Lorsque le hasard fait bien les choses

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Aventure #1 écrite Sam 2 Avr 2016 - 21:02

Caserne de Rorn, hiver de l’an 58.

Kaliska reposa son jeu de carte sur la table et souffla bruyamment pour marquer son mécontentement. Quand on a la poisse, on a la poisse. Elle décida donc, raisonnablement, de s’arrêter là. Elle éluda toute protestation et sourit aux railleries. Aujourd’hui était une journée tranquille et elle avait donc eu le temps de s’amuser un peu avec ses camarades de galères. Ces moments de détentes étaient importants pour leur cohésion et l’esprit de corps. Hier, ils avaient eu fort à faire avec un groupe des hors-la-loi des landes, sans compter qu’au retour, ils avaient dû ferrailler contre un monstre. Une journée de merde et la poisse ne semblait pas l’avoir quittée aujourd’hui. Elle retourna dans son baraquement. Les femmes avaient l’avantage d’avoir une partie qui leur était réservée. On vivait vraiment dans le luxe ici, loin des ronflements et des odeurs nauséabondes d’une foule de mâle.

La lancière enfila sa cotte de maille et son plastron. Elle noua le tout avec des gestes machinaux. Par-dessus son armure, elle enfila une veste chaude et choisit ses bottes fourrées. C’est qu’avec l’hiver, il faisait bien frais. Sa vie se résumait à un lit et une armoire étriquée. Cet après-midi, elle était de patrouille en ville. Une mission bien plus calme que celle d’hier. Ses supérieurs avaient l’intelligence d’essayer d’équilibrer leurs sollicitations. Cela dit, la ville était aussi un lieu où la criminalité allait bon train. Son chef de patrouille était un homme très zélé… zélé des contrôles de tavernes et de la qualité des bières. Sa patrouille consista plus à attendre qu’il ait fini son office que de réellement travailler. C’est ce qui lui pesait dans ce métier, l’inaction, même si elle était bon signe pour la paix de cette ville.

A ses débuts, il ne se passait pas un jour sans qu’elle n’envoie son poing fracasser le crâne d’un mécréant. Voilà pourquoi, en revenant de patrouille, Kaliska se trouvait être d’humeur maussade. Elle s’assit sur un banc et se décida à profiter des derniers rayons du soleil. Elle posa sa lance contre le mur et observa la cour. La caserne n’était pas immense, elle se composait de deux dortoirs, d’un bâtiment qui comprenait les appartements des gradés, des parties communes, des stocks. La guerrière observait les uns et les autres aller et venir. Le cuisinier et ses aides transportaient des caisses qui leur permettraient de préparer le repas du soir, une patrouille venait, une autre allait. Ah. Une escouade d’une vingtaine d’homme partait au pas de course, sans doute une attaque en campagne avoisinante. Ces temps, les vilains étaient plus audacieux, poussés par la nécessité de trouver de quoi manger et vivre durant cet hiver.

Avec le temps, elle avait appris à se cantonner bêtement à ses ordres, aussi resta-t-elle sagement assise sur son banc. Le soleil était agréable et il faisait presque chaud. Presque, la buée qui s’échappait de ses lèvres tendait à prouver le contraire. Elle pouvait entendre dans la salle d’arme voisine, le brut des épées en bois qui s’entrechoquaient. Des recrues étaient formées en ce moment. D’ailleurs, on lui avait demandé de participer à un exercice nocturne en début de soirée. Voilà pourquoi, en plus de son humeur et de sa poisse, elle restait tranquillement assise. Il valait mieux se reposer plutôt que d’user ses forces.

Son attention fut attirée par un peu de couleur dans ce monde morne. Une cascade de cheveux avec lesquelles le soleil jouant, les parant de reflets cuivrés. Kaliska porta son attention sur l’humaine qui sortait du bâtiment principal. Malgré les vêtements chauds, elle estima qu’il s’agissait d’une jeune femme délicate et fine. Elle avait une manière de marcher qui lui conférait une allure élégante. A mesure qu’elle approchait, la lancière ne la quitta pas du regard. On ne voyait pas souvent de femme aussi raffinée par ici et ce spectacle l’intriguait. Lorsqu’elle fut assez près, elle conclut qu’elle était ravissante. Il était aussi évident qu’il y avait un fossé gigantesque entre elle. C’était un être lumineux, tout le contraire d’elle. Cette réflexion l’attrista.

Kaliska imaginait tout à fait ce à quoi elle devait ressembler. Une sauvage, pauvre… un soldat de misère. Ses bottes étaient crottées, sa tenue usée, ses cheveux noirs et le regard sombre. Ses yeux étaient cernés et son visage sali par des tâches brunâtres. Il y a pourtant un certain charisme qui se dégage d’elle, cela tient peut-être à ce long corps nonchalamment appuyé contre ce mur, ce soleil qui a défaut d’être chaud, éclairait ses yeux et les illuminaient de reflets verts. Peut-être aussi au sang séché qui maculait sa veste et ses bras croisés sévèrement sur sa poitrine. Lorsque l’étrangère lui adressa un regard, les lèvres de la guerrière s’étirèrent sur un sourire énigmatique.

Elle détourna finalement le regard, pour ne pas paraître grossière.
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Nérée Helireah
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Aventure #2 écrite Sam 2 Avr 2016 - 22:43

Elle se tenait droite devant la porte, une liasse de papier en main. Cela faisait un moment qu’elle déambulait dans les couloirs sombres de la caserne, la cherchant. C’était si calme. Comme dans les temples divins il y en avait une multitude, toutes identiques, toutes refermant quelque chose d’intéressant. Elle avait découvert au détour d’un couloir des soldats s’entraînant à l’épée, un cuisinier parfumant la pièce de ses mets. Cela faisait maintenant plus d’une heure qu’elle était ici, à chercher cette porte qu’elle avait enfin trouvé. Elle soupira.
Elle se tenait droite devant la porte mais elle était fermée.

Nérée était de nouveau à Rorn. Il ne s’était passé qu’une poignée de jours depuis son départ pour le temple d’Aer, mais cela avait suffi à alarmer Izaya, sa garde dorée personnelle. Elle ignora ses sermons. Même si elle s’était jurée qu’elle ne quitterait plus la jeune noble, cette dernière n’en n’avait que faire. Cela l’amusait, même si la raison de ce refus de protection était bien plus sérieuse que le simple jeu. Mais aujourd’hui le soleil brillait dans le ciel. Les rues de la ville étaient inondées de ses rayons ; une journée belle et ennuyante. Après avoir laissé une certaine indépendance à son invocation, afin qu’il découvre le monde de ses propres yeux, Nérée pris le chemin de la caserne de la ville. Les affaires ne pouvaient indéfiniment attendre. Elle devait rencontrer Hélène Clémence, capitaine de la Garde Dorée de Rorn, en vue de conclure un contrat important sur l’achat d’équipements et d’armes. Au final, c’était la seule raison de sa venue dans la ville, et pourtant la jeune femme avait assisté à un tournoi et délivré une invocation. Elle aimait les détours.

Le froid mordait doucement alors que le soleil illuminait les cieux. Nérée resserra quelque peu sa tenue de voyage alors qu’elle arrivait devant le bâtiment convoité. Elle était seule. Elle avait réussi à semer une nouvelle fois Izaya, qui malgré tout n’allait pas tarder à refaire son apparition : elle connaissait la raison de venue en ces lieux. Malgré tout, la jeune femme appréciait ce moment de tranquillité, et presque elle ne se souciait plus de rien. Elle avait simplement envie de se poser là, dans la cour, elle avait simplement envie de prendre le temps de ne rien faire. Passant le seuil d’une des entrées, la jeune femme s’engouffra dans le bâtiment principal.

On lui avait simplement demander de se rendre à la caserne. On lui avait dit de trouver Hélène Clémence, sans plus d’informations. On le lui avait dit et elle détestait cela. Ainsi, lorsqu’elle trouva enfin le bureau de la capitaine de la garde, Nérée décida qu’un autre détour s’imposait ; elle n’était pas venue ici pour rien. Rangeant ses contrats dans son sac, elle fit volte-face et se dirigea vers la sortie. Il faisait beau dehors.

Il y avait maintenant quelqu’un dans la cour. Assis sur un banc, il prenait le temps de ne rien faire. Une femme, une soldate. Sa lance était posée sur le côté, elle semblait attendre. Elle semblait l’observer et cela ne la dérangeait pas. Ainsi, après s’être attardée une poignée de seconde afin d’habituer ses prunelles à cette lumière nouvelle, elle entama sa marche vers la sortie de la caserne. Pourtant son regard était fixé sur cette femme, ne pouvant s’empêcher de noter chacun de ses détails. Elle avait visage terreux, la tenue en piteuse état – peut-être était-ce pour cela qu’on lui avait demander de l’aide afin fournir de nouveaux équipements à la milice. Elle souriait. Alors Nérée s’arrêta, presque inconsciemment, alors qu’elle était arrivée à sa hauteur. Lorsqu’elle croisa son regard d’émeraude, elle fut presque déçue que son vis-à-vis brise ce contact. Pourquoi détournait-elle le regard ? La jeune noble, elle, n’avait arrêté de la fixer. Peut-être était-ce dérangeant, bien que cela n’était important. Aujourd’hui, la journée était belle.
La journée était belle mais elle était dorénavant concurrencée.

« Vous êtes belle. »

De simples mots, dénudés de tout sens caché. Peut-être voulait-elle renouer le contact de cette façon. Peut-être voulait-elle simplement exprimer ce qui lui était parvenue à l’esprit.
Nérée la trouvait simplement belle.


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Aventure #3 écrite Sam 2 Avr 2016 - 23:39

Sa première surprise fut de voir la dame s’arrêter à sa hauteur. La seconde lui fit le même effet qu’un coup d’estoc et la milicienne eut un léger mouvement, elle replia ensuite ses jambes sous le banc. Kaliska était entraînée, depuis des années, elle savait réagir vite. La vitesse et la justesse de l’analyse est ce qui mène à la victoire. A son grand désarroi, les relations n’étaient pas similaires à un combat. Cette approche sortait de tous ses cadres usuels. Elle ne savait tout simplement pas quoi en penser. Le silence qui suivit fut témoin de sa surprise. Au moins, les mots avaient eu pour effet de lui faire redresser le visage et les regards se sont retrouvés. Elle humecte ses lèvres fines et semble peser ses mots avant de s’exprimer.

« Je vous remercie. »


La politesse, les usages, ces choses artificielles et si pratique quand on ne saurait être certaine de ses émotions. Lui rendre son compliment aurait été parfaitement déplacé. A présent qu’elle pouvait l’observer de près, elle était certaine d’avoir affaire à une jeune noble. Ce qui amenait une troisième interrogation sur sa présence et son lien avec les lieux. Elle n’avait pas été avertie de la visite d’une personnalité. Kaliska mis un mot sur une émotion, la contrariété. Elle devait admettre qu’elle n’aimait pas être prise au dépourvu de la sorte. La noblesse était une caste qu’elle ne fréquentait pas et qui la résumait à sa fonction. Elle n’avait pas d’autres comportements possibles et sa liberté d’être s’en trouvait naturellement affectée.

Elle se leva et saisi son arme. Le contacte du bois, même à travers le cuir de ses gants, lui procura un grand réconfort. Elle inclina le buste de manière marquée, prenant garde à se baisser suffisamment pour ne pas froisser le protocole de par sa grande taille. Sa quatrième interrogation fut de ne pas voir d’escorte avec elle alors qu’elle semblait vouloir sortir dans les rues. Quand on est costaud ou pauvre, on ne risque pas grand-chose… mais quand on est fluette et noble, on devient vite la proie des voleurs et autres criminels. Rorn n’était pas une ville très sûre, qui plus est pour les étrangers. Cette dame n’était pas originaire d’ici, ses vêtements, son parfum et sa manière d’être en attestait.

« Vous sortez ? Permettez que je vous escorte. »
La permission a l’air d’être demandée par formalité, la milicienne s’est mise en mouvement d’autorité. Le protocole ne saurait tout à fait plier cet esprit fort.

A présent qu’elle était debout, elle avait encore plus l’impression que la dame était une petite chose très fragile. Kaliska se faisait un devoir de protéger le plus faible. Quand les dieux vous offrent un physique comme le sien, il est respectueux d’employer ce don à faire le bien. C’est ce que ses méditations lui avait permis de conclure. C’est ce qui lui faisait supporter ce travail. Elle sent la terre, le cuir, aucun parfum ne vient s’emmêler à celui de la noble. Elle apprécie l’odeur délicate. Cette dame est réellement une fleur qui contraste avec les lieux. Elle est véritablement jolie, elle aussi. Un peu curieuse, elle n’avait jamais vu de chevelure ou d’yeux dissemblable. Elle aurait pu la fasciner, si elle n’avait pas été si occupée à être déconcertée par sa déclaration. Qu’avait-elle voulu dire ? Que pouvait-elle lui trouver de beau ? Son visage était marqué, anguleux, sale… elle s’ébroua gentiment, son armure cliqueta légèrement.

« Milicienne Nuraven, je n’ai aucune mission à l’heure actuelle » conclut-elle pour couper court à toute protestation contre sa protection.

« Où vous plaira-t-il de vous rendre ? »

Elle se tut, laissant à la dame le loisir de lui répondre. Elle serait déçue d'être éconduite, mais elle se plierait à ses désirs.
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Aventure #4 écrite Dim 3 Avr 2016 - 15:03

Nérée n’était pas déçue. Elle ne regrettait pas cette décision stupide d’avoir stoppé sa marche, d’avoir porté son attention sur la soldate maculée de vie. Elle avait les traces de la vie sur ses vêtements, son visage, chose qui la rendait incroyablement attirante. Elle l’attirait. La réaction qu’elle eut lorsque les mots de la demoiselle parvinrent à ses oreilles fut amusante ; les apparences étaient souvent trompeuses. Au moins, ses mots avaient eu l’effet escompté, bien qu’elle n’était pas pour autant satisfaite. Doux silence. Un doux silence murmurant de nombreux contes, alors que la jeune noble avait une nouvelle fois plongé son regard dans celui de la soldate.

Un vent frais traversait la cour de la caserne, faisant s’envoler de temps à autres ses mèches rebelles. Elles étaient seules. Le tintement des lames d’entraînement ne s’entendait presque plus ; il n’y avait plus qu’elle et la soldate. Cette dernière venait d’ailleurs de briser le silence, lui faisant haussé un sourcil, bien que légèrement. Cette réponse était étonnante et frustrante à la fois. Une simple formule de politesse, en gardant ses distances de toute réflexion personnelle. Une formule commune qui ne lui appartenait pas. Malgré tout Nérée se contenta de la regarder. Son vis-à-vis venait de se lever du banc ; elle était grande. Ainsi elle peinait à la regarder dans les yeux. Presque elle se serait mise sur la pointe des pieds si elle n’avait pas fait une nouvelle politesse. La jeune noble devait avouer détester cela. Elle n’aimait pas les nobles.

Une escorte, encore une. La situation était presque amusante : fuir son escorte pour en trouver une nouvelle. Peut-être ne se rendait-elle pas compte de la dangerosité de sa proposition. Une fleur, aussi belle soit-elle, avait toujours des épines. Elle savait d’ailleurs qu’Izaya n’allait pas tarder à venir en ces lieux ; elle devait partir. Au final, peut-être que la proposition de la soldate lui était avantageuse. Cette dernière ne semblait de toute façon guère prête à la laisser errer dans les rues de Rorn seule, bien que c’était l’une de ses occupations favorites. Se retrouver dans une ruelle sombre, au milieu des crimes et des gens criants leurs agonies. Parasites affriolants. Mais la milicienne était plus attirante, aujourd’hui. Elle voulait pouvoir toucher sa lance, porter son armure et son parfum singulier. Peut-être lui aurait-elle proposer un échange de rôle si elle n’avait une fois pris la parole, indiquant qu’elle n’avait aucune mission et qu’elle était donc libre de la suivre. Nérée sourit. A son tour elle se courba légèrement.

« Je n’ai pas d’obligations, aujourd’hui. Malgré tout vous me faites l’honneur de votre compagnie, ainsi je me dois de l’accepter. » Dit-elle doucement.

Elle voulait l’accepter. Mais il était vrai que la jeune noble ne voulait pas courir après la capitaine de la garde pour lui faire signer ce contrat. Un jour elle croiserait son chemin, que cela soit demain ou dans un mois. Aujourd’hui elle avait trouvé une autre occupation. Ainsi, elle reprit : « Que diriez-vous d’une simple balade ? Ce n’est pas une mission palpitante pour vous, je le reconnais. Mais marcher en charmante compagnie est agréable. »

Etre en compagnie de la milicienne était agréable, bien que cela ne faisait qu’une poignée de minute qu’elle la connaissait. Elle n’était qu’une inconnue et malgré tout, Nérée ressentait un certain désir d’aller plus loin. De plus, il était vrai que la jeune noble n’avait eu l’occasion de découvrir cette Rorn. Regardant une nouvelle fois sa nouvelle escorte, elle jugea que cette dernière devait savoir s’y retrouver en ces lieux. Elle devait connaître les quartiers mal famés, où les bonnes gens ne devaient pas s’y rendre, les endroits où les fleurs délicates poussaient. Nérée voulait la connaître, cette milicienne.

Elle marcha quelques pas de plus vers la sortie, puis se retourna vers sa nouvelle escorte, l’attendant.

« Faites-moi donc visiter cette ville, milicienne Nuraven. »


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Aventure #5 écrite Dim 3 Avr 2016 - 20:34

Quand elle marche, ça fait de petit cliquetis et bruit de frottement. La cotte de maille ondule et le cuir chante. Elle ne comprenait pas bien le comportement de la jeune noble. Tant de flatterie la mit véritablement mal à l’aise et éveillèrent un peu de suspicion en elle. La rudesse du nord sculptait son peuple avec des traits épurés et francs. Elle me flatte comme si j’étais un soldat à l’allure virile… cette pensée était la plus perturbante, elle préféra choisir la méfiance. Après tout, elle l’avait trouvée dans la caserne, marchant sans compagnie… elle pouvait très bien être une fouineuse ou pire, une espionne. Cette idée ne lui plaisait pas non plus.

Elle répond par un hochement de tête taciturne. Il lui était déjà arrivé de guider des étrangers perdus, mais on ne lui avait jamais demandé de visiter. Qu’est-ce qu’elle attendait au juste. Elle se décida de lui montrer les bâtiments principaux et lieux important.

« La caserne se trouve proche du centre de la ville et des bâtiments officiels. La ville a été construite sur l’emplacement d’un village qui n’existe dorénavant plus. Les architectes ont donc pu la modeler selon leur vouloir. »
Elle avançait à grande enjambée, habituée à sa démarche militaire. « Vous pouvez voir que les bâtiments sont neufs dans leur ensemble. Ici, nous sommes dans les plus jolis quartiers. Dans la seconde partie de la ville, vous trouvez les habitations de moindre envergure qui ont été construites au fur et à mesure de l’expansion de la ville. Je vous déconseille de vous rendre dans ces quartiers sans protection. » Selon les endroits, même elle hésitait, ou ne le faisait qu’en nombre suffisant.

Le Prince a construit une ville avec rapidité. Une belle ville moderne et fortifiée. D’un point de vue stratégique on pouvait le comprendre. En pratique, le résultat n’était pas des plus probants. Les rues grondaient de rumeurs sombres. Elles marchèrent jusqu’à une grande rue pourvue de nombreuses échoppes. La rue était animée et parcourue par une foule assez dense. Elle décrivit un mouvement du bras circulaire. « La rue marchande, on y trouve la majorité des commerces. Si vous descendez jusqu’aux bas quartiers, c’est le quartier des prostituées. » Elle laisse retomber son bras le long de son corps et observa la noble pour savoir si des achats l’intéressaient.

Ses yeux se plissèrent, glissant vers quelque chose qui se trouvait derrière Nérée. Son bras effectua alors un mouvement très rapide. Cela dura une poignée de seconde et elle souleva littéralement un gamin par le poignet, il ne devait pas avoir plus de quinze ans. Elle le savait, cette dame attirait bien trop les regards.

Lorsque le voleur tenta de s’agiter pour se libérer, coup de genou en plein ventre le plia en deux alors qu’il était toujours suspendu. « Qu’ta route de vermine recroise plus jamais la mienne où j’transforme ton crâne en bouille pour les porcs ! » Ce disant, elle le balança et conclut son affirmation d’un coup de pied au fondement crasseux du malchanceux. Ici tu apprends à survivre ou tu crèves, il était stupide de s'approcher de quelqu'un sous bonne garde. Alors qu’il se remettait difficilement debout pour prendre ses jambes à son cou, un grand-père lui asséna un coup de canne, une matrone lui écrasa la main... le nord est cruel et violent. La milicienne posa sa main sur l’épaule de la noble et d’une pression lui indiqua de reprendre sa route.

« Il y a une échoppe qui vend de jolis vêtements de fourrure, si vous désirez un vêtement plus chaud pour vous protéger du froid. Les fourrures sont une spécialité de notre région. »
Elle changeait de sujet, navrée que la jeune femme n’ait pas été épargnée par la vermine. Elle n’ôta cependant pas sa main de son épaule. L’entier de son corps, proche, se voulait protecteur et décourager toute récidive de larcin.
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Aventure #6 écrite Lun 4 Avr 2016 - 18:10

Elles étaient parties de la caserne. Peut-être était-ce simplement de la chance, car lorsqu’elles tournèrent au coin d’une rue, Izaya entrait au pas de course dans le quartier général de la milice. Mais il n’y avait plus personne.

Aujourd’hui, le ciel était bleu. La ville était animée des vendeurs et voleurs, d’habitant se pressant pour faire leurs achats quotidiens. L’ambiance ici était bien différente de Lüh. Les rues se ressemblaient, grouillant d’insectes plus détestables les uns que les autres. Il y avait des endroits où les bonnes gens de devaient pas se rendre. On apprenait aux jeunes filles de ne pas sortir le soir, aux garçons de ne pas fréquenter certains quartiers. Mais Rorn avait quelque chose de différent. Peut-être pouvait-on trouver cette différence au fond du regard des habitants. Au-delà du sourire on pouvait percevoir la méfiance. Chacun était ennemi de l’autre ici. La loi du plus fort, la loi du nord, elle régnait encore dans le cœur des gens. On ne pouvait changer les mentalités avec une simple construction déjà chancelante.

Nérée marchait aux côtés de sa nouvelle protection, écoutant son monologue sur la présentation de la ville. Il était vrai qu’elle était plus absorbée par ses manières que par ses propos, bien que la localisation des quartiers où les bonnes gens n’allaient pas était utile à connaître. Elle observait chacun de ses faits et gestes, comme une enfant émerveillée par une nouvelle découverte. Son visage abordait pourtant une expression neutre, et seuls ses prunelles pouvaient témoigner de l’amusement de la jeune femme. Etait-ce seulement de l’amusement ? Aujourd’hui le ciel était bleu mais il n’y avait rien à faire. Les deux femmes s’arrêtèrent, arrivées à la rue commerçante de la ville. Il y avait beaucoup de boutiques ; certaines comme les forges travaillaient pour elle. Puis une main vint se poser, délicatement dans son dos. Faible mais bien présente, elle ne réagit cependant pas. Son garde du corps personnel, cependant, se mis en action.

Etait-ce dans la nature de l’homme que de voler ? Il était en piteux état. Cela pouvait se voir à ses vêtements troués. Cela pouvait se voir à cette posture hautaine et trop adulte pour l’âge qu’il avait. Son visage était terreux, comme celui de la milicienne. Il n’avait pas eu le temps de lui soutirer quelque chose avant d’être soulevé par sa garde personnelle, d’être humilié et jeté à terre. Nérée ne dit rien, le regardant simplement s’éloigner après cette rapide altercation. Et la milicienne reprenait de plus belle, comme si de rien n’était.
Elle avait cependant posé sa main sur son épaule, comme pour la protéger un peu plus. Paraissait-elle si fragile que cela ? Elle pouvait se montrer dangereuse, mortelle, bien que l’envie n’était que rarement présente. Lorsque sa nouvelle compagne lui indiqua l’emplacement d’une boutique de vêtement, une idée lui traversa l’esprit. Une envie. Il était vrai que la jeune femme attirait les regards, habillée de la sorte. Même si son manteau de voyage cachait ses vêtements délicats, un seul coup d’œil suffisait pour savoir que seul une dame de haut rang pouvait le posséder.

Nérée alors se dirigea vers l’échoppe. Elle n’était ni luxueuse ni miteuse. Se retournant vers la milicienne, elle lui adressa un nouveau sourire. « Attendez-moi ici, je vous prie. »
Puis elle entra dans la boutique.

L’intérieur n’était pas grand. Il y avait toute sorte de vêtements et fourrures. Saluant le gérant des lieux, elle fit un rapide tour puis s’arrêta devant une tunique. De tissus et de cuir, elle était élégante et passe-partout. Elle était accompagnée d’une fourrure pour ne pas se laisser prendre par le froid. Elle était simple. S’en emparant, la jeune femme paya le tout et partit se changer dans la pièce d’à côté, prévu à cet effet.

Aujourd’hui le ciel était bleu et il ne se passait rien. Du moins, pour la jeune noble. Dehors, un certain mouvement de panique s’était formé, non loin de la boutique. Un voleur ? Il y avait bien trop d’agitation pour qu’un simple voleur fasse crier les femmes. Cela pouvait partir d’un rien, comme d’un coup de dague porté au grand jour. Peut-être était-ce des représailles, ou une simple volonté de faire couler le sang. Mais il n’en était rien. Le Nord était bien différent de Lüh. Aujourd’hui le ciel était bleu et il allait se teinter de rouge.
Nérée sortit après quelques minutes de la boutique, sa chevelure attachés en une simple queue de cheval. Elle était toujours belle ainsi, voire plus, car ses courbes étaient bien plus visibles, mais sa tenue se confondait bien plus facilement dans la foule. Elle était comme les autres. Comme les autres, elle allait être victime de ce mouvement de panique qu’elle découvrait avec étonnement. Un homme courait en sa direction. Son dos toucha les pavés froids ; il l’avait bousculé et elle était tombée.

Son regard se posa sur ce ciel, calme, malgré l’agitation environnante.


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Aventure #7 écrite Lun 4 Avr 2016 - 23:26

Usuellement, la rue marchande était plutôt calme. On y trouvait des voleurs, mais peu d’autre criminalité. En effet, comme aux points important, la garde était présente quasiment non-stop en période d’ouverture des échoppes. L’avenir d’une ville, ça se construit sur le fric, lui avait dit un de ses camarades très philosophe. Il était important de garantir une économie au milieu serein. Alors que la jeune dame lui avait demandé d’attendre dehors, son œil fut attiré par des cris non loin.

Il ne lui fallut pas longtemps pour identifier la source du grabuge. Par les Quatre, la demoiselle attirait la poisse. Il s’agissait simplement d’un joli différend qui dégénérait en bagarre collective. La milicienne jeta un œil vers la boutique, la noble était toujours à l’intérieur. Elle se dirigea donc rapidement en sifflant fortement dans son sifflet en os. Ce genre de signal avait deux effets, aviser les gardes alentours du besoin de renfort et faire peur aux imbéciles. L’effet fut mitigé, elle aperçu une patrouille qui remontait au trot, les badauds eux continuaient à se distribuer des coups. Quitte à être prise dans une situation du genre, autant en profiter. Kaliska se mit donc à distribuer les coups. Une petite droite par là, un coup de genou et zou. Elle exultait. Bon, au centre, de ce qu’elle voyait il y avait deux individus au sol.

Elle ne se hasarda pas à gagner le centre de l’attroupement, laissant le travail à ses collègues. Leur arrivée groupée n’arrangea pas le désordre et bon nombre de personnes partirent en courant. Craignant autant la garde que les ennuis précédents. Elle regagna la boutique pour trouver la noble les fesses au sol.  Heureusement qu’il y avait sa chevelure, car elle s’était changée. Elle courut jusqu’à elle et s’agenouilla à côté d’elle, la mine interrogative. Presque inquiète. Inquiète d’avoir fauté en n’étant pas présente à sa sortie. Un bruit attira son attention des cris et elle se rendit compte que le reste de la foule évacuait la rue dans leur direction au pas de charge. Ca ce n’était pas bon. La situation devait être un peu plus grave, peut-être un mort ou plus.

Elle aida la noble à se lever et l’entraîna à sa suite, l’obligeant à courir. Une foule c’est bête, c’est idiot. Être piétinée ne faisait pas partie des ses projets de la journée. Elle tenait à la vie. Kaliska est très au fait que courir droit devant n’est pas une solution, c’est donc à la première petite rue qu’elle bifurqua pour quitter le troupeau. Elle aimait ses situations où l’adrénaline vous monte à la tête. Elle lâcha finalement le poignet qu’elle avait d’autorité saisit et laissa échapper un rire franc. Elle s’appuya contre un mur et s’agrippa à sa lance.

« Bienvenue à Rorn, comme on dit. »
C’était une entrée en matière intéressante. Le temps était si beau, pourtant.

« Il y a une taverne sympathique plus bas, si vous voulez vous remettre de ces émotions avec un verre… »
taverne, c’était au goût de son rang ? Elle regretta ses mots un instant.

« Vous allez bien ? »
S’inquiéta-t-elle finalement, réalisant qu’elle avait pu se faire  mal durant leur petite débandade. Elle oubliait parfois que les dames étaient normalement des choses plutôt fragiles et celle-là était délicate. Fascinante.
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Aventure #8 écrite Jeu 7 Avr 2016 - 0:37


Les pavés étaient froids. Pourtant être ainsi à terre lui procurait une sensation étrange et agréable. D’ici elle pouvait aisément voir le bleu du ciel, oublier les cris des passants et l’agitation qui l’entourait. Il n’y avait plus qu’elle et le ciel. Sa condition d’être humain la condamnait cependant à être une simple spectatrice. Elle soupira faiblement. Cette situation était semblable à celle lorsqu’elle avait pour la première fois franchi les portes de la capitale. En ce moment, beaucoup de souvenirs refaisaient surfaces ; peut-être était-ce une mauvaise chose, bien qu’elle ne pouvait rien y faire. Nérée se redressa, mais ne se releva pas. Son regard s’était porté sur sa main gauche. Elle s’était coupée en heurtant le seul, et le sang ruisselaient tranquillement sur sa peau d’albâtre. La douleur était agréable, presque elle était déçue du peu de sang qui s’écoulait de la plaie. Puis son regard se posa enfin sur sa milicienne, agenouillée à ses côtés. Avait-elle été présente depuis le début ? Cela n’était guère important. Cette dernière la regardait, le visage semblant inquiet. Ce n’était pourtant pas pour Nérée qu’elle devait s’inquiéter, bien au contraire.
Le ciel était bleu mais dorénavant teinté de sang.

Elle avait pris son poignet. Ce contact était délicat, bien que l’action avait été assez brusque. La demoiselle se sentait pourtant bien, ainsi assise sur le sol. Elle était simplement là. Les passants courant en sa direction n’avaient que peu d’importance. Malgré tout elle fut entraînée dans une course effrénée, obligée de suivre sa milicienne. Nérée la regardait, son dos qu’elle ne pouvait distancer, essayant d’échapper à une mort certaine causée par ses propres congénères. Puis elles tournèrent au coin d’une ruelle. L’agitation environnante l’avait rendue presque déserte. Elles s’arrêtaient enfin. Il était vrai que la jeune noble n’avait jamais eu une grande endurance, bien que son agilité et sa rapidité compensait cette faiblesse. Fallait-il seulement qu’elle daigner user de ses atouts. Elle inspira doucement pour reprendre son souffle. Rorn était bien différent de Lüh.

Peut-être était-ce sa présence même en ces lieux qui provoquait une telle agitation. Sa milicienne avait délaissé sa neutralité pour laisser échapper un rire. Nérée lui adressa un sourire, bien que son regard s’était une nouvelle fois porté sur sa plaie à la main. Le sang avait ruisselé le long de ses doigts, tombant doucement sur les pavés. Même si cela ne lui faisait guère mal, s’occuper de la blessure était nécessaire. Peut-être que sa nouvelle protectrice s’en inquiétait ; bien vite elle lui avait posé la question.

« Je vais bien. » Alors qu’elle disait ces mots doucement, contemplant quelques instants de plus sa main. « Ce n’est qu’une simple coupure. »

Une coupure qui la fascinait cependant. Malgré tout elle n’était pas seule aujourd’hui ; elle cèderait à ses envies singulière une prochaine fois. Cherchant un instant dans son sac sans fond, Nérée en sortit une petite fiole, et un bandage. Utiliser ses préparations l’ennuyait pour une si simple blessure mais elle se contenta de verser le contenu de la fiole sur sa plaie, lui procurant un doux frisson. Ce mélange de plante avait une propriété désinfectante, mais amplifiait la douleur à son application.
Puis elle repensa aux mots de sa milicienne. Une taverne ? Relevant son regard pour le planter dans le sien, elle lui offrit un sourire. Elle ne fréquentait que très rarement ce genre d’endroit. Mais aujourd’hui le temps était beau ; elle s’était même changé pour l’occasion. Dans le prolongement de ses pensées, elle reprit ainsi la parole : « La taverne… J’accepte avec plaisir votre proposition. »  Elle avait entouré sa main du bandage, d’un geste presque machinal. La jeune noble avait l’habitude de se blesser. Exprès ou non, elle avait cependant toujours fait attention au rétablissement de son corps.

Nérée se laissa guider par sa milicienne jusqu’à la taverne évoquée. Au coin d’une rue, il fallait y faire attention pour la remarquer. Une odeur de Pion rôti s’en dégageait, tandis que le brouhaha des discussions et rires pouvait s’entendre depuis le pas de la porte. Ici, les tavernes semblaient bien plus vivantes que celles de Lüh. Le climat nordique y était sûrement pour quelque chose. Elle se retourna vers sa milicienne, la regardant une nouvelle fois dans ses yeux. Ses prunelles avaient quelque chose de fascinant. « Après vous. » Dit-elle simplement. Il fallait avouer qu'elle n'avait pas l'habitude de ce genre d'endroit, ainsi, elle préférait laisser sa milicienne s'occuper de sa protection par devant.
Puis Nérée entra à son tour dans l’établissement.


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Aventure #9 écrite Dim 10 Avr 2016 - 21:27

La demoiselle savait se soigner, c’était une bonne chose. Il est toujours utile de savoir désinfecter une plaie et de la protéger. Les négliger pouvait amener à de graves désagréments. Elle l’avait appris durant son enfance. Bien que sa coupure soit assez ridicule aux yeux de la guerrière qu’elle était. Elle se permit de l’observer alors qu’elle se soignait. Elle était captivée par la douceur des traits et la sophistication de ses gestes. C’était exotique de découvrir une créature comme elle. La milicienne avait bien sûr côtoyé de nombreuses personnes originaires du sud, mais ces colons s’adaptaient bien vite aux mentalités locales. La haute bourgeoisie ou noblesse lui étant inaccessible, elle se basait sur son aperçu de la population. L’idée de se mettre au chaud pour se remettre de ses émotions avait l’air de convenir à la demoiselle.

La marche ne fut pas longue, l’établissement se situait un peu plus loin et le trajet se fit en silence. Un vent léger s’était levé et il charriait une odeur un peu nauséabonde en provenance des rues basses. Heureusement, elle poussa la porte et permit à son invitée de s’extraire de la froideur puante de la rue. A l’intérieur il faisait chaud, un peu humide et l’atmosphère se trouvait un peu enfumée. Elle aimait bien cet établissement, son tenancier était un homme gras mais de bon cœur. Elle guida la demoiselle jusqu’à une table au fond de la salle. Elle était petite, mais convenablement positionnée. De cette manière, la noble serait moins incommodée par les passages et les clients.

Et puis, elle travaillait ce soir, s’attable par ici et manger était une excellente chose. Il était heureux que la noble ait concédé à cet arrêt. Il était encore un peu tôt pour manger cela dit. La guerrière ôta son manteau de fourrure, ne gardant que son armure de cuir. Elle appuya sa lance contre le mur et s’assit finalement. Une fois cela fait, elle observa la noble. C’était inhabituel pour elle d’être attablée avec une personne de cette classe sociale. Elle prit le temps d’analyser également toutes les personnes qui se trouvaient dans la salle. Elle connaissait la majorité et ne s’alarma pas des autres. Tout était banalement et bruyamment normal.

Dotta la serveuse plantureuse s’aventura jusqu’à elle pour s’enquérir de leur commande. Cette femme d’humeur joyeuse faisait partie de son univers. Il était rassurant de toujours la retrouver ici, égale à elle-même. Rassurant de voir son sourire relever ses joues et son rire remuer son corps gras.

« Mes d’moiselles, qu’est-ce qu’j’vous sers ? »


« Salut Dotta, un pichet d’eau pour ma part… je bosse ce soir. Et hm… vous faites de la soupe ce soir ? J’en prendrais bien un morceau avant d’repartir. »

« Ah, dommage, on avait prévu une soirée … soupe d’poisson ce soir. Et a la p’tite dame toute maigrichonne qu’est-ce que j’lui mets ? »


La serveuse essuya ses mains sur son tablier sale. Kaliska reporta son attention sur son invitée.

« Que faisiez-vous à Rorn ? Ce n’est pas un endroit de plaisance… »


Elle était curieuse et espérait ne pas la heurter avec ses questions. Cette situation était très nouvelle pour elle, c'était un sentiment curieux entre inquiétude et une curiosité stimulante.
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Aventure #10 écrite Mar 12 Avr 2016 - 0:53

On se fichait d’elle et elle se fichait de tout. Ici, rien n’avait plus d’importance que les histoires de batailles enjolivées et la boisson coulant à flot. L’odeur qui s’en dégageait était particulière. La chaleur était presque étouffante. Bien qu’un peu grande, une certaine convivialité pouvait se ressentir à l’intérieur de la taverne, ce qui plut à la jeune noble dès qu’elle en foula le sol. Elle n’avait pas l’habitude des établissements de ce genre ; les nobles n’avaient pas à les fréquenter. A Lüh, les seules fois où elle avait mis les pieds à la taverne était pour lire le rapport sur les découvertes de l’expédition à l’île inconnue, au sud. Elle n’avait pas eu d’autres occasions. Suivant sa milicienne, Nérée observa la salle avant de s’installer à son tour à une table, un peu en retrait par rapport au milieu de la pièce, là où naissaient les discussions les plus passionnantes de la ville. Mais la table qu’avait choisi sa garde du corps lui convenait. Se dévêtant à son tour de son gilet de fourrure, elle posa ses mains sur la table, jouant un instant avec sa chevalière. Jamais elle ne se serait douté d’être en ces lieux, aujourd’hui.

Elle porta son regard sur son vis-à-vis. Au final, tout cela était de sa faute. Peut-être n’aurait-elle pas dû lui proposer cette protection. La demoiselle savait se débrouiller seule. Elle savait tomber sans jamais toucher le sol, chose qui lui avait sauvé la vie mainte et mainte fois. Cependant son attention fut bien vite détournée par la serveuse de l’établissement. Elle était à l’image de cet endroit. « La même chose, seulement remplacer l’eau par un verre de vin. » Répondit-elle simplement, lorsqu’elle lui posa la même question que celle de la milicienne.

Petite dame toute maigrichonne. Voilà une appellation qui lui allait comme un gant. Repartant aussitôt, Nérée fut enfin seule avec la milicienne dont elle ne connaissait que le nom. Elle l’observa un instant, cette dernière semblait elle aussi s’intéresser dorénavant à celle qui lui avait valu tous ces ennuis. Serait-elle restée à la caserne si leurs chemins ne s’étaient croisés ? Si elle n’avait pas décidé d’abandonner Izaya, elle ne l’aurait jamais rencontré. Elle serait restée une simple milicienne à ses yeux, banale, inconnue. Et pourtant si intéressante.
Pourquoi était-elle venue à Rorn ? Nérée ne connaissait jamais la raison qui poussait ses pas. La vraie raison. Elle devait pourtant y faire affaire, elle avait utilisé cette occasion pour se lier à une invocation. Mais ses pensées étaient ailleurs, un but bien dissimulé sous une multitude d’envies, sensées ou non. Malgré tout, aujourd’hui elle avait un but précis. Elle savait ce qu’elle faisait à Rorn, pourquoi elle n’était pas encore repartie pour la capitale.

« Je trouve pourtant cet endroit plaisant. » Commença-t-elle, un fin sourire sur ses lèvres, alors que ses yeux étaient plongés dans ceux de son vis-à-vis. Ces derniers n’étaient pourtant pas à la plaisanterie, et l’on pouvait bien voir que la jeune demoiselle réfléchissait à propos de la milicienne Nuraven. Il était vrai que la raison de sa venue ne devait pas être communiqué à tous. Ils n’avaient pas à avoir d’informations sur le fonctionnement interne de la milice, de ses fournisseurs, de ses secrets. Trop sérieux, trop ennuyant. Elle reprit : « Je suis venue ici pour rencontrer Hélène Clémence, afin de conclure quelques contrats concernant la milice de cette ville. »

Et elle ne l’avait pas vue, ce qui au final la frustrait quelque peu. Mais cela n’était pas important. Même si elle avait omis quelques détails sans importance, Nérée ne désira pas cacher la raison de sa venue ici à la femme qui l’avait invité à cette table. Mentir était inutile. Au final, sa raison était simple. Seul les détours étaient intéressants mais, ne souhaitant pas s’éterniser sur le sujet, sauf si la milicienne posait d’autres questions, elle ne laissa pas le silence s’installer trop longtemps. Peut-être se forçait-elle un peu. Peut-être l’ambiance de l’établissement lui faisait oublier quelques codes, qu’elle respectait sans s’en rendre compte même si elle détestait cela.

« Et vous, vous plaisez-vous dans cette ville, en tant que milicienne ? »

Nérée devait se l’avouer, cette milicienne l’intéressait, bien que la source de cet intérêt était floue. Mais il était vrai que, même si elle travaillait avec la milice elle n’avait que peu informée des conditions de travail et de vie, surtout à Rorn. La curiosité la piquait en cet instant. Passant une main dans ses cheveux, la jeune noble se redressa légèrement ; l’ambiance de l’établissement ne pouvait tout faire oublier.

« Peut-être devrais-je me présenter, avant… » Elle ne finit pas sa phrase. Avant beaucoup de choses, trop nombreuses, trop personnelles. Elle reprit : « Je me nomme Nérée. Nérée Helireah. Enchantée. »


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Aventure #11 écrite Sam 16 Avr 2016 - 21:44

« Le capitaine Clémence devrait être de retour ce soir… peut-être même a-t-elle déjà regagné ses quartiers. Elle inspectait un avant-poste au nord aujourd’hui. »

La dame était une marchande conclu-t-elle. Cela ne l’étonnait pas et correspondait à l’image qu’elle dégageait. Le raffinement avait quelque chose de fascinant et elle aimait bien les occasions qu’elle avait d’échanger avec ce genre d’individu. Ils avaient souvent plus à donner qu’un homme de la pègre. Eux avaient le temps de réfléchir à beaucoup de choses inutiles à une survie basique. Avoir le temps d’étudier, de discuter, de réfléchir au monde… Elle n’avait pas le temps, elle-même, pas assez à son goût. Cette dame là, l’amorçait avec une question très ouverte. Était-ce une curiosité naturelle ou stratégique ? Après tout, elle venait ici pour des raisons professionnelles…

« Rorn est une ville et par définition, ça me plait moyennement. Le boulot… c’est le boulot. J’fais ça pour bouffer et m’amuser. Défoncer des crânes, ça pimente un peu une vie aussi sale et ennuyante que les pavés de cette ville sans âme. Chacun est ici pour des raisons précises. Moi, c’est pour le fric, sans fric, tu crèves ou tu finis comme ce pauvre gosse des rues… très mal. Ce qu’il a fait m’a fâché uniquement parce qu’il a bravé ma protection, pour le reste j’en ai rien à foutre. On vit tous pour des raisons qui nous sont propres, avec le chemin qui nous est propre… je suis où je suis…demain j’en sais rien. J’ai une certitude pourtant, c’est que la politique ça pue comme un poisson pas frais… »

« Ce que j’me demande c’est par quelle curiosité dangereuse une petite noble de votre genre a de s’embarquer ici dans pareilles situations et poser c’genre de questions. On ne vous a pas appris dans votre étiquette à bien tourner autour du pot et faire de joli p’tit sourire ? Vous n’avez pas même hésité à l’idée d’entrer dans un établissement de piètre qualité… »


Elle hausse les épaules.

« C’est des trucs à vous rendre méfiant. C’est quoi votre but, là. Venez-en au fait… »

Provoquer. Bousculer. Elle voulait lui faire cracher la raison de son comportement incongru. L’aborder, la suivre dans des endroits improbables et surtout déplacés pour un personnage de son rang. Elle se méfiait de tout ce qui n’était pas logique, tout ce qui détonnait. Nérée contrastait avec tous les cadres possibles et imaginables, s’en était presque aveuglant. Il émanait de cette femme quelque chose de captivant. C’est sans doute pour cela qu’elle avait accepté de jouer son jeu. Un jeu dont elle ignorait les règles et le but. Cependant, les jeux valaient la peine d’être jouer et elle tentait un étrange pas de danse. Un genre d’échange qui la portait hors de ses sentiers, de ses habitues… l’inconnu ne l’avait jamais trop effrayée, c’est pour cela qu’elle continuait cette discussion.
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Aventure #12 écrite Dim 24 Avr 2016 - 13:56

Nérée n’arrivait pas à quitter du regard la femme qui se trouvait devant elle. Peut-être était-elle fascinée, l’envie de connaître tout d’elle naissant doucement dans son esprit. Elle n’avait qu’elle à regarder. Ce qu’il se passait autour ne l’intéressait pas. La demoiselle avait posé ses coudes sur la table, posant sa tête sur ses mains jointes. Seulement sa voix semblait parvenir à ses oreilles, chaque mot la percutant en faisant naître petit à petit un sourire sur ses lèvres. Finalement elle ne s’était pas trompée : elle était belle ainsi. Une beauté intérieure et extérieure. Une beauté dangereuse, une beauté qui ne pouvait pas s’expliquer.
Au moins, elle savait dorénavant où se trouvait cette fameuse capitaine. Nérée ne voulait pourtant pas quitter cet endroit : elle avait, elle aussi, autre chose à faire que de conclure un énième contrat. Elle avait des priorités. Malgré tout son départ était imminent, et rencontrer aujourd’hui cette femme serait une bonne chose. Mais le court silence qui s’était installé se brisa une nouvelle fois, sortant la jeune noble de ses pensées.

Une milicienne comme tant d’autres. Elle semblait d’ailleurs être bien plus âgée que Nérée. C’était une milicienne travaillant pour l’argent, se fichant du reste. Malgré tout la personne se trouvant derrière cette façade ennuyante était singulière. La jeune noble se redressa lorsqu’elle aborda enfin la question de son propre comportement ; elle se doutait bien qu’il allait arriver tôt ou tard. Ses mains sur la table, elle resta un moment silencieuse. Elle jouait encore avec sa chevalière, prenant un moment pour réfléchir à ses mots.

« Nous sommes pareilles. »

Ces mots s’étaient presque échappés de sa gorge. Nérée était humaine, comme son vis-à-vis. Ces endroits, comme les tavernes, ils étaient faits pour eux. Peut-être que ces mots n’étaient pas assez précis. Cela n’était pas logique. Elle releva son regard vers la milicienne, et reprit : « Pourquoi hésiter ? Pourquoi vous sourire alors que je n’en ai pas l’envie ? Je n’ai pas l’obligation de jouer la comédie devant vous. »

Il était vrai qu’elle s’embarquait souvent dans des situations délicates, sans le vouloir. Peut-être était-elle porteuse de malchance pour ceux qu’elle croisait. Malgré tout elle ne voulait pas ignorer les questions de la milicienne ; elle n’en n’avait pas l’utilité. Etait-elle réellement méfiance à son égard ? Elle pouvait l’abandonner, la tuer à tout instant. « Peut-être est-ce simplement votre condition de milicienne qui vous a poussé à m’escorter. Une rencontre forcée et fortuite. Vous n’êtes qu’une simple soldate. Je ne suis qu’une simple noble. N’est-il pas amusant que de voir deux mondes bien distincts se rencontrer, tout cela à cause d’un énième désir ? Tout cela à cause de cette curiosité dangereuse m’a permis de vous rencontrer. Tout cela parce que vous m’intéressez, tout simplement. »

Nérée se tût enfin. Peut-être en avait-elle trop dit. Peut-être avait-elle, comme à son habitude, joué avec les mots. Mais cela n’était important. Au final, cette milicienne était à Rorn pour l’argent, tout comme elle. « Le pouvoir de faire ce que me dicte mes envies est bien trop souvent entre mes mains. Il y aura toujours des personnes pour ramasser mon corps agonisant, pour m’aider à aller un peu plus loin, un peu plus haut, pour me protéger comme vous le faites en cet instant. Même si je doute réellement que cela soit une vraie protection. »

Se retrouver autour d’une table, était-ce réellement ainsi que l’on protégeait une noble ? Ce n’était qu’une façade. Une façade pour une discussion, un échange, un rapprochement. Une façade pour voiler le jeu qui se déroulait entre les deux femmes.

« Jusqu’où pouvez-vous m’escorter ? »

Peut-être était-elle là pour l’argent. Il était vrai que Nérée n’allait pas oublier ce travail qu’elle lui imposait, alors qu’elle n’avait pourtant rien à faire. Peut-être qu’elle jouait encore sur les mots. Un sourire avait refait surface, subtilement.


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Aventure #13 écrite Mar 26 Avr 2016 - 15:07

Dotta déposa les plats et boissons à leur table, offrant à la milicienne un temps de réflexion bienvenu. Ses réponses étaient déconcertantes. Être pareilles, c’était une affirmation qui ne lui convenait pas. Il était peut-être dans sa nature que de s’amuser d’une torsion des us. Une rébellion savoureuse, un écart qu’elle qualifiait elle-même de dangereux. Pourquoi lui porter un intérêt si vif ? Le luxe de donner libre court à ses caprices était visiblement une facette qu’elle ne mesurait pas encore. Avoir le temps, le pouvoir de réaliser ses envies, c’était une priorité qu’elle n’avait pas. Elle mesurait le fossé  qui les séparaient, ce fossé ce social immense. Injuste pour qui n’est pas fataliste. Se voir avouer qu’elle avait été l’objet d’un intérêt qui motiva une envie concrétisée par le pouvoir ne lui plaisait guère. Bien évidemment, c’était par sens du devoir qu’elle s’était engagée à l’escorté. Protéger une jeune noble de son inconscience faisait partie de ses charges.

Elle trempa sa cuillère de bois dans la soupe et commença à manger sans un mot. Manger était important. Boire, dormir. Avoir un toit. Ces besoins essentiels étaient son souci et les caprices n’avaient pas leur place dans cet univers. C’étaient des repères concrets et rassurants, bien moins frivoles que des envies abstraites. Elle constata qu’elle ne pouvait pas comprendre mademoiselle Nérée. Bien sûr, elle appréciait la compagnie, avait des relations sociales et des besoins secondaires. Pourtant, toutes ces choses semblaient insignifiantes et bien loin de ce que la noblesse et le haut pouvoir vivait. Qui plus est, dans le nord, la rudesse de la vie se confrontait avec jalousie au confort sudiste. Ces convenances sociales étaient mères de colère. Il n’y avait qu’à voir les hors-la-loi, les revendications qu’ils avaient.

« Si vous désirez rencontrer la Capitaine, je suggèrerai de vous escorter jusqu’à la caserne. Si vous désirez gagner un logement pour la nuit, je vous amène aux portes de la ville haute.  A moins que vous n’ayez un autre lieu de rendez-vous. »

Elle répondit très simplement à la question. Elle ne voulait pas y voir de sens autre que pragmatique. Bien que les diverses marques d’intérêts portées à son sujet lui fasses douter des intentions de la noble. Si elle avait été attirée par sa compagnie au point de braver tant de convenance, c’est qu’elle attendait quelque chose d’elle. La milicienne n’arrivait simplement pas à deviner quoi. Décidant que c’était une réflexion trop torturée et complexes pour elle, Kaliska avait décidé de ne plus y penser. Elle allait manger sa soupe et se contenter de répondre aux questions curieuses de la noble. Elle n’avait pas assez confiance pour se livrer, passer pour un simple soldat motivé par l’argent lui allait bien. Nul besoin d’entrer dans des détails plus intimes et troublants.  Personne ne les connaissait, ses motivations là, tout le monde la voyait comme une lancière dévolue à sa cause.

Son orgueil était cependant touché, la petite noble venait de lui lancer que sa protection n’était pas bonne. Elle avalait la couleuvre en même temps que son bouillon. On l’avait souvent rabaissée, méprisée, on avait douté de ses capacités et ce fait l’avait toujours agacée. Avec l’âge elle avait appris à ne plus trop répondre à ce genre de provocation. Cette sagesse ne l’empêchait pas de ruminer avec amertume. Le dernier qui s’était osé à remettre en doute ses capacités avait gagné un nez brisé. La sagesse est une chose toute relative… cette pensée la fit rire intérieurement. Elle était heureuse de sa vie, simple et dur, mais authentique. Elle était heureuse de ne pas avoir été élevée dans une jolie maison. Cette rencontre était finalement heureuse, elle en tirait un sentiment rassurant. Elle accomplissait son devoir et comblait au passage les envies d’une noble.
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Aventure #14 écrite Jeu 28 Avr 2016 - 22:13

La jeune femme avais pris son verre entre ses doigts, faisant doucement tourner le liquide carmin qu’il contenait. Elle fixait cette valse continuelle, écoutant les simples paroles de la soldate s’occupant de sa garde rapprochée. Quelque peu décevantes. Il était vrai que les mots de la jeune noble avaient fait effet, elle l’avait remarqué, bien qu’elle ne sût comment. Cela n’était important. Un simple changement d’attitude. La serveuse avait enfin déposé leurs commandes sur la table et les deux femmes avaient commencés à manger, silencieusement. Le brouhaha de la pièce ne semblait pas parvenir jusqu’à ses oreilles. Peut-être ne voulait-elle simplement pas lui répondre. Au final, la femme qui se trouvait devant elle était son opposée. Escorter une enfant n’était pas de tout repos. Elle-même ne faisait guère attention à sa vie. Sa marche chancelante l’avait conduite dans cette taverne, mangeant un repas quelque peu médiocre mais convenable.
Nérée n’était qu’une enfant.  

Retourner à la caserne était une bonne idée. Ainsi elle pourrait repartir aussi vite qu’elle était venue dans cette ville. Nérée avait fait trop de détour. Malgré tout, alors que son regard quitta son vers pour remonter sur la soldate, elle savait qu’elle ne regrettait pas. Elle aussi mit du temps à répondre, trop occupée à manger et se perdre dans ses pensées. Cette ville, cette vie, elle l’enviait un peu. Détaché de tout, rude et froid comme était l’humain dans son plus simple habit. Son plus beau. La milicienne Nuraven l’intéressait et elle comprenait à comprendre le fond de sa propre pensée. Comprendre était un bien grand mot pourtant. Elle ne pouvait pas comprendre. Elle ne le voulait pas ; le mystère avait quelque chose d’attirant.

« Je vous envie quelque peu. »

Bien vite elle sortit de ses pensées. Peut-être un peu trop tard. L’espace d’un instant on avait pu voir dans les prunelles de la demoiselle de la surprise ; laisser échapper ses pensées étaient une habitude quelque peu dérangeante. Laisser voir ses vraies émotions n’était pas dans ses habitudes. Cela ne la gênait pourtant pas, ce n’était que des pensées. Reposant son verre après en avoir bu une gorgée, Nérée se décida enfin à reprendre la parole, quand bien même il ne s’était pas écoulé beaucoup de temps. Comme s'il ne s'était rien passé, comme si elle n'avait rien dit. Peut-être que la milicienne allait revenir sur ces paroles mais ce n'était pas important. Elle s’était simplement égarée en chemin. « Je compte ainsi sur vous pour m’escorter jusqu’à la caserne, une nouvelle fois. »
Presque elle avait failli dire le mot « accompagner », mais il n’était pas exact. Cela n’était qu’une escorte. Au moins, la soldate excellait dans ce domaine comparé à Nérée, et c’est la seule chose que pouvait penser en ce moment la jeune noble. Même si, en cet instant, l’escorte s’était transformée en un simple dîner autour d’une table, elle ne doutait pas de ses capacités à agir une seconde fois pour la sauver. Malheureusement.

Nérée avait bien entamé son repas, aimant au fur et à mesure des bouchées son goût. Ce n’était en rien comparable aux somptueuses de la noblesse. Des dîners à n’en plus finir, où gâchis était le mot d’or. Peut-être devrait-elle essayer de devenir milicienne. Au final, elle ne désira pas reprendre la parole pour le moment. Elle regardait simplement de temps à autre la femme qui se trouvait devant elle, ne sachant comment la considérer. Milicienne n’était qu’un mot. Peut-être que le silence allait, une fois de plus s’immiscer entre les deux femmes. Mais qu’importe. Le silence pouvait être agréable, en bonne compagnie.


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Aventure #15 écrite Lun 2 Mai 2016 - 19:23

La soupe était bonne. La bouille de poisson, accompagnée d’un pain de seigle était très nourrissante. Ce genre de met était apprécié par ici. Elle avait découvert le poisson tardivement, à passé la vingtaine et avait trouvé cela très bon. Depuis, elle avait pu tester tout type de fruit de mer et considère toujours cela comme un luxe. Il faut dire, qu’ayant été marin une dizaine d’année, elle avait eu tout le loisir d’en manger. Elle savait même le pêcher. C’était une activité moins palpitante que la chasse, mais apaisante. En barque, elle pouvait être des plus physiques. Elle aimait ramer pour s’entretenir à l’époque. Le mari de Dotta avait une manière de la faire et de l’assaisonner exquise. Il y mettait un mélange d’herbe de la région. Il avait refusé de lui dire exactement lesquelles, mais elle en devinait certaines. Sans oublier quelques légumes pour compléter le bouillon. Cela en faisait un repas très complet. La jeune noble n’avait pas l’air de faire la grimace ou de bouder son met.  

Un sourire très doux s’afficha sur le visage dur. Les coins de ses yeux se plissèrent en une myriade de ridelettes. L’expression était naturelle et bienveillante. Elle savait se montrer humaine et ouverte.

« Il ne sert à rien d’envier les autres. »
Souffla-t-elle. Le ton se voulait un peu rassurant, la confidence ne semblant pas être tout à fait désirée. « Je me ferais un plaisir de vous raccompagner, mais finissez donc votre plat… » Rien ne presse. Ses mots étaient soigneusement pesés et elle les pensait sincèrement. La seule personne qui valait la peine d’égaler, de comparer, s’était soi-même. Pourquoi ? Eh bien, lorsqu’elle aurait battu le plus grand lancier, le plus grand guerrier, elle n’aurait plus d’objectif et ne pourrait plus avancer. Tandis qu’en s’imposer comme seul adversaire elle-même, elle se poussait toujours plus loin et ne cesserait jamais de progresser. C’était une sagesse qu’elle avait acquise et qu’elle s’appliquait à respecter. Par ailleurs, elle l’avait aidée à canaliser quelque peu son impulsivité et son ego.

Elle avait fini par s’amuser des petits regards que Nérée lui glissait. On aurait dit un petit chiot affectueux, mais trop craintif pour oser tendre sa truffe jusqu’à la main convoitée. C’était l’image que cela lui inspirait. Ses regards coulés étaient dénués d’animosité et c’était rassurant. Ses silences étaient aussi un signe positif et elle ne boudait pas la nourriture, c’était une bonne chose. Kaliska n’était pas une personne bavarde et appréciait un usage pertinent des mots. Les personnes prolixes qui parlaient pour ne pas dire grand-chose avaient tendance à l’agacer.  

«  Et donc, vous venez du sud ? »


La petite noble originale n’avait pas l’accent de ses régions, ni les manières. D’ailleurs avait-elle des manières ? Cette jeune dame était bien directe en sus d’être curieuse. Même sans réelle éducation, on lui avait tout de même appris que trop de franchise n’était une bonne chose. Sa première déclaration la perturbait toujours un peu. Son attitude rendait impossible toute estimation de son dessein. Puisqu’elle s’exprimait librement, la milicienne lui posa cette question. C’était une intervention à la fois polie, marque d’intérêt, et tout de même un peu curieuse. Elle n’avait pas réellement l’allure d’une marchande classique. Elle était même à l’opposé de tous les marchands qu’elle avait pu rencontrer dans sa vie. De plus, elle était restée assez mystérieuse sur les services proposés à la Capitaine.

Cela ne la regardait pas. Elle clôtura sa réflexion en plongeant sa cuillère de bois dans son bol. Elle termina de racler les dernières miettes de nourriture. Aucun gaspillage n’était au programme. Elle avait eu trop faim dans sa vie pour même envisager ce genre de comportement. L’estomac plein, on est toujours de meilleure humeur. Elle se sentait bien.
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Aventure #16 écrite Jeu 5 Mai 2016 - 19:04

Et pourtant les rêves lui étaient indispensable. Tout comme l’envie. Elle ne pouvait envier sa propre condition, ne pouvait imaginer un meilleur ; cela la dégoutait. Pourtant elle ne répondit rien. Au fond, il y avait encore une barrière qui retenait ses mots, il y avait encore quelque chose qui retenait au rang d’inconnue la femme qui se trouvait devant ses yeux. Branlante, mais encore debout. Le temps allait la souffler, assurément. Ainsi Nérée se contenta de finir son plat, comme le lui avait conseillée son vis-à-vis. Il n’était de toute façon pas si mauvais que cela, bien qu’elle n’eût l’habitude de manger de simples soupes, telle qu’on les servait dans les tavernes. Il y avait certaines saveurs qu’on ne pouvait découvrir que dans ce genre de lieux. Certaines personnes, aussi. Nérée aimait le hasard, chose loin du bonheur facile détesté ; elle préférait celui qu’elle était en train de découvrir.
Peut-être que le hasard faisait bien les choses.

Elle posa une énième fois son regard sur le visage de la milicienne ; le plaisir n’était pas partagé. Elle répondit pourtant à son sourire, silencieusement, posant la cuillère dans son assiette vide. Elle était pourtant satisfaite de savoir que cette personne en particulier allait la raccompagner, qu’elle allait passer un peu plus de temps en sa compagnie. Mais cette milicienne dont le visage était si doux, peut-être que ses mots n’auraient été les mêmes sans son armure. Peut-être n’allait-elle-même jamais l’enlever devant ses yeux ; Nérée ne pouvait rien y faire. Elle le sentait ; elle n’allait être qu’une milicienne et elle une noble, en cette journée. Alors sa compagnie était simplement plaisante. Cette inconnue l’était. Alors la jeune noble ne vit aucune raison de se presser à quitter cette table.

S’intéressait-elle à sa personne ? Une question bien simple pour commencer de faire s’effondrer la barrière. Nérée avait vécu dans le désert ambré, à Lüh. Ces endroits avaient bercé son enfance. Pourtant elle ne se sentait pas comme l’une de leur enfant. Elle ne s’était jamais sentie réellement à sa place dans cette vie qu’on lui avait offerte, dans cette vie qu’elle n’avait pas eu le courage, l’audace de refuser, étant enfant. Mais elle aimait cette vie. Peut-être qu’elle désirait elle-même en savoir plus sur sa propre personne. La milicienne lui posa une question sur ses origines. La noble avait pris quelques instants pour elle avant de lui répondre ; la franchise n’était pas synonyme d’irréflexion.

« En effet. J’ai grandi sur l’un des bords de mer du désert ambré, vécue à Lüh par la suite pour reprendre les affaires familiales. Venir en ces terres est pour moi inhabituel ; ce monde est bien différent de celui que je connais. »

Bien différent et pourtant c’était ce dernier qui l’avait enfanté. Et elle avait envie de le découvrir. Malgré tout la jeune demoiselle garda cette réflexion pour sa conscience. Combien de temps s’était écoulé depuis leur rencontre ? Dehors le soleil était de plus en plus bas, tandis qu’il y avait de plus en plus de monde dans la taverne. Elle passa une main dans ses cheveux, resserrant au passage le nœud qui tenait sa queue de cheval.  

« Je n’ai d’ailleurs jamais vraiment aimé le froid. » Continua-t-elle, dans un semblant de plaisanterie. Ayant vécue dans la chaleur du désert, elle ne s’accommodait que difficilement aux autres températures. Il faisait froid à Rorn. Elle reprit : « Et vous, avez-vous déjà voyagé ? »

Une simple question, elle aussi. Même si des milliers d’autres parcouraient son esprit, elle n’en choisit qu’une seule, une peu dérangeante, une facile. Une question qui la faisait simplement tourner un peu plus autour de la milicienne sans vouloir s’en approcher réellement, une qui lui faisait prendre des détours pour voiler un peu plus ses intentions. En avait-elle seulement ? Au final, elle tournait bien autour du pot ; elle était une noble.
Le hasard était le maître du jeu et elle n’était qu’une joueuse.  


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Aventure #17 écrite Lun 9 Mai 2016 - 19:49

« Oui, un peu, mais je ne suis jamais allée à Lüh et au sud. »

Elle avait voyagé sur les mers, à l’ouest et à de nombreux endroits. Nul besoin de le préciser, car il eut fallut s’étendre dans des explications interminables et gênantes. Elle aimait bien passer pour la simple milicienne qu’elle était. C’était mieux ainsi. Aux yeux de tous, c’était tout ce qu’elle était.

Le froid. C’était vraiment une chose qu’elle ne concevait pas comme « à ne pas aimer ». Elle avait grandi avec. Elle se souvenait depuis aussi loin qu’elle le pouvait de lui. Ce compagnon de route, habillé de neige et de gel. Le froid, ça fouette, ça vous fait sentir vivant. Il rend vif, il rend endurant, il permet de garder le meilleur de soit. Elle aimait ce climat. Elle avait toujours passé des heures devant la fenêtre à observer les flocons, dehors à jouer dans le petit village. Ne pas aimer un climat lui semblait par ailleurs une idée un peu saugrenue. On ne choisit pas la nature, pourquoi ne pas faire avec ce qu’elle offre tout simplement ? Peut-être que vivre dans de bels bâtisses avec des serviteurs amène à cet état d’esprit qu’elle n’appréhende pas.

Elle sort de sa bourse une poignée de pièce qu’elle jette sur la table en se levant. Elle réajuste sa cotte de maille d’un mouvement automatique des épaules. « Allons-y. » Elle reprend sa lance et s’en va de son pas posé, sans regarder en arrière. Elle salue la serveuse d’un mouvement de tête et cette dernière lui répond par un à bientôt tonitruant. Elle est gentille Dotta, elle a un sourire amical pour la petite dame frêle qui accompagne la milicienne. Un de ces sourires de maman encourageant et heureux.  Une fois la porte poussée, le froid revient et Kaliska inspire profondément. Ca fait du bien de respirer un peu d’air frais. Levant un œil au ciel, elle estime qu’il est bien l’heure de rentrer.

La vie avec le soir qui tombe change peu à peu d’humeur. Les braves gens, les travailleurs, rentrent dans leurs logis pour laisser place à une faune moins fréquentable. Il sera bientôt dangereux de traîner dehors. Vraiment dangereux. Elle prend un chemin légèrement différent, plus direct.

Lorsqu’elles arrivent à la caserne, le soleil se couche presque. La milicienne entraîna la noble jusqu’à l’entrée d’un bâtiment et se stoppa finalement. Le pas avait été rapide.

« Voilà, entrez-là, vous devrez trouver ce que vous cherchez. »
Un hochement de tête conclut l’annonce.

La noble avait un décidément joli visage. Belle, c’est ce qu’elle avait utilisé comme mot pour la décrire. Un mot qui l’avait perturbée. Elle n’aimait pas trouver les femmes belles. Belle ça voulait dire désirable et ce n’était pas une bonne chose. Heureusement, chacun a sa propre définition des mots. Elle préférait donc se concentrer sur ses étrangetés, son statut de noble. Elle pinça ses lèvres et tourna les talons, sans attendre d’au revoir.

Elle avait du travail.
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Aventure #18 écrite Jeu 12 Mai 2016 - 16:10


Elle jouait encore avec son verre, le faisant doucement tourner entre ses doigts. Il était vide, mais une partie de son attention y était étrangement porté. Ses prunelles n’arrivaient pas à s’y détacher. Peut-être était-ce dû à la fatigue. Peut-être à ses propres interrogations sur ses goûts en matière de climat. Elle écoutait cependant les dires de son vis-à-vis ; divaguer n’avait pas lieu d’être en cet instant. Ce n’était qu’une simple milicienne, qui avait un peu voyagé, qui n’était pas allé au Sud ni à la capitale. Une femme banale. Un peu était beaucoup. Elle aussi semblait tourner autour du pot, ce qui n’était pas pour déplaire à la jeune noble. Cette femme était banale. Peut-être était-ce l’une des raisons de l’intérêt que Nérée lui portait.

Nérée acquiesça d’un hochement de tête, silencieuse. Elle n’avait plus rien à dire, n’avait plus rien à faire ici. Elle imita la milicienne et laissa quelques pièces, peut-être trop, sur la table et se leva à son tour. L’établissement était dorénavant bien rempli, la nuit s’annonçait tranquillement. Elle suivit alors la milicienne en se frayant un chemin entre les tables et les gens, sourit en retour à la serveuse avant de passer le pas de la porte de la taverne. L’ambiance à l’extérieur était bien différente. La nuit le travail était différent. Le froid revint s’immiscer entre sa peau et ses vêtements ; il était agréable. La jeune noble aimait le froid. Le soleil était bas dans le ciel, presque frôlant l’horizon.
Comme attendu, la milicienne raccompagna la jeune demoiselle jusqu’à la caserne. Etait-ce réellement un plaisir ? Les deux femmes arrivèrent bien vite à l’endroit de leur séparation, le chemin lui avait semblé bien plus court que celui emprunter durant l’après-midi. La marche rapide de la milicienne était aussi en cause ; il ne fallait pas s’attarder dans les rues devenant de plus en plus sombre, surtout en sa compagnie. Nérée le savait bien plus que personne.

Nérée fixa ses prunelles sur celles de la milicienne et elle ne répondit rien. La soldate l’avait conduite jusqu’à un bâtiment, lui indiquant que la capitaine se trouvait sûrement à l’intérieur. Il fallait avouer que cela la soulageait quelque peu ; elle n’aurait pas à se perdre une fois de plus dans ces dédales. Peut-être n’avait-elle seulement pas eu le temps de répondre. Aussi vite qu’elle s’était stoppée, la milicienne avait tourné les talons. Elles se quittèrent ainsi, tout simplement. Peut-être qu’elle ne la reverrait jamais. Peut-être bien plus tôt qu’elle ne le pensait. La jeune noble la regarda partir avant d’entrer dans le bâtiment militaire.  

Elle n’avait pas à la remercier ; ce n’était que son travail.

---

« … et je ne pense pas que cela soit une bonne idée. » Répondait-elle, rattrapant au pas de course la jeune noble qui avait déjà tourné au coin de la rue.

La lune était si haute dans le ciel. Peut-être minuit, peut-être plus. Nérée venait enfin de sortir de la caserne, où elle s’était entretenue avec la capitaine pendant de longues heures. Ennuyante. Comment pouvait-on être aussi inintéressante ? Malgré tout les contrats étaient dorénavant signés, sa bourse était bien plus lourde et elle pouvait dorénavant repartir pour regagner Lüh. Les rues étaient calmes en cette heure. Izaya l’avait rejointe et cette dernière comptait bien ne plus la lâcher d’une semelle. Les rues étaient calmes en cette heure mais bien plus animée que le jour. Nérée inspira doucement ; il faisait froid. Elle détacha ses cheveux qui tombèrent en cascade sur ses épaules, resserra le col de son manteau de voyage attaché telle une cape. Que pouvait-elle faire, dorénavant ?

Les pas des deux femmes raisonnaient dans les rues adjacentes à la caserne. Les bonnes gens dormaient, en cette heure ; il n’y avait personne. Personne n’avait d’ailleurs envie se promener dehors en cette heure. Se blottir contre le feu, retrouver sa famille, les bonnes gens avaient des désirs sensés. Leurs paroles résonnaient d’ailleurs entre les murs de pierre. Izaya avait, encore une fois pointé du doigt son comportement quelque peu inconscient, pour se radoucir, comme à son habitude. La demoiselle s’était prise d’affection pour sa garde personnelle, même si elle n’aimait pas être ainsi suivie. Les cliquetis de son armure de garde dorée étaient pourtant amusants, la dangerosité qu’elle pouvait cacher sous son visage charmeur, captivante. Nérée appréciait sa compagnie, malgré tout. Peut-être était-ce pour cela qu’elles faisaient un détour, avant de se rendre à son appartement acheté il y a peu, dans les hauts quartiers de la ville. Elle n’avait pas envie de rentrer immédiatement.  
Mais elle aussi faisait partie des bonnes gens.

Nérée avait tourné au coin d’une rue pour s’arrêter, son regard se posant sur un visage. Le sourire qu’elle abordait resta un instant sur ses lèvres, pour devenir plus fin au fil des secondes qui s’écoulaient. Izaya ne l’avait pas encore rattrapée, ses paroles venant jusqu’à ses oreilles étant négligés au profit d’un tout autre sujet d’attention. La rue n’étant que peu éclairée et pourtant, elle le reconnaissait. Cela n’était de toute façon pas bien difficile.
Elle aussi avait tourné, pour s’arrêter promptement. Surprise, presque elle avait bousculé sa protégée dans son élan. Izaya la regarda, un instant. Mais à l’instant d’après elle se ressaisit, se redressa, posa la main sur la garde de son épée, prête à la dégainée au moindre soupçon. Elle avait resserré sa poigne sur la lanière de son bouclier. Et salua. Un salut simple et militaire à ce qui semblait être une femme, qui se tenait non loin d’elle dans l’allée. Ce n’était qu’une inconnue pour elle et la méfiance était de mise. Du moins pour le moment.

« Le hasard fait bien les choses. »

Mais cela n’était pas forcément une bonne chose, pas une chose voulue. Nérée n’avait imaginé revoir la milicienne Nuraven à une heure aussi avancée de la nuit. Elle n’avait pensé la revoir, tout simplement. Ainsi, elle avait prononcé ces quelques mots en guise de salut, pour rassurer sa garde personnelle. Peut-être avaient-ils eu l’effet escompté, cette dernière se détendant légèrement. Ces genres d’endroit n’étaient pas fréquentables, la nuit. Etait-elle elle-même fréquentable ? « Il n’est pourtant pas conseillé de se balader dans ce genre d’endroit, la nuit. »

Ce genre d’endroit, la nuit, étaient pourtant les plus fascinant. Un autre monde, nié par les autorités ne voulant voir le crime sous leurs fenêtres, et pourtant si réel. Le lendemain, la vie reprenait son court, comme si de rien n’était. Du moins, le plus souvent. Que faisait une milicienne ici ? Peut-être rentrait-elle chez elle. Peut-être à la caserne. Nérée n’en avait que faire. Malgré tout, et avant qu’elle ne puisse agir de nouveau, son attention se porta sur la garde dorée présente à ses côtés.

« Qui est-ce ? » Posa finalement Izaya, coupant peut-être les prémices d’une conversation. Il était vrai que cette dernière était restée, depuis lors, sur ses gardes, fixant silencieusement l’inconnue. Elle avait à sa charge la protection de Nérée, et même si cette tâche n’était guère facile à cause de son tempérament, les doutes ne pouvaient être écartés par une simple impression. Elle ne voulait pas fauter. Alors elle tourna son regard vers la jeune noble. Elle comptait bien s’assurer qu’il n’y avait pas de danger imminent, si la femme en question ne répondait pas avant.



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Aventure #19 écrite Mar 24 Mai 2016 - 15:58

La nuit, la ville était recouverte d'un manteau pesant. Le silence régnait en maître. Cependant, il était parfois assaillit de cri, de bruit sourd ou du claquement mate des armes qui s'entrechoquent. Les cris étaient le pire, à vous glacer le sang. Elle avait pourtant l'habitude de ce genre d'environnement, mais elle détestait toujours autant les nuits à Rorn. La ville était un piège, dans la nature, au moins, les choses étaient plus franches. Dans les ruelles, la vilénie de la nature humaine pouvait s'émanciper sans être freinée par les autres dangers. Pas de distraction, le pire ennemi qu'elle avait était bien son prochain et non un quelconque monstre. On l'avait sollicitée pour l'exercice de nuit, car elle faisait désormais partie de ces miliciens expérimentés et suffisamment débrouillard pour survivre en ville. L'expérience qu'elle avait acquise était son bouclier.

Elle s'était arrêtée et mise de côté pour étudier ce qui approchait bruyamment. La prudence était de mise à une heure pareille. A l'abri, dans l'ombre, elle observa le couple avancer. Elle reconnut la silhouette aussi innocente qu'insolente de la petite noble. Elle n'avait pas même l'air d'être un peu sur ses gardes ou même prudente. Elle avançait avec une conviction étrange, oui, presque insolente. C'était une chose assez captivante qu'une femme aussi frêle. Son garde du corps n'était pas des plus prompts non plus, mais sur ses traits à elle, on sentait la tension. Cette guerrière savait dans quelle situation elles étaient et que la chance était leur seul bouclier.

"Milicienne Nuraven, de retour de l'exercice de nuit des recrues."

Le ton était monocorde et épuré, elle s'avança dans la pâle lumière. Elle porta la main à l'insigne de la garde qu'elle portait à la ceinture afin que la garde puisse l'identifier. Son armure était typique de celle de la caserne et elle n'avait en rien une attitude agressive. Elle se tourna finalement vers Nérée et lui adressa une réponse.

"Imprudent pour une noble accompagnée d'une escorte aussi peu discrète, Dame Helireah..."

La noble l'avait suffisamment agacée avec sa mise en garde qu'elle se permit une réponse conclue d'un sourire fataliste. Elle haussa les épaules et effectua un salut militaire à l'attention de son escorte. Elle reprit sa route de son pas coulé, sortant de la lumière, ennemie de la prudence. Elle ne connaissait pas Isaya, elle l'avait croisée parfois. La petite milicienne de terrain qu'elle était ne côtoyait pas les missions dévolues aux gardes d'or la plupart du temps. Ses bottes crottées et fatiguées, elle ne ressentait aucune forme d'empathie pour la situation des deux dames.

A dire vrai, elle n'avait qu'une envie, rentrer. Elle avait travaillé tout le jour, continué le soir. Elle avait couru, s'était battue,… la journée avait été agitée et il était déjà tard. Elle se sentait fourbue et lassée. Cette fois, la noble ne pourrait pas compter sur une proposition aimable de sa part d'escorte. C'est sa couchette qu'elle rêvait d'escorter. Sa paillasse avait beau être des plus inconfortable, elle représentait pour elle un lieu de repos bienheureux.

Sur son armure, des tâches sombres de sang sécher atténuait l'éclat des mailles. L'étreinte de cuir la rendait plus discrète et la milicienne faisait l'effet d'un chat discret à côté de la guerrière équipée de son armure lourde. Elle avait, elle aussi noté le hasard intriguant de leur seconde rencontre. Il était assez improbable de la croiser ici et à cet instant. Ce hasard était la seule raison qui l'avait fait se manifester et ne pas partir immédiatement. Les Dieux seuls savaient ce qu'ils avaient en tête et la milicienne s'attendait à recevoir un ordre lui intimant de les accompagner.
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Aventure #20 écrite Dim 17 Juil 2016 - 3:14

Petite note : Je suis réellement désolée, pour l'attente, pour le manque d'explication dû à mon absence. Je ne te ferai plus attendre autant de temps. Encore désolée, surtout que ce post est court et pas top et.. bref :x
« La finalité est indifférente aux écarts. » Avait-elle rétorqué, sans laisser le temps au silence de s’installer réellement.

La nuit ne semblait pas l’avoir adoucie d’un pouce, et elle ne semblait guère réceptive aux taquineries. Futile. La réaction de la soldate ne l’avait cependant pas étonnée ; peut-être même qu’elle s’y attendait. Le faible sourire qu’elle avait eu sur ses lèvres s’était estompé au fil des secondes, et Nérée se contentait simplement de la regarder. Elle voyait ses traits tirés et las ; la journée avait dû être particulièrement longue. « Garde dorée Séore. » Face à sa présentation, Izaya s’était quelque peu détendue, avait répondu à son salut d’un geste puis, elle s’écarta légèrement pour la laisser passer alors que la milicienne sortait de la lumière, reprenant sa route comme si de rien n’était. Le silence retomba, la discussion prenant fin aussi vite qu’elle avait débutée. Peut-être que la garde dorée avait mal pris cette remarque, mais son visage était resté impassible.
Il n’y en avait, de toute façon, jamais eu.

Peut-être que la Dame aux Fleurs était un tantinet déçue de ce hasard. Elle regardait cette femme reprendre sa route, n’ayant aucune envie de l’arrêter et pourtant, l’entrevue avait été si courte. Peut-être avait-elle, elle aussi, simplement l’envie de rentrer. Nérée n’avait pas envie de s’attarder plus longtemps en l’interrogeant sur son exercice de nuit, sur son humeur du moment ou de la beauté de la nuit. Elle n’avait qu’à passer son chemin ; voilà ce qui les reliait.
Puis, un sifflement, court, parcourra la nuit. Il avait raisonné dans tout le quartier où se trouvaient les trois promeneurs, restant dans les oreilles une poignée de secondes. Il n’avait été suffisant pour sortir la jeune noble de ses songes, mais Izaya n’avait quitté des yeux le bout de la ruelle, au loin, là où trois personnes s’étaient arrêtées.

Le scintillement de l’arme sortant de son fourreau la ramena à la réalité. Sa garde dorée s’était déjà placée devant elle, arme dégainée, bouclier fermement tenu. Peut-être était-ce une chance que la rue était plutôt étroite ; combattre allait être difficile ici, surtout à plusieurs. Par-dessus son épaule elle pouvait apercevoir les silhouettes de trois hommes, armés eux aussi, se rapprochant d’un pas assuré. A cette heure, il était peu probable qu’ils s’étaient simplement perdu.

« Cette rue commence à être fréquentée… » Souffla-t-elle.

Il était vrai que l’heure n’était à la plaisanterie, mais Nérée ne pouvait se réjouir de ce hasard si profitable. Elle aimait ces situations de danger, bien qu’elle aurait préférée se retrouver seule avec ces malfrats. Peut-être sans s’en rendre compte, sa main avait glissé jusqu’à ses dagues, dissimulées sous ses habits. Il valait mieux prendre des précautions et, aujourd’hui, elle n’avait guère envie de pourrir en ces lieux. Pour le moment, le combat n’avait été engager mais il était certain que ce moment allait venir ; il y avait une certaine tension dans l’air depuis ce sifflement pourtant si doux. La jeune femme posa ses prunelles sur la milicienne qui n’avait malheureusement pas eu le temps de filer. Allait-elle combattre, elle aussi ?
Fuir était si facile. Mais Nérée n’aimait pas les victoires faciles.

Puis les trois hommes arrivèrent à leur hauteur. Un instant les deux groupes se regardèrent, jaugeant les équipements et les dangers potentiels. Les secondes s’écoulèrent, interminables. Puis l’un d’eux s’élança, épée courte en main.


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Aventure #21 écrite Dim 24 Juil 2016 - 19:14

Et voilà.

Elle le savait, ce hasard ne pouvait être anodin. Il allait forcément lui tomber un truc dessus. Elle émit un léger gloussement à la remarque de la jeune fille, en effet, il y en avait du monde ici. Elle imposa à son corps un demi-tour rapide. La garde ne pourrait pas laisser sa protégée seule, mais serait gênée de ne pouvoir combattre loin d’elle. Sans parler du risque de tenaille plus qu’évident. Elle avait analysé le groupe et ne fut pas surprise que le plus petit des trois soit le premier à s’élancer. Les deux autres attendraient une fraction de seconde pour agir. Ils guetteraient la faille. Les combats de rues sont des combats de lâches, leur finalité c’était la noble, le vol, la rançon. L’attitude est une clé au combat. Ce genre de vermine est adepte de la fuite devant un adversaire trop puissant. Elle s’élança en grognant. Lui avait une épée. Elle une lance. Une lance à lame double, tranchante. La lance avait comme qualité indiscutable une allonge confortable. Une merveilleuse allonge dont elle savait jouer à merveille.

La garde était une guerrière entraînée, sur ses gardes. Le voleur, un nuisible en guenille uniquement vêtu d’une épée. L’armure lourde ralentis, mais évite généralement le désagrément d’esquiver une lame qui vous menace. Le nuisible n’a pas anticipé une réaction aussi vive, la tête tranchée net roule sur le sol. Alors, face de rat ? Il faudra qu’elle refasse aiguiser le fil, la résistance qu’elle avait rencontré lui avait déplut. Kaliska continua son avancée. Tout ce qu’elle pouvait offrir à la garde c’était un peu de place et la sécurité d’un flanc. Parce que, comme elle le présageait, il y en avait d’autres. Et c’est une lame de poignard lancé qui heurta l’armure dorée dans un clong bruyant. Autant elle appréciait la fluidité de son équipement, autant elle admirait l’utilité d’une armure aussi protectrice. Elle aurait tout loisir de débattre de cela ultérieurement, elle avait deux malfrats à faire mordre la poussière.

Les bruits de lutte dans son dos lui apprirent que la garde avait engagé le combat avec ceux venant dans leur dos. Absorbée par son combat, elle n’eut pas le temps d’observer leur nombre et la réelle menace qu’ils représentaient. Elle était trop occupée à combattre, éviter et tenter de percer les vauriens qui lui faisaient face. On se figure souvent les combats comme jolis, élégants. Il n’en est rien, c’est simplement sale. Le sang gicle, ça crie. Comme des chiens enragés qui se sautent à la gorge pour des motifs vitaux. La lance meurtrière qui tournoyait devant elle était passablement intimidante. Elle sentait ses adversaires hésiter, ils étaient très défensifs. Séparer pour mieux régner. Faute d’être assez doués pour la vaincre, ils lui faisaient perdre son temps.


Elle essuya rapidement ses yeux d'un revers de manche. La sueur la piquait et faisait glisser le sang séché sur son visage. Ses pieds glissaient sur les pavés irréguliers et sales. Elle réussit d'une feinte, à assommer un second individu. Le bout de sa lance, métallisé, sonna mat contre le crâne. Cette manœuvre la mit en léger péril et elle dut esquiver au prix d'une pirouette improbable un coup de poignard qui visait son flanc. La lame passa si près qu'elle tinta contre sa cotte de maille. Ce son provoqua une sueur froide dans son échine et réactiva son corps. Cette énergie nouvelle lui permit de porter plusieurs assauts contre son adversaire. L'homme de corpulence importante jouait sur sa force brute. Cependant, voyant que son étalage de force et ses ruses ne venait pas à bout de la guerrière, il profita d'un léger temps mort dans le combat, pour prendre la poudre d'escampette.

Après avoir pris quelques secondes pour reprendre son souffle et s'assurer que le sinistre individu avait bien quitté les lieux, la garde se tourne et rejoignit les deux femmes pour leur prêter main forte.

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Aventure #22 écrite Mer 16 Nov 2016 - 20:52

La jeune noble passa une main dans ses cheveux, écartant quelques mèches de son visage. Le tintement des armes s’entrechoquant produisait une douce mélodie, qui égayait quelque peu cette soirée bien calme. D’un côté, la garde Nuraven bataillait pour sa vie, et l’autre Izaya la défendait ; cela ne lui laissait pas de quoi vraiment s’amuser. Les combats dans les rues avaient quelque chose excitant. Sous ses vêtements, elle serrait pourtant l’une de ses dagues, prête à agir s’il le fallait. Mourir ici aurait été désagréable. La mort rendait muet, et elle avait encore tant de choses à dire.

Les assaillants n’étaient pas de taille face aux deux guerrières. La garde de Rorn était une combattante et savait se défendre. Il y avait déjà un cadavre au sol, peut-être un deuxième dans quelques secondes. Presque la jeune noble ne quittait pas ses yeux d’elle, ne voulant manquer une seconde de son combat ; elle savait pertinemment qu’Izaya dominait le sien. Cette dernière se défendait contre deux individus qui avaient essayé de les prendre en tenaille. Ils n’étaient pas lourdement armés, n’étaient pas spécialement expérimentés, et semblait ne vouloir qu’elle. Pourquoi risquaient-ils ainsi leur vie pour dérober de l’argent ? Il suffisait de demander à la noble sa fortune pour l’obtenir.

Un bruit sourd lui indiqua qu’il n’en restait plus qu’un. Et l’autre profita de l’occasion. Nérée tourna la tête, redressant légèrement la tête. Cet homme avait profité d’un temps mort pour passer outre sa garde dorée qui avait assommé d’un coup de bouclier son ennemi, ce dernier lui étant tombé dessus ; il lui fonçait dessus. Il brandissait son épée et semblait déterminer à l’abattre sur elle. Elle voyait déjà Izaya se retourner et l’homme sur elle. Cela faisait longtemps qu’elle ne s’était pas battue. Cela faisait longtemps qu’elle ne s’était pas battue et elle s’en rendit compte immédiatement. Alors qu’elle s’était décollé du mur pour tenter d’esquiver l’homme et lui assener un coup avec sa dague, son pied dérapa. Les pavés étaient si glissant. Comme une enfant elle tomba à la renverse.

C’était stupide. Ses fesses percutèrent les pavés froids de la ruelle et elle vit une lame lui passer au-dessus de la tête. Elle avait été stupide de glisser ainsi et pourtant elle avait sans doute échappé à un coup.  Sous le choc, elle lâcha son arme qui vint heurter le mur un peu plus loin. L’homme se tenait devant elle. Sans attendre, la jeune noble frappa son genou de son pied, lui faisant perdre l’équilibre. Et Izaya l’acheva de son épée. Cette dernière était revenue auprès de sa protégée aussi vite qu’elle avait pu. Un grognement sortit de sa bouche, puis plus rien. Il s’effondra à côté de la demoiselle. Son épée qui avait rencontré le sol semblait avoir fait cesser tout bruit dans cette ruelle. Il n’y avait plus que le bruit d’une course, la respiration saccadée d’Izaya qui lui tendait l’une de ses mains, inquiète.

« Vous allez bien ? » Lui dit-elle, encore haletante de son combat. Nérée hocha la tête, attrapant la main qui lui était tendue.

Elle rangea sa dague dans son étui ; elle n’avait finalement pas servi. Nérée n’aimait pas de toute façon se tâcher les mains, bien que son visage fût teinté de carmin à quelques endroits. D’un coup d’œil, elle constata que sa chute avait salit ses vêtements ; elle soupira faiblement. La garde Nuraven semblait elle aussi en avoir fini de son côté, se joignant au duo chanceux. Ils avaient eu de la chance de ne pas avoir trouvé la mort ce soir. Malgré tout, c’était bien celui qui gisait à ses pieds qui avait trouvé le repos. La ruelle était calme, de nouveau. La jeune femme posa ses yeux sur sa nouvelle connaissance, se demandant si cette dernière était blessée. La faible lumière ne lui permettait pas de savoir ; peut-être ne le voulait-elle pas. Puis l’air siffla ; Nérée se retourna lorsqu’elle entendit le gémissement de sa garde dorée.

Une flèche était plantée dans la pliure de son épaule, là où l’armure lourde ne protégeait que peu. Elle tomba d’elle-même, ne s’étant que peu enfoncée dans la peau, bien qu’assez pour faire couler le sang et les larmes. Izaya se courbait légèrement de douleur, alors qu’elle se plaçait, bouclier levé, devant Nérée. Elle était si dévouée. Peut-être était-ce là une représailles de l’attaquant ayant pris la fuite. Une deuxième flèche fendit l’air, cette fois-ci se heurtant au bouclier. L’homme était un peu plus en hauteur.

« Fuyons. »

Les trois femmes devaient fuir cette situation qui leur échappaient doucement des mains. Elles n’avaient de toute façon guère le choix face à la menace semblant intouchable. La demoiselle posa fébrilement sa main sur l’épaule de sa gardienne, lui demandant un dernier effort, l’incitant à prendre part à la course qu’elle venait d’entamer. Elle courrait. Nérée courrait mais n’avait aucune idée de la direction à prendre. La garde de Rorn les suivait sûrement ; peut-être serait-elle plus qualifier pour mener cette course nocturne. Cela n’était cependant que peu important à ses yeux. C’était simplement excitant.


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And I don't know why I go the way
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