Les murmures qui s'envolent

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Les murmures qui s'envolent

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Erin Lulee
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Aventure #1 écrite Dim 18 Nov 2018 - 23:39

Au dernier étage d'un palazzo de la haute-Lüh, assise sur un voltaire au velours pourpre, la jeune femme observait d'un air paisible la ville qui s'étendait devant elle. Pour calmer une certaine tension qui tendait à s'installer, elle avait décidé d'ouvrir les lourdes portes de verre, pour laisser l'air froid de la soirée s'engouffrer dans la pièce. Quelques cloches résonnèrent un peu lointaines, annonçant ces heures qui passaient si vite, et son regard chercha un instant parmi les toits, tours et clochers l'origine du son avant de revenir à sa contemplation un peu plus passive. Ici et là, bien que soir ait commencé à étendre ses ombres sur la cité, on voyait encore cette agitation et ce bruit propre aux rue des villes, où les gens vivaient parfois plus volontiers dehors qu'à l'intérieur de leurs maisons. Sous son visage amusé, plus loin, des hommes et femmes discutaient d'une fenêtre à l'autre ou sur le pas des portes, tandis que d'autres, alors que les éclairages commençaient à être allumés un à un, sortaient pour se réunir proche d'une auberge ou autre lieu de vie pour discuter des histoires ou échanges quelques plaisanteries. En plissant les yeux, elle arrivait à voir ce qu'elle pensait être des marchands et artisans, qui se regroupaient à la Grande Place, au bout de laquelle s'étendait la rue commerçante. Et si elle avait bien envie de se trouver sur le pont principal qui enjambait la Rivière Blanche, d'où elle aurait pu admirer  les reflets du soleil s'éteignant dans les eaux de l'affluent, elle n'avait pas ce plaisir ni loisir ce soir.

Car les êtres importants de la cité, nobles de leur état, s'étaient pour beaucoup regroupés deux étages en dessous d'elle. C'était son jour ou plutôt son soir. Elle n'avait pas eu l'occasion de paraître à tant, et pour cela, elle avait baissé la tête, et joué de son corps et sa voix pour paraître aux yeux des uns et des autres, jusqu'à obtenir certains cœurs qui lui ouvraient des portes accueillantes. Et c'était pour elle ce soir, une réunion de nobles avait été organisée, pour discuter de sujets commerciaux et politiques lui avait-on dit. Et si un orchestre principalement à corde entretenait l'ambiance de la salle digne d'une salle de bal, elle avait été désignée pour offrir une pointe de relaxation. Elle allait attirer les regards, mais cette fois, si chacun de ses gestes allaient être calculés, comme toujours, c'est sa voix qu'elle mettrait en avant. Marquis de sa position, le noble qui organisait ce bal-ci, avait récemment eu quelques bruits qui couraient, sur des goûts pour les indifférentistes. Et préférant garder une réputation neutre sur ce plan, il avait décidé de contrebalancer ces murmures. Et c'était là le dur rôle qu'elle allait endosser.

Louer les dieux. Dieux disparus sur lesquels elle ne pensait pas grand chose généralement. Mais pourquoi pas. Ça avait été un exercice intéressant, que de préparer avec quelques gens de l'orchestre, sur une pièce qui déclamerait leur beauté et leur grandeur, tout en ayant un côé plaintif et suppliant sur leur absence.

- Dame Lulee, c'est à vous.

Elle releva la tête de sa contemplation, clignant des yeux pour se raccrocher à nouveau au monde réel. Erin tourna la tête vers la porte close pour répondre, mais déjà, elle entendait les pas qui s'éloignaient. Un soupir. Pas d’amabilité, pas d'inquiétude, rien. Elle se redressa de son confortable fauteuil, lissant un peu ses vêtements, et remettant en ordre certains des disques de métal qui la décoraient. Face au miroir de pied, elle s'observa quelques moments, pour vérifier les derniers détails, ajustant quelques bijoux et parures : tout était en place. Chacun de ses pas feraient s'entrechoquer les paillettes rondes, et ceux-là renverraient naturellement la lumière des éclairages, pour la sublimer encore plus. Certains avaient même été gravés, déformés pour lui offrir un aspect presque solaire, et les artistes avaient fait un travail admirable.

Doucement, pas à pas, ses pieds nus légers effleurant à peine le sol, elle fila dans ces couloirs trop long, sur ces tapis trop doux, pour descendre les escaliers trop propre. Jusqu'à ceux qui menaient directement à la salle de bal dite. La musique s'était finalement arrêtée, juste à son arrivée, le silence nouveau se couvrant de murmures surpris. Laissant ces chuchotis s'étendre un peu, la jeune femme compta attentivement dans sa tête. Tout était prévu après tout, elle n'avait qu'à faire de son mieux. Et le temps vint. Dans ce silence renouvelé, elle descendit chaque marche, faisant sonner les piécettes dorés qui la couvraient ça et là, attirant l'attention à elle. Au moment où ses pieds aux ongles peints atteignirent la sixième marche, les flammes vacillèrent, et changèrent de couleur, oeuvre d'une invocation qui traînait dans les parages. Du jaune clair qui illuminait la salle jusqu'alors, c'était maintenant un rouge intimiste qui s'imposait.

Un pas en plus, une marche en plus, Erin prit parole.

- Petite humaine à peine éclose
Devant tant de gens, prends la pose ;
En cette main tendue vers toi
Prends ton élan et suis ta voie.

M'a-t-on dit alors, sois le temps
Efface les sombres murmures
Qui rasent si bas tous les murs,
rends ces visages bienveillant.

Alors, plutôt que de danser,
Me voici sur cet escalier,
Plutôt qu'accroupie à vos pieds.

Ainsi, c'est par mon humble chant
Que les grands dieux seront loués
En ces hauts lieux, sincèrement.



Sur ces mots, les instruments reprirent vie, dans une douceur accentuée par les teintes qu'avait prises la salle. Et la voix de la danseuse s'éleva, emplissant le hall entier, captant les esprits des uns et des autres, par la pureté du ton. Pour les plus habitués aux chants lyriques, qui étendaient et déformaient les mots pour mieux offrir leur puissance aux auditeurs, il s'agissait comme annoncé de louer les Grands Dieux. Au moins pour ce qu'ils avaient offert et créé. Les flammes des lustres et autres candélabres de la pièce semblaient danser et changer de teintes et d'intensité au même rythme que les notes d'Erin ; à chacun des ses pas, ses multiples bijoux et parures reflétaient ces tons orangés sombres alors qu'elle étendait une main en avant, comme tentant d'attraper une chose disparue.

Gracieuse, si lente et légère, la jeune femme déployait son art comme on ne l'avait que rarement vu. Un geste de main, un geste de doigts, la tête qui se baissait dans une résignation incertaine, pour mieux revenir, élevée vers le plafond peint, dans une prière chantée. Ses pas l'avaient finalement enfin amenés dans la pièce, proche des tables auxquelles étaient assis des nobles qu'importait leur rang. Et dans le regard qu'elle jeta à l'assemblée, après ces élans suppliants, il ne semblait presque n'y avoir plus qu'une peine immense, qui habitait totalement la jeune femme, comme ensorcelée par l'intensité de son chant. Ses mains tendues, brillantes et tremblantes ne faisaient qu'effleurer les quelques anoblis qui tentaient de se saisir de cette dextre offerte, sans jamais le pouvoir.

Puis, notes après notes, la pièce arriva sur sa fin, la voix mourant en première, accompagnée, quelques mesures plus tard par les instruments. Le silence s'installa à nouveau, simplement brisé par quelques grincement de chaises, avant que les applaudissements ne viennent, ramenant le temps et le monde présent en cet endroit. Erin, debout cligna des yeux, prenant encore un moment pour revenir à elle, le souffle court, à observer cette foule qui l'observait. Un hochement de tête appréciateur du Maître de maison acheva de lui remettre l'esprit en place, et Erin plia son buste, bas, pour saluer, avant de se retirer un peu. Elle n'aurait pas eu sa place en ces lieux en pareil compagnie, habituellement, mais pas cette fois.

Alors, elle se recula un peu, pieds nus sur le sol de marbre brillant, pour rejoindre un mur, alors que les uns et autres quittaient leur table pour revenir à leur conversation, ou venir féliciter le Maître des lieux pour ce spectacle. Si cette coutume n'était guère honnête envers la cantatrice du soir, cela lui permettait de souffler un peu, et d'observer à la dérobée les nobles présents, tentant de retenir les visages qu'elle n'avait pas encore aperçu, ou de confirmer les autres.



HRP : La musique est celle-ci le mouvement VI, Vidit suum dulcem natum
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