Perdue dans le bleu de l'immensité (Ft. Juleis)

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 Perdue dans le bleu de l'immensité (Ft. Juleis)

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Aerin Cirth
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Aventure #1 écrite Mar 3 Sep - 13:28

Le temps passait à Lüh et chaque jour avait son lot de similitudes : le travail, la vie à la maison, ... Néanmoins, Aerin avait un secret ! L'homme avec qui les citoyens pouvaient de temps en temps la voir marcher main dans la main ; l'homme dont la rumeur de l'existence avait atteint les oreilles de sa mère acariâtre : c'était Juleis, son tigre. Cet animal majestueux qui rentrait chaque soir pour dormir près du lit de la jeune femme et qui reprenait une apparence humaine pour arpenter les rues de la ville dans l'anonymat le plus complet... Certains pensaient alors qu'il était un noble, un riche commerçant ayant quitté son petit village pour conquérir les marchés Lühiens. D'autres félicitaient déjà la veuve Cirth pour le futur mariage de sa fille avec cet homme de belle allure : s'ils savaient !

Or, c'était bien là ce que madame Cirth souhaitait : savoir ! Dès lors, le soir venu, elle n'ennuyait plus Aerin en critiquant le tigre ouvertement mais elle la harcelait presque de questions.
*Est-ce qu'il est riche ? D'où vient-il ? Est-il un riche propriétaire terrien ? Dans quel domaine a-t-il fait fortune ? Quand diable vas-tu le faire venir ici ?* Toutes ces questions auxquelles ni Aerin, ni son Invocation ne donnait de réponse, la jeune femme y pensait souvent avec amusement. Comme en ce doux matin au coeur de la forêt de Jade. La jeune femme ne pouvait s'empêcher de sourire en y repensant tandis qu'elle faisait des demi-pointes, les bras croisés dans le dos, alors que Juleis se métamorphosait derrière un arbre afin de ne pas dévoiler sa nudité à la jeune femme.

Jusque là, Aerin avait galopé sur le dos du tigre afin d'atteindre plus rapidement le coeur de la forêt de Jade, car leur destination n'était autre que les abords du lac. En effet, la jeune bibliothécaire avait lu dans le recueil de la vieille dame rencontrée bien des semaines plus tôt à leur retour du temple, des anecdotes fabuleuses sur cet endroit qu' Aerin n'avait jamais exploré... comme presque tout le reste de l'île d'ailleurs. Alors encouragée par son Invocation, elle avait pris un petit balluchon pour le repas de midi, de quoi faire des prélèvements si besoin et tous deux étaient parti à l'aventure. Au bout d'une vingtaine de minutes de galop effréné, le duo avait atteint la forêt. Il leur fallu alors un peu moins de trois heures pour atteindre les rivages du lac. Un peu plus que prévus compte tenu que Juleis n'avait eu de cesse d'éviter les bruits suspects pouvant sous-entendre la présence de monstres infréquentables...

Mais déjà le ciel refaisait son apparition au-dessus de leurs têtes. Petits à petits, la densité des arbres verts s'estompait pour laisser deviner que le lac était proche. Même l'air était déjà plus humide et un vent frais faisait voler la chevelure dénouée de la jeune femme tandis qu'elle attendait son Invocation, pensant inlassablement à ces ragots à leur encontre. Néanmoins, une question devait se poser, Aerin le savait et rien que d'y songer, elle cessa de faire ses demi-pointes tandis que son visage devint légèrement soucieux, comme si une question d'algèbre venait de lui traverser l'esprit.
*Est-ce vraiment à ça que ressemble l'amour ?* Aerin ne voyait en ses gestes que le témoignage de sa complicité avec le demi-dieu, sachant qu'il était interdit d'éprouver plus que cela. À ses yeux, c'était même génétiquement impossible d'aimer un demi-dieu comme on aime un véritable homme, pourtant, en y réfléchissant bien : que faisait-il différemment des humains normaux ?

Juleis et Aerin aimaient marcher main dans la main, comme un couple, il était vrai. Mais ensuite.. ? Ensuite Aerin se mit à rougir toute seule, le dos tourné à l'arbre derrière lequel Juleis devait être en train de se vêtir.
*Les couples s'embrassent et font des enfants..* Cette simple pensée suffit à la rendre totalement écarlate tandis que ses fins doigts dorés vinrent se plaquer sur ses joues pour en rafraichir la température. Bien que novice dans les deux matières, Aerin était érudite et savait comment ces choses se faisaient, pas étonnant qu'elle ait réussi à se chambouler toute seule l'esprit... se demandant même en quoi ça la perturbait : n'était-ce pas impossible, interdit pour les Invocateurs envers les Invocations ? Alors pourquoi ce trouble tout d'un coup ? À défaut d'en cerner la raison, Aerin suivit alors son doute soudain, pour interpeller son ami.


« Juleis ? »

Sa voix était chevrotante alors qu'elle appelait son Tigre certainement déjà humain derrière son arbre. Mais Aerin était sur le point de lui demander de rester un tigre.. Ses lèvres s'entrouvrirent, les mots tentaient de se former mais finalement, la jeune femme secoua la tête, les mains toujours sur ses joues, pour changer d'avis.

« Non, rien... y a rien. J'ai.. Aerin hésita pour ensuite reprendre après s'être raclé la gorge. J'ai juste hâte d'arriver au lac. »

Ces mots formèrent une boule dans son estomac, car elle venait de mentir. Un demi mensonge cela dit, car effectivement, la bibliothécaire avait hâte de se rendre au bord du lac, le voir enfin de ses yeux, sentir son eau fraiche sur ses jambes quand elle marcherait sur ses abords. Sans compter que le soleil radieux présageait une journée superbe au bord de l'eau, l'élément du Tigre...
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Dernière édition par Aerin Cirth le Mar 3 Sep - 14:10, édité 1 fois
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Aventure #2 écrite Mar 3 Sep - 13:30

La vie à Lüh avait repris son cours pour Juleis & Aerin, elle allant travailler et lui continuer à traîner dans les rues de la ville, ne s'ennuyant jamais et ne passant pas un jour sans découvrir de nouvelles choses mais ce qu'il attendait chaque jour avec impatience était sans conteste le moment où il la retrouverait, elle, sa petite Aerin. Depuis l'incident de la bibliothèque, leur relation avait évolué, sans qu'il puisse expliquer pourquoi, ils étaient devenus encore plus complices, beaucoup plus proches. Une fois sa journée de travail terminée, ils prenaient toujours une heure ou deux pour se balader ensemble, main dans la main en se racontant leur journée respective et en retardant au maximum le moment où ils devraient retrouver la vieille harpie avec qui ils partageaient leur quotidien maintenant.

En parlant d'elle, elle s'était calmée ces derniers temps, probablement grâce aux échos qu'elle avait eu comme quoi sa fille aurait trouvé le parfait gentilhomme, homme que l'on décrivait souvent comme un jeune noble ayant atterri à Lüh pour le commerce et pour qui s'était amouraché de sa jeune fille. Leurs soirées et leurs repas étaient donc désormais rythmés par une foule de questions sur l'identité de ce mystérieux jeune homme qui contait fleurette à la jeune Aerin. Elle voulait tout savoir,  mais plus particulièrement à quel point sa bourse était remplie. Durant ces instants qui semblaient ne pas finir, la divinité s'efforçait à rester de marbre, imperturbable, mais intérieurement il ne pouvait se retenir de rire du ridicule de la vieille femme si vénale. Si elle savait que la personne avec qui sa fille passait tout ce temps n'était autre que le tigre avec qui elle partageait son toit, elle ne s'en remettrait probablement pas.  

Mais en cette belle journée, ils avaient laissés tout ça derrière eux pour se rendre aux lac des astres, Aerin ayant été très intéressée lorsqu'elle en avait lu des à propos dans un des recueils de la vieille femme sur leur retour du temple. C'est donc d'un commun accord qu'ils avaient décidé de s'y rendre tous les deux. Elle avait confié la bibliothèque à une de ses collègues et ils avaient pris la route, Aerin armé de son balluchon chevauchant sa monture de tigre. Le voyage s'était passé sans encombres si ce n'est que leur itinéraire avait du être modifié à plusieurs reprises afin d'éviter les dangers qu'avaient pu flairer Juleis, la Forêt de Jade était un endroit si vaste qu'ils savaient qu'ils pouvaient tomber sur quelques mauvaises surprises en chemin, chose qu'ils avaient préféré éviter. Ce n'était pas une journée que le tigre destiné à la lutte, bien au contraire, il voulait que son invocatrice passe du bon temps à l'extérieur des murs de Lüh car malgré sa curiosité dont elle avait hérité à la naissance, elle lui avait confié qu'elle n'était que très rarement sortie de la ville, chose à laquelle il comptait bien remédier.

Lorsque la densité des arbres commença à se tarir de nouveau et que le ciel réapparut, Juleis stoppa sa course pour pouvoir se métamorphoser, le lac ne devait plus être très loin et ils ne savaient pas s'ils pouvaient croiser d'autres personnes en chemin, s'il fallait qu'il soit humain aujourd'hui, c'était maintenant ou jamais. Pour ce qui est des vêtements, Aerin l'avait aidé à se faire une garde-robe au fil du temps passé à Lüh, principalement constitué de chemises en Lin et de pantalons en toile ainsi qu'une paire de sandales tissés. Elle lui tandis la sacoche dans laquelle étaient ses habits et il alla plus loin afin d'éviter de lui imposer la vue de ses parties génitales humaines, il était vite devenu clair, après sa toute première transformation, que ce n'était pas quelque chose qui se faisait. Sa transformation ne prenait pas plus d'une minute, il lui en fallut une paire supplémentaire le temps d'enfiler ses vêtements, il était en train d'enfiler ses sandales lorsqu'elle l'interpella, d'une voix un peu étrange. Il finit d'enfiler ses chaussures à la hâte, inquiet avant qu'elle le rassure en se ravisant.

Mais il commençait à la connaître, il n'était plus assez sot pour la croire et lorsqu'il la rejoint, à la vue de son visage il sut que quelque chose la tourmentait mais qu'elle ne voulait pas en parler, chose étrange puisqu'ils n'avaient plus vraiment de secrets l'un vis à vis de l'autre.

"Tu me caches quelque chose, ma belle Aerin."

Il lui attrapa alors la main et lui sourit, affichant ses dents blanches. Il ne comptait pas la forcer ni la brusquer, elle se confierait, tôt ou tard et même si elle ne le faisait pas, c'était son choix.

"C'est une bien belle journée pour se rendre au lac, tu ne trouves pas ?"

Le soleil était présent et aucun nuage ne semblait vouloir assombrir cette journée, tous les éléments étaient réunis pour qu'ils passent un bon moment, tous les deux, rien que lui et elle avec juste la nature comme observateur. Juleis, en tant que nouvel arrivant dans ce monde ne s'était jamais vraiment interrogé sur le bien ou le mal de leur relation, ni même sur la nature de celle-ci, les choses lui paraissant naturelles et sa compagnie le rendant tout simplement heureux, il n'avait d'autres préoccupations que de la rendre aussi heureuse qu'il l'était.
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Aventure #3 écrite Mar 3 Sep - 13:33

En voyant Juleis arriver, Aerin comprit que même si elle avait décidé de lui demander de rester en tigre, c'était trop tard. À peine venait-elle de parler que l' Invocation arriva près d'elle, aussi beau qu'à son ordinaire. Cette beauté masculine qu'elle ne craignait jamais de regarder, sauf quand le demi-dieu parvenait à lire en elle comme dans un livre ouvert. Or, encore une fois, il avait compris qu' Aerin lui cachait quelque-chose. Alors encore une fois, dans ce genre de situation, la jeune femme baissa la tête jusqu'à ce que les agissements du tigre anticipent ses aveux. Comme à chaque fois que Juleis sentait qu'il était trop tôt pour Aerin de parler, il la prenait par la main et après que son coeur ait encore eu un soubresaut inexplicable, la jeune femme retrouvait le sourire.

« Oh oui, j'ai hâte d'enfin voir le la... »

Ses mots se perdirent dans l'émerveillement quand, au détour d'un bosquet, le lac s'étendit devant eux. Aerin en était bouche-bée tant l'immensité de l'eau était magnifique sous le soleil. Mais au lieu de garder son regard sur le lac, elle tourna la tête pour croiser celui du jeune homme à ses côtés, serrant davantage sa main dans la sienne et lui souriant chaleureusement.

« C'est magnifique. Dire qu'il a fallu que j'attende que tu arrives dans ma vie pour que je puisse voir ça. »

Et comme à son habitude, c'est en se lovant dans les bras du jeune homme qu' Aerin décida de contempler l'immensité du lac. Ses doigts toujours emmêlés avec ceux du tigre, la jeune femme croisa son bras dans son dos pour laisser la main de l' Invocation s'y poser, avant de l'imiter, s'agrippant à la chemise de ce dernier à hauteur de ses reins. Son autre main, quant à elle vint se poser sur l'épaule du jeune homme et sa joue contre son torse, Aerin laissa son regard parcourir le décor idyllique : le soleil se reflétant dans l'eau en millier d'éclats dorés comme la chevelure d' Aerin, au loin – le plus loin que la jeune femme puisse voir – il y avait un couple de Kagen qui marchaient sur l'eau, tandis que les remouds de l'eau par endroits, les sillons formés de-ci, de-là, laissaient présager le passage d'un banc de Fauna.

Mais tout à coup, en réalisant qu'encore une fois elle s'était blottie dans les bras du demi-dieu, Aerin se raidit. Alors qu'elle venait tout juste de penser à cette similarité avec les humains normaux.. c'est pourquoi son visage se baissa, sans pour autant quitter le torse de Juleis et elle marmonna en regardant ses pieds qui jouaient nerveusement avec une petite pierre perdue dans l'herbe fraîche.

« Tu sais.., Aerin marqua une pause, elle ne savait pas par où commencer, ni comment. Tu sais à quoi je pensais pendant que tu te changeais ? Son visage quitta alors le corps de l' Invocation pour chercher son regard : je pensais à tout ce qu'on dit sur nous. Je ne sais pas pourquoi subitement j'y ai pensé, mais ça m'a traversé l'esprit, soupira-t-elle comme soulagée d'avoir ôté ce secret entre eux. J'ai songé à des choses futiles, ne t'en fais pas. »

Là, elle serra fort Juleis dans ses bras avant de défaire leur étreinte et s'approcher de la berge tout en défaisant son sac pour le poser au sol. Ce simple geste avait suffit à effacer ses craintes comme seuls les gestes tendres de Juleis pouvaient le faire. Même son sourire était revenu sur ses lèvres et son regard étincelait sans doute autant que le lac lui-même. La jeune femme ne put d'ailleurs pas s'empêcher d'ôter ses petits souliers et en relevant un peu sa robe verte comme la forêt qu'ils venaient de traverser, elle fit quelques pas dans l'eau claire.

« Par les dieux que ça fait du bien !, s'exalta-t-elle. Viens ! Tu ne vas pas me laisser seule dans l'eau quand même ?! Pour un fils d' Aqua, ça ne se fait pas. »

Sur ces mots, Aerin se mit à rire aux éclats. Sa bonne humeur était définitivement revenue, comme ce matin et tout en lâchant sa robe qui tomba sur la surface du lac, elle se pencha pour envoyer des grandes giclées d'eau en direction de Juleis afin de l'asperger avant qu'il n'atteigne le lac. Bien évidemment, ce geste la mouillait tout autant et chaque gouttelette tombant sur elle formait une large marque sur sa robe émeraude et son bustier écru ; tandis que sa chevelure commençait déjà par endroit à se coller à son cou et suivre le chemin de son buste et ses épaules.

« Allez, dépêche toi ou tu vas finir trempé avant même d'avoir mis les pieds dans l'eau ! »

Ses pensées sinueuses étaient parties, guidées par son obstination à ne pas vouloir gâcher cette journée à cause de pensées futiles de la sorte. Car pendant ses aveux, un peu plus tôt, Aerin avait compris que quoiqu'il arrive, bien ou mal perçu, elle ne changerait pas. Parce que c'était Juleis, parce que c'était elle. Parce qu'ils étaient tout l'un pour l'autre... et jusqu'à preuve du contraire, à ce jour : ils n'avaient strictement rien fait de mal.
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Aventure #4 écrite Mar 3 Sep - 13:35

Splendeur. C'était le seul mot qui lui vint à l'esprit quand le lac apparut enfin, les rayons du soleils miroitants sur la surface de l'eau donnant à l'ensemble un aspect merveilleux et fantastique, quasiment irréel. L'espace d'un instant, cette image effaça toutes les autres de l'esprit de Juleis, n'ayant pas vu une beauté de la nature telle que celle-ci depuis maintenant bien longtemps, un sentiment de lassitude l'envahit pendant une seconde lorsqu'il songea qu'à une époque il aurait été capable de créer tout cela lui-même, de donner une telle beauté à l'endroit. Mais le rang de dieu déchu auquel lui et ses frères s'étaient vus réduits ne leur permettait plus tout cela, leurs capacités étant bien limitées désormais.

C'est Aerin qui le ramena à la réalité, se lovant dans ses bras, le contact de sa joue sur son torse accéléra légèrement le battement de son palpitant. Il ne dit rien quand elle lui dit de manière induite que c'était grâce à lui si elle avait eu le courage de venir jusqu'ici, lui faisant comprendre qu'il était, à lui seul, la source de tous les changements récents qui avaient eu lieu dans sa vie de simple bibliothécaire. Il était là, debout, le bout de femme qui régissait désormais le moindre moment de sa vie au creux de ses bras, profitant simplement du moment et de l'étreinte, comme à chaque fois. Mais tout d'un coup, il la sentit se raidir, elle lui expliqua alors à demi-mots ce qui l'avait perturbé un peu plus tôt. Il en fut surpris mais ne se défit pas du demi sourire qu'il arborait depuis qu'ils avaient atteints le lac, elle releva la tête et leur regard se croisèrent, plongeant ses iris dans les sphères dorées dont il connaissait maintenant les moindres reflets.

Elle se posait donc des questions sur ce que la société pensait, sur le regard qu'elle leur portait. En relevant ainsi cet aspect de leur duo, Juleis ne put se rendre à l'évidence qu'il n'y avait jamais vraiment songé, pour lui, il ne faisait que passer du temps avec une personne qui le rendait heureux et qui l'intéressait, une personne intelligente, cultivée qui lui apprenait au jour le jour comment vivre dans ce Monde qui n'est plus sien et à qui, en contrepartie, il insufflait un peu de son courage et de son savoir de l'Ancien Monde. Juleis aurait même était incapable, à cet instant de répondre à ses interrogations et de savoir ce que la société pensait réellement. Bien sur, les rumeurs concernant leurs couples et leur futur mariage ne lui étaient pas inconnues, il avait été présent lors des inspections de la mère d'Aerin, il avait compris pour quoi on les prenait mais il ne s'était jamais demandé si cela était réel ou pas, de leur point de vue.

Avant même qu'il ne puisse lui répondre quoique ce soit, elle accentua leur étreinte avant de l'achever, se dirigeant d'un pas décidé vers le lac, déposant son fardeau et ses souliers sur la rive avant de mettre les pieds dans l'eau. Il lui vit un visage de nouveau heureux et exempt de tout mal-être, elle semblait oisive et insouciante, s'intégrant parfaitement au paysage, mais en se livrant elle avait transféré ses craintes à la divinité. Bien entendu, Juleis ne les gérait pas de la même façon, il savait restait impassible et ne pas retranscrire sur son visage ce qui se passait dans son esprit.

Etait-il tombé amoureux d'une humaine ? L'amour, ce sentiment qui ne lui était connu que depuis quelques semaines, que depuis qu'il était à nouveau entré dans la capitale car dans l'Ancien Monde, une chose comme l'amour n'existait pas, ou, s'il avait existé, il n'en avait jamais été le spectateur. Bien sur, les espèces créées par les Dieux étaient en mesures de procréer, pour assure la survie et la propagation d'un écosystème sain et équilibré, mais avaient-ils prévus l'amour ? Juleis n'aurait su le dire. C'est au milieu de ses pensées qu'il sentit des gouttes d'eau atterrir sur son visage, bonus d'une invitation à rejoindre Aerin dans l'eau. Pour seule réponse il lui sourit et commença à s'avancer dans sa direction, quittant ses souliers et tentant d'esquiver les gouttes qui l'assaillaient.

Arrivé au bord de l'eau, il fit quelques ourlets sur son pantalon de toile et mit ses pieds dans l'eau, le contact avec l'eau fraîche lui fit un bien fou, même si la sensation avait pu être décuplé sous sa vraie forme, le contact de ses plantes de pieds avec les galets qui tapissaient le fond du lac l'apaisèrent instantanément, évacuant tous ses soucis. Il eut tôt fait de rejoindre la jeune bibliothécaire et de lui attraper les bras par derrière, ses épaules posé contre les siennes et leurs cous emboîtés. Il approcha alors ses lèvres de son oreille et chuchota.

"Quoique l'on dise sur nous, quoiqu'ils fassent, nous sommes les seuls qui pouvons décider de notre destin et de notre vie, je m'en assurerai personnellement. Et pour l'heure, il n'y a que toi & moi ici. Sache aussi que..." Il laissa un temps d'arrêt, tentant ainsi de donner un aspect dramatique à ses paroles "... On n'éclabousse impunément un fils d'Aqua !"

Ajoutant les gestes à la parole, il se laissa tomber vers l'arrière, entraînant avec lui sa pauvre victime..
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Aventure #5 écrite Mar 3 Sep - 13:39

Une fois dans l'eau, et en se retournant vers Juleis : Aerin avait vu qu'il était perdu dans ses pensées, sans savoir ni comprendre que c'était ses propres doutes qui avaient plongé l' Invocation dans cet état absent. À ses yeux, il était juste subjugué par son propre élément, envouté par cette étendue d'eau douce renfermant, néanmoins, des monstres terribles dans les grandes profondeurs. Peut-être aurait-elle ressenti la même chose si elle avait pu revoir la maison de son enfance, près du désert Ambré. Peut-être même qu'elle aurait pleuré d'émotion comme elle était coutumière de le faire régulièrement. Dans ces cas là, la jeune femme aurait alors aimé être sortie de sa rêverie pour aller de l'avant. Alors Aerin opta pour le jet d'eau, utilisant ses mains incurvées comme une immense louche capable d'éclabousser le jeune homme en retrait sur la berge.

À cet instant, la bibliothécaire était insouciante, heureuse d'être simplement là avec l'être qu'elle chérissait le plus et qui pouvait la faire sourire même quand son coeur était bercé par la tourmente du qu'en dira-t-on. Le simple fait de le voir, voir son sourire s'élargir alors qu'il approchait de l'eau, finissait de la faire revenir en enfance, l'espace de quelques secondes, quelques minutes tout au plus. Le temps que l' Invocation se déchausse, le temps qu'il s'approche avec son pantalon retroussé à la différence de la jeune femme qui balayait la surface de l'eau avec sa robe satiné. Puis l'âge adulte revint quand son corps se retrouva plaqué contre celui du jeune homme, sentant le battement de son coeur au-travers de ses omoplates, sentant son souffle sur sa joue – faisant immanquablement accélérer son rythme cardiaque.

Le souffle court, la jeune femme écoutait le murmure de cet homme à son oreille. Un flot inexplicable d'émotions s'ajouta alors à son corps prisonnier des bras puissants du demi-dieu, faisant papillonner ses yeux tandis qu' Aerin écouta chaque mot prononcé sans comprendre pourquoi ceux-ci la faisaient réagir de la sorte. Mais alors qu'elle s'apprêtait à se retourner pour croiser à nouveau le regard de Juleis, espérant y trouver une réponse à la cohue de pensées qui inondaient son esprit, la jeune femme sentit son corps partir à la renverse en même temps que l' Invocation n'achevait sa sentence vengeresse.


« Oh toi tu vas voir ! »

Après s'être débattue pour sortir la tête hors de l'eau, après avoir secoué son visage pour en décoller les cheveux mouillés, Aerin sentit son âme juvénile reprendre le pas l'espace d'une parole fanfaronne, car en se retournant vers le demi-dieu, en plaquant ses mains sur les siennes qui avaient pris appui sur les galets du fond marin, la vision qu'elle eut fut troublante. Penchée ainsi par-dessus Juleis, le corps entre ses jambes pliée sur le lit du lac, Aerin sentit ses idées persistantes refaire surface dans son esprit : ces choses que les couples font. Pourquoi fallait-il qu'elle y songe à cet instant ? Était-ce à cause de l'eau scintillante qui donnait une impression de halo à la divinité ? Était-ce de le voir ainsi, dégoulinant d'eau et la chemise presque transparente à l'instar de son propre corsage écru qui avait bu la tasse au point de laisser deviner ses formes, sinon plus encore ? À moins qu'il eut s'agit de ses lèvres qui furent la première chose qu' Aerin vit en se retournant ?

Elle-même était incapable de le dire, tout comme il lui parut impossible de savoir combien de temps elle resta là, la respiration lente et la bouche sèche au-dessus de l' Invocation. Tout ce qu' Aerin savait, c'est qu'elle s'écarta brusquement de lui, en secouant légèrement la tête comme si son esprit avait repris possession de son être, quand son buste frôla celui de Juleis. *Pourquoi ?* Pourquoi s'était-elle penchée vers lui ainsi ? Comme hypnotisée par ses lèvres alors qu'elle était persuadée de regarder Juleis droit dans les yeux.. pourquoi, en se tenant à présent à genoux sur les galets, assise sur ses talons, toujours entre les jambes du demi-dieu, sentait-elle son coeur battre la chamade comme jamais au point de serrer son poing sur le tissu imbibé qui enrobait sa poitrine ?

De son autre main, elle sentit les doigts de Juleis toujours sous sa paume. Ces deux mains unies vers lesquelles son regard se tourna lentement, sentant ses doigts hésiter à l'idée de serrer la main de Juleis ou la lâcher. Pourtant sa paume ne pouvait se défaire de ce contact.
*Pourquoi ? Pourquoi Juleis ?* Dans le doute, la jeune femme chercha le regard de son vis-à-vis. Que pouvait-il se passer pour qu'elle sente subitement cet émoi jusque là inconnu. Quoique... non, elle connaissait ce sentiment. Il était apparu la première fois où la bibliothécaire avait vu l' Invocation sous sa forme humaine ; c'était ce bouleversement qui l'avait fait se pendre au cou de Juleis ; c'était ce même sentiment qui la poussait continuellement à se protéger dans les bras de ce dernier sans la moindre raison, juste pour le plaisir de sentir son corps contre le sien.. mais il lui était impossible de mettre un nom dessus, impossible de comprendre quelque-chose qu'elle n'avait jamais ressenti auparavant. Alors peut-être que l' Invocation le savait ? Peut-être pourrait-il lui expliquer ce lien si fort qui les unissait ? Peut-être était-ce même normal pour une Invocatrice et son demi-dieu de ressentir cela, non ? Mais alors pourquoi ne voyait-elle pas cette osmose avec les autres binômes ?
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Aventure #6 écrite Mar 3 Sep - 13:41

Le contact de l'eau sur son corps était une sensation indescriptible, même sous cette forme, il ressentait des choses qu'un humain ne pourrait pas saisir, une prédisposition favorable à l'élément dont il était issu était quelque chose dont un Demi-Dieu ne pouvait se défaire, en tout cas pas pour les fils d'Aqua. Il sentait le chatouillement de la moindre goutte d'eau qui coulait sur ses joues, il aurait presque pu les entendre chanter, susurrer des poèmes à ses oreilles. Le dos sur les galets, le corps à moitié immergé et les vêtements maintenant imbibés, tout cela était fort vivifiant pour lui, comme si, finalement, inconsciemment il avait eu besoin de ça tout autant qu'elle, comme si, tout d'un coup, il se rendait compte qu'il commençait à suffoquer dans la capitale. Et puis, sans pouvoir se l'expliquer, pouvoir se retrouver seul avec Elle, le comblait de bonheur tout autant.

Elle n'avait pas mal pris sa petite farce, moribonde, elle s'était retournée et avait pris appuis sur ses mains en les calant sur les galets qui tapissaient le fond du lac, son corps au dessus du sien. Quand il sentit ses mains sur les siennes, cette chaleur qui était maintenant familière l'envahit de nouveau, même ici, même au milieu de l'eau froide, les vêtements toujours trempés, ce contact maintenant si familier s'exprimait en lui dans chaque parcelle de son corps. Sans pouvoir mettre un mot sur ce lien si spécial qui l'unissait à son invocatrice, lien qu'il savait avoir dépassé le lien magique de subordination car, à Lüh, il avait pu observer d'autres duos d'invocations et d'invocateurs sans pour autant qu'il soit si passionnel, si sentimental. Mais pour l'heure toutes les questions qu'il aurait pu se poser ne firent que ricocher sur son esprit, tout ce qu'il voyait était les deux iris ambrés de sa dame, ses cheveux mouillés collés sur ses joues, sa respiration haletant et son corps si près du sien. Elle était sublime.

Il avait son regard azuré plongé dans le sien, il la voyait le dévisageait, sa respiration s'enflammant légèrement, mais il ne bougeait pas, se contentant de poser son regard au fond du sien, lui faire comprendre qu'il était sien. Et subitement, comme un peu plus tôt, il la sentit se crisper, le regard traversé par une hésitation, assombri l'espace d'un instant, elle s'était relevé pour se mettre en appui sur ses genoux. Une main sur sa poitrine, l'autre toujours emmêlé à la sienne, Juleis n'eu aucun doute sur le fait que c'était toujours les mêmes choses qui lui alourdissaient l'esprit, toujours les mêmes pensées sur cette société qui n'arrêtait plus de les juger, probablement accentuées, sans qu'elle le lui avoue, par la pression constante que sa mère lui a mis sur les épaules depuis bien trop d'années maintenant.

Doucement, il entreprit de décoller son dos du tapis de galets sur lequel il était allongé, prenant appui sur son coude, ne lâchant pas la main d'Aerin et amenant son autre main sur sa joue, il lui releva le menton de ses deux doigts, la forçant à plonger son regard à nouveau dans le sien, sachant que c'était sa meilleure arme pour lui faire retrouver le sourire, pour la faire oublier tous ses maux et tous ses problèmes qui pouvaient l'accabler, il se fichait qu'elle se confie partiellement à lui, il se fichait qu'elle ait quelque chose bien à elle, un jardin secret, tout ce qu'il voulait c'était ne plus voir cette trace sombre dans son regard alors qu'il avait maintenant beaucoup trop de fois pu admirer ses iris solaires, brillant de milles éclats et reflétant la personne lumineuse qu'elle était pour lui.

Il passa sa main de son menton à sa joue, posant toute sa paume sur sa joue et ses doigts allant jouer derrière son oreille, elle posa son visage sur sa main et à cet instant, il le sentit, il y avait quelque chose qui se passait entre eux qui n'était pas normal, quelque chose qu'il n'avait pas vu chez tout le monde à Lüh. Ce pouvait-il que ce soit ce sentiment que la population appelle l'amour ? Cette pensée l'avait percuté instantanément, était-il possible qu'il soit tombé amoureux d'elle ? Amoureux de la femme qu'il était sensé protéger et dont il devait, guidé par l'Ordre Divin, obéir à tout propos ? Ne sachant pas vraiment ce qu'était l'amour et n'en ayant entendu parler que dans les histoires qu'Aerin lisait parfois le soir ou au détour d'une conversation de poivrots des tavernes de Lüh, il ne parvenait pas à se fixer mais il sentait les papillons qui s'agitaient dans son ventre, son cœur qui s'emballait à chaque fois que le corps d'Aerin était près du sien. Tout cela allait bien au delà du reste, ce n'était pas quelque chose de normal pour une invocation, pour une divinité tel que lui.

Il enleva sa main de sa joue subitement, peut être un peu trop brusquement même, il s'appuya sur son deuxième coude et se rassit un petit peu, évitant légèrement son regard. Cette révélation nouvelle qu'il venait d'avoir le mettait mal à l'aise, il avait l'impression d'être allé trop loin pour le regard d'Aqua, quelque chose n'allait pas, son corps exprimait une pensée que son esprit ne pouvait se convaincre d'avoir. Il tenta de sourire du mieux qu'il put, mais il n'arriva pas à ne pas exprimer son trouble qui était trop profond.

"Je... Je suis désolé, nous sommes trempés, nous ferions mieux de nous sécher."

Il espérait qu'elle n'avait pas compris les sentiments qu'il supputait avoir pour elle, ces sentiments qui étaient plus qu'amicaux, ces sentiments qui n'étaient pas sensés se développer entre une divinité et son invocateur mais il n'avait pu l'empêcher, son cœur s'était épris trop vite et sans réfléchir, guidé par l'instinct et cette espèce de naïveté dont il se sentait atteint depuis son retour dans ce nouveau Monde. Mais ce qui était la cause de son malaise, c'était qu'il savait, qu'il sentait, qu'il ne pourrait arrêter de l'aimer, là était son réel déchirement.
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Aventure #7 écrite Mar 3 Sep - 13:43

Quand Aerin sentit les doigts de Juleis sous son menton, sa respiration s'arrêta avec une profonde inspiration. D'autant plus quand son regard croisa celui de l' Invocation. *Pourquoi ?* Ses yeux étaient emplis de cette question, mais la réponse ne venait pas, elle ne franchissait pas les lèvres du demi dieu. Au contraire, celles-ci continuaient de la captiver au point qu'à défaut de pouvoir en détourner ses pupilles scintillantes, Aerin baissa les paupières et lova sa joue dans la paume du tigre métamorphosé. Jamais la jeune femme n'eut à serrer les paupières si fort, pourtant c'était ça où elle allait... elle allait... rien que d'y penser, son coeur eut un soubresaut et sa gorge se noua. Tout ça parce qu'elle se rendait compte que si elle n'avait pas fermé les yeux, Aerin allait embrasser l' Invocation !

C'était d'ailleurs ce qu'elle avait failli faire inconsciemment tandis que son visage s'était approché de celui de Juleis un peu plus tôt. Mais la vérité lui sauta aux yeux seulement maintenant que le demi-dieu lui caressait la joue. Ce contact si intense, si doux qui l'enveloppait de chaleur malgré que tous deux soient trempés jusqu'aux os. Il aurait pu y avoir la pire tempête jamais connue, faire aussi glacial que dans les terres enneigées, Aerin n'aurait pas sentit la morsure du froid tant que le tigre l'enveloppait de sa tendresse. Mais les doigts de Juleis quittèrent sa joue, brusquement ! Trop rapidement pour que la bibliothécaire reste là à ne rien faire. Sans même s'en rendre compte, sa main qui avait tenu son corset au niveau de son coeur lâcha prise pour attraper de volée celle du tigre tandis que ses yeux s'ouvrirent automatiquement pour chercher le regard de ce dernier.


« J.. »

Ce fut tout ce qui sortit d'entre ses lèvres alors que ses yeux s'écarquillèrent. *Mais qu'est-ce que je fais là ?!* Sa voix s'était étranglée en se rendant compte de ce qu'elle voulut dire. La vérité avait voulu jaillir pour sa plus grande peur alors seule sa raison l'avait empêchée d'en dire plus. À moins qu'il eut s'agit de son incompréhension totale sur la question en réalisant la dualité qui régnait dans son esprit. Mais il était indéniable que Juleis était aussi troublé qu'elle, sinon plus aux vues de son regard fuyant. Lui aussi avait compris que quelque-chose se passait, que c'était illogique. Anormal même.. D'autant plus qu'à présent, Juleis était timoré et Aerin audacieuse. Assez pour ne pas lâcher la main du tigre qui voulait quitter l'eau, assez pour trouver la force de parler, même si ce n'était que pour dire quelques mots.

« Attends ! »

Aerin voulait comprendre et ça serait maintenant ou jamais. Si Juleis n'avait eu aucune réaction, s'il l'avait rassurée comme à son habitude, la jeune femme aurait fait fi de la situation, mais l' Invocation était troublée. Juleis n'avait visiblement pas la réponse à sa question lancinante or il fallait la trouver. Aerin ne voulait plus vivre avec ces doutes en elle. Surtout parce que ces craintes concernaient Juleis... alors l'expression de son regard quitta l'étonnement pour s'affermir, se posant tendrement sur le tigre mal à l'aise.

« Regardes moi, Juleis.. »

Sa voix se faisait fébrile car malgré son désir ardent de savoir, c'était aussi prendre le risque de découvrir l'impossible, l'interdit qui se forgeait lentement mais sûrement une place dans son esprit. Elle aimait son Invocation plus qu'il ne le faudrait.. les commérages des Lühiens ne lui parurent plus si farfelus compte tenu qu'il semblait évident qu'ils avaient vu juste bien avant les deux personnes concernées.

Puis les deux saphirs dans lesquels la jeune femme aimait se noyer se posèrent sur elle. Une foule de sentiments semblaient s'y battre, au même titre que dans les siens un peu plus tôt. Mais à présent, Aerin voulait simplement être sûre de ce qu'elle éprouvait. Alors la jeune femme contempla ce visage qu'elle connaissait par coeur. Sachant que la main qu'elle venait de rattraper à la volée ne partirait pas, à l'instar de l' Invocation toujours assise dans l'eau, la jeune femme la lâcha et accompagna son observation minutieuse du toucher : frôlant la joue du demi-dieu, passant ses doigts dans sa chevelure pour dégager le regard azuré de Juleis jusqu'à ce qu'à nouveau ses yeux se posent sur les lèvres nacrées du jeune homme. À cet instant, tout son corps s'immobilisa pendant quelques secondes tandis que ses doigts se crispèrent sur la main toujours immergée de Juleis.

Durant ce bref instant qui parut durer une éternité pour la jeune femme, Aerin sentit sa respiration s'intensifier. Elle comprenait enfin que quoiqu'elle fasse, peu importe la décision qu'elle prendrait : leur relation allait changer. Soit tous deux seraient forcés de s'éloigner l'un de l'autre, soit... Aerin sentit son coeur se scinder en mille morceaux à l'idée de perdre le tigre, c'est pourquoi elle prit le plus grand risque de sa vie. Profitant de sa main toujours sur la joue de Juleis, Aerin attira son visage auprès du sien et sans même hésiter une fraction de seconde, posa ses lèvres tremblantes sur celles de l' Invocation. En fermant les yeux pour compléter ce geste tendre, elle ne put néanmoins pas retenir une larme de rouler sur sa joue, sachant qu'en scellant ainsi son âme à celle du demi-dieu, elle prenait le risque de tout perdre, en sachant que ce genre d'union était punissable par la loi.
Mais *autant mourir que de vivre sans Juleis..*
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Aventure #8 écrite Mar 3 Sep - 13:45

Son incompréhension était profonde, il ne parvenait pas à comprendre comment il avait pu être si naïf, comment, pendant tout ce temps, il avait pu nier quelque chose d'aussi clair, comment il avait pu obstruer totalement ses sentiments, les ignorer. Juleis n'avait pas l'habitude d'être surpris, de ne pas prévoir les choses, de ne pas gérer sa vie avec minutie et logique, pourtant, depuis qu'il l'avait rencontré, depuis qu'elle l'avait libéré, il se surprenait à agir de manière intuitive, voire même impulsive pour peu qu'elle soit impliquée. Son esprit ne réfléchissait plus de la même manière, il n'analysait plus ses actes de la même façon, le laissant aller jusqu'à aimer une humaine, sa propre invocatrice. En étant totalement honnête avec lui-même, à cet instant, il se savait dépassé mais il pouvait encore résorber les choses, il pouvait encore changer la donne.

C'était du moins ce qu'il croyait avant qu'une main n'attrape la sienne, sa main. Lorsqu'il sentit ses doigts se poser sur sa paume, il sut qu'il était impuissant, totalement soumis au bon vouloir de ses sentiments, il sentait qu'il ne pourrait lutter toute une vie pour faire fit de tout ça. Jamais il ne pourrait oublier qu'il aimait Aerin, sa petite Aerin. Puis elle lui ordonna d'attendre, une puissance nouvelle dans la voix, comme il ne l'avait encore jamais entendue, il ne bougeait pas, toujours à moitié allongé, le corps à demi-immergé dans l'eau du lac, le regard toujours fuyant, par peur de ce que son regard pourrait provoquer en lui. Comme si cette soudaine clarté avait tout changé, comme si le fait de le réaliser faisait de ses sentiments un répulsif.

Puis elle l'obligea à plonger ses pupilles dans les siennes et il y trouva la force nouvelle qu'il avait entendu dans sa voix, il vit une Aerin résigné, emplie d'une certaine assurance. Il ne bougeait pas, il ne voulait plus bouger, il voulait se perdre dans ses sphères ambrés, les choyer et les illuminer chaque seconde de sa vie. Puis son autre main se posa sur son visage, allant où bon lui semblait, passant de sa joue à ses cheveux pour dégager son visage. La caresse était divine, son cœur battait la chamade sans qu'il puisse le calmer, son souffle était court mais ses pupilles restaient immobiles, toujours fixées sur celle d'Aerin, dans l'attente de ce qu'elle avait à lui dire.

Mais ce ne furent pas des mots qui sortirent de sa bouche, la main qui était plongée dans ses cheveux se mit à pousser doucement sur l'arrière de son crâne, le rapprochant petit à petit du visage d'Aerin, plus la distance entre eux se réduisait, plus les battements de son cœur se faisaient rapprochés. Lorsque ses lèvres touchèrent enfin les siennes, il lui rendit son baiser passionnément, avec toute la tendresse dont il était capable, il prit le contrôle du moment. Il ferma les yeux et s'abandonna à elle, elle qui avait eu l'audace de faire ce qu'il n'aurait pas osé faire, passant sa main sur sa nuque, caressant ses cheveux et amenant son bras sur les reins d'Aerin. Leurs corps ne faisaient plus qu'un, ils étaient liés dans cette étreinte divine. Le flot de sentiments et de sensations qu'avaient ressentis Juleis jusque là s'exprimant au travers de cet instant, lui faisant ressentir tout ce qu'il avait pour elle, tout ce pourquoi il ne voulait plus jamais la quitter et tout ce contre quoi il était prêt à lutter. Pour son bonheur, pour leur bonheur.

Ce fut lui qui rompit le contact, reculant légèrement son visage du sien, plongeant de nouveaux ses yeux bleus dans les siens, ramenant sa main sur sa joue, son bras toujours enroulé autour d'elle, pas encore prêt à la laisser partir. Il ramena ses cheveux derrière son oreilles et se mit à caresser sa joue avec son pouce.

"Es-tu sur que tu es prête à gérer tout ça, nous, le regard des gens ? Moi je le suis, je ne sais pas pourquoi ni comment tout cela est arrivé mais je crois que je ne pourrai plus jamais me passer de toi, Aerin. Mais tu peux toujours faire marche arrière, tu peux m'ordonner de tout oublier, d'arrêter de t'aimer, le choix est tien, intégralement tien."

Le baiser semblait avoir éclairci son esprit et son jugement, il était maintenant pleinement conscient de ce qu'il ressentait pour elle mais il avait aussi réalisé à quel point tout ça pouvait être lourd à porter pour elle. Il était prêt à tout abandonner, son bonheur passant avant le sien, elle n'avait qu'une vie, lui était immortel et il n'était pas assez fou pour lui forcer la main, pour l'obliger à changer toute sa vie juste pour que lui soit comblé. C'était la la tâche dont il s'était retrouvé affublé en tant qu'Invocation, il était celui qui avait promis à Aerin qu'il la rendrait heureuse, il n'avait pas le droit de bousiller tout ça.

Il ne cessait de caresser sa joue affectueusement, tendrement, et son regard avait retrouvé un certain dynamisme, passant de ses yeux, à sa bouche, à son nez, son front, ses cheveux, son menton. Toutes ses parties du visage qu'il connaissait et aurait pu décrire sans faille, il les redécouvrait d'un œil nouveau, d'un œil amoureux et tout ce qu'il voyait à ce moment en face de lui valait tous les trésors du Monde..
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Aventure #9 écrite Mar 3 Sep - 13:47

Ce qui n'avait commencé que comme un effleurement des lèvres, devint un baiser fougueux, passionné. La preuve qu' Aerin n'était pas la seule troublée, ce qui lui amena la certitude qu'elle était dans le vrai. Se redressant sur ses genoux afin que son corps épouse celui de Juleis, la jeune femme s'abandonna à ce baiser, sentant son corps prendre feu de l'intérieur, sentant un frisson de plaisir lui parcourir l'échine tandis que leur étreinte ne faisait que s'intensifier au fur et à mesure que les craintes s'affaiblissaient face au bonheur de s'être enfin – et complètement – trouvés.

Pourtant un doute revint dans l'esprit d' Aerin quand Juleis ôta ses lèvres des siennes. Un bref instant encore, elle dut garder les yeux fermés afin d'être sûr que ce n'était pas un rêve ; pour que tout ne s'évanouisse pas dès l'instant où son regard se poserait sur le décor alentours. Mais la voix de son aimé lui enleva toute peur.. Rouvrant les yeux, la jeune femme se contenta de sourire dans un premier temps, comme elle avait l'habitude de le faire quand Juleis se montrait inquiet pour elle. Le regardant avec attendrissement, même l'envie de pleurer avait disparu pour laisser place à un visage radieux et paisible.

« J'en suis absolument sûre, murmura-t-elle comme si parler trop fort aurait pu rompre le charme. Si c'est pour toi, je suis prête, ajouta-t-elle en posant son front contre celui de l' Invocation. Je préfèrerai mourir demain pour t'avoir aimé que de vivre une longue vie sans toi. »

Ses propres mots lui faisaient peur, l'idée même de vivre sans Juleis à ses côtés était la pire chose qui puisse lui arriver. C'est pourquoi un nouvel élan d'affection s'empara de son être, resserrant ses bras autour du cou du tigre, Aerin ne put s'empêcher de sceller cette promesse par un nouveau baiser plus enflammé que le premier qu'elle eut entamé. Imitant Juleis dans sa fougue pour leur précédent échange, la jeune femme poussa involontairement Juleis en arrière, le recouchant dans l'eau, elle par-dessus : ce qui la força à briser le contact charnelle de leurs deux bouches ainsi que ses mains qui se plaquèrent sur les galets de part et d'autre du visage du demi-dieu tandis que son corps était complètement allongé sur le sien. C'est alors que son rire de joie mêlé à quelques larmes d'émotion éclata timidement.

« Je t'aime Juleis, dit-elle une première fois à mi-voix, Je t'aime ! »

La seconde fois fut dite sur un ton presque solennel, plein de fierté et de bonheur à la fois. Aerin rayonnait. Même si de retour à Lüh, il faudrait être prudent, même si cette histoire d'amour était vouée au secret à cause de leurs natures si différentes, la jeune femme ne pouvait contenir ce bonheur que d'être avec lui. Avec Juleis, il lui semblait possible de soulever des montagnes, d'affronter la mort dignement comme elle l'avait déjà fait pour lui, par le passé, le jour où elle l'avait libéré du temple.

« Les dieux ne m'auraient pas menée à toi si c'était pour m'interdire de t'aimer par la suite. Alors je veux bien défier la loi des Hommes si les dieux, eux, nous bénissent. »

La jeune femme était convaincue de ses propres paroles, tant et si bien que cela se ressentait dans sa façon de parler inhabituellement emplie d'assurance et de conviction. À ses yeux, Aqua n'aurait jamais fait en sorte de les unir, de leur montrer ce qu'est l'amour pour ensuite les en priver. Seuls les hommes semblaient contre ce genre d'unions. Une crainte qui pouvait, Aerin le savait, pousser Juleis a s'écarter s'il sentait la vie de la bibliothécaire en danger. La jeune femme le connaissait assez pour imaginer qu'il puisse faire en sorte de s'éloigner afin de lui sauver la vie. Alors son sourire s'amoindrit sans pour autant disparaître complètement, et ainsi, les bras accoudés sur le lit du lac pour maintenir son corps au-dessus de celui de l'Invocation, laissant l'eau faire filer les cheveux de Juleis entre ses doigts, elle osa prononcer un ordre en usant néanmoins de beaucoup de douceur pour le dire.

« Je t'ai dit un jour de ne jamais m'obéir si je venais à te dire de me laisser. Aujourd'hui, je t'interdis de t'éloigner de moi si tu penses que ça pourrait me sauver la vie face à la Milice qui aurait découvert notre union. Car ça serait la pire des tortures qu'on puisse me faire. J'ai déjà affronté la mort pour toi, sans même te connaître alors je n'ai plus peur de ce qui peut m'arriver tant que tu restes à mes côtés. »


Avec la même douceur utilisée pour ses paroles, Aerin laissa ses bras fléchir un peu plus pour épouser le corps du tigre, sentir son coeur battre contre sa poitrine comme s'il eut été en elle ; sentir sa chaleur malgré la fraicheur de l'eau. Là, à quelques millimètres de son visage, la jeune femme entama une série de petits baisers fugaces sur les yeux du demi-dieu, sur ses joues, son front, son nez – tous accompagnés du même murmure, répétant inlassablement « je t'aime » ; pour ensuite revenir immanquablement se perdre sur ses lèvres dont le goût semblait chaque fois un peu plus attirer les siennes.
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Aventure #10 écrite Mar 3 Sep - 13:49

Il lui avait laissé le choix, mais il savait que ce choix était une évidence, aussi bien pour elle que pour lui, c'était elle qui avait fait le dernier pas, c'était elle qui avait pris l'initiative de l'embrasser, tout cela était réciproque, probablement depuis le départ. Il leur avait fallu à tout deux du temps pour comprendre mais c'était pour le mieux, car ce moment se déroulait comme une renaissance pour Juleis, un renouvellement bénéfique pour l'âme et l'esprit. C'était exempt de doutes qu'il attendait sa réaction, qu'il attendait qu'elle lui dise qu'elle aussi était prête et ce qui devait arriver arriva, elle le lui dit, enfin. Dans ses souvenirs, il ne lui semblait pas avoir vu Aerin si joyeuse et heureuse, dans tous les cas, ça ne se lisait jamais autant sur son visage qu'à ce moment là, les gouttes d'eau éparses reflétant les rayons du soleil pouvait y être pour quelque chose, mais il sentit que c'était le réel reflet de ce qu'elle ressentait qui s'exprimait sur son joli minois.

Elle passa ses bras autour de son cou et l'embrassa de nouveau, avec plus de fougue, plus d'envie et plus de hargne, peut être un peu trop, au point qu'elle le projeta à nouveau sur le dos, posant ses mains de chaque côté de son visage et collant son corps au sien. Juleis riait, tout aussi heureux qu'elle, oisif, oubliant toutes les interrogations qu'il avait pu avoir jusque là, allant même jusqu'à se trouver sot d'avoir pu douter du bien et du mal de tout ça. A cet instant, tout ce qui lui importait était qu'elle voulait bien de lui, qu'elle était prête à se donner à lui corps et âme autant que lui était prêt à le faire pour elle. Il était là, à demi dans l'eau, un sourire béat sur le visage en contemplant la belle Aerin allongée sur lui, elle riait aussi et laissa échapper ces mots, les mots qui scellent une histoire, les mots magiques que, il l'avait compris, tout humain attendait de son amant. Je t'aime.

Ces mots étaient sortis naturellement, comme une évidence, comme s'ils avaient été là depuis longtemps déjà mais qu'il ne leur manquait plus qu'un cadre formel pour sortir. Il l'aimait aussi, au plus profond de son coeur il savait qu'il n'aimerait jamais quelqu'un autant qu'il l'aimait, et les sentiments d'un demi-dieu n'était pas des choses qui changeaient au gré des vents, c'était plutôt comme quelque chose de définitif, de réfléchi et d'imperturbable. Aerin était l'être de sa vie, de ses jours et de ses nuits, de ses rêves et de ses cauchemars. Elle était définitivement tout pour lui, à tout jamais.

Aerin croyait en la bénédiction d'Aqua, de tous les dieux, vis à vis de ce genre d'amour, vantant le fait qu'il n'y avait probablement que les humains que cela dérangeait. Elle avait surement raison, après tout, les Dieux régissaient surement bien plus de choses que ce que le discernement des humains et même des Invocations pouvait bien voir. Jamais sa mère n'aurait permis qu'il ait la possibilité de développer ce genre de sentiments à l'encontre d'une humaine si elle ne voyait pas ça comme quelque chose de bien, quelque de chose de bon et qui pouvait rendre le monde meilleur. Malheureusement, Juleis était aussi conscient que ce n'était pas avec ce genre de mots qu'ils pourraient changer les mentalité du Royaume et des lois qui le régissait, leur amour était un amour qui se voulait impérissable mais destiné à rester secret.

Alors que son regard était toujours focalisé sur son visage, il l'avait écouté parlé, de ce ton plein d'assurance et de pouvoir qu'il ne lui avait encore jamais connu. Il ne put retenir son sourire quand l'évidence le frappa, il avait réussi, il avait réussi à faire ressortir cette Aerin qu'il avait vu dans le Temple, l'Héroïne Aerin, la femme courageuse qui était capable de prendre sa propre vie en main. Le tigre n'aurait certes jamais pu prévoir que c'est avec son amour qu'il arriverait à ses fins, le fait est qu'il avait réussi, qu'il la voyait enfin aussi heureuse et puissante que dans les souhaits qu'il avait pu faire pour elle, pour eux..

Et à sa grande surprise, un ordre surgit de la bouche d'Aerin, inattendu, un frisson lui parcourut l'échine tandis qu'il assimilait la demande, tandis qu'il la comprenait. Puis une larme perla au coin de son œil droit, alors tout cela était bien réel, elle avait pris une décision loin d'être légère, elle avait pesé les risques de cette relation, elle avait réfléchi à tous les aspects, même si elle devait aller en prison ou pire, elle était résignée à l'aimer jusqu'à la fin. La larme coula le long de sa joue avant qu'elle commence à l'embrasser à nouveau, sur les yeux, sur les joues, le nez et, enfin, la bouche, baiser qu'il lui rendit avec amour cette fois-ci, lui transmettant l'émotion qu'elle même lui avait fait ressentir. Puis il repassa à nouveau sa main derrière sa nuque et son bras sur ses reins avant de rouler sur le côté dans une gerbe d'eau, passant ainsi au dessus d'elle, ses cheveux mi-long et mouillés se plaquant sur les côtés de son visage.

"Je t'aime aussi Aerin, et je ne t'abandonnerai jamais, tu n'es plus seule, tu ne le seras plus jamais. Tu pourras t'appuyer sur moi si tu en as besoin, je serai ton soutien, ton arme et ton homme. Je pourrais détruire une armée si ça avait pour but de t'empêcher de souffrir. Je protégerai ton corps, mais à partir d'aujourd'hui je protégerai aussi ton cœur."

Puis il plongea à nouveau son visage vers elle, collant son corps au sien, il trouva ses lèvres avec les siennes, y déposant un simple baiser, lèvres contre lèvres, juste pour sceller cette nouvelle promesse, ce nouveau serment qu'il venait de lui faire.
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Aventure #11 écrite Mar 3 Sep - 13:51

Si c'était un crime, alors Aerin était prête à être une criminelle. Car le pêché avec un goût savoureux. Jamais elle n'aurait pu croire que son premier baiser serait si merveilleux, mais sans doute était-ce lié à l'amour qui l'unissait à Juleis. Le bonheur qu'elle éprouvait à cet instant était indescriptible et plus encore que de le ressentir dans son coeur et dans son esprit, tout son être était envahi par cette chaleur foudroyante et pourtant si exquise. Dès lors, quand le tigre eu inversé la donne, quand ce fut son tour d'être encerclée par les remous du lac, la fraicheur de l'eau vivifia son être, accentuant les frissons de bien-être qui parcouraient tout son corps.

Ses mains, alors libres de se mouvoir, passèrent sur le visage de l' Invocation qui venait de l'embrasser une nouvelle fois après avoir laissé parler son coeur à son tour ; écartant à nouveau les mèches de cheveux qui se collaient à son visage. Puis doucement, les doigts de sa main gauche quittèrent son visage en glissant sur les lèvres du demi-dieu, faisant des circonvolutions de son menton à son cou pour ensuite être imitée par son autre main, jusque là posée sur sa joue.


« Tu es tellement beau, Juleis. »

Telle une aveugle, la jeune femme s'imprégnait de chaque parcelles du buste de Juleis, sans que ses iris dorées ne quittent les saphirs du tigre. Ce n'est qu'en arrivant contre la chemise presque transparente à cause de l'eau que sa respiration se fit plus intense à nouveau. Rougissant même un peu, Aerin ne se sépara néanmoins pas de son sourire timide tandis que son regard quitta celui de l' Invocation pour découvrir le torse du jeune homme. Bien qu'elle le connaissait pour s'y être mainte et mainte fois serrée, c'était la première fois qu'elle en percevait les formes.

En d'autres circonstances, certainement qu'elle aurait rougit à outrance et détourné le regard, mais pas cette fois ci. Au contraire, son observation, cette nouvelle découverte du demi-dieu l'amena à délicatement passer ses doigts dans l'encolure de la chemise trempée, frôlant le haut d'un pectoral pour remonter jusqu'à l'épaule de Juleis. Pour la première fois, la peau généralement cachée par un vêtement du demi-dieu s'étendait sous ses doigts sans que la jeune femme n'en frémisse de peur. Plus encore, ce simple geste imité par la seconde main, écarta la chemise assez pour que son regard découvre ce que ses mains venaient de toucher, sinon plus.

Le miroitement de l'eau se reflétant sur le corps du tigre le rendait encore plus beau aux yeux de la jeune femme qui se tint suffisamment fort aux épaules de ce dernier pour se hisser jusqu'à l'échancrure élargie de la chemise, posant un frêle baiser sur la poitrine de l' Invocation, suivi de plusieurs autres qui l'amenèrent à retrouver fugacement les lèvres de Juleis jusqu'à ce que la traction fut impossible à tenir. Alors, Aerin revint se coucher sur les galets, entrainant le visage du demi-dieu dans son cou, l'invitant, l'autorisant à son tour à la redécouvrir.

L'eau autour d'eux semblait, pour Aerin, former une bulle de plaisir, de celles que rien ne peut percer. De celles qui déconnectent un couple du monde extérieur et chaque légère vague soufflée par la petite brise sillonnant le lac, ramenait ses frissons d'extase accentués par les attentions du demi-dieu. Sentir ses lèvres là où jamais il ne les avait posés, sentir son corps chaud contre le sien – priant qu'il ne s'en décolle pas, son souffle dans sa nuque, ... tout enivrait la jeune femme qui ferma les yeux en tendant le cou pour laisser Juleis maître de son corps. Allant même jusqu'à se cambrer pour que son ventre épouse parfaitement celui du tigre.

Bien que ses mains n'aient pas quitté la chevelure de Juleis dès l'instant où elle avait amené le visage de ce dernier à elle, ses doigts ne guidaient pas le tigre. À la place, Aerin les sentaient se crisper par moments, trembler à d'autres attestant de l'effet qu'avait chaque geste et réaction du tigre. Ce n'est qu'à un certain moment qu'elle entraina à nouveau le visage de l' Invocation pour plonger à nouveau son regard dans le sien, plus amoureuse que jamais et prête à s'abandonner à lui si tel était son souhait. Mais bien qu'elle se sentait en osmose avec Juleis, l'eau semblait s'exercer à lui donner froid, la faisant trembler pour la première fois à cause de l'élément naturel. C'est pourquoi elle enroula ses bras autour du cou du demi-dieu pour hisser à nouveau ses lèvres jusqu'au creux de son oreille.


« Sortons de l'eau, murmura-t-elle, pour aller se réchauffer au soleil. »

Ses paroles susurrées s'achevèrent avec un nouveau baiser, tendre, sensuel dans le cou du demi-dieu, juste sous son oreille, avant de s'écarter à nouveau pour lire la réponse de Juleis dans son regard. À cet instant seulement, le monde extérieur – initié par l'eau qui avait fait frissonner la jeune femme – sembla revenir dans son esprit. Le souffle de la brise dans les arbres près de la berge, les oiseaux au loin qui s'envolèrent en nuée pour passer sous le soleil à son zénith, les quelques clapotis de fauna à quelques mètres du couple, mais les sons les plus perceptibles étaient celui de leurs cœurs battant à l'unisson et leurs respirations profondes, ce qui permettait à Aerin de ne pas se défaire de son sourire..
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Aventure #12 écrite Mar 3 Sep - 13:55

Ses mains se baladaient, le touchant, l'inspectant, chaque partie de son visage y avait eu droit et chaque nouvel effleurement des ses doigts fins sur sa peau lui arracher ce frisson de plaisir. Il ne l'arrêta pas, se laissant aller à cette amoureuse intrusion dont l'objet était son propre corps. Bientôt, ses deux mains s'agitaient sur son visage, le détaillant délicatement, au détour de cela elle lui donnait une caresse affectueuse et amoureuse. Juleis restait stoïque, les yeux toujours fixés dans les siens, il sentit alors ses mains s'échappaient de son visage pour effleurer le haut de son torse, d'abord une, puis deux, deux mains qui vinrent étirer l'ouverture de sa chemise pour dévoiler sa peau nue et ses muscles fins. Son regarde avait quitté le sien, alliant la vue au toucher.

Puis il la sentit agripper à lui, se rapprocher de lui, posant un baiser sur sa poitrine et provoquant une nouvelle vague de plaisir, le toucher de ses lèvres sur sa peau pâle et rafraîchie l'inonda de chaleur, puis elle l'embrassant tout en remontant peu à peu avant d'enfin trouver ses lèvres pour un dernier baiser. Aerin se laissa alors retomber, emportant la divinité avec lui, ce dernier ne voulant pas détacher ses lèvres des siennes. Elle l'invita alors vers son cou, il y posa un baiser, puis un autre, prenant peu à peu possession de son corps comme elle avait pour le sien, il embrassa alors le haut de sa poitrine avant de retourner sur l'autre côté de son cou, il sentait les mains dans ses cheveux s'agitaient sans pour autant le forcer, il était libre d'explorer et les mains ne servait qu'à exprimer son degré de satisfaction.

Bientôt ses mouvements ne se limitèrent plus aux mains, son corps entier réagissait, se cambrant pour que son corps épouse le sien, arguant la nuque pour qu'il y dépose de nouveaux baisers, puis il remonta vers son visage, et l'embrassa à nouveau sur les lèvres, plus passionnément qu'avant, langoureusement, laissant ses mains se baladaient sur son cou et sur son torse, immergées. Puis elle le força à s'arrêter, amenant son regard à rencontrer le sien de nouveau, il lui vu une lueur nouvelle dans le regard, amoureuse et passionnée, leurs yeux étant souvent le reflet de leurs âmes respectives, arrivant parfois à exprimer beaucoup plus que ce que la parole elle-même ne parvient à révéler. Cette même lueur était persceptible dans le regard bleuté de Juleis, lui, une divinité, était tombé amoureux d'une humaine aussi facilement et rapidement qu'il aurait pu faire apparaître le Lac des Astres il y a de ça des milliers d'années.

Elle croisa ses bras autour de son cou et se hissa de nouveau, lui indiquant qu'elle voulait sortir de l'eau, pour se réchauffer, un grelottement quasiment imperceptible commençait à l'agiter et indiquant qu'elle commençait surement à avoir froid. Elle lui baisa une nouvelle fois le cou avant de se replacer face à lui, il lui sourit, ne prenant pas même la peine de lui répondre, ses désirs étant prioritaires au sien. Doucement, le tigre ce défit des bras qui lui encerclaient le cou et se remit sur ses genoux, délicatement il passa un bras sous les jambes de la jeune bibliothécaire avant de la faire légèrement tournée pour pouvoir passer son autre bras derrière son dos, il la souleva en même temps qu'il se relevait et les extirpa de l'eau, se dirigeant vers l'herbe dans laquelle ils avaient laissé leurs affaires.

Elle avait passé ses bras autour de son cou pour se soutenir, le visage lové au creux de celui-ci. Une fois à proximité de leurs affaires, il se baissa doucement et posa sa bien-aimée sur le sol, le soleil émettant alors des rayons encore assez forts pour que leurs vêtements sèchent en deux temps trois mouvements, puis il vint se poser à ses côtés, passant un bras sous sa nuque, l'invitant à venir se lover sur son torse. Il resta là à regarder le ciel pendant quelques minutes, ne voulant pas briser le silence, trouvant l'instant magique, sa chère et tendre lové dans ses bras. Mais ce fut lui qui brisa le silence

"Merci pour tout Aerin, une vie entière ne me laissera jamais assez de temps pour exprimer comme je te suis redevable."

Il extirpa alors son bras et passa à nouveau au dessus d'elle, dégageant une mèche encore collée à sa joue, il l'embrassa à nouveau, y mettant son coeur et son âme, caressant avec sa main toute la longueur de son corps de l’épaule au bassin. A cet instant, il était fou d'elle, enivré par sa présence et par cette proximité nouvelle, il ne voulait qu'elle, il ne rêvait que d'elle et il savait aussi que ce ne serait plus jamais qu'elle, que ce soit demain ou dans un siècle, il savait qu'il n'y aurait plus jamais de place pour quelqu'un d'autre qu'Aerin dans son coeur, il n'était pas homme à oublier et encore moins homme à remplacer. Toutes ces révélations lui apparurent alors qu'il finit de l'embrasser, avant de l'embrasser à nouveau.
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Aventure #13 écrite Mar 3 Sep - 13:57

Cet échange avait quelque-chose d'intense, différent de tout ce qu'elle avait pu ressentir jusque là. Chaque étreinte, chaque baiser de l' Invocation lui amenait un trouble nouveau et encore inconnu. Des tourbillons de plaisir envahissant son ventre, remontant dans sa gorge et enflammant ses joues à cause du désir engendré. Car oui, Aerin désirait Juleis, de tout son être, de toute son âme... mais pas là, pas comme ça à moitié immergée dans l'eau. Alors le couple repartit vers la berge, Aerin lovée dans les bras de son bien-aimé. Toutefois, elle ne put s'empêcher de l'embrasser dans le cou tandis qu'il se dirigeait vers leurs affaires.

Là, allongée contre le demi-dieu, Aerin ne voyait que son visage, ses yeux posés vers le ciel dont la teinte était quasi similaire. Il était beau ainsi dans la lumière du soleil. Jamais, pour tout l'or du monde, Aerin n'aurait voulu un autre amant que celui dont elle pouvait sentir le coeur battre sous sa joue. Ce coeur qui battait pour elle, à l'unisson avec le sien. Alors la jeune femme partit dans ses rêveries, réalisant que les histoires d'amour improbables n'existaient pas que dans les contes. Qu'elle-même vivait l'une d'entre elles... quand soudain la voix de Juleis parvint à son oreille.

Fronçant les sourcils, Aerin ne comprenait pas pourquoi subitement il parlait de gratitude. Quel était l'intérêt à cet instant ? Cherchant alors son regard pour comprendre ce qu'il entendait pas là, Aerin releva la tête juste à temps pour laisser Juleis glisser son bras pour revenir au-dessus d'elle. Il ne lui fallut alors qu'une fraction de seconde perdue dans l'immensité de son regard azuré pour se rappeler que l' Invocation était parfois maladroite pour s'exprimer. N'était-ce pas la première chose qu'il lui eut dit quand elle le vit pour la première fois en être humain ? Toutefois, ce nouveau baiser l'empêcha de penser davantage. Ce nouveau baiser, accompagné de caresses ramena cet état de plaisir qui l'avait submergée dans le lac. Il lui parut même décupler au contact de la main de Juleis sur ses hanches.

Ses mains jusque là coincées contre sa poitrine à cause du changement rapide de position, parvinrent une à une à glisser hors de cette étreinte. Le premier bras s'enroula autour de l'épaule de Juleis pour le maintenir contre elle, tandis que le seconde imita la main du demi-dieu, glissant le long de la colonne vertébrale du tigre métamorphosé. Une fois, deux fois.. à la troisième, fois la jeune femme se risqua à passer ses doigts fins sous le lin humide recouvrant le corps de Juleis qui stoppa alors son baiser passionné. Faisait-elle mal ? Était-ce mal de le désirer ? Devait-elle réfréner ses ardentes pourtant grandissantes à son encontre ? Aerin rouvrit les yeux pour trouver la réponse dans ceux de l' Invocation. L'espace d'une seconde ils se regardèrent pour ensuite subir le nouvel assaut du jeune homme, comme une autorisation muette de laisser parler son instinct.

Alors la main d' Aerin remonta une nouvelle fois le long du dos de l' Invocation, sous la chemise cette fois ci. Lentement, doucement. Traçant des sillons du bout des ongles pour ensuite redescendre la main plus franche sur la peau de la divinité. Son autre main, comme jalouse de sa jumelle, quitta l'épaule de Juleis lorsqu'ils interrompirent à nouveau leur baiser, pour retrouver le chemin de son col, descendant le long de la rangée de boutons pour finalement glisser sous l'étoffe pour caresser le torse de son amant. Rejointe rapidement par celle jusque là dans son dos pour soulever la chemise, lentement, doucement tandis qu' Aerin observait le regard de Juleis pour savoir si elle pouvait. Ou peut-être cherchait-elle à savoir si elle faisait bien compte tenu de son inexpérience.

Jamais la jeune femme ne se serait crue en mesure d'entreprendre tant de choses alors qu'elle était là, allongée sur l'herbe fraiche et que son amant était entre ses jambes, sentant son corps épousé le sien malgré les tissus qui les séparaient. Ces bouts d'étoffe dont Aerin ôta le premier en s'étant emparée de la chemise de Juleis. Nulle doute qu'à cet instant, en le voyant torse nu devant elle, Aerin le désirait encore davantage, ne pouvant s'empêcher de se précipiter sur ses lèvres pour les sceller à nouveau alors que ses bras, tendus vers l'herbe au-dessus de sa tête, continuaient de retirer la chemise. Un baiser qui dura jusqu'à ce que ses mains reviennent sur les épaules nues du demi-dieu. Elle devait respirer, d'un souffle haletant, profond, frissonnant comme le reste de son corps. Mais Aerin n'avait pas froid. Au contraire, elle était brûlante de désir comme l'attestait ses joues enflammées et son regard amoureux plongés dans celui de Juleis.

Tout son être était parcouru de réactions nouvelles. Cette envie irrépressible d'embrasser le tigre en premier lieu, suivie de son corps qui n'avait de cesse de lui réclamer de rester en contact constant avec celui allongé sur elle. Ce buste d'homme dont le contact direct au niveau de l'échancrure de sa robe sur le haut de sa poitrine, qui irradiait sa chaleur pour l'en rendre encore plus désirable. Et enfin, cette étrange sensation au bas ventre qui lui était complètement inconnue. Différente de tous les maux que cette partie de son corps avaient l'habitude de lui procurer. Cette fois ci, c'était enivrant, troublant.. comme si c'était le point de départ de tous ces frissons qui lui parcouraient le corps...
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Aventure #14 écrite Mar 3 Sep - 13:58

Juleis ne se sentait plus tout à fait lui-même, comme enivré, envahi par un instinct qu'on aurait pu décrire comme légèrement animal, plus sauvage. Il ne voulait plus user de mots pour s'exprimer, il ne voulait qu'utiliser son corps, ses mains, sa bouche, ses doigts, ses lèvres, ses yeux. Tout était bon pour laisser transparaître à Aerin tout ce qu'il avait à lui dire où à lui faire ressentir. La divinité sentit Aerin réagir à ses gestes, à ses caresses par des caresses elle-même, sentant d'abord une main dans son dos, longer sa colonne vertébrale de haut en bas avant de s'immiscer sous sa chemise, le contact de ses doigts sur sa peau nue le surpris, il s'interrompit l'espace d'une seconde, le temps de comprendre si ce n'était pas pour lui indiquer qu'elle voulait arrêter, qu'il l’embarrassait mais il lut sur ses joues et dans ses yeux que c'était plutôt le contraire. Cette main sur son dos, au début timide mais, bien vite, de plus entreprenante fut bientôt accompagnée par sa compère qui, elle, se balada sur son torse, passant d'abord d'un bouton de sa chemise à l'autre, avant de faire fît du tissu et de rentrer directement en contact avec sa peau.

La première eut tôt fait de rejoindra la seconde sur l'avant du corps du tigre, soulevant sa chemise et laissant apparaître son torse finement musclé et dont la peau était pâle, contrastant avec la peau hâlée de son amante. Pendant ce temps, Juleis semblait se laissait faire, comme si agir en même temps avait pu brusquer les choses, comme si ils avaient tous deux un délai pour découvrir le corps de l'autre, comme si l'expérience pouvait être ruinée si les gestes de l'un venait à déranger ceux de l'autre et puis les caresses d'Aerin semblaient le pétrifier, lui procurant des ondes de plaisir, allant de son échine au haut de son bassin. Sa température corporelle semblait augmenter et son désir pour elle ne semblait que croître, sans aucune limité, sans aucun frein, plus il la regardait, plus il la touchait, plus elle lui semblait attirante, plus son corps répondait à ses assauts d'affections. En même temps qu'elle lui enlevait doucement sa chemise, elle l'embrassa à nouveau, un nouveau baiser qui amena une nouvelle vague de désir, une nouvelle vague d'amour, il le lui rendit avec une fougue décuplée, presque animale.

Elle se débarrassa de la chemise et la jeta un peu plus loin, elle s'allongea de nouveau et il ne lui laissa pas un instant avant de prendre son tour, l'accompagnant dans la descente, collant de nouveau ses lèvres aux siennes pour un nouveau baiser, ses mains se faisant de plus entreprenantes, intensifiant les caresses, allant plus loin sur sa poitrine. Ses lèvres appuyaient plus sur son cou, y restant plus longtemps, il ne put s'empêcher de la mordiller légèrement, laissant parler cet instinct qu'il sentait se développer, il bouillonnait de l'intérieur, son corps lui semblait être une bouillotte. Il descendit alors son visage du haut de son cou au haut de sa poitrine en passant d'abord de nouveau par ses lèvres, ses mains toujours en mouvement sur ses hanches et ayant découvert son ventre, elles commençaient à déboutonner les boutons qui retenaient son bustier sur le devant. Ses doigts s'agitant d'abord timidement, ses yeux allant chercher l'approbation dans ceux d'Aerin, approbation qu'il lut comme acquise, laissant alors aller ses doigts plus rapidement, défaisant les boutons un à un jusqu'au dernier.

Le bustier s'ouvrit alors, lui permettant de faire glisser la robe d'Aerin le long de son corps. Il se remit sur ses genoux, pour se mettre au niveau de ses pieds et, lentement, il fit coulisser la robe émeraude jusqu'à lui, dévoilant les sous-vêtements qu'elle portait. Une fois la robe enlevée, il revint se loger entre ses jambes et l'embrassa de nouveau, passant cette fois sa main sur son visage et ses cheveux, les doigts emmêlés dans se crinière dorée, son pouce derrière son oreille, il colla à nouveau ses lèvres aux siennes, amoureux plus que jamais, la trouvant plus belle que jamais, la désirant plus que jamais. Sa chemisette en dentelle, toujours humide, laissait apparaître sa peau et ses formes comme il ne les avait encore jamais vus, pour ne pas dire jamais regardé. Aerin, bien que petite était une femme que la plupart des citoyens de Lüh auraient qualifié de séduisante, bien répartie, ses rondeurs participant à la rendre belle et désirable et ses atouts féminins n'étaient pas en reste.

Sa bouche se mit alors à descendre à nouveau, en même temps que son visage, lui baisant d'abord à nouveau la bouche, puis le menton, puis le cou, puis le haut du corps, puis le haut de la poitrine. Juleis ne s'arrêta pas là, cette fois-ci, il descendit plus bas encore, tirant sur le vêtement qui restait pour dénuder un peu plus la poitrine d'Aerin, lui permettant de toucher de ses lèvres une nouvelle partie de son corps. Le tigre se sentait envahi d'une sensation nouvelle, une sensation qui lui chauffait le bas ventre, comme des sortes de fourmis qui s'agitaient en dessous de sa ceinture. Il savait que cette sensation ne découlait que du désir pur et primaire du corps d'Aerin, un besoin de reproduction, quelque chose qu'il avait déjà ressenti mais c'était la première fois sous sa forme humaine, c'était quelque chose d'agréable, quelque chose de doux et de primitif à la fois.

Mais il ne pouvait se permettre de faire quoique ce soit d'aussi personnel si elle ne le lui exprimait pas clairement, il ne voulait pas, il fallait qu'elle prenne une fois de plus l'initiative. Peut être était-ce là une forme de faiblesse, mais il ne voulait pas se tromper, il ne voulait faire aucune erreur, comme il ne l'aurait jamais embrassé si elle ne l'avait pas fait en premier, il ne se permettrait pas de la mettre à nue si elle ne le lui demandait pas, où si elle ne le faisait pas d'elle-même, c'était absolument hors-de-question. Mais cet esprit héroïque fut bientôt de nouveau submergé par le désir qui consumait Juleis. Ses doigts se baladant de plus en plus loin sur la poitrine d'Aerin. Il chercha alors son regard, remonta sa bouche au niveau de la sienne et pour la première fois depuis un long moment maintenant, il articula quelques mots.

"Je te veux, petite Aerin.."


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Aventure #15 écrite Mar 3 Sep - 13:59

Un flot de sensations contradictoires commença à opérer en elle. Aerin savourait chaque caresse mais son corps semblait brûler d'impatience, espérant plus, plus vite. Pourtant, ses mains revenues sur le dos de l' Invocation persistaient dans la lenteur, la sensualité et une pression attestant de son envie de continuer à ressentir les plaisirs de la chair. Alors quelle ne fut la délivrance de son corps quand la jeune femme sentit un bouton de son corsage se défaire, suivi d'un autre. La jeune femme dut même réprimer un petit gémissement quand un bouton sauta en même temps que les dents de Juleis lui mordilla le cou. Sa poitrine, quant à elle, ne cessait d'intensifier sa respiration, comme si elle souhaitait sortir au plus vite de ce carcan de tissu.

Même quand Juleis s'écarta pour lui ôter sa robe, la jeune femme était incapable de savoir ce qu'elle voulait car finalement, son esprit envouté par l'instant présent, souhaitait tout en même temps, allant jusqu'à se cambrer pour laisser sa robe glisser loin d'elle. À ce moment, presque nue vu que ses sous-vêtements écrus étaient trempés, Aerin ne rougit pas. Au contraire, elle se surprit à résister à la tentation de se redresser pour ramener Juleis plus rapidement contre son corps, comme si celui du jeune homme était devenu une addiction. Mais le désir de ce dernier ne lui permit pas de perdre patience. Tout au plus fut-elle trahie quand ses mains s'emparèrent de la chevelure améthyste de l' Invocation dès qu'il se fut penché vers elle à nouveau pour l'embrasser, imitant ce dernier dans ses caresses.

Son corps n'était d'ailleurs pas en reste dans ces envies. L'instinct de la jeune femme lui faisait faire ce que jamais elle n'aurait cru être capable de faire, comme sa jambe qui se fléchit pour que son pied glisse sur le replis du genoux de Juleis, descendant jusqu'à son mollet, à la limite de la cheville pour remonter. Ainsi, son bas ventre pouvait sentir davantage celui de son amant qui semblait brûler d'un même désir bien qu'exprimer différemment. Mais Aerin avait cessé de réfléchir, seul son corps semblait en mesure de communiquer et quand ses lèvres s'entrouvraient, la jeune femme devait régulièrement se les mordiller pour retenir des gémissements ou des soupirs d'aise.

Chaque parcelle de son corps devint alors, au fur et à mesure, plus sensibles, plus réactifs aux attentions de la divinité. Notamment sa poitrine dont les extrémités se durcirent sous les caresses envahissantes. Pourtant, pas assez pour les envies d' Aerin qui trembla d'excitation en sentant le dernier rempart entre Juleis et ses seins descendre, laissant les lèvres de l' Invocation se rapprocher de ses sommets qui ne semblaient attendre que cela, à l'instar de tout son être qui frémissait d'envie. Seule une de ses mains avait lâché prise pour s'agripper à l'herbe à ses côtés, tandis que sa jumelle avait à nouveau glissé sous le bras de Juleis pour reprendre son ballet sur son échine, jusqu'à rester calée entre ses reins alors que la bouche du demi-dieu arrêta ses marques de désir à la différence de ses mains qui ne cessaient leurs massages sensuels.

Alors Aerin rouvrit les yeux et chercha ceux de l' Invocation. Son corps semblait prendre un peu de répit vu la pause créée par le demi-dieu qui vint se mettre face à elle pour lui susurrer ce que la jeune femme savait déjà, ce que l' Invocatrice souhaitait sans doute autant que lui. Alors Aerin sourit. De sa main jusque là libre dans l'herbe, elle enlaça le cou du tigre métamorphosé pour qu'elle puisse se redresser, juste assez pour atteindre l'oreille de Juleis.


« Autant que je te veux, murmura-t-elle à son oreille avant de la mordiller, alors ne te retiens pas. »

Si son instinct ne lui dictait pas tous ces gestes, tous ces mots, Aerin ne se serrait jamais cru capable de tant d'audace, de franchise. Même sa pudeur avait disparue pour laisser place à une femme entreprenante, à moitié nue sous le corps de son amant.

« Je t'offre mon corps comme tu possèdes déjà mon coeur. »

Sur cette dernière phrase, Aerin mordilla encore une fois l'oreille du demi-dieu pour se recoucher. Sa jambe qui n'avait pas bougé durant ce petit intermède, reprit ses caresses jusqu'à finalement se caler contre les hanches de la divinité, épousant dès lors son corps et son bas-ventre si excité contre celui, gonflant, de Juleis. Une simple culotte longue et un pantalon, tous deux humides, servant de barrière à cette union que leurs deux corps semblaient attendre impatiemment mais sans pour autant vouloir précipiter les préliminaires. Au contraire, Aerin quitta l'oreille de Juleis pour suivre sa veine bombée, la couvrant de baisers jusqu'à rejoindre sa pomme d'Adam et ainsi remonté jusqu'à son menton puis ses lèvres où sa fougue se décupla. Ce balais entre leurs deux langues étaient la point final à l'accord qu' Aerin venait de proférer à son Invocation : il était libre de laisser son corps parler, libre de dévoiler la nudité de la jeune femme qui, une fois leurs bouches décollées, se cambra pour offrir sa poitrine comme preuve de ses envies ardentes, au même titre que son cou qu'elle tendit alors que ses yeux se refermèrent pour savourer la suite.

Ses mains, jusque là plus réservées que celles de Juleis, s'autorisèrent alors à se montrer plus aventureuses. Bien que l'une d'entre elle resta entre les omoplates de la divinité, l'autre redescendit le long du flan de Juleis, glissant entre ses reins pour finalement se perdre sous la ceinture, caressant les prémisses d'une fesse, puis l'autre avant de glisser encore plus bas d'un main franche. À cet instant, ses propres caresses commencèrent à également augmenter son envie, décuplant ses ardeurs et son incontrôlable impatience, sentant son bas ventre remuer pour caresser également, à sa façon, celui de l' Invocation.
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Aventure #16 écrite Mar 3 Sep - 14:01

L'espace de quelques secondes, il fut pris de doutes, était-il allait trop loin, son désir faussait-il sa perception des sentiments et des émotions d'Aerin. Peut être avait-il était trop entreprenant, peut-être que tout cela était trop rapide pour elle, ou peut être simplement trop. Mais ces questions ne s'ancrèrent pas, la main de son invocatrice qu'il sentit dans son cou le rassura bien vite, il sentit ses doigts venir caresser sa nuque et ses cheveux encore humides, il la sentit forcer sur ce bras pour se rapprocher de lui, il entendait son souffle, de plus en plus proche de lui, le sentant sur sa peau, lui donnant des frissons. Puis, il entendit les mots, comme au ralenti, elle lui donnait la clé de ce sanctuaire dont il n'aurait jamais osé forcer l'entrée, ce lieu saint qu'il n'aurait jamais eu la force de profaner. Mais elle semblait brûler de désir pour lui autant que lui pour elle.

Dès lors Aerin se fit plus entreprenante, lui mordillant l'oreille, agitant son bas-ventre contre le sien, faisant affluer le sang vers celui-ci. Elle l'embrassa ensuite langoureusement, comme pour lui assurer une seconde fois qu'elle était sûre de son choix, qu'elle était d'accord pour tout ça et qu'il lui faisait du bien. Qui plus est, probablement sans s'en rendre compte et dans le feu de l'action, elle lui avait donné un ordre, elle lui avait dit de ne pas se retenir, libérant la partie qu'on aurait pu juger d'animal de Juleis, quelque chose se déverrouilla aussitôt dans son esprit, son souffle s’accéléra tout en se saccadant. Les mains d'Aerin s'aventurèrent aussi plus loin, faisant légèrement glisser son pantalon de tissu sur le bas de ses fesses, ses mains les caressant. Puis Juleis se remit en route, lancé et animé d'une ardeur nouvelle, laissant exploser le désir qu'il avait pour elle.

Tout d'abord il arracha sauvagement la chemisette de ses deux mains, laissant alors la poitrine et le ventre d'Aerin totalement exposés. Sa bouche y voyagea aussitôt, baisant le bout de ses seins, son nombril, ses mains jouant avec tout ça dans le même temps, caressant, palpant et explorant ces nouvelles parties du corps qui jusque là ne lui étaient pas accessibles, elles semblaient toutes deux animées par une volonté propre, allant là où bon leur semblait, des épaules de la bibliothécaire jusqu'au haut de ses hanches. Sa bouche quant à elle, était plus douce, déposant des baisers à un rythme plus lent, repassant par les lèvres d'Aerin de temps à autre, dévorant son cou, parfois même avec les dents. Puis il descendit plus bas, son menton effleurant l’élastique de sa culotte longue.

Il arracha l'élastique avec ses dents et s'aida de ses mains pour finir de la débarrasser des derniers remparts qui protégeait alors sa nudité. Juleis prit alors le temps de la regarder, c'était un chef d'oeuvre, le fait qu'elle soit totalement nue la rendant plus innocente que jamais, dans ce paysage naturel et forestier, elle était resplendissante, éclatante de beauté et de naturelle. Contre toute attente, son visage remonta de nouveau, passant de son aine à son nombril, puis de nouveau à sa poitrine avant d'atteindre à nouveau son visage, plongeant les yeux dans les siens et lui adressant un sourire plein d'envie et d'amour. Elle ne pouvait pas imaginer comme elle était belle à travers ses yeux, comme elle était désirable, elle était son joyau, son trésor, sa moitié. Il l'embrassa alors avant de s'agenouiller de nouveau pour, à son tour, se mettre à nu face à elle, les mettre sur un pied d'égalité, il fit doucement glisser son pantalon jusqu'à ses genoux avant de l'enlever totalement, dévoilant ainsi la preuve de son désir, la preuve de son amour, corps et âme.

Puis il s'allongea de nouveau sur elle, mordant ses lèvres, couvrant son cou et ses lèvres de baisers avant de commencer à consumer leur relation, à sceller leur amour. Sur cette rive du lac des astres, créant ainsi un souvenir impérissable et merveilleux que jamais ni lui ni elle ne parviendrait à oublier. Leur corps ne parvinrent à se décoller qu'après des heures, la nuit étant tombé depuis un moment maintenant mais aucun deux ne semblant avoir la force ni l'envie de se défaire de cette étreinte ultime, leur deux corps nus, l'un contre l'autre illustrant ainsi pleinement leur amour. C'était l'un des plus beaux jours de l'existence de Juleis, jamais il n'aurait cru aimer comme ça, jamais il n'aurait cru faire l'amour comme ça et surtout, jamais il n'aurait qu'on puisse lui rendre cette amour de cette façon.

Lorsqu'il se remit enfin aux côtés d'Aerin, le dos sur le sol, son bras servant d'oreiller à la tête de la bibliothécaire et sa main caressant le creux de ses reins, il se rendit compte qu'il n'avait jamais été aussi satisfait de son existence, ancien et nouveau Monde confondu. Dans l'ancien Monde il avait passé son temps à peaufiner un Monde qui était infini, une chose qui était en expansion pour le restant de ses jours et pour la magnificence de laquelle il aurait du sacrifier leur vie. Peut-être que les humains avaient été utile pour ça, le libérer du poids d'un fardeau pour pouvoir être emprisonné par le poids d'un autre. Peut être qu'en réalité les Dieux n'avaient été que clément, sa mère Aqua souhaitant qu'il puisse enfin vivre une vie heureuse et épanouie, c'était probablement elle d'ailleurs qui avait mis sur son chemin cette beauté du désert dont il était maintenant éperdument amoureux.

Il baissa la tête et croisa son regard, n'y lisant que de l'amour et du bonheur, tout comme le sien devait en transpirer. Ils étaient encore nus et pourtant aucun d'eux ne semblaient vouloir bouger, figer par cette journée et cet instant magique.

"Je suis à jamais tien, Aerin, je t'aime aujourd'hui et jusqu'à la fin de mes jours. Ne me quitte jamais, mon coeur ne le supporterait pas et mon esprit non plus. Je... Tu es la plus belle chose qu'il m'ait été donné de chérir et je compte bien le faire pour le restant de cette vie. Je..." les émotions avaient repris place au désir, il était submergé et ses yeux étaient humides sans pour autant que des larmes en coulent"... t'aime."
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Aventure #17 écrite Mar 3 Sep - 14:02

La réaction du tigre ne se fit pas attendre. Au contraire, ce dernier sembla avoir deviné les attentes inconscientes de la jeune femme qui frémissait pour avoir plus d'ardeur. Ce que Juleis lui procura... à peine eut-elle le temps de replonger son regard dans le sien que l' Invocation laissa parler le fauve en lui, déshabillant la jeune femme qui sentit ses joues rosirent en même temps que son buste se retrouva sans défense. C'était une parfaite dualité entre sa timidité latente, étouffée par ses désirs, et ces derniers qui lui donnaient chaud. Une chaleur irradiante qui l'engloba au fur et à mesure que les lèvres et les mains de Juleis parcouraient ses parties jusque là intimes. Plusieurs fois, même, Aerin dut se mordiller les lèvres pour étouffer des gémissements quand l' Invocation atteignait un endroit plus réactif qu'un autre.

Puis Aerin se retrouva nue, complètement nue. Alors sa candeur tenta de reprendre le pas, la faisant rougir davantage face au demi-dieu qui contemplait son corps dans son intégralité. La jeune femme en était troublée au point de ne pouvoir défaire son regard du visage de l' Invocation, lisant la déclaration muette de ce dernier qui l'admirait comme une des merveilles du monde. Alors sa candeur s'estompa une fraction de seconde, jusqu'à ce que Juleis se dévêtisse à son tour, ramenant le feu aux joues de la jeune femme, vaguement intimidée par la virilité du demi-dieu ainsi exposé.

Une certaine appréhension la gagna également, bien que c'est tendrement qu'elle reprit le jeune homme dans ses bras, caressant son dos du bout des doigts, s'agrippant tantôt au bas de ses reins, à ses omoplates pour revenir sur la partie active de son anatomie. Un bref instant, Aerin eut malgré tout peur qu'il soit trop brusque, en comparaison avec la violence contrôlée dont il fit preuve pour la déshabiller. Mais il se montra tendre, comprenant sans qu'elle eut à lui dire, que c'était sa première fois.

La fougue engendrée par son ordre au creux de l'oreille du tigre, redevint tendresse et sensualité tandis que la bibliothécaire sentit une larme coulée le long de sa joue quand sa virginité s'en fut aller à tout jamais. Non pas qu'elle fut triste, au contraire, mais la douleur de ce premier instant de femme comblée n'était pas un mythe. Cette infime déchirure dans son intimité parut rompre ses os à cet endroit et pourtant, c'était l'instrument même de cette douleur qui en devint le remède, amenant la jeune femme à savourer cet ébat nouveau, allant même jusqu'à en redemander.

Tour à tour, leurs rôles s'inversèrent, l'un dominant puis l'autre, pour changer à nouveau. La passion redevenait tendresse et douceur, pour reprendre de vigueur l'instant d'après. Ce qui amena le couple à une étreinte sans fin. Plus une seule parcelle du corps de Juleis ne lui était inconnue, tout comme son propre corps était devenu territoire conquis par le demi-dieu, quand enfin, à la nuit tombée, épuisés mais ravis, les deux amants s'allongèrent dans les bras l'un de l'autre. Ce n'est qu'alors que sa peau, matinée de sueur, fut parcourue d'un frisson dû à la brise légère de ce début de nuit, l'intimant de ce fait, à se blottir davantage contre le corps finement musclé de Juleis.

Comme plus tôt dans la journée, Aerin ne pouvait s'empêcher de regarder le visage de ce dernier qui contemplait le ciel. En arrière plan, quelques lucioles vinrent éclairer les bosquets alentours, allant jusqu'à voleter par-dessus l'étendue marine à leurs pieds. Elle n'aurait pu rêver meilleur endroit, ni même : meilleur amant. Celui-là même qui plongea son regard dans le sien pour lui refaire sa déclaration. Des mots si beaux, si tendres, que ses yeux ambrés scintillèrent autant que ceux de Juleis. D'autant qu'il lui promettait un amour éternel là où Aerin ne pouvait lui offrir qu'un amour limité par la mort qui l'emporterait bien trop tôt face à l'éternité de l' Invocation.


« Moi aussi je t'aime Juleis »

Voilà tout ce qu'elle put lui dire alors qu'elle prit appui sur ses coudes pour que son visage passe par-dessus celui du tigre. Doucement alors, elle souffla vers les yeux de ce dernier pour en sécher les larmes qui voulaient en ruisseler et enfin y poser un baiser – sur chaque paupière – pour sceller à nouveau leurs lèvres dans un baiser tendre, ramenant ainsi son corps à moitié sur celui de Juleis, sentant le coeur de l' Invocation battre contre sa poitrine et le sien contre son buste.

« Je suis tienne... pour toujours. »

Aerin marqua une hésitation, prête à lui dire « jusqu'à ce que la mort nous sépare » mais elle se ravisa, tandis que son visage vint à nouveau se nicher dans le cou de l' Invocation, son corps épousant à nouveau le sien pour en ressentir toute la chaleur en émanant encore. Puis sa voix devint murmure, empruntée un peu par de la tristesse :

« Mais il se fait tard, nous devrions rentrer.. bien que je n'en ai pas envie. Je voudrais que le temps s'arrête et que nous puissions rester unis, ici, à tout jamais. »
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Aventure #18 écrite Mar 3 Sep - 14:03

La nuit était belle, claire et lumineuse, aucun nuage ne venant assombrir le ciel, la lune et les étoiles éclairaient le lac, une légère brise soufflait sans pour autant rafraîchir les corps, le temps était doux. Plongé dans la contemplation de la voie lactée, il avait réfléchi, à des choses et à d'autres, à leur future vie à Lüh, à la vie sous le même toit que la mère d'Aerin, à leurs balades dans les rues, main dans la main. Qu'est ce que cette nuit allait réellement changer pour eux ? Comment pourrait-il agir différemment étant donné que les regards et les rumeurs n'auraient de cesse qu'une fois que l'un ou l'autre ait rendu l'âme. Ces doutes et ces questions l'assaillirent et l'embrumait alors qu'une chose restait claire et lucide dans son esprit, il aimait Aerin de tout son être et jamais plus il ne cesserait de l'aimer, son cœur n'aurait de cesse de s'emballer à ses côtés et des frissons n'arrêteraient jamais de l'assaillir lorsque ses doigts fins effleureront sa peau nue. Il le lui avait dit, de manière claire.

Elle sécha les larmes qui ne demandaient qu'à s’échapper avant d'amener à nouveau ses lèvres aux siennes, sa poitrine se posant sur la sienne, ramenant à lui le son des battements de son cœur, les battements du sien semblant instantanément se caler sur celui d'Aerin, entamant des battements à l'unisson. Elle se déclarait à lui comme il s'était déclaré à elle, lui rendant du mieux qu'elle pouvait l'amour qu'il lui avait démontré. Son visage vint ensuite se nicher au creux de son cou, Juleis sentait son souffle chaud irradiait son cou à intervalles réguliers quand elle lui apprit qu'il fallait qu'il se remette en route pour Lüh, la nuit étant bien avancé déjà. Il réalisa qu'elle avait raison mais il était en même temps envahit du désir de rester ici, de figer le moment dans l'instant et de ne plus jamais laisser sa bien-aimée quitter ses bras, ne jamais la laisser s'échapper et s'éloigner trop loin de lui.

Il lui repassa une mèche de cheveux derrière l'oreille et l'embrassa à nouveau, le dernier baiser, le dernier souvenir de ce moment magique, le plus beau jour de sa vie. L'Invocation laissa ensuite Aerin se relever pour se lever à son tour et il se mit en quête de leurs affaires respectives, retrouvant tout d'abord la robe de sa maîtresse avant de ramasser ses propres vêtements. Les question qu'il s'était posé un peu auparavant lui revinrent à cet instant, il était légèrement perdu, pour la deuxième fois de son existence il ne parvenait pas à savoir de quoi demain serait fait, la première ayant eu lieu lors du retour de ses pères sur le Monde. Alors qu'ils se rhabillaient tout deux, une idée commença à germer dans son esprit, prenant, au fur et à mesure, des contours de plus en plus précis et définis.

Aerin était baissée et ramassait sa sacoche lorsqu'il posa ses mains sur sa taille, elle se releva et se tourna vers lui, interrogative. Avant de dire quoique ce soit, il l'embrassa une nouvelle fois, passant ses bras autour d'elle, ses mains posées sur le haut de son bassin.

"J'ai pensé à quelque chose, ça peut te paraître saugrenu mais... Tu sais probablement mieux que moi que notre relation ne peut pas s'épanouir aux yeux de tous. Mais ce que je sais c'est que je ne pourrai pas m'empêcher de te regarder comme je te regarde actuellement, amoureusement, et je ne pourrai pas non plus m'empêcher de te toucher, de te sentir près de moi."

Ses mains remontèrent alors le long de son corps, prenant le temps le caresser sur toute sa longueur avant d'arriver jusqu'à son visage, posant une main sur chacune de ses joues.

"Je veux quitter le domicile de ta mère, à toi de décider de me suivre ou pas, ou bien de m'ordonner de ne pas le faire. Nous ne pouvons pas continuer à vivre sous le même toit en nous cachant, je ne sais pas encore comment je vais me débrouiller mais j'y arriverai, pour notre bonheur."

Il l'embrassa alors à nouveau, il n'avait pas tout à fait fini, il y avait une autre chose à laquelle il avait longuement réfléchi. Il avait peser le pour et le contre pour se donner bonne conscience mais tout son être lui criait que c'était le bon choix, la bonne chose à faire. Il ne savait même pas si sa magie pouvait rendre ça possible ou non mais il n'avait à vrai dire rien à perdre à essayer. C'était un choix pour eux, pour leur relation à eux. Il passa ses bras autour de ses épaules, amenant sa tête à nouveau au creux de son cou, posant son menton sur son crâne avant de baisser son visage pour poser un baiser sur ses cheveux, il ne savait pas ce qu'elle en penserait, ni même si elle le laisserait faire tout ça, c'était de toute façon à elle d'avoir le dernier mot, qu'il le veuille ou non.

"J'ai aussi décidé de rester sous cette forme, cette forme humaine. Je ne veux plus redevenir un être autre chose qu'humain, je veux que tu puisses oublier ce que je suis, pour que tu puisses t'épanouir et oublier que nous sommes quelque chose d'interdit, que nous ne rentrerons jamais dans le moule. Je... Je t'aime trop pour t'obliger à aimer une.. bête."
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Aventure #19 écrite Mar 3 Sep - 14:05

Ce n'est qu'une fois debout que la pudeur d' Aerin revint, l'intimant à barrer sa poitrine d'un bras, tandis que l'autre s'empara de sa robe. Cachée ensuite derrière le tissu qu'elle tenait devant son corps, la jeune femme se mit alors en quête de ses sous-vêtements qui lui extirpèrent un léger éclat de rire en voyant leurs états. La pauvre jeune femme dû d'ailleurs prendre plus de temps que prévu pour se revêtir compte tenu que sa culotte nécessitait un rafistolage de l'élastique, tandis que sa chemisette de dentelle allait devoir se poser sur ses épaules malgré un large décolleté digne de l'échancrure de la chemise de Juleis.

Une chose était certaine, Aerin avait tout intérêt de fuir le regard de sa mère en rentrant chez elle. Même en se rafraîchissant dans l'eau claire du lac, même en se repeignant à la va-vite à l'aide de ses doigts, sa tenue dégageait une certaine désinvolture qui n'échapperait pas à la veuve Cirth si son regard venait à se poser sur sa fille. Pourtant, la jeune femme continuait à s'en amuser tandis qu'elle agrafa les derniers boutons de son bustier émeraude qui semblait le seul vêtement en mesure de maintenir sa tenue sur son corps.

Il ne lui resta plus qu'à chaparder dans son sac un petit bout de pain prévu pour le déjeuner qu'ils délaissèrent au même titre que le souper, pour qu' Aerin soit fin prête. Mais alors qu'elle s'apprêta à passer son sac autour de son épaule, les mains de son amant la rappelèrent à lui, se laissant guider par ces dernières qui l'intimèrent à se retourner pour se bercer à nouveau dans le regard tu tigre. La bibliothécaire n'eut que le temps d'avaler le bout de pain tout rond que déjà les lèvres du demi-dieu se posèrent sur les siennes, laissant Aerin pantoise – plus par ce qu'elle crut lire dans le regard de l' Invocation que par ce geste tendre qui ne serrait sans doute pas le dernier.

Ce regard soucieux et pourtant assuré, la jeune femme le connaissait par coeur. C'était celui que Juleis avait quand une idée lui venait à l'esprit et qu'il brûlait d'envie de lui dire. Souvent, il s'agissait de son point de vue sur l'attitude de la mère Cirth, parfois, c'était son opinion affirmée sur le caractère secret de son Invocatrice. Sauf que ce soir, entourés par des lucioles éclairant les lieux de leur faible lueur, Aerin ne comprenait pas, n'anticipait pas ce qu'il allait dire, alors une fois le baiser échangé, elle le regarda de ses grands yeux interrogateurs.

L'interrogation de son regard devint de l'intrigue, l'obligeant à froncer les sourcils en écoutant les mots de l' Invocation. Où voulait-il en venir ? Si Juleis ne lui avait pris le visage entre ses mains, fort à parier que la jeune femme aurait accentué son expression dubitative en penchant la tête sur le côté. Mais au lieu de ça, son regard ambré chercha des réponses dans le bleu des yeux de Juleis. Cherchant une façon de deviner ce qu'il voulait dire car les mots semblaient trop long à venir à son goût. Mais quand ceux-ci parvinrent à ses tympans, ils martelèrent son esprit et raidirent tout son être. Juleis voulait partir.. ce « à toi de décider de me suivre ou pas » fut terrible à entendre, ce qui accentua ses sourcils froncés tandis que ses doigts enveloppèrent les mains de Juleis toujours sur ses joues, comme pour les maintenir sur son visage afin que le demi-dieu ne décide pas de l'abandonner sur le champ.

Même la suite de ses propos ne la rassurèrent pas, bien qu'il parlait de leur bonheur. Il fallut même le temps de ce nouveau baiser, accompagné de nouvelles informations, pour que la jeune femme réalise la teneur de ce discours. Ça faisait beaucoup à emmagasiner : la fuite loin du domicile familiale et maintenant cette envie de rester humain éternellement... Autant dire qu' Aerin, elle, n'y avait pas songé. La bibliothécaire savait que leur union allait apporter des modifications dans sa vie, mais eut-elle jamais pensé si loin ?

Le flot de questions qui envahirent son esprit lui fit baisser les yeux tandis que ses doigts fins se glissèrent entre les paumes de Juleis et ses joues pour les désunir tout en gardant les mains de son Invocation entre les siennes, les ramenant à hauteur de leurs ventres. Même sa voix, si assurée depuis leur arrivée en ces lieux, redevint hésitante comme à son accoutumée.


« Tu m'en demandes beaucoup, Juleis.., murmura-t-elle. Je.. je ne sais pas quoi répondre tout à coup. »

Sur ces mots, elle lâcha les mains de Juleis et s'enveloppa dans ses propres bras tandis qu'elle se mit face au lac où les lucioles faisaient leur ballet lumineux. De temps en temps, l'une d'entre elles se faisait happée par un Fauna sautant hors de l'eau, mais Aerin n'y prêtait pas vraiment garde, elle réfléchissait aux demandes de son Invocation, auxquelles elle répondit du mieux qu'elle put sans quitter l'étendue d'eau des yeux.

« Pour n'éveiller aucun soupçon, il faudrait quitter Lüh, aller quelque-part où on ne nous connait pas, où tu pourrais être qui tu veux. Ça voudrait dire.. tout quitter. »

Ces deux derniers mots s'estompèrent alors que l'image de la bibliothèque s'érigea dans son esprit. Ses habitudes également, seraient différentes.. sa vie entière le serait et honnêtement, Aerin n'était pas encore tout à fait prête. Ce fut avec cette conviction nouvelle qu'elle se retourna à nouveau vers Juleis pour à son tour, prendre son visage entre ses mains, l'intimant à la regarder dans les yeux tandis qu'elle lui souriait.

« Donnes nous un peu de temps, murmura-t-elle en lui donnant un petit baiser avant de poursuivre. Je veux vivre avec toi et ne jamais plus te quitter, mais ces choses prennent du temps.. je crois, hésita-t-elle en passant une mèche de cheveux de l' Invocation derrière son oreille. Si nous voulons fonder notre propre foyer, il faut le construire petit à petit, et ne pas partir sur un coup de tête. Et j'avoue ne pas du tout savoir comment faire... »

Son regard s'assombrit tandis qu' Aerin se pendit au cou de Juleis pour cacher son visage triste dans la chevelure améthyste. En parlant, Aerin entrevit le bonheur que cela pourrait être de vivre avec Juleis sans devoir se cacher, mais tout cela avait un prix. Un énorme prix qu'il serait difficile de payer dans l'immédiat. D'autant plus pour son Invocation que pour elle-même, car le tigre devrait devenir un homme à part entière.

« Réfléchissons-y, tu veux bien ? »

Sur cette dernière question, Aerin reprit confiance en l'idée qu'ils trouveraient un moyen pour enfin vivre leur amour au grand jour. C'est donc les yeux embués de larmes mais le sourire aux lèvres qu'elle revint face à l' Invocation pour l'embrasser dans un long et langoureux baiser.
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Aventure #20 écrite Mar 3 Sep - 14:06

Lorsqu'il eut fini, il sentit ses doigts fins venir chercher les siens, le forçant à lâcher le visage si précieux qu'il tenait encore, son regard fuit alors le sien pour regarder ses pieds. Juleis avait su avant de tout lui avouer que ce n'allait pas être quelque chose de facile à entendre, quelque chose de facile à accepter, les choix n'étaient et ne seraient, de toute façon jamais les siens, lien divin ou non, il lui était d'ores et déjà dévoué corps et âme. Ses mains eurent tôt fait de quitter les siennes et elle fit de nouveau face au lac, ses bras autour de son corps pour se protéger du froid et probablement de tout le reste, de tout ce qu'il venait de lui dire. L'Invocation restait de marbre, la suivant du regard sans faire un geste, la laissant peser les pour et les contre, la laissant se faire un avis sur tout ça. Aerin était perdue et Juleis savait qu'en s’immisçant dans ses réflexions il ne pourrait qu'accentuer ce désarroi.

Elle susurra quelques mots à l'étendue d'eau, il en saisissait la portée, il savait lui aussi que pour vivre leur histoire, pour être heureux, ils auraient tous les deux à changer leur quotidien, à partir loin de tout le monde, loin de cette vie qui rythmait désormais leur quotidien. Lui était prêt car ce monde n'était pas le sien, il n'était qu'un nouveau-né dans cette vie mais son invocatrice, cette femme pour qui il aurait pu mourir, elle, n'avait jamais vécu autre part que dans ce Monde là, ce qu'il lui demandait était probablement beaucoup trop. Puis ses mains revinrent se poser sur son visage, il sentit ses doigts se poser sur ses joues et son regard se planter de nouveau dans le sien, elle paraissait résolue tout en étant incertaine quand aux mots à employer. Malgré tout, le tigre reconnaissait cette lueur dans ces yeux, elle savait où elle en était, elle avait choisi.

Puis les mots vinrent enfin, elle le confortait dans ses sentiments, elle l'aimait et voulait aussi passer chacun des jours qu'il leur restait à ses côtés. Mais la crainte qu'il avait s'avéra réelle, elle avait peur de tout quitter aussi précipitamment, elle devait se préparer, elle ne voulait pas tout quitter comme une voleuse, quittait ce quotidien si confortable pour une vie instable où le lendemain est incertain et la destination inconnue. Un sourire commençait à se dessiner, il était triste et laissait transparaître la légère peine qui envahissait son coeur mais en même temps il était plein d'amour. Quelque part, au fond de lui, il avait su que ça ne se passerait pas comme il le voulait, mais il avait voulu essayer, enivré par l'amour et l'irréalité de la journée. Juleis respecterait toujours ses choix, quoiqu'il lui en coûte.

Elle avait besoin de temps, il en avait plein à offrir, cette éternité qu'il voyait en ce moment s'illuminer devant lui, l'immortalité lui semblait inutile à ce moment là, il aurait pu sans hésiter l'échanger contre une vraie humanité, tout serait alors bien plus simple. Leur seul problème aurait alors été de choisir la couleur des fleurs à leur mariage, le nombre d'enfants qu'ils voulaient, faire fortune, toutes ces broutilles qui envahissaient le quotidien d'un couple normal. Malheureusement, il était un fils d'Aqua et elle une humaine, un amour impossible et qui pourtant lui semblait vital, indispensable pour qu'il puisse vivre et continuer à trouver un goût à sa vie, lui donner une direction et le faire avancer.

Juleis passa ses mains dans la chevelure d'Aerin, l'entourant à nouveau de ses bras, sa bouche allant embrasser le sommet de son crâne. Il s'en voulait d'avoir été si impatient, de n'avoir su se taire et d'être allé trop vite. Mais cet empressement était justifié, il était immortel et elle voyait son temps compté, il ne voulait pas perdre un seul instant en sa compagnie, se voyant déjà tout seul, à nouveau coincé dans son temple avec, pour seul compagnie, le souvenir de sa bien aimé aux cheveux d'or. Une larme perla à nouveau au coin de son oeil, un diamant qui alla se perdre dans sa chevelure.

"Je peux te donner du temps. Je ne voulais pas te brusquer, je ne veux juste plus avoir de secrets pour toi, plus aucun, j'ai déjà cru te perdre une fois. Aujourd'hui, plus que jamais, je ne te laisserai pas partir."

Puis il posa à nouveau ses deux mains sur son visage et releva celui-ci, l'embrassant à nouveau amoureusement.

"Nous ferons mieux de rentrer maintenant, ta mère ne me pardonnera pas de t'avoir emmené ici si tard. Laisse moi juste me changer."

Il se déshabilla à nouveau et commença à se transformer à nouveau, pour la première fois devant ses yeux. Après tout il n'avait plus rien à lui cacher..
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Aventure #21 écrite Mar 3 Sep - 14:08

Une fois à nouveau dans les bras de Juleis, les craintes de la jeune femme disparurent. Elle savait que tant qu'elle serait avec lui, tout serait possible, même entamer une nouvelle vie. Il lui fallait juste du temps pour faire les choses correctement. Ce n'était pas dans la nature d' Aerin de tout plaquer là, sans réfléchir, sans calculer le pour et le contre... Or, dans ce cas ci, en sentant l'étreinte du jeune homme autour de son corps, Aerin savait que le seul point positif effacerait tous les désavantages de partir : elle serait avec son âme soeur ! Cet homme dans les bras duquel elle se blottit davantage pour lui prouver qu'elle voulait tout autant que lui qu'ils soient ensemble à jamais...

Il ne restait plus qu'à trouver comment partir dignement. Comment faire pour ne brusquer personne – surtout pas sa mère qu'elle aimait malgré leurs différents. Elle avait bien de maigres économies, mais cela suffirait-il à s'établir quelque-part ? La bibliothécaire l'ignorait. Tout ce dont elle était capable de penser en écoutant les douces paroles de Juleis, fut les images de ce nouveau bonheur à venir. Comme n'importe quelle femme un peu rêveuse, elle entrevoyait chaumière, enfants, rires et amour. De la même façon qu'elle entrevit une vie harmonieuse avec son tigre par le passé – cette vision où elle imaginait ses futures enfants jouer sur le dos du félin, la jeune femme imaginait la joie de vivre à ses côtés : non plus en Invocation et Invocatrice, mais en couple.


« Tu ne me perdras plus jamais.., murmura la jeune femme. »

C'était certes un mensonge car l'un comme l'autre savait que la mort les séparerait tôt ou tard, mais il était sincère. Aerin sentait son âme liée à celle du fils d' Aqua bien plus qu'elle ne le devrait et donc même une fois son corps vidé de toute vie, la jeune femme espérait que son esprit continuerait de veiller et chérir l'homme en face d'elle. Cet homme posant ses lèvres à nouveau sur les siennes, dans ce geste devenu – déjà – habituel mais dont Aerin ne se lassait jamais.

Ses craintes étaient donc partie avec celui-ci. Seul le temps et la réflexion étaient de mise et la jeune femme en était de plus en plus persuadée. Tous deux partiraient, restait à savoir quand. Comment.. mais pour l'heure, c'était partir du lac qu'il fallait faire. Par pudeur sans doute, quand Juleis se dévêtit à nouveau, Aerin se retourna vers le lac, passant à nouveau ses bras autour de son corps pour se tenir chaud et admirer une dernière fois ce décor idyllique où l'amour avait éclaté au grand jour. Cet endroit inconnu jusqu'alors resterait dans sa mémoire jusqu'à sa mort, elle en était certaine. Car c'était le petit coin de Paradis où sa nouvelle vie venait de se sceller avec lui.

Rien que de penser à son amant, Aerin se retourna et le vit dans la dernière phase de sa transformation. C'était impressionnant sans être effrayant. Ce dont elle ne s'attendit pas, se fut de sentir son coeur se briser au point d'agripper son corsage avec toute la force de ses doigts fins et délicats, serrant ceux-ci à hauteur de son coeur qui s'étranglait à l'idée de voir disparaitre l'homme qu'elle aimait pour redevenir un animal. C'était étrange.. bien qu'elle connaisse chaque trait, chaque rainure du félin, bien que ce fut sous cette apparence qu'elle le connut le plus, Aerin sentit comme une envie de ne plus jamais le voir sous cette apparence – comme lui-même l'avait évoqué plus tôt. Ce qu'elle comprit mieux...

Il lui fallut d'ailleurs quelques minutes pour chasser ce nouveau malaise. Une fois le tigre réapparu complètement, la jeune femme s'en approcha lentement, glissant ses mains un rien hésitantes sur ses joues et plongeant son regard dans le sien. Ces yeux étaient ceux dans lesquels Aerin s'était vue tandis qu'elle perdait son innocence de jeune fille pourtant, ce n'était pas à cette créature qu'elle avait fait l'amour. Alors elle ferma ses paupières et posa son front sur celui de l'animal. Le temps d'un murmure, d'un souffle qui émanait directement de son coeur au détriment de sa raison.


« Partons... »

Dans ce contexte, cela pouvait sous-entendre de rentrer à la maison, mais ses paroles n'étaient pas finies. Aerin sentait à nouveau son âme lui dicter ce que sa raison se refusait, bien que cette lutte continuait dans son être.

« Partons dès que possible, le temps de régler ce qui doit être fait pour ne pas partir comme des voleurs. Mais je crois que je ne supporterai plus longtemps de te voir te métamorphoser en fin de compte. »

Son sourire une fois qu'elle rouvrit les yeux, était teinté d'amusement. Elle qui prônait la patience, voilà qu'elle en était dénuée. Si Aerin avait pu, elle serait partie sur le champs, sans se retourner, mais sa dignité de jeune femme honnête et respectable l'en empêchait. Il eut fallu une énième métamorphose pour comprendre la hâte de l' Invocation. Un simple retour à la « normale » pour réaliser que tout comme Juleis, Aerin voulait vivre leur union au grand jour.. or pour se faire, il fallait partir – et vite !

« Mais rentrons à la maison quand même. »

Ces mots conclurent le tête à tête pour laisser la jeune femme grimper sur le tigre. Bien que ce ne fut pas la première fois, cela fait étrange tout d'un coup. Comme si ce geste si anodin par le passé était devenu, finalement contre-nature à l'inverse de la réalité selon le reste du monde... C'était bien leur amour qui était contre la bienséance, or depuis ce jour : Aerin en ressentait tout l'opposé.

FIN


HRP:
 
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Perdue dans le bleu de l'immensité (Ft. Juleis)

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