Et le vent soufflait, et la mer chantait...

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Aventure #1 écrite Mar 10 Sep - 19:51

Elle marchait le long des quais. L'odeur de la mer venait titiller ses narines mais elle n'avait aucunement l'humeur à s’enivrer du parfum de la liberté. Elle se morfondait dans son deuil inachevé. Mais pourquoi donc n'arrivait-elle pas à faire un trait sur le passé ? Car oui, cette mort était bel et bien le passé maintenant qu'un mois s'était écoulé. Mais ces images refusaient de quitter son esprit tourmenté alors elle ne pouvait que déprimer tout en marchant telle une perdue sur les docks.

Nausicaä soupire avant de s'arrêter et de laisser le vent venir faire danser ses cheveux. Le soleil se couche laissant place à la lune cet astre qu'elle détestait à présent. Voir venir la nuit était présage de souvenirs, de nuits blanches et de cauchemars.

La jeune demoiselle, écrasée par le poids du deuil et de la peur s'assoit, jambes repliées contre elle, en regardant le soleil mourir pour une nuit. Elle ne pense à rien, le néant vient s'emparer d'elle ne laissant plus qu'un pantin immobile qui regarde l'horizon et les bateaux s'éloigner pour de longs voyages.

Le vent commençait à souffler plus fort résonnant en écho avec le fracas des vagues.

- Et le vent soufflait, et la mer chantait en un écho d'harmonie en ce crépuscule sombre que la lune découvre de par la mort d'un astre de lumière. Soleil de mes jours, astre de mes espérances reste pour éloigner ma peur de la lune qui dans mon âme ne signifie que mort douloureuse. Astre du jour aide moi à surmonter cette épreuve, ne meure pas en me laissant à mes démons, aide moi.

Tout n'était qu'un long monologue incompréhensible de mots entrelacés pour former ne serait-ce qu'un semblant de poésie.
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Aventure #2 écrite Mar 10 Sep - 21:09

Plus d'objet magique. Aälana jette rageusement les restes brisés de son bouclier miroir dans la mer. Geste qui n'était ni utile, ni bon pour l'environnement, mais après tout, elle se doutait bien que la mer enfouissait en son sein bien plus qu'un pauvre débris de bouclier. Elle marche sans but sur le quai de Lüh, dans ses pensées, et une impression persistante de se retrouver enfermée tel un oiseau dans une cage. Oui, c'était ça. Un pauvre oiseau qui ne pouvait plus s'envoler dans le ciel bleu infini. Chasser n'était pas possible. Alors elle devrait se contenter de chercher du travail qui n'impliquait pas le combat pour pouvoir enfin s'évader de cette ville et continuer ses périples.

Qu'allait-elle faire... ?
En plus d'être chasseuse, elle est guérisseuse. Elle pouvait gagner quelques tsuris comme ça, mais elle doutait de la quantité d'argent qu'elle se ferait: nombre de guérisseurs s'étaient installés en ville et elle n'était qu'une maraudeuse parmi tant d'autres, vivant seulement de la chasse et de quelques soins pour des personnes en difficulté. Kaëlan, son meilleur ami, était en ville, logeant dans un appartement dans les quartiers populaires, mais loin d'elle l'idée d'aller quérir de l'aide chez lui, elle avait trop de fierté pour ça. C'était compliqué. Mais elle devait faire vite, car elle ne pourrait supporter de rester un mois de plus à Lüh. La ville n'était pas faite pour elle.

Elle s'arrête pour écouter le bruit du vent mêlé aux vagues. S'énerver ne sert à rien. Mais elle ne peut s'en empêcher. Ce sentiment de claustrophobie la hante.

La jeune demoiselle irritée reprend son chemin, ses pieds foulant le dallage de pierre du lieu. Le soleil l'éblouit. Les cris des pêcheurs qui s'en vont vers de nouveaux horizons pour faire vivre leur famille lui font mal à la tête. Elle entend vaguement quelqu'un chantonner. Elle manque de se retrouver dans les airs lors une chute impossible à contrôler. Comme toutes les chutes, ceci dit. Aälana fait un bond en arrière, la main sur sa dague dans un geste défensif.


-Qui... ?


Elle se tait instantanément. La possible menace n'en est pas une, et elle sent que la personne assise face à elle ne l'attaquerait pas dans un élan rancunier. La jeune fille aux cheveux blancs ondulés et aux yeux rouges sang semble plutôt triste et mélancolique, sondant du regard l'horizon et le soleil crépusculaire se cachant peu à peu derrière l'océan. Quelque chose d'autre aussi. De... la peur ? Aälana avait l'habitude d'observer les gens et décripter leurs émotions. Celle-ci était très expressive. Pourtant, elle ne put que constater que son visage triste était loin d'être une expression coutumière de la personne; ses paumettes et une légère marque au coin de ses lèvres laissaient deviner qu'elle souriait très souvent. Etrange. Il devait lui être arrivé quelques mésaventures.
Mais Aälana décide de ne se poser aucune question sur elle: la curiosité, même si elle possède un côté très observateur et un oeil critique sur les choses, ne fait pas partie des traits de son tempérament et elle se fiche pas mal de l'histoire de cette fille. Elle se détourne de cette inconnue en s'excusant vaguement de l'avoir percutée. Plutôt la laisser mariner dans sa tristesse que de devoir faire la consolatrice, elle n'est pas douée pour endosser ce rôle. Surtout parce qu'elle se sent la plupart du temps mal à l'aise lors de ces moments-là. Excepté lorsque c'était son meilleur ami ou sa famille.

Cependant, une voix retentit derrière son dos. La jeune étrangère vient de lui adresser la parole.

Aälana se fige, tendue.
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Aventure #3 écrite Jeu 12 Sep - 14:43

Nausicaä se tait et écoute les chants de la mer tandis que les larmes coulent sur ses joues. Voilà qu'elle recommençait. Elle s'en voulait d'être aussi faible, aussi chétive. Ce monde était trop dur, trop cruel pour une âme sensible comme la sienne. Pensive mais surtout blessée elle plonge la tête entre ses bras qui entouraient ses jambes repliées contre sa poitrine. Ainsi en position fœtal, elle se sentait un peu plus en sécurité mais...

Non ! Elle relève la tête, ses yeux rouges fixant l'horizon avec détermination. Non ! Elle ne devait pas se laisser abattre par cela ! Elle devait être forte ! La jeune femme sèche ses larmes et prend une décision, elle veut se battre, se battre contre elle même, contre ces monstres. Elle veut planter sa lame dans le coeur du monstre qui a tué ses parents et pour cela elle s'en donnerait les moyens.

Soudain, elle entend des pas dans sont dos puis un petit mot avant que les pas reprennent. Elle se lève et tourne le dos à la mer, à son passé pour aller de l'avent. Nausicaä s'avance vers cette personne, elle ne sait pas pourquoi mais elle doit parler, dire une chose, n'importe laquelle, juste parler.

- Qui êtes vous ?
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Aventure #4 écrite Jeu 12 Sep - 16:41

"Qui êtes vous ?"


Aälana planta ses yeux dans ceux de l'étrangère. D'un rouge si intense. Mais quelque chose  lui disait après-coup qu'elle avait pleuré. Ils étaient légèrement brillants et humides.
Son regard la destabilisait quelque peu. Lors de ses voyages, elle avait vu maintes personnes originales, uniques, mais jamais comme cette fille. Ca l'effrayait. Non, en fait, elle avait toujours peur de s'attacher aux gens, elle n'était pas sociable en général. C'était un trait de caractère des gens des Landes Luxuriantes du Nord: ne jamais faire confiance à n'importe qui, ou c'était la mort ou la ruine assurée. La demoiselle taciturne ne savait pas comment réagir. Pourquoi lui adressait-t-elle la parole ? Elles ne se connaissaient pas et n'avaient rien à se dire. Elle hésita à lui tourner le dos sans lui répondre et retourner en ville. Après tout, elle n'avait aucun compte à lui rendre. Pourtant, elle se décide à lui répondre d'une voix sèche.


-Une simple voyageuse.


Car oui, c'était ce qu'elle était. Enfin, plus pour un certain temps, mais son coeur ne pourrait jamais s'attarder dans un lieu plus de deux mois. C'était le grand maximum. La fille ne broncha pas. Aälana leva un sourcil et décida de continuer d'une voix sarcastique.


-Pourquoi me regardes-tu de le sorte ? Que veux-tu ? Et surtout... Qui es-tu ? On ne se connaît même pas, et je suis certaine que tu ne m'as jamais aperçue dans les rues de Lüh. Alors pourquoi engages-tu la conversation ? Je ne vois absolument pas de quoi nous pourrions parler.


Aälana savait pertinemment qu'elle devenait de plus en plus désagréable, mais elle ne pouvait s'en empêcher. Quand quelqu'un souhaitait entrer dans son réseau d'ami --est-ce que c'était ce que voulait cette fille, avec son air enfantin et blessé ?-- il devait d'abord se confronter à son caractère sombre, taciturne et surtout sarcastique. L'inconnue n'eut toujours pas l'air d'être vexée par son ton. Bon... Aälana soupira avec lassitude et finit par s'asseoir sur le bord en pierre des Quais. L'étrangère fit de même; elle avait gagné la partie. Aälana ne s'en allait pas et était même prête à l'écouter, malgré son air plutôt ennuyé. La jeune fille aux cheveux blancs engagea la conversation. Aälana, qui écoutait d'une oreille, se souvint qu'elle ne connaissait toujours pas son nom. Elle ne le lui avait pas dis. Ce n'était pas comme si ça l'intéressait, mais le connaître ne changerait pas la face de son destin. De plus, elle n'avait rien de particulier à faire.


-Quel est ton nom ?


Car oui, même si Aälana feignait le désintérêt, son visage devait avoir laissé percer le contraire un bref instant, lorsqu'elle avait posé cette question.
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Aventure #5 écrite Sam 14 Sep - 18:05

Sa voix était bien sèche pour une simple réponse neutre. Nausicaä se tue, septique et même déconcertée par l'agressivité de la demoiselle. Qu'avait-elle bien pu faire ? Encore bouleversée par les récents évènements, la demoiselle n'essaye pas de réfléchir à plus et se contente de regarder l'inconnu d'une manière qui se voulait lasse mais pouvait être interprétée autrement.

La demoiselle reprend son discourt cette fois avec une pointe de sarcasme dans la voix. L'albinos hausse les épaules avant de dire à sont tour ce qu'elle pensait, pourquoi avait-elle fait ça ? Pourquoi avait-elle abordé la jeune femme ? Mystère du destin ou bien inconscience curieuse ?

- Dois-je avoir une raison pour vouloir parler à un habitant de cette île ? dois-je avoir une raison de vouloir briser les règles de l'anonymat ? Dois-je vraiment me justifier ou alors puis-je tout simplement laisser cela comme ça en constatant votre agressivité à mon encontre. Agressivité qui n'a lieu d'être puisque je ne vous veux rien de bien particulier.

Elle soupire en fermant les yeux un instant. Voilà, elle voulait se distraire bah c'est fait et avec un grand succès. Jamais la jeune demoiselle albinos n'avait eut l'audace d'aborder ainsi un inconnu. Elle était trop peureuse avant, beaucoup trop. Mais elle a changé, elle veut faire un trait sur le passé, elle veut prendre un nouveau départ et regarder l'avenir avec assurance. Elle veut vivre à nouveau.

L'inconnue va s'asseoir sur l'un des pierres du quai et Nausicaä la suit. Elle soupire, encore une fois, en constatant que le soleil n'est plus. Voilà une nuit de cauchemars qui allait sûrement commencer.Mais elle devait oublier, ainsi donc elle se met à parler, encore, longuement, sans réellement se rendre compte qu'elle ne connait pas du tout cette inconnue.

- Nuit sereine qui abrite tant de cauchemars, nuit de songes noirs... Dis moi, que t'aspire la nuit ? Que ressens-tu en contemplant l'astre solaire décliner à l'horizon ? Et la mer, tu penses qu'il existe une autre île plus loin ? Habitée comme ici d'invocations enfermées, de ces horribles monstres d'égoïsmes enfermées pour se faire libérer et ainsi diriger le monde et le coeur de leur maître ? Le crois-tu ça toi ?

Puis elle fait une pause, de cette pause l'inconnue profite pour lui demander son prénom. Nausicaä sourit avant de répondre bien vaguement, étant perdue dans ses pensées.

- Si je réponds, que gagnerais-je ? Si je te dis qui je suis, suis-je sûre de savoir qui tu es en retour ?

La jeune demoiselle se tait et regarde la lune monter haut dans le ciel étoilé puis se lève doucement en s'avançant sur le bord du quai, la pointe des pieds dans le vide. Elle inspire grandement puis se retourne pour sourire à l'inconnue.

- Nausicaä.
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Aventure #6 écrite Dim 15 Sep - 1:37

La jeune albinos lui apparut songeuse. Aälana en déduit que son sarcasme avait réveillé celle-ci qui devait probablement tenter de trouver une raison pour laquelle elle l'avait abordée. Ce ne fut toutefois pas le cas. A la place, elle lui posa une autre série de questions qui la laissèrent perplexe. Elle n'avait pas tort, elle le reconnaissait humblement. Mais généralement, quand Aälana répondait aux gens sur ce ton, on la laissait tranquille, ces curieux ne préférant pas se faire à nouveau à demi rembarrer sèchement.
En y réfléchissant, cette fille lui faisait penser à Kaëlan, son meilleur ami d'enfance. Elle pouvait lui parler sèchement, il n'en avait cure et continuait de la fréquenter ou de discuter avec elle. Mais trèves de pensées inutiles, car elle n'était pas lui et lui n'était pas elle. De l'agressivité ? Lorsqu'elle le lui avait suggéré, la jeune solitaire avait cru percevoir une pointe d'agacement ou d'ironie dans sa voix. C'était une interprétation comme tant d'autres, peut-être se trompait-elle. Aälana en était bien consciente, ç'en était même le but. Elle était trop maladroite pour pouvoir engager la conversation avec quelqu'un sans lui parler avec agressivité. Mais ça ne la regardait qu'elle.


-Je ne cache pas être plutôt désagréable avec les gens et je l'assume parfaitement. Cependant, me dire que tu --je te tutois car tu as l'air plus jeune que moi-- ne me veux rien en particulier ne réponds aucunement à mes questions. Mais tant pis. C'est mieux ainsi.


En réalité, Aälana abrégeait l'expression de ses pensées: si on savait l'interpréter, on pourrait comprendre qu'elle avait apprécié le fait qu'elle ne réponde pas. Pour elle, ça démontrait une certaine présence d'esprit et de la réflexion, elle ne fonçait pas droit au but, contrairement à elle-même. La jeune fille aux cheveux ébènes avait tendance à apprécier les gens différents d'elle. Mais elle ne tirait pas de conclusions hâtives.
Un long silence s'installa, seulement rompu par le doux son des vagues. Aälana, assise à côté de l'inconnue, goûta l'air iodé de la mer avec délice. Ca avait tendance à la détendre.
Elle l'entendit soupirer à nouveau et se demanda vaguement par quelles aventures était-elle passée pour être si lasse. Lasciveté qu'elle se mit soudain à exprimer de manière poétique. D'une oreille distraite, Aälana écouta la demoiselle ruminer ses pensées sombres et mélancoliques à voix hautes, ne pouvant s'empêcher de les apprécier à leur juste valeur, son esprit divaguant d'images toutes plus fantastiques l'une après l'autre. Toutefois, une chose l'interloqua. Ce discours sombre sur les invocations... Etaient-elles vraiment comme ça ? Jamais elle n'avait envisagé telle idée. Les invocations n'étaient-elles pas justement esclavagées par certains, et maîtrisées par d'autres par un rapport respectueux de maître à invocation dans une confiance mutuelle ? C'était en tout cas tout ce qu'elle avait vu, les pirates et bandits de sa région avaient toujours, malgré l'étonnement que cela pouvait procurer pour certains, été corrects voire amicaux avec leurs invocations. Alors des invocations manipulatrices et monstreuses... La jeune albinos l'avait mise en doute, et elle commençait à dégager un intérêt certain de la part d'Aälana qui avait toujours eu en tête de passer une épreuve afin d'acquérir un de ces dieux déchus.

Après cette réflexion intense sur un aspect qui lui semblait capital, Aälana lui avait demandé son nom et, contre toute attente, celle-ci lui avait répondu par une autre question qui réussit à lui arracher un léger sourire amusé. Bonnes questions. La jeune voyageuse taciturne pesait le pour ou le contre. Allait-elle lui dévoiler son identité ? Gagnerait-elle quelque chose en la lui dévoilant ?


-Gagner ? Non, je ne dirais pas ça. Que peut-on gagner lorsque nous donnons notre nom, mis à part dévoiler un peu plus de nous-même ? Ce n'est d'ailleurs même pas une perte. Une identité reste une identité. Regarde ce marin qui se saoûle sur son bateau miteux: nous ne connaissons pas son nom, il ne connait pas le nôtre. Mais s'il advenait que nous discutions --ce que je doute fortement-- et qu'il se présente à nous, il n'y gagnerait ni n'y perdrait rien. Nous ne le reverrions probablement plus, car Lüh est vaste et les marins prennent le large très régulièrement. Son nom se perdra alors dans les méandres de la mer et de nos mémoires qui l'oublieront aussitôt.


Sur ces mots énigmatiques ou bien philosophiques, libre à n'importe qui de les interpréter comme il voulait, Aälana attendit la réponse. Un silence s'était à nouveau installé entre elles. Encore et toujours. Mais elle aimait ça. Le silence dévoilait parfois plus, et parfois rien, et on pouvait y écouter toutes sortes de son qui étaient indisociables lorsqu'on ne pouvait tendre l'oreille dans la foule. Aälana observa attentivement la jeune inconnue qui s'était levée et approchée bien près de la bordure du Quai avec agilité. Dangereusement, même. Elle lui sourit et lui dévoila enfin son nom d'une voix joyeuse et cristalline. Nausicäa, huh. Aälana jugea qu'il lui allait à merveille. Ca lui faisait penser à un conte qu'elle avait une fois entendu lorsqu'elle était toute petite. Nausicäa... de la Vallée du Vent. Mais elle ne lui en fit pas part. C'était bien trop personnel.
Passant une main dans ses longs cheveux, elle détourna son regard de la demoiselle, légèrement gênée. C'était la première fois qu'elle discutait aussi longtemps avec un Arcanien. Surtout venant de Lüh.


-Tomber ne t'aidera pas davantage à gagner.


Elle avait dit ces mots d'une voix qui laissait transparaître une certaine douceur. Aälana ignorait si elle en était consciente, mais son estime pour elle avait monté d'un cran. Elle ignorait même pourquoi, mais elle n'avait plus envie d'être désagréable. Ce devait être la fatigue, sa journée avait été très longue, entre son emménagement à Lüh et sa recherche de travail...


-Lüh est une agréable ville. Du moins, je le pense pour l'instant. J'aime particulièrement cet endroit.


Oui. Ca lui évoquait les moments où son défunt père l'emmenait en bateau prendre le large pour quelques semaines au détriment de sa mère qui le lui interdisait formellement, inquiète qu'elle côtoie des pirates commerçants de temps à autres. Son père lui manquait vraiment. Sa famille aussi, mais son indépendance était une chose qu'elle chérissait par dessus tout. Le visage rêveur, elle ferma les yeux, apaisée.


-... Et toi ? Que fais-tu donc ici, à regarder si sombrement les vagues ?


Aälana était bien consciente de paraître étrange. Elle ne lui dévoilait pas son nom et discutait sereinement comme si leur altercation --si on pouvait appeler ça ainsi-- n'avait jamais existé. La jeune fille se rendait compte que cette rencontre allait peut-être changer légèrement son rapport avec les autres. Etrangement, ça ne lui faisait pas peur.
Il fallait bien qu'elle évolue un jour.
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Aventure #7 écrite Lun 16 Sep - 18:35

Nausicaä sourit. Finalement l'inconnue n'était pas si farouche que ça. elle en venait même presque à devenir douce. Elle soupire en fermant les yeux mais sans se reculer du bord, de sa liberté nouvelle. Elle sait que si elle saute elle risque de finir broyée par les vagues déchainées sous elle, mais cette mort, même ô combien douloureuse, lui permettra de quitter facilement cette vie trop dure.

Oui, elle hésitait à céder à la facilité tant son esprit était consumé par le désespoir. Bien que parler lui faisait momentanément oublier son chagrin, elle savait bien qu'un jour ou l'autre, ou même dans l'instant suivant la dernière parole de cette discussion elle pouvait replonger, elle savait que ses cauchemars reviendraient par millier la hanter.

- Tomber... Bien piètre mot pour désigner la voie de la facilité. Nous savons, du moins, je sais que si je me laisse aller sur ce chemin je perdrais tout ce dont ils m'ont donner. Mais voilà, je suis en dilemme, mourir et effacer mon ardoise de souffrance ou bien vivre et me munir d'une craie pour compter mes jours de cauchemars ?

Elle laisse le silence planer durant quelques instants où elle penche dangereusement avant de revenir en arrière, tel un balancier.

- Vois-tu, je ne sais plus que faire de ce poids qui alourdit mes frêles épaules, vois-tu, je ne sais pas si je dois essayer de tuer les invocations dans un espoir fou ou bien abandonner sans me battre. Un drogué peut-il résister à l'appel de son bien, de sa vie ? Peut-il rester à contempler ce pour quoi il se bat ? Résister pour suivre la voie de la raison ou tout simplement se laisser abandonner à la facilité et se jeter sur sa vie ?

Voilà qu'elle commence à perdre la raison. Son sourire est toujours présent mais les larmes commencent à perler au coin de ses yeux. Ses souvenirs, son enfance, sa vie, tout est écrit dans ce livre, tout. Le temps avait gravé dans le marbre le passé mais le futur restait flou. Tout dépendrait de ses choix, de simples choix. un pas et tout s'arrêterait, la souffrance, le malheur, tout. Mais, voulaient-ils vraiment ça ? Ses parents auraient-ils voulut qu'elle se laisser aller ainsi ? qu'elle abandonne si facilement ?

- Dois-je me battre pour survivre ? Dois abandonner tous mes efforts ? Que la foudre me frappe si je fais le mauvais choix, que je brule en enfers si jamais je détruis tout ce qu'ils ont fait pour moi.

Elle se retourne, en larmes mais souriante.

- Tu as raison, Lüh est si belle, si calme qu'on en oublie les crimes de l'ombre. Chaque personne ici possède son nom sur la liste de la mort, elle viendra d'une manière ou d'une autre, le destin frappera tout le monde à un moment. Fatalité, la mort vient chercher même dans les berceaux les nourrissons nés au printemps, elle vient chercher les vieillards qui attendent au coin du feu durant l'hiver, elle vient guider les gens adultes durant l'été et l'automne. Mais jamais, jamais je n'aurais cru qu'elle se servirais des enfants des dieux pour assouvir ses désires.

Elle est dos à la mer, bras le long du corps, larmes qui coulent abondamment et un sourire toujours plus radieux, presque fou. Ses talons volent dans le vide tandis qu'encore une fois elle balance dangereusement dans le vide.

- Je suis venue ici car la mer me rappel la liberté mais aussi l'inconnu. J'aimais auparavant me promener ici avec mon père qui m'expliquait à quoi servaient ces grands bateaux. Et les vagues sont si sombres car la nuit est tombée et parce que c'est leur humeur du jour.

Croisant les bras, les larmes ont cessées, elle fixe le lointain derrière l'inconnue.

- Mais tu me laisses me découvrir devant toi, qui es-tu ? Du moins, ton prénom me suffira. Ce que tu viens faire ici n'a d'importance que si tu décides de m'en faire part.
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Aventure #8 écrite Lun 23 Sep - 1:06

La fille s'était mise à pleurer. Arf. Ce n'était pas le but premier de la jeune chasseuse. En fait, elle n'avait aucun but précis en tête: elle répondait comme elle pensait, sans réfléchir plus aux conséquences de ce qu'elle prononcerait. Ecoutant attentivement les tirades tristes et mélancoliques de l'étrangère, elle commençait à comprendre dans quel désespoir elle se trouvait: elle semblait en deuil. Des souvenirs douloureux refirent surface. Le bref instant où elle avait aperçu le corps ensanglanté méconnaissable de son père, enfant et naïve qu'elle était. Les larmes de sa mère coulant à flot. Sa petite soeur qui ne comprenait pas. Kaëlan la serrant dans ses bras dans un geste de soutien. Les longues soirées où Aälana avait pleuré son père bien aimé, cherchant des traces disparues et brèves de celui-ci. La haine pour ces pirates et bandits qui avaient mis fin à sa vie. La vengeance longtemps innassouvie. Oui... Elle connaissait ce sentiment. C'était le deuil. Celui qu'on avait lorsque quelqu'un mourrait sans le mériter.

Une liste de la mort. Aälana n'aurait pas trouvé mieux pour définir le cycle de la vie. La mort frapperait, encore et toujours. C'était triste, mais telle était l'humanité. Quelque chose agaçait Aälana. Cette fille... Elle ne savait depuis combien de temps elle désespérait, et elle s'en moquait, quelque part, mais elle ne comprenait pas pourquoi elle ne tournait pas la page de ce chapitre douloureux ? La mort était tout ce qu'il y avait de plus naturel. Pourquoi compliquer les choses alors qu'elles pourraient être si simples ?

Aälana vit Nausicäa se balancer instablement, à mi chemin entre le vide et la pierre humide du quai. Elle fronça les sourcils, interloquée. Souhaitait-elle mourir ? Elle ouvrit à nouveau la parole, prononçant encore des paroles toujours aussi ténébreuses qu'une nuit sans lune. Se morfondre dans son deuil. C'était ce qu'elle faisait. Les morts ne parlaient pas. Elle pouvait toujours implorer et pleurer, ils ne la verront pas. Aälana ne croyait pas en ces concepts obscurs et irréels.




- Mais tu me laisses me découvrir devant toi, qui es-tu ? Du moins, ton prénom me suffira. Ce que tu viens faire ici n'a d'importance que si tu décides de m'en faire part.



Elle laissa échapper un sourire sans joie. Mais bien sûr. C'était donnant-donnant, qu'elle était sournoise. Mais elle était inconsciente que ça ne marcherait pas. Du moins, pas tant que la tournure des choses ne changeaient pas. Pas tant que la fille n'aura pas gagné son respect total. C'était d'ailleurs très mal parti, car elle commençait déjà à la considérer comme une lâche. Aälana se leva d'un bond souple et léger et s'approcha à hauteur de Nausicäa, le sourire effacé de son visage, remplacé par une des expressions neutres qu'elle savait si bien faire.


-La mort. Cesse de philosopher sur cette chose immuable. Mais surtout, ne sais-tu pas dire les choses plus simplement ? Se compliquer la vie est nocif pour la vie. En particulier lorsque l'on se penche sur une limite aussi légère que celle dans laquelle tu te trouves.


La jeune chasseuse, de nouveau agacée par le comportement dépressif de cette fille qui était sensée sourire sincèrement et joyeusement, pris une expression presque effrayante, le visage fermé comme l'on représentait la mort elle-même, neutre et sans jugement. Elle passa un doigt sur une des joues pleines de la jeune albinos, se voulant menaçante.
Puis attrapa chacune de ses épaules.


-Tu veux mourir ? Je veux bien te venir en aide. Là. Il me suffit de pousser légèrement. Et j'imagine que la suite, tu la connais. Est-ce vraiment ce que tu veux ? Les morts ne reviennent pas à la vie. Alors le choix n'est pas à prendre à la légère, sur un coup de tête. Cette mer n'est pas si noire qu'elle en a l'air: la lune viendra l'éclairer de on doux rayon fantômatique, tôt ou tard, prenant le relais du soleil qui s'épuise et voyage vers d'autres contrées. Il y a toujours une lueur, quelque part. Il suffit de la trouver.


Aälana planta ses yeux dans ceux de Nausicäa, pourpres et brillants de larmes. Elle n'y voyait que du vide et des ténèbres. Rien qui puisse lui indiquer le choix qu'elle faisait. Ou peut-être ne l'avait-elle pas encore fait ?

Le vent marin se rebella. Il souleva les cheveux ébènes d'Aälana qui ne s'en préoccupa pas le moins du monde, trop occupée à fixer des yeux le visage de la jeune fille, attendant son verdict ultime. Ou autre chose. Mais un mouvement de sa part, positif ou négatif.
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Aventure #9 écrite Lun 23 Sep - 20:25

Elle devient de plus en plus froide, cela Nausicaä le sent. Elle devrait être tiraillée par la peur, pourtant non, c'est un beau sourire sincère qu'elle offre à cette inconnue têtue et dont il est bien dur de lui faire cracher sont prénom. La jeune albinos endeuillée se laisse attraper par les épaules. Voilà qu'elle est maintenue, si près de la chute et pourtant si loin de la mort.

Un geste et elle perdrait la vie, son esprit si peu combatif lui hurle d'abandonner sa vie et d'aller rejoindre sa famille mais cette fille, cette demoiselle au regard de glace l'empêche de faire cette erreur. Elle le sent, elle le sait, cette femme est lassée de ses propos ténébreux, elle le voit, cette femme veut qu'elle sorte de son deuil, qu'elle tourne la page.

Elle souhaite que l'espoir revienne, que la vie continue. Nausicaä le sent ou alors ce n'est que le fruit de sa folie grandissante. Elle n'avait jamais perdu un membre de sa famille, jamais elle n'avait affronté la mort. Il était bien puéril que de vouloir découvrir le monde sans jamais avoir vu cette affreuse destinée s'abattre tous les jours sur une personne puis une autre. Qu'il était bien sot que de vouloir affronter le monde sans savoir cela, sans l'avoir connu.

Maintenant elle, elle sait et elle a mal, terriblement mal. Toute sa famille, décimée en l'ombre d'une seule seconde, par le biais d'une seule parole, d'un ordre cruel. Ce meurtrier, cet homme, non, cette invocation, cet enfant des Dieux ! Qu'ils crèvent comme des chiens !
Mais peut-être que cette fille ne connaissait pas, peut-être que cette demoiselle au regard de glace ne savait pas ce qu'était la mort véritable. Peut-être qu'elle n'avait jamais vu le sang couler d'un corps vidé de vie. Peut-être...

Nausicaä relève la tête, ses cheveux balancent dans le vide, encore libre. Son sourire est toujours la tandis qu'elle pose délicatement des mains sur celles de l'inconnue. La pluie commence à tomber comme si cet instant que les deux femmes vivaient était primordial dans l'histoire de l'île, comme si le ciel lui même voulait apporter son jugement.

Il pleut et cela rend glissant le bord du quai, mais elle ne s'en souci pas. Elle regarde l'inconnue, elle laisse dériver ses yeux rouges dans ceux de cette femme qui détenait en ce moment sa vie. Et son sourire grandissait pour se transformer en un rire sourd. Elle balance la tête en arrière et laisse la pluie dégouliner sur ses joues, telle des larmes qu'elle n'a put laisser tomber. Et elle rit.

- Trouver une lueur dans le sombre ? Trouver de l'espoir dans le désespoir ? Mais sais-tu vraiment ? Connais-tu vraiment les raisons de mon comportement ? N'ai-je pas simplement envie d'en finir par pure folie ? Vois-tu cette folie en moi ? Que vois-tu au juste ? Tu tiens en ces mains la vie qu'une inconnue. Vraiment, me laisserais-tu tomber sachant que tu auras du sang sur les mains ? Le ferais-tu vraiment ? Je te le demande.

Elle redresse la tête et plante son regard sérieux dans celui d'Aälana.

- Tu me tuerais, n'est-ce pas. Tu es de sang froid, tu es sans pitié. Alors, si tu en es vraiment capable, laisse moi tomber, laisse moi abandonner. Je sais bien que je ne pourrais jamais me relever de cela. Je sais très bien que cette vision d'horreur restera à jamais gravée en moi, même lorsque la mort m'aurai prise dans ses bras.

Elle fait une pause tandis qu'un premier éclaire éclate, éclairant le visage de Nausicaä.

- Toi dont je ne connais pas le nom, toi qui m'as parlé mais qui maintenant va m'ôter la vie, toi, n'est-ce pas, tu ne sais pas ce qu'est de voir sa famille se faire tuer, tu ne sais pas ce que c'est que de toucher le fond, de se laisser envahir par le désespoir.

La jeune albinos laisse ses mains retomber le long de son corps devenu douloureux de rester ainsi, dans une position peu naturelle.

- Tu ne sais pas... murmure-t-elle, tu ne sais pas et pourtant tu veux me tuer.

Elle baisse le regard.

- Aides moi, fais ce qui te semble être la solution. Tues moi.

Nausicaä ne pesait plus ses mots, elle ne savait pas que cette dernière parole allait peut-être lui coûter la vie. Elle était si profondément envahit par les ténèbres que cette faible lueur d'espoir était perdue dans des miasmes noirs. Personne ne pourra lui donner une bougie pour l'aider à retrouver son chemin, personne... Nausicaä était perdue.
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Aventure #10 écrite Lun 23 Sep - 21:49

Pendant une fraction de secondes, Aälana cru percevoir une lueur de colère, non, une haine féroce dans l'expression et les yeux de Nausicäa. Un élan de folie. Une tirade des plus ténébreuse. Cette fille s'enfonçait de plus en plus dans les enfers de la tristesse et du deuil. Lâche. Oui, elle était encore plus lâche que ce qu'Aälana pensait. Tête baissée, contact de regards brisés.


- Je ne sais rien.


Elle planta ses yeux froids sur le visage de Nausicäa qui regardait tout sauf en sa direction. Dégagea les mains qu'elle avait posée sur les siennes, comme si elles étaient celles d'une malade ou d'une damnée. Puis elle raffermit sa prise sur les épaules frêles de la fille dont elle détenait le droit de vivre ou de mourir. Si Aälana lui faisait mal, elle n'en sut rien: l'expression et le comportement que Nausicäa arborait n'étaient que pure folie, et la démence était une des choses les plus difficiles à décrypter en ce monde si sombre et humain.


-Mais ce que je vois ici m'est plus égal que ton passé. Je ne connais pas le tiens, et tu ne connais pas le mien. Pourtant, nous sommes ici à discuter de ton sort, alors que nous sommes de parfaites inconnues. Vivre ou mourir ? Tuer ou épargner ? Ce sont les questions qui planent dans l'air et brûlent de trouver une réponse dans cet enchevêtrement de folie, dans ce noir presque complet qui nous entoure. Les nuages camouflent le ciel. Mais ces nuages ne sont pas ici pour imager tes ténèbres. Ils sont ici pour te protéger d'une vérité trop éblouissante, que tu n'es pas encore prête à entendre ou à comprendre.


Tête redressée. Aälana fut presque décontenancée par le regard soudain sérieux que Nausicäa lui adressa. Elle avait ouvert la bouche pour parler, mais pas pour lui répondre. Cette réponse qui n'en était pas une était ou autre. Aälana aurait pu dire qu'elle se répondait à elle-même. Pas à son interlocutrice. Elle affirmait qu'Aälana était prête à la tuer. Ce qui était le cas. Mais là n'était pas son intention. L'instinct d'Aälana lui dictait que cette fille, malgré son état d'esprit, était capable de se sortir de son désarroi.


- "Toi dont je ne connais pas le nom, toi qui m'as parlé mais qui maintenant va m'ôter la vie, toi, n'est-ce pas, tu ne sais pas ce qu'est de voir sa famille se faire tuer, tu ne sais pas ce que c'est que de toucher le fond, de se laisser envahir par le désespoir."


Trop. Sans un mot, Aälana observa la jeune albinos qui laissa ses mains retomber le long de son corps, dans une position peu naturelle. Voilà que maintenant, son coup de folie émotionnel semblait passé.


- "Tu ne sais pas... murmure-t-elle, tu ne sais pas et pourtant tu veux me tuer."


C'en était trop.
Lâchant l'espace d'une seconde la jeune fille, Aälana dégaina habilement son poignard de sa ceinture, saisit agressivement ses cheveux blancs comme neige, inclina sa nuque de sorte à découvrir sa gorge et l'appuya sur le cou de la demoiselle, menaçante. Elle était maintenant prise d'une colère ardente. C'était comme si elle avait piétiné la mémoire de son père. Elle l'avait vu mort, l'image ne cessait de la hanter. Et entendre cette fille jeter ses pensées égoïstes au vent, sans penser à ce que l'autre pouvait ressentir et avoir vécu, affirmant des choses qu'elle ignorait la mettait hors d'elle. Le tonnerre retentit, marquant une bourrasque de plus en plus violente de vent, signe qu'une tempête se préparait. Psychologique et meurtrière. Les dents serrées et le regard ténébreux, Aälana approcha son visage de Nausicäa, prête à l'égorger au moindre mot qu'elle prononcerait. Elle ne voulait plus l'entendre.


-C'est toi qui ne sait rien. Je viens du Nord. Oui, ce Nord dont on discute si souvent. Celui-là même ou meurtres, tueries et autres choses ô combien horribles arrivent tous les jours. Le sang sur les mains, je l'ai déjà. Mon poignard, je peux te le planter dans le cou avec une facilité déconcertante tout en me débarrassant de ton cadavre d'un seul geste, et tu le sais, tu l'as affirmé toi-même. Je suis une meurtrière. Mais je n'en ai pas l'entière âme. Les pertes sont lourdes, et j'en ai subis. C'est bien pour ça que je ne m'implique que rarement auprès des gens. Pourtant, je me suis frayé un chemin dans l'histoire de ta vie. Mais je le regrette déjà amèrement. Si engager la conversation avec quelqu'un, c'est le voir mourir l'instant d'après, alors j'aurais dû me garder de me retourner lorsque tu m'as retenue.

- "Aides moi, fais ce qui te semble être la solution. Tues moi."


Sous le coup de la fureur, la force d'Aälana décupla. Un filet de sang rouge sombre coula tout le long du cou de la jeune fille en deuil.


-T'aider ? Tu te fiches de moi ? Une lâche doublée d'une égoïste comme toi ? Tu ne le mérites même pas. Tu as perdu des gens. Mais si les esprits existent, ils ne voudraient certainement pas que tu te perdes. Gâcher une vie pour des morts. Quelle idiotie. Moi, et des milliers d'autres gens, nous vivons avec le poids de la perte d'êtres chers. Ai-je l'air d'une morte ? Ai-je l'air de porter la souffrance de la terre entière ? J'ai survécu, et bien d'autres l'ont fait avant moi, le font encore et d'autres le feront par la suite.


Aälana avait envie de la frapper. De la tuer. Mais elle n'avait pas pour habitude de se laisser aller à ses pulsions meurtrières, n'étant pas un animal assoiffé de sang ou bien un des meurtriers de sa région natale. Alors elle atténua son futur geste de violence.
Elle saisit la jeune fille et la balança sur les pavés du Quai, en sécurité. Rangea son poignard. Et lui envoya un soufflet dont elle se souviendrait probablement toute sa vie. La jeune chasseuse se détourna de la fille, contrôlant sa colère. Elle inspira. Puis expira. Ainsi de suite. Ensuite, elle se retourna de nouveau et s'accroupit auprès de Nausicäa, sans aucun sourire ni aucune expression particulière. Peut-être encore un brin de rage dans ses yeux gris orageux.


-J'avais ta vie entre mes mains. J'ai choisis. Si tu veux sauter ou bien te suicider de n'importe quelle façon, libre à toi. Ce n'est plus mon problème, je t'ai dis ce que je pensais.


Elle tendit la main vers Nausicäa.


-Alors. Quel est ton choix ?


La pluie commença à tomber goutte à gouttes, les lavant toutes deux de cette précédente animosité et de cette folie dévorante. Le tonnerre en fit un concert naturel, accompagnant dans un suspense grandissant la suite des évènements.
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Aventure #11 écrite Mer 2 Oct - 18:52

Nausicaä sent le sang couler le long de sa gorge tandis que l'inconnue appuie une lame contre celle-ci. elle sourit, un sourire de regrets mais aussi de soulagement. Si cette fille allait au bout de son geste l'albinos serait enfin libérée de son lourd fardeaux, elle aurait ainsi quitté lâchement le monde des vivants.

- La différence avec toi, inconnue, c'est que je ne suis nullement courageuse. J'ai passé ma vie entière à fuir, fuir les problèmes, fuir la maladie de mon père, fuir le monde entier, fuir... me fuir. J'ai peur, j'ai mal et je ne sais pas comment me raccrocher à cette lumière dont tu parles.

Elle a mal, pas de cette douleur morale mais c'était bien physique. La lame froide contre son cou lui faisait mal, le sang qui sortait par gouttes de la plaie lui faisait mal. Tout son corps hurlait de douleur.
La jeune fille fut soudainement arrachée au bord des quais pour se retrouver sur les pavés froids de la rue.
Le visage à terre, elle humait les senteurs de la pluie, elle sentait les larmes du ciel tomber sur ses joues. Elle avait froid, le sol était froid et mouillé. Elle n'essaya pas de se relever, elle n'en avait pas le temps.

Souffrance, encore et toujours, cette inconnue déversait sur Nausicaä son flot de colère. L'albinos ne ressentait même plus les coups voler sur elle tant le froid du sol et la brutalité des gestes avaient endormis son corps. Un coup, puis un autre, elle ne se demandait même plus quand cela allait s'arrêter.

- Et tu as bien fait dit-elle en redressant doucement la tête du sol.

L'inconnue avait finit par arrêter de lui donner des coups. Quelle bonne leçon elle en tirait. elle avait mal et pas seulement psychologiquement maintenant. oui, cette femme avait bien fait.
Nausicaä regardait toujours le sol avec une certaine absence dans le regard. Mais elle se retourna avec difficulté pour se retrouver à demi assise/allongée, à regarder cette demoiselle froide.

Elle ne savait plus, elle ne savait plus quoi choisir. Vie et mort se mélangeaient, l'un voulait dire l'autre, elle devenait folle de ne plus comprendre son propre corps endoloris, folle de savoir ses parents morts tués par une invocation. elle devenait folle de rage, de la haine consumait ses entrailles alors que des larmes teintées de rouge commencèrent à couler sur son visage meurtri par les coups salvateurs de l'inconnue.

Cette inconnue, elle l'aidait d'une façon bien brutale et étrange, mais cela était bien. Si c'était la douceur qui était venu lui tendre les bras, l'albinos aurait sauté, aurait refuser de savoir, de comprendre, du moins, essayer.

Mais les coups portés, mais la froideur du ton et des actes de cette étrangère avaient sortis Nausicaä de sa torpeur sans néanmoins lui faire parvenir cette lumière d'espoir. Mais voilà qu'elle pleurait sans plus de raisons maintenant. Voilà qu'elle laissait son corps agir, son instinct diriger ses mouvement. Voilà qu'elle abandonnait une bonne fois pour toute.

- Vivre, murmure-t-elle, je veux vivre ! finit-elle plus fort en se jetant sur la main salvatrice qui se tendait à elle.

Une bouée de sauvetage, voilà qui était cette étrangère, inconnue aux manières brutales.
Elle lève ses yeux embués de larmes vers le visage si parfait de cet ange descendu du ciel pour elle. Elle sourit avant de continuer.

- Sauve moi, s'il te plait, laisse moi vivre !
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Aventure #12 écrite Mer 9 Oct - 17:30

Euh..:
 

Depuis que la fragile humaine avait terminée son grossier entrainement en notre compagnie, je n’avais pas quitté ce lieu. Allongé sur le sable de l’arène que les journées ensoleillées réchauffaient, je me laissai aller au repos. Il était plaisant de ne plus avoir à se préoccuper de cette libératrice que la simple brise semblait capable de faire plier. D’autant plus que la distance grandissante qu’elle mettait entre nous me permettait de ne plus ressentir ces enfantins sentiments. Doute, tristesse, colère. Quelle farce de nos Pères que de nous contraindre à partager leur état d’âme, pathétique méthode afin de nous obliger à garder un semblant d’intérêt à leur égard. Ainsi, durant plusieurs lunes, je pus me tenir loin de tout cela. Seuls certains de ses comparses vinrent chercher à m’éveiller, intrigué de me voir ainsi reposer dans ce temple de douleurs. Cette bâtisse qui les rendait si fier tandis qu’elle était érigée de bois provenant du massacre de nombreux arbres, arrachés du sol nourricier de Terra.  

Outre les grognements menaçant que je dû faire à ces puants humains, je pouvais me dire paisible dans ce leurre que l’Homme appelait liberté. Du moins, jusqu’à ce que je ressentis de nouveau cette désagréable sensation. Cette.. émotion. Mon cœur s’accélérait dans mon sommeil, mon souffle se faisait de plus en plus court et une sueur froide glissait le long de ma nuque. Il ne pouvait en être autrement, cette peur troublant mon repos provenait de Nausicaä. Ses périples l’avaient ramenée suffisamment près de moi pour que son agaçante humanité vint m’obliger à me soucier d’elle. Mais qu’importait, je n’étais pas d’humeur à me faire le soutient de cet enfant pleurant sur son destin si tragique, qu’il n’avait pas fait d’elle une femme aimée de tous. Et j’aurai pus ainsi rester, si ne survint pas un trouble plus puissant que la peur. Le désespoir.      

Mes yeux s’ouvrirent alors dans un mouvement sec et rapide. L’insoutenable ressentis que m’obligeait à partager l’humaine m’empêchait de trouver le repos. Si je souhaitai le retrouver, je me devais d’abord de mettre un terme au désarroi de ma libératrice. Dans un grognement de lassitude, je m’efforçais de redonner vie à mes muscles endormis. Lorsque je pus enfin me tenir sur mes pattes arrières, je fis marche vers les rues de la ville. Leur lubie de recouvrir le sol de roche me rendit difficile la localisation exacte de l’humaine. Lorsque ce fut enfin chose faite, je remontai sa trace jusqu’au limite de la Capitale et des eaux. En dépit de la distance, je reconnu aisément Nausicaä, qui laissait s’échapper trois mots. Des mots entendus jadis dont le sens ne m’était pas inconnu. Elle réclamait que celle lui faisant face lui laisse la vie.  

Ainsi ce fébrile tas d’os avait la prétention de menacer ma libératrice ? Grognant à en faire trembler les bâtisses nous entourant, j’avertissais qui représentait la véritable menace en ce lieu. Lentement, je m’avançai vers elles, paré à user de mes Dons si le besoin venait simplement à s’en faire sentir.    
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Aventure #13 écrite Mer 23 Oct - 12:40

Aälana laissa la jeune fille saisir sa main.
Elle avait choisit et, quelque part, elle se sentait soulagée de ne pas avoir assisté à un suicide, qui plus est totalement inutile comme tout suicide, car, au risque de se répéter, beaucoup d'humains supportaient la perte d'êtres chers en surpassant les hauts et les bas, forts ou faibles. Elle se demandait même si c'était le cas pour les Invocations. Ces Demi Dieux déchus supportaient-t-ils ce genre de fardeaux ?

Oui, elle était plutôt soulagée. Mais pourtant, quelque chose la faisait se sentir mal à l'aise. Le regard plein de dévotion et de gratitude de cette fille. Ses yeux remplis d'espoir. Elle avait l'impression d'être plus qu'une humaine à ses yeux. Pourtant elle n'avait rien fait de plus que de la frapper pour lui remettre les idées en place, la menacer, et presque la tuer de sang froid. Aälana n'aimait pas ça. Ce n'était pas de la peur, mais plutôt une sorte de sentiment désagréable qui lui collait à la peau. Elle ne laissa évidemment rien paraître devant Nausicäa, comme à l'accoutumée. Au lieu de ça, elle exprima quelques pensées sélectionnées parmi tant d'autres.



-Tu t'es sauvée toi-même. Mais si un jour, tu attends des excuses de ma part pour t'avoir frappée, tu ne les auras pas. Peut-être même nous ne nous reverrons plus jamais, partant dans des horizons différents. Toi dans tes périples et moi dans les miens. N'essaie jamais de me retrouver, où tu te perdrais à nouveau. Et si un jour, nos chemins se croisent à nouveau, eh bien, c'est que le destin en a voulu ainsi, et si le changement en toi a opéré ce jour-là, je t'accueillerais à bras ouvert et qui sait, t'inviterait peut-être à boire un verre dans une Taverne. Mais n'en sois pas si certaine.


Aälana se demandait pourquoi elle avait prononcé ces mots. En temps normal, elle serait partie sans rien dire.
Surprise elle-même par son geste de tendresse inattendu, Aälana serra la fille dans ses bras, caressant gentiment et avec douceur ses cheveux doux blancs, mouillés par la pluie qui commençait à faire rage. Orageuse et folle un instant plus tôt, elle ne semblait maintenant que brisée, petite, et faible. La jeune femme taciturne n'avait pas pu résister. Elle ferma les yeux et posa son menton sur la tête de Nausicäa, songeuse. Ainsi donc, elle était capable de montrer de l'affection à des gens autres que sa mère, sa soeur et son meilleur ami. Voilà une nouvelle fort intéressante qu'elle essayait d'assimiler tant bien que mal. Puis elle frissonna. Elles étaient trempées, mais Aälana se moquait bien d'être mouillée, malgré le danger pour la santé.
Elle resta ainsi pendant l'espace d'un quart d'heure, silencieuse.

Puis aperçu une créature voler non loin de là, sentant aussi une aura quelque peu menaçante. Avec rapidité et fluidité, Aälana saisit un de ses poignards, à l'affut, sans lâcher Nausicäa.
Allaient-elles être attaquées ?
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Aventure #14 écrite Ven 25 Oct - 11:18

Nausicaä baisse la tête, regardant le sol où ses larmes se mêlaient à la pluie devenue torrentielle. Entendre des excuses ? Pourquoi donc voulait-elle entendre des excuses ? La jeune fille étaient encore trop secouée par les faits récents qu'elle ne pouvait plus réellement réfléchir. Elle laissait son corps se mouvoir seul, par la volonté des émotions et de l'instinct.

- Tu sais, demander des excuses alors que c'est à moi d'en proférer est purement idiot.

Un faible sourire nait sur ses lèvres avant de disparaitre totalement à l'entente d'un grognement effrayant. Elle relève soudainement la tête et se crispe en attrapant Alana. La peur se lisait dans ses yeux, la peur et la haine d'être en face d'un être si... abjecte !
La jeune femme serre plus fort l'inconnue tout en priant, elle ne savait pas qui, pour que cette chose ne la tue pas.

Elle savait bien qu'il était sont invocation mais elle n'était plus certaine de rien. Allait-il l'assassiner, tout comme ses parents ? La vision d'horreur ressurgit après tout ce qu'elle venait d'endurer pour l'oublier. Faible de ses émotions, elle tombe à genoux, une main devant la bouche, empêchant les faibles rations de nourriture qu'elle venait d'avaler de sortir. Son estomac se tordait en une crampe douloureuse.

Faible, elle était trop faible pour vivre dans ce monde cruel. Elle faisait une rechute. Quelle drôle de situation, elle qui venait de surmonter ses craintes, ses peurs, voilà qu'elle retombait dans les profondeurs de l'abîme de ses sentiments.
Relevant difficilement la tête, elle plonge ses yeux rouges dans ceux de la gigantesque créature.

Faible, elle était faible mais sa haine l'aidait à surmonter tout cela, les feux de sa haine lui donnaient la force de prononcer ces mots, cruels mais reflétant tellement bien ses blessures:

- Hasmaël, s'il te plait, meurs.

Puis elle rit tout en toussant comme si elle allait cracher ses poumons. La pluie faisait rage, et elle commençait à attraper un mal qui n'allait pas être facile à soigner.
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Et le vent soufflait, et la mer chantait...

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