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 Ainsi l'oiseau, faible et timide, veut en vain fuir l'hydre perfide dont l’œil et le charme le poursuit

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Winglece
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MessageSujet: Ainsi l'oiseau, faible et timide, veut en vain fuir l'hydre perfide dont l’œil et le charme le poursuit   Ven 7 Juil - 12:19

Après votre entrée dans le temple de l'eau, vous observez, après à peine quelques minute à vagabonder dans les couloirs de la prison divine, une porté gelée entièrement. Il n'y a pas un centimètre de cette porte de bois qui ne semble pas entièrement recouvert d'une épaisse couche de glace qui ne semble en aucun cas vouloir fondre. Étrangement, vous ne voyez pas de poignée  ni aucun autre mécanisme d'ouverture dans les alentours. Vous vous approchez de cette porte – Par curiosité peut-être ? Ou bien serait-ce de l'intrépidité, peut-être de l'ignorance - . Au moment même où vous posez votre main contre la glace un déclic se fait entendre, comme une serrure qui s'ouvre, et la glace se transforme alors instantanément en eau qui vient se répandre sur le sol. La porte s'ouvre à son tour et une étrange lueur bleuté émane de par delà l'obscurité de la pièce devant laquelle vous vous trouvez. Que ce soit par pur idiotie ou par maladresse, vous avancez à l'intérieur de cette pièce avant que soudainement la porte se referme derrière vous et qu'une épaisse couche de glace recouvre la porte. La lueur bleuté s'estompe, et vous voila plongez dans une pièce close sans la moindre aération. Même si vous essayez de toucher la porte de nouveau celle-ci reste impassible, la glace se faisant de plus en plus épaisse. Vous vous demandez si vous aller y rester ainsi, mort de faim et de soif après avoir malencontreusement activé un piège au beau milieu du temple d'Aqua. Mais très rapidement un flash lumineux irradie la pièce, vous éblouissant.

Au moment même ou vous ouvrez les yeux de nouveaux, un froid glacial vient vous mordre sauvagement. Vous vous trouvez dans un désert de neige et de glace au beau millieu de nulle part. Il n'y a personne aux alentours mis à part le cadavre gelé d'un malheureux. Il possède sur lui un parchemin ainsi qu'une boussole attaché à sa ceinture. Sur le parchemin il n'y a écrit que deux mots "Nord-Est". L'énigme, si même cela était censé en être une, n'est pas très compliqué à résoudre mais encore fallait-il savoir correctement se servir de la boussole. A peine auriez-vous fait une centaine de mètres dans la direction prescrite qu'une légère brise glacé se levera, mordant toujours plus férocement les moins préparés. Le voyage semble vite interminable tandis que le vent se renforce de plus en plus. Cela devrait bientôt faire trois heures que vous marchez dans la direction et au loin vous entendez un hurlement draconique, peut-être est-ce votre destination ? La lergère brise se transforme alors violemment en un puissant blizzard et continuer le chemin semble impossible. Mais avez-vous vraiment le choix ? Il ne semble pas y avoir âme qui vivre et aucun animal n'aurait pu survivre à un tel froid. Essayer de faire un feu serait peine perdu et essayer de s'endormir signerait votre arrêt de mort. Le choix s'offre donc à vous, continuer ou mourir.

Pour ceux qui auraient bravé le froid et le blizzard, une forme se déssine au loin. Une forme qui vous semble bien familière. Après encore quelques centaines de mètres dans un froid toujours plus mordants, vous contemplez alors votre destination. Vous vous trouvez devant la ville de Lüh, ou plutôt ce qu'il en reste. Celle-ci est couverte de neige, des batîments sont en ruines et une atmosphère pesante réside autour de la ville. Vous faîtes le chemin vous séparant de l'entrée de la ville avant de contempler toute l'horreur de la situation. Des cadavres par milliers jonchent le sol de la ville, la neige recceuille les restes gelés de de qui peut semblait comme la totalité de la population de Lüh. On ne peut faire un pas sans que l'on ne souille le corps d'un malheureux. Mais alors que vous avancez dans ce charnier, des murmures commencent à se faire entendre tout autour de vous et lentement, d'étrange créature faites de glace s'élève depuis le sol.

Spectres des Glaces:
 

Ceux-ci semblent particulièrement agressif et se mettent à votre poursuite. Que vous soyez plutôt du genre combattant ou fuyard vous remarquez très vite qu'ils sont beaucoup trop nombreux pour être abattu. Dans votre fuite et dans votre recherche d'un endroit sûr, vous remarquez de la fumée en grande quantité venir d'un peu plus loin dans la ville, à la limite entre ce qui reste du quartier populaire et du quartier noble. Vous remarquez au loin que le Palais du Prince semble avoir été immunisé au dégât causé à la ville, un dôme de protection magique semblant empêcher le blizzard de le frapper. Le prince avait-il réussi à survivre à cette apocalypse ? Les créatures vous poursuivant se faisant de plus en plus nombreuses vous devez choisir rapidement votre destination. Le Palais du Prince étais manifestement l'endroit le plus sûr mais il était aussi plus loin et les esprits des glaces semblaient lentement gagner du terrain sur vous. Le mystérieux endroit d'où émanait de la fumée était beaucoup plus proche mais qui sait ce qu'il se trouvait la-bas...
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Eskel Merigold
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MessageSujet: Re: Ainsi l'oiseau, faible et timide, veut en vain fuir l'hydre perfide dont l’œil et le charme le poursuit   Ven 7 Juil - 15:09

Eskel

♦ Endurance: 10/10 +6
♦ Etat: Normal
♦ Attaque physique: 3 +4
♦ Tsuris: 1105 T. (965 + 150 - 10)
♦ Arme:
Epée droite (+4):
 
Bouclier (+2):
 

Equipement:
 
Inventaire:
 

La milicenne regarde le convoi repartir vers Rorn après avoir dépose deux aventuriers dont elle. Elle range les quelques tsuris qu'elle a gagné et se dirige vers l'embarcadère pour rejoindre le temple de l'eau.
Payant le prix du billet, elle embarque et se laisse dériver sur les flots jusqu'à atteindre enfin la terre du dieu de l'eau. Avec un sourire, elle pose le pied à terre et regarde les alentours très... humides et aquatiques. Une légère brume sort de sa bouche et elle ressert à cape autour de ses épaules. L'hiver prenait fin mais le froid semblait vouloir demeurer constant en certains endroits de l'île. Si à Lüh on s'entait que l'hiver se mourrait, ça n'était pas du tout le cas ici et ce depuis qu'elle avait atteint les landes.

Laissant les deux aventuriers s'extasier devant la grandeur du temple, elle y entre sans faire attention aux détails de beauté qui faisaient de ce lieu un lieu magique, divin. Elle avait un but en tête, trouver un larbin assez puissant pour lui offrir le nord. Elle souhaitait plus que tout conquérir ces terres de barbare et faire ce qu'ils auraient dû faire depuis longtemps.

Se laissant guider par ses pas, elle écoutait le silence d'où ne s'élevait que quelques plaintes de-ci, de là. Les créatures qui osent se plaindre sont faibles et ne sont pas dignes de la servir. S'enfonçant plus encore dans le temple, elle fini par s'arrêter devant une porte scellée par la glace. Étrange porte, intrigante porte. Les portes scellées renfermaient toujours des créatures dangereuses. En tout cas, c'est ce qu'elle avait lu dans un livre de contes. S'approchant plus de la porte pour voir de quoi il en retournait, elle pose la main sur la glace, ne voyant aucune poignée ou quoi que ce soit pour l'ouvrir. Elle était décidée à briser la glace avec son bouclier mais n'en eut pas le temps.

Un mécanisme s'était déclenché et la glace se transforma en eau. Surprise, elle recula, laissant la porte s'ouvrir devant elle. S'ouvrir sur une salle plongée dans le noir le plus total. Ou pas car une étranges lueur bleue semblait émaner du plus profond de la pièce. Se ressaisissant, la jeune femme entre sans hésiter et ne se retourne pas lorsque la porte se referme sur elle. Elle en avait assez lu pour savoir qu'elle venait d'entrer dans l'épreuve d'une invocation et qu'elle risquait sa vie.
Elle fut aveuglée par quelque chose de très lumineux. Grognant, elle passe son bras devant ses yeux pour se protéger de la vive lumière qui fit très vite place à un froid glacial.

Eskel prend quelques instant pour observer les alentours. Vides, un désert de glace et de neige. Les plaines glacées. Pouvait-elle donc s'attendre à rencontrer des monstres de cet endroit ? Voilà pourquoi elle haïssait les invocations. Ils se sentaient obligés de montrer leur supériorité, une supériorité qu'ils n'avaient pas. Enfin, presque pas. Car si elle restait sans bouger, pour sûr qu'elle finirait par mourir de froid.
La milicienne s'avance vers la seule chose qui n'était pas blanche, un cadavre. Cela la mettait en face de la réalité présente. Sa vie ne tenait qu'à elle et à ses compétences de survie. Grognant à nouveau, elle arrache le parchemin des mains gelées du pauvre bougre ainsi que la boussole. Il fallait être stupide pour ne pas comprendre l'énigme. Même si son esprit logique lui indiquait d'aller dans l'autre direction. Pour le moment, elle allait suivre ce qui était marqué, elle jouerait les rebelles plus tard.

A peine eut-elle fait cent mètres que la brise se renforça et plus elle marchait, plus le vent devenait violent. Elle s'arrête un instant et sort de sa besace une tubercule noire qu'elle mange à moitié. Elle ne savait pas combien de temps allait durer sa marche et autant faire le possible pour économiser ses vivres. La gourde qu'elle avait à sa ceinture avait gelé... Soupirant, elle saisit un bâtonnet de viande qu'elle entame de mâchonner tout en reprenant sa route, sur ses gardes. Le bout de viande dans sa bouche, elle avait dégainé sont épée et son bouclier, tentant de faire légèrement barrage au vent avec ce dernier, pour préserver sa figure du froid.

La marche était longue, très longue et elle dû fait deux ou trois arrêts de plus pour manger des bâtonnets de viande séchée ou entamer encore un tubernacle pour tenter de contrer le froid. Ses forces faiblissaient également et c'était sans surprise qu'elle avait fini par manger une graine de soleil pour reprendre des forces. Cela devait faire trois heures qu'elle marchait dans ce froid infernal, toujours dans la même direction, toujours avec un seul but en tête, survivre pour son projet, survivre pour prendre le nord.
Soudain, un hurlement se fait entendre. Elle n'avait jamais entendu pareil hurlement. Elle s'arrête, sur ses gardes, prête à défendre sa vie. Quelques instants passèrent mais rien ne vint à sa rencontre. Légèrement soulagée, la jeune femme baisse un peu sa garde et tente de comprendre.

Elle n'en eut pas le temps. La brise glacée devint un blizzard des plus violents. Elle jure avant de continuer, ne pouvant désormais plus s'arrêter. Elle était fatiguée, elle souhaitait se laisser tomber, dormir, mais elle ne pouvait pas, quelque chose lui disait de continuer à vivre, de vivre pour le nord, de vivre pour elle. Sa détermination lui donne un peu de courage pour continuer, sa condition de soldat, les tubernacles et les graines de soleil, la force physique pour y arriver.
Le blizzard dévoile au loin une silhouette familière. Baissant la tête pour contrer ce vent toujours plus infernal, elle continue à avance, épuisée par ces conditions. Une centaine de mètres et elle approche des portes de Lüh, ou de ce qu'il en reste.

Eskel s'arrête, prenant un instant de répit, prenant aussi le temps de manger un peu. Elle termine la seconde moitié de son deuxième tubernacle et mange une graine de soleil ainsi que quelques morceaux de viande séchée. Sa force légèrement revenue, elle s'avance dans la ville détruite. Les cadavres jonchent le sol et elle ne peut s'empêcher de rire, un rire franc, un rire soulagé. Oui ! Oui ! C'est comme ça qu'elle souhaitait voir Lüh ! Détruite, morte ! Le Prince tombé sous le froide de l'hiver, de la rébellion contre l'oppression.

Elle foule les cadavres sans s'en soucier, s'avançant vers le palais du Prince. Mais elle fut à nouveau interrompue par des bruits. Des murmures cette fois. Sur le qui vive, elle se retourne pour tenter de trouver l'origine du bruit. Des formes s'élèvent alors de la neige, de la glace, menaçantes. Sans réfléchir plus, elle choisit la stratégie de la retraite plutôt que du combat. Elle connaissait sa force actuelle et elle savait qu'un combat contre un quelconque monstre allait la mener à sa mort. Eskel court, luttant contre le vent et fuyant devant la mort. Elle cherche un endroit où se cacher, où trouver une tactique pour vaincre ces ennemis. Saloperie d'invocation ! Cependant, elle ne peut réfréner le sourire sur son visage. Elle était puissante, une parfaite arme.

Deux choix s'offrent alors à elle. Se diriger vers le château de cette enflure de Prince, qui semblait avoir été épargnée, ou alors se diriger vers cette étrange fumée. L'un était plus proche que l'autre et elle savait qu'elle ne pourrait pas courir, en pente qui plus est, jusqu'au château de cet enfoiré. Laisser crever toute sa population... Quelle belle enflure ! La jeune femme se dirige donc vers la fumée, située à la limite entre le quartier noble et le quartier populaire. Le Prince... de toute façon il allait finir par mourir, pour de bon.

Saloperie d'invocation, montre toi qu'on en finisse ! hurle-t-elle à demi essoufflée par sa course effrénée.

Inventaire :
Tubernacle (1)
Graine de soleil (1)
Viande séchée de Bibi (30)
Boussoles (2)

Tsuris : 1105 T. (965 + 150 - 10)
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Lagertha
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MessageSujet: Re: Ainsi l'oiseau, faible et timide, veut en vain fuir l'hydre perfide dont l’œil et le charme le poursuit   Sam 8 Juil - 1:21

❝  Ainsi l'oiseau, faible et timide, veut en vain fuir l'hydre perfide...
- ft. Winglece

Ah, qu'est ce que je foutais là moi, à naviguer sur un petit bateau qui se dirigeait vers le temple d'Aqua ? Il avait trouvé le bon filon celui là tiens, ça devait lui rapporter gros comme commerce, je devrais peut-être y réfléchir comme plan de retraite tiens ! Quoi qu'il en soit, malgré tout, je n'étais pas là par hasard, non. C'est ce qu'Elle aurait voulu et c'était ce que je désirais aussi. Me lier avec un Demi-Dieu, c'était ce qu'on prônait après tout. Et maintenant que j'étais seule, il fallait que j'agisse pour servir cette ambition. Mais je dois bien le dire, il y avait un côté aussi un peu égoïste à tout ça. Ben oui, c'est que je le voulais aussi pour moi même et je ne me le cachais pas. Pour le choix du Dieu, c'était assez évident, d'un point de vue géographique, mais aussi par affinité. C'était évident que j'allais me diriger vers Aqua le jour où je me déciderais à tenter ma chance. Aujourd'hui.

Mais, contrairement à ce que j'étais depuis toute petite, je ne me jetais pas dans la fosse aux lions sans réfléchir, non non ! Pour sûr, ce n'était pas à prendre à la légère. Ma vie était en jeu, mon futur, mon héritage. Beaucoup trop de choses était en jeu pour que j'y plonge la tête la première. J'étais revenu vers Rorn, après ma petite escapade par chez moi. Je m'étais pas aventurer à entrer bien sûr, au risque de retomber sur cette enflure de Garde Dorée. J'avais donc payé -ou menacé, la différence est infime- un ptit gars pour qu'il aille acheter pour moi des vêtements chauds et un stock conséquent de viande séchées, le plus pratique à trimballer. Aqua, ça pouvait signifier aussi glace et je ne pouvais pas trop me préparer. Bien que ma résistance au froid s'était faite avec toutes ses années passés dans le Nord, que ma tenue était pensée pour ça, un coup de pouce ne pouvait faire de mal à personne. Comme demandé, il m'avait ramené des gants -ce qui me manquait cruellement- et un grande cape de fourrure bien épaisse. L'hiver touchant à sa fin, il n'en restait certainement que peu en vente, mais celles qui restaient étaient à des prix plus bas qu'aux premiers jours du Froid.

J'aimais pas les gamins, mais il était facile à acheter et à influencer. Je l'avais pas remercier, mais comme je lui avais promis, il avait eu droit à petit sou pour son service, avant que je ne le fasse déguerpir à coup de menace grondante. Sale gosse. J'avais ensuite pris un convoi sur le dos de ma monture, avec mon épée et mon bouclier qui ne me quittaient jamais et m'étais dirigé vers le Temple. On me regardait bizarrement avec cet attirail d'Hiver qui n'était plus vraiment, mais ça ne durait pas bien longtemps. Faut dire que j'avais un sacré chic pour balancer des regards noirs à tout va qui avait le dont de faire détourner les yeux de n'importe qui. Bref. J'étais là, me rapprochant du Temple et je sentais mon cœur s’accélérer. Beaucoup se jouerait bientôt et j'en avais parfaitement conscience. Je pensais à Elle avant d'accoster et encore avant d'entrer. Pendant et surement plus tard. Elle était avec moi. Je poussais la porte, la lourde porte et entrait dans le Temple. C'était silencieux et bruyant à la fois. Bizarre hein ? Mais faut dire, c'était la première fois que j'entrais dans ce genre de truc. Un enfilade de portes et je ne savais pas où m'arrêter. Ou peut-être que si, l'instinct ou l'inconscience me direz-vous hein ? Mais y avait une porte, entièrement glacée et je dois dire que celle là, elle donnait pas du tout envie d'essayer d'y entrer.  Mais je n'étais pas là pour rien moi et choisir la facilité, c'était vraiment pas mon délire. Alors c'était celle là que je choisissais. C'était ici que je décidais de lâcher mon cheval.

Sacrément gelée cette porte ! Ma cape de fourrure me pesait un peu sur les épaules, mais heureusement que j'avais des gants ! Mais en fait, mon premier réflexe n'avait pas été d'essayer quoi que ce soit avec mes mains, non. Chassez le naturel et il revient au galop qu'on dit ! -mon cheval ne s'appelle pas Naturel non, mais j'y pense- J'ai tout simplement voulu essayé cette foutue porte en lui portant un violent coup de plante de pied. Bien sûr, j'ai manqué de me vautrer par terre parce que, la glace ça glisse et de toute façon, ça n'avait absolument rien réglé. Je me penchais donc sur la porte et essayais de grattouiller du bout de mon doigt pour jauger son épaisseur. A ma surprise, c'est ce qui avait suffit à débloquer la situation. Un cliquetis et la glace s'est mis à fondre la seconde suivante. Je me suis écarté brusquement, le plus naturellement du monde, pour éviter de tremper inutilement mes bottes que je fixe du regard pour m'assurer de leur état. La porte s'ouvrant et me forçant à regarder vers elle, je me dirigeais à l'intérieur, comme si cette lueur bleue au fond m'invitait. Un peu happé par cette dernière, j'ai sursauté en entendant la dite porte se refermer violemment derrière moi. Réflexe inutile, j'ai accouru vers elle, entendant mon cheval hennir au travers, avant quelle ne gèle à nouveau devant moi. Une vulgarité sortant de ma bouche, je me retournais à nouveau vers la lueur qui s’estompait. Par envie de l'attraper, j'avançais vers elle avant qu'elle ne s'évanouisse complètement, m'arrêtant par la même occasion. Je n'y voyais plus grand chose et envisageais d'essayer la porte sans grand espoir. Mais voilà qu'un flash venait brûler mes yeux. Je les plissais, les protégeant avec mon bras avant d'être forcé à les fermer complètement. Tout se passait très vite ensuite, je rouvrait les yeux et j'étais autre part mais surtout nulle part .

Un froid glacial s'était invité à la partie et me faisait grimacer. Ma foi, c'était pas ça qui allait me faire reculer. C'était presque toute ma vie qui avait été aussi froide. J'observais alors un peu les alentours. Rien de rien à part un gars mort congelé un peu plus loin. Je m'avançais vers lui fronçant les sourcils et l'observais de ma hauteur en pestant contre lui. Un faible surement. Je m'accroupissais et trouvais sur lui un parchemin et une boussole. Nord-Est. Ça paraissait trop simple mais moins c'était compliqué et mieux je me portais. Fallait donc suivre le Nord-Est ! Ma vie de débrouillarde me permettais d'utiliser cette boussole sans trop me triturer le cerveau alors, je suivais la direction conseillée sur le champ. Une centaine de mètres plus loin, une légère brise se levait, mais par ce froid, elle était sacrément agressive. J'ai donc protégée mon nez et ma bouche avec mon écharpe pour les tenir au chaud, réajusté un peu ma fourrure sur mes épaules en gardant mes mains à l’intérieur et m'en retournais à mon périple.

Dieux qu'il était long ce foutu périple. J'avançais pour n'aller vers rien du tout en fait. C'était trio long, assez pour me sortir de mes gonds. Je me suis énervé toute seule oui, au beau milieu de rien du tout, grognant et insultant le froid, le vent, l'Hiver, un peu tout et rien jusqu'à même balancer violemment cette fichue boussole quelque mètres devant moi. Avant même qu'elle ne touche le sol, me rendant compte de l'idiotie suprême dont je faisais preuve à l'instant, je courrais vers elle pour la récupérer, m'insultant à présent moi même de tout les noms, avant de reprendre la route. Elle était si longue cette route que j'en oubliais où j'étais, j'en oubliais que j'étais dans une épreuve. C'était si long que c'était devenue ma réalité. Je devais survivre c'est tout ce qui importait à ce moment là. Et la survie ça me connaissait ! Et puis le vent lui, il ne faisait que se renforcer, ce que c'était chiant ça aussi. Je me renfermait toujours un peu plus sous ma cape et continuais.

Et puis, au bout de plusieurs heures je crois, j'entendais un cri ignoble d'une bête qui semblait affreuse à en entendre sa voix. Affreusement dangereuse oui. Soudainement, la brise devenait blizzard et me renversait sur les genoux. Je grondais, pestais, forçais contre le vent avant de me couvrir jusqu'à ma tête sous ma cape. Je me serrais sur moi même pour minimiser la prise au vent, marchant les genoux plier un maximum, le dos courbé. C'était le seul moyen que j'avais d'avancer tant c'était puissant. J'en avais jamais connu des aussi violents ! J'avançais oui, mais très lentement, m'autorisant que peux de fois à regarder devant moi. Plusieurs fois je me retrouvais au sol, me relevant aussitôt. Dans des cas pareils, je ne pensais même pas à essayer de boire. L'eau serait de toutes façons gelé mais j'essayais quand même de choper un bout de chair dans mon antre de poils pour un croquer un morceau, tout en continuant d'avancer.

Une autre fois ou je regardais au loin, je voyais une forme au loin qui ressemblait à une grande ville dévasté. Mes souvenirs me revenaient brusquement : Lüh. Ca faisait des années que je n'y avait pas remis les pieds et la voir ainsi dévasté me donnait des hauts le cœur. J'ai brusquement pensé à ma mère et à ma sœur, comme si je ne les avait jamais quitté, comme si c'était hier. Une envie immense de leur porter secours me venait naturellement. Si je prenais le temps d'y réfléchir, ça me paraitrait incensé mais je n'y pensais vraiment pas. Depuis quelques heures, il n'y avait que mon instinct qui jouait. Quoi qu'il en soit, ce désir de les retrouver me donnait plus de force pour continuer vers Lüh emprisonnée par la glace. J'arrivais enfin dans la ville et contemplais, impuissant le carnage face à moi. Des tas de mort, congelés. Des tas de morts ? C'était pas le genre de trucs à me freiner, même si j'en avais rarement vu autant, tellement que je ne pouvais pas faire un pas sans marcher sur l'un d'eux. Mais loin d'être atteinte par ce genre de « détails », j'avançais toujours. Même si les bâtiments étaient en ruine, ils avaient le mérite de freiner un peu plus blizzard. Mais si peu.

Des murmures venaient siffler dans mes oreilles. Mon visage un peu découvert par le fin abri que m'offrait les murs, je voyais avec nervosité ces choses qui s'élevaient du sol. Pas le temps de les détailler, n'écoutant rien d'autre que mon instinct de survie je fuyais le plus rapidement possible droit devant moi. Je ne regardais pas derrière, courais, entendais leur murmures et courait encore en essayant de trouver un abri. Je voyais devant moi, deux opportunités et j'étais opportuniste. De la fumée, noire et épaisse, provenant donc d'un feu encore vivant. Me demander comment un feu pouvait bien se trouver là ne me traversa même pas l'esprit mais je voyais eu loin le Palais, protégé par ce qui semblait de la magie. Aucun reflexion, l'instinct disais-je. Un feu ici ne pouvait être qu'un atout, alors je me dirigeais évidemment vers lui, ne m'arrêtant pas pour me poser la question. C'était pas comme si j'avais des trucs gelés bizarre qui me coursait tiens ! En plus du reste je veux dire. Dans quel foutu merdier je me trouvais tiens !

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MessageSujet: Re: Ainsi l'oiseau, faible et timide, veut en vain fuir l'hydre perfide dont l’œil et le charme le poursuit   Dim 9 Juil - 15:37

Les esprits des glaces continuent de vous poursuivre tandis que vous avez décidé de vous diriger vers l'étrange fumée émanant d'un endroit se situant à la limite entre le quartier populaire détruit et le quartier noble dévasté de la ville en ruine. Le dédale des rues vous semble interminable alors que vous vous rapprochez de plus en plus de l'endroit en question. Un bruit plus particulier commence alors à attirer votre attention, un bruit qui couvre les horribles murmures des spectres des glaces, le bruit d'un feu brûlant à grande intensité. Après un énième tournant, vous confrontez alors ce qui ressemble à votre destination mais vous ne pouvez en croire vos yeux. De ce qui devait être la maison assez confortable d'un bourgeois de la ville était devenu une véritable forteresse contre l'apocalypse. Des hautes barricades de bois et de métal servait d'appuie à au moins une dizaine d'archer qui mitraillait une horde d'esprit des glaces avec des flèches enflammées. Encore plus incroyable, on pouvait observer plusieurs demi-dieux d'Ignis cracher du feu à travers les quelques ouvertures, détruisant les milliers d'Esprit des glaces qui se précipitait contre la barricade.

Alors que vous êtes entrain de vous rapprochez à toute vitesse, un des archers vous aperçoit et commence à vous cibler, par pur réflexe. Mais soudainement il s'arrête et hurle alors, comme si les dieux eux-mêmes étaient venu les sauver.

« Survivante ! Ouvrez la porte ! Elle possède peut-être un demi-dieu ! »

Des protestations, des réponses, vous n'aviez pas vraiment le temps d'y prêter plus d'attention puisque les spectres glaciaux gagnaient du terrain sur vous et que le portail fermé ne semblait pas vouloir bouger d'un iota. Le désespoir vous gagne peut-être, l'autre solution aurait-elle été plus simple ? Vous ne le saurez jamais mais avant de pouvoir plus vous morfondre sur votre triste sort, un grand barbu vêtu d'épais vêtement de fourrure ouvre violemment la porte, vous sommant d'entrer au plus vite. Vous franchissez le portail à la dernière minute et le barbu referme à toute vitesse l'entrée vers la forteresse de pacotille. Malheureusement, l'un des spectres avait franchi la barricade en même temps que vous et, non remarqué par l'homme barbu, le transperça violemment telle une stalactite. L'homme s'écroula au sol, pris de violent spasme, des veines glaciales apparaissant sur tous son corps. Derrière vous l'un des archers commença à crier de toute ses forces.

« Alfberg est infecté ! Abattez-le ! Ne laissez pas ces choses se propager ! »

Mais avant que vous ne puissiez réagir, le corps de l'homme se transforma alors presque instantanément en une fine neige qui vint recouvrir le sol et après quelques secondes cinq autres esprits des glaces sortirent de la neige sur le sol. Un demi-dieu d'Ignis ressemblant à un lion à la crinière enflammée sauta alors à côté de vous avant d'écraser violemment les cinq esprits qui retournèrent de la neige dont ils étaient venus. Après avoir effectué cela, il fit alors fondre rapidement la neige avec un sort de feu et soupira ensuite, vous lançant un regard noir. Il s'adressa ensuite aux défenseurs.

« Quelqu'un d'autre est mort ? Avons-nous perdu un demi-dieu ? »

Plusieurs personnes signalèrent alors le corps sans vie d'un des archers qui avait eu assez de chance pour se faire exécuter avant qu'il ne se transforme en ces choses horribles. Le lion enflammée se tourna vers vous, un air sévère pouvant transparaître sur sa gueule.

« Qui êtes-vous et d'où venez-vous ? J'espère pour vous que vous n'êtes pas une envoyée de l'Usurpateur , ou votre tête roulera sur le sol dans la seconde qui suit ! En tous cas vous êtes assez idiote pour parcourir les rues en plein jour, pile le moment où tous les esprits des glaces apparaissent. Et de par votre idiotie nous avons perdu un homme, et un homme précieux qui plus est ! »

Le lion semblait vouloir continuer à vous sermonnez mais une figure plus amicale se montra devant vous. Les archers et guerriers s'agenouillèrent tous en coeur tandis que le lion déclara solennellement le titre de l'homme se trouvant devant vous.

« Mes hommages votre Majesté. Que tous s'inclinent devant le Prince Athanamir de Lüh ! »

Athanamir de Lüh:
 

Peut-être êtes vous surprise ? Le lion vous lance un regard meurtrier tandis que le vieil homme semblant être le dirigeant de ce qui reste de la Principauté gelé d'Arcane émet un petit rire graveleux suivi d'une toux grasse. Il était proche de la mort, c'était indéniable. Ce ne serait sans doute pas une mort de vieillesse, il n'était pas assez vieux pour ça, mais il semblait souffrir d'une maladie assez sévère. Le sang sur la manche lui ayant servi à masquer sa toux était assez implicite.

« Eh bien, eh bien ! Pas la peine de devenir aussi rustre, Néos ! Je ne vous oblige point à respecter une autorité que je ne possède pas. Notre invité semble perdu, je vais m'entretenir avec elle et nous verrons ce qui en ressortira ! »

Le lion protesta, prétendant que vous pouviez être une assassin au service de "l'Usurpateur". Le vieil homme calma les ardeurs du lionceau en un simple regard mélangeant assurance et sévérité.

« Je vous ais permis de survivre suite au permafrost installé par la bête divine, je ne crois pas qu'une simple assassine soit capable de me faire le moindre mal. »

Le proclamé Prince de Lüh vous invita à le suivre tandis que vous arrivez enfin à trouver le temps d'observer vos alentours. Les archers et les demi-dieux continuaient de détruire tous les esprits qui entraient à proximité à travers les fentes se trouvant dans la barricade. La forteresse de pacotille en elle-même possédait un plafond de bois qui ne laissait pas filtrer le moindre flocon de neige. Le sol de la forteresse était libre de toute neige et à chaque fois qu'un flocon malencontreux réussissait à passer au travers des protections de la forteresse, il était instantanément fondu par le feu de joie se trouvant au centre de la place. L'ancienne maison de bourgeois semblait être un quartier général. Les fenêtres étaient barricadés et des archers continuaient de faire tomber une trombe de flèche sur l'assaut glaciale des esprits. Le vieil homme vont invita à entrer et vous fit grimper les escaliers jusqu'à arriver au dernier étage. Il ouvrit une porte donnant sur un bureau et s’engouffra à l'intérieur avant de vous dire d'attendre un peu à l’extérieur quelques minutes. Vous pouvez entendre une discussion entre une femme et le Prince de Lüh avant que la femme en question, d'apparence noble, ne sorte de la pièce accompagné par deux enfants, une fille et un garçon.

Le Prince vous convia à l'intérieur et vous demanda sympathiquement de bien vouloir vous asseoir. Il saisît une bougie et l'allume avec le reste fondant d'une autre bougie avant de la poser sur le bureau et de s'asseoir face à vous. Il vous fixe quelques secondes, comme pour décrypter votre comportement avant de vous demandez.

« Vous agissez bizarrement, jeune femme. Vous semblez perdu, et cela me semble étrange que vous ne soyez pas au courant de ce qu'il se passe. Qui êtes-vous ? D'où venez-vous ? »

Le vieil homme sort une bouteille et deux verres de sous le bureau. De l'alcool. De l'alcool fort. Il les remplis et vous en tends un et commence à boire l'autre. Il semble murmurer l'air d'une musique, voulant apparemment couvrir l'assourdissant son de la bataille perpétuelle se déroulant dehors.
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MessageSujet: Re: Ainsi l'oiseau, faible et timide, veut en vain fuir l'hydre perfide dont l’œil et le charme le poursuit   Lun 10 Juil - 13:59

❝  Ainsi l'oiseau, faible et timide, veut en vain fuir l'hydre perfide...
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Très franchement, à l'instant T, je ne savais pas où je me trouvais. Ça faisait bien trop longtemps que j'avais mis les pieds dans cette ville et la décoration actuelle m'aidait pas vraiment à reconnaître quoi que ce soit. A part bien sûr ce foutu château où j'aurais pu aller rien que pour profiter de la situation pour Le buter. C'était peut-être ma meilleure chance à ce moment là, mais ma survie était plus importante. La seule chose à laquelle il fallait que je réfléchisse maintenant, c'est courir vers cette fumée qui semble être mon salut. Me retourner me ralentirais, alors je courais, en regardant droit devant. Le temps semblait s'être gelé lui aussi, mais je me rapprochais de mon objectif et plus je m'approchais, plus je discernais le bruit de ce feu crépitant que j'espérais trouver. Et puis après m'être enfoncé suffisamment dans la ville, me voilà face à une scène des plus inspirantes pour moi : une véritable forteresse de survivants ! C'est réellement tout ce qui me fallait alors je me précipitais vers eux, presque enthousiaste ! Je fonçais, me suis accordé de regarder un instant derrière moi avant de voir un archer me viser. Pas le temps de me questionner là dessus qu'il s'était déjà ravisé et heureusement pour moi.

« Survivante » ? Oui ! La survie ça me connaissait oui ! A vrai dire c'est tout ce que j'avais discerné du débat qui faisait rage à l'intérieur. J'ai foncé vers la grande porte fermée avant d'essayer moi même de l'ouvrir, frappant violemment de mes poings, puis de mes épaules, grognant et hurlant, en regardant coup sur coup derrière moi :

❝ Ouvrez ! Vite, ouvrez ! ❞

L'idée de mourir ne m'enchantais pas et je grognais encore voyant ma situation se désespérer. Je n'avais pas d'autres choix à présent, il fallait que je me batte. Je me suis donc retourné, en position de combat, attrapant mon épée que je brandis devant moi et empoignant ensuite mon bouclier.

❝ Allez venez bandes d'enflures ! ❞

Je les fixais, me préparant à me battre pour ma survie, mais avant que je ne puisse le faire, j'entendais la porte s'ouvrir derrière moi. Je me suis retourné, vu un homme à grande carrure et je suis évidemment entré à tout allure dans la forteresse. Et là, l'un des spectres entra et le perfora. Je l'observais s'écrouler au sol, pris de spasme et autres symptômes trop étranges pour que je sache quoi faire. Je me suis approché de lui, armes à la main et l'observais de long en large, décontenancée et ne sachant que faire. J'ai alors cherché nerveusement du regard tous ceux qui se trouvaient ici.

❝ C'est quoi ce… ? ❞

Avant que je ne finisse ma question, je me retournais vers un archer derrière moi m'apporta une réponse que je ne pouvais comprendre. Pas le temps de réfléchir, je n'avais pas de quoi le faire. Il fallait que je suive ses ordres. J'ai alors brandis mon épée au dessus de l'homme à terre mais c'était déjà trop tard. Il disparu tout simplement, se transformant en neige pour ensuite réapparaitre sous la forme de cinq de ces putains de trucs gelés ! Encore prête à en découdre, un énorme lion venait atterrir près de moi, me faisant plier les genoux sous l'impact. Il les détruisit avec une facilité que j'ai violemment jalousé. Je soupirais faiblement de soulagement, rengainant mon équipement pendant qu'il s'attelait à faire fondre la neige. J'allais le remercier avant qu'il ne me lance un regard noir auquel je répondis par un visage fermé et des sourcils froncés. C'était certainement maladroit mais je ne savais pas gérer ce genre d'agression. Je comprenais qu'à ces yeux j'étais coupable, à sa place, j'aurais ressentis exactement la même chose, alors je m'enfermais dans le mutisme. Être en vie était un bien trop beau cadeau pour que je puisse m'en plaindre.

J'assistais à leur compte-rendu, impuissante et surtout, dans l'incompréhension la plus totale. J'observais tout autour de moi, essayant de saisir la moindre information qui me permettrait de comprendre la situation. La fin du monde ? Si c'était le cas, je choisissais de ma battre avec eux. Le lion quant à lui se montrait toujours aussi réfractaire à ma présence. Il m'a alors assommé de questions, d'informations, de menaces... que je n'arrivais pas à démêler. Je fis un pas en arrière devant son aplomb, mon visage se fermant de plus en plus. Mes sourcils se fronçaient, mes traits se crispaient allant même jusqu'à grimacer un peu. Mais je le fixais, sans un mot, d'un regard perdu essayant de lui faire comprendre ma situation à moi. Je m’apprêtais à lui répondre quand un homme fit son entrée.

Je les ai observé s'agenouiller un à un avant de poser les yeux sur lui, sur mes gardes. Le lion le présenta ensuite. Le Prince Athanamir ? Mon visage se fronça d’interrogation. Ni son nom, si son visage ne me disait quoi que ce soit. Je le détaillais un instant pour finalement demeurer dans la même incompréhension peinte sur le visage. Le Lion lui persévérait dans son envie de me punir et je répondis à son regard. Pas pour le provoquer, plutôt pour lui prouver que j'étais droite dans mes bottes. Puis le rire de l'homme me retira à tout ça et mon attention se porta entièrement sur lui. Il avait l'air très malade et ça n'avait vraiment pas l'air rassurant, pour personne.

J'avais décidé de me contenter d'observer et d'écouter. A vrai dire, je n'avais rien en ma possession me permettant de faire quoi que ce soit d'autre. L'Usurpateur ? Parlait-il de Reyson ? Mes yeux se perdirent dans le vague pendant que j'y réfléchissais avant que l'homme face à moi ne m'invite à le suivre. Je m’exécutais, d'un bref signe de tête et emboitais son pas. J'observais à nouveau, tout autour de moi, parfois même derrière, l'air crispé et perdu. Qu'est ce qu'il se passait bordel ?! Je ne me souvenais que de trop peu de choses pour comprendre pourquoi je me trouvais ici. Tout ici semblait pensé pour ne laisser entrer aucun petit flocon de neige. Elle était surement d'où provenait ces saloperies et visiblement, le moindre petit centimètre de neige était dangereux, à voir ce qu'ils déployaient pour s'en défaire.

On entrait finalement pour ensuite monter les escaliers jusqu'au dernier étage. Cloitré dans mon mutisme, je ne faisais qu'acquiescer par de faibles hochement de tête jusqu'à attendre devant ce qui semblait être son bureau. Je ne discernais pas bien les mots qui s'échangeaient là dedans bien que je m’efforçais de le faire. Faut dire que je n'aimais vraiment pas la situation dans laquelle je me trouvais, j'étais seule, dans une incompréhension sans nom et ne savais vraiment pas quoi faire. Alors j'essayais vraiment de glaner la moindre information. Je me penchais, m'approchant de la porte en tendant l'oreille avant de ne me redresser subitement quand la femme sortit, deux enfants avec elle.

J'ai grimacé, pas instinct. Je n'aimais pas les enfants non mais, je me suis détendu assez rapidement. Ils avaient réussis à les garder en vie dans de telles conditions et, à ma plus grande surprise, j'ai été un instant soulagé pour eux. Le Prince me fit ensuite entré et je me suis exécuté à nouveau, sans un mot. En entrant, l'atmosphère était sensiblement plus chaud. Avant de m'asseoir, j'ai donc retiré ma lourde cape de fourrure, la posant sur le dossier de mon assise. Je me suis ensuite défaite de mon bouclier et de mon épée que j'ai posé à mes pieds avant de m'asseoir. J'ai fermé les yeux un instant en prenant une forte inspiration. J'ai eu l'impression à ce moment là que je ne m'étais pas posé depuis une éternité. Alors je dois dire que l'instant m'a été d'un énorme réconfort. J'ai détendu mes membres uns à uns, faisant craquer quelques articulations, détendant ma nuque en la frottant avec ma main, grimaçant sous la douleur que me provoquait toute cette tension.

Le Prince me questionna ensuite. Visiblement, ça lui semblait étrange que je ne comprenne rien à la situation. Ah ! C'était peu dire ! Il servit alors deux verres d'alcool et m'en tendis un que j'attrapais en le remerciant avant de le boire cul sec, reposant brusquement le verre sur le bureau. Je me raclais la gorge en grimaçant. C'était fort c'était certain mais au moins, ça allait me réchauffer. J'ai ensuite pris une grande inspiration et me suis expliqué.

❝ Vous avez raison, je comprends rien à ce qui se passe. J'habite le Nord de l'Ile, dans les Landes. Mais... ❞ Mon regard se perdait et mes sourcils se fronçaient en essayant de me souvenir avant de le fixer à nouveau, ❝ je ne sais pas comment je me suis retrouvé à Lüh. Ni pourquoi, ni comment. Qu'est-ce qui se passe ici ? Ca fait longtemps que c'est comme ça ? Il n'y a qu'ici que tout est gelé ? Et c'est quoi ces saloperies qui vous attaquent ?! Qu'est-ce qu'ils vous veulent ? Et... ❞

Je m'emportais dans les questions et je m'en rendais bien compte. J'ai alors soupiré et me suis ravisé en m'enfonçant un peu dans mon siège.

❝ Je suis désolé, je ne comprends absolument rien. Dites moi ce qu'il se passe. ❞

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MessageSujet: Re: Ainsi l'oiseau, faible et timide, veut en vain fuir l'hydre perfide dont l’œil et le charme le poursuit   Lun 10 Juil - 15:00

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Saloperies d’esprits de glaces ! Eskel commence à sérieusement fatiguer et elle perd en vitesse, laissant ces affreuses choses gagner du terrain. Si elle avait sût, elle se serait mieux préparée, beaucoup mieux même. Grognant, elle fait appel à ses dernières forces pour arriver près de cette étrange fumée. Un manoir de noble reconverti en forteresse, rien que ça. Les archers criblaient de flèches les esprits de glace, la confusion semblait totale sur ce champ de bataille improvisé où feu et glace se livraient un combat sans merci.

La milicienne s’approche de ce qui pouvait être son salut. Elle n’avait pas fait tout ça pour mourir sous les crocs d’un machin de glace. Elle voulait vivre, elle souhaitait conquérir le nord, défaire le Prince de son trône, haïr les nobles comme il se doit. Cependant, elle ne pouvait montrer sa rancune face aux nobles actuellement. Une rancune injustifiée, d’ailleurs, une rancune naissant d’une jalousie portée à l’extrême… Essoufflée, elle s’avance entre les cadavres, vers cette porte qui demeurait close.

L’archer avait pourtant hurlé qu’elle était une survivante. Alors pourquoi refusaient-ils d’ouvrir ? Allaient-ils réellement la laisser mourir ici ? Laisser un humain mourir face à des monstres ? Typiquement la réaction d’un noble… Mais elle n’eut le temps de réfléchir plus à sa haine que la porte s’ouvre. Elle use de ses dernières féroces pour entrer et béni l’homme qui a décidé de lui ouvrir. Il était grand, il était barbu et il semblait costaud. Se réfugiant à l’intérieur, elle s’arrête, épuisée par toute cette course et par cette marche de l’extrême avant ça. Cependant, ce qu’elle n’avait pas prévu, c’est qu’un de ces monstres décide de s’introduire dans le manoir. Soudainement, tout le monde se met sur le qui-vive, la chose avait transpercé l’homme barbu. Eskel grogna, fit volte face et prépara son épée et son bouclier, prête à se battre. Elle n’eut le temps de rien faire. Le corps de l’homme se transforma en fine neige d’où sortir cinq esprits de glaces. Le cauchemar n’avait donc aucune fin ? Enervée, fatiguée mais résolue à vivre, elle allait s’avancer pour défier ces monstres lorsqu’un énorme lion vint mettre fin à tout ceci.

La jeune femme baissa sa garde et regarda l’étrange bête. Un enfant des dieux, une invocation, un outil. Elle fronce les sourcils, hautaine. Les remarques de l’invocation ne l’atteignent guère, il n’est pas en mesure de lui dicter quoi que ce soit. Elle allait répliquer de façon acide, faisant comprendre à cet esclave où était sa véritable place, cependant, encore une fois, elle n’eut le temps d’agir, comme si le monde entier souhaitait qu’elle reste immobile, muette et inutile. Elle n’aimait guère ça. L’invocation s’inclina, laissant échapper un « Majesté ». Alors le Prince de Lüh était finalement parmi ces hommes ? Quoi que… L’invocation avait fait mention d’un usurpateur. La situation semblait bien plus compliquée et bien plus intéressante qu’elle n’y paraissait.

La milicienne rangea son épée dans son fourreau et regarda l’homme qui arrivait. Les autres hommes s’inclinèrent à son passage et elle ne put que se mettre au garde à vous, dictée par ses habitudes de milicienne. Il était une autorité supérieure, tout noble était une autorité supérieure, elle ne pouvait pas lui manquer de respect même si ce n’était pas l’envie qui lui en manquait.

Cependant, elle ne pouvait que le remercier de remettre en place l’esclave qu’était le fils d’Ignis. Elle adopta de suite une position plus détendue, lâchant les formalités. Son regard, noir et hautain, se braqua sur le lionceau qui semblait ne pas avoir grande confiance en elle. Les esclaves n’avaient pas à discuter les ordres de leur maître. Ils étaient en deçà de toute chose dans la hiérarchie et leur devoir était d’obéir et de fermer leur gueule.

La milicienne suivit le noble qui l’y invita. Elle prit le temps d’observer cette étrange forteresse gouvernée par le feu, luttant avec désespoir contre la glace souveraine. Elle aimait cette ambiance de désespoir, elle aimait cette glace puissante. L’invocation qui était enfermée ici devait l’être également. De la puissance à l’état pure, ce qu’elle recherchait et ce qu’elle allait obtenir par tous les moyens. La pette ballade les mena à une pièce d’où sortir trois personnes dont deux enfants. Elle ne fit guère attention à ces personnages de seconde zone et se concentra sur le noble dit le « véritable Prince de Lüh ». Intéressant, très intéressant même. Elle n’avait aucune raison de vouloir s’en prendre à cet homme qui de toute façon allait mourir. Eskel ne souhaitait qu’une seule chose, tuer Reyson de Lüh de ses propres mains. Les autres prétendants au titre de Prince ou de Princesse ne l’intéressaient pas. Binaire comme façon de penser.

La jeune femme prit place sur la chaise devant le bureau et regarda le verre avec envie. Cependant, elle savait qu’elle avait besoin de garder les idées claires pour la suite de cette fichue épreuve qui commençait à devenir longue. La jeune femme le remercia tout de même puis l’écouta, attentive à ses dires et se met alors à sourire. Magnifique jeu que nous offrait là l’invocation maitresse de cette cellule, magnifique jeu auquel elle était forcée de jouer, prise en otage par sa vie. Un jeu des plus cruels, mais un jeu magnifique. Et elle allait se plier aux règles de ce jeu. De toute façon, elle allait finir par briser l’énigme qui semblait voler autour de toute cette glace.

Je vous retourne la question, monsieur, qui êtes vous ? D’où venez vous ? dit-elle avec un large sourire dans les yeux. Son visage avait repris sa gravité habituelle et semblait de marbre, aucune émotion ne filtrait mise à part dans ses yeux. Vous semblez être le véritable Prince de cette île, je me trompe ? Mais alors, Reyson de Lüh ne serait qu’un usurpateur ? C’est lui qui est en possession de cette bête divine qui installe la mort sur ces terres ?

Les questions ne cessaient de se succéder. Elle avait posé son bouclier contre le bureau et avait les avant bras posés sur ce dernier. Elle paraissait réfléchir à la situation actuelle. Une situation des plus étranges mais des plus intéressantes.

Pour ma part, je suis le Sergent Merigold de la Milice de Lüh, mutée à Rorn depuis peu. Je viens de loin et j’ai dû affronter un blizzard sans précédent en arrivant aux abords de Lüh. La situation ici m’est inconnue et j’aimerais en savoir plus.

La jeune femme, penchée sur le bureau, se redressa et plongea son regard froid dans celui de l’homme. La suite des événements promettait d’être sportif. Mais elle allait se montrer plus maligne que l’invocation qui tirait les ficelles dans l’ombre. Pour l’instant, le mieux était de se prendre au jeu, les hommes d’ici la prendraient pour une menteuse, voire une espionne si elle révélait que ce monde n’était en fait qu’une cellule gardée par une invocation des plus cruelles et calculatrices.

Elle saisit distraitement le verre, le faisant tourner légèrement. Le liquide à l’intérieur suivit le mouvement dans un petit clapotis, masqué par les bruits des combats au dehors. Mais elle ne but pas. La jeune femme avait quelques doutes quant à la réalité de cet alcool. Si le reste n’était qu’un jeu, alors était-il vraiment réel ? Tout comme le reste au final. Elle avait lu quelques témoignages d’heureux aventuriers revenus victorieux des temples. Ils décrivaient tous une situation différente mais qui semblait semblable à la fois. Les illusions dont faisaient preuve les invocations. Elles plongeaient alors le malheureux dans un décor plus vrai que nature, lui faisant perdre pied à la réalité. Et elle devait se souvenir d’où elle venait réellement, d’où était le vrai monde. Ne pas se perdre, c’était l’essentiel.
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MessageSujet: Re: Ainsi l'oiseau, faible et timide, veut en vain fuir l'hydre perfide dont l’œil et le charme le poursuit   Jeu 13 Juil - 17:58

Le prétendu Prince de Lüh vous regarda avec une incompréhension assez forte. Comme si vous lui parliez d'un passé lointain dont il ne se souviendrait que très peu. Il finit son verre, le re-remplit une nouvelle fois avant d'avaler cul sec le contenu du récipient. Il toussa un peu, sans doute à cause du goût amer de l'alcool. Il croisa les jambes, saisît une plume posé dans un encrier et joua avec avant de vous répondre.

Réponse à Lagertha:
 

Réponse à Eskel:
 

Il n'eut le temps de continuer plus longtemps, et vous n'eurent le temps de lui répondre non plus. Des pas puissants et rapide se firent entendre dans le bâtiment alors que soudainement Néos, le lion de feu, enfonça la porte d'entrer de la salle devant les protestations du prince de Lüh. Mais avant que le Prince ne puisse sermonner le lion, celui-ci, paniqué, se mit à hurler quelques mots qui firent s'écarquiller les yeux du Prince.

« Athanamir ! Le demi-dieu des glaces, il... Il arrive ! Et il y a une avalanche d'esprit des glaces qui l'accompagne ! »

Le Prince se précipita à la fenêtre avant d'arracher violemment une des planches de bois et d'observer ce qu'il se passait. Une énorme avalanche de neige s'avançait lentement dans tout Lüh, les œils les plus fins purent facilement observer le fait que l'avalanche était entièrement composé d'esprit des glaces, avec au milieu de cette avalanche une forme sombre énorme qui avançait peu à peu dans ce qui semblait comme la fin du monde. Le Prince se retourna avec un air désespéré avant de vous dire.

« Eh bien je crois que tout ceci prend un terme aujourd'hui après tout. Nous vaincrons ou nous mourrons. Je suis désolé que vous soyez au milieu d'une situation qui ne semble pas vous regarder mais il nous serait très utile d'avoir une combattante de plus ! Je ne peux vous obliger à rien mais votre aide serait vraiment apprécié ! Rejoignez moi en bas quand vous serez décidé ! »

Un choix s'offre à vous. Vous pouvez soit aider les hommes de cette forteresse de pacotille dans ce qui peut ressembler à une dernière bataille alimenté par un espoir vain. Ou vous pouvez prendre la poudre d'escampette. Mais que pouviez bien faire seule contre un enfant divin et une armée d'esprits de glaces qui ne semble vouloir que votre mort ? La situation est des plus désespéré...
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MessageSujet: Re: Ainsi l'oiseau, faible et timide, veut en vain fuir l'hydre perfide dont l’œil et le charme le poursuit   Ven 14 Juil - 15:29

❝  Ainsi l'oiseau, faible et timide, veut en vain fuir l'hydre perfide...
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En l'écoutant déblatérer son histoire, j'aurais bien repris un vers moi aussi. Mais je n'en fit rien évidemment, j'aime l'alcool, mais un peu plus dans des moments festifs. Et là, visiblement, y avait vraiment rien à fêter. Je l'écoutais, attentive mais muette. Comme si, plus les mots filaient et plus les choses me semblaient irréelles. Et c'était bien le cas. D'abord, nous étions en 128. J'avais donc fais un bon de soixante dix ans. Impossible, mais j'en déduisais que cet Athanamir était peut-être le fils de Reyson. Ensuite l'ère glacière créée par... Un Demi-Dieu ? Mais oui bien-sûr ! C'était ça ! Ce seul terme m'a fait reprendre mes esprits et m'écrouler dans mon fauteuil sous le choc. J'étais là pour un Demi-Dieu oui ! J'en avais oublié l'enjeu tant tout ça me semblait réel. Et c'était encore le cas à vrai dire, mais je ne pouvais pas y réfléchir, pas maintenant.

J'ai donc continué à l'écouter, sans un mot, essayant d'emmagasiner un maximum d'information pour pouvoir me sortir de là. Tout ça n'était vraiment qu'une illusion montée de toutes pièces ? Même en le sachant je n'arrivais pas encore à en être complètement convaincue. Je serrais l'accoudoir et en appréciais la matière. C'était trop réel. Tout ça me rendais perplexe et ça pouvait se lire sur mon visage. J'y pensais à peine que Néos, le Grand Lion s'imposa dans la salle où nous étions, d'une violente entrée en scène. Je me suis brusquement retourné, surprise. Les choses s'étaient accélérées bien trop vite pour que je ne puisse réagir. C'était l'heure fatidique pour eux et Athanamir me demandait mon aide avant de quitter les lieux.

Je suis resté quelques secondes immobile, le visage fermé et le corps crispé, enserrant les accoudoirs entre mes doigts en fixant la porte d'où ils étaient sortis. Puis j'ai baissé les yeux un instant avant de me lever, rapidement, rejoignant cette fenêtre qu'avait dévoilé le Prince pour y observer par moi même ce qui se tramait. Mes yeux se sont écarquillés et mon souffle s'est coupé. Je fixais la fin de ce monde se rapprocher. Est-ce que c'était lui ? Et puis quelque chose m'est venu en tête, une impression. Je voyais là dedans une immense colère. Tout simplement parce que si j'avais disposé d'une telle puissance il y a quelques jours, j'aurais voulu engendrer un chaos aussi meurtrier. Même encore à cette heure-ci, j'aimerais l'avoir. Et puis je me suis traité de tout les noms en pensant au choix que j'avais fais avant de me retrouver ici. J'aurais eu largement plus de chance de survivre si je m'étais trouvé dans ce château dans lequel étaient reclus ces fils de chiens, lâches et peureux. Et puis, j'avais beau savoir que tout ça n'était qu'une épreuve, le risque était quand même bien là : celui de mourir et ça n'était pas envisageable. Je ne pouvais pas mourir, pas ici, pas maintenant. C'était hors de question.

J'ai remit la planche bloquant la fenêtre, ai rejoins mes affaires avant de revêtir ma cape et de me parer de mon bouclier et mon épée. J'avais fais un mauvais choix, mais j'allais en assumer les conséquences. Fuir seule n'était pas à méditer, c'était la mort assurée. Je n'irais tout simplement pas assez vite pour échapper à cette avalanche de spectre et même si j'y parvenais, je ne tiendrais pas plus longtemps au milieu de ce blizzard. Je quittais alors la pièce, bien décidé à en découdre. Je dévalais les escaliers avec assurance avant de rejoindre les combattants. J'ai ensuite cherché Athanamir du regard avant de le trouver, afféré à donner ses ordres.

Sans demander mon reste, je me suis approché de lui en bousculant ceux qui se trouveraient sur mon passage avant de poser ma main sur son épaule pour attirer son attention. Mon visage était des plus grave et je lui ai demandé :

❝ Athanamir ! Qui a délivré ce Demi-Dieu ? ❞

J'aurais certainement des représailles pour ne pas l'avoir appelé Majesté et avoir posé ma main sur lui sans prévenir, mais je n'avais vraiment pas le temps de faire des courbettes. J'avais bien sûr envisagé cet Usurpateur mais, ça paraissait trop simple et surtout assez grossier. Si c'était bien celui pour qui je me présentais ici, il n'y aurait certainement aucun nom à me donner. Mais si il avait poussé son épreuve jusqu'à ce que j'envisageais, il y avait surement une clé à tout ça.

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MessageSujet: Re: Ainsi l'oiseau, faible et timide, veut en vain fuir l'hydre perfide dont l’œil et le charme le poursuit   Mer 19 Juil - 11:19

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Mauvaise touche. Elle se renfonce dans sa chaise et joue encore avec le verre. La jeune femme reste intriguée par la situation et elle avait l’impression d’avoir pris une mauvaise décision en accusant Reyson. Elle devait faire la part des choses entre ses envies, la réalité et l’épreuve de ce chien des glaces. Elle fronce les sourcils et repose le verre sur le bureau. Puis elle écoute, patiemment.

Cette épreuve était bien fichue, le futur dystopique qu’il montrait était des plus effrayant mais en même temps cela lui plaisait beaucoup. Voir l’hiver gagner ainsi sur le reste de l’île, quelle jouissance ! Eskel soupire doucement. Quelle histoire bien longue pour si peu d’informations au final, mise à part le nom de l’usurpateur. Etait-elle en train de se ranger du côté de la royauté de Lüh ? Elle qui souhaitait voir cette monarchie tomber sous le joug du nord, elle qui souhaitait prendre le pouvoir par la force et non par l’argent. L’argent rendait faible, l’argent constituait une excuse pour se cacher derrière des forces armées. Les grands rois ne se souciaient plus des hommes qu’ils envoyaient au casse pipe. Les grands rois n’étaient que des faibles reclus dans leur château de pierre. La milicienne voulut répondre mais elle n’en eut pas le temps. Le chien chien de feu fit irruption dans le bureau, paniqué. La situation semblait devenir plus grave que prévue.

Eskel se lève précipitamment et regarde tour à tour l’esclave de feu et le prince. Ce dernier se rua sur la fenêtre et, de ses maigres forces, semble-t-il, arracha les planches de bois pour constater la situation désespérée. Sa vie était en jeu, ça n’était pas le moment de faire des erreurs. Et les dires du noble confirmèrent ses pensées. Elle pousse un juron avant de prendre son bouclier. La jeune femme s’approche de la fenêtre et constate avec horreur l’avalanche qui se dirigeait vers eux. Elle reste un instant pour tenter de voir une potentielle faille mais rien à faire. Tous les récits de guerre qu’elle avait lus ne suffiront pas à vaincre une force divine. Et bien qu’elle soit hors de la réalité, il n’en demeurait qu’elle risquait sa vie pour une foutue invocation. Mais une invocation puissante qui lui offrirait le nord sur un plateau !

Le sergent replace rapidement les planches de bois sur la fenêtre, espérant empêcher les esprits de glace de s’infiltrer dans la baraque. Le feu et la glace, un éternel combat, perdu d’avance cette fois-ci. Que faire ? Fuir ? Face à cette puissance divine ? Fuir et risquer de mourir seule, sans avoir combattu ? Ou alors rester et mourir à coup sûrs ? Elle avait déjà fuit pour sa propre vie, il suffisait. Elle allait se battre, montrer à cet esclave de glace qu’on ne se montrait pas si impoli face à elle. Grognant, elle se précipite hors du bureau, cognant la table par mégarde, faisant tomber le verre. Le liquide s’en échappa rapidement et vint goutter sur le sol, tel un sablier. Les minutes étaient comptées, mais comment établir un plan de défense efficace si l’on avait pas le moindre moyen ? Les enfants d’Ignis restaient faibles face à la grandeur de la glace. Que faire ? Trahir le prince et se rendre, la queue entre les jambes ? Trouver une faille pour tuer le maitre fictif de cette invocation ?

Pouvaient-ils seulement ériger un mur de feu face à cette avalanche ? Y avait-ils une cave par ici ? Eskel se précipite en bas, accourant vers le prince et le reste de ses soldats. Une cave, pour contrer la première vague de l’avalanche. Mais en y repensant mieux, cela pourrait également leur coûter la vie. N’y avait-il pas une seule alternative viable ? Elle chercha, elle fouilla dans sa mémoire, cherchant la faille, cherchant quelque chose. Le château du prince ! Mais ils n’auraient pas le temps de prendre la fuite. Quoi qu’il en soi, ça ne coûtait rien de demander.

Qui est le maitre de cette invocation ? Ne pouvons-nous pas fuir vers le château ? De quelle force magique disposez-vous ? Sans une riposte puissante de feu, nous ne pourrons rien face à ce monstre de glace. Bon sang ! Vous avez signé votre arrêté de mort en restant dans cette baraque ! Il n’y a vraiment aucune nouvelles des invocations d’eau ?

Elle parlait vite, se laissant gagner par la panique. Elle ne pouvait perdre la vie ici, pas maintenant qu’elle pouvait toucher le nord du bout des doigts. Elle serre le poing et regarde autour d’elle. Le désespoir se lisait dans les soldats qui tentaient de repousser l’envahisseur. Mais que faire face à un mur de glace ? Attendre ? Quelle que soit l’option envisagée, elle menait à la mort. Et il serait improbable que cet enfant divin veuille parlementer…

Vous avez des fûts d’alcool ? Si l’on arrive à réunir toute la puissance divine du feu combinée à des fûts d’alcool, on peut espérer freiner un peu cette avalanche. Je doute que cela soit réellement efficace mais quitte à tenter le tout pour le tout, autant lancer sur les esprits de glace une déferlante de feu.

Elle s’appuie sur un des piliers de la maison et réfléchit, réfléchit à la meilleure solution. Elle ne voulait pas fuir, pas une seconde fois. Eskel voulait se battre, affronter l’adversaire, aussi puissant soit-il. Qu’est réellement une vie si on passe son temps à fuir face au danger ? Peut-elle réellement prétendre au titre de souverain du nord si elle fuit face à un esclave ? Son regard devient dur bien que le désespoir l’envahisse. Elle avait peur, peur de perdre cette bataille, peur de perdre sa vie, peur d’être faible. Dégainant son épée, elle se dirige vers la première ligne, prête à affronter ses ennemis, prête à affronter la mort en personne. Car oui, sa fierté l’emportait sur sa peur et sur sa raison. Si elle voulait mettre les fers à cette invocation, il fallait qu’elle lui montre sa détermination.

Cesse de jouer, monstre et montre toi vraiment sans tous ces artifices. Cesse de te cacher derrière une illusion et viens affronter ton futur maitre, esclave, dit-elle entre ses dents, résignée à mourir.

Elle se mit en garde, tremblant légèrement face au danger. Elle aurait dû fuir, fuir vers le château, fuir vers la sécurité. Mais les soldats ne fuyaient pas face au danger. Ils restaient pour défendre leur maitre, pour défendre leur pays, leur terre. Elle était un soldat et un esclave aux ordres de la royauté. La jeune femme grogna, attendant son jugement dernier. Elle avait voulu jouer avec le feu, voilà qu’elle venait de se brûler fortement la main.
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Ainsi l'oiseau, faible et timide, veut en vain fuir l'hydre perfide dont l’œil et le charme le poursuit

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