait facile de tenter de deviner. Il n’y a pas tant d’évènements qui poussent les humains à tant d’absurdité. Voilà pour ta première question.
Pour la suivante… Oh que oui je connais cette sensation. Cette sensation de vide absolu. Permet moi cet instant de nombrilisme avant de me l’interdire aussi. Tu as l’impression d’avoir perdu une partie de toi ? Au moins cela prouve que tu es vivant. Tu pourras te plaindre le jour où tu auras la sensation de n’être qu’une coquille vide, une marionnette uniquement capable de mouvement, Une âme qui ne se reconnait plus dans son propre corps.

Mais la vérité, ta dernière question, c’est que le monde se fiche bien de qui foule ses terres. Il ne se portera pas mieux, Il n’a même pas remarqué nos existences, alors nos disparitions…
Alors évite-moi ton grand discours, tu n’as jamais combattu quand tu savais que tu allais perdre ? C’est évident, ta vie est trop courte, il est intelligent de la préserver. Mais si le combat que tu sais perdu d’avance est celui de la vie, c’était bien avant qu’il fallait mettre fin à tes jours ! Au moins tu aurais évité de faire subir divers désagrément à d’autres. Ou alors c’est une prise de conscience ? La vie est injuste et toi, l’assassin, tu viens de le comprendre ? Tu as perdu ton âme d’enfant peut-être ?


Il marchait vers la rivière. M’écoutait-il seulement ? Me faudrait-t-il me répéter ? Les humains sont vraiment tous les mêmes ? Non. De ça, je n’arrivais pas à me persuader.
Je ne lâchais pas l’humain du regard, le voyant se trainer misérablement, s’affaisser contre un arbre et parler de nouveau.

Apparemment tout n’est pas perdu.

Je soupirais alors, me dirigeant lentement vers le cours d’eau.

Il n’y a pas de secret pour ne pas souffrir des sentiments. Je l’ai peut-être vécu et je l’ai bien vu. A plusieurs reprises, et même chez mes cousins. Mais là, c’est exagéré. C’est tout.

Je revoyais Ephy se rouler à terre, hurler son désespoir. Si elle avait pu, aurait-t-elle agis de la même façon ? Peut-être… Surement. Puis elle a fait le vœu de m’oublier et elle disparue.

Nathaniel pu sentir de la fraicheur sur son visage,  puisque je m’étais décidé à l’asperger d’eau. Piètre façon d’exprimer ma colère s’il en est. Qu’importe, il a raison, le voir mourir maintenant ne me servirait pas. Enfin, si ça devait arriver, au moins je saurais pourquoi. J’aurais une nouvelle fresque à graver sur le mur de ma geôle.
Tsss, ces années d’enfermements m’ont certainement ramolli. Nous sommes tous des idiots. Me laisser aveugler par la colère ainsi. Pire qu’une mère. Bref, j’ai moi aussi un conseil, tu ne veux plus jamais que je te force à m’ordonner quoi que ce soit ? Alors agis de façon à ce qu’un évènement qui nécessiterais que me donne un ordre n’arrive plus jamais. Ça aussi c’est très simple tu sais ?
Aller viens boire, tu feras des blagues plus tard, ce n’est pas ce que ton corps réclame.  Je regarderais tes blessures après…

Et ne crois pas que j’oublierais ça. Tu n’es pas encore pardonné.
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MessageSujet: Re: Résurrection fatale   Jeu 14 Jan - 0:48

Nephylim … Franchement, merci de m’avoir sauvé la vie … Mais à ce rythme-là, tu vas plus me pousser à parachever mon geste qu’autre chose. Je ne t’ai jamais demandé de me sauver, que je sache … Et j’avoue que je pense trouver la mort plus douce que ton ton méprisant et tes remarques acides.

Lentement, l’assassin avait porté sa main valide à son visage, qu’il frottait avec une certaine application. Ce petit jet d’eau sur le visage n’était pas forcément déplaisant en soit – même s’il faisait fortement penser à un crachat, acte auquel ne s’abaisserait pourtant probablement jamais le fils du dieu de l’eau – et l’idée de laver un peu la suie qui lui collait à la peau avec n’avait pas échappé à l’esprit embourbé de l’assassin. Ce dernier, malgré toute la bonne volonté dont il pouvait faire preuve, commençait cependant sincèrement à être agacé par cette discussion … Et de la bonne volonté, dans l’état dans lequel il se trouvait, il n’en disposait pas d’énormément … « Et alors ? Si je ne lui dis rien, rien ne va changer, autant lui renvoyer ses insultes dans le visage ! », murmura une petite voix dans la tête du fou. Il ne la fit pas taire : il était bien assez intelligent pour savoir que tenter d’étouffer une pensé est un acte aussi illusoire que tenter d’éteindre un feu en jetant de l’huile dessus. Cependant, il était également assez malin pour savoir réprimer son mécontentement, ne serait-ce que pour le moment … Le demi-dieu se calmait déjà semblait-il : autant laisser le conflit ici … Quitte à le reprendre plus tard. Finissant par laisser tomber son bras, le jeune fou aux yeux d’or tourna sa tête vers la rivière … Elle était réellement si lointaine ? Ou était-il si misérable … Probablement les deux. Mais la perspective de se rafraichir était, d’un autre côté, réconfortante, motivante même. Encore une fois, avec une lenteur exaspérante, il se décolla du tronc, et resta un instant, bras ballants, assit sur le sol couvert de verdure.

Si je t’ai demandé si tu savais, mon avis, c’est parce que je savais pertinemment que la réponse serait non. Or … Lorsque le sujet touche les sentiments d’autrui, et en particulier lorsque ceux-ci sont sensibles, l’option la plus préférable est de se taire. En tout cas, c’est la plus « correcte » … Mais je suis mal placé pour te faire une lecture sur le sujet de ce qui est correcte ou pas, n’est-ce pas ?

Poussant sur le sol, puis s’appuyant sur l’arbre, le jeune homme laissa un instant sa tête heurter et appuyer sur l’écorce, les yeux fermés. La douleur le stimulait, le réveillait un peu … Mais cette torpeur revenait à la charge avec plus de fougue et de détermination à chaque fois. Bientôt, il cèderait … Mais de préférence, pas maintenant. Peut-être ici, mais pas maintenant. D’un pas qu’il aurait préféré un peu plus assuré, il se dirigea vers le cours d’eau, qu’il atteint avec une facilité relative. Tombant à genoux sur la terre humide, il grimaça : ses sensations revenaient petit à petit … Et maintenant qu’il y songeait, sa peau était irritée à de nombreux endroits de son corps. L’incendie ?  ça n’en avait pas l’air, mais impossible de dire de quoi il en retournait. Regardant l’eau mouvante, le jeune dérangé leva sa main blessée un instant … avant de la plonger dedans. Le courant gelé lui aurait tiré un cri s’il ne s’était pas mordu une lèvre, crispé … Mais le froid qu’il ressentait apaisait la douleur, même s’il n’était probablement pas recommandé du tout de faire ce qu’il faisait. Enfin, au moins, il aurait la main et la plaie plutôt propres … Dans son état, espérer plus aurait été folie. Mais dans quel état était son esprit, déjà ?

La vérité, mon ami, n’est peut-être pas celle que tu crois … J’ai recroisé Nausicäa, aujourd’hui. Elle est arrivée comme un soleil dans la nuit obscure que constituait ma journée … Chassant au loin mon ennuie, ma mélancolie … J’en ai appris sur elle. Elle en a appris sur moi … Je crois que les révélations ont étés plus terrifiantes pour l’un de nous deux que pour l’autre.

Tirant enfin sa main du courant glacé sans prendre garde aux filets rouges qui s’étaient mis à se répandre dans le petit cours d’eau, l’assassin regarda les gouttes souillées tomber une à une de son pouce inerte. Ce dernier remuait, légèrement … Il pouvait toujours bouger ses doigts. Mais la douleur que ce simple essai provoquait était assez horrible … Autant ne pas chercher à faire beaucoup plus de tests, pour l’instant. Se penchant ensuite vers l’avant en posant sa main valide sur les galets, sous la surface de l’eau, il trempa ses lèvres afin de satisfaire sa soif. Encore une fois, la suie le fit recracher un glaviot noir dans l’eau, mais ce dernier fut emporté au loin. La fraîcheur et le fait d’être hydratée apaisèrent sa gorge, alors qu’il se remplissait l’estomac de liquide … Il avait l’impression de boire pour la première fois. Bien sûr, il ne comptait pas non plus se noyer : finissant par reculer, il observa les jeux de lumière sur l’eau, trop trouble pour qu’un quelconque reflet fidèle y apparaisse. Cette rivière lui donnait l’impression de dégager plus de vie que sa personne … Vraiment, c’était un plaisir. Clignant lentement des yeux, l’assassin finit par reprendre la parole.

Je ne sais pas ce que j’ai vu se refléter dans ses yeux. Un fou. Un maniaque. Une créature étrange et dangereuse … Un monstre, peut-être ? Je l’ai à ce point effrayé, en tout cas, qu’elle en est venue à invoquer quelqu’un pour la protéger … quelqu’un comme toi. Encore que, non. J’ai l’impression de t’insulter, toi qui incarne un certain genre de distinction, une certaine noblesse … Alors que le compagnon de ma belle lui n’était que muscles, écailles et rage. Il a voulu me tuer. J’ai reculé. Je crois que quelque chose l’a empêché d’aller au bout de son intention première … Mais il m’a « refusé » à elle.

Malgré le froid qui commençait à se faire sentir, le jeune homme avait entrepris de faire une toilette sommaire. Lentement, méthodiquement, il plongeait sa main dans l’eau, en recueillait dans sa paume, et l’appliquait sur un point de son corps pour frotter sa peau et la dégager des impuretés qui la salissaient. Il ne sentait plus ses doigts dans cette main, et aurait préféré qu’il en aille de même pour ceux de l’autre. Mais, inlassablement, les tâches étaient retirées de son visage, de ses bras, et un peu de son torse. Il ne pourrait sauver également ses vêtements : de toute manière, ceux-ci étaient râpés et limés … Vraiment, que lui était-il arrivé durant son sommeil ? Au moins, il pouvait peut-être enlever un peu de terre ça et là, sans trop les mouiller pour autant. Finalement satisfait du résultat de son travail, l’assassin finit par basculer par-dessus ses talons : d’une position à genoux, il se retrouva sur son derrière, se tenant encore droit grâce à son bras.

Et il … L’a prise. Sur son épaule. Quelle taille pouvez-vous atteindre, au maximum ? Lui était gigantesque. J’ai voulu la rejoindre. Les rattraper. Je n’ai pas pu … j’ai été laissé sur place, littéralement. Inutile … Indésirable … Je n’ai rien perdu de moi-même. Mais j’ai été envahi du sentiment que tout ce que j’étais pourrait sans aucun doute … Que tout ce que j’étais devait sans aucun doute disparaître. Je ne suis qu’un tueur, un peu grandiloquent, certes original, qui cherchait à jouer les hommes … Mais où est l’intérêt d’une telle mascarade, si lorsque le rideau tombe, le peu de gens à vraiment me connaître me tournent le dos ? La question avait été posée dans le vague : elle ne ciblait personne, n’attendait pas de réponse. Pourtant, le jeune déviant tourna sa tête vers son compagnon, l’étudiant un instant. Tu connais bien mieux que moi la prison de la solitude … Si, à peine sorti, on te meurtrissait pour t’y renvoyer brutalement, encaisserais-tu sans broncher ? Ne te laisserais-tu pas emporter ? Si tu voyais une porte de sortie … Ne bondirais-tu pas pour la franchir, sans te soucier de ce qu’il y a de l’autre côté ?

Les yeux du jeune homme, malgré lui, le piquaient. La fatigue, encore et toujours … Il avait par instant du mal à faire le point, et à garder les paupières ouvertes. Quelques heures de sommeil, au moins, seraient nécessaires pour chasser sa somnolence : dans le pire des cas, il se sentirait encore un peu groggy au réveil, mais son état n’était pas définitif quoi qu’il en soit. Forçant pour se relever une fois de plus, le dément sembla hésiter sur la direction à adopter, avant de soupirer … « N’importe-où ailleurs » semblait un endroit de rêve, pour l’instant. Titubant, il remonta le cours de la rivière, faisant bien attention à ne pas se prendre les pieds dans une racine ou un trou. Il ne se relèverait pas d’une telle chute.

Enfin … assez de ce sujet pour la soirée, si tu veux bien. J’ai froid, mal, faim, et je réfléchis aussi vite que le soleil ne traverse le ciel … Demain, il faudra aller voir un rebouteux, pour ma main. Je pense … En connaître un, à l’extérieur de Lüh. Dans un avenir … Plus immédiat … oh. Des fougères.

S’étant, une fois de plus, arrêté pendant sa marche, le tueur avait cligné plusieurs fois des yeux en voyant ces végétaux, dont il ignorait l’origine préhistorique. Tout ce qu’il savait, c’est qu’une fois coupées et empilées les unes sur les autres, ces plantes formeraient un matelas des plus tolérables … Dans les conditions présentes. Soupirant, il décrocha la lame courte de sa ceinture, et s’approcha des plantes … Les couper sans les tenir n’était pas aisé, surtout dans son état. Mais il maniait la lame depuis si longtemps, et ses membres étaient si rôdés à de tels gestes qu’il pouvait composer avec ce handicap.

Ce serait parfait si tu me trouvais de quoi faire du feu … du bois sec, des pommes de pin, de l’écorce, des petites branches … Le bois vert est à proscrire, bien entendu. Je me doute que, pour un corps tel que le tiens, transporter des branchages ne doit pas être des plus pratique … Mais après tout, tu m’as bien amené jusqu’ici, n’est-ce pas ? Je vais continuer à faire de quoi poser mes fesses sur le sol sans sentir les cailloux me rentrer dans les chaires …

Ses mouvements devenaient moins rapides, et moins précis … Ses muscles protestaient à leur manière. Fermant les yeux, le jeune fou soupira, et remplit ses poumons d’air frais … Clairement, il devait à tout prix essayer d’éviter ce genre de choses, à l’avenir. Entre la fatigue des évènements, la drogue, les séquelles de l’incendie et sa main … Oui, définitivement, il n’avait encore jamais vécu pire journée. Enfin … Demain serait un autre jour, selon certaines croyances. Et le premier jour de quelque chose de grand, également … Le reste de sa vie. Avant que le quadrupède ne s’éloigne, le meurtrier, qui s’était remis à couper, laissa entendre une dernière phrase.

Au fait … Je ne pensais pas le dire un jour. Mais merci d’être mon ami, Nephylim … ça va me demander du temps pour me relever … Mais tu as peut-être sauvé plus qu’une coquille vide. Et désolé de t'infliger tout cela.
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MessageSujet: Re: Résurrection fatale   Mer 20 Jan - 18:04

Je passais outre les paroles de l’assassin. Mon ton était acerbe ? Au moins y survivra-t-il. Je préférais l’écouter, le corps tourné vers le chant de la rivière. La regarder s’écouler doucement, calmement, mais pois pourtant, son mouvement était implacable, l’eau arrive toujours à sa destination et rien ne l’en empêche. Forte et douce à la fois, apaisante et meurtrière. Plus que les mers ou les océans, les cours d’eau représentait ce que je préférais dans le monde aquatique. Ils sont bien plus petits que leurs cousins mais doté de la même force. Y penser me calmait
Me taire, les humains et leurs drôles d’idées. Vraiment. Sont-ils capable de se rendre compte que nous ne sommes pas comme eux ? Je le lui ai pourtant dit : croire que moi ou mes cousins n’ont jamais connu les sentiments est une erreur grossière de leur part. Je vais mettre ça sur son état. Il ne doit plus être capable de bien raisonner. Du moins, pas comme avant.

Il en est aussi à ce qu’on peut appeler sa première rupture… Je me demande combien j’en ai connu ? Voulu ? Subit ? Mais je me demandais ce qui avait bien pu terrifier sa demoiselle à ce point. Je ne l’imagine pas jouer les psychopathes sanguinaire devant sa belle pour expliquer son train de vie. D’autant que ça ne ressemble pas à ça. C’est plus… Propre.
Les ondes se formant à l’infini captaient mon attention, mon regard ne voyait qu’elle.
Les humains n’ont pas grand-chose à envier à mes semblables. A part l’immortalité et nos pouvoirs-peut-être. Et encore, Vous êtes capable d’utiliser des objets magiques. Sinon, vous êtes comme nous. Grand, petit, intelligent, simplet, rusé, vicieux. Vous pouvez être tout cela et nous aussi.
Alors voir un de mes cousins tout en muscle et d’une taille gigantesque ne m’interpelle pas. Au contraire, je suis plutôt petit au milieu de tous mes semblables. Et notre tempérament n’est pas toujours celui donné à notre élément.
Je me rappel d’un dragon de pierre lors de la guerre, vraiment gigantesque. Il m’avait vaincu et avait bien failli emporter mon humain de l’époque… Mais ce n’est pas le sujet.

Je marquais un temps de pause tandis qu’il se nettoyait. Cela me rappela ma peau noircie et partiellement craquelée à certain endroit. Sans un mot, sans un bruit, je me glissais dans l’eau. Seul le mouvement de l’eau trahissait mon geste. Je revins rapidement à la surface, profitant de la faible profondeur pour me tenir sur mes quatre pattes, la tête en dehors de l’eau. Je fixais calmement le jeune homme avant de lâcher.
Ma deuxième humaine est morte à peine après m’avoir libéré… Elle était, gentille, naïve et pleine de volonté. Mais ça ne suffit pas dans ce monde… J’ai encaissé, difficilement je l’admets. Mais non, je ne me suis pas précipité pour sortir… Mais uniquement grâce à mes maigres expériences passées. Je sais que la première porte qui s’ouvre n’est que rarement la meilleure. Tu le découvriras par toi-même si ce n’est pas déjà fait. Et aussi… La porte que tu as choisie ne m’est pas accessible.

Ce sujet était clos. Ni lui ni moi ne souhaitions revenir là-dessus pour le moment. Il avait besoin de repos, d’un repas, d’un feu et de soin. Je me tirais hors de l’eau. La rivière avait disparaitre les impuretés sur mon corps, mais il faudrait sans doute la nuit à ma peau pour faire disparaitre les dernière trace de l’incendie.
Il se préparait son tas de feuille, j’allais devoir lui ramener le nécessaire à sa survie. La question était de savoir comment récolter tout ça ?
Me dirigeant plus vers la forêt, je me contentais de lui répondre.

Ne t’en fait pas petit homme, tu es loin d’avoir atteint les limites de ma patience. J’ai seulement agis sur le coup. Je n’ai fait que te rappeler une petite chose que je t’ai dit quand tu m’as sorti de ma geole : un pacte nous uni, ses bénéfices ne sont pas à sens unique.
Sur quoi je me mis en quête de combustible. Les branches étaient suffisamment grosse, mais pas idéale pour un feu. Il m’était aussi difficile de ramasser du petit bois. Par contre…
Nathaniel put entendre un premier projectile tomber près de lui, puis un autre et encore d’autres. J’avais décidé tout d’abord de trouver ces fameuses pommes de pin, les faires tomber d’un coup de queue avant de les projeter dans les airs jusqu’à l’emplacement du camp de fortune. Je n’avais aucune idée de combien il en faudrait alors je m’attaquais à toute celle qui était à ma portée. Une fois finis, j’attrapais la grosse branche sur laquelle j’avais passé ma colère par une de ses excroissances pour la trainer. Le bois n’était pas sec, mais le feu ferait son office, offrant alors une petite réserve de bois. De nombreux coup sec permirent de débiter cette branche en petit rondin. Les plus petites branche attachées feront office de petit bois. Enfin, il fait comme il veut.
J’attendis qu’il ait fini.

Pour ta blessure, laisse-moi y jeter un œil, je devrais pouvoir faire quelque chose, mais ça ne suffira certainement pas. Je n’ai pas l’habitude que l’on me parle d’amitié, mais ça fait toujours plaisir. Je crois qu’un ami est toujours là pour aider, même si on ne le veut pas ? Oui… Je crois que nous sommes dans la bonne définition. Il y aussi celle qui dit qu’un ami est celui capable de te remettre l’idée en place. J’ai un peu réfléchit. Je crois que les autorités peuvent te classer comme ‘’mort’’. Alors, si tu n’es pas une coquille vide et que tu ne veux pu être rejeté par ceux auquel tu tiens. Dis-moi ce que tu veux être, je t’y aiderais... Quand tu seras reposé.
.

Il était vraiment mal en point, mais vivant.

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MessageSujet: Re: Résurrection fatale   Mar 9 Fév - 0:46

Ce ne fut pas tant le bruit du choc originel que les différents rebonds qui interpellèrent l’assassin. Tournant la tête, il observa avec un étonnement certain les petites boules de bois rebondir sur le sol non loin de sa position … avant qu’un petit sourire amusé ne vienne se loger sur son visage fatigué. Décidément … il s’était probablement attendu à beaucoup de choses, mais pas à ce que le semi-dieux des eaux ne décide de s’improviser lanceur de pommes de pin professionnel. Il était, de sa position, incapable de le voir et de dire comment il s’y prenait, mais il doutait de l’idée selon laquelle Nephylim employait ses pattes pour cette besogne … L’espace de quelques instants, il laissa l’image grotesque de son invocation douée de mains le bercer, avant de fermer les yeux. Se concentrer … une véritable torture. Encore plus pour une tâche aussi abrutissante que celle que lui-même effectuait … Abrutissante, mais pas trop pénible, et plutôt rapide à traiter : en quelques minutes, il aurait fini. Traînant les larges feuilles pour les regrouper, il les disposa sur le sol jusqu’à obtenir une sorte de couchette, certes un peu étroite, mais au moins assez épaisse pour assurer un confort … spartiate, mais existant. Se massant doucement les yeux, il ne les rouvrit pas tout de suite lorsque le son du bois qui craque et frotte le sol se rapprocha de lui. A la place, il se contenta de se placer en tailleurs sur son matelas de fortune, et de doucement se frotter les bras alors qu’il observait la pile de feuilles … Il pourrait se couvrir avec certaines, c’était au moins une bonne chose. Puis, levant les yeux, il laissa les coins de ses lèvres s’étirer … Pas vraiment parce qu’il était heureux, ni parce qu’il pensait à quelque chose de drôle. Ce sourire n’était qu’une façade … Mais sans cette façade, que lui restait-il ?

Lentement, il regroupa des rochers de petite et moyenne taille, qu’il organisa en un cercle au milieu de la terre meuble de la clairière. Lorsque les pierres ne venaient pas d’elles-mêmes, il n’hésitait pas à glisser sa lame en dessous afin de les déterrer partiellement, quitte à priver de foyer un nombre conséquent d’insectes … ce n’était pas vraiment le genre de considération qui lui importait le plus, à l’heure présente. Organisant le petit bois qu’on lui avait rapporté ainsi que les pommes de pin et les branchages les plus secs, qui serviraient à amorcer la flamme, il se saisit d’un silex, avec lequel il eut la plus grande peine du monde à produire des étincelles correctes. Cependant, au bout de quelques minutes d’essais infructueux, il parvint finalement à enflammer quelques feuilles mortes, à partir desquelles il put faire partir une flamme d’abord timide, puis de plus en plus conséquente au fur et à mesure qu’il l’alimentait. Prenant un brin d’herbe, l’assassin le mâchonna doucement en observant la lumière rougeoyante qui se développait de plus en plus, avant de finalement siffler entre ses dents. A l’injonction de son compagnon, il répondit favorablement, présentant son membre blessé avec une grimace … mais étrangement, ce dernier apaisa légèrement la douleur cuisante qu’il ressentait. Les yeux un peu plus ouvert à cause de l’étonnement, il observa ses doigts, puis le demi-dieux … il avait toujours mal, et la plaie était toujours là, mais elle le lançait bien moins qu’avant … étrange. Et intéressant.

Ce que je veux être … Je n’arrive même pas très bien à dire ce que je suis devenu, pour l’instant … le sommeil pourrait peut-être m’apporter son aide sur le sujet, remarque. C’est trop tard pour ce soir, et je n’en ai pas la foi de toute manière … mais il faudra chasser quelque chose, demain. Ne serait-ce que pour faire un paiement … Merci, pour … ce bobo. Désignant son poignet d’un doigt, il eut un pauvre sourire, avant de finalement se laisser aller sur le flanc, s’allongeant sur les feuilles en observant la danse du feu devant lui, bercé par le crépitement des branches, du bois, et de temps en temps par le claquement d’une pomme de pin. Il … serait gentil de ta part de remettre régulièrement du bois dans le feu, histoire de ne pas le laisser s’éteindre … S’il faiblit trop, souffles dessus, ou appelles-moi … Je suppose que tu n’as pas trop d’affinités avec, mais tout le monde ne supporte pas les températures basses aussi aisément … que quelqu’un comme toi., conclut-il après un court bâillement. Un instant de silence plana, durant lequel l’assassin ne rajouta rien, les yeux fermés. Je crois … que je fatigue … Bonne nuit … nephy … lim …

Le sommeil du jeune tueur sembla aussi paisible qu’un ciel sans nuage, vu de l’extérieur … la drogue ? La fatigue ? Les séquelles ? Visiblement, son esprit n’avait pas même la force de produire un rêve pour distraire son sommeil …

* *
*

Un lièvre, attiré par l’odeur atypique de la fumée et du bois brûlé, s’était lentement approché de la clairière. Prudent, il reniflait à tout instant, et déployait ses longues et larges oreilles à chaque fois qu’il estimait la chose nécessaire, ne tenant surtout pas à se faire prendre en traitre par un quelconque prédateur … L’instinct de survie était après-tout une des seules armes dont il disposait pour défendre sa peau. Traversant un nouveau buisson, il se dressa lentement sur ses pattes arrières, observant les environs … rien. Ou si peu : un cercle de cailloux, au centre duquel des cendres grises fumaient encore doucement. Et devant ledit tas … un homme, qui semblait figé comme une statue de marbre. Lentement, le lièvre s’approcha … Un peu plus. Encore un peu plus. Et, subitement, une lame jailli du tas de fougère, et lui fonça dessus … L’impact mit fin à ses jours sans souffrance.

Du moins, c’est ce que pensa l’assassin en voyant l’animal s’écrouler … il avait à vrai dire été réveillé quelques minutes plus tôt par les bruits d’une autre créature : aux aguets, il avait progressivement laissé à ses sens autre que la vue le temps de se préparer. Et là … Une belle pièce venait de leur tomber toute cuite dans les mains. Se relevant très doucement en prenant mille précautions pour sa main, le jeune fou secoua le crâne, se massant légèrement le visage, avant de soupirer … Il se sentait toujours aussi vidé que la veille … Quoique ? Au moins, ses pensées retrouvaient un rythme normal. Et ses gestes aussi, vu son exploit précédent … que de bonnes nouvelles d’un coup : cela allait presque faire trop. Soupirant, il songea à appeler à voix haute … avant de se résigner. Cependant, la question demeura dans onn esprit, alors qu’il se redressait encore un peu plus, et observait les environs. Où se trouvait Nephylim ?
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MessageSujet: Re: Résurrection fatale   Jeu 18 Fév - 17:30

Il avait lutté pour ne pas s’endormir, mais finalement, le petit humain s’effondra de sommeil. Rien d’anormal. Il en avait besoin. Et j’avais la certitude que cette fois ci, il se réveillerait demain. Dès lors, l’empêcher de mourir de froid n’était pas bien difficile… En apparence. Un jeu d’équilibre entre rondin de bois devant tomber au bon endroit. Le bruit ne dérangerait nullement le convalescent.
Comme tous mes cousins, je n’éprouve pas le besoin de dormir. C’est un luxe dont je peux aisément me passer. Mais les heures qui défilent, sans rien faire, je déteste ça. Tant pis, je ferais un effort, me lovant à même le sol, le plus proche possible de la rivière. Il est déjà tard, attendre l’aube ne devrait pas être trop long… Je l’espère. J’ai passé bien assez de temps seul avec moi-même. Cela dit, j’ai bien d’autres question à résoudre que ‘’comment ne pas devenir fou’’ ? Maintenant, c’est plutôt : ‘’que fera-t-il demain ? J’ignorais même à quel point il était blessé au plus profond de lui ? Gravement sans nul doute, mais est-ce qu’il allait aller mieux et ne pas recommencer dans les jours qui suivent ? Simplement, retrouver sa joie de vivre ? Un but peut-être ? Que peut faire un assassin quand il doit repartir de zéro… Viser plus haut ? Changer d’orientation ? Mais apparemment, il est vraiment doué dans sa spécialité… Difficile de faire quelque chose de bien différent parait-il.
Mais je ne le voyais pas reprendre sa vie d’avant comme ça, comme si rien ne s’était passé. Il oublierait certainement cette fille et sa bipolarité qui avait bien failli le tuer. Il ne la chercherait pas. Je ne pense pas.
Voilà mes tourments nocturnes remplacés par ceux d’un autre… C’est bien la peine.

La nuit avait été calme, uniquement troublée par mes pensées. Il y avait bien eu quelques spécimens de la faune local venant, curieux, dont un lapin qui n’eut pas le temps de regretter. Les autres avaient été plus intelligent… Ou craignait ma présence. Il faut dire que je n’aurais laissé personne d’agressif passer.
En tout cas, l’assassin était parvenu à obtenir sa chasse seul. Ses réflexes se maintenaient, il devait aller mieux. Reste à savoir s’il mangerait sa prise ou l’échangerait… Pour ma part, je surveillais d’un œil attentif les alentours et de manière plus discrète, la vie pataugeant entre les pierres de la rivière. Me demandant si tout cela serait au gout de mon humain.
Ce dernier se levait, cherchant quelque chose autour de lui. S’il me cherchait, il me trouverait à quelques mètres derrière lui, assis, fixant les eaux, la pointe osseuse de ma queue immobile au niveau de ma tête.

Aimes-tu le poisson ? Ou préfères-tu ta propre prise ? Elle doit être plus appétissante. Autrement, pourquoi ces proies seraient parmi les favorites des humains ?
Enfin, si tu en veux, ne bouge pas. Sinon, faut-il aussi que l’on s’inquiète de tes congénères dans la forêt ? J’en ai repéré quelques-uns, Surement des chasseurs, mais je t’ai aussi trainé ici devant toute la ville… Sans parler de l’incendie.

Une façon comme une autre de demander s’il nous faudrait partir précipitamment ou autres actions plus dangereuses qui étaient à proscrire pour le moment. Se reposer, dormir, c’est toujours bien, mais ça ne soigne pas un os brisé.
D’un autre côté, il n’y avait peut-être rien à craindre. J’ignorais encore si la société humaine actuelle s’inquiétait de la disparition d’un des leurs si ce dernier ne lui est pas hautement important.
Encore que, un assassin, beaucoup les trouvent utiles. Son contact pourrait le rechercher. Pour des explications ou le ramener à son ‘’métier’’.
De toute façon je n’ai pas à décider. Je crois.

La nuit fut bonne et conseillère ?
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MessageSujet: Re: Résurrection fatale   Lun 22 Fév - 0:06

S’il y avait une chose que Nathaniel appréciait chez son invocation, c’était qu’elle était surprenante. Dans le sens premier du terme : elle parvenait, par de multiples biais et dans plusieurs domaines, a soudainement lui faire réaliser des choses diverses, et dans le cas actuel … Sa présence, tout simplement. C’était assez rafraichissant, de ne pas forcément s’attendre aux actions d’un autre … en tout cas, ça le changeait du quotidien dans lequel il s’était embourbé ces dernières années. Embourbé … Oui, le terme était juste. S’il en était venu à, en quelques rencontres, tomber amoureux d’une jeune folle au point de tenter le suicide lors de son départ … Maintenant que la douleur première qui l’avait envahi lors de leur séparation s’était légèrement dissipée, il percevait un peu mieux les choses … Et s’il avait pu, il se serait frappé. Ou non, tiens … Nephy s’en était d’avance chargé pour lui. Mais à la réflexion, il ne lui avouerait jamais en face qu’il avait bien fait quand même. Dans le cas contraire, son invocation allait se mettre à penser qu’elle avait le droit de faire tout ce qu’elle désirait à ce niveau-là, ce qui était aux antipodes de ce que voulait le jeune fou.
Qu’il était bon d’avoir de nouveau les cellules grises capables de fonctionner à une vitesse normale, et de laisser ses pensées défiler et s’enchaîner …

Tant qu’à tuer un lapin, autant le consommer tout de suite … c’est peut-être surprenant venant de moi, mais je ne suis pas forcément partisan du meurtre inutile, de manière générale … encore que. En tous cas, une fois qu’on aura ravivé un feu, je sais quelle viande je vais me mettre dans l’estomac …

En quelques pas, il avait rejoint l’endroit où se trouvait le petit mammifère, et le souleva par les pattes arrière. Tirant sur la lame de jet qui était fichée dans son flanc, l’assassin la retira avant de l’essuyer sur le pelage de l’animal, et de soupirer en tapotant légèrement la pointe de métal contre ses incisives supérieures … Puis, soufflant d’un coup par le nez, il finit par ouvrir le ventre de l’animal, et par retourner sa peau pour l’en débarrasser. Même s’il avait déjà, dans un lointain passé, procédé à cette opération un certain nombre de fois, cette caractéristique du corps des lièvres et autres bondissants rongeurs le surprenait toujours. La facilité avec laquelle ils pouvaient être écorchés … enfin. Se débarrassant de la peau et des tripes, il soupira, le sanglant résultat de son affaire dans la main …

Très honnêtement … Je ne pense pas que nous aurons réellement à redouter quoi que ce soit de la part d’un autre humain. Mon foyer a brûlé, et le soir où cela s’est produit, un gamin des rues m’a vu en me demandant si j’étais sur le point de faire une bêtise … pour l’instant, les gens doivent me penser mort. Vu la couche de suie que j’ai retiré de mon visage lorsque nous sommes arrivés, je pense qu’on aurait eu du mal à m’identifier … Et personne qui me connaissait ne te connaissait toi, au final. En clair … Je pense qu’on peut s’accorder encore une ou deux heures de tranquillité avant de repartir.

Ce n’était … qu’à moitié vrai. N’en déplaise à Nephylim, son maître se sentait légèrement obligé de lui mentir … quelques personnes étaient au courant de l’existence de l’invocation aqueuse, mais aucune ne connaissait son apparence exacte. Cependant, il ne tenait pas à ce que le demi-dieu s’inquiète à ce sujet pour rien … et il venait de décider de régler ce problème dans un avenir proche. D’une manière définitive. Se servant de la petite réserve de bois qu’ils avaient constitué la veille, il relança un feu de taille modeste, au-dessus duquel il embrocha sa prise pour la mettre à cuire, faisant lentement tourner la viande pour lui permettre de chauffer de manière plus ou moins uniforme. La question que lui avait posé son ami était pertinente : elle demandait une réponse développée … et réfléchie. Heureusement, encore une fois, l’esprit de l’assassin avait regagné à la faveur de la nuit une énorme partie de ses capacités, si ce n’était l’intégralité. De plus, de par la nature même de son esprit, il n’était pas homme à laisser trop longtemps ses émotions le dominer … le chagrin qui le meurtrissait autant la veille n’était d’ores et déjà plus à même de lui faire faire quelque acte stupide, et de façon plus générale il ne prenait plus Nausicäa en compte dans ses calculs … Ou plutôt : plus autant qu’avant, et certainement pas autant qu’une personne lambda dans sa situation.

Ce que je peux dire en tout cas, c’est que ces bonnes vieilles fougères ne m’ont jamais trahi lorsque j’ai besoin d’un matelas de fortune … Je ne prétends pas avoir reçu un sommeil parfait, mais je devrais tenir jusqu’à ce soit sans trop de soucis, si on ne passe pas la journée à courir dans tous les sens. Dans un avenir proche, je connais un endroit où réside un médecin. Le genre d’homme qu’on va normalement voir lorsqu’on voudrait éviter d’attirer l’attention, après un vol ou un meurtre qui a légèrement mal tourné … il est discret, en dehors de Lüh, et doué. Sur le plus long terme, couper les ponts avec ceux pour lesquels je travaillais. Ils me croient mort … et cela restera le cas pour un bon moment, si pas définitivement. Et enfin, pour ce qui est de l’avenir plus lointain, je suppose que ces quelques heures ne m’auront malheureusement pas suffit à recevoir l’illumination. Je trouverais bien quelque chose, je suppose. Dans un premier temps, il me faudrait … dégainant de nouveau sa lame de jet, il en observa le métal souillé, et soupira. de nouvelles lames. Je me sens affreusement léger, et quand bien même le monde n’est pas rempli de tueurs, je n’aimerais pas en croiser un avec « trop peu » d’équipement.

Décrochant finalement le lapin et soufflant un peu dessus, le tueur à la verte chevelure souffla légèrement dessus pour le refroidir, et ferma les yeux en sentant le parfum qui se dégageait de la viande. Les maigres réserves de graisse avaient fondu, formant un liquide qui coulait légèrement sur la branche pointue … Ce genre de choses simples qui faisait apprécier la vie. D’un large coup de dent, il arracha une bonne bouchée de viande, la mastiquant quelques instants en regardant les braises. « ce n’était que le premier jour du reste de sa vie » … Où avait-il déjà entendu cette phrase, déjà ? Elle semblait tellement s’appliquer, désormais.

Pour le moment, petite pause d’une heure ou deux, donc, et ensuite on lève le camp. Ça te convient ? Et merci pour ma main … Ce n’est pas guéri, mais au moins elle ne me fait pas souffrir en permanence. Du moins, pas trop. J’aurais probablement une attelle, ou quelque chose du genre. Il faudra que je compose avec la main gauche pendant quelques temps, mais après tout … Il y a des avantages à être ambidextre.
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MessageSujet: Re: Résurrection fatale   Jeu 25 Fév - 17:02

Comme je m’y attendais, la proie terrestre fut choisie comme repas du jour. Je détendais donc mon corps, stoppait ma surveillance et vint m’assoir à distance raisonnable du feu. Un poisson vivrait plus longtemps aujourd’hui. Le malheur des uns fait le bonheur des autres, parfois sans que personne ne se rende compte de rien.
Je laissais le jeune homme s’occuper de son feu, je m’en étais suffisamment inquiété lors de la nuit et comme il va mieux, de ce que je vois, nul raison d’aider d’avantage. Si je n’ai rien contre mes confrères enflammés, il n’empêche que leur élément est totalement opposé à ce que je suis. Je ne m’y expose donc qu’avec parcimonie.
Pour quelqu’un avec un reste de poignet brisé, il se servait encore relativement bien de sa main. Je m’amusais à le voir, de temps à autres, sursauter suite à une impulsion douloureuse due à ses gestes. Un temps de repos il tout redeviendra normal. Sans être le meilleur des soigneurs, j’avais tout de même réussi à lui éviter un gros handicap.
L’animal serait cuit bientôt et l’humain tenta de me rassurer sur de possible poursuivant.

Si tu le dis… ça ne m’empêchera pas de les surveiller tant que tu n’auras pas récupérer tes capacités. Comme tu le dis, il serait dommage de tomber sur un tueur avec le peu d’arme dont tu disposes et encore pire si je manque d’attention.
Enfin, si ton médecin est de confiance, il ne devrait pas y avoir de problème. Pour la suite, il nous suffira de nous faire discret. Je ne peux toujours pas revêtir une autre apparence. Chacun son entrave, nous composerons avec.

Mon visage inexpressif contrastait avec cette tentative d’humour. Ce qui est certain c’est que nous faisons la paire…
Je fis un passage autour du feu le temps que l’assassin ne mange avant de venir m’allonger en face de lui. Les intrus s’étaient éloignés et ne semblait pas nous rechercher. Une à deux heures de repos, d’attente.  De toute façon, il était inutile de le presser et effectivement, l’endroit était plutôt tranquille. Propice a un peu de repos avec un confort certes sommaire, mais présent.
Il restait à réfléchir sur ou aller. Le jeune homme n’en avait aucune idée sur le long terme. Et il devait aussi s’équiper. Sauf que trouver un forgeron ou un marchand d’arme en dehors de leurs villes princière n’était pas choses aisée. Il fallait aussi de l’argent. Au moins une chose qui ne change pas depuis ma toute première sortie.

Mhm, là où nous allons, y a-t-il de quoi t’équiper ? Avec des prix raisonnable ? Autrement, à part tailler bois et pierre pour en faire des armes rudimentaire, tu vas te sentir léger pendant encore un bon moment, je le crains. Quoi qu’il en soit, nous avons un choix à faire. Nous irons certainement vers le nord pour que tu te fasses oublier. Reste, l’ouest, apparemment plus civilisé, ou l’est, plus sauvage. Tu préfères quel endroit ?

Je suis peut-être médisant. Il n’est pas certain qu’il n’existe aucun véritable village à l’est, mais c’est ce que j’ai pu apprendre lors de mon court passage dans la ville capitale.
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MessageSujet: Re: Résurrection fatale   Ven 4 Mar - 23:13

Laissant de très vieux souvenirs l’envahir, l’assassin se remplissait progressivement l’esprit de toutes ces années qu’il avait passé, plus tôt, dans la forêt … Pas celle de Jade où il se trouvait actuellement : pas particulièrement en tout cas. Accompagné de Barthiméus, son invocation de l’époque, il avait appris les règles du combat, de l’art de tuer. Il avait été instruit dans les domaines de la chasse et des plantes, de l’assassinat et de la survie. Il avait, inlassablement, travaillé la maîtrise de nombre d’armes : armé de vulgaires pieux taillés, il avait dès très jeune dû savoir tuer des animaux plus robustes et parfois plus agressifs que lui. Découvrir le froid, la faim, la fatigue l’avaient endurcit ; les années aidant, il avait appris, contrairement à beaucoup d’hommes et de femmes vivant trop longtemps – toute leur vie – dans le confort, à écouter son corps sans laisser les besoins plus ou moins urgents de ce dernier l’assourdir. Il savait survivre sans manger ou sans boire pendant quelques temps : il était pourtant parfaitement conscient de ses limites, et d’à quel moment il ne pourrait plus se permettre de rester l’estomac vide et la langue sèche. Avoir été « endurcit » de telle manière durant si longtemps n’était pas utile dans la vie de tous les jours qu’il avait mené en tant qu’assassin, mais pouvait clairement se révéler utile dans des situations … extrêmes. Comme celle qu’il vivait.

Il vivait. Ces deux mots mis l’un après l’autre, seuls, le firent sourire. Mâchant avec application la viande qu’il avait dans la bouche, il se fit un devoir d’éplucher chaque os, grattant avec ses incisives afin d’être certain de ne laisser aucune trace de viande, où que ce soit. Lentement, une petite pile macabre mais relativement propre se forma à côté de lui, alors qu’il attaquait les membres les uns après les autres, sachant parfaitement où il trouverait les chaires dont il préférait le goût. Encore une fois, il ne passait nullement sous silence les questions de son invocation, mais n’était pas certain des réponses à fournir : autant prendre le temps de réfléchir quelque peu … et de toute manière, il n’avait jamais vu l’enfant des eaux le presser pour quoi que ce soit : sa position actuelle n’était pas vraiment celle d’un être prêt à partir dans la seconde non plus. Finissant cependant par cesser de manger, il posa le peu de viande qu’il lui restait sur une pierre plate, se frottant un peu la joue du dos de sa main valide avant de perdre ses yeux dans les braises. Leur délicate lueur avait un quelque chose d’apaisant qu’il ne parvenait pas à s’expliquer … au bout de quelques dizaines de secondes cependant, ses yeux fatiguèrent, le forçant à cligner des paupières à plusieurs reprises en peu de temps et à se frotter un peu les mirettes. Encore une fois, de la main gauche … L’observant en silence, il regagna un petit sourire.

Très honnêtement … J’échangerais volontiers mon handicap contre le tiens, dans l’instant présent … Mais ce ne serait pas vraiment très sympathique pour toi. Dans tous les cas, parmi les propositions que tu viens de citer, je note que tu n’as en rien parlé de retourner à Lüh … Or, je pense le faire. Mais pas tout de suite. De la main droite, il leva doucement quelques mèches de cheveux, ses yeux dorés partant vers ces dernières. Avant cela … Il faudrait que je redevienne le blond que je suis naturellement … beuark. Cette période de ma vie va vraiment être atroce. Mais bon …

Relâchant la mèche avec un soupire, il finit lentement son repas en décortiquant avec application la carcasse, et , avant de se redresser légèrement et de poser une nouvelle fois ses yeux sur les flammes. Ces dernières étaient réellement belles … Peut-être avait-il par moments un petit côté pyromane, tout de même. Il faudrait qu’il essaie de voir si ce dernier était avéré ou pas … en tout cas, risquer de périr dans un incendie ne semblait pas l’avoir traumatisé plus que cela, ce qui était une bonne chose. Lentement, il prit une fine branche de bois, qu’il approcha du feu, jusqu’à en mettre une partie dedans. La pivotant régulièrement, il finit par la ressortir, la briser en la frappant à terre, et la remettre dans le foyer. Au bout d’une minute encore, il sortit la tige de bois, et la racla contre une arête appartenant à une des pierres qui entouraient son foyer. Le bois tendre ne subit pas de gros dégâts, mais la partie brûlée, elle, resta sur le caillou. Ainsi, lentement mais sûrement, il parvint petit à petit, en frottant les zones supérieures carbonisées, à former une pointe … Peu épaisse, et pas forcément la plus pointue au monde, mais cela lui suffisait. Connaître ce genre de petites astuces pouvait lui éviter d’user prématurément le métal de ses lames, ce qui était une bonne chose. La secouant légèrement dans les airs, il soupira … Il faudrait qu’il recommence avec un bois plus solide et épais.

Après notre petite visite médicale, je pense plutôt m’enfoncer dans les terres sauvages … Un nouveau petit séjour en dehors de la civilisation ne me fera pas de mal. Tu pourras en profiter pour te remplir les yeux des différents paysages que nous traverserons … je sais comment vivre dans la nature, ne t’en fais pas. Bien sûr, il n’est pas dit que je n’échangerais pas plus ou moins régulièrement quelques pièces contre des braconnages ici et là, mais après tout … Je sais chasser, courir, nager, poser des pièges et confectionner des tenues en peaux de bête : je suis beaucoup moins adroit lorsqu’il s’agit de forger avec un caillou et un feu de camps. Non, il me faudra de nouvelles lames … Peut-être même une épée, histoire de changer un peu. Courte. Point trop de changement d’un seul coup …

Se relevant avec un léger soupire, il appuya sur ses reins afin de faire légèrement craquer son dos, et soupira de soulagement en passant le pieux de bois dans sa ceinture. Il lui en faudrait d’autre … observant autour de lui, un nouveau soupire, de lassitude cette fois, franchit ses lèvres … il se sentait d’ores et déjà fatigué par la tâche à venir. Tapotant doucement ses poches, il soupira en voyant le peu de tsuris qu’il lui restait … et les serra au creux de ses doigts.

Et bien … ça ne va pas être … enfin. En général, on trouve un moyen de s’arranger, donc il ne devrait pas y avoir de problème … Mais si on parvient à chasser sur le chemin, ça ne ferait pas vraiment de mal, je pense.
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MessageSujet: Re: Résurrection fatale   Mar 5 Avr - 15:06

Le temps que l’humain finisse son repas, j’avais décidé, moi aussi, de profité d’un instant de tranquillité. Laissant mon flanc reposer à même le sol, dont les herbes encore humides rafraichissait mon corps et contre balançais la douce chaleur apporté par le feu.
Le jeune homme n’avait pas fini son repas, mais m’exposait tout de même son point de vue. Et je découvrais quelque chose : le dégout qu’il avait pour sa couleur naturelle de cheveux. Amusant. Ce vert avait-il une signification si importante ? N’était-il pas présent juste par volonté de se démarquer ? D’assumer sa différence ? Est-ce que lui retirer ça l’effrayait ?
Ou bien détestait-il simplement le jaune ?

Mes propositions étaient donc bonnes. Je n’ai pas non plus dit que nous ne retournerons jamais à Lüh. Seulement d’éviter le sud le temps de te faire oublier. Coïncidence, votre capitale s’y trouve.
Mais un lieu de grande activité attire toujours. C’est du moins mon cas.

Je le regardais ensuite terminer son repas avant de s’adonner à la confection d’arme rudimentaire. L’observer suffisait à me rassurer quant à ses capacités de survie dans la nature. Cela ne constitue pas une excuse pour se relâcher, mais au moins serait-il plus à même de s’en sortir. Sans parler qu’il savait quand fuir. Du moins s’en ventait-il.
Si seulement ma précédente compagne humaine avait eu se savoir. Ou m’avait laissé le temps de lui apprendre certaine base. Triste. Je l’ai peu connue, mais j’avais apprécié le peu de temps passé avec elle. Je secouais machinalement la tête. Du passé, j’allais devoir être concentré les prochains jours.

Les terres sauvages ? Lesquelles ? J’ai cru comprendre qu’il y en avait plusieurs. Correspondent-elles à ces terres de non droit dont j’ai entendu parler ? Ou bien restons nous juste simplement en pleine nature.
Quoi qu’il en soit, j’avais apprécié les paysages lors de ma première sortie. Je me demande s’ils ont beaucoup changé depuis. J’ai hâte de voir à vrai dire.
Mais si nous avons nos pattes pour voyager, je devine que tu ne roules pas sur l’or. Et je ne crois pas qu’un gibier ait la valeur d’une bonne épée. Aussi courte soit-elle.

Mon humain restait un assassin, il pourrait mettre ses talents à la soldes de certains pour se payer se dont il avait besoin… Mais difficile de savoir s’il choisirait cette voie. Surtout s’il souhaitait changer. Et en ce qui me concerne, je n’avais pas vraiment l’envie de voler ou pire pour du simple minerai. S’arranger, négocier était bien la seule arme que nous possédions…

Je suppose que j’arriverais à m’improviser chasseur… Mais dans ce cas, il va me falloir éviter la forêt.

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MessageSujet: Re: Résurrection fatale   Mar 26 Avr - 2:27

En effet, les lieux où règne une importante activité ont tendance à attire plus de population, et donc d’activité, laquelle attire encore plus de population, et en résultat final nous trouvons un théorème se mordant la queue dont l’aboutissement serait probablement une Arcane tellement recouverte d’humains qu’on ne pourrait plus faire un pas sans écraser le bras ou la jambe d’un autre, quand ce n’est pas le visage. Enfin, remarque, pour ce qui est de marcher sur le visage des autres, on a déjà inventé la noblesse … Mais c’est plus … Métaphorique que ce que j’avais en tête. En tous les cas, nous ne nous rendons ni à Lüh, ni à Rorn, l’autre grande ville humaine … pour les semaines qui viennent au moins.

Se mettant très doucement à soulever ses bottes et à les faire avancer pour les reposer dans la terre sèche, l’assassin eu presque le réflexe de ranger ses mains dans ses poches : il s’abstint de le faire trop vite pour le bien de celle de droite, qu’il ne put s’empêcher de frotter douloureusement contre le tissus : il lui fallait un pansement, même malgré le soin qu’il avait reçu, c’était clair. L’éveil, pourtant déjà bien entamé, de la nature semblait cependant toujours en train de se faire, à un rythme progressif. Ce qu’il fallait entendre par là ? Que la forêt était silencieuse, la lumière loin d’être à son maximum, et les animaux … Peut-être pas tous réveillés. Combien d’heures avait-il dormi ? Son réveil de tout à l’heure, même s’il s’était fait sans encombre, ne voulait pas dire qu’il s’était forcément reposé aussi longtemps que cela n’aurait été conseillé à quelqu’un dans sa situation. Drogué, une main cassée, avoir fait un passage en plein milieux d’un incendie … Certes, il n’avait aucune idée précise de si ce genre de choses pouvait vraiment avoir des conséquences graves, mais il savait parfaitement qu’il avait passé plusieurs dizaines de minutes à cracher de la suie la veille : si ce n’était pas un signe que se balader dans un bâtiment en feu est tout sauf une bonne initiative… Que fallait-il d’autre comme preuves ?

Toutes les terres un peu « sauvages » conviendrons, pour répondre à ta question de tout à l’heure … J’aurais certes plus de mal à chasser dans un désert, mais ce n’est pas comme si nous devions hanter le même bosquet durant les quelques mois qui vont venir, au contraire. Les terres de « non-droit » ont ceci d’intéressantes qu’aucune forme d’autorité ne pourrait venir nous y chercher des noises, mais c’est malheureusement une réflexion qu’on dû se faire bon nombre d’autres malfrats … Je serais d’avis de ne nous y rendre qu’une fois ma main en meilleur état. Pour le reste, certaines zones, comme les alentours de l’ancien château de Necra sont très peu fréquentés à cause de la faune locale : c’est un pari risqué, mais je serais presque prêt à le relever.

Un autre endroit, peut-être insolite, où j’aimerais rester quelques temps … Un des temples. Celui de la terre aurait facilement ma préférence : il est assez « aisé » d’accès, et de manière générale, ses alentours sont plutôt riches en faune et flore, il y a de quoi se sustenter pendant un certain temps …J’avoue également m’intéresser à l’architecture de ces bâtiments, chose que peu de personne font réellement : les humains ne viennent à ces endroits que pour vous libérer toi et tes frères, le reste du temps … Bon, je ne dis pas que je saurais ce que soutient telle ou telle voûte du premier regard, mais tout de même : savoir comment les dieux ont conçu l’endroit mérite, à mes yeux, qu’on s’y intéresse. Enfin … Dans l’absolu, nous avons une île entière à disposition : pourquoi se limiter à une région, au final …


Cette réflexion sembla constituer la conclusion de la longue tirade de l’assassin comédien, qui ne put s’empêcher de regretter l’absence de gourde à présent … et il en avait au bas mot pour plusieurs heures de marche. Certes, il pouvait bien demander de l’aide à son ami sur ce point – ce dernier n’était-il pas une créature aqueuse par nature ? – mais d’une part, le dément avait sa fierté, et de plus, il ne souhaitait pas perdre de temps avec ce genre de détails … Pas pour l’instant.

* *
*

La maison avait à peu près l’apparence d’une hutte, et pour cause : elle n’avait clairement pas été battit avec des matériaux utilisés dans les constructions plus « citadines ». Pour autant, un architecte s’était probablement penché sur des plans pour la construire, et plusieurs personnes avaient dû participer à sa création : bien qu’en grande majorité faite de bois, elle semblait robuste, de bonne taille, et n’était pas spécialement neuve étant donné la mousse qui la couvrait. Lorsque le dément put enfin poser les yeux dessus, quelques heures s’étaient écoulées : le temps pour lui et son compagnon de chasser – même si le tout n’avait pas été extrêmement fructueux – quelques proies, l’une d’elles ayant d’ailleurs servi de repas du midi. Bien sûr, ils auraient pu progresser plus rapidement, mais l’humain n’avait eu de cesse d’être rappelé à sa triste condition lors de leur voyage pourtant relativement calme : rapidement essoufflé, il était pratiquement incapable de courir bien longtemps : le temps qui passait et l’absence de soin rendaient sa main plus douloureuse à chaque fois que le choc causé par ses pieds heurtant le sol se transmettait jusqu’à son poignet, et lorsque le soleil s’était mis à briller à son paroxysme, il avait dû faire une petite pause à l’ombre d’un grand chêne, sous lequel il avait même pris le luxe de s’accorder … une sieste. Cependant, même si son moral ne semblait pas avoir subi de rechute, il était resté bien plus silencieux qu’à l’accoutumée, partiellement à cause de la « chasse » plus ou moins efficace qu’à cause d’un manque d’envie manifeste de s’exprimer … Le quadrupède doué de parole qui le veillait devait avoir assez aisément compris pourquoi. S’arrêtant à quelques pas de l’orée de la clairière où se trouvait leur destination, le jeune homme nota un filet de fumée qui sortait de la cheminée (peut-être le seul élément de pierre à ressortir du paysage) et soupira, heureux de savoir qu’au moins, la personne qu’ils venaient voir était bien présente …

Bien … Nous avons donc … combien de lapins et de lièvres, au juste ? J’avoue avoir perdu le compte, même si je sais que ce n’est pas très élevé … He, ça peut sembler idiot de vouloir faire du troc pour guérir des blessures, mais à mon avis, ça a des chances de marcher. En revanche … J’aimerais me présenter seul. Si ça tourne mal … mhh, remarque, il n’y a aucune raison que ça tourne mal, en réalité, mais juste au cas où, je suppose que tu sauras quoi faire. Pour le reste … De ce que j’en sais, j’aimerais surtout éviter que tu sois à mon côté pour qu’il n’en profite pas pour marchander quelque chose demandant tes services … Du peu que je connais du loustic, il est « droit », mais plus à ma manière qu’à celle d’un capitaine de garde, par exemple … Capable de saisir une opportunité s’il y voit son intérêt. Pour le reste … Je pense que je te ferais signe de venir, à un moment ou un autre, de toute manière. Paré, mon ami ?

La question, légèrement rhétorique, pouvait sembler idiote, mais étant donné le contexte et les récents événements qu’il avait traversé … le bouffon ne pouvait s’empêcher de chercher là où il le pouvait un petite source de réconfort.

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MessageSujet: Re: Résurrection fatale   Ven 13 Mai - 16:08

Je n’avais pas grand-chose à ajouter aux propos de l’humain qui s’afférait au préparatif du voyage à venir. Il allait en baver, c’était évident. Il suffisait de voir avec quelle façon il économisait ses gestes, surtout de sa main droite pour savoir qu’il était encore très loin d’être rétablie. Soin ou pas, il allait devoir attendre un moment avant de pouvoir retenter diverses escapades nocturnes. D’un autre côté, il avait l’air de tourner la page sur son passé. Ou alors il n’y pensait pas et laissait les choses venir, réagissant sur le moment. Sa façon de décrire les prochains jours et les endroits où aller me laissait à penser que la deuxième solution était plus vraie que la première.
D’ailleurs, je me dis que partir vers ses contrées que je ne connais pas n’est pas une si mauvaise idée. Des ruines habitée par diverses créatures à éviter ou une zone ou la seule autorité reconnue est la force. Au final, je ne craignais ni l’un ni l’autre et lui non plus.


Il y avait aussi le temple de la terre, proche et plutôt sur, tant que l’on n’entre pas dans une cellule. Quand je pense que je n’y suis jamais allé alors qu’elle en vient, qu’elle est venue me voir, et que je ne sais pas ce qu’elle devient. Je dois l’avouer, je m’inquiète pour elle. Surtout vu l’état dans lequel elle est repartie.

Effectivement, nous avons tout un continent à notre disposition… Cela dit, j’aimerais bien voir le temple de la terre, comme tu le suggérais. J’ai une amie là-bas, il me semble qu’elle est libre aujourd’hui, mais j’aimerais au moins voir ou elle a attendu toutes ces années.
Pour ce qui est de la construction, je t’assure qu’il n’y a rien de bien impressionnant. Enfin, bien sûr, d’un œil mortel, c’est immense, mais pour quelqu’un capable de créer d’un claquement de doigt, c’est très simpliste. Il ya même des endroits qui défie les lois de la physique. Du coup, tu vas avoir beaucoup de mal à identifier des murs porteurs. Mais rien ne t’empêche de contempler.

Mais d’abord, trouvons ton soigneur, je vais surveiller les alentours au fil de ta progression.





Le voyage fut agrémenté de quelques parties de chasse plus ou moins réussie. J’ignorais la valeur de nos prises et espérait qu’elles seraient suffisante pour satisfaire le soigneur.
Ce que je supposais être sa bâtisse était enfin visible. La nuit étant encore loin, nous en avions profité pour augmenter la valeur de nos marchandises. Rien de bien compliqué, mais tout de même éreintante, le jeune homme que j’accompagnais n’aurais jamais du participer en temps normal et il me fallait m’assurer de pouvoir le protéger tout en participant à la chasse.

Aucun de nous deux n’avait compté le nombre de nos prises, de toute façon, il fallait que ça suffise car nous nous dirigions vers la bâtisse. Là où je devais laisser mon humain partir devant et me cacher le temps qu’il négocie. Je n’étais pas vraiment emballé par cette idée, mais avais-je le choix ?


Très bien, je vais me terrer à l’orée de la forêt, appel-moi si tu as besoin et j’accourrais.



Un congé sans en être, j’allais pouvoir m’allonger dans l’herbe et observer…
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MessageSujet: Re: Résurrection fatale   Lun 18 Juil - 22:42

Soupirant, le bouffon réfléchit, alors qu’il observait un ami de toujours s’éloigner … Un ami de toujours ? Il ne portait le titre d’invocateur que depuis quelques semaines, quelques mois au plus … Combien de temps, précisément ? Ses souvenirs étaient confus. Ils lui donnaient l’impression qu’entre ce moment, et l’avant-veille peut-être, un temps si long s’était écoulé … une autre vie. Tentant de chasser ces pensées plus ou moins obscures, il n’y parvint qu’à moitié : la seule certitude qu’il lui restait était que l’être quadrupède qu’il voyait se camoufler dans les fourrés, aux aguets, était ce qui se rapprochait le plus pour lui d’un ami … Pour lui, lui. Pas pour l’assassin. Pas pour le bouffon. Pas pour cette parodie d’homme qui s’était baladé, des années durant, avec son caractère extravagant et ses discours sans queue ni tête … Il n’avait jamais cherché à s’attacher. Il n’avait jamais demandé à le faire. Il ne l’avait jamais vraiment désiré, car il n’en avait jamais vraiment eu besoin … Encore que ? Cette seule et unique fois où le besoin s’était fait sentir, l’invocation avait répondu à l’appel, avait accouru. Qu’il soit damné pour son geste … qu’il soit remercié éternellement. L’assassin eut un petit rictus amer … Les demi-dieux étaient déjà condamnés à la damnation éternelle… Leur vie.

Finissant par prendre son courage à deux mains (métaphoriquement bien heureusement), il pivota vers la porte, et la rejoignit en quelques pas la demeure, préparant ce qu’il allait dire … Mais rien ne venait. Bah, songea-t-il en levant le poing valide. N’était-il pas meilleur en improvisation, après tout ? Cognant trois coups secs, il eut le plaisir d’entendre, de l’autre côté du battant, des bruits indiquant que quelqu’un avait bougé. Cependant, aucun bruit de pas indiquant qu’on se dirigeait vers lui pour lui ouvrir … Patientant l’espace d’une poignée de secondes, il finit par retenter sa chance, un peu plus fort. Après un court instant, seul un « Y’a personne ! » lui répondit. Haussant un sourcil en commençant à taper du pied sur le sol, l’assassin soupira profondément … Et tapa une troisième fois, toujours un peu plus fort. Cette fois-ci, il eut un peu plus de succès dans sa tentative : le bruit de lourdes bottes ferrées heurtant le parquet lui en apporta la confirmation. Lorsque le panneau de bois s’ouvrit à la volée, le tueur fut forcé de fermer un œil à cause du vent que le geste, brusque, avait causé. L’autre, de l’autre côté de la porte, l’observa un instant, et soupira.

… Non, désolé, je peux rien faire pour les lundis matins.

Et sur ce, le type referma le panneau en le claquant. Nath’ resta interdit, avant de soupirer profondément, se massant l’arrête du nez. Le type, dont il venait de se souvenir précisément du visage, avait un humour inversement proportionnel en termes de finesse à celui du comédien … Et c’était à cause de ce dernier qu’il abordait en permanence ce petit rictus agaçant. Pour le reste, on pouvait le dire, il possédait un visage des plus particuliers : pour commencer, ses yeux étaient entièrement blancs. Il ne semblait pas aveugle, mais en donnait beaucoup l’impression … Et comme si cela ne suffisait pas, il avait renforcé ce fait en augmentant le contraste avec ses paupières, qui avaient étés teintées, probablement par une sorte de tatouage. De mémoire, l’assassin savait qu’il en avait d’autres sur le corps, et que ceux sur son visage – qui recouvraient également ses joues et un peu ses arcades sourcilières – n’étaient qu’une partie d’un ensemble … Des mèches de cheveux roux légèrement hirsutes cachaient un peu son front : elles n’étaient pourtant elles aussi qu’une fraction d’un ensemble assez imposant de cheveux, qui était maintenu vers l’arrière par un bandeau vert lui-même tenu par 1 ou 2 pics de bois qui s’enfonçaient de manière à ne pas être trop visible de l’extérieur. Outre ces points déjà relativement orthodoxes, le médecin avait visiblement l’habitude de se balader torse nue, fait qu’on pouvait confirmer avec la quasi uniformité du bronzage de sa peau tannée par le soleil.

Cependant, même si détailler physiquement celui qu’il était venu voir était très intéressant, ça n’avait pas vraiment grand-chose à faire avec ce que l’invocateur était à la base venu chercher : des soins. Prenant donc une nouvelle inspiration, il toqua une nouvelle fois sur le battant, attendant que les pas ne reviennent. Lorsque la porte se rouvrit légèrement, le rouquin derrière passa une seconde à observer dans l’entrebaillement, comme s’il voulait la confirmation que c’était quelqu’un d’autre … Avant de finalement soupirer de déception et d’ouvrir. Il portait cette fois une tasse de thé dans la main : le sifflement qu’avait entendu – sans y porter attention – l’assassin un peu plus tôt devait provenir de sa bouilloire.

Plus sérieusement mon vieux. Je suppose que vous venez pour des soins ?
Exact …
Je le re-précise au cas où : je n’ai absolument rien contre le manque d’envie du lundi matin.
N’ayez crainte … Je viens pour pire.
Oh. Alors je suppose que ça ne servirait à rien de donner une bassine d’eau pour vous débarbouiller un peu.

Ricanant doucement alors qu’il ouvrait finalement la porte en grand, le toubib s’appuya contre le battant, ouvrant d’un geste large du bras le passage à l’assassin tout en l’invitant à entrer. Ce dernier, malgré ce que beaucoup qualifiaient de « folie » et qu’il nommait juste « légère différence au niveau du mode de réflexion », eu tout de suite en voyant l’air du toubib l’impression qu’il faisait une erreur. Il fit cependant taire cette réflexion … « L’erreur n’est pas de se soigner d’une manière ou d’une autre : c’est d’être blessé en premier lieu ». C’était vrai pour sa main … et pour sa tête, aussi. L’intérieur de la bâtisse ne dépareillait pas vraiment avec l’extérieur : mal rangé sans être « sale », elle souffrait surtout d’un manque critique d’organisation, auquel l’ingéniosité semblait vouloir pallier … Même s’il n’expliquait pas pourquoi, le jeune homme aux yeux d’or avait l’impression de trouver un certain … Ordre dans ce chaos. Comme si les choses avaient toutes une place … bien qu’elle soit difficile à assimiler comme telle. Suivant l’invitation de son hôte, il prit place dans un fauteuil, s’y laissant tomber … il était encore plus fourbu qu’il ne le pensait : marcher et chasser toute la journée avec quelque chose d’éreintant, lorsqu’une main sur deux peut vous jeter à terre par la seule douleur qu’elle provoque à cause d’un faux mouvement. Relevant un peu la tête, il nota que son hôte semblait observer les fourrés avant de refermer la porte.

Vous avez vu quelque chose rôder ?
Pas vraiment … J’ai peur des requins.

Le visage de Nathaniel prit une expression de perplexitude qui frisait le ridicule complet. Car quand bien même il pouvait se targuer de savoir ce qu’un requin … Il n’avait fichtrement aucune idée de ce qu’on avait bien pu vouloir dire par là. A part s’il avait vu Nephylim … sa queue se rapprochait de celles de ces créatures, si les souvenirs de jeunesse du dément étaient bons … Le médecin, quant à lui, se saisit d’un tabouret qu’il avait rangé sous la table, et s’installa dessus, se frottant doucement les mains, le rapprochant de son nouveau patient avec un sourire qui n’avait presque rien de bon.

Alors, ce lundi ?
… Vous savez que nous ne sommes pas lundi du tout ?
Mhhh mhhh, tout comme je sais reconnaître des trucs qui ne datent pas d’aujourd’hui. Et je ne parle pas des restes de suie dans les cheveux relativement mal nettoyés, des vêtements déchirés ou tout simplement des cernes plus sombres que le plumage d’un corbeau.
He … Oui … J’admet que ça date au moins d’hier, mais … J’ai eu un … Long trajet à faire pour venir ici. Pour ça. Alors qu’il rajoutait ces deux derniers mots, le tueur leva sa main brisée avec un petit sourire. Le médecin haussa un sourcil : s’il avait eu des lunettes, il les aurait probablement baissé pour le regarder par-dessus… en tout cas en fit-il le geste, avant de se rapprocher et de délicatement saisir le poignet.

Ouuuuuf … Joli. Enfin, non, moche, en fait. De genre, très moche.
C’est grave ?
ça dépent de si c’est celle que vous utilisez pour vous palucher.
… Me quoi ?
Rien, z’avez pas la tête à être le genre de toute manière. Par contre … Une … deux … Trois fractures. Dont une qui était ouverte, ici. Il posa le doigt sur la plaie qu’avait récemment refermé Nephylim, causant une grimace de douleur sur le visage du jeune fou. Correct ?
Pour la fracture ouverte, oui … Le reste, je ne saurais confirmer.
La tête que t’as tiré quand j’ai appuyé dessus suffit coco. Bon … Oh, accessoirement. Ce n’est lié à l’histoire du meurtre de personne ?
… non … Pas vraiment, non.
Tant mieux, tant mieux … Parce que si c’est le cas, j’veux pas le savoir. Retournant à la main qu’il auscultait, le docteur laissa une nouvelle fois Nath’ perplexe ;.. Mais il finit par soupirer, passant outre et regardant ailleurs pour se changer les idées. La fenêtre était ouverte … Bien. D’une part, ça lui faisait une issue, et de deux, Nephy pouvait les entendre. Tut tut. On ne fuit pas tant que j’opère.
Je me demandais simplement si j’aurais la chance d’apercevoir un colibri, un pic-vert … Ou un oiseau moqueur, qui sait.

Le docteur s’arrêta un instant, relevant les yeux, et les posant sur l’assassin. Ce dernier remit finalement sa tête droite, lui rendant son regard avec un petit rictus légèrement moqueur … Levant une main, le toubib posa ses doigts sur son front … Avant de soupirer, secouant la tête.

Pas de fièvre, et il délire quand même … Accessoirement, si c’est tout ce que tu veux soigner mon grand, je peux pas faire de miracle … Juste une très bonne attelle, te donner les noms de quelques plantes et onguents à mettre là-dessus, et te donner des durées durant lesquelles tu ne devras pas bouger les doigts … mais, parce que sinon c’est pas drôle. Je veux bien regarder les plaies de tout un chacun et même leur dire ce qu’ils ont s’ils ont une bonne tête …Ce qui n’est pas ton cas … Mais pour ce qui est du soin, ‘faut voir si tu peux le payer, aussi. T’es absolument certain que personne n’est mort pour cette blessure et que je peux dire que je t’ai soigné sans problème ?
Le seul type qui aurait dû mourir ce soir-là, c’était moi. Le docteur haussa un sourcil, interloqué, alors que Nath’ se redressait dans le fauteuil. Vous pensez vraiment que la garde va venir vous poser la moindre question ? Je sais déjà qu’elle ne passe strictement jamais par ici de toute manière.
Mhhh … Ca ne rend pas le soin gratuit pour autant.

Se penchant par-dessus l’accoudoir, l’assassin se saisit des quelques proies qu’ils avaient capturé dans la journée : les sortant d’un baluchon de toile, il les tint devant le rebouteux, par les pattes arrière. Environ 5 lapins avaient succombé aux lames de l’assassin et aux crocs et griffes de son invocation : dans le temps qu’ils avaient eu, c’était un butin fameux … Pourtant, le guérisseur claqua de la langue d’un air ennuyé.

L’aurait p’têt fallu me le dire tout de suite, ça.
Mhhh ?
Est-ce que j’ai la tête d’un tavernier ou d’un aubergiste qui va écouler la viande de 5 proies comme ça, d’un claquement de doigts, et se faire des thunes avec ?
Probablement plus que celle de quelqu’un à qui on confierait des os brisés, et pourtant …
Très très fin … Je note. Mais plus sérieusement, autant j’adore la viande et tout, autant là même pour moi, c’trop. Encore que, si j’en garde dans du sel … Mouais. Disons que ce serait très juste, comme prix … T’as rien de plus intéressant sur toi ? Genre … Des tsuris ?
Disons que je n’ai pas exactement eu le temps de regrouper le peu de biens de valeurs dont je disposais lorsque ce qui a roussi mes vêtements s’est déclenché … Et que je me suis enfui.
Hum. Dommage. Et à tout hasard, t’aurais pas une invocation ?
Non. Vous posez la question à tous vos clients ou c’est juste pour les sales têtes ?
Nan …Seulement pour ceux dont une plaie datant de la veille a déjà été partiellement résorbée et cicatrisée.
… Disons qu’un ami proche a consenti à ce que son invocation à lui file un coup de patte …
Dommage. Enfin …dommage. Ouais. J’suppose que tu devrais tenter de te négocier de meilleurs soins, mais t’as l’air aussi vif et réveillé qu’après un sacré paquet de coups de latte dans la gueule mon vieux, et j’ai pas besoin d’être rebouteux pour te prescrire une bonne nuit de sommeil le plus tôt possible.
Je n’aime pas dormir … Mais les négociations sont vraiment ouvertes ?
On peut dire ça, oui …si t’as quelque chose qui pourrait potentiellement être intéressant pour moi, hésites pas à le dire.

Fermant les yeux comme s’il faisait mine de réfléchir … non, au final, il réfléchissait vraiment. Le jeune tueur ne savait pas s’il devait appeler son ami à la rescousse, pas plus qu’il ne voyait réellement de chose de valeur sur lui qu’il pourrait échanger … Un couteau, peut-être, mais d’une part, ce n’était pas vraiment rentable pour lui, et d’autre part, il avait besoin d’avoir plus d’armes, pas de distribuer le peu dont il disposait … En outre, il ne savait pas du tout si cela intéresserait le rouquin. Soupirant, il tourna une nouvelle fois par réflexe ses yeux d’or vers la fenêtre … Le jeu de la lumière dans les feuilles vertes avait quelque chose d’à la fois calme et apaisant. Quelle solution choisir … il n’en savait rien lui-même. Des doigts claquèrent de manière très désagréable juste devant ses yeux, le coupant dans sa réflexion.

écoutes, je sais que t’es pas bien …Mais si possible, pas jusqu’à demain midi, la réflexion, mhhh ?
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MessageSujet: Re: Résurrection fatale   Sam 27 Aoû - 0:09

J’étais maintenant tapi dans les fourrées proches de la maisonnette. Aux aguets, prêt à intervenir si besoin. Il me suffirait de quelques bonds pour atteindre la porte. Il fallait espérer que mon humain soit capable de tenir les secondes qui me séparent de lui.
Mais honnêtement, avais-je besoin de tant m’inquiéter ? Probablement que non.
J’entendis frapper. Plusieurs fois. La porte finit pas s’ouvrir. Pour se refermer aussitôt. La réponse du propriétaire prêtait à sourire. Il n’avait même pas dû porter attention au blessé devant sa porte.

Le jeune homme insistât et la porte s’ouvrit de nouveau. Il finit par faire entrer mon humain, j’en profitais alors pour m’avancer. Je n’arrivais pas à tout entendre malgré une ouïe très développée. Une fenêtre attira mon attention. Une façon simple et rapide pour entrer si nécessaire. Puis je me figeais en entendant mon humain parlant de quelque chose en train de roder. Suis-je visible ? Je sais que je n’ai pas les capacités de dissimulation de celui que je protège mais tout de même. Je suis persuadé de m’être fait assez discret.
Mais le rebouteux semblait plus se laisser aller dans ses pensées, pour ne pas dire ses délires. Peur des requins ? Ce n’est certainement pas ici qu’il en apercevrait un… Et les monstres de rivière avec nageoire dorsale sont plutôt rare… On va dire que, lui aussi n’est pas comme le citoyen moyen.

Je fini par me caler contre un mur de bois, à l’ombre et proche de la fenêtre, mais pas trop, dès fois que le docteur ai la soudaine envie d’une bouffée d’air fraiche. Il ne me restait qu’à les écouter parler. Une discussion assez originale, cela va sans dire. Aussi bien du côté du soigneur que du soigné. Je me demande ce qui est le plus inquiétant du coup.
En tout cas, le diagnostic était bon. Rien de bien difficile, mais au moins, un minimum de compétence nécessaire à l’exercice du métier.

Par contre, le paiement… Je crois que même le plus idiot des habitants de l’île sait ce qu’il peut faire de ce que nous lui avons apporté. Quoi que… La bêtise humaine peut aller très loin parfois. Bon, disons qu’une personne capable de vivre seul, loin de tout village doit savoir quoi en faire. Pour moi, c’est assez simple, il tente de soutirer plus à mon humain.
Je me demande s’il obtiendra ce qu’il veut. Dans tous les cas, rien qui ne nécessite mon intervention. Donc je n’ai plus qu’à attendre. Je pourrais faire savoir à Nathaniel que je suis présent, mais, honnêtement, je pense qu’il s’en doute.

Finalement, pour peu que la négociation tourne court, il se pourrait que j’ai quelque chose de plus a faire de ma journée…
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Résurrection fatale

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