Rencontre au coin du feu.

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Aënaelle Litios
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Aventure #1 écrite Mar 27 Aoû - 22:47

Cela faisait maintenant quatre jours qu'ils étaient partis du temple d'Aer. Quatre jours de voyage qui, bien que s'annonçant éprouvant, c'était finalement retrouvé bien plus tranquille. Le seul regret d'Aënaelle fut de ne pas pouvoir converser davantage avec le demi-dieu qu'elle avait libéré.

Tout d'abord, son état ne l'avait pas rendu très bavarde. Ensuite, ils avaient eu la chance de pouvoir voyager avec une caravane marchande. La demoiselle leur sortie son explication habituelle : qu'elle travaillait à Lüh, étudiait l'histoire Arcanienne et devait parfois voyager. Cela lui permettait aussi de justifier la présence d'Hélios. Le tout en occultant ses origines que même l'invocation ignorait.

Ainsi, ils profitèrent d'une compagnie et d'une protection appréciable en échange d'une modique somme. L'avantage est que la jeune femme avait pu profiter d'un chariot pour se reposer. Lui évitant de marcher trop longtemps et trop souvent.
Les caravaniers se rendaient dans les environs du temple d'Ignis avant de repartir vers la capitale.

Ne voulant pas faire le détour et, une fois assez proche de la région de la rivière blanche, la demoiselle décida qu'il était temps pour eux de repartir de leur côté.
Elle se sentait mieux. Bien entendu, ce n'était pas non plus la grande forme, la voilà de nouveau capable de maintenir un rythme de marche normal sans se forcer ni fatiguer. Et puis, Hélios la protégeait.
Ils en savaient peu l'un sur l'autre et elle espérait que le temps leur permettrait d'apprendre à se connaitre. La seule chose qui était sûr, c'est que l'invocation avait une certaine fierté. Chose qui lui allait plutôt bien. Dans l'imaginaire d'Aënaelle, il était impensable qu'une créature possédant une certaine prestance de part ses mots et son corps n'ait pas aussi un caractère approprié.
Il était aussi observateur. Et surement curieux. Ayant remarqué ses regards lorsqu'elle parlait avec d'autres personnes. Surement cherchait-il à se faire un avis sur la noble demoiselle, mais sans jamais trouver le temps d'en parler en privé.

Le soleil continuait sa course à l'horizon et les premières lueurs du crépuscule se montraient. Bientôt la nuit prendrait sa place. Il était temps de s'arrêter et la belle rivière était proche. L'endroit idéal pour camper apparemment. De l'eau à proximité et un bon feu s'annonçaient. Ainsi fut programmée la fin de journée. Ayant l'habitude de se débrouiller seule, la jeune femme s'afféra à préparer un camp de fortune. Et encore, c'est un bien grand mot pour un feu et un couchage.

Le courant se faisait entendre à quelques pas de là tandis qu'Aënaelle faisait cuire les derniers restes de viande séchée. Demain, ils arriveraient en ville, le ravitaillement ne serait plus un problème.
Assise sur un rocher, elle se mit à frissonner, l'atmosphère c'était refroidie assez rapidement et la présence de la rivière n'aidait pas à garder une température agréable. Instinctivement, elle resserra le col de sa veste et se rapprocha un peu du feu. Espérant ne pas tomber malade à son arrivée devant sa mère.


N'hésite pas si tu veux quelque chose. Je sais que tu n'as pas besoin de manger, mais si tu en as envie, ne te gène pas.

Lança-t-elle à l'invocation en déchirant de ses canines un morceau de pain qui n'en demandait pas tant.

Nous devrions arriver demain. Lüh est une assez belle ville, surement pas aussi grande que ce que tu as pu voir avant. Il faudra juste bien faire attention à ne pas trop te faire remarquer. Je ne me fais pas trop de soucis pour toi, mais les habitants sont ce qu'ils sont et les préjugés demeurent.

Elle bue le contenue de sa gourde. A cause de la proximité du feu, cette dernière était tiède. Un gout immonde, mais la chaleur apportée, elle, était agréable. La chercheuse sourie.

Le plus difficile sera d'expliquer à ma mère pourquoi je suis allé te délivrer. Plaisanta-t-elle.... Enfin, si tu souhaites venir. Je comprendrais très bien si tu ne veux pas.

Il faut dire que la jeune femme n'avait pas prévue l'arrivée d'un demi-dieu dans son quotidien. Dans tous les cas, même s'il refusait de l'accompagner pour le moment, il était impossible de garder le ''secret'' bien longtemps. Oh, elle subirait certainement certaine raillerie, alimentée par le fait qu'elle s'était toujours dit opposée à la libération d'une invocation. Ce n'est pas la libération qui lui posait problème. Mais la façon dont étaient traitées ces créatures ''nouvellements libres''. Quelle blague !

Qu'importe, elle laisserait couler, répondra quand le moment opportun se présentait, comme à son habitude.
Et s'il acceptait de venir au domaine... Eh bien, il allait falloir lui trouver de la place...
Mais pour le moment, tout cela lui semblait bien loin. La nuit porte conseil parait-il, peut-être apportera-t-elle quelques réponses ?
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Aerin Cirth
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Aventure #2 écrite Mar 27 Aoû - 22:50

Lüh était si près, et si loin en même temps. Surtout quand Aerin intima Juleis de s'arrêter dans son avancée. La pauvre jeune femme n'en pouvait plus des crampes d'estomac qu'elle ressentait depuis le matin, et la vue d'un petit village au loin l'intima à détourner la trajectoire du tigre. Elle avait trop faim ! C'est ainsi que le duo se rendit dans ce petit hameau constitué de quelques chaumières pittoresques. Il resta donc à prier qu'il y aie un marchand ou une âme charitable pour la nourrir. Ce fut d'ailleurs cette seconde option, la bonne : en déambulant dans la rue de terre battue sillonnant le village, une grand-mère salua joyeusement la blonde chevauchant son tigre. La dame semblait tellement âgée, et pourtant son visage rayonnait comme celui d'un enfant ; et l'intérieur de sa maison dénotait d'une grande expérience de la vie, remplie de bric-à-brac remémorant de longues quêtes sur toute l'île : des roches du désert ambré, taxinomies d'insectes des landes, de la neige éternelle de la plaine glacée, ... Aerin se crut entrée dans la caverne aux trésors, tandis que Juleis, vues son gabarit, était plutôt comme un éléphant dans une boutique de porcelaine.

Or, il s'avéra que c'était la grand-mère elle-même qui avait récolté tout ça. Bien qu'étant une herboriste, elle avait parcouru le monde en long et en large dans son jeune temps et depuis bien des années, elle savait reconnaître un tout nouvel Invocateur, du premier coup d'oeil. Voilà pourquoi elle avait arrêté les deux amis afin d'écouter l'histoire du tigre et de la bibliothécaire. Car malheureusement, son âge et sa jambe qui nécessitait le soutient constant d'une canne, l'empêchaient de partir à nouveau à l'aventure. Ça lui manquait. Bien que son métier eut inspiré la sédentarité, la mamie avait été une vraie aventurière quand son corps le lui permettait. C'est pourquoi, dès que le destin lui offrait une jeune Invocatrice sur le chemin du retour d'un Temple, elle ne pouvait s'empêcher de l'appâter avec un repas chaud et mijotant dans l'âtre.

Ce fut ainsi que le trio passa l'après midi à discuter de la raison de son départ pour les Temples, comment Aerin s'était perdue, les premières impressions de Juleis sur son Invocatrice, comment il avait vu la progression de celle-ci. Puis vint l'histoire du combat avec le golem suite à laquelle la grand-mère congratula la bibliothécaire pour les soins appropriés apportés à la patte du tigre. Chaque mésaventures du nouveau duo était néanmoins ponctué par les souvenirs de l'ancienne aventurière ; jusqu'à ce les rayons du soleil couchant dardèrent au-travers de la lucarne du toit de chaume. Le temps autour de la table dressées avec profusion, avait passé tellement vite. Aerin n'aurait pu imaginer faire telle rencontre en dehors de la grande ville. Jamais elle n'avait espéré tant en découvrir au-dehors de sa chère bibliothèque... Mais il fallait partir, quitte à arriver dans la nuit ou au petit matin chez elle, Aerin ne voulait pas laisser une autre journée passé loin de chez elle – d'autant qu'elle craignait que sa mère commence à s'inquiéter malgré son apparente froideur.

Voilà comment, aux côtés de Juleis, la main posée contre son épaule puissante, Aerin marchait tranquillement. Vues tout ce qu'elle avait mangé pour combler sa faim, son estomac était totalement réfractaire à l'idée d'être balloté par le tigre et la douceur du petit vent n'en rendait que plus appréciable la balade. La fatigue elle-même avait quitté le corps de la jeune femme qui aurait pu croire à une promenade digestive après un repas de fête... il faut dire que la brave dame les avait servi comme des rois ! Pot-au-feu, fromages, fruits divers et variés, ... trouvant même la jeune femme trop frêle, elle leur procura une sacoche remplie de victuailles, qu' Aerin portait en bandoulière, dans son dos. Besace contenant nourriture sec, de l'eau dans une gourde en peau de chèvre et un vieux carnet de bord que la grand-mère avait écrit elle-même et qu'elle trouva judicieux de donner à la bibliothécaire – lui souhaitant au passage, une vie aussi remplie que la sienne.

« Elle est vraiment extraordinaire ! Je n'en reviens pas de tout ce qu'elle a vécu.. oh je l'envie, vraiment... mais je ne crois pas capable de faire la moitié du quart de ce qu'elle a fait. »

Au bout d'un moment à marcher calmement, parlant de tout et de rien pour informer le tigre de ce dont il pouvait s'attendre, Aerin avait fini par revenir sur le sujet de la vieille dame, les yeux brillants d'excitation. À moins que ce soit le feu droit devant, qui luisait déjà dans les prunelles de la bibliothécaire ? Dans tous les cas, la jeune femme plissa les yeux pour mieux voir. Un golem avait suffit et l'idée d'en croiser un nouveau – ou toute autre créature bestiale – était à proscrire. Mais en s'approchant, à rythme ralenti, il s'avéra que c'était un feu de camp. Regardant alors Juleis pour lui demander son avis par la simple expression de son regard inquiet, Aerin hésita entre rebrousser chemin ou profiter de la compagnie mais également du feu – et qui sait de la protection – de la personne ainsi installée près de la rivière. Y aller ? Ne pas y aller ? Juleis semblait confiant, alors en prenant une profonde inspiration, l'Invocatrice continua en direction du campement de fortune.

« Bon... Bonsoir... »

Aerin était évidemment intimidée. Elle si effacée d'ordinaire, se retrouvait à s'immiscer auprès de parfait inconnus. Quoique, en y regardant bien, malgré qu'elle se tenait presque cachée par l'imposant poitrail du tigre, elle crut vaguement reconnaître le visage sur lequel dansaient les flammes du feu. Ce visage, elle le connaissait pour l'avoir vu à la bibliothèque, lui sembla-t-il. Peut-être même l'avait-elle déjà aidé dans le dédale d'armoires pleines de livres... elle n'eut pu le dire, mais c'était rassurant, dans un sens. D'autant plus que la première chose qu' Aerin vit, ce fut la créature également présente.. Certes ce n'était pas un monstre, mais compte tenu de ce qui s'était passé la veille, la jeune femme craignait tout et n'importe quoi. C'est pourquoi elle resta appuyée contre le tigre, le bras fléchi pour se cacher à moitié, préférant finalement que Juleis s'exprime.
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Aventure #3 écrite Mar 27 Aoû - 22:51

    Le voyage s’annonçait plutôt bien pour nous deux. Cela faisait quatre jours que j’avais été libéré du Temple, quatre jours que je pouvais enfin redécouvrir le Monde, sa faune et sa flore. J’avais remarqué que beaucoup de choses avaient été reprises de l’Ancien Monde, mais que beaucoup d’autres étaient tout à fait inconnus pour moi. J’étais pris entre la nostalgie en repérant des plantes dont je connaissais déjà toutes les propriétés et la curiosité en apercevant une autre fleur qui pouvait aussi bien être banale qu’un poison mortel que j’aurais été incapable de la différence. Ce qui était certain, en revanche, c’était que j’étais tout émoustillé par ma sortie.
    Mais en même temps, je devais tempérer ce sentiment qui restait ancré en moi à chaque seconde qui passait. Aënaelle était encore blessée, même si elle se sentait certainement un peu mieux depuis le temps. Puis, en échange d’une certaine somme d’argent dont j’étais incapable de reconnaître l’importance, nous avions été accompagné par une caravane assez hospitalière qui se rendait au Temple de Feu. Pendant ce laps de temps, je m’étais montré extrêmement vigilant, prêt à bondir dès que quelqu’un oserait s’en prendre à ma maîtresse. Juste au cas où. Je ne voulais vraiment pas retourner dans ma prison, encore moins aussi rapidement. J’avais encore tellement de choses à découvrir !

    Finalement, nous nous étions à présent séparé de cette dite caravane à la… Traversée de la Rivière Blanche, si j’avais bien retenu. La jeune femme avait installé le camp pour la soirée, afin que nous puissions dormir à la belle étoile plus confortable. Elle était actuellement en train de préparer le repas à l’aide de restes de viandes séchés. Je songeais au fait que je devrais peut-être chasser un peu pour rapporter des vivres, surtout si la ville dans laquelle se dirigeait l’humaine était encore loin.

    N'hésite pas si tu veux quelque chose. Je sais que tu n'as pas besoin de manger, mais si tu en as envie, ne te gène pas.

    Je répondais presque au tac à tac. J’avais déjà pensé à cette possibilité, et j’en étais arrivé à a conclusion qu’il valait mieux que je la laisse manger à sa faim pendant le voyage. Ce ne serait qu’arrivé chez elle qu’il se laisserait le plaisir de goûter aux mets de ce Monde.

    « Ne t’inquiète donc pas, Aënaelle. Je n’ai nul besoin de manger. Garde donc tout cela pour toi. »

    Elle déchira un petit bout de pain de ses dents, puis reprit :

    Nous devrions arriver demain. Lüh est une assez belle ville, surement pas aussi grande que ce que tu as pu voir avant. Il faudra juste bien faire attention à ne pas trop te faire remarquer. Je ne me fais pas trop de soucis pour toi, mais les habitants sont ce qu'ils sont et les préjugés demeurent.

    Oh… demain ? Voilà qui me semblait une bonne nouvelle. J’allais enfin pouvoir me reposer un peu et me dire que ma protégée était en sécurité. Enfin… en supposant que cette ville n’abrite pas de nombreux criminels en tout genre qui voudraient s’en prendre à elle. Ah… Les Hommes étaient tellement fragiles. C’était fou comme on pouvait s’inquiéter pour un rien avec eux.

    Le plus difficile sera d'expliquer à ma mère pourquoi je suis allé te délivrer. Plaisanta-t-elle.... Enfin, si tu souhaites venir. Je comprendrais très bien si tu ne veux pas.

    Je ne pus empêcher un petit rire de sortir de ma gorge. Voyons… la réponse me semblait évidente. Sans aucun doute, je n’allais plus lâcher ma maîtresse d’une semelle ! Non seulement je pouvais me montrer un peu possessif, cela, je l’avouais, mais en plus de cela, elle était la seule personne qui me permettait de préserver ma liberté. Et elle semblait en savoir long sur ce Monde, ce qui pourrait me permettre de lui poser de nombreuses questions à ce sujet sans craindre une ignorance de sa part. Peu importe comment je le regardais, je resterais avec elle.

    « Voyons, il me semble évident que je viendrais avec toi. Tu attires les ennuis comme une fleur attire les abeilles. Je n’aimerais pas que tu meures alors que je vagabondais loin de toi. De plus, ne t’inquiète pas de ta mère. Je pense pouvoir prendre forme humaine d’ici là… Je récupère plus rapidement que prévu mes pouvoirs, je dirais que c’est une bonne nouvelle. »

    Je me figeais en attendant quelques bruits de pas encore assez lointains se dirigeant vers nous. Je tendais l’oreille à ces sons peut-être encore imperceptibles pour Aënaelle, concentré. Etait-ce un nouveau monstre qui s’approchait de nous ? J’espérais sincèrement que non, car je n’avais actuellement aucune envie de me battre. Juste de me reposer, de parler tranquillement au coin du feu, tout simplement.
    Un tigre que j’identifiais aussitôt comme un Demi-dieu, chevauché par une jeune femme à la longue chevelure dorée et aux yeux noisette apparurent. Je les regardais longuement, jaugeant leur intention à l’expression qui apparaissait sur leur visage.

    « Bon... Bonsoir... »

    Cette simple salutation hésitante me permit de baisser légèrement ma garde. Ils ne semblaient pas méchants. Je leur répondis sur un ton qui se voulait courtois :

    « Bonsoir, voyageurs… » Je jetais un coup d’œil à ma maîtresse, comme pour être sûre qu’elle me donnait la permission de me montrer aimable envers eux « Je suis Hélios, fils d’Aer. Et voici Aënaelle, ma maîtresse. Pourrais-je donc vous demander à votre tour de vous présenter ? »

    A mes yeux, le simple fait de se présenter pouvait trahir des intentions hostiles. J’attendais donc de voir leur réaction.
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Aventure #4 écrite Mar 27 Aoû - 22:52

Il espérait arriver au plus vite à Lüh, toujours dévoré par la curiosité de faire ses premiers pas dans cette nouvelle civilisation qu'avait construit les humains. C'était sans compter sur Aerin et son estomac qui semblait devoir être nourri comme celui d'un nourrisson. C'en était attendrissant, connotant ainsi avec son corps frêle et fragile de femme. Ils s'étaient arrêtés à un village aussitôt que l'estomac commençait à émettre des sons étranges de manière quasiment continue, chanceux, les deux compères avaient été accueilli par une vieille dame plus que charmante qui leur servit à boire et à manger jusqu'à ce qu'ils ne puissent plus rien ingérer.

Cette vieille femme avait vécu, d'après ses dires, une vie d'aventurière jusqu'à ce que son corps ne la porte plus aussi loin qu'avant, elle avait voyagé dans tous les recoins de l'île et son passe-temps étaient maintenant d'interceptés les nouveaux "couples" afin qu'ils lui content leur histoire et les raisons de leur voyage. C'était, comme elle le disait, sa nouvelle manière de voyager, le ressenti des personnes et leur propre histoire lui permettant ainsi de continuer à rêver des plaines verdoyantes et des terrains sablés qu'elle se souvenait avoir foulé avec tant de vigueur et de panache qu'elle se rappellerait toujours du moindre détail. Sa bicoque était sobre de l'extérieur mais l'intérieur fourmillait de souvenirs en tous genres. Juleis avait laissé Aerin et la vieille dame discutaient la plus grande partie du temps qu'ils avaient passé en sa compagnie, n'usant de mots que lorsqu'on le sollicitait directement pour une partie de l'Histoire ou sur des détails de l'Ancien Monde.

La nuit était sur le point de tomber lorsqu'ils reprirent leur route, la vieille ayant tout de même insisté pour qu'il passe la nuit-là, mais Aerin n'en démordait pas, elle avait su être tenace : elle voulait arriver à Lüh avant le lendemain, elle considérait qu'ils étaient déjà en retard. Les deux nouveaux compagnons reprirent donc leur route, Aerin marchant aux côtés du tigre et ce dernier adaptant son pas au sien. Il lui aurait bien proposé de remonter sur son dos pour gagner du temps, mais il avait compris que ça la gênait, en plus, elle était maintenant pleine de force et la fatigue n'engourdissait plus ses muscles, ce repas ayant eu l'effet de la requinquer à tous les niveaux. Elle lui semblait plus sereine, plus souriante et moins nerveuse.

Cette rencontre l'avait tellement ébahie qu'elle ne put s'empêcher de lui en refaire part, vantant les mérites de cette vieille femme qui avait eu une vie riche et qu'elle, Aerin, ne se croyait pas capable de savoir. Décidément, elle n'avait pas enregistré le message, le choix de sa vie n'incombe réellement qu'à la personne qui en est la détentrice. Si Aerin se laissait rêver à une vie d'aventure, une vie au jour le jour à crapahuter à travers le monde, il lui suffisait juste de se lancer. Mais c'était ce cap qui lui semblait infranchissable. Pourtant, dans la grotte, Juleis avait vu en elle ce potentiel, ce courage et cette détermination qui semblait s'être saisis d'elle seulement pour le temps de l'épreuve, mais il était persuadé qu'il parviendrait à faire resurgir ces versants de sa personnalité.

Juleis & Aerin marchaient tout en continuant à discuter sur un ton léger, ils étaient tous deux de bonne humeur et Lüh semblait plus proche que jamais, mais la nuit était tombée et au travers des arbres, Juleis distinguait une lumière, un feu, à l'odeur il put identifier une humaine, des la nourriture et autre chose, il en était presque sur mais ne voulait pas se faire de faux espoirs. Quelle probabilité y'avait-il pour qu'à peine sorti de son temple il croise quelque chose comme lui, un autre Demi-Dieu. Mais il fallait qu'il étanche sa curiosité, ce sentiment nouveau qui semblait ne plus vouloir le quitter, le besoin de tout savoir, d'être sur et d'être au courant des choses.

C'est donc consciemment qu'il dirigea Aerin vers le feu, quand elle le distingua enfin elle se tourna vers lui quant à la décision à prendre. Le tigre lui fit alors comprendre qu'il n'y sentait aucun danger et ils se dirigèrent donc vers les flammes. Il avait eu raison, c'était bien une invocation et son invocatrice qui étaient assis là, près du feu, partageant un repas d'après ce qu'il pouvait voir. La bibliothécaire, intimidée, prit la parole en première et ce fut le reptile d'Aer, à en juger par les ailes, qui leur répondit, se présentant lui-même ainsi que son invocatrice d'un seul coup avant de leur intimer de se présenter à leur tour. Juleis ne sentait aucune agressivité venant de leur côté, il ne voyait donc pas réellement d'objection à s'exécuter.

"Je me nomme Juleis, fils d'Aqua et la jeune femme qui m'accompagne se prénomme Aerin. Je dois dire que je suis un peu surpris de croiser aussi vite un autre fils de Dieu. Je pensais que nous étions plus rare que ça, pour dire vrai."

Aerin, et probablement un peu lui-même, semblaient gênés, ne sachant pas vraiment s'ils devaient s'arrêter ou continuer leur route. La nuit était bien là désormais et lui ne voyait pas d'inconvénient à passer une nouvelle nuit à la belle étoile, mais aucune décision n'était vraiment de son ressort désormais.
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Aënaelle Litios
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Aventure #5 écrite Mar 27 Aoû - 22:53

Les manières du demi-dieu étaient très prévenantes envers Aënaelle. Et elle ne savait pas comment le prendre. Bien sûr c'était appréciable. Et elle souhaitait vraiment s'entendre avec celui qu'elle venait de libérer. Mais restait le fait qu'elle se sentait... Dorlotée. Chose dont-elle n'avait pas l'habitude. Enfin si, justement. Toute son enfance s'était faite ainsi et même lors des expéditions auprès de son père, il lui avait été facile de remarquer les avantages dont elle bénéficiait. Encore plus quelques années plus tard, quand, de son propre chef, elle avait décidé de travailler seule.

Et la demoiselle s'était habituée à cette vie d'aventure. Une vie qui la passionnait. Avec des hauts et des bas. Le tout mêlé à ces retours à la capitale qui, avouons, l'amusait tout autant. C'était tout simplement une autre forme d'aventure. Bien que moins plaisante de son avis. Son éducation l'ayant formée à parer toute éventualité en ville. Pas en dehors. Et c'est cette soif d'inconnue, de découverte qui l'intéressait.
Alors, de quoi avait-elle peur en présence de personnes si avenantes envers elle ? Tout simplement de perdre son autonomie, son indépendance. Elle savait que ce jour fatidique arrivera. Une nouvelle vie, de nouveaux sentiments... Mais elle retardait cet instant. Et pour le moment, elle ne savait pas vers quel changement sa collaboration avec la divinité allait la mener. Une chose est sûre, il n'allait pas la lâcher. Il l'avait dit lui-même. Elle prit le temps d'avaler sa viande avant de répondre sur un ton taquin, bien que l'image utilisée lui fasse plaisir


-Mhm, ennuis dont tu es en partie responsable, au moins autant que moi. Et je n'ai pas l'intention de mourir avant de longues années. Quant à ma mère, nous en reparlerons, mais je pense que te cacher n'arrangera rien. Ce n'est pas de savoir que tu es la qui va la gêner, au contraire. Non, ce dont il ne faudra pas lui parler, c'est de tes épreuves, quoi qu'elle demande, même si elle remarque mes blessures, il n'y a pas eu de combat, d'accord ?

Aucun ordre la dedans, juste une demande. Mais elle ignorait si ce genre de subtilité existait devant la punition des dieux. Seul son ton de voix indiquait la demande tel qu'elle était.
Autant éviter d'inquiéter sa mère pour rien. Il fut assez difficile par le passé de la convaincre de laisser sa fille repartir à l'aventure et seule qui plus est. La confiance c'était peu à peu installée, voyant que son enfant prenait grand soin de préparer ses voyages et revenait toujours indemne.

Des sons se firent entendre. Aënaelle les assimilas comme des petits animaux proche d'eux et rien de plus. Mais Hélios, lui, se mit en garde. La région n'étant pas réputée dangereuse, elle resta assise, confiante. Il apprendra à rester calme dans pareilles circonstances.
Cela dit, sa méfiance n'était pas superflue, car de petits pas étaient de plus en plus proches avant de s'arrêter et qu'une voix timide ne leur souhaite bonsoir. Le fils d'Aer répondit en premier et, après un petit geste de la main de sa maitresse, puisqu'il allait l'appeler ainsi, les présentas.

La chercheuse en profita pour se lever et s'avancer vers les deux inconnus, un sourire s'étirant sur son visage tandis qu'elle levait les yeux au ciel d'amusement, en profitant pour admirer les teintes du ciel nocturne que seule une demi-lune brisait par sa clarté. ''Maîtresse ''. Jamais elle n'aurait cru un jour se faire appeler ainsi. Bien entendu, il ne s'agissait que d'une marque de respect, mais elle espérait qu'il prendrait l'habitude par lui-même de l'appeler autrement. Son prénom suffisait largement. Même un petit sobriquet affectueux ne la dérangerait pas, en ayant toujours porté un.

Les nouveaux venus étaient une jeune femme en partie cachée derrière un magnifique tigre blanc. Il était facile de supposer sa provenance. Chose confirmée lorsqu'il se dit fils d'Aqua.
Après, difficile d'en déterminer autre chose. A part, peut-être, que ce groupe n'était pas équipé pour un long voyage. Surement parce que la femme qui se cachait derrière le pelage de l'invocation n'avait rien prévue d'autre que de la libérer. Annonçant que ce ''couple'' est lui aussi très récent. Voilà qui pourrait être intéressant de partager ces aventures.

Aënaelle se plaça aux côtés d'Hélios et lui souris affectueusement. Elle n'osa pas le caresser comme elle aimerait le faire, ne voulant pas le gêner devant des inconnus. La divinité l'avait certes laissé faire une fois, mais elle craignait que l'attention soit mal interprétée et ne lui plaise pas.
Tournant son visage vers les arrivants, elle prit la parole.


-Bonsoir à vous, Aerin et Juleis. Tout comme nous, votre voyage a dû être long et fatiguant, que diriez-vous de vous reposer auprès du feu ?

La demoiselle avait de suite proposée cela, voyant clairement que les deux autres voyageurs étaient gênés par leur propre intrusion.
De son côté, elle n'y voyait pas d'inconvénient. Il ne pouvait sérieusement pas s'agir de bandits des grands chemins et la présence de deux invocations ne pouvaient que renforcer leur sécurité. Et puis, Hélios pourrait converser avec un de ses cousins.


-Il n'est pas courant de vous rencontrer, en effet, enfant des dieux, mais pas rare non plus. Nombreux sont ceux qui ont tenté et réussis vos épreuves. Plus encore sont ceux qui ont échoué.
Mais, vous vous dirigez vers la capitale, là-bas, la noblesse vous aperçoit plus comme un trophée prouvant leur courage.


Elle fixa alors gravement Aerin. Ses traits lui rappelaient quelqu'un. Où l'avait-elle rencontrée ? Une soirée mondaine ? Chez elle ne savait quelle maisonnée ? Habillée comme elles étaient toutes les deux, difficiles l'une pour l'autre de deviner leur classe sociale. Ce qui n'était pas plus mal en réalité.
Cela dit, vu le manque de confiance apparent de l'invocatrice de Juleis, elle pouvait penser que ce dernier avait eu de la chance et ne servira pas qu'à être exhibé bêtement. A cette pensée, son visage se radoucit, devenant rassurant avant de regarder Hélios, dans un ton lui assurant que jamais il n'en sera ainsi pour lui. Elle reprit alors.


-Excusez mon impolitesse mais j'ai déjà commencé mon repas. Nous feriez-vous le plaisir de vous joindre à nous pour partager feu, victuailles et récits ?

L'invitation était on ne peut plus clair et elle n'attendait rien en retour. Cela dit, c'était à Aerin d'accepter ou non, Aënaelle l'observant lorsque la question fut posée. Quelle que soir la réponse, elle irait se réinstaller auprès du feu. Il faisait vraiment froid en cette nuit.
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Aerin Cirth
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Aventure #6 écrite Mar 27 Aoû - 22:54

Le regard posé sur le reptilien sur lequel miroitaient les flammes du feu, Aerin ressemblait à une petite fille se cachant dans les jupes de sa mère. Pour un peu, elle aurait même enfouit son visage dans le pelage du tigre.. mais s'en retint pour garder un œil sur les deux autres protagonistes ; s'attardant davantage sur la jeune femme qui vint à se lever après que les présentations eut été faites par les deux Invocations. Son visage lui était véritablement familier, bien qu'elle n'arrivait pas à mettre un nom à cette personne... Quand bien même, aurait-ce été poli de continuer à la dévisager alors qu'elle venait de poser une question ? Baissant les yeux tout en se raclant la gorge pour oser reprendre la parole, Aerin bafouilla un bref instant, inspira un bon coup et reprit de façon plus fluide bien qu'immanquablement timide.

« Nous vous remercions... Il est vrai que cela fait deux jours que nous marchons à présent... J'avoue que j'aimerais arriver à Lüh au plus tôt.. mais si cela ne vous dérange vraiment pas.. il serait agréable de rester un peu. »

Un court instant, elle avait voulu décliner l'invitation, mais Juleis semblait tellement captivé à l'idée de parler à une autre Invocation, que le refus ne sembla plus de mise. Il fallut un simple coup d'oeil en biais dans le but de croiser le regard du tigre, pour comprendre qu'il était intrigué par cette rencontre. Sa surprise était visible et Aerin s'attendit presque à le voir écarquiller les yeux quand la dénommée Aënaelle lui avoua qu'il était malgré tout fréquent de trouver des demi-dieux à la capitale.. pourtant elle fit mine de rien et s'avança près du feu sans pour autant défaire sa main de l'encolure de l'animal.

« C'est exacte, se permit-elle alors d'ajouter d'une petite voix. Il est relativement courant de voir des Invocations depuis l'époque des quatre maîtres de la Terre. Plus encore depuis la rébellion ardente, je dirais, il y a plus de deux siècles de cela. »

Aerin parlait plus pour Juleis à ses côtés que pour le petit comité ainsi formé. Principalement parce que l'autre jeune femme semblait s'y connaître et que la bibliothécaire était trop intimidée par la seconde Invocation pour oser la regarder trop longtemps – ignorant, de ce fait, s'il était curieux de savoir ce genre de détails... tout au plus lui lançait-elle des œillades curieuses tandis qu'elle continuait de se rapprocher pour être suffisamment proche du feu et ainsi être clairement vue. Ce qui ne manqua pas d'augmenter son malêtre quand elle sentit le regard de l'autre femme posé sur elle. Baissant la tête comme une enfant prise en faute, Aerin eut même envie de repartir tant le regard lui parut oppressant.

Respirant comme si l'air se faisait rare, la jeune femme ne savait plus où regarder jusqu'à ce qu'elle réalise que sa vis-à-vis ne devait sûrement pas faire plus que ce qu'elle avait elle-même fait en arrivant : tenter de mettre un nom et un contexte au visage en face. C'est pourquoi, tout en se pinçant les lèvres, Aerin releva le nez et se décolla du tigre sans pour autant dénouer ses doigts de l'encolure féline.

« Ne.. ne vous excusez pas, c'est nous qui interrompons votre repas. De plus nous avons aussi de quoi nous sustentez, commenta-t-elle en ôtant son balluchon noué sur son dos. Je pense que notre hôtesse nous a donné de quoi nourrir toute la milice... »

Sur ces mots, Aerin s'agenouilla au sol pour déployer le contenu de l'étole de lin, laissant apparaître la gourde en peau de chèvre et les différentes viandes fumées et séchées qu'elle contenait. Pour la première fois elle avait lâché le tigre mais régulièrement, pendant qu'elle déballait le contenu de sa besace, elle vérifiait que le félin était bien à ses côtés.

« Je vous en prie, servez-vous.. »

Timidement, approchant cette nappe de fortune près de ses hôtes en la faisant glisser au sol près du feu , Aerin n'osa néanmoins pas lever le nez. Même sa voix résonnait à peine, afin de laisser les trois autres intervenants parler à leur aise. Faisant ainsi usage des bonnes manières inculquées par sa mère qui avait élevée Aerin d'en l'espoir dans faire la parfaite épouse docile qu'un mari peut espérer avoir. Elle n'osa même pas se servir en première, de peur d'aller contre la bienséance.. préférant se rassoir droite comme un i, assise sur ses talons et sa main revenue presque machinalement contre l'immense patte blanche du tigre afin de se rassurer.
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Aventure #7 écrite Mar 27 Aoû - 22:54

    Lorsque Aënaelle m’expliqua peu avant l’arrivée des inconnus qu’il ne fallait pas parler de combats malgré certaines blessures évidentes, je hochais simplement la tête. Je lui poserais quelques questions à ce sujet plus tard. J’étais bien curieux de savoir pourquoi nous devions garder ces petites batailles cachées aux yeux de sa génitrice. Peut-être que cette dernière était trop protectrice et qu’elle n’approuverait pas que sa fille prenne autant de risques ? Ce n’était qu’une hypothèse, la plus évidente, mais elle me semblait plausible. Enfin. J’allais devoir mettre ma curiosité de côté, pour l’instant du moins.

    Vint donc le petit duo dont nous n’avions évidemment pas attendu la visite, bien que leur apparition ne me dérange absolument pas. Ils s’étaient donc à leur tour présentés. Aerin, la jeune femme, semblait très timide et réservée, de part sa manière de s’adresser à nous. Son partenaire, Juleis, me paraissait avoir un caractère à peu près similaire au mien : calme. Je ne sus en dire plus à son sujet seulement en observant son comportement, car il ne laissait que peu d’émotion filtrer à travers son corps. Je lus seulement une certaine affection à l’égard de celle qui l’avait sauvé de sa prison lorsque son regard se posa sur elle. Une affection réciproque, d’ailleurs.
    La jeune femme à la chevelure d’ébène se posta près de moi et m’adressa un sourire chaleureux, que je lui rendis par un regard semblable.

    -Bonsoir à vous, Aerin et Juleis. Tout comme nous, votre voyage a dû être long et fatiguant, que diriez-vous de vous reposer auprès du feu ?

    Je n’ajoutais rien aux paroles de ma maîtresse. Avoir un peu de compagnie auprès du feu ne me dérangeait absolument pas, je pensais même que cela pourrait se révéler plaisant. De plus, j’allais avoir l’occasion de parler à un de mes frères, bien qu’il soit un fils d’Aqua. Ce n’était qu’un détail au fond, alors je n’y prêtai guère attention.

    -Il n'est pas courant de vous rencontrer, en effet, enfant des dieux, mais pas rare non plus. Nombreux sont ceux qui ont tenté et réussis vos épreuves. Plus encore sont ceux qui ont échoué.
    Mais, vous vous dirigez vers la capitale, là-bas, la noblesse vous aperçoit plus comme un trophée prouvant leur courage.


    Je notais ces paroles dans un petit coin de ma tête. Hm… Les Hommes n’avaient donc pas tant changé que cela. Ils étaient encore à la recherche de la gloire et de la fortune, toujours à vouloir plus de richesse et de popularité. Cela ne me surprit presque pas. Je m’y étais habitué au fil des siècles.
    Je supposais que je pouvais donc me considérer comme chanceux de ne pas être tombé sur un de ces nobles avares et orgueilleux.

    -Excusez mon impolitesse mais j'ai déjà commencé mon repas. Nous feriez-vous le plaisir de vous joindre à nous pour partager feu, victuailles et récits ?

    Sur cette invitation si bien posée, je retournais m’installer près du feu, l’air soudain un peu plus las. Je ne considérais pas nos invités de ce soir comme des intrus, ni comme un potentiel danger. J’espérais seulement ne pas me tromper en leur accordant cette confiance et en baissant de la sorte ma garde. Juste au cas où, je restais près à bondir au moindre problème pour protéger Aënaelle, même si j’espérais ne pas avoir à le faire.

    J’écoutais avec attention la conversation qui se déroulait, en silence pour le moment. Aerin accepta d’un air un peu gêné la proposition de son interlocutrice. Elle ajouta ensuite aux paroles de la jeune femme qu’il était vrai que les Invocations se faisaient de plus en plus nombreuses depuis… la Rébellion Ardente ? Je supposais que c’était une époque où il ne faisait pas très bon de vivre, quelque chose comme une guerre, si je jugeais de part le nom qu’on avait donné à ces années.
    Je relevais la tête, un poil intrigué, et me dis qu’il faudrait que je pose la question une fois que tout le monde serait assis près du feu. Cela m’informerait un peu sur les grands évènements de ce Nouveau Monde.

    Sortant ensuite un bon gros tas de viande séché d’une étole de lin, l’humaine aux cheveux semblables aux rayons du soleil expliqua que qu’on lui avait donné de quoi nourrir toute la milice. Je remarquais au passage, qu’elle ne cessait de jeter des coups d’œil au tigre. Craignait-elle qu’il s’enfuie ? Je l’ignorais, mais ce qui était certain, c’est qu’elle avait peur de le perdre de vue. Là aussi, j’aurais bien posé une petite question à ce sujet. Ce ne serait cependant plus de la curiosité, mais bien de l’indiscrétion…
    Bien que lâchant un petit rire, mon regard s’assombrit l’espace d’un instant. La milice, hein… ? Ces personnes qui pouvaient aussi bien entretenir une Guerre que défendre les citoyens d’une ville. Depuis mes quelques mauvaises aventures auprès de ces ‘gardes’ dans l’Ancien Monde, je me montrais incapable de leur accorder à nouveau une quelconque confiance. A mes yeux, ils restaient faibles et facilement corruptibles malgré leur force physique plus conséquente.

    « Je vous en prie, servez-vous.. »

    Je sortis de mes pensées et relevais la tête d’un air plus paisible. Je ne pris rien de cette nourriture, non pas par impolitesse, mais simplement parce que je jugeais inutile de manger et donc de réduire les vivres des jeunes femmes. Il serait dommage, si un contretemps survenait, que la viande vienne à manquer. Je préférais me montrer prudent.
    En revanche, j’étais bien prêt à poser cette fameuse question qui me brûlait les lèvres depuis qu’Aerin avait mentionné ceci.

    « Aerin… Tu as parlé de la Rébellion Ardente. Pourrais-tu m’expliquer ce que c’est ? »

    Une question toute simple, dont la réponse pouvait m’apporter pas mal d’informations au sujet de ce Monde.
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Aventure #8 écrite Mar 27 Aoû - 22:54

L'espace d'un instant, il avait eu un peu de mal à cacher sa surprise quand l'inconnue lui avait annoncé qu'il était fréquent de rencontrer des invocations dans ce monde. Qu'ils étaient devenus un symbole de puissance tout comme une nécessité pour évoluer dans ce monde. Alors certains se servaient vraiment d'eux comme des objets ? De simples instruments ? Il frissonna à l'idée que si son épreuve avait été tout autre, il aurait pu tomber sur une personne qui aurait fait de sa vie un chaos, mais grâce au bon vouloir d'Aqua il s'en sortait assez bien. Quoiqu'il en soit, même s'il avait eu le malheur de tomber sur une personne malintentionné qui n'avait eu pour seul intention de faire de lui une chose, un objet, il l'aurait tué, il aurait trouvé un moyen de s'en débarrasser, quitte à retourner dans l'Antre à jamais.

Il paraissait de moins en moins probable à Juleis que leurs deux nouveaux interlocuteurs n'aient quelques mauvaises intentions. Le félin avait, de toute façon, baissé sa garde dès lors qu'il avait décidé de s'avancer vers le feu, s'étant senti de manière irrépressible attiré par l'endroit. Mais il comprenait maintenant, son inconscient et ses souvenirs avaient du lui envoyer un message, le message qu'un de ses pairs se trouvaient là, un fils d'Aer qui plus est. Il se demanda alors si tous les temples se situaient dans la même région, mais le fait de ne pas en avoir croisé sur la route de Lüh lui fit comprendre que ce n'était probablement pas le cas.

Depuis qu'ils étaient arrivés près du feu, Aerin semblait bloqué à ses côtés, légèrement tendue et anxieuse à en juger par la pression inconsciente que sa main exerçait sur l'encolure de la divinité. Elle semblait encore une fois vraiment timide et de facto, attendrit un peu plus le tigre à son encontre. Malgré tout, elle parvenait à prendre la parole pour eux deux et lui permettait ainsi de détailler un peu plus l'invocation d'Aer qui se trouvait en face de lui. Il ne se souvenait pas de l'avoir déjà croisé dans l'Ancien Monde, c'était un reptilien aux écailles dorées et doté d'ailes à plumes, quelque chose qui, disons-le, s'oublierait difficilement. Le fait qu'il ne le connaisse pas n'était pas vraiment étonnant, Juleis ayant toujours vécu en marge des autres dans l'Ancien Monde avant d'y être contraint par la dérive humaine.

Lorsque Aerin retira sa main de son encolure le temps de déballer ses victuailles, il ressentit quelque chose d'étrange, comme s'il lui manquait quelque chose. Il mit ça sur le compte des heures qu'ils venaient de passer à marcher côté à côté, sa main posé sur lui et le fait qu'il s'était habitué à sa présence. Elle déballa donc les victuailles que la vieille femme leur avait procuré pour le reste de leur périple et en proposa au bon vouloir des quatre personnes présentes. Pour sa part, il avait déjà pu goûter à ces mets chez la vieille dame, il ne voyait donc aucun intérêt à priver les deux humaines de nourriture, elles qui en avaient besoin pour survivre. Juleis ne put s'empêcher, à nouveau, de remarquer l'attitude étrange de son invocatrice lorsqu'elle poussa le bout de tissu pour le mettre à portée de tous, elle s'était inclinée dans une sorte de position qui émanait la soumission et la politesse avant de se redresser toute droite. Les coutumes humaines ainsi que leurs comportements lui paraissaient toujours étranges mais il ne se permettrait pas de lui en faire la remarque en public, de peur de la perdre à nouveau derrière le rouge de ses joues.

Ce fut ensuite au tour de l'autre invocation de prendre la parole, s'adressant à Aerin et à son invocatrice, il demanda ce qu'était la "Rebellion Ardente". Juleis réalisa alors que le sujet l'intéressait tout autant, il avait juste était trop absorbé par le fait de se retrouver nez à nez avec un de ses confrères pour relever le terme, pour comprendre que c'était une partie de l'Histoire de ce nouveau monde et que les deux humains, aujourd'hui, pouvaient être aussi des puits de connaissances sur ce monde là. Alors qu'il sentait de nouveau le contact de la main d'Aerin sur sa patte, il s'assit et redressa son corps, ses pattes n'ayant pas bougé pour ne pas déstabiliser son invocatrice et ainsi éviter qu'elle chute maladroitement devant ces parfait inconnus et ne provoque l'hilarité générale. Ayant, maintenant, vécu un jour ou deux en sa compagnie, il avait compris que sa plus grosse peur était le contact avec les autres, il n'osa alors même pas imaginer dans quel état elle serait si on venait à se moquer d'elle par sa faute..
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Aventure #9 écrite Mar 27 Aoû - 22:55

- Ô, je vous assure que vous ne nous dérangez pas. Je ne vous aurais pas proposé de rester autrement. Ne vous inquiétez pas, venez, il fait meilleur près des flammes.

Aënaelle tentait autant que possible de rassurer son homologue qui lui paraissait vraiment trop hésitante. Une timidité pareille chez les voyageurs, c'était possible ? En tout cas, elle trouvait ça étrangement attendrissant. Peut être à cause de l'habitude. Les caravanes marchandes et autres voyageurs sont bien plus sur d'eux et souvent trop... Au point de devoir les repousser et surveiller ses arrières. Ce constat l'amusa. Déjà, rien qu'avec Hélios, elle n'avait pas vraiment à craindre ce genre de soucis. Surtout que ce dernier semblait ne pas aimer dormir en se sachant exposer à de mauvaises surprises. Ensuite, elle passerait la soirée sur des sujets peut être un peu plus féminin. Même s'il s'agit de broutille et discutions sans véritable intérêt, cela lui convenait. Justement, cela lui changerait des oeillades et autres démonstrations moins discrète des hommes et les rumeurs et potins que pouvaient colporter les demoiselles de la haute.

Aerin confirma ses dires quant-aux invocations. Précisant ce que l'on pouvait dénommer comme une époque révolue, a voie basse cependant.
Mais qui n'échappa pas à l'enfant d'Aer. La question fut donc posée : Qu'est-ce que la rébellion ardente?

La chercheuse porta sa main à ses lèvres dans un geste lent est orchestré. Une façon polie de montrer son amusement pour la curiosité d'Hélios, mais aussi un moyen d'éviter de rire et de cacher un grand sourire. Un genre de mauvaise habitude en somme. Que voulez-vous ? C'est ainsi qu'elle a été élevée.

Cette question, elle aurait très bien pu y répondre. N'allez pas croire qu'elle le pris mal ! Au contraire. De toute façon, comment le demi-dieu aurait-il pu le savoir ? Et puis, voir l'histoire racontée par d'autre, c'est toujours intéressant. Alors, voyant la timidité de son invité reprendre le dessus, elle se dit que l'aider un peu serait bienvenu. Après tout, plus elle sera à l'aise, plus discuter serait simple et agréable.
Sans a-priori, la jeune femme se servi parmi les mets proposés, remerciant au passage celle qui lui offrait une partie de ses victuailles.


- Merci, c'est vraiment agréable de votre part.

Un simple partage n'était pas forcément monnaie courante, mais ici, il s'appliquait dans la plus grande simplicité. Il ne s'agissait que de viande fumée, mais le goût salé apporté par l'aliment était appréciable. Elle demanda alors:

- Acceptes-tu de nous parler de cette période ? Je sais que ce n'est pas vraiment la plus joyeuse de notre belle ile mais j'aimerais beaucoup que tu nous la narre.


La mettre sous lumière pour l'amener à s'exprimer avec plus de confiance ? Pourquoi pas. Dès le moment où l'on sait le public captivé, tout devient plus facile. Il ne reste qu'à démarrer et là, s'ensuit une histoire bien racontée.

Concernant la Rébellion Ardente, ce n'était clairement pas le sujet favori d'Aënaelle. Le début d'une utilisation stupide des invocations qui, aujourd'hui encore, ne s'est pas arrêté. Seule l'unification d'Arcane a au moins permis l'arrêt de combats grotesques.

En regardant la future narratrice, elle s'aperçut, elle aussi, de la grande proximité entre la timide femme et son tigre. Semblant ne pas pouvoir se passer l'un de l'autre telle une symbiose. Il y avait de quoi envier leur situation.
Cependant, la noble demoiselle préférait rester sur une relation plus complice et moins fusionnelle avec sa propre invocation, pour des raisons qui lui semblaient évidente et que même Aerin devait connaître, du moins l'espérait-elle, pour s'en être posés la question, ainsi que les ''risques'', qu'ils rencontreront plus tard quant à leur relation.
Mais pour l'heure, qui se souciait bien de cela ?
Le récit de la jeune femme s'arrêta et après d'éventuelle questions historiques, Aënaelle manifesta son plus gros défaut : la curiosité.


- Aerin ? Puis-je savoir pourquoi tu... Oh, excusez-moi, vous êtes allé libérer Juleis ? Et pardonnez-moi si je suis trop curieuse, c'est dans ma nature.


Elle lui offrit alors un sourire amical et complice pour la conforter dans sa prise de parole.
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Aventure #10 écrite Mar 27 Aoû - 22:56

Voilà qui était des plus surprenants.. et des plus intimidants. Installée aux côtés du tigre, la main posée sur la patte de ce dernier, Aerin chercha le regard de Juleis quand l'autre Invocation lui demanda des précisions. Il y avait fort à parier que le fils d' Aqua aurait aussi envie d'entendre cette histoire.. et même la demoiselle en vis-à-vis qui ne manqua d'ailleurs pas de finir de convaincre la timide bibliothécaire qui se racla la gorge avant de dire quoique ce soit.

« Et bien.. hm, la Rébellion Ardentes remonte à moins cent neuf avant l'ère Aspéra et.. hm, ça ne doit pas vous dire grand-chose, balbutia-t-elle avant de chercher de quoi tracer sur le sol. Regardez, nous sommes actuellement en cinquante-huit de l'ère Lühienne, dit-elle en prenant de l'assurance et traçant une longue ligne horizontale au bout de laquelle elle traça une perpendiculaire représentant le temps présent. Avant ça, il y eu une période d'environ un siècle équivalent à l'ère Aspéra. La rébellion Ardente s'est déroulée cent neuf ans avant cela, poursuivit-elle en faisant le troisième traits de son schéma. Bien avant, les hommes ne savaient pas à quoi servaient les temples, on les savait magiques, mais c'est tout.. »

Son rôle de bibliothécaire reprenait le dessus tandis que son discours se faisait de plus en plus posé et calme. Aerin aimait suffisamment l'histoire pour faire abstraction de sa timidité et ainsi poursuivre en se rasseyant correctement, recroquevillant ses jambes à ses côtés et posant sa main sur l'autre, croisées cette fois ci sur ses genoux.

« Puis quelqu'un a été dans l'un d'eux, celui de la Terre. En découvrant les Invocations, d'autres hommes ont été dans le Temple et c'est ainsi que cette région, ici même près de la rivière blanche et principalement à Lüh, la capitale, est devenu prospère grâce à ces quatresmaîtres. L'embêtant, c'est que le peuple de l' Eau était vu comme un envahisseur qui avait souhaité contrôler tous les temples sans savoir ce qu'il y avait à l'intérieur. Résultat, quand le monde entier a su qu'il y avait des créatures magiques à l'intérieur, toutes les peuplades de l'ouest ont fait en sorte de monter une armée d' Invocations pour récupérer leurs terres. Devrais-je dire : le peuple du feu, annonça-t-elle un peu honteuse compte tenu qu'il s'agissait de ses ancêtres. Mais comme vous devez le savoir, l'Eau domine le Feu et donc les rebelles ont été massacrés durant la rébellion ardente qui a duré près de quatre ans malgré tout... »

Prise dans son discours, Aerin sembla éprouvé la tristesse de perdre ce combat, soupirant tandis qu'elle but une gorgée d'eau pour réhydrater sa bouche.

« Ce n'est qu'après que les peuplades sous le joug du royaume de l' Eau décidèrent de s'allier pour mener une guerre, sûrs de gagner s'ils avaient l'appui du royaume des quatre maîtres de la Terre. Même les peuples de l' Air se sont joint à la bataille qui fut gagnée cette fois ci. C'est depuis ce jour que toute l'île est unifiée. Le premier roi fut Edmond d' Aspéra, d'où le nom de l'ère avant la nôtre. Puis son trône lui a été pris par Sahen de Lüh.. et c'est avec lui que les Invocations sont devenues véritablement importantes car elles n'étaient plus le privilège des soldats. Tout le monde était libre d'aller affronter les défis des demi-dieux. »

Sa voix s'estompa en achevant son récit. Au lieu de s'attarder à la rébellion, Aerin avait un peu relaté toute l'histoire de l'île et elle sentit sa bouche complètement sèche après tant de discours. Mais alors qu'elle se remettait d'avoir tant parlé et reprenant sa réserve à l'encontre de ses trois compagnons, voilà que la brune en face d'elle lui posa une question. Celle-là même qui lui avait fait craindre pour sa vie dans la grotte de Juleis. D'ailleurs, Aënaelle avait du ressentir le trouble d' Aerin qui posa instinctivement sa main tremblante sur la patte du tigre car elle s'excusa.. de l'avoir tutoyé. Ce qui n'était pas là le problème, mais bien la question en soi.

« Je.. je m'étais décidée à re.. retrouver l' Invocation de feu mon père. Une Invocation de Feu, mais je me suis perdue en chemin, rougit-elle en baissant la tête. Au lieu d'arriver dans le désert Ambré, je suis arrivée au Temple de l' Eau. Alors ça a été plus fort que moi, j'y suis entrée.. »

Le reste la mettait mal à l'aise. Que pouvait-elle dire d'autres ? Expliquer ce qu'elle avait vécu dans la grotte ? Hors de question, elle en était gênée sans raison et le simple souvenir la fit frissonner. Se remémorant que par trois fois, elle faillit y mourir...
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Aventure #11 écrite Mar 27 Aoû - 22:56

Comme tous les autres au coin du feu, Juleis avait écouté sans l'interrompre Aerin contait le récit de ce Monde, le tigre ayant vite compris qu'elle débordait un peu de la question initiale. Mais pour l'Invocation qu'il était c'était tant mieux, il était avide de pouvoir retracer l'Histoire du monde et en même temps celle de ses pairs, non pas que celle des humains ne l'intéressent, mais c'était plutôt mené par une sorte d'égoïsme patriotique que sa curiosité était guidée. Son poil s'était légèrement hérissé à l'évocation de l'appellation "Peuple de l'Eau" pour parler de simples humains ayant soumis à leur autorité d'autres Fils d'Aqua. Hormis ce petit incident, le récit ne l'avait choqué outre mesure, les Hommes avaient, de toutes façons, souvent fonctionné de cette manière, avide de pouvoir et de puissance, tentant d'écraser aussi bien leurs adversaires que leurs prochains. Le fait de se servir des Invocations comme des armes pour faire la guerre ne le surprit pas non plus, en adéquation avec cette soif de puissance, la soumission d'entités aussi puissantes correspondait tout à fait au caractère humain.

Il apprit aussi par le biais de cette histoire que ce monde était un Royaume, hypothétiquement soumis au joug d'un monarque, donc. Le tigre étant d'une personnalité peu bavarde, il ne comptait pas ajouter quoique ce soit, partant du principe qu'on ne peut refaire l'Histoire et jugé les hommes par leurs actes passés mais plutôt par leurs actes futurs, la destinée étant, pour lui, quelque chose de très important et surtout modifiable. Juleis ne put d'ailleurs pas s'empêcher de réagir intérieurement lorsque sa nouvelle invocatrice s'empourpra et répondit à la question de la femme brune, racontant le fait qu'elle s'était perdue sur la route du Temple d'Ignis pour finalement atterrir dans celui d'Aqua. Pour le tigre, le fait qu'elle se soit perdue était aussi dû à la destinée, régie probablement par les dieux, ayant poussé la jeune bibliothécaire à s'enquérir d'un fils ou d'une fille d'Aqua.

Mais la jeune femme semblait perturbée par autres choses, s'arrêtant là sur les détails de son voyage au Temple. Juleis devinant qu'elle revivait son épreuve mentalement, il changea de la position assise à la position couchée, amenant son énorme museau sur la main qu'Aerin avait déposée sur le sol, car il lui était reconnaissant du courage et de la détermination dont elle avait fait preuve à l'intérieur de cette cave, pour le libérer lui et pour mettre fin à son isolation. Il se savait engagé pour une vie avec elle et, jusqu'à son dernier souffle il savait qu'il lui serait redevable pour sa liberté.

Une fois installé, il focalisa son attention sur leurs deux interlocuteurs, intéressé de leur retourner la question, la Rébellion Ardente ayant éveillé sa curiosité pour savoir si, aujourd'hui encore, les humains cherchaient à s'accaparer les invocations pour s'en servir comme des armes. La nature humaine étant coriace, il doutait qu'elle puisse avoir totalement annihilé ce côté belliqueux et fier de l'Homme.

"Puis-je me permettre de vous retourner la question ? Si ce n'est pas trop indiscret."

A en juger par l'attitude et la dégaine des deux inconnus, il doutait qu'elle soit une personne mal intentionnée, le fils d'Aer qui lui faisait face ne semblant pas vraiment triste ou déçu d'être là, au contraire même. Juleis avait pu sentir qu'il était resté prêt à la défendre et à leur sauter jusqu'à être totalement certains de leur honnêteté et de la pureté de leurs intentions. Il se tourna ensuite vers le reptile doré, quelque chose l'intriguait et lui seul était à même de lui répondre.

"Hélios, j'aimerai savoir quelque chose, encore une fois, pardonnez mon indiscrétion mais la question me brûle la langue."

Il ne savait pas si c'était quelque chose d'approprié où si, dans les coutumes, ce n'était pas quelque chose que l'on demandait à une invocation mais, après tout, il n'était pas encore rodé aux us et coutumes du pays.

"Avez-vous déjà eu un autre... maître ? Étiez-vous déjà sorti de votre Temple ?"

Cette question découlait de sa candeur et de sa sortie récente, il était émerveillé et voulait, d'un côté, savoir s'il était le seul à tout redécouvrir et si c'était le cas, il aurait aimé pouvoir avoir un récit de la part d'un de ses congénères, espérant qu'il puisse mieux lui faire ressentir les choses aux travers de ses paroles qu'un simple humain. Car les humains, si c'était vraiment les mêmes humains, n'avaient pas été dotés par les Demi-Dieux des capacités de perception dont étaient affublés les Invocations.

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Aventure #12 écrite Mar 27 Aoû - 22:57

Comme tous, Aënaelle écouta avec attention le récit d'Aerin. Qu'elle trouva complet. Il y manquait certains détails sans réelle importance pour la compréhension de l'histoire d'Arcane, mais à quoi bon, c'était très bien expliqué et le fait de partir un peu plus loin n'était absolument pas une erreur. Au contraire. D'ailleurs, Hélios paraissait pleinement satisfait de cet interlude historique, ils feraient plutôt bien la pair se le demi-dieu s'intéressait autant à l'histoire.
Bien que la demoiselle penchait plus pour un intérêt purement informatif. Comment pourrait-il en être autrement ? Passez des siècles, peut-être même plus sans rien voir ni savoir, cela éveil forcément la curiosité. Un peu comme de nouveaux enfants avide de tout savoir, pourquoi et comment... Bon, d'accord, pas tous.

Reste que le dragonnet remercia la jeune bibliothécaire, la complimentant sur ses talents de narratrice. Il fallait avouer qu'après les hésitations prévues, elle se pris en main et expliqua parfaitement ce qui lui était demandé. Et même plus! Si cela attisait l'intérêt d'Hélios, son invocatrice ne pouvait que s'en réjouir.
La demoiselle remercia donc à son tour la jeune inconnue.

Elle continua d'observer le duo face à elle tandis-que l'on répondait à sa question.
La petite blonde se remit à bafouiller quelque peu, comme si elle avouait un secret honteux.
Chose qui amusa la chercheuse tant son comportement était adorable. Et le grand tigre posant sa tête sur sa main... A faire craquer. Mais, cela dit, cette question gêna énormément son invité et Aënaelle s'en voulu quelque peu et se garda de tout commentaire. Après tout, Aerin, était venu pour une invocation et en possédait désormais une. Elle ne pouvait que leur souhaité de bien s'entendre.

Comme pour confirmer ses pensées, Juleis lui retourna la question. Sauf qu'elle, assumait totalement son ''erreur''. Car oui, elle n'avait à la base pas prévu de libérer qui que ce soit. De ce fait, elle laissa échapper un petit rire avant de décaler ses jambes sur le côté pour s'asseoir plus confortablement.


Je ne vois aucun mal à répondre à cette question.


Elle regarda alors la divinité qui l'accompagnait désormais et affichait comme un petit malaise.

Te souviens-tu ? Je t'avais dit que la raison de ma venue n'était pas... raisonnable ? Il est temps que je tu saches, alors je profite que la question me soit posée...

Son visage retrouva tout son sérieux et pouvait même paraitre désolé. En effet, elle ignorait comme Hélios prendrait la nouvelle. Bien, espérait-elle. Avec humour et philosophie, ça serait même parfait.

Eh bien, Je n'aurais jamais dû entrer dans le temple d'Aer normalement. Je ne voyageais pas pour ça et je suis totalement contre le fait de posséder une invocation. Surtout comme le fond certain de mes congénères.

Par là, elle sous-entendait la noblesse de Lüh. Mais, n'ayant pas précisé ses origines, il pourrait tout autant s'agir de l'humanité dans sa globalité.

En fait, je travaillais encore un peu plus au nord, mais je n'ai rien trouvée. J'étais plutôt frustrée et comme j'avais perdu plusieurs jours à voyager pour rien, je me suis dit que je pouvais au moins en profiter pour aller admirer le temple... et sans m'en rendre compte je suis entré et j'ai commencé à grimper.
Jusqu'à atteindre Hélios... Et voilà, à la dernière minute, je me suis décidé...


Dit-elle pour conclure. Elle chercha dans le regard du petit dragon, quelconque expression pour se rassurer. S'il s'attendait à elle ne savait qui comme personnage, peut-être quelqu'un de plus...
Non, le soucis, c'est qu'elle venait d'avouer qu'elle n'avait aucune intention de libérer qui que ce soit et qu'elle n'aimait pas ce principe de possession qui restait cependant le seul moyen pour une invocation d'espérer la liberté. Chose qu'elle comptait bien offrir à Hélios.

Ensuite de quoi, son air gêné redevint curieux, si le demi-dieu avait déjà eu un maitre ? Elle était persuadée que non. D'abord, ses épreuves qu'il ne connaissait pas. Ensuite, sa curiosité qu'elle avait remarquée au fil de leur retour. Et puis, s'il était déjà sortit, il avait fort à parier qu'il connaisse la Rébellion ardente.
Mais c'était à Hélios que la question était posée, elle le laissa donc répondre.
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Aventure #13 écrite Mar 27 Aoû - 23:07

Trop de remerciements eurent tôt fait de faire revenir le rouge aux joues de la bibliothécaire qui ne manqua dès lors pas de bafouiller quand elle dut répondre à la question suivante. Quel soulagement alors de sentir la tête du tigre venir se poser sur sa main, comme pour la rassurer de la situation. Mieux encore, le tigre la déchargea du reste de la conversation en entamant ses propres questions. Honnêtement, c'était là ce qu'elle avait espéré depuis l'instant où elle avait accepté de ce joindre au petit campement.

Alors, sagement installée, glissant sa main légèrement engourdie de sous la lourde tête du tigre pour venir en caresser l'encolure, Aerin écouta chaque intervenant. Regardant à chaque fois l'être qui avait la parole pour marquer l'intérêt qu'elle portait à la conversation même si l'idée d'y prendre part ne la tentait pas plus que cela.

Ce qui fut amusant, toutefois, fut d'entendre Aënaelle invoquer l'absence de motivation à se rendre dans le temple de l' Air. Certes, ses raisons étaient différentes de celles de la bibliothécaire, mais aucune des deux jeunes femmes ne cherchaient à prendre possession d'une Invocation entre ces murs, fussent-ils d' Aer ou d' Aqua. La brune n'en voulait tout simplement pas, la blonde en cherchait à la base une autre... cette pensée fit naître un petit sourire à la jeune femme, en complément du ton enjoué de la chercheuse qui avait débuté son discours par un petit rire.

Mais Aerin comprenait. Pour beaucoup, avoir une Invocation, c'était s'octroyer des pouvoirs divins réduits en esclavage. Pour d'autres, il s'agissait de trophée, de preuve vivante qu'un acte héroïque avait été réalisé dans un temple. Pour d'autres, c'était une arme entièrement dévouée, comme ceux qu'elle avait vus lors de sa rencontre avec la piraterie. Bien que ses pensées la ramenèrent à se remémorer cet homme accompagné d'une tigresse. Un lien plus fort que la simple notion d'appartenance régnait entre eux. La jeune bibliothécaire se souvint de la jalousie de la féline et de la tendresse émanant du nouveau pirate à l'encontre de la fille de Terra.

Donc non, tous n'étaient pas aussi suffisants que les gens dépeints par Aënaelle. La brune faisait une généralité, de celles qui laissèrent à penser à la blonde que son interlocutrice devait être noble ou fréquenter la noblesse et la bourgeoisie qui étaient indéniablement les pires en matière d' Invocation. Ce qui ressemblait fort à la description faite par la chercheuse : cette noblesse qu' Aerin ne voyait que de loin et pour laquelle sa mère était prête à donner père et mère si cela pouvait amener sa fille à épouser un riche gentil-homme. Mais au lieu de se renfrogner sur ce sujet, Aerin revint sur un sujet abordé par leur interlocutrice, se permettant alors de poser, à son tour une question.

« Que faisiez-vous comme travail ? Que cherchiez-vous exactement ? »

Ces questions étaient, la bibliothécaire en était sûre, potentiellement capable de remettre un contexte à la première rencontre faite avec la brune. L'idée que ce n'était pas la première fois qu'elles se parlaient ne l'avait pas quitté et donc, si ces quelques informations pouvaient l'éclairer : il fallait bien oser le demander, bien qu'évidemment, le ton de la blonde restait timide et discret.
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Aventure #14 écrite Mar 27 Aoû - 23:07

    J'avais écouté d'une oreille particulièrement attentive les explications d'Aerin, très intéresse par cette fameuse Rébellion Ardente ainsi que par ses causes et ses conséquences. Le récit me semblait très complet et bien expliqué, raison pour laquelle, lorsqu'elle eut finit son petit cours d'histoire, je ne posais aucunes autres questions et me permit même de la complimenter et de la remercier pour cela. Un peu après, elle avait finalement raconté comment et pourquoi elle s'était rendue dans le Temple de L'Eau, visiblement gênée par l'erreur qu'elle avait faite étant donné que sa destination de base était celui du Feu. Mais je n'avais pas l'impression qu'elle regrettait cet évènement, bien au contraire même : elle et son Invocation paraissaient proches.
    Aënaelle cita ensuite sa propre aventure dont découlait ma libération. Hm... Alors comme ça, elle ne comptait pas du tout venir au Temple de l'Air, au départ ? Je comprenais mieux ce qu'elle avait voulu dire à ce moment-là, quant nous étions dans ma prison...
    Je ne le pris pas mal, en fait, au contraire. C'était peut-être un signe d'Aer si elle avait fini dans ma cellule au lieu de faire ses fameuses recherches. A dire vrai, j'en étais presque flatté qu'elle ait changé d'avis et qu'elle soit allée jusqu'au bout. De même que le fils d'Aqua et sa maîtresse, je ne regrettais absolument pas ce changement subit de but.

    Vint ensuite la question de Juleis, posée très poliment. Il avait même craint de paraitre indiscret, or je ne voyais pas en quoi cela l'était. C'est pourquoi je ne tardais pas à répondre sur un ton courtois mais aimable :

    « Non, c’est la première fois que je suis libéré. Et j’avoue que cette liberté me manquait énormément…. Mais qu’en est-il pour toi, Juleis ? Est-ce également ta première libération ? »

    Dans le petit silence qui suivit, j'observais tranquillement les flammes crépiter et lécher pour consumer peu à peu le bois qui l'alimentait. Les deux humaines avaient apparemment commencé à manger, voilà pourquoi je décidais de les laisser se rassasier en paix. De plus, je ne sentais pas ce silence comme quelque chose de gênant. C'était même plutôt agréable de tous se retrouver autour du feu, de partager une soirée sans qu'aucun problème ne survienne.
    J'aurais très bien pu penser m'ennuyer, si je n'avais pas encore tant de choses à observer et à redécouvrir. Par exemple, le ciel. Dans cette nuit, il était recouvert de milliards et de milliards d'étoiles, mais elles n'étaient pas réparties dans l'espace comme je m'en souvenais. Dans ce Nouveau Monde, j'aurais tout simplement été incapable de me repérer grâce aux astres de la voûte céleste. Dans l'Ancien, ça aurait été un jeu d'enfant. Et puis, l'odeur des plantes étaient légèrement différentes aussi. Je n'aurais pas su dire dans quel sens, si elles sentaient meilleures ou moins bons, mais elles étaient différentes des anciennes malgré leur apparence tout à fait banale. Tout me paraissait familier et gardait cette pointe d'originalité mystérieuse qui me rappelait que nous étions bel et bien dans cette petite île qu'avait crée les Dieux après l'Apocalypse.

    Lorsque je remarquais que les deux femmes avaient reposés la nourriture -et peut-être avaient parlé entre elle, je l'ignorais, n'ayant pas été attentif ces dernières minutes, je jugeais tant de me réintégrer dans la conversation, ou de la reprendre, si elle n'avait pas duré pendant que j'avais la tête dans les nuages.
    Pour plus de confort, je me lovais tout autour d'Aënaelle en prenant garde à ce qu'elle ne prenne pas ce geste comme quelque chose de "déplacé" -sait-on jamais, je connaissais les Hommes comme des créatures imprévisibles, puis enroulai ma longue queue autour d'elle et prenais soin de garder mes ailes repliées sur mon dos afin de ne pas la gêner. Elle pouvait ainsi s'appuyer sur mon flanc si elle le souhaitait, et moi je pourrais rester installé tranquillement tout en bavardant.
    Mes yeux noisettes, dont les pupilles s'étaient arrondies pour mieux voir dans l’obscurité, se posèrent sur nos invités du soir. Alors.. Que pouvais-je bien dire ? Quelque chose de tout simple, je supposais, pour commencer. Moi qui n'étais pas très bavard, il ne fallait pas trop m'en demander.

    « Aerin, je dois dire que ton éloquence m’intrigue. Pas seulement la tienne, mais aussi la tienne, Aënaelle. Dîtes-moi, d’où venez-vous exactement, si ma curiosité n’est pas trop déplacée ?

    Par ma question, je demandais surtout de quel milieu elles provenaient. Mais je supposais qu'elles m'avaient comprises, donc je n'étais pas entré dans les détails dans ce questionnement. J'attendais donc simplement leur réponse à chacune, curieux de savoir quelle vie elle avait pu mener jusqu'à aujourd'hui.
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Aventure #15 écrite Mar 27 Aoû - 23:08

Comme elle le présageait, son invocation n'avait pas été libérée par le passé. L'expérience lui était donc lui aussi totalement inconnue. Ajoutant que la liberté lui manquait. Chose qu'Aënaelle pouvait aisément comprendre. Ô, bien sûr, elle n'avait pas vécu pareil emprisonnement, mais c'était assez facile d'imaginer que le dragonnet se réjouissait de ne plus être enchaîné.
En tout cas, il ne semblait pas tenir rigueur de la décision de la demoiselle.

Elle se rassura en se disant que son choix si... impertinent était un gage de liberté. Plus que s'il avait été dépendant de la volonté d'une personne voulant le pouvoir d'une divinité pour satisfaire ses ambitions en tout cas.
Et elle ? Que voulait-elle de tout cela ? Aucune idée. Logique, n'en sachant rien. Le temps lui apporterait peut-être des réponses.
Puis, vint la question aux apparences anodines d'Aerin. Cette dernière semblait aussi avoir écouté avec intérêt les paroles de la chercheuse, lui demandant en quoi consistait ses fameuses recherches, tandis que les deux invocations semblaient se désintéressé de la discutions des humaines. Surtout après que Juleis eu répondu, qu'il s'agissait, pour lui aussi, de sa première sortie.
Aënaelle sourit à la voyageuse en herbe avant de lui répondre, un brin d'ironie dans la voix, l'autodérision ne la dérangeait nullement.

- Je pense que le mot travaille perd tout son sens aux vues de mes résultats. Il n'y a pas de véritable titre, mais j'aime à dire que je suis chercheuse et, quand c'est vraiment pertinent, historienne. J'espérais trouver là-bas, quelconques vestiges de notre passé, si possible, avant la Reconquête.
Il faut croire que je n'ai pas suffisamment vérifié mes sources avant de partir. On ne gagne pas à tous les coups.


Et puis, elle ne rentrait pas totalement bredouille, la voilà accompagnée d'un magnifique dragon doré. Cela ne signifiait pas grand-chose pour elle, à part leur amitié naissante. Cela dit, la demoiselle était bien contente d'avoir gagné ce coup-ci... surtout sachant les conséquences de ce qu'aurait été sa défaite...

- Aerin ? Pouvons-nous nous tutoyer ? Je pense vous avoir déjà rencontré. A Lüh surement... en tout cas, votre visage me semble vaguement familier.

Oui, elle était persuadée de l'avoir croisée par le passer. Lui parler, non, pas vraiment... Pas une véritable conversation en tout cas. Mais ou ? Se trompait-elle ? Possible aussi.
D'un autre côté, il lui semblait aussi que la petite blonde la regardait aussi comme si elle se posait la question alors... Pourquoi pas ?
En tout cas, si elles pouvaient éviter de se vouvoyer. Elles étaient assises à partager feu et nourriture en pleine nature. Pas à un repas de la haute, pas d'étiquette, pas de ''prestige'' à honorer.
D'ailleurs, elle se demanda quelles nouvelles rumeurs allaient parcourir la cour à son retour. Surtout sur sa personne, c'était toujours amusant de voir comme les gens pensent tout et n'importe quoi. Surtout si vous êtes capable de faire abstraction.

Hélios bougea, ce qui surpris quelque peu la chercheuse, qui ne s'attendait pas à être ainsi protégée par l'armure d'écaille du dragon. Craignait-il quelque chose ? Apparemment non, puisqu'il semblait s'installer plus confortablement. Confort ? Après tout, pourquoi pas. Il avait bien raison dans ce cas. Qu'il prenne ses aises, même dans ses interrogations. Aënaelle répondit donc la première quand il lui fut demandé sa place dans la société. Tournant sa tête souriante à la divinité avant de caresser furtivement son flanc.


- Il ni a rien de déplacé dans ta question Hélios. Notre éloquence ? Pour ma part, je suis l'unique fille et héritière de la famille Litios. Mais aussi leur vilain petit canard d'après certain.

Elle rit à ces mots, qui la décrivaient si bien aux yeux de l'ensemble de ses pairs. Son paternel était lui aussi vu de la sorte fut-un temps. La réussite en plus.


- Je suppose que malgré tout, cela se voit dans mes façons de m'exprimer. Il faudra que je travaille un peu plus là-dessus.

Un nouveau rire moqueur. Elle savait pertinemment que jamais elle ne pourrait parfaitement imiter une personne tout ce qu'il y a de plus normal. Bien qu'elle le souhaitait réellement. Pour ça, il lui faudrait vivre normalement, rien de plus. Ce qui n'était pas à l'ordre du jour.
Vint le tour d'Aerin de s'exprimer, elle l'invita d'un geste de la main à reprendre la parole, les yeux pétillants de curiosité. Elle allait savoir qui était vraiment son interlocutrice à la capitale.
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Aventure #16 écrite Mar 27 Aoû - 23:09

Au fur et à mesure de la conversation, Aerin sentait ses inquiétudes s'estomper, son malaise aussi.. un peu. Assez pour ne plus se formaliser à l'idée de grignoter un bout tandis que les conversations poursuivirent bon train. Les Invocations semblaient d'ailleurs apprécier leurs observations mutuelles, qui fit sourire timidement la jeune femme en apprenant – avec certitude – que le fils d' Aqua n'était pas sorti de sa prison depuis la punition divine. Mais la conversation entre femmes était également entretenue, l'empêchant d'être plus curieuse que nécessaire envers le tigre et le dragon.

« Vous y avez peut-être gagné au change, sourit Aerin en désignant le dragon d'un petit mouvement de tête. »

De plus, les révélations d' Aënaelle la confortèrent dans l'idée que c'était à la bibliothèque qu'elles s'étaient déjà croisées. Une chercheuse historienne qui ne viendrait pas à la bibliothèque de la capitale – source de renseignements presque inépuisable : c'était du domaine de l'impossible. C'est pourquoi il sembla à Aerin l'avoir déjà vue assise à une grande table de lecture, des piles de livres et vieux parchemins posés ça et là autour d'elle. Peut-être même dut-elle un jour lui apporter certains ouvrages pendant ses recherches minutieuses... mais avant même de réagir sur ce qui lui sembla être un souvenir, la brune s'en chargea, rassurant davantage la blonde qui laissa un petit soupir naître au bout de ses lèvres.

« Bien sûr que nous pouvons nous tutoyer, sourit-elle à nouveau. Ça me ferait même très plaisir. Surtout que moi aussi, il me semble vous...t'avoir déjà vu.. à la bibliothèque sûrement. J'ai vaguement l'impression de t'y avoir déjà servi étant donné que j'y travaille. »

Plus elle parlait, plus cela lui semblait évident. Mais rien de plus ne franchit ses lèvres qui s'étirèrent dans un nouveau sourire en voyant l'affection qui unissait déjà ses deux hôtes, à l'instar de sa propre complicité avec Juleis. Les deux créatures semblaient en proie à un besoin de protéger leurs Invocatrices sans raison apparente. Juste pour le plaisir de montrer leur présence, leur dévouement.. leur gratitude peut-être aussi. C'est pourquoi sa main qui avait quitté Juleis un peu plus tôt pour manger, revint caresser son encolure tandis que le dragon, lui, s'enroulait autour de sa protégée.

Ces simples gestes qui ramenèrent, pas la même occasion, la conversation à quatre têtes plutôt que séparés en dialogues entre Invocations d'un côté et humaines de l'autre. Néanmoins, Aerin fronça imperceptiblement les sourcils face à la question du demi-dieu. Qu'entendait-il par cette question ? Si Aënaelle n'avait pas pris les devants, peut-être bien que la blonde aurait dû demander des précisions car étrangement, elle doutait que la simple évocation de Lüh soit une réponse appropriée. Mais ce n'était pas la raison de sa surprise ! Une petite exclamation franchit ses lèvres alors que celles-ci s'entrouvrirent sous l'étonnement.

Non seulement Aerin pouvait mettre un contexte à sa rencontre avec la brune, mais en plus : elle connaissait vaguement cette famille dont elle semblait faire partie. Avec une mère comme la sienne, aucune famille digne d'intérêt ne pouvait être méconnue, même si la bibliothécaire s'y intéressait un minimum.. Toutefois, son visage étonné se ravisa dans un petit rire pour accompagné celui de son interlocutrice qui dégageait véritablement quelque-chose de noble bien qu'ils soient tous les quatre à la belle étoile, loin du faste qu' Aënaelle devait connaitre.

« Moi, je n'ai pas la même prétention – au grand dam de ma mère. Je suis simple fille de charpentier et de marchande d'étoffes. Rien de comparable avec la famille Litios. »

Que pouvait-elle dire de plus ? Tout d'un coup, sa timidité revint.. à moins que cela ne fut de la gêne d'être finalement une « rien du tout » à côté d'une fille de la haute société. Même ses doigts dans la fourrure du tigre se crispèrent l'espace d'un instant, car Aerin ne savait quoi ajouté de plus. Mais se ravisant, reprenant un sourire à peine teinté d'amusement, elle reprit sur le point abordé par Aënaelle.

« Moi aussi je pense que je devrais travailler sur ma façon d'être cela étant. Nous devrions trouver un juste milieu entre ma modestie et... votre... ta.. prestance. Dans mon cas, il y a de l'ouvrage, je pense. »
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Aventure #17 écrite Mar 27 Aoû - 23:09

    En entendant Aerin expliquer que « j’avais sûrement gagné au change », je ne pus empêcher un petit sourire amusé de naître sur mes lèvres, dévoilant légèrement une rangée de crocs acérés. Certes, certes, mon sourire devait être un peu effrayant. Mais c’était loin d’être le but que je me donnais. Juste… Que ces paroles m’avaient quelque peu amusé. Qui d’Aënaelle et moi avions le plus gagné à ce dit « change », je n’aurais su le dire. Il était vrai que pour ma part j’étais très chanceux : je retrouvais la liberté, et ma maîtresse était une personne avec qui j’aimais passer du temps. En fin de compte, il semblait que je commençais déjà à m’attacher à elle et à la voir autrement que comme une clé me permettant de rester en dehors du Temple et qu’il fallait à tout prix protéger des dangers. Quoi que, le dernier point restait juste : il était normal que je ne veuille pas la voir mourir si jamais je finissais par vraiment la considérer comme une amie. Comme nos caractères me paraissaient bien s’accorder, je n’avais pas de doutes à ce sujet.
    Le seul petit point noir resterait certainement sa mère, si j’avais bien compris. Elle ne supporterait pas que sa fille soit en danger, or… En compagnie d’une Invocation, le danger nous guettait constamment. Voilà qui risquait de m’attirer les foudres de cette dame. A moins que j’exagère un peu la chose ? Je ne le serais qu’au moment voulu.

    Je posais donc ensuite ma question au sujet de leur éloquence, et ne tardais pas à recevoir une réponse de la part de ma protégée. Je remarquais néanmoins l’hésitation qui s’était dessiné sur le visage de la jeune femme aux cheveux d’or à mes paroles. Avais-je dit quelque chose de mal ?

    - Il ni a rien de déplacé dans ta question Hélios. Notre éloquence ? Pour ma part, je suis l'unique fille et héritière de la famille Litios. Mais aussi leur vilain petit canard d'après certain.

    Elle ria à sa propre dérision, sans que cela ne parut la gêner ou quoi que ce soit d’autre. J’en fus rassuré de voir qu’elle n’avait pas l’air particulièrement affecté à l’idée d’être pour certain un « vilain petit canard ». Même si j’avouais ne pas comprendre du tout pourquoi elle serait considérée de la sorte. A moins que les personnes qui la nommaient ainsi ne soient totalement aveugles devant tant de gentillesse ou simplement sots, elle ne méritait pas pareil rang. Du moins, c’était mon point de vue.

    - Je suppose que malgré tout, cela se voit dans mes façons de m'exprimer. Il faudra que je travaille un peu plus là-dessus.

    Je redressais légèrement la tête face à ses dires. Là, je n’étais pas exactement d’accord. Mais avant que je la conteste, Aerin se lançait déjà. Je l’écoutais donc également avec attention, attendant encore un peu avant de m’exprimer à mon tour.

    « Moi, je n'ai pas la même prétention – au grand dam de ma mère. Je suis simple fille de charpentier et de marchande d'étoffes. Rien de comparable avec la famille Litios. »

    Donc, si je comprenais bien, ma maîtresse venait vraiment d’une famille riche. Car la blonde semblait déjà en avoir entendu parler. Et celle-ci, de son côté, venait d’une famille plus modeste. Ce qui n’empêchait pas ces deux-là de toutes deux bien s’entendre et même d’avoir des passions communes : à savoir l’Histoire du Nouveau Monde. Peut-être de l’Ancien, aussi. Je notais alors que les différences de rangs et de richesse ne devaient pas être un si grand obstacle qu’autrefois, alors. Une bonne chose.

    « Moi aussi je pense que je devrais travailler sur ma façon d'être cela étant. Nous devrions trouver un juste milieu entre ma modestie et... votre... ta.. prestance. Dans mon cas, il y a de l'ouvrage, je pense. »

    Mes yeux, dont la couleur s’était assombrie face à la lueur du feu brillant dans mes pupilles amincies, se posèrent d’abord sur Aerin, puis sur Aënaelle. Je poussais un soupir discret et me lançais. Pas que cela me gêne de m’exprimer, seulement… Je ne comprendrais décidemment jamais pourquoi les humains voulaient à tout prix changer leur façon d’être.

    « Aerin, Aënaelle. Je ne pense pas que vous devriez changer votre façon d’être. Toutes deux, vous me semblez déjà très bien telles que vous êtes. N’essayez pas de paraître quelqu’un dont l’éloquence serait moins belle et moins recherchée. Restez juste vous-mêmes, vous êtes très bien comme ça. »

    Voilà, c’était dit. Restait à voir leur réaction à présent, et ce qu’elle en penserait…
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Aventure #18 écrite Dim 8 Sep - 14:30

Cette rencontre s'avéra des plus informatives, ici donc, comme dans l'Ancien, les Humains étaient répartis en différentes classes sociales, ceux du Haut, les plus aisés, les plus réputés et, de ce fait les plus importants. Il semblerait qu'Aënaelle appartenait à cette classe-ci, au plus grand dam d'Aerin qui, elle n'était que fille de charpentier et qui, au vue de la crispation de ses doigts dans la fourrure du tigre ne semblait pas très à l'aise dans le fait de parler avec une jeune femme venant d'une famille si noble que celle d'Aënaelle. Lithios. Juleis nota le nom pour l'inscrire dans sa mémoire, il fallait qu'il commence dès maintenant à retenir toutes les informations dont il pourrait, pour n'importe quelle raison, avoir besoin dans le futur.

De par la réaction d'Aerin, la divinité déduisit que la société n'était pas hétérogène, l'aristocratie et la noblesse ne se mélangeant pas avec le bas-peuple et vice versa. Les deux femmes étaient même en train de remettre chacune en question leur façon d'être, l'une d'elle allant même jusqu'à se définir, avec beaucoup de recul et d'à propos, de "vilain petit canard" de la famille. L'expression fit sourire le tigre intérieurement, même s'il n'avait jamais entendu ça, il s'en faisait une idée dont il n'aurait pu mettre en doute la véracité. Aënaelle ne lui semblait pas être une noble tout à fait comme les autres, de par sa tenue vestimentaire, premièrement, mais aussi car elle semblait, avant d'être intéressée par son étiquette, curieuse et assoiffée d'Histoire.

Hélios intervint à son tour, dans un reproche masquée, qu'elle ne devait se forcer à changer, se forcer à devenir quelque chose qui n'était pas vraiment elle de peur de devenir quelque chose de faux, et du coup, de pire. Juleis ne pouvait qu'être d'accord, car, pour lui, ce qui faisait la beauté de l'espèce humaine, c'est cette faculté qu'elle a toujours eu de se développer de manière indépendante entre chaque unité, entre chaque Homme. Chaque être humain est indépendant et seul maître de ce qu'il veut devenir, chaque personne réagit de manière différente au même problème, chaque personne a des sentiments différents, et même lorsqu'ils sont similaires, ils sont exprimés de manière différentes. Chaque être humain est unique, que les Dieux le veuillent ou non.

Pour répondre à cela, d'ailleurs, Juleis pense que la source date de la première création de l'Homme, le fait que ce ne soit pas une création des Dieux eux-mêmes mais bien de leurs enfants. De ce fait, les Dieux n'ont pas une autorité totalement sur les Hommes et ne peuvent réellement décider totalement du destin et des actions de ces derniers. C'est pourquoi ils ont décidé de les enfermer, et c'est aussi pour ça qu'ils n'ont eu d'autres choix que de détruire l'Ancien Monde. Hypothèse totalement farfelue ou réalité ? Aucune preuve, jusqu'alors ne lui a été amené pour la réfuter.

Un nouveau tressaillement des doigts d'Aerin le ramena à la réalité, l'échange la mettait dans une position inconfortable et, même s'il avait décidé de ne pas le faire à la base, il fallait qu'à son tour il intervienne, pour lui montrer son soutien sans faille et pour qu'elle comprenne que, dès aujourd'hui, elle avait le droit d'être forte grâce à lui, de par lui, elle avait le droit de puiser dans ses propres ressources qu'il mettait à sa disposition de manière illimitée et inconditionnelle.

"Je ne peux qu'appuyer tes propos, Hélios, fils d'Aër. Je ne sais rien de la façon dont sont régis les rapports de votre aristocratie avec le reste de la population. Mais je sais une chose, c'est qu'il m'est d'avis que deux personnes qui, en rentrant des Temples, se croisent au détour d'un feu de camps et partagent un repas de viandes séchées et de fruits ne devraient pas avoir à pâlir du rang l'une de l'autre."

Ceci ayant été dit, Juleis s'avança à nouveau et amena son énorme tête sur les cuisses d'Aerin avant de clore ses paupières, ne laissant plus se distinguer que la lueur changeante des flammes sur yeux clos.
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Aventure #19 écrite Dim 22 Sep - 22:09

Y gagner au change ? Et comment. Une amitié était tellement précieuse, Aënaelle en savait quelque chose. Un élément de sa vie qui l'avait sauvé fut-il un temps. Quel dommage que ce point de vue ne sois pas partagé. Cela dit, n'importe quel noble se dirait heureux d'avoir un dragon pour esclave. La demoiselle, elle pourra se vanter d'avoir un dragon pour ami !

Nul vanité, car c'est exactement ce qu'elle dira quand on le lui demandera. Aucun doute, elle voulait, désir apparemment partagé, se lier d'amitié avec le fils d'Aer.


-La bibliothèque ! Bien sûr ! Ah, je devrais plus faire attention la prochaine fois.

Il faut aussi dire qu'il y a peu, elle avait aidé à résoudre ''l'incident de la bibliothèque''. Et si, de ce fait, elle connaissait mieux une personne en particulier, ce n'était pas vraiment le cas des autres employés.

Ensuite, le sujet migra sur la façon d'être des deux femmes présentes. Et Surtout, aux vues des réactions de chacun de ses interlocuteurs, elle se rendit compte que d'autres questions restaient en suspend et que son nom, à son grand regret, pouvait intimider. Ecoutant les diverses réponses, la chercheuse eut l'impression que ses propres paroles furent mal interprétées. Changer ? A quoi bon ? Pourquoi faire ? Ce n'était pas son but, mais apparemment, c'est ainsi que l'avait compris les deux demis- dieux.

Quant à Aerin, elle était plus dans le vrai, mais toujours si timide. Au moins l'avouait-elle de façon détournée certes, mais qu'importe.

Prestance, ce mot lui paraissait étrange ici. Sa façon de s'exprimer pouvait trahir son rang, ou du moins son éducation. Rien d'autre. Elle pensait sincèrement que cet effet n'était dû qu'à l'annonce de son nom de famille, si riche et connue à Lüh. Si cela la désolait, elle n'en montra rien, continuant ses lentes caresses au flanc d'Hélios, avant d'hausser les épaules après que Juleis ait fini son discours et pose sa tête sur les cuisses d'Aerin, comme un enfant s'endormant sur sa mère.


-Dans ce cas, rassurez vous, je n'ai nullement l'intention de changer, je compte continuer de faire ce qu'il me plait. Je sais qui je suis et d'où je viens. D'ailleurs, Aerin, je t'en pris, pas de retenue ou de modestie avec moi, ici, mon nom n'a pas d'importance. J'ignore quelles ont été tes épreuves, mais comme moi, tu as dû te rendre compte que dans un temple ou même, tout simplement en dehors de la ville, un titre de noblesse ne vaut pas grand-chose, ce n'est jamais lui qui m'a sauvé quand j'ai eu besoin d'aide... Alors, considère-moi comme une personne normale...

A ces mots, le sourire de la brune s'estompa lentement. De l'aide... elle n'en avait jamais vraiment eu. Aucune il y a cinq ans, pas beaucoup plus après, peu dans le temple... Elle avait toujours eu beaucoup de chance. Quelques capacités aussi, mais surtout beaucoup de chance.

Sans raison apparente, l'historienne se frotta l'oeil avant de se corriger mentalement. Hélios avait été là, tout le long des épreuves et l'avait aidé du mieux qu'il pouvait, sans jamais faillir. Ne lui devait-elle pas la vie ? L'aide tant attendue était-elle enfin arrivée ? C'est de cela que voulait parler l'ombre ?

Se sentant observée, elle profita du besoin de faire une petite diversion, pour montrer ce qu'elle pouvait être à la cour. Enlaçant délicatement le cou d'Hélios et s'approchant doucement de ses oreilles, geste qui la forçait à s'allonger quelque peu. Ses yeux pétillaient d'amusement alors que son visage semblait charmé, à moins que ce ne soit elle qui soit charmeuse ? Alors, même qu'elle ignorait les réactions de chacune des personnes présentes ? Tant pis, dans tous les cas, elle s'en amuserait. C'est ce qu'elle venait de décider.

Reprenant ses gestes et manies pré calculées qui définissait sa vie au sein de la noblesse, elle finit par susurrer au dragon :


-Il reste tout de même agréable d'entendre dire de rester sois même, de ne pas chercher à ressembler à quelqu'un d'autre. Merci, si seulement ils étaient plus nombreux à penser ainsi parmi ceux qui me tournent autour....

Sa dernière phrase mourut dans un petit soupir, juste avant qu'elle ne se tourne vers ses invités, leur offrant un beau sourire amusé qu'elle cacha de sa main, comme si elle pouffait de rire, tout en observant leurs réactions.

-Là-bas, je joue un rôle, un rôle dont j'ai hérité sans vraiment le vouloir et pour lequel on m'a entrainé, très bien entrainé même. Je préfère voir ça comme un jeu car, malgré moi, je parviens à m'en amuser. Cela dit, il n'y a qu'en dehors des murs de la capitale... ou quand je suis seule chez moi que je peux être celle que je suis. Malgré, les risques, voyager me fait le plus grand bien.

Mais ne vous méprenez pas, ce n'est pas par volonté propre que je tente de m'exprimer le plus normalement possible, c'est une sécurité. Une jeune femme voyageant seule, ce n'est déjà pas conseillé alors si en plus sa famille est riche... C'est comme crier haut et fort au premier bandit du coin qu'un pactole l'attend pour peu d'effort.

Expérience que je ne souhaite à personne et que j'aimerais à tout prix éviter.

Enfin, je cours beaucoup moins de risques maintenant.


Dit-elle en resserrant doucement son étreinte autour du cou du fils d'Aer. Ses propos n'ayant pas besoin d'être explicité. Et d'un autre côté, les événements des derniers jours, lui rappelait à quel point elle pouvait être fragile. Elle qui s'était persuadée d'avoir les capacités pour s'en sortir seule, la voilà qui se surprenait à vouloir être protégée... Elle comprenait maintenant bien mieux ce que sous-entendait sa mère à chacune de leurs discussions.

D'autres questions ? La chercheuse en aurait bien, mais se demandait si le moment était encore propice... Depuis quand ce retenait-elle ? Ne parlent-ils pas de ne jamais changer ?

Aënaelle prit un petit bock en bois, sortit une gourde de son sac et en versa le contenu dans le récipient. Un liquide pourpre aux senteurs fruitées et alcoolisées. Elle se redressa et l'offrit à la demoiselle blonde et finit par lever la gourde, ses yeux fixant ceux de son invité.

-Aerin, trinquons à nos nouveaux amis ! Qu'en dis-tu ? Continuons nos aventures et racontons-les, comme ici, auprès d'un bon feu. Nous pourrions faire ça non ? Ça me semble une bonne idée... Si tu es d'accord bien sûr.

Mais laissait-elle vraiment le choix à la bibliothécaire ? Elle supposa que si tel n'était pas son souhait et que sa timidité l'empêche de s'exprimer, Juleis l'aiderait à refuser. Bien qu'aux yeux de la brune, il n'y avait pas de raison de refuser cette proposition qui n'engageait à rien.

Enfin, l'historienne laissa la parole aux autres personnes présentes, elle avait suffisamment monopolisé la parole à son gout. Après quelques minutes, cependant, une petite question sortit doucement de ses lèvres.

-Juleis ? Hélios ? Vous n'avez pas encore vu grand-chose de notre monde mais... Pourriez-vous nous donner vos premières impressions et ... ce que vous comptez faire à présent ?

De façon détournée, elle faisait comprendre, à nouveau que la divinité qui était liée à elle resterait libre, qu'elle ne lui imposerait rien. Et quelque chose lui disait qu'il en sera de même pour Juleis.
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Aventure #20 écrite Ven 25 Avr - 14:20

Une fois mes paroles prononcées, Juleis ne tarda pas à venir appuyer mes propos. Lui aussi pensait qu'il était quelque peu étrange de vouloir changer pour paraître moins bien ; c'était plutôt le contraire qui se produisait d'ordinaire, non ? Les gens ne préféraient-ils pas paraître meilleurs qu'ils ne l'étaient vraiment ? Pour cette raison la façon de penser de ces deux humaines me demeuraient obscures et il me tardait que l'une d’entre elles expliquent cette tendance. Parallèlement les deux jeunes femmes poursuivirent encore quelques instants leur propre conversation, pendant laquelle Aerin avoua ne pas avoir la "prétention" de faire partie d'un milieu noble et suggéra qu'Aënaelle et elle-même devaient déjà s'être croisées à la bibliothèque. Chose avec laquelle ma maîtresse sembla s'accorder en vue de ce qu'elle répondit.
Puis, enfin, elles reportèrent leur attention sur nous et je pus enfin voir le sujet que moi et Juleis venions d'argumenter du point de vue de l'adolescente aux cheveux d'ébène.
Quoi que... Rectifions. Aënaelle ne surenchérit pas de suite nos propos à moi et au Fils d'Aqua. Elle acheva visiblement de se familiariser avec ce qui semblait être une nouvelle amie, puis... J'eus brusquement l'impression d'avoir affaire à une toute autre personne.
Ma maîtresse laissa l'amusement peindre son visage et ses yeux pétiller de cette même lueur tandis que ses gestes devinrent d'une certaine manière totalement différents. Si l'on pouvait comparer l'expression actuelle de mon visage à celle d'un mortel, j'aurais certainement qualifié la chose de "froncer les sourcils". Car je la sentais très clairement adopter un autre comportement alors même que cela demeurait parfaitement naturel. Cette impression contradictoire me gêna quelque peu et mon malaise ne fit que s'accroître lorsqu'elle redoubla d'affection à mon égard. Le contact physique, d'ordinaire, m'embarrassait facilement. Mais alors que je commençais à m'habituer aux douces caresses sur mon flanc et que j'avais fini par penser que c'était agréable, ce soudain élan à mes yeux trop plein d'intimité me surprit énormément. L'entourer de mon corps comme pour la protéger et la laisser faire aller et venir sa main sur mes écailles était une chose, enlacer mon cou et venir me susurrer aux oreilles des paroles aussi mielleuses -quoi que fort heureusement pas obscènes non plus, n'exagérons rien- en était une autre. Je la toisai d'un regard confus : j'étais partagé entre la furieuse envie de lui sommer d'arrêter cela sur le champ et la curiosité de voir jusqu'où elle pourrait aller si je ne réagissais pas.

Une fois encore, ce fut ma curiosité qui l'emporta. Je découvris alors Aënaelle pouffer à moitié de rire. Elle devait certainement être très amusée par la tête que nous faisions à l'instant... Puis elle expliqua enfin les raisons pour laquelle elle tendait à cacher son ascendance noble et j'eus l'impression qu'elle redevenait en quelque sorte elle-même. Je parvins de fait à me détendre et notai dans un coin de ma tête qu'il faudrait que nous reparlions de cela plus tard. Pas que je sois choqué à ce point-là mais je tenais à ce qu'elle ne me refasse plus de coups comme ceux-là avant un certain temps... Pas à l'improviste dans tous les cas.

Quoi qu'il en fût, ce retour à la normal me permit de mieux apprécier -ou à défaut supporter- mon espace personnel très réduit. Je sentis qu'elle resserrait son étreinte en terminant ses explications pour appuyer ses derniers et me sentis touché par le sous-entendu qu'elle laissait planer. Je pris également un peu plus conscience de ce pourquoi elle évitait de clamer haut et fort sa richesse. Ainsi donc, être d'une telle lignée pouvait apporter tant d'ennuis ? Quel était l'intérêt de ces titres alors s'ils attiraient le malheur malgré toute la gloire ? Que de nouvelles questions sans réponses.
Ma maîtresse me sortit néanmoins de mes pensées naissantes en nous proposant de trinquer tous ensembles. Enfin, plus précisément que les deux humaines trinquent à leurs nouveaux amis, comme elle l'avait dit. Mon malaise finit de s'évaporer à ces paroles et je laissai un sourire naître sur mes lèvres, dévoilant en partie seulement ma rangée de crocs aiguisés. Je n'avais pas fini d'être surpris avec une compagnie telle qu'elle...
Puis elle nous demanda notre avis, à Juleis et à moi, sur le Nouveau Monde et sur nos intentions. Je jetai un coup d’œil au tigre à la belle fourrure blanche et crus comprendre qu'il me laissait le loisir de commencer. Je pris cependant quelques secondes pour réfléchir à la question.

Eh bien... Pour ma part, je n'ai pas encore d'avis très concret sur la chose. De ce que je sais le Nouveau Monde est bien plus petit que le précédent mais, du peu que j'en ai vu, il regorge de tout autant de richesses. Je conclurais donc qu'à vue d’œil il me semble prometteur. Quant à ce que je souhaite faire... Je lançai à la jeune femme un regard complice. Je préfère ne pas m'éloigner de la jeune fleur que tu es, Aënaelle. Les abeilles ne rôdent jamais loin.

Ce fut ensuite au tour de Juleis de s'expliquer ; je l'écoutais attentivement, lui ainsi qu'Aerin lorsque celle-ci commença à nous raconter toutes ses aventures en compagnie de son Invocation. Sa narration était bien faite et je pus m'immerger dans ses récits, tant est si bien que l'expérience se révéla particulièrement enrichissante. Puis vint le tour de ma maîtresse, qui après avoir un peu commenté les propos de l'humaine à la chevelure blonde raconta avec justesse tout ce qu'il nous était arrivé.

Après quoi nous décidâmes d'un commun accord qu'il était temps pour nous d'aller nous coucher. Chacun s'installa confortablement et pour ma part je décidai que je pourrais très bien dormir en restant lové autour d'Aënaelle, d'autant plus que cela la protégerait d'une éventuelle attaque surprise.

Le lendemain, tôt de la matinée, je fus réveillé par quelques bruits de pas à peine audibles qui vinrent malgré tout à bout de mon sommeil léger. Dormir m'avait fait du bien mais comme j'étais une Invocation, je pouvais garder tous mes sens à l'affût et n'avait fait que somnoler afin de repérer de suite si un intrus approchait. De fait, ce n'était pas un intrus mais Juleis et Aerin, et ils n'approchaient pas mais s'éloignaient à pas feutrés. Je remuai très légèrement la queue de sorte à ce que le Fils d'Aqua l'entende et se tourne vers moi. Ce qu'il fit. Nous soutînmes l'un et l'autre notre regard durant quelques secondes pendant lesquelles nous aurions presque pu faire de la télépathie. Lui semblait s'excuser de partir à l'improviste tandis que je l'avertissais d'une lueur à la fois amusée et sérieuse dans mes yeux que nous allions certainement nous revoir, un jour, quelque part. Le tigre rejoint ensuite sa maîtresse qui n'avait rien remarqué du dialogue silencieux échangé et ils s'en allèrent paisiblement, tandis que je reposais ma tête sur le sol et jugeais inutile de réveiller Aënaelle pour si peu.

Après tout... La journée allait être longue pour arriver à destination, il nous fallait prendre du repos.
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Rencontre au coin du feu.

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