N'entrez pas !

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Orptah
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Aventure #1 écrite Mer 6 Mar 2019 - 16:50

Plic-ploc… Plic-ploc… RAAAAAH. Je vais tuer cette humidité qui goutte inlassablement dans un coin hors de ma portée mais pas hors de mon ouïe. Je DÉTESTE l’humidité. Ca me défrise les poils. Bref. Mon épreuve.

En fait je n’y ai pas vraiment réfléchi. Il n’y a rien sur ma porte. C’est une grande porte en bois, comme tant d’autres, rien qui ne laisse imaginer la magnificence de ma personne. Pour les plus attentifs, peut-être une légère odeur de putréfaction qui suinterait de derrière la porte, de l’intérieur de ma cellule donc, vu la pile de corps en décomposition dans le coin gauche immédiatement à l’entrée. Pour moi, ils ne sentent rien, c’est la moindre des choses de ne pas m’embêter alors même qu’ils sont morts.
Enfin, la taille de ma cellule et son contenu importe peu puisque, à peine passé le pas de la porte, vous voilà projetés dans un désert sans fin.

Le soleil est haut dans le ciel et bientôt il vous cuit littéralement sur place. J’espère pour vous que vous avez de quoi vous protéger des insolations sinon votre tour arrivera vite d’aller vous empiler, vous aussi, sur le tas de l’entrée. Au pire, vous faites bien comme vous voulez, je m’en fiche. Au contraire tiens, mourrez, que je puisse poursuivre ma sieste.
Le soleil tape et le sable est bouillant sous vos pieds. Les midinettes qui n’ont que des petites sandales ou des chaussures de pimbêches avec une feuille de cigare en guise de protection, adieu la pédicure, bonjour les orteils comme des saucisses éclatées trop cuites !
Un vent brûlant vient vous tanner la peau du visage, pour vous faire vite comprendre que vous n’êtes pas les bienvenus ici.
Et pour couronner le tout, puisque je suis vraiment trop sympa - c’est de l’ironie, hein, au cas où vous ne vous en douteriez pas, vu le niveau intellectuel… -, une soif dévorante vous prend à la gorge. Vous êtes altéré, la bouche pâteuse, la sensation va vite devenir insupportable. Et oups, vous aviez à boire à votre entrée ? C’est bête, la flasque a dû tomber en entrant, parce que là, vous n’avez plus rien du tout.

Bref. Devant vous, le désert, derrière vous, le désert. Partout du désert. Si vous voulez mourir, restez là et attendez votre heure, je n’aurais aucune pitié. En avançant en revanche, vous avez peut-être une chance, peut-être. Si je suis de bon poils. Et autant vous dire qu’avec cette fichue goutte d’eau, votre survie est sérieusement compromise.

Après une minute, une heure, trois jours, cinquante ans à marcher - qui saurait dire, depuis le temps, vous avez sûrement perdu la notion du temps, c’est balaud -, vous apercevez au loin un mirage. Celui-ci dépend de votre état d’esprit, et… Aussi un peu de votre chance, il est vrai.
Si vous avez beaucoup de bol, c’est une oasis. Une belle et grande oasis, avec un gros lac, des palmiers… De quoi vous mettre bien le temps de voir arriver la suite. A condition que ça ne soit pas un mirage.
Si vous avez pas trop de bol, c’est juste une grotte. Une ouverture sombre et fraîche dans le sable qui vous permettra sans doute de vous poser et de souffler. A condition que ça ne soit pas un mirage. En l’explorant, si vous avez du bol, vous trouverez peut-être un cadavre en état de décomposition bien sale qui aura sur lui… Une gourde avec de l’eau ! Si vous êtes pas cocu, rien, du tout, c’est bête.
Si vous êtes clairement mal loti, votre mirage, c’est un petit groupe de bandits patibulaires et armés jusqu’aux dents. Pour le coup, si c’est un mirage, c’est plutôt une bonne chose. Sauf si vous étiez prêt à en découdre. Si les assaillants sont réels, bingo, jackpot, si vous réussissez à vaincre, cinq gourdes d’eau fraîche gratuites, si c’est pas la classe ça.

Ensuite c’est la nuit, vous vous pêlerez le jonc, parce que la nuit il fait froid dans mon royaume, c’est comme ça.

Le lendemain, que vous ayez dormi ou non, rebelote, mais cette fois, le désert est de pierre. Quelques cactus, le soleil écrasant, le vent chaud, la pierre inégale et coupante sous vos pieds… Et bon, vous gardez votre eau, j’suis pas un tyran - enfin pas trop-.

La suite… Bah, survivez déjà jusque là et on verra.

Spoiler:
 


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Aventure #2 écrite Mer 6 Mar 2019 - 18:43

N'entrez pas !

Feat Orptah


L'oiseau avait pris son envol, mais ses ailes étaient encore bien trop petites. Minuscules, elles peinaient à protéger ses deux compagnons ; et lui-même.

Il faisait chaud. Vraiment chaud. Loin était le climat enneigé qu'il chérissait tant, cette froideur qu'il pouvait défier sans crainte. Le désert était son pire ennemi et le voilà qu'il tentait de le défier, maladroitement. Bryne, accompagné de ses deux équipiers, avaient rejoins une caravane de marchand voyageant en direction de Lüh. Là-bas se trouvait leur première mission en tant qu'escouade du Keiser, en tant qu'espion. Descendant tranquillement de Rorn, ils devaient faire une escale Al-Hazred. Il s'en voulait de ne pas avoir pris la mer ; tout aurait été plus simple. Sa peur de l'eau ? Une goutte d'eau face à tout cela. Le jeune homme profitait cependant. C'était la première fois qu'il quittait son nord, sa région et ses habitudes, qu'il voyait de nouveaux paysages et faisait face à l'inconnu. Il ne pensait pas le désert aussi chaud, ni les montagnes qu'il avait vu avant si verdoyantes. S'il ne perdrait guère ses objectifs de vues, il n'allait pas se priver d'apprécier le moment présent.

Après de longues heures de voyage sans mauvaise rencontre, la caravane arriva au petit village niché sous la roche. C'était là encore une découverte plus qu'étonnante. Malgré le soleil rayonnant au dessus de lui, il y faisait plutôt frais. C'était agréable, finalement, le désert.
Le convoi repartant le lendemain, lui et sa troupe allaient pouvoir faire un peu de tourisme. Ici, ils n'étaient que de simples chasseurs d'Heilan, un groupe d'amis voulant rejoindre la capitale et ses folles aventures. Peut-être trouverait-il un souvenir à rapporter à sa soeur. Malgré tout, qui dit tourisme, dit passage au temple d'Ignis. Se recueillir auprès d'une des créations des Quatre était une chance qu'il n'allait guère laisser s’échapper. Peut-être que la traversée du désert passera plus vite grâce à cela.

Prévenant Ténès et Wheein de son détour au temple divin, le nordien s'y dirigea, impressionné aux premiers abords par sa taille. La fraîcheur de la ville semblait s'envoler, englouti par la chaleur semblant émaner du lieu. C'était agréablement dérangeant. Il avait toujours aimé ce genre d'édifice, même s'il n'était rien de plus qu'une prison. Si les Quatre avait construit cela et laissait les hommes y avoir accès, c'est qu'il y avait une bonne raison. Enfin, sûrement.

Il passa la porte principale du temple, s'enfonçant sans vraiment y réfléchir à travers ses couloirs. Ces invocations, comme on les appelait, il ne s'y était jamais vraiment intéressé. Il en avait croisé quelques unes, au village, avait combattu aux côtés d'autres, lors de sa jeunesse. Il ne s'était jamais cependant pensé assez fort et digne pour être lié à son tour à une divinité. Mais aujourd'hui, alors qu'il réalisait qu'il avait grandit, qu'il avait enfin la possibilité d'arpenter les contrées d'Arcane, avait-il ne serait-ce qu'un peu évolué ? Il se rendait compte qu'un humain était faible face au monde. Il était pourtant bien entouré. Mais il avait assez grandi pour savoir que cela ne serait jamais suffisant.

Bryne s'arrêta devant une porte de bois. Finalement, il ne pouvait faire qu'une chose.

Lorsqu'il passa le pas de la porte, il n'eut guère le temps de se rendre compte d'où cette odeur de mort provenait. Pris par surprise, il se fit projeter sur du sable chaud. Le jeune homme en tomba à la renverse, n'étant vraiment pas habitué à ce genre de tour. Était-ce donc là l'étendu des pouvoirs d'une divinité ? Ce sable, il ne l'avait pourtant pas vu en rentrant. Il n'y avait pourtant que ça. Tout autour de lui, un océan doré.

Bryne se redressa, ayant quelques difficultés à reprendre contenance. La chaleur environnante l'étouffait déjà, et presque il avait l'impression que ses cheveux pouvaient prendre feu d'un instant à l'autre. L'heure n'était pas aux réflexions inutiles. S'il ne savait guère dans quoi il venait de mettre un pied, il serait forcé de le découvrir. Il allait se débrouiller, comme à son habitude, n'est-ce-pas ? Sans attendre plus longtemps, il sortit sa cape de voyage et l'enfila, surtout pour couvrir sa tête. Et il se mit à marcher, faute de mieux.

Lentement, vraiment lentement. Chaque pas devant l'autre, se forçant à se tenir à une direction aléatoire. Il essayait tant bien que mal de lutter contre ce vent lui fouettant le visage, étouffant. Sa gorge était sèche et déjà, cette sensation de soif désagréable ne le quittait pas. Il commençait à comprendre d'où venait cette odeur. Au nord, on la connaissait bien. Si nous n'étions pas le plus fort, voilà ce qui nous attendait. Peut-être était-ce le cas, ici aussi. Il allait devoir être plus fort que ce désert. Sa gourde lui revint alors à l'esprit. Voilà qui l'aiderai sûrement ! Sa main alla jusqu'à sa ceinture mais ne toucha que le vide.

« C'est pas possible... Je suis vraiment idiot. »

D'avoir osé défier une divinité, ou d'avoir oublié sa gourde, il ne le savait pas vraiment.

Ce jeu dangereux de survie, il ne su combien de temps il dura. Des heures sûrement. Il avait posé de nombreuses fois le genoux à terre, à bout de souffle. Mais à chaque fois, il avait réussi à repartir ; le sable était trop chaud pour que son genoux s'y pose trop longtemps. Il soupira. Wheein, elle allait sûrement lui passer un savon s'il revenait vivant. Il avait cependant presque abandonné cette idée. Aah, Ténès, son cher ami, il allait devoir prendre soin d'elle, sa mission s'achevait ici... Son regard se posa sur une forme, au loin. Elle se détachait de l'horizon, de ce doré omniprésent. Le nordien s'essuya le front, n'en revenant pas et, poussé par l'envie de survivre, n'hésita pas une seconde et changea de direction.

Ce qu'il avait vu ne semblait pas être un mirage. Un rocher se détachait des dunes. Il ne pu en être sûr cependant que lorsque sa main se posa contre la pierre brûlante. Il y avait une ouverture. Il s'y engouffra, bénissant cette fraîcheur contre son corps bouillant. Il se défit de sa cape de voyage, de son armure, se laissant tomber au sol, à bout. On lui avait raconté toutes sortes d'histoires, concernant l'épreuve des divinités. Des épreuves intellectuelles, de force, d'agilité. Mais pas vraiment de survie ; ce qui était un peu plus logique, puisque lorsqu'il s'agissait de survie, c'était déjà un peu plus compliqué de revenir pour en discuter. S'il sortait d'ici, il raconterait ce souvenir dans son futur livre.

Après un moment à faire le mort dans la pénombre qu'offrait la grotte, Bryne se redressa,  décidé à l'explorer un peu. Il n'y avait que cela à faire et, il y avait de nouveau cette odeur inquiétante. Sans source de lumière, il marcha à tâtons, puis tomba sur la source de cette odeur puante. Lui qui était arrivé jusqu'ici, il était dans un piteux état. Sans vraiment y réfléchir, le jeune homme traîna le cadavre jusqu'à l'entrée de la grotte. Ce n'était pas vraiment pour le contempler, ni dans l'optique de prendre sa place.

On lui avait appris à respecter les morts. Quelqu’en soit la raison, chacun méritait au repos. Bien vite, son oeil repéra la gourde qui était accroché à ce qui restait de son équipement. Lorsqu'il la bougea du bout de son pied, elle semblait être remplie. Face à sa soif, Bryne hésita. Les Quatre regardaient cependant. Dépouiller un cadavre, tout de même, cela ne se faisait pas. Il détacha de son armure son épaulière, cela l'aiderait sûrement. A quelques pas de la grotte, il se mit alors à creuser le sable. Il faisait de nombreux aller-retours entre la grotte et son petit trou, ne voulant souffrir de la chaleur du désert trop longtemps. Pas vraiment profond mais assez large, après un long moment, il termina enfin. Il plaça le corps dans le trou, et le recouvra. Il était maintenant entre les mains de Terra, même si ce n'était qu'illusion, ici.

« Tu seras un peux mieux là... »

Il commençait à parler tout seul, là, vraiment, cela n'allait plus. En plus, il sentait encore l'odeur du cadavre d'ici. Il aurait dû l'enterrer plus loin. Tant pis.

Il ne trouvait cependant pas le temps si long, assit ici. Il n'allait pas se tuer inutilement en ressortant sans avoir un petit plan. C'était un endroit calme. Bryne n'avait pas souvent le temps de se poser ainsi, à ne rien faire. Il avait mangé le peu de provision qu'il avait sur lui, mais rien qui ne pouvait contenter sa soif. La faire oublier, tout au plus. Maintenant qu'il avait trouvé un abris, il pouvait se permettre de réfléchir un peu plus à la situation. Il était dans l'épreuve d'une divinité, qu'il n'avait guère croisé pour le moment. Il y avait un désert sans fin, une grotte. Qu'attendait-il de lui ? Est-ce qu'il le regardait, en cet instant ? Ses paupières se fermèrent, doucement. Pour une fois ce n'était pas l'anxiété qui lui faisait penser à mille choses. Il avait envie de découvrir ce qu'il se passerait, après.

Faute de pouvoir repartir sur l'instant, fatigué et cherchant une solution à ce soleil trop pesant, Bryne vit la nuit tomber, peu à peu. Là était peut-être la solution. Sa peau frissonnante le hâta de se rhabiller, s'enveloppant dans sa cape. Le froid était plus mordant que celui de son nord, plus menaçant. Le jeune homme était cependant plus habitué à ce genre de température, ce qui le motiva à se relever et à quitter son abris de fortune. Peut-être avancerait-il plus facilement que sous l'astre solaire. Il rassembla ses maigres affaires, et parti. Il devait avancer.

Il faisait vraiment froid. Le désert n'avait toujours pas de fin. Dans son dos, un petit point gris, la grotte. Peut-être qu'en allant au nord de celle-ci, il trouverait quelque chose d'autre. Au moins, il s'était un peu habituée à sa soif, même s'il savait que passer un ou deux jours de plus comme cela et il suivrait les pas de l'homme qu'il avait enterré. Chassant cette pensée de son esprit, il continua le petit tracé qu'il laissait dans le sable.

Le jour se leva, et avec lui, le paysage changea. Un clignement et le sable avait été remplacée par de la pierre. Un nouveau four, un peu décoré avec quelques plantes inconnues. Bryne n'en revenait pas, la magie des Quatre était vraiment étonnante. La pierre était inégale sous ses pieds, il manqua de tomber à plusieurs reprises. Heureusement que ses bottes étaient assez épaisse, il ne payait pas cher de sa peau si elle se frottait à la roche. L'épreuve d'endurance recommençait, alors qu'il avait déjà une journée de marche dans les pattes.

Il ne perdit cependant pas cette envie de survivre, celle qui l'avait animé jusqu'alors. Il avait aussi envie de voir cette divinité qui habitait cet endroit.

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Ezelya Kor'lenter
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N'entrez pas ! C04o Pierres de télépathie (Valion et Nagah)

N'entrez pas ! 5rzl Dessolation (encore une charge)


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Aventure #3 écrite Mer 6 Mar 2019 - 19:57



Ezelya caressa la porte du bout des doigts et se tourna vers Valion, qui avait ralenti le pas en la voyant s'arrêter.

《 Celle-ci? 》

En soit, la porte n'avait rien de bien particulier. Une porte en bois, comme la plupart de celles qu'on pouvait trouver au Temple, et de laquelle s'échappait une vague odeur de décomposition. Ça lui rappelait Nagah, pour ne pas mentir, et lui donnait envie de pousser la porte.

Elle laissa son regard parcourir le couloir, en se demandant quelle épreuve pourrait lui apporter la victoire, à la fois sur leur pari idiot et sur une déité, et en vint à la conclusion que de toute manière, elle n'en avait aucune idée. N'importe quelle porte valait aussi bien qu'une autre, et au final quand bien même elle gagnait un demi-dieu, Nagah serait le dernier juge. Elle jaugea la porte un instant, comme un ennemi potentiel.

《 Et quelle idée, aussi, de venir au Temple du feu. Je vais me retrouver avec un boulet dans l'équipe dès qu'on mettra un pied sur le bateau. 》


Elle avait lancé cela avec un sourire en coin. Quand bien même ça aurait pu être vrai, elle s'en fichait pas mal. Son regard retrouva celui de Valion et une lueur de défi s'y alluma. En d'autres circonstances, elle n'aurait rien eu à faire de l'issu de l'épreuve, mais il y avait un pari à gagner. Quand Valion était revenu de l'île et qu'ils avaient pu parler, le sujet des affiches était, évidemment, arrivé sur le plateau. Ezelya avait tenté de lui expliquer qu'elle pouvait se défendre, qu'elle était masquée, et qu'il n'y avait rien à craindre, mais rien à faire. De là, son idée initiale d'aller passer une épreuve ensemble s'était transformée en course à "qui aura le dernier mot", et quand bien même elle était un tantinet énervée que Valion ne comprenne pas les risques de son métier, elle devait avouer que c'était amusant. Si elle gagnait, elle pourrait aller gambader librement sur la Reine et continuer à embêter le Prince. Si elle perdait, adieu le danger, elle devrait au moins faire plus attention.

Sans attendre de protestations, elle poussa la porte et le tira avec elle, décidée à ne pas perdre une seconde de plus. Arriver jusqu'ici en variquan avait été un voyage sans réels dangers et elle avait même appliqué cette paumade contre la chaleur qu'ils avaient acheté à Al-Hazred pour ne pas brûler. En somme, elle n'avait même pas pu profiter de l'excitation d'un voyage dans le désert, avec la soif lui étreignant la gorge et la chaleur lui brûlant la peau.

Quoique, rien qu'à demander et la voilà servie, apparemment.

Dès qu'ils eurent mis les pieds dans la cellule, l'endroit se transforma en désert aride, et la fameuse soif vint l'agresser directement, tout comme la chaleur. Elle la sentait, quand bien même elle en était encore protégée pour un petit moment, et elle apprécia la vue des semelles de ses bottes quand des bouts de celles-ci se mélangèrent avec le sable. La chaleur devait les avoir fait fondre.

Un petit rire rauque lui échappa.

《 Tu vois! Quand je disais "expédition dans le désert", c'est de ça que je parlais ! 》


Et elle offrit une grimace à Valion. Elle voyait bien qu'il ne prenait pas les événements sur le même ton qu'elle, et elle prit sur elle pour ne pas se moquer de ses inquiétudes. Bien sûr, ils risquaient d'y passer, et elle découvrait avec étonnement que la perspective ne lui semblait pas aussi excitante qu'à l'habitude. Plus calme, elle posa une main sur l'épaule de Valion pour le rassurer. C'était dur de paraître responsable quand elle avait l'impression d'être une enfant laissée seule dans un magasin de bonbons, mais bon. Elle réprima l'excitation d'une nouvelle aventure dangereuse (et en bonne compagnie) et laissa son côté plus... humain... prendre le dessus.

《 Ne t'en fais pas! On a encore des réserves d'eau, non? On a qu'à marcher dans une direction fixe, on finira bien par trouver quelque chose. 》


Et dans un mouvement plein de bonne volonté, elle se mit en route droit devant eux, le pas plein de détermination. La voix de Valion l'arrêta à peine quelques pas plus loin et elle se tourna, intriguée par... l'horreur ? Qu'elle y décelait. Son compagnon l'informa que si eau ils avaient et bien... ils n'en avaient plus. La jeune femme fronça les sourcils, certaine d'avoir mis une gourde dans son sac, qu'elle fouilla pour un instant. Rien. Il n'y avait plus aucune gourde. Elle leva les yeux au ciel et se remit en route.

《 Alors on a plus d'autres choix que de marcher. 》

Et pour marcher... Ils marchèrent. Des minutes, des heures, des jours? Des années? La stupide paumade avait arrêté de fonctionner très peu après le début de leur marche, et la soif ne faisait qu'empirer les choses. Ezelya avait abandonné ses bottes après ce qu'elle avait estimé être les la première heure, préférant se brûler les pieds au troisième degré sur le sable et sentir le vent qui les poussait en arrière sur sa peau. Les paroles échangées s'étaient faites rares, et au final c'est en silence que se déroula leur expédition. L'endurance discutable de la pirate s'était fait sentir, la forçant à ralentir le pas, mais sa stupide fierté la maintenant au moins à la hauteur de Valion. Du moins elle en avait l'impression.

Et puis finalement, après ce qui lui avait semblé une éternité, deux images se dessinèrent devant eux. De son côté, elle aperçut une grotte en premier, perdue dans le lointain, mais qui offrait une ombre salvatrice. Puis Valion lui indiqua une oasis plus loin, et elle s'accorcha à lui pour ne pas tomber à terre à cause du soulagement. ENFIN DE L'EAU! Elle s'élança, revigorée, puis s'arrêta tout aussi vivement.

《 Attend, attend, c'est peut-être un piège. Pourquoi est-ce qu'un demi-dieu qui veut apparemment nous tuer nous donnerait de l'eau? 》

Elle se retourna vers Valion et revint vers lui, abattue par cette réalisation.

《 Mon cerveau s'est transformé en bouillis. Tu penses qu'on devrait aller où? 》

Elle accompagna sa question d'un regard interrogatif. S'il y avait bien une chose sur laquelle Valion avait l'avantage, c'était sa capacité à penser pour les garder en vie. Son sens de la stratégie? Enfin, peu importe, c'était utile et il y excellait, là où elle se retrouvait généralement à toujours faire les mauvais choix. Encore une fois, elle remit son destin entre ses mains.  


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Valion Lameblanche
Valion Lameblanche
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Aventure #4 écrite Jeu 7 Mar 2019 - 20:31

N'entrez pas !
Épreuve de Orptah, avec Ezelya
Mais quelle idée ! Valion se mordit discrètement les lèvres. Si sa fierté avait redoublé d'ardeur à la vue de l'immense silhouette du Temple du Feu, elle n'était plus aussi assurée maintenant qu'ils s'y enfonçaient. Sans un mot, il s'était engagé dans le dédale de couloirs en pierre à la suite d'Ezelya. Les portes défilaient devant ses yeux grisés par le manque de luminosité. Laquelle réussirait à les départager ? Laquelle serait leur tombeau ?

La jeune femme en désigna une. Ce serait donc celle-là, visiblement. Prenant une longue inspiration, il acquiesça avec énergie. Il avait beau s'inquiéter, il était hors de question qu'il se défile à présent. Raisonner Ezelya et délivrer un demi-dieu étaient des raisons amplement suffisantes, qui engendreraient des conséquences auxquelles il aurait dû mieux réfléchir. Slavko serait probablement ravi de faire la connaissance de l'un de ses cousins, Ruinn, en revanche... Valion retint un grognement.

Mais la réplique de sa capitaine lui arracha l'ombre d'un sourire. Elle savait toujours comment alléger ce poids invisible qu'il portait sur ses épaules. Ses pensées s'égarèrent un instant, ravivant les souvenirs de ses deux passages ici. Quoiqu'il en dise, Valion n'avait jamais eu autant l'impression d'échouer dans sa vie qu'en cet endroit. Il n'avait pas respecté la volonté du maître-forgeron, et n'avait su être à la hauteur du libérateur de Sarabi. Toute son affection pour Layane et le terrible désert Ambré s'arrêtait aux portes de cette bâtisse ancienne, foulée par les mortels et suicidaires qu'ils étaient.

Oui, ils n'étaient pas simplement ici à cause d'un pari. Tous deux savaient pertinemment quel goût se trouvait dans l'adrénaline d'une épreuve, et dans la puissance d'un demi-dieu. Partant du principe qu'ils sortiraient en vie, si Ezelya convainquait cet enfant divin de s'engager à ses côtés, il n'y aurait que davantage de morts. Valion tirait de ce sombre constat une motivation supplémentaire.

Aussitôt la porte ouverte, il fut précipité à l'intérieur, épousant le choix de sa chère pirate. L'odeur de la mort, pas encore familière, le saisit pleinement. Puis il embrassa du regard l'intérieur magique de la cellule. Ils avaient quitté le désert pour le retrouver. La chaleur, le vent, la soif, tout était plus intense et alourdissait son corps comme son esprit. Son regard se porta immédiatement sur Ezelya pour s'enquérir de son état. Il ignora sa boutade, cherchant plutôt à savoir si ce n'était qu'une façade ou si elle trouvait réellement du positif dans leur situation. La grimace ne l'aida guère à trancher.

Rasséréné par ses propos plus sérieux, il sourit avec douceur et confiance. Pas en leur situation, mais en elle. Elle se mit en marche, et il entreprit d'attraper sa gourde pour apaiser leur gorge sèche. Valion fronça les sourcils. Il avait beau chercher, -et se souvenir pertinemment de la présence de l'objet, il ne parvenait à le trouver dans son sac sans fond. Il s'acharna avec vigueur, et retourna même le sac, dont rien ne sortit.

« Par les Quatre... » Il soupira, aussi tendu qu'inquiet. L'air lui brûla la gorge et il toussota. Ses yeux perçurent le bleu glacier qui l'observait avec surprise. « Je ne trouve pas ma gourde, ce n'est pas normal. Je crois que nous n'avons plus d'eau. »

Malgré cette perspective dramatique, sa détermination s'intensifia. Celle d'Ezelya aussi. « Oui. Avançons. »

Ils s'engouffrèrent dans la gueule de ce désert vorace, ensemble. Le chasseur retira son armure de cuir qu'il fourra dans son sac. Les effets de la potion de Dessolation s'étaient sans doute estompés depuis le temps. Le temps, une mesure insaisissable devant le nombre de grains qui s'accumulaient sous leurs pas. Ses bottes de cuir renforcé tenaient le coup, mais ses pieds cuisaient à l'intérieur. Quand Ezelya abandonna les siennes, le chasseur protesta. Il n'obtint pas gain de cause mais put enrouler ses pieds dans des bandes de tissu. Chacun s’accommoda du silence de l'autre, afin d'économiser leur précieuse énergie.

Le corps toujours plus lourd, la gorge tellement sèche qu'il pouvait parfois sentir le goût du sang, Valion persistait à s'enfoncer vers une mort certaine, ou un espoir salvateur. La jeune femme à ses côtés ralentissait sensiblement la cadence, mais insistait pour ne pas perdre du terrain. Il glissa doucement une main dans son dos pour l'encourager. « Allez. » Les Quatre pouvaient s'occuper de sa fierté.

Depuis combien de temps marchaient-ils pour défier leur sort ? Pour plaire à leur hôte ? Réduit au minimum de ses fonctions, le soldat avançait de plus en plus bêtement, puisant dans son entraînement, parfois en vacillant. Puis soudain, enfin, il discerna une oasis au loin, avant de voir que sa compagne avait déniché une grotte. À la demande d'Ezelya, il fit un immense effort pour tirer son esprit des brumes où la chaleur oppressante l'avait poussé. La respiration bruyante, Valion se redressa et cligna des yeux, faisant appel à toute la concentration qu'il lui restait.

« À l'oasis, nous serons certains de trouver de l'eau. Enfin... » Cela pouvait parfaitement être une divine illusion. La grotte aussi, tout compte fait. « Han. Et bien. » Il était tellement déshydraté que sa voix en était affaiblie. « La grotte pourrait nous abriter de la chaleur. Mais, si on se fait attaquer... on sera rapidement en difficulté. Et puis, si cet enfant divin voulait juste nous tuer, il l'aurait déjà fait. »

Valion était un homme plein d'espoir, et la surface lisse du petit lac au-devant charmait ses sens avec facilité. Tout son être se languissait de ce point d'eau, et s'effondrerait s'il s'avérait être une bête illusion. S'assurant que la décision était considérée comme prise, il observa Ezelya un instant avant de s'avancer. Il trébucha, une fois, peut-être deux, mais atteignit l'oasis en vérifiant qu'il était suivi. Il hésita, puis plongea les mains dans l'eau. Le liquide coula entre ses doigts lorsqu'il les releva.

Le jeune homme éclata d'un rire aussi joyeux qu'incrédule. « C'est réel ! »

Il n'y avait aucun doute. Il n'aurait jamais pu imaginer une telle fraîcheur quand son corps trembla de chaud en avait oublié tout souvenir. Valion but tout son saoul et s'aspergea le visage. Soulagé et repu, il chercha le regard de la pirate, et rebondit sur sa bravade. « Le désert, c'est quand même mieux avec de l'eau non ? »

Valion soupira avant de s'étaler au bord du lac. La mer de sable ne les avait pas englouti. Le soleil, déclinant depuis un moment, cédait peu à peu ses couleurs chaudes pour le froid de la nuit. Reposant à l'ombre d'un palmier, il sentit le changement de température arriver progressivement avec le vent. Il remit son armure, vérifia l'état des bandages d'Ezelya, et commença à creuser le sable. Sous le regard étonné de sa capitaine, il répondit :

« Il est encore chaud. Mieux vaut en profiter le plus possible. »

S'enterrant jusqu'au torse, il invita la jeune femme à venir auprès de lui pour passer la nuit, et sortit sa cape de laine pour les couvrir. Il faisait froid, mais pas autant que dans la cellule du Dragon blanc, qui avait bien failli le geler sur place. Valion peina à trouver le sommeil. S'il évitait de trop bouger pour ne pas incommoder la pirate, ses sens le maintenaient aux aguets, malgré sa fatigue. Il était trop méfiant et inquiet pour baisser sa garde. Et se faire surprendre dans leur état de faiblesse ne leur laissait que peu de chances.

Le lendemain matin lorsqu'il se réveilla d'une maigre heure de repos, ses paupières étaient lourdes, et ses cernes creusées. Il espérait seulement qu'Ezelya avait passé une meilleure nuit.

Étrangement il avait mal au dos. Comme si le sable sous lui avait cessé de s'adapter à la courbe de son dos. En ouvrant les yeux, Valion découvrit que la pierre recouvrait désormais toute l'étendue déserte qui les entourait. Le visage ébahi, il contempla les environs.

« D'accord. C'est nouveau. »

Des pierres ciselées et sans aucun doute tranchantes. Un autre défi.

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“ Bien que tu ne sois pas mon Libérateur pour cette vie, tu n'en mérites pas moins mon estime. ”
- Si tu veux apprendre à contrôler ta rage, apprends déjà la patience.
« Merci de ne pas vouloir faire de moi un prisonnier à nouveau. »
« Que les leçons apprises ici et votre bienveillance jamais ne vous quittent. »
《 Je te veux à mes côtés, Valion. 》

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Aventure #5 écrite Lun 18 Mar 2019 - 17:07

J’en avais plus qu’assez de cette stupide épreuve. J’avais beau tuer tous ceux qui entraient, il en arrivait toujours d’autres, à croire que ces bipèdes n’avaient strictement aucun instinct de survie. J’aurais dû penser à accrocher un écriteau sur ma porte, du genre “Entrez et mourrez.”. Ca aurait peut-être aidé à ce que ces insupportables vermisseaux passent leur chemin.

Bref, en voilà un qui entre. Même pas deux secondes et il s’est déjà rendu ridicule. Je l’observe, caché dans ma dimension, loin de ce qu’il peut percevoir. Sa chute me fait ricaner en silence. Au moins il promet d’être un peu amusant lui. Pas comme d’autres, imbus d’eux-même et insupportablement irritant qu’en général je ne fais pas tenir plus de dix minutes avant d’aller les égorger moi-même.
Au moins il est un minimum équipé. Il se couvre. Il a les bases minimum de la survie. Un bon point pour lui. Et ensuite il se met à avancer. Au nom des Quatre qu’il est lent ! Insupportablement lent. J’ai envie de l’attraper par le bras pour le tirer en avant, quitte à le lui arracher… Je soupire lourdement, pas discret vu qu’il ne peut ni m’entendre, ni me voir.
Je ricane de nouveau quand il se rend compte que son eau a disparu. Je pose mon regard doré sur ladite gourde que je suis le seul à percevoir et sens un sourire machiavélique se dessiner sur mes babines. Oui c’est ça, souffre un peu, idiot ! Ca te fera les pieds pour être entré ici tiens.
Pourtant il continue, il tombe, et j’espère bien qu’à chaque fois ça sera la dernière et que je pourrais reprendre ma contemplation haineuse en silence, mais non, il se relève invariablement, faisant grandir ma frustration. Quelle tête de mule ! Ce n’est pourtant pas si compliqué d’abandonner et de me foutre la paix non ? Et bien non, il continue cet asticot. Je le maudis intérieurement et mes griffes sortent de mes coussinets, raclant le sol.
Et puis ensuite, il trouve la grotte. J’avais laissé plusieurs options mais c’est la grotte que son esprit a modélisé. Et son envie de vivre est tenace visiblement, puisqu’elle est bien réelle, cette fois. Je souffle mais ne conteste pas ce résultat. Mon épreuve est ainsi faite. Dure, mais pas impossible. Il suffit juste d’être plus obstiné que la grande moyenne. Celui-là semble tenir de cette catégorie de cloportes. Admettons.
Puis il découvre le cadavre. Et… Au lieu de prendre la gourde et de laisser l’illusion à sa place, il s’enquiquine à le traîner dehors et à lui creuser… Une tombe ? Et le pire de tout, c’est qu’il ne prend même pas l’eau ! Je reviens sur ce que j’ai dis, il est complètement demeuré celui-ci. Non seulement il gâche ses forces à creuser et en plus il gâche sa chance à ne pas profiter du rafraîchissement. Je me demande à quoi ça sert que je m’esquinte à faire une épreuve qui leur donne des chances, si c’est pour qu’ils crachent dessus comme ça. Ridicule. Ridicule et agaçant. J’ai envie de le tuer.
Mais bon. Il se tuera bien lui-même tout seul à prendre ce genre de décisions débiles. Je le laisse donc faire, en roulant des yeux, blasés. Au moins il aura réussit l’exploit de me surprendre.
Il reprit sa marche à la nuit tombée et dans la mesure où c’était malin, je me demandais alors s’il était vraiment idiot d’avoir laissé la gourde, ou s’il s’était cru obligé de le faire pour gagner mes faveurs. Je préférais de loin la première option. Quitte à choisir un raté pour tenter de retrouver Oum, autant qu’il soit amusant, à défaut d’être manipulateur.
Quand le décors changea, il manqua encore de se benner la couenne sur les arêtes tranchantes du désert de pierre. Cela me donna une idée qui me fit sourire de façon carnassière, encore. Bientôt viendrait le temps de le mettre encore à l’épreuve… Mais pour le moment, il allait marcher encore un peu.

Les deux autres, oui deux, parce qu’ils ont eu la bonne idée d’entrer ensemble ces corniauds, n’étaient pas franchement mieux. Ils étaient passés un peu avant, ou un peu après, cela importait peu. Bref, les voilà qui débarquent comme deux amoureux transis en voyage de noce en plein dans ma cellule. Quel manque de respect. On ne vient pas affronter un demi-dieu la fleur à la main bon sang. Je ne sais pas vraiment ce qui me retient de les exécuter sur le champs. Peut-être mon sadisme qui préfère les voir galérer et souffrir longuement avant de mourir de désespoir, n’ayant pu ni se sauver eux-même, ni l’être aimé.
La gonzesse, clairement, elle était typiquement le genre que je détestais. Faible mais qui se prétend forte, à tout prendre à la rigolade, faisant mine de ne rien craindre. Pfeuh. J’attendais avec impatience qu’elle déchante. Le type était déjà plus respectueux lui, plus conscient de la merde dans laquelle ils étaient.. Ca équilibrait un chouïa les choses alors je les laissais prendre la mesure de mon épreuve.
Autant la réaction du mec fut alléchante à la découverte de la peine de leurs gourdes, qui s’empilaient désormais à mes pieds, autant celle de la femelle fut décevante et agaçante. A peine un froncement de sourcils, puis un levage d’yeux au ciel. Qu’Ignis me pardonne si je les lui arrachait d’ici cinquante secondes. Ce n’était pas de ma faute si elle me faisait sortir de mes gonds. Ca aussi, c’était un exploit, et je n’étais pas certain d’apprécier son talent, à celle-là.
Mais enfin, au moins elle avait fini par se taire, tandis qu’ils marchaient. Et je sentis une nouvelle expression de joie sadique se peindre sur mes traits quand la femme enleva ses chaussures. La satisfaction fut de courte durée cependant car le mâle lui enroula des bandages autour des pieds. Pfff. Il était vraiment trop raisonnable celui-là.
Ils continuèrent de marcher et j’étais fort satisfait de voir la femme perdre de sa superbe au fur et à mesure qu’ils se perdaient dans mon royaume. Tiens sale vermine, vois comme la nature est bien plus puissante que toi et redescend un peu sur terre, ça te feras pas de mal. Non mais.
Quand ils avisèrent chacun leur salut, il fût évident que l’homme avait clairement plus envie de vivre que la femme. Ou bien il avait plus d’imagination. Quoi qu’il en soit, ils se dirigèrent avec quelques interrogations vers l’oasis. Pourquoi j’aurais tendu un piège idiote ? Mon épreuve entière en était une. Pfff. N’empêche que ça devait bien lui clouer le bec que l’eau soit réelle et fraîche. Je m’étais senti d’humeur généreuse… Ou alors j’avais envie que le type se tape son écervelée encore un peu plus longtemps, ça avait l’air de lui plaire de toute façon.
Ce mec-là était vraiment malin. Quand il creusa le sable pour les y enterrer, je ne fut qu’obliger d’approuver d’un signe de tête. Et oui. Lui au moins savait quel avait été mon rôle, pendant des décennies, même si aucun de ces bipèdes ridicules ne savait qui exactement veillait sur l’absoption et la restitution de chaleur des déserts. C’était rageant. Je n’attendais pas forcément de félicitations pour mon travail, puisqu’il me permettait d’être, mes ces choses qu’étaient les humains… Ils ignoraient tout sur tout, c’était vraiment des ratés. Je ne comprendrais jamais ce que les Quatre avaient voulu faire en les recréant ici, et surtout en les investissant du pouvoir de nous libérer. Ri-di-cu-le. Et injuste. Ma colère flamboya de nouveau.

Quand le jour fut levé, le désert de pierres tranchantes ne leur offrirait pas plus de répit que celui de sable brûlant. Le soleil leur taperait sur le crâne tout autant que la veille, et les cailloux arides ne laisseraient aucune chance à leur peau si fragile s’il s’avisaient de tomber dessus.

Après quelques heures supplémentaires à marcher là-dedans, ils se retrouvaient dans un goulot étroit, cerné de chaque côté de hautes pierres impossible à grimper. L’ombre relative du lieu leur donnera un peu de temps, et ils pourront même voir, à l’ombre d’un monolithe sur leur chemin, la forme d’un grand animal allongé sur le flanc dans de la pierre qui semble fondue. Si l’envie leur prend de gratter la première couche, il découvriront en-dessous une plaque de pierres précieuses, du quartz translucide et légèrement ambré.

Leur contemplation ne pourra pas durer cependant car tout à coup, un grondement secoue le sol, faisant craquer celui-ci de part en part, les déstabilisant. Au loin, juste en face d’eux, à l’entrée du goulot étriqué, une masse gigantesque leur fonce droit dessus. Elle va à toute vitesse et ne semble pas vouloir s’arrêter. Les humains sont beaucoup trop loin pour fuir en sens inverse et sortir du goulot sans se faire écrabouiller.
Là, plusieurs solutions. Fuir dans la grotte juste à leur droite, tenter de fuir quand même à pied, vers l’autre extrémité du ravin, ou tenter de grimper sur une des paroi.

Si vous choisissez la grotte… Et bien ma foi, d’autres surprises vous attendent. J’ai hâte.

Spoiler:
 


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Aventure #6 écrite Dim 24 Mar 2019 - 16:32



Avec un haussement de sourcil, Ezelya avait marqué son approbation de l'idée de Valion. Le sable restait chaud, effectivement, et elle ne pouvait dire qu'elle rechignerait à de la chaleur. Étant de loin la moins expérimenté pour tout ce qui touchait au désert, elle faisait confiance à son compagnon.

Après s'être rafraîchie, elle se glissa à ses côtés sous la couverture dorée. Pourtant, elle n'essaya même pas de dormir. Elle savait qu'une épreuve divine pouvait être des plus retords, et elle refusait de laisser Valion en danger en s'endormant. Et puis, elle avait tellement l'habitude des nuits blanches qu'elle se savait assez "endurante" pour ne pas trop en souffrir le lendemain. Dans le pire des cas, elle ferait des décisions stupides, mais cette fois elle avait quelqu'un pour lui tirer la manche et l'entraîner loin du pétrin. Alors c'est en observant Valion, qui lui non plus ne dormait pas, et elle s'en rendait bien compte juste à sentir ses muscles tendus, qu'elle passa la nuit. Ses yeux se fermaient à intervalles réguliers, mais elle refusait de s'endormir. C'était étrange, d'ailleurs, qu'elle en fasse un combat. Elle avait souvenir de bien des nuits où le sommeil l'avait évité, et il suffisait de cette respiration régulière sous elle, de cette présence... Pour qu'elle ne veuille que s'endormir. Valion avait décidément un drôle d'effet sur elle.

Finalement, sa résolution se perdit rapidement et elle s'endormit, sortant du sommeil plusieurs fois pour trouver Valion toujours attentif aux alentours. Elle lui aurait bien dit que son sixième sens les aurait réveillés en cas d'attaque, mais encore une fois, ces dernières semaines avaient un peu trop ressemblé à un rêve pour qu'elle fasse encore cent pour cent confiance à ses sens. Apparemment, deux ans de constante attention à chaque petit détail pouvaient disparaitre en quelques semaines.

Quand le lendemain pointa le bout de son nez, la pirate fut heureuse de découvrir des pierres. Lentement, elle se remit sur ses pieds et tendit la main à Valion. Son regard fit le tour des environs, et elle ramena ses cheveux en ordres dans une queue de cheval. Encore une fois, la chaleur accablante leur tombait dessus à la manière d'un marteau divin. Ce qui, en soit, n'était pas si loin de la vérité. Avant même de dire quoi que ce soit, la pirate prit un moment pour s'imprégner de la sensation de chaleur. Son corps surchauffait et de la sueur se créait déjà, et elle apprécia l'épuisement et la fatigue qui l'accablaient. Pendant juste quelques secondes, elle prit une grande inspiration et profita de ces sensations. Elle les savait désagréables, bien sûr, mais elle avait appris à aimer la douleur sous toutes ses formes. En quelques sortes.

Ezelya se tourna pour offrir un sourire à Valion.

《 Au moins le sol ne s'enfoncera plus sous nos pieds aujourd'hui. 》

Quand ils se furent remis en route, la jeune femme se rendit bien vite compte que la progression ne serait pas plus facile aujourd'hui qu'elle l'avait été la veille. Le soleil était un tueur en série et le terrain leur offrait nombres de difficultés. Plus elle avançait, et moins elle aimait le désert. Ou plus. Il fallait avouer que le défi était à sa hauteur, et au moins elle n'était pas dans la cellule d'un demi-dieu niais qui lui offrirait de planter des fleurs. Non, ici, elle savait que le prisonnier serait de la même trempe que Nagah, et cela lui donnait envie de continuer.

Encore une fois, elle se retrouva derrière Valion, le forçant à adapter son rythme de marche. Bien qu'elle ait refusé de se l'avouer la veille, elle voyait bien aujourd'hui qu'il lui faudrait travailler son endurance dans le futur. La chaleur la ralentissait, le vent infernal la repoussait... Cet endroit offrait une torture si différente de celle de la mer. Un opposé, et pourtant elle les sentait complémentaire. Cette terre aride avait des similitudes, dans son côté impitoyable, avec l'épouse qu'Ezelya s'était choisie.

Si elle avait pu devenir Capitaine, alors elle pourrait montrer à ce désert de quelle trempe elle était faite.

Après ce qui lui sembla une éternité, et où elle n'accorda que peu de paroles à Valion -elle économisait son souffle-, ils trouvèrent ce qui ressemblait à un col étroit. L'ombre fut bienvenue, et Ezelya sentit ses muscles se détendre considérablement. Ses bras se soulevaient difficilement et chaque geste était comme une lente torture. Elle avait déjà ressenti un tel niveau de fatigue, mais jamais à cause de la chaleur. C'était différent de tout ce qu'elle avait déjà pu connaître. Étranger et pourtant revigorant, d'une certaine manière. L'ombre était d'ailleurs encore plus revigorante.

C'est alors qu'elle aperçut une étrange forme cachée plus loin. Avec un regard interrogateur, elle commença à s'y diriger.

《 Regarde Valion. On dirait que la roche a fondue! 》

Sa main se posa contre la pierre au même moment où elle en remarqua la forme particulière.

《 On dirait un animal. Un animal mort et couvert de pierre fondue. 》

Oof, la chaleur la dotait d'une réplique hors norme. Elle leva les yeux vers le ciel et ensuite vers Valion, qui avait probablement remarqué bien avant elle la forme de la pierre. Ainsi qu'une centaine d'endroits où des ennemis potentiels auraient pu se cacher. Elle n'y avait personnellement pas fait attention parce que, sincèrement, elle ne craignait pas particulièrement une attaque. Elle aurait peut-être du, vu ses capacités affaiblies. Encore une fois, elle gardait cette confiance inaltérable.

《 Ça me rappelle l'écaille que Pru'ha m'avait donné. 》

Elle ne savait pas vraiment pourquoi, mais la pierre fondue lui inspirait quelque chose de sage et de grand et aussi de terrible. Pru'ha dégageait ces choses et la couleur lui rappelait cette écaille qui semblait absorber la lumière pour cacher... quelque chose. La texture n'avait rien à voir d'ailleurs. Les écailles de la dragonne étaient beaucoup plus solides et beaucoup moins friables.

Friable.

La pirate passa un ongle court sur la surface, espérant que ce serait suffisant, et elle fut surprise de voir la fameuse couche de glace fondue se détacher pour révéler... Quelque chose de brillant. Elle haussa un sourcil, impressionnée, mais pas particulièrement attirée par la chose. Elle se rappelait avoir lu quelque part comment se formaient les pierres précieuses, mais jamais elle n'aurait cru pouvoir observer en vrai une formation de la sorte.

《 Ça met un peu de perspective sur les choses, tu trouves pas? Un endroit aussi meurtrier, qui crée quelque chose de si beau. 》

Elle offrit un sourire à Valion, consciente de l'idiotie de sa tirade. Son cerveau était épuisé et elle voulait rentrer à la maison avec un nouveau demi-dieu à présenter à Nagah, et aussi gagner le pari. Ses sourcils se froncèrent quand le sol se mit à trembler et une toute autre sorte de sourire orna ses lèvres. Un sourire de défi, de "oh, du vrai danger", et surtout de "enfin mon élément". Les dangers immédiats étaient sa force, et dès qu'elle comprit la nature du danger, c'est à dire une masse leur fonçant dessus pour les applatir, son regard parcourut les lieux pour trouver une façon d'échapper à une mort certaine. Loin de perdre une seule once de sang froid, elle se mit à courir dans un même mouvement que Valion (en même temps rester plantés là était assurément synonyme de mort alors courir était naturel dans une telle situation). Malgré ses jambes qui criaient au supplice, Ezelya ne s'arrêta pas une seconde, et elle repéra la grotte juste au bon moment. Elle s'était douté qu'il y avait une solution pour éviter la mort, sinon le demi-dieu ne les aurait pas gardé en vie jusque là.

Elle s'engouffra à l'intérieur, s'assurant que Valion était sur ses talons, et elle fut projetée au sol quand l'ouvreture s'effondra dans leur dos. Sans se relever, elle se tourna sur le dos.

《 On a eu chaud. 》

Et bien qu'elle n'eut pas tort, l'utilisation du passé pouvait être un peu ironique. En relevant les yeux, elle aperçut la lave, et la chaleur la frappa encore plus fort.


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Aventure #7 écrite Dim 24 Mar 2019 - 19:53

N'entrez pas !
Épreuve de Orptah, avec Ezelya
Observant distraitement la jeune femme attacher ses cheveux, Valion remettait la cape de laine dans son sac sans fond. Au moins elle n'avait pas disparu dans la nuit. Il interrompit son geste pour mieux détailler la pirate. Elle se coiffait rarement de la sorte, ça lui allait bien. L'air caressait son visage avec plus d'aisance, et les rayons solaires encadraient toute la ligne de sa mâchoire. Elle lui sourit. Il ne répondit pas immédiatement, étonné qu'elle prenne encore les choses de manière positive. Son ton était sérieux.

« Tu as raison. C'est une bonne chose. »

Ses bottes n'auraient probablement pas supporté une autre journée à combattre le sable brûlant. Ils mangèrent avant de reprendre la route, affrontant désormais des surfaces capricieuses, parfois plates comme une mer de pierres, parfois pointues comme si une montagne poussait en dessous. Le voile qui couvrait son crâne ne suffisait pas. Celui d'Ezelya non plus. Cette chaleur... Si le chasseur s'était levé avec entrain, ravi de pouvoir bouger pour activer ses muscles endoloris, il subissait la température avec un mal croissant.

Il pouvait endurer une souffrance immédiate, mais n'avait jamais été confronté à un mal aussi long et omniprésent. Qu'importe où il regarde, qu'importe sa position, il avait terriblement chaud. Et leur gourde était presque vide, puisque évidemment, l'oasis n'avait pas daigné s'attarder. Il essayait de réfléchir à cette épreuve, à leur environnement, mais il n'en avait pas toujours la force. Avaient-ils manqué quelque chose ou le but n'était autre que leur agonie ? Et puis il restait vigilant, observant attentivement les environs au cas où quelque chose en surgirait. C'était fatiguant, mais leur sécurité primait.

Valion trébucha. Son attention était décidément trop accaparée par l'horizon et non ce qui se trouvait sous ses pieds. Il s'écorcha la paume en se rattrapant à une pierre plus dressée que ses pairs. Il grogna légèrement, affichant un rictus de douleur. Sortant le pansement coagulant de son sac, il n'hésita pas à en déchirer une petite partie pour bander l'entaille. Mieux valait ne pas gaspiller une goutte de sang dans cet état de faiblesse. Indiquant à Ezelya que ce n'était rien, ils poursuivirent leur chemin, qui s'agençait au gré de leurs pas.

Cette espèce de tranchée encadrée par de hautes pierres saillantes fut un régal pour son esprit grâce aux ombres qu'elles projetaient. Après avoir minutieusement observé les environs, le jeune homme se laissa précautionneusement glisser contre la roche, à l'abri des impitoyables rayons d'Ignis. Il lui semblait qu'un poids avait été enlevé de son crâne. Mais il s'y était tellement habitué que son absence était plus étrange encore. Plus d'eau. Il attrapa de quoi manger. Il n'avait pas spécialement faim, mais son corps de soldat réclamait de l'énergie. Il en dépensait trop pour pouvoir compenser. La capitaine était habituée à peu manger, contrairement à lui.

Le chasseur gardait la pirate dans son champ de vision tandis qu'elle s'éloignait vers la forme inerte. Il partageait sa curiosité, mais pas au point de sacrifier ce repos éphémère. Puis elle l'appela, et il se redressa, intrigué. Étrange en effet. Elle explicita la chose plus vite que son esprit émoussé, aussi il lui en fut gré. Ses yeux s'agrandirent lorsque Ezelya révéla la seconde nature de cette masse. Une lueur d'admiration brilla au creux de ses pupilles et l'excitation le fit s'avancer.

Il voulut poser sa main de forgeron sur le minerai puis freina son mouvement. En avait-il seulement le droit ? Était-ce irrespectueux de toucher un tel matériau précieux ? Tant d'années à baver devant les vitrines des armes de parade à la capitale. Il aurait aimé travailler avec des cristaux de silice. Les paroles du Dragon d'Aer lui revinrent en tête. Derrière chaque matériau se trouvait la nature, il ne fallait pas l'oublier. Une nature qu'eux, les humains, ne cessaient d'exploiter. Valion secoua mentalement la tête. Il ne s'y connaissait pas assez pour reconnaître l'élément sous ses yeux. La réplique bienvenue de la pirate lui tira un sourire, qui s'attendrit lorsqu'il posa son regard sur elle.

« Comme la mer et toi. »

Trop de chaleur, plus aucun filtre. La terre se mit à trembler, ce qui sembla ravir Ezelya plus que l'inquiéter. Son corps se tendit et s'activa au même rythme que celui de sa partenaire pour fuir le géant qui fonçait dans leur direction. Impossible de rebrousser chemin. Les pierres trop glissantes, trop hautes. Il sentit la jeune femme virer de bord. Une grotte. Il se jeta derrière elle et roula sur le côté en voyant les parois caverneuses s'écrouler.

Une bouffée de chaleur étouffante le cueillit, comme en réponse aux propos de la capitaine. Il se releva et se retourna. Impossible. Ezelya avait un don pour tenter la volonté des Quatre. La lave s'écoulait, dévorant progressivement le sol rocheux. Il n'avait guère l'énergie de s'activer malgré l'urgence. Néanmoins, après avoir failli être écrasé, l'adrénaline pulsait encore dans ses muscles. Valion chercha une issue. De la lumière émanait de l'autre côté de cette rivière fumante, probablement celle d'Ignis. Il n'était pas spécialement ravi d'y retourner mais ils n'avaient plus l'embarras du choix. Le couloir de magma s'étendait déjà sur quelques mètres. Il réfléchit à voix haute.

« Comment on traverse ? »

Il pouvait peut-être lancer Ezelya, mais ça ne réglait pas sa propre traversée. Les roches ? Il soumit l'idée. La pirate lui indiqua qu'elle n'y connaissait strictement rien en lave, mais rejoignit son avis.

Pour dompter la mer de braise, les deux matelots y poussèrent des morceaux de roche, brisés au passage du mastodonte. L'effondrement avait été utile finalement. Le chasseur lâcha un éclat de rire incrédule alors qu'il puisait dans ses réserves physiques. Elle avait raison, il fallait vraiment voir du positif dans toute situation... Positionnées comme obstacles, les roches firent office de pont, et ils purent traverser avant qu'elles ne fondent intégralement.

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Aventure #8 écrite Mar 26 Mar 2019 - 23:49

N'entrez pas !

Feat Orptah

La chaleur, une nouvelle fois. Assommante, balayant tout souvenir de la fraîcheur connu il y a seulement quelques minutes auparavant. Cette soif qui ne quittait plus sa gorge le grignotait petit à petit, alors qu'il se cachait un peu plus le visage du soleil, avec sa capuche. Le sol incertain avait été remplacé par un si dur, qui ne rendait guère plus simple son deuxième jour de marche. Il faisait attention à chacun de ses pas afin de ne pas tomber sur leurs bords aussi tranchant que sa lame ; ou presque. Combien de temps allait-il marcher, cette fois-ci ? Bryne avait l'habitude, pourtant, de ce genre de situation. Une traque qui n'en finit plus, des nuits passées sous la lune, sous la neige. Cela faisait bientôt vingt-huit ans qu'il avait réussi à survivre, après tout. Alors pourquoi pas un peu plus ?

Quelques heures de marches et enfin le jeune homme vit un peu de nouveau dans cet endroit hostile. Peut-être que le demi-dieu qui habitait cette cage n'était pas des plus faciles, à l'image de son épreuve. Pour une première, il n'était pas déçu du voyage. Il n'avait pas oublié qu'il était rentré dans une simple pièce et pourtant, l'illusion de ce désert était parfaite. De hautes pierres commençaient à se dresser devant lui, formant un petit chemin entres elles. N'ayant pas d'autres choix, Bryne s'y engouffra, appréciant le peu d'ombre que pouvait offrir, de temps en temps, ces grands pics. Impossible à escalader. Il poursuivit son chemin jusqu'à ce que son oeil repéra une forme étrange, qui détonnait de toutes ces pierres si droites et lisses. Un animal ? Était-ce lui ? Il avait pourtant l'air bien mort, un comble pour un demi-dieu. La pierre était d'ailleurs bien différente, comme si elle était restée là bien trop longtemps. Bryne la toucha de son gant, jusqu'à ce qu'un bruit sourd le sortit de sa contemplation.

Le sol gronda, trembla, et aussitôt le jeune guerrier se retourna, s'appuyant sur la pierre pour ne pas tomber. Il avait quand mêmes quelques réflexes. Après le soleil, c'était maintenant un gros... truc qui fonçait sur lui. Charmant. Il n'eut pas besoin de réfléchir pour arriver à la conclusion qu'il fallait partir, et vite. Bryne regarda autour de lui, excluant la possibilité de fuir en sens inverse. Il serait inévitablement trop lent. Il chercha du regard une petite cavité dans lequel il pourrait être en sécurité. Il trouva encore mieux. A sa droite il y avait une entrée de grotte. Sans hésité il s'y engouffra, alors que seulement quelques instant plus tard, la masse passait à côté et en faisait écrouler son entrée.

La poussière le fit tousser, il tenta de reprendre son souffle, difficilement. Il avait eu chaud ! Heureusement qu'il avait encore un peu d'énergie pour courir comme ça. Il mit un temps avant de s'habituer à la faible luminosité et de voir ce qui se trouvait autour de lui ; il espérait au moins ne pas être coincé. Même si tout cela n'était qu'une illusion, il n'avait aucun moyen de la briser tout seul. La grotte s'enfonçait un peu, alors, il en suivit le chemin. L'endroit était si silencieux, et surtout, il n'y avait plus cette chaleur. Vraiment silencieux ? Il entendait un bruit, constant, léger. Après quelques pas, il réalisa qu'un petit ruisseau traversait la grotte.

« Enfin ! »

Bryne enleva avec hâte sa cape de voyage, s'agenouillant à côté du cours d'eau et but comme un habitué d'une taverne. Il avait presque oublié de goût de l'eau, c'était si bon ! Après toutes ces heures de marches, c'était vraiment ce qui le sauvait d'une mort certaine. Une limite, cela ne pouvait se repousser à l'infini, après tout.

Après s'être trempé le visage et même les cheveux dans le petit ruisseau, il pris le temps de réfléchir à la suite des choses, maintenant que sa vie n'était plus immédiatement en danger. Finalement, quel était le but de cette épreuve ? Après un désert si aride, offrir ainsi un cours d'eau était presque étrange. Qu'est-ce que la divinité attendait de lui ? Bryne se releva, remettant son armure qu'il avait un moment délaissé. Au moins, dans ce genre d'épreuve, il n'y avait pas de moyen de tricher. Il fallait quand même trouver une sortie, le jeune homme n'aimait pas non plus rester ainsi enfermé, surtout dans des endroits étroits et sombres. Après une dernière gorgée de cet or bleu, il se remis de nouveau en marche. Il était de plus en plus intrigué par le maître de ce lieu.

Après quelques temps, il trouva enfin la sortie de la grotte. Il était prêt à poursuivre l'épreuve. Enfin il l'espérait.


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Aventure #9 écrite Mer 3 Avr 2019 - 17:38

Je les laissais s’esquinter dans mon reg inhospitalier sans même m’émouvoir de leurs difficultés. Le désert était ainsi fait. Bon d’accord, les miens étaient peut-être poussés à leur maximum niveau sadisme mais bon, le but n’était pas de leur offrir une tasse de thé à l’ombre d’un cerisier en fleurs. Fallait pas déconner.
Couché sur le sol chaud de ma cellule, j’observais leur périple comme à travers un écran, comme s’il s’agissait d’un divertissement quelconque… Divertissement qui commençait à m’ennuyer d’ailleurs. Ils souffraient, ils avaient chaud… D’accord. Et quoi, c’était tout ? Pas de plainte, pas de supplication pour que ça s’arrête ? C’était tellement décevant. J’étais tenté de balayer cette chimère d’un coup de patte et de les faire dégager vite fait de mon domaine…
Mais le spectacle n’était pas terminé.

Devant ce qui était autrement la marque de ma première découverte, issue de mon propre corps en souffrance, je m’approchais de mon écran à spectacle pour scruter leur réactions. Je ne savais pas trop ce que j’attendais, mais j’espérais que ce serait un peu plus distrayant. Jusqu’à présent ces humains n’étaient pas franchement à la hauteur de mes aspirations.

La femme se pencha et ne mit pas bien longtemps à découvrir le trésor. Elle semblait impressionnée de découvrir une telle chose ici, mais pas plus que ça attirée. Pfeuh. Décevant. Je n’attendais pas d’elle que tout à coup la cupidité fasse briller ses traits, mais quoi, un minimum d’intérêt, de questionnement, quelque chose… Non ? Rah.
Le type qui l’accompagnait lui, était beaucoup plus distrayant à observer. De l’admiration, enfin ! Enfin quelqu’un de logique, et de censé. L’excitation perceptible me tira un grognement approbateur. Bien, bien. Peut-être que je pourrais faire quelque chose de… Sa réplique à l’humaine fit tout capoter. Rohlàlà, tant de mièvrerie ! C’était ridicule. Je grognais de nouveau, de frustration cette fois. Comment cet humain pouvait-il être à la fois si prometteur - dans la limite de leur nature débile bien entendu - et si décevant à la fois ?
Le dernier candidat ne découvrit même pas la couche cachée. Il était vraiment pas fut-fut celui-ci… Je n’étais pas certain de vouloir me lier à lui si j’étais persuadé de mourir d’ennui à la première seconde où il serait face à moi... Mais enfin, s’il me permettait de vaquer à mes occupations dans mon coin, à la limite, je prendrais le temps de considérer sa candidature.

D’ailleurs… Un son roula hors de ma gorge, qui s’apparentait à un rire mauvais et désabusé. J’avais une idée pour la suite, c’était déjà ça. Je les avais assez fait attendre. Peut-être était-il temps que je m’adresse à eux directement… Mais je n’étais pas tout à fait près. Si je leur causais maintenant, j’allais pas pouvoir m’empêcher de les dépecer pour le principe de laver le monde de leur existence impie.
Ok calme-toi Orptah, respire. Ca va bien se passer. Tu sais ce qu’on a dit ? Pas de sang ni de peau sous les griffes, c’est chiant à nettoyer après.

Mes trois cobayes furent tous trois contraints de s’échapper par la grotte que j’avais consenti à leur offrir. J’étais décidément dans un bon jour… Je m’étonnais moi-même. Peut-être avais-je envie de sortir, au fond, même si l’idée de devoir me lier à l’un de ces mollusques me défrisait toujours autant. Saletés de Pères. Ils avaient vraiment été sadiques sur ce coup-là.

Bref, le couple de gnangnan se retrouva avec une rivière de lave, et le neuneu avec un ruisseau d’eau. Je ne faisais pas grand cas de ce passage.
Je ne m’étonnais pas outre messure que le mec tout seul se roule dans l’eau et notais non sans sarcasme que cette fois il ne reniait étrangement pas mon présent - tiens donc ! -. Mais bon, il était rigolo depuis le début, je consentirais sans doute à le laisser repartir en vie s’il ne me poussait pas à bout ensuite.
Le couple… Ils trouvèrent plutôt rapidement un moyen d’échapper encore une fois à la chaleur. Comment ça ils ne prenaient pas le temps de se compter fleurette auprès de ce magnifique écoulement rouge flamboyant ? Bande de barbares, pas même capable d’observer avec plus d’intérêt que ça le mélange presque parfait de deux éléments. Je grognais encore - décidément ça commençait à devenir une habitude en ce qui les concernait - et laissait couler.

Ils déboucheraient tous les trois - le couple dans une temporalité, le célibataire dans une autre -, dans un temple. Ou plutôt un sanctuaire. Enfin plus exactement dans ma cellule telle qu’elle apparaissait réellement.
La pièce est plus longue que large. Quinze mètres sur huit de murs de pierre blanche et haute, fendue en quelques endroits par de très mince fenêtre sans vitres. Le ciel bleu, sans nuage, limpide se découpe et déverse autant de lumière qu’il le peu dans la pièce. La pièce est très haute de plafond, peut-être six mètres de hauteur, et le dôme est soutenu par respectivement quatre piliers massifs de la même pierre que les murs. La pièce est décorée avec des draperies fines et éthérées de toutes les couleurs qui masquent le plafond, coulent entre les piliers… Le tout dans une harmonie visuelle indéniable. Au sol de pierre, des tapis épais et moelleux sur l’allée centrale, entre les piliers.
Sur les deux côtés les moins larges, d’un côté, à leur gauche, une grande porte en bois à double battants fermée. A droite… Mon trône.
On y accède par cinq marches. Taillé d’un seul bloc dans la pierre, il moule pour le moment parfaitement une statue d’or massif me représentant, allongé posément, tête tournée vers l’entrée, une chaine d'or épaisse faisant le lien entre le collier autour de mon cou et un anneau dans le mur. J’ai la classe, même si cette représentation de moi est inanimée. Pourtant, c’est comme si de l’or liquide avait été versé directement sur mon corps. Comme si la statue pouvait se lever et marcher d’un instant à l’autre... Si je n'étais pas si solidement enchainé de la sorte. Je n'aime pas montrer cette partie, mais ma cellule ne me laisse pas le choix : c'est toute l'histoire, ou rien.
Aux pieds de la statue, une montagne de présents : des bijoux, des pièces, des jarres remplie de vin, du pain, des fruits… Il n’y a qu’à tendre la main pour se servir puisqu’il n’y a personne ici.

Moi ? Je suis derrière. Caché dans le coin opposé, dans l’ombre d’une colonne, en dehors du plan où sont mes cobayes. Je me suis amusé à modéliser une poupée à l’apparence de l’un de ces vermisseaux. Ce corps, dont le visage est dissimulé par une capuche, est enroulé de façon sophistiquée dans une toge blanche. Des bijoux d'or massif orne la peau ébène de ce nouveau jouet. Il est aussi grand que possible, fort tout en finesse… Mais vide. Comme un pantin, il reste immobile, caché, en attendant que je l’utilise… Ou qu’ils le remarquent.
Il a fière allure comme ça, selon mes critères. Il passera aisément pour une sorte de prêtre, sans tant est qu'ils sachent ce que c'est.

Et ma petite touche de bienvenue... Le tas de cadavres à différents stades de décomposition entassé à droite de la porte fermée, quand ma marionnette se trouve à droite.
Les corps sont couverts par des pétales de fleur rouge sang - comme si on avait versé dessus un immense seau d'orchidées -, dont le parfum de Terra se mêle dans un mélange sadiquement entêtant à l'odeur de la putréfaction.
Le tout serait presque artistique, si la matières ne leur était pas si morbide. Qu'importe leur réactions à ce sujet, au moins ils savent où iront leur carcasse s'ils me déplaisent.
Je prends soin de ma décoration personnelle, quand même.

Maintenant j’attends, les voilà qui débarquent par une petite entrée en face de moi, dans l’ombre du trône. Aussitôt le seuil franchi, l’entrée disparait, comme si elle n’avait jamais existé. Une seule issue désormais, la grande porte. S’ils se dirigent vers elle, ils verront ma poupée, c’est obligé.
Tout dans cette pièce me décrit et me correspond. Seront-ils assez intelligents pour comprendre ? Franchement j'en doute, mais bon, au pire, je ne serais que blasé et je n'aurais qu'à les tuer ou les laisser sortir - s'ils le méritent, et concrètement leurs chances sont d'office compromises - en attendant d'avoir d'autre cobayes. Enfin, d'autres candidats potentiels.

Que vont-ils faire de cette nouvelle découverte alors ? Je me couche devant mon écran à spectacle et j'observe.


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Aventure #10 écrite Jeu 4 Avr 2019 - 17:56



Même pendant la traversée d'une rivière de lave, Ezelya ne pouvait s'enlever de la tête la remarque de Valion. Elle avait voulu répliquer quelque chose, le cerveau trop mort pour fonctionner correctement, et plus elle repassait ses paroles en boucle, plus elle était énervée de ne pas être en état de répondre.

Peut-être devrait-elle reprendre l'habitude de tels montres d'affection, mais pour le moment elle ne savait simplement pas comment le prendre. Même avec un cerveau en état, elle n'était pas sûre d'avoir pu donner quelques mots que ce soit à la hauteur du compliment. Au milieu des flammes et de la mort, ses soucis étaient sans doute bien puérils. Tant pis.

Une fois la grotte derrière eux, c'est une grande partie de l'estime qu'Ezelya portait au demi-dieu qui disparut. La salle. Oh, oh cette salle. Elle aurait pu en rire, tourner le dos à cette épreuve et sortir s'il n'y avait pas eu ce stupide pari. Elle ne voulait plus le gagner.

Elle était venue ici pour diverses raisons. Le pari, le danger, les souvenirs... Mais surtout, elle voulait quelqu'un, un demi-dieu, à la hauteur de Nagah. Dans le désert, elle avait cru sentir la cruauté implacable du divin dans la chaleur du désert. La pierre précieuse aurait du la mettre sur la piste. Maintenant, avec la chaleur moins intense, avec la beauté des lieux, elle comprenait qu'elle s'était probablement trompé. Le tas de cadavre faisait bien pâle comparaison avec ce qu'elle avait vu dans la cellule de son conseiller, et elle ne put empêcher la pointe de mépris pour l'étalement de fleurs. Oh, pourquoi cacher si beau spectacle avec des fleurs ridicules? Ezelya était une femme de la mer, pour qui la cruauté et le froid n'avaient plus grands secrets. Elle appréciait l'esthétique, comme le prouvait son costume d'Écarlate, mais un tel étalage de richesse et de beauté lui donnait la nausée. Elle était face à un imposteur, rien de moins.

Elle inspira un grand coup, refoulant sa colère au mieux, même si elle était bien visible sur ses traits. Il faudrait que ce Prince du désert digne leur parler pour qu'elle puisse confirmer ou infirmer la raison de sa colère, mais évidemment, pourquoi se montrer quand l'endroit qu'on offre est si beau. Montrer son importance dans des bijoux était pathétique. Un noblichon, au mieux, que cet enfant des Dieux là.

Sans aucun doute, la chaleur et la fatigue influençaient ses pensées, les rendant beaucoup plus sévères. Elle devait se rappeler que la candidate à l'épreuve, c'était elle. Pas l'enfant du désert.

Elle reprit donc sa respiration, détendit ses traits, et reprit son exploration de la pièce. Grande, baignée de lumière, elle devait reconnaître que de tout cela émanait une beauté majestueuse et éthérée. C'est là qu'elle remarqua l'anneau. La chaîne. Un roi enchaîné? Elle s'approcha d'un pas, étudiant cette statue dorée. Elle croyait y percevoir la vanité de l'habitant des lieux -qui d'autre qu'un roi mérite un trône, et quel piètre roi que celui enfermé- mais aussi quelque chose d'autre, qu'elle n'aurait su identifier, dans cette fameuse chaîne. Était-ce un ressentiment? Une sensation d'être enchaîné à ce pouvoir? Ou était-ce une partie de son histoire?

Puis enfin, quand elle fit un pas vers la porte, toujours dans cette étude silencieux des lieux, elle remarqua l'homme. Habillé de blanc, grand et impressionnant. Il ne bougeait pas, et Ezelya décida de ne pas lui accorder grande importance. Il n'était, après tout, qu'une illusion. Probablement un autre signe que tous devaient le respect à l'enfant des lieux.

C'est quand elle eut fini ses observations que la pirate se tourna vers Valion. Elle contrôla sa voix, y modelant une once de déception, mais surtout du désintérêt.

《 Si cet être de beauté et de vanité t'intéresse, Valion, il est à toi. Je suis venue chercher un enfant du chaos prêt à détruire l'humanité à mes côtés. Pas un roi. Je n'ai pas besoin de ça sur mon bateau. 》


Elle soupira, et dans ce soupir quiconque aurait pu entendre la pointe de colère en elle. Elle ouvrit grand les bras et offrit une profonde révérence au vide. Puis, elle fouilla dans son sac pour quelques Tsuris et les posa avec grande précaution sur la pile de bijoux et d'offrandes.

《 J'avais cru voir une haine enflammée dans le désert, et ces cadavres m'avaient donné le même espoir... Puissiez-vous accepter cette offrande, c'est tout ce que je peux vous donner de bon. Je doute avoir été du moindre divertissement pour quelqu'un qui accorde tant d'importance à un peu d'or. 》


Oh, elle-même accordait de l'importance à son argent. Ses beaux tsuris, qui lui achetaient des réparations pour son bateau. Et puis plus les temps avançaient, plus les tsuris abondaient. Un demi-dieu avide aurait trouvé sa place dans le milieu de la piraterie, et elle l'aurait accepté si la violence avait prédominé. Ici, dans cette cage dorée, elle ressentait plutôt l'amour de lui-même d'un être qui s'estimait -probablement à sa juste valeur-. Pas la violence. Pas la haine qui l'avait poussé à sa battre pour Nagah. Pas cette détermination et cet amour du chaos qui avaient formé ce lien qui les unissait. Elle jeta un regard vers Valion, et elle fut frappée par combien elle avait changé, en quelques sortes. Elle avait perdu une partie de cette violence, de cette destruction qui s'opérait en elle-même et qui lui permettait de détruire le monde autour. Elle avait été faible, peut-être. La réalisation la frappa mais elle n'eut aucune idée de quoi en faire.

Plusieurs émotions traversèrent son regard et elle finit par s'approcher de la porte. Elle ne sortirait pas tout de suite, attendant plutôt d'y être invitée. Au fond, elle espérait une vraie chance de prouver qu'elle n'avait pas tant changé. Qu'elle pouvait saisir sa rapière malgré la fatigue et se battre. Qu'elle pouvait faire face à un demi-dieu et rester debout. Elle voulait être attaquée pour prouver sa défense.

Encore une fois, elle était perdue.

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Aventure #11 écrite Sam 27 Avr 2019 - 23:10

N'entrez pas !

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Pour une première épreuve, c'était quelque chose d'aussi étrange qu'intéressant à vivre. Inquiétant, aussi. Son nord, il en connaissait les principaux dangers, il en avait fait années après années son terrain de jeu. Il pouvait ainsi dire sans trop de soucis qu'il n'y craignait guère grand chose, surtout faisant partie de l'armée du Keiser. Mais ici où ses premiers sens étaient trompés, où la mort était vraiment juste dans son dos, c'était vraiment différent. Il ne savait vraiment pas à quoi s'attendre et avait déjà cru y rester plusieurs fois en l'espace de quelques heures. Il se rendait bien compte qu'il était en plein dans l'inconnu, en comparaison. Il était temps qu'il quitte son nid.

Bryne sorti de la grotte en meilleure forme, depuis qu'il s'était rassasié. Ce petit ruisseau avait été la bienvenue. Le demi-dieu de cette cellule avait-il été clément avec lui ? Il lui avait pourtant semblé qu'il voulait sa peau, avec ce désert, cette boule énorme... joueur, peut-être. Ou vraiment sadique. Le jeune homme arriva dans une grande pièce, tel un sanctuaire paisible. Il fit quelques pas à l'intérieur, observant chaque recoins de la pièce silencieusement. En ce lieu paisible, il était encore plus sur ces gardes, il s'attendait encore à de belles surprises. La pièce, tout en longueur, quelques ouvertures laissant passer la lumière, et ce plafond impressionnant. L'ambiance était vraiment différente du reste de l'épreuve, il avait un peu l'impression d'être arrivée à un point décisif de celle-ci. Elle n'allait de toute façon pas durer un mois, cette épreuve. N'est-ce pas... ?

Il s'avança doucement sur ces tapis comme il n'en avait jamais marché dessus, ses yeux se posant un instant la grande porte de bois, un autre sur ce trône imposant. Son regard s'attarda dessus, appréciant la finesse de la sculpture d'or semblant représenter un félin paisiblement posé. Peut-être qu'elle représentait le divin vivant entre ces murs, il avait déjà vu après tout une autre représentation de félin, avant qu'on ne veuille le transformer en bouilli. L'une semblant morte, celle-ci, attachée. Eh bien, c'était joyeux. Joyaux aussi, il y en avait plein au pied de la statue. Un montagne d'or et de trucs brillants. Le nordien s'en approcha, l'observant sans oser y toucher. Ce n'était pas à lui après tout. Réfléchissant un moment, il finit par reculer d'un pas, ayant hésiter un moment à lui aussi donner un peu de ce qu'il avait. Deux pièces de plus ou de moins, cela n'allait pas changer grand chose, ni acheter sa sympathie. Il ne voulait pas l'acheter, de toute façon.

En tout cas, le demi-dieu ici semblait être attachée à l'or. Mais en même temps, il était attaché lui-même, c'était assez ironique... Bryne se fit tirer de cette amusante pensée par une odeur qu'il avait déjà senti auparavant, même si un peu différente. Il tourna la tête et son regard se fixa directement sur ce tas de corps en décomposition, avec sur le dessus des sortes de... fleurs ?

« Charmant... »

Il souffla ce mot un peu ironiquement. Mais après tout cela ne le choquait pas plus que ça, lui aussi il en avait vu plein, des corps. Finalement, plus il y pensait, plus cette cellule devait être une sorte de pièce représentant le demi-dieu. Rien qu'à la statue, déjà, mais c'était un peu plus travaillé que le reste de l'épreuve surtout. Il avait l'impression que c'était bien plus qu'un simple pièce, ici.

Et maintenant, que devait-il faire ? Il n'y avait plus la porte par laquelle il était entrée. Il y avait maintenant plus que l'autre, plus grande, mais il n'avait pas envie de partir d'ici tout de suite. Le trône, les tapis, le tas de cadavre... et le mec en blanc. Le mec en blanc ? Bryne ne l'avait pas remarqué sur l'instant mais il y avait bien une forme humaine aussi grande que lui, de l'autre côté de la grande porte. Ça par contre c'était un peu plus flippant. Dans une grande cape blanche, il ne pouvait pas voir son visage, il ne bougeait pas... Tiens, il était lui aussi orné de bijoux dorés.

Le jeune homme s'en approcha lentement, s'arrêtant à quelques mètres d'elle parce que, il n'était quand même pas idiot, il avait déjà risqué sa vie plusieurs fois, il n'allait pas se mettre de lui-même dans la mouise. Quoi que c'était déjà le cas en voulant passer une épreuve divine.


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Aventure #12 écrite Lun 29 Avr 2019 - 1:32

N'entrez pas !
Épreuve de Orptah, avec Ezelya
De toutes les épreuves passées, Valion avait retenu une similitude. Les deux cellules où il avait échappé à la mort renfermaient des demi-dieux hostiles envers les humains. Plus il avançait dans cette étrange succession de décors, plus il craignait la rage de la divinité tapie derrière le rideau.

Cette fois, la pirate et le chasseur n’émergèrent à priori pas dans un environnement mortel. Soulagé de ne plus sentir le poids de la chaleur, le jeune homme put mieux réguler sa respiration. Il avait toujours soif et mal au crâne, mais au moins il ne tenait plus l’impression d’avoir sa peau fusionnée avec le tissu de sa chemise. Levant les yeux, il embrassa la salle du regard. Déjà Ezelya s’éloignait, guidée par la curiosité -il pensait, alors que lui restait cloué sur place. Issu d’une famille modeste, Valion n’avait jamais admiré autant de richesses dans une même pièce. Il ne les avait jamais désirées, mais il ne pouvait s’empêchait d’être émerveillé. Était-ce à ça que ressemblaient les demeures des nobles de la capitale ? Non, c’était encore autre chose. Une multitude qu’il n’aurait jamais pu imaginer ni voir en dehors d’une cellule.

Il tourna sur lui-même, observant le haut plafond et les interstices libérant les rayons d’Ignis. Tant de couleurs habillaient les lieux qu’il ne savait où regarder. Tant de magnifiques draperies reliant la pierre blanche d’un bout à l’autre, tel un réseau arc-en-ciel. En tant que forgeron, il se plaisait à toucher la matière. Aussi il laissa ses doigts courir le long de la pierre taillée, glisser sur les tissus souples. Il avançait presque timidement, sans le réaliser, jusqu’à ce que ses semelles rencontrent une surface si douce et moelleuse qu’il aurait pu s’évanouir de bien-être après leur aventure désertique.

Son regard s’attarda ensuite sur l’impressionnant trône, où se dessinait également une silhouette féline au port altier, malgré l’épaisse chaîne d’esclave la rattachant au mur. Les liens du Pacte ? Était-ce une représentation de l’hôte de ces lieux ? Il y avait tellement d’offrandes à ses pieds. Était-ce pour le vénérer ? Pourquoi y’avait-il un trône alors, symbole nettement plus humain de la supériorité ? Quel besoin d’en avoir un lorsqu’on était déjà un demi-dieu ? Absorbé dans sa contemplation, il demeurait inconscient des émois de sa pirate. Il réalisa tout juste que l’entrée avait disparu. Aussi il pivota sur ses talons pour s’assurer que la grande porte de bois aperçue plutôt était toujours présente. C’était le cas, et il s’y dirigea, poursuivant la découverte. Il croisa Ezelya qui se dirigeait à son tour vers la statue d’or, et chercha ses yeux glacier. Il ne les trouva pas. Elle semblait perdue dans ses pensées.

L’odeur de la mort revint le cueillir. Valion se sentit légèrement nauséeux. Paradoxalement, la faim saisit ses entrailles. Tant d’heures, de jours peut-être même, à marcher sous ce soleil écrasant, sur ces pierres acérées comme des crocs. Depuis combien de temps étaient-ils ici ? Quand avait-il senti cet effluve putride pour la première fois ? En s’approchant de l’amas de corps en décomposition, le jeune homme leva un bras pour filtrer au possible les émanations. La vision lui rappela Nagah. Mais il y avait une nette différence. Des pétales de fleurs parsemaient la pile, comme la vie naissant de la mort. Un cycle, un lien naturel. Étrange.

Un drapé blanc sur la droite de son champ de vision attira son attention. Un homme encapuchonné, richement vêtu, se tenait à moitié derrière l’une des colonnes. Aucun souffle ne l’animait. Qui était-ce ? Le roi destiné à siéger sur le trône ? Non, il n’était pas au centre de la pièce, il n’était pas mis en évidence dans cette scène. Il était caché. Un prêtre, assurant la pérennité silencieuse de cet autel ? Un témoin ? Un spectateur ?

Il y avait un lien, c’était évident. Mais lequel ? Pourquoi montrer deux facettes du désert ? Pourquoi cette salle ? Pourquoi ce faste ? Quelque chose le chiffonnait. La plupart des conceptions magiques auxquelles Valion avait eu affaire faisait ressortir l’élément du Dieu affilié. Mais ici… Tout ce qu’il voyait reflétait l’image d’Ignis. Tout ce qu’il touchait représentait Terra. Du sable ils étaient passés à la pierre. Précieuse même, dans ce couloir de la mort où une masse avait failli les écraser. Puis la lave. De la roche fondue. En tant que forgeron, il était familier du processus. Tout était précieux ici. Alors à quel point cette pierre légèrement ambrée dans le désert l’était-elle réellement ? Petit à petit, il recollait les morceaux d’un tableau dont il n’avait pas le cadre.

La voix d’Ezelya interrompit son raisonnement. Le visage du chasseur se décomposa devant de telles paroles. L’or jeté avec négligence. Blasphème. La fin d’une mascarade. Provocation. Dans ses iris clairs se trouvait à nouveau le torrent du tourment. Par les Quatre, pourquoi attiser la fureur de l’enfant divin ? La question lui brûlait les lèvres alors qu’il connaissait de mieux en mieux la réponse. Parce qu’Ezelya méprisait cette apparente futilité. Parce qu’Ezelya courrait au-devant du danger. Parce que seule la mort lui offrait une réalité. Une vérité imparable. Une qui lui donnait envie de se battre pour y échapper. Pour gagner. Pour vivre.

La jeune femme arriva à sa hauteur, près de la porte. Il saisit son bras, doucement, et plongea ses yeux dans les siens. Stop. Ils étaient déjà passés par ce chemin. Lui se tenait juste là, dans un autre courant, tout aussi vrai. Hors de question qu’elle l’ignore. Hors de question qu’elle saute seule. Il ne dit rien pendant un moment, parce qu’il savait mieux qu’essayer de la raisonner. Puis il déclara d’une voix grave et posée. Tel un roc au milieu de la tempête.

« Je sais que tu as été déçue. Mais tu ne trouveras jamais un deuxième Nagah. »

Le fils d’Aqua était si désagréable avec lui qu’il peinait à le voir sous un autre angle que celui de l’enfant capricieux et sanguinaire. Il savait néanmoins que sa relation avec la capitaine était autre, et que le Loup tenait une place tout à fait spéciale à ses côtés. Une qu’il espérait basée sur la confiance et la loyauté. Peut-être qu’Ezelya avait raison au sujet de la vanité de ce demi-dieu, certainement même. Elle avait toujours été plus douée que lui pour jauger le caractère des autres.

« Cet enfant est différent. Mais tu as raison. La rage gronde ici aussi. »

Ses yeux gris-bleu vinrent à nouveau englober la salle d’un regard, comme pour lui montrer ce qu’elle ne voyait pas. Qu’il aurait préféré tomber sur un demi-dieu bienveillant. Et qu’il aurait adoré que la pirate reparte avec. Mais les signes ne trompaient pas, ils étaient désormais bien trop familiers pour Valion. Le chasseur se tourna vers la statue féline à l’autre bout de la pièce. Il éleva la voix.

« Ce ne sont pas les richesses qu’on vous donne. Mais celles que vous créez. Vous, et un enfant de Terra. »

Pourvu qu’il ne soit pas trop éloigné de la vérité, car les actions de sa compagne avaient certainement éveillé l’animosité déjà palpable du maître des lieux.

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- Si tu veux apprendre à contrôler ta rage, apprends déjà la patience.
« Merci de ne pas vouloir faire de moi un prisonnier à nouveau. »
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Aventure #13 écrite Ven 10 Mai 2019 - 10:37

Je n’aimais pas la tournure que prenait mon épreuve. Je n’étais plus maître de ce que mon subconscient révélait, comme à chaque fois, je perdais le contrôle et cela avait le don de m’agacer. Cette salle, c’était ma prison. Pour diverses raisons, ce mot prenait une signification particulière. J’ignorais si les autres demi-dieux avaient des cellules basées sur le même principe que le mien mais ici, j’étais constamment renvoyé au passage le plus honteux de toute ma vie. Comme si la sévérité de ma punition n’était pas déjà élevée, il fallait en plus que j’affronte tous les jours les remords que ces teintures me montraient, accusatrices.


---

Quand le couple échappa à la lave pour débarquer dans ce lieu, j’était donc à cran. Mais je les laissais évoluer, comme tous les autres avant eux, malgré tout curieux, ou masochiste, de savoir ce qu’ils allaient penser de tout ça. J’étais pratiquement sûr qu’ils allaient se planter comme tous leurs prédécesseurs. S’arrêter aux apparences et me juger. Qu’ils le fassent donc, ça me donnerait une bonne raison de leur trancher la gorge avec mon pantin qui attendait sagement dans son coin.
La femelle entra en premier. Sur son visage, presqu’aussitôt, de la colère. Oh alors la demoiselle était déçue ? Et moi donc ! Ca nous faisait au moins un point commun. Enfin dans son cas, depuis le début je savais qu’elle ne vaudrait pas un clou au jeu de l’observation. Trop orgueilleuse, trop centrée sur elle pour voir vraiment.
Pourtant à part agacé, je n’étais pas vraiment énervé… Du moins jusqu’à ce qu’elle ouvre la bouche. Le flot d’inepties qui s’en déversa, accompagné du dédain flagrant de rigueur, me cloua une seconde sur place. Elle était vraiment bête à manger du foin. J’en aurais ris la fureur n’enflamma pas instantanément tout mon être alors que j’observais les pièces posées sur les piles qui me laissaient de marbre.
Je ne prêtais qu’à peine attention aux propos de l’homme qui l’avait rejoint et bondit en rugissant, brisant la chaîne et la couche d’or qui me dissimulaient à leurs yeux aveugles. Le bond m'emmena d’un seul coup sur eux. Mon pantin, dans le même temps avait bondit sur l’homme pour le ceinturer et l’emmener à un peu à l’écart, le gardant dans sa prise inhumaine fermement et tout aussi rigide qu’une statue, prisonnier.
La femme quand à elle n’eut pas cette chance. Je levais la patte droite et lui déchiquetait l’épaule gauche sans une once de remord, manquant de peu de sectionner le tendon et de juste lui arracher le membre. Mes griffes d’or ravagèrent ses chairs comme si c’était du beurre, jusqu’à son nombril, imbibant rapidement sa tunique de rouge carmin.

TU NE SAIS RIEN DE MOI !

Hurlais-je dans ce qui s’apparentait à des mots et à des rugissements en même temps. Je me mis à faire des tours autour d’elle, ma queue fouettant furieusement les airs. Elle ne devait qu’à son homme de ne pas déjà avoir la gorge tranchée. Parce que malgré ma haine lui avait su lire une partie de mon histoire, qu’il avait réussi, le premier de tous à le faire et que cela méritait un effort de ma part.
Je soufflais furieusement, tentant de me calmer. Mon pantin, en écho à mon agitation, resserrait inexorablement sa prise sur le corps du mâle, comme un broyeur mécanique.
Finalement je repris la parole, continuant mes cercles de prédateur autour de la femelle amochée. Narquois et furieux, je la toisais et la provoquais.

Tu voulais du défis, en voilà ! Relève toi et affronte moi ! Je n’attends qu’une occasion de t’arracher la tête pour te faire passer l’envie de dire encore des inepties digne de ton insupportable espèce.

Je retournais chercher les pièces qu’elle avait posé, et même un peu plus, renversant la pile, l’ayant fait sans aucune précaution et revint lui lancer au visage avec mépris. Je repris mes rondes autour d’elle, luttant furieusement contre ma haine pour siffler :

Reprends ton offrande vermisseau ! Ca fait des siècles que je ne mange plus de ce pain-là, que je ne crois plus à vos mensonges de dévotion ! Tu auras au moins eu l’avantage de me montrer que les nouveaux humains ne sont pas mieux que les anciens ! Toujours aussi arrogants, toujours aussi prompts à juger et à se croire supérieurs… Ce n’est pas parce que je peux sortir grâce à vous que je vous dois la moindre petite once de respect !

Tout à coup les portes en bois de mon temple s’ouvrirent en grand, en claquant, faisant voler les teintures et les pétales dans la pièce et j’achevais de déverser ma haine.

Tu ne veux pas de moi ? Comme si tu avais pu avoir la moindre chance ! Même si tu étais la seule humaine restante sur cette terre, quel que fût son nom, je ne lierais aucun Pacte avec toi ! Vas t’en !

Je me tournais vers l’homme et d’un coup d’oeil furibond, mon pantin relâcha sa prise et le libéra, reculant d’un pas. J’avais aussi des choses à lui dire à lui. Mon ton était toutefois un rien moins colérique et un soupçon plus respectueux vu le dégoût qui avait imprégné chaque mot adressé à la femme.

Toi. Toi tu aurais pu me faire sortir d’ici. J’aurais peut-être accepté de partir à la recherche d’Oum avec toi. Mais tu t’es attaché à elle. Et je ne comprends pas pourquoi. Elle ne te mérite pas. Toi tu as su voir. Presque tout. Plus que la plupart des autres, plus qu’elle. Mais si je dois être amené à la recroiser en te suivant alors c’est non. Emmène-la. Elle n’est en vie que grâce à toi. Prends-la avec toi et pars.

Sur ces mots, je me détournais, en ayant terminé avec ces deux-là. Je retournais m’asseoir sur mon trône-prison et bientôt l’or recouvrit de nouveau mon corps en intégralité et la chaîne se raccrocha à mon collier, me figeant de nouveau dans une attente qui pourrait durer des siècles encore. Mais pour la première fois, deux humains étaient entrés dans ma cellule, et deux humains en ressortaient vivants. Je m’étais ramolli.


---

L’humain qui était entré seul n’était clairement pas aussi bavard que les deux autres. Il était entré et avait évolué dans la pièce en observant tout ce que celle-ci affichait, sans jamais commenter ni laisser transparaître quoi que ce soit. Il était bien calme depuis son entrée. Et ennuyeux aussi, du coup. J’aurais préféré qu’il continue à être amusant en se prenant les pieds dans le tapis par exemple. Ca m’aurait fait sourire au moins.

Il commenta le tas de cadavres d’un mot ironique qui m’attira un grognement. Oui bon. Ca mettait longtemps à disparaître les corps, ce n’était pas ma faute. Si leur vue ne me dérangeait pas, l’odeur en revanche… Pouah. J’avais fait comme j’avais pu pour faire en sorte que ça ne se répande pas dans tout l’espace. J’avais l’odorat sensible aussi il se pouvait qu’en effet ça sorte fort la fleur dans le coin.

Il s’approcha de ma poupée et alors j’eu une idée. Alors qu’il gardait ses distances - un bon point pour lui -, mon pantin s’exprima d’une voix grave et roulante, comme un ronronnement humain. Le ton était neutre, un rien froid.

Qui es-tu et que cherches-tu ici ?

La question était simple. Silencieusement, je fis pivoter ma poupée dos à moi, de sorte que je puisse voir le visage de l’humain. Je voulais savoir. Depuis le début, il n’était pas vraiment préparé à mes épreuves. Il avait survécu juste parce qu’il avait eu de la chance. Mais quelles étaient ses raisons ? Qui était-il ? Je doutais qu’il eut compris quoi que ce soit de ce qu’il avait vu précédemment mais enfin. J’étais dans un bon jour, je lui laissais la possibilité de s’exprimer avant de le tuer… Ou de le foutre à la porte. Ah. Décidément j’étais trop bon aujourd’hui.

Au final, mon pantin se mit à décrire de larges cercles autour de l’humain, mains croisées dans son dos, paisiblement. Il n’était pas agressif, et j’avais retrouvé un peu de patience quelque part. Alors je repris la parole à travers l’homme en blanc.

Quelles leçons as-tu tiré de ce que tu as vécu depuis ton entrée dans l’épreuve ?

J’attendais qu’il se confesse. Après tout, ma poupée avait des airs de prêtre alors pourquoi pas ? Puisqu’il ne s’était pas répandu en commentaires, il fallait bien que je le force à se dévoiler. Tiens, cette remarque me donnait une idée. Souriant sinistrement dans mon coin - ma poupée restait neutre -, je gardais cette carte dans ma manche pour le moment. Il serait bien temps plus tard. Pour l’heure, j’étais enclin à écouter. Il avait intérêt à faire gaffe à ses propos ceci dit. J’étais bon mais il ne fallait quand même pas abuser.


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Aventure #14 écrite Sam 8 Juin 2019 - 20:21

N'entrez pas !

Feat Orptah



Le jeune homme ne savait pas trop quoi penser de tout ça. L'or, les cadavres, la statue... Cela montrait un peu la personnalité du demi-dieu qui vivait ici et, en même temps, il ne pouvait rien en tirer. Qui était-il de toute façon pour juger quelqu'un sur une illusion ? Surtout un enfant des Quatre divins. Bon, les cadavres, à l'odeur, étaient bien vrais. Mais de ce qu'on lui avait raconté, il n'y avait rien dans la cellule des divinités, pas de draps ni de statue, il n'y avait rien d'aussi beau. Cela restait une prison.

Il avait pris sa mine sérieuse, presque trop, alors qu'il se laissait embarquer par le flot de ses pensées. Puis la sorte de coquille humaine devant laquelle il s'était planté s'anima soudainement. Bryne la fixa instantanément, un peu surpris, écoutant cependant attentivement cette voix grave qui lui posait une première question. Le demi-dieu daignait enfin se montrer, même si ce n'était que sa voix. Il baissa respectueusement la tête face à cette chose, puisqu'il n'avait pas vu le demi-dieu dans la pièce, alors qu'il allait se présenter. Il garda tout de même ses distances, au cas ou.

« Je m'appelle Bryne. Je viens du Nord de l'île. »

Une présentation assez simple, mais après tout il ne voulait pas s'attarder sur cette partie de la question. Du moins pas pour le moment. Il releva son regard, le posant sur cette chose à la forme humaine. Pourquoi était-il venu ici, il avait de nombreuses raisons. Certaines plus avouables que d'autres, mais il n'allait pas pour autant cacher ses intentions à la divinité. S'il avait pu vivre jusqu'ici, cela résultait de beaucoup de chance, mais pas que.

« Je cherche de l'aide. Je voyage beaucoup dans ma vie, mais je suis assez faible tout seul. Si j'arrive à survivre, ce n'est pas suffisant. Je ne suis pas encore capable de veiller convenablement sur mes compagnons. Avec une divinité à mes côtés, je pourrais voyager plus tranquillement. »

Tranquillement... ou non, car avoir un demi-dieu à ses côtés n'était pas du tout la même chose qu'un compagnon. La vie n'était pas un long fleuve tranquille ! Il avait tout de même essayé de dire les choses comme il le pensait, même si ce n'était pas un exercice facile. Surtout lorsque l'on savait que l'on pouvait finir sous un tas de pétale de fleurs, et sur un tas d'autres candidats. Mais finalement, ça aussi, il s'en fichait, et ça apportait même un certain challenge. Il n'avait pas de sombre projet pour le moment ou une envie de pouvoir excessive. Il n'avait pas encore les épaules assez grande pour ça, de toute façon. Il était venu chercher le soutien d'une divinité dans sa vie, tout simplement.

Le pantin s'était mis à tourné autour de lui, tranquillement, aussi le jeune espion ne bougea pas plus que cela. Pour le moment, il n'avait pas à se méfier plus qu'il ne fallait de cette chose. Il se sentait juste observé mais c'était normal. Sa deuxième question était toute aussi intéressante. Depuis qu'il avait mis un pied dans ce lieu, il avait découvert tout un nouveau monde. C'était la première fois qu'il tentait une épreuve et qu'il risquait autant sa vie pour atteindre un but précis.

« Mh... Je pensais venir préparé, mais j'ai été forcé de constater à de nombreux moments que ma vie tenait à pas grand chose. Il ne faut pas sous estimer les illusions que vous pouvez créer, même si ça ne veut pas dire non plus qu'il faut jeter l'éponge à la première difficulté. Et puis... l'épreuve n'est pas terminé. Se présenter devant vous et vous offrir tout ce qu'on a sans réfléchir ça n'a pas de sens, on ne doit pas faire des promesses en l'air, et ça ne représente pas ce que je suis de toute façon. Je ne peux que pas compter sur ma chance pour m'en sortir maintenant, mais j'espère au moins pouvoir vous montrer un peu ce que je suis. »

Ceux qui avaient fait des offrandes, il était facile de voir comment ils avaient fini. Ce n'était pas de toute façon quelque chose d'important ici. Il avait été chanceux, oui, mais vent tournait toujours. Maintenant, il allait devoir prouver qu'il valait tout de même quelque chose. Bryne semblait plus détendu que lorsqu'il traversait le désert sans fin, certes, mais il restait tout autant attentif à ce qui se passait autour de lui. Quand le pantin passait dans son dos, il n'était pas vraiment aussi tranquille que lorsque son regard pouvait se poser dessus et le suivre. S'il essayait de montrer à la divinité qui il était, elle, elle le lui avait déjà laissé quelques indices ici et là, depuis qu'il était entré ici.

« Je ne peux pas vraiment juger puisque je ne vous connais pas, mais cette belle statue enchaînée ou la sculpture dans le désert... Vous ne créer pas que des choses dans votre épreuve pour essayer de faire tomber les humains. En traversant tout ça, on voit un peu qui vous êtes aussi.  »

Son épreuve était à son image, peut-être. Elle avait été dure au début, vraiment, mais maintenant, c'était un peu plus tranquille, du moins en apparences. Il y avait du bon et du mauvais, et le demi-dieu semblait vouloir lui montrer les deux.

Une chose lui revint à l'esprit, alors Bryne reprit la parole quelques instants plus tard.

« Oh, j'disais tout à l'heure que je voulais que vous m'aidiez, mais pas sans rien en retour. J'pense vous en assez de l'or sous votre statue, pour les cadavres y'a encore de la place mais... vous faire sortir de votre cellule le temps de ma vie est une chose, mais si je peux me rendre utile, je n'hésiterai pas. »

Bon, s'il lui demandait la lune, peut-être qu'il ne pourrait pas la lui offrir. Mais cela ne l'empêchait pas de le lui dire qu'il en avait la volonté, en tout cas. Il n'allait pas être un maître tyrannique comme il en avait vu dans les terres nordiennes. De toute façon, pas sûr qu'il apprécie le froid là-bas, vu comment il avait fait chaud ici. Lui proposer un échange de bons procédés de la sorte... c'était hasardeux, un peu. Sa fierté parlait plus pour lui, son sens de l'honneur, surtout. Le demi-dieu n'était pas obligé de l'aider, tout comme lui n'était pas non plus obligé de lui proposer ça. Mais une dette devait toujours se payer.



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Aventure #15 écrite Ven 28 Juin 2019 - 0:28

N'entrez pas !
Épreuve de Orptah, avec Ezelya
Un grondement sourd retentit et Valion, qui sursauta, crut un instant que l’édifice allait s’effondrer sur eux. Il n’eut pas besoin de se tourner pour reconnaître le tintement métallique qui heurta le sol dans une vibration foudroyante. Par réflexe, il leva les bras pour se protéger le visage d’éventuels éclats. L’origine des sons remontait à la statue à l’autre bout de la pièce, mais il n’avait pas eu le temps d’identifier visuellement la menace. Ce fut une erreur, une qui lui aurait permis peut-être d’esquiver une partie de ce qui allait suivre. Mais au fond, cet idéal se tut, sachant pertinemment qu’il n’aurait jamais pu devancer le bond du félin d’or ni celui de l’homme en blanc.

La prise qui se referma sur le chasseur était aussi froide que rigide. Il comprit alors que la silhouette apparentée à leur espèce n’en possédait qu’un vague écho superficiel. Il ne tenta pas immédiatement de se dégager. Son regard se leva la seconde suivante à la recherche de la tenue écarlate. Le bleu de ses yeux se glaça d’effroi à la vue de cette patte dressée toutes griffes dehors.  

« EZELYA ! »

Valion hurla tandis que la faucheuse s’abattait sur le corps de sa pirate. Il banda vainement ses muscles pour se dégager de l’étau imperturbable. Il grogna, comme si ces raclements gutturaux auraient pu lui accorder la puissance bestiale qui lui faisait tant défaut. Non, il avait beau se démener comme un aliéné, il ne demeurait qu’un spectateur impuissant, forcé de se plier à la volonté du fils d’Ignis. Il cria son nom encore une fois. Même sa voix s’écrasait face à l’ampleur du rugissement semi-divin.

Ses yeux s’accrochèrent à la silhouette au sol. Le reste se perdait dans une vision défaillante. Il secoua la tête mais le rouge ne s’effaçait pas. Était-elle morte ? L’emprise de la statue articulée se renforça, pressant sa peau contre ses os. Ça ne l’empêcha pas de continuer à se tordre dans l’espoir stupide et vaillant de lui échapper. La rage martelait ses tempes, accroissant la confusion de son esprit pour éliminer la douleur de ses membres. Il sentit son épaule se déplacer à un endroit où elle n’était pas censée aller. Peu importait, car le maître des lieux assaillait la jeune femme de ses mots haineux et revanchards. Cela signifiait qu’elle était toujours en vie.

Son souffle faiblit, sa résistance aussi. La traversée du désert avait déjà diminué ses réserves d’adrénaline. Seul demeurait son regard brûlant et combattif. Et la panique. Cette onde tremblante parcourant ses msucles ne trouvait pas l’énergie de s’exprimer, et se contentait de le ronger de l’intérieur. Valion ignorait si sa pire crainte était de savoir Ezelya hors de sa portée, ou de deviner que les propos furieux attireraient en face le même torrent ravageur. Il écoutait chaque mot soulever en lui un sentiment d’injustice et d’impuissance.

Soudainement les iris d’or dardèrent leur tranchant sur sa figure. Libéré tout aussi brusquement, le jeune homme tomba. Ses genoux amortirent l’impact, lui laissant le temps de plaquer ses mains au sol pour ne pas s’y aplatir lamentablement. “Toi.” Ses bras lui firent aussitôt défaut, comme si une masse divine s’était abattue sur lui. Ses yeux s’arrondirent et il déglutit. La voix sentencieuse résonnait dans la salle et brimait sa poitrine. Quelque chose le clouait sur place comme un ver misérable. C’était la peur. Elle était là depuis qu'il avait vu sa pirate chuter, et maintenant elle était tournée vers lui.

Le chasseur percevait son jugement sans pouvoir y répondre. Il se secoua mentalement et littéralement. Ezelya, où était Ezelya ? Il trouva la force de redresser le fief pour s’ancrer sur le corps ensanglanté, et se mit à ramper. Lui non plus n’était pas digne. Cet enfant des Quatre n’était qu’un autre parmi tant à le lui avoir fait comprendre. Mais il les avait tous devancé, car il était le premier à se l’être dit. Difficilement, Valion se releva. Il se glissa auprès de la jeune femme. Tout autour avait disparu.

« Ezelya… »

Il enfouit ses mains tremblantes dans son sac sans fond et en retira une fiole de liquide vermeil. Une lueur d’hésitation traversa ses iris d’un bleu acier. Sa mâchoire se crispa, laissant échapper son avertissement dans un murmure saccadé.

« Ça va être douloureux. Je suis désolé. »

Elle devait déjà souffrir le martyr, mais la Sanguine n’allait rien arranger. Le chasseur dégagea les fibres de tissu empêtrées dans la chair déchirée. Son visage se tordit en une expression de dégoût. Il y avait tellement de sang. Valion versa le contenu magique sur la plaie béante qui se referma sous ses yeux. Ses poumons se vidèrent d’un coup, expulsant toute la tension qui serrait son cœur devant cette scène aux airs de déjà-vu.

De retour à la situation présente, et relativement moins urgente, il avisa la silhouette inanimée plus loin. Un étrange silence, peut-être tangible pour ses seuls sens, l’enveloppa soudainement et désagréablement. Son cri perça l’immensité de la salle avec un retard conséquent.

« Attendez ! »

Mais la forme féline, au loin, s’était depuis longtemps recouverte de sa carapace dorée. Non. Il ne pouvait pas les laisser dans cet échec, sans aucune chance que de prendre la porte. Il y avait d’autres voies. Il devait y en avoir.  Tourné vers le vide, Valion s’écria avec une pointe de détresse qui ne parvenait à éclipser toute la détermination renfermée dans ses simples mots.

« Je peux le trouver ! Je peux trouver Oum ! »

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Aventure #16 écrite Sam 29 Juin 2019 - 20:19



Son premier réflexe face au toucher de Valion fut de se dégager violemment. L'impulsion la traversa, étouffée tout aussi vite par son bon sens, et au final n'en résulta qu'une faible vague de son bras. C'était là une protestation bien symbolique à être encore une fois tirée des remous, mais Ezelya fronça les sourcils à l'arrière-goût amer qu'avait laissé cet instint primitif. Une envie de fuir, de griffer, de se débattre avec toutes ses forces pour se mettre hors d'atteinte... Il lui fallut un grand contrôle de soi, ou du moins un aveuglement volontaire puissant, pour ignorer la sensation. Elle s'en détourna, laissa les flots tourmentés derrière elle, et bien à contrecoeur se laissa entraîner vers Valion. Son regard croisa le sien et ses pieds se posèrent à nouveau sur l'ilôt calme qu'offrait le chasseur.

Elle aurait voulu continuer de se battre contre la tempête, seule à seule, comme elle l'avait toujours fait... Mais ici, ce serait inutile. Alors à la place, elle ravala la peur qui grimpait sournoisement contre sa peau et affronta, avec une pointe de défi en trop pour masquer son ressenti, le regard profond de Valion. La haine, la colère et les doutes n'avaient pas disparus, mais elle consentait à les laisser de côté, à laisser la raison prendre le dessus. Elle réfléchirait à tout cela plus tard, tirerait des conclusions plus tard... Et peut-être pas seule, cette fois.

Le silence lui laissa le temps de respirer et de se mettre à l'écoute, de remettre la pendule à l'heure et de recentrer son monde sur ce qui importait réellement. Et ce qui importait réellement, là tout de suite, ce n'était rien d'autre que la présence du chasseur à ses côtés et la compréhension qu'elle lisait dans ses iris. C'est cette compréhension, et cette patience, qui achevèrent de mettre Ezelya sur un sol stable, et elle expira lentement une dernière fois. Elle était calme.

Elle l'écouta, sa voix grave la tirant toujours de plus belle vers le présent et loin de la tempête. Il avait raison, c'était vrai. Elle était déçue, et jamais elle ne pourrait trouver de demi-dieu qui égalerait son conseiller divin. Elle le tenait en trop haute estime, sans pour autant lui être aveuglément dévouée, et son avis serait éternellement biaisé. Comme prouvé à de nombreuses reprises, la femme sous le costume de l'Écarlate était un être humain comme les autres, influencé par des émotions plus fortes que la raison. La pirate ne renchérit rien, incapable de trouver quoi que ce soit à dire pour sa défense et sans pour autant prendre la remarque comme une attaque. Elle laissa couler, ponctuant son écoute d'un hochement de tête.

À la suite aussi, elle resta muette. Elle sentait la rage gronder dans le désert aussi sûrement qu'elle avait senti celle de Nagah dans son épreuve. Pourtant, elle devait le concéder à Valion, tous deux étaient bien différents. Elle évita de commencer à lister en quoi et parcourut d'un regard la pièce à nouveau. Peut-être, là où sa première impression du loup avait été la bonne, elle s'était trompée sur la nature de la haine qui animait la créature habitant ces lieux. Peut-être son jugement avait-il été biaisé par les fastes de la salle, et peut-être même que la douleur dans son corps, mêlée à la soif et à la faim, coupait court à toute patience. Peut-être aussi était-elle plus prompte à juger depuis qu'elle avait appris que le Pacte opérait des deux côtés. Avec peu de contraintes pour l'humain, certes, mais tout de même. Elle se devait de jauger la divinité en face, de ne pas prendre avec elle n'importe qui. Elle avait fait l'erreur une fois, et il était hors de question de la refaire.

Quant aux dernières paroles de son compagnon, elle fronça les sourcils.

《 Quoi? 》

Mais rien d'autre. Parce que c'est là que tout dégénéra.

En un claquement de doigts, la divinité se révéla, jaillissant de sous la couche d'or pour s'abattre sur eux tel le courroux divin incarné. Elle aperçut Valion se faire ceinturer par l'homme-illusion de plus tôt et crier son nom, mais elle n'eut aucunement le temps de réagir. Non, car la panthère, divinité majestueuse, leva sa patte immense et l'abattit directement sur son épaule droite.

Au début, elle ne ressentit pas grand chose, seulement l'impulsion qui la propulsa au sol, puis le sang qui imbiba sa chemise déja détrempée, puis sa vision de plus en plus floue. Et finalement, la douleur accourue. Transperçante, elle se déversa comme un acide dans ses veines, irradiant son corps d'une souffrance jusqu'alors inégalée. La pirate s'en retrouva à pousser un cri étouffé, la respiration si courte qu'elle pensait se noyer. Des larmes affluèrent quand bien même elle tenta de les repousser et il lui fallut tous les efforts du monde pour seulement comprendre ce que lui disait la divinité dans son élan de fureur. La douleur faisait ciller ses oreilles, comme si plus rien au monde n'existait que cette entaille profonde dans sa chair où elle sentait battre son coeur.

Elle crut comprendre qu'il la mettait au défi de se relever, et son corps eut une réaction presque instinctive à être ainsi narguée. Sa main gauche se posa au sol et elle tenta de se redresser. La douleur la traversa de nouveau, encore plus intense, et lui arracha cette fois un véritable cri de détresse. Elle avait l'impression que son membre se détacherait à tout moment, et c'est à peine si elle parvint à redresser la tête pour rendre un regard hagard au demi-dieu. La peur, pourtant, n'effleura même pas ses traits. De la colère, de la haine, du dégoût, peut-être une once de respect, mais certainement pas la peur.

Les pièces frappèrent son visage sans qu'elle ne tente de s'en protéger. Ezelya se força à se concentrer. Ignorant au mieux la douleur, elle porta toute son attention sur les paroles du demi-dieu. Son esprit virevoltait à toute allure, rebondissant d'une réplique cinglante à l'autre, cherchant à gagner la joute verbale au moins, mais au final rien. Elle resta muette. Les lèvres retroussées dans un rictus au moins aussi méprisant que celui qui lui faisait face. La dévotion? Arrogants? Supérieurs? Elle tilta sur le dernier mot. Le respect. Elle en avait attendu de la part de Pru'ha pour se rendre compte que même soulever la lune ne serait jamais assez pour gagner le respect de certains demi-dieux. Certes il ne lui devait rien, mais c'était réciproque. La pirate retint un grondement tout ce qu'il y avait de plus animal et accepta ce que le demi-dieu pouvait bien croire d'elle. Elle n'avait pas à se justifier, tout comme elle n'avait rien à lui prouver. Tout ce qu'elle pouvait faire, c'était supporter son regard et le lui renvoyer.

La pirate cilla à peine quand les portes s'ouvrirent en grand dans son dos, et elle tourna son regard vers Valion, dont le visage affichait un air horrifié. Que la divinité reporte son attention sur lui fit monter une vague de panique en elle et sa main libre se posa sur sa rapière, piètre défense si quelque chose tournait mal. Elle se savait incapable de seulement se redresser, mais sentir la garde contre sa paume était rassurant. Peu importe son état, sentir une menace plâner sur le chasseur la remplissait d'une colère dévastatrice qui la poussait à se remettre sur pied, à saisir sa rapière, et à foudroyer tout ce qui approchait. Heureusement, la divinité se contenta d'éloges mêlées de reproches. Ils avaient tous deux perdus le pari, apparemment, et une once de remord se nicha dans sa poitrine à l'idée qu'elle venait de priver Valion d'un troisième support divin.

Quand enfin la panthère se détourna, elle sentit Valion se précipiter à ses côtés. Elle sentait sa panique émaner et son réflexe fut de cacher toute trace de douleur de son visage, appelant plutôt une expression de colère, dirigée contre la divinité. Le résultat en fut douteux, mais au moins se sentait-elle moins atteinte dans sa dignité. Du coin de l'oeil, elle put voir Valion tirer de son sac une fiole contenant un liquide rouge et elle serra les dents en avance. Ah merde. D'une main faiblissante elle tenta de l'arrêter, craignant que la douleur supplémentaire ne l'achève, et elle enroula ses doigts autour du poignet du chasseur. Malheureusement, sa résistance était inutile et il dégagea son épaule pour y verser le liquide. Sa respiration se coupa de nouveau, saccadée, et elle retint des cris de douleur, ce qui se traduit par des grognements étouffés et son esprit repartit au loin.

Elle entendait Valion parler, dire quelque chose, peut-être à la divinité, peut-être pas, et malgré tous ses efforts pour se concentrer, le cillement incessant dans ses oreilles la coupait complètement du monde extérieur. Ses mains agrippaient ce qu'elles pouvaient serrant inconsciemment le tissu de la chemise de son compagnon, les yeux ouverts mais pourtant aveugles. Elle luttait de toutes ses forces pour rester consciente malgré les vagues de douleur qui allaient et venaient et la laissaient à bout de souffle. Pourtant, au bout de quelques minutes, secondes, une éternité pour elle, le monde ne fut réellement plus qu'un flou épuisant duquel son esprit s'éloignait.

La dernière chose qu'elle entendit fut sa voix, faible, un murmure à peine.

《 Allons-nous en... Ça n'en vaut pas la peine. 》

Et elle n'aurait su dire si elle avait prononcé cela à voix haute ou si c'était resté tapi dans un coin de son esprit.


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Aventure #17 écrite Mar 8 Oct 2019 - 11:07

J’en avais assez. Cette épreuve était éprouvante pour tout le monde et je n’éprouvais plus depuis longtemps de plaisir à tuer les faibles qui passaient ma porte. Toutefois je devais bien reconnaître que les trois derniers vermisseaux étaient issus d’un autre moule que les innombrables qui décoraient désormais un coin de ma cellule.
Même cette insupportable gamine, je devais l’admettre, tenait encore suffisamment à la vie et était suffisamment têtue pour continuer de tenter à me défier, même au bord de l’évanouissement, une colère sous-jacente dévorant ses prunelles bleues. Ca ne m'impressionna qu’un instant.
Qu’elle me déteste si elle le voulait, je n’en avais cure. J’avais dis ce que j’avais à dire, elle n’avait rien compris, cela ne changerait pas grand chose à mon immortalité qu’un insecte comme elle ne me respecte pas. Cela me prouvait juste, une fois encore, que les Humains n’avaient pas changés. Qu’ils commettaient toujours les mêmes erreurs, qu’ils avaient toujours les mêmes objectifs futiles, s’agitant comme des forcenés dans un monde qui perdureraient bien après leur mort, et qui finirait par les oublier.

J’avais décidé pour ma santé mentale d’occulter totalement cette femelle. Et pour sa santé à elle tout court. Si je m’apesantissais trop sur son cas, malgré toute ma bonne volonté - soit dit en passant mal placée, pourquoi m’embarrassais-je soudainement d’une quelconque bonne volonté quand à ces morpions ? -, j’allais vraiment la réduire en charpie.

Je pensais en avoir terminé avec ces deux imbéciles amoureux quand l’homme, après avoir larmoyé de façon dégoûtante sur la petite blessure de sa femelle, se releva et me hurla une phrase qui me fit rugir en réponse, comme un grondement de tonnerre qui emplit d’un claquement tout l’espace, effaçant tous les autres sons, jusqu’à leurs battements de coeur.

JE T’INTERDIS DE PRONONCER SON NOM !

Aucun vermisseau de son espèce n’avait encore eu l’audace de prononcer ce mot en ma présence. Un instant ma vision vira au rouge et je bondis sur l’homme pour lui arracher la gorge d’un coup de croc.
Lui étalé lourdement au sol et moi pesant de tout mon poids dessus, il ne devait clairement pas passer un bon moment.
Mais, curieusement, mes crocs s’arrêtèrent à quelques millimètres de sa gorge et pendant un temps, seul mon souffle lourd et contraint emplit l’espace. Je ne voulais pas savoir pourquoi je m’étais arrêté. Parce que, malgré tout, cet homme avait gagné une - infime - partie de mon respect en comprenant mon passé ? Parce que sa femelle, par sa rage, avait gagné le droit de sortir en vie, avec lui ? Parce que le visage d’Oum, sa bienveillance, se reflétait dans mon esprit et que je savais pertinemment qu’il aurait été triste que son nom soit sali par du sang ?
Toujours est-il que, après d’interminables secondes, je reculais et descendait de dessus l’homme, le laissant de nouveau respirer.

Malgré moi, je leur tournait le dos, tête baissée et regard porté sur ses siècles en arrière, une tristesse que je pensais avoir assassiné empoisonnant de nouveau mon esprit. Je voulais y croire. A ses mots. Une chance de trouver Oum ? Vraiment ? Après tout ce temps ? L’espoir fleurit en moi comme une mauvaise herbe vivace et commença à étouffer ma raison qui me disait, me hurlait même, de me méfier.
Puis, curieusement, le poids de mon collier, faite d’une partie d’Oum, commença à peser sur mes épaules. Et la lucidité revint. Comment pourrait-il m’aider ? Ils étaient des centaines à être enfants de Terra. Dans cette centaine, comment savoir si Oum était sorti ? Ou, le cas échéant, quelle était sa cellule ? Et comment être sûr que l’homme passerait l’épreuve avec succès ?
C’était impossible. Et cette idée en fit tomber une autre sur ma tête, comme un couperet : les chances que je revois Oum étaient passées de minces à infinitésimales en trente secondes.

C’est donc d’une voix lasse, sèche et découragée que je répondis, tournant à peine la tête vers lui :

Ne sois pas idiot. Tu ne peux pas m’aider. Comment un Humain pourrait m’aider ? Oum peut être n’importe où dehors, ou dans le Temple de Terra. Et tu n’es en aucun cas sûr de réussir son épreuve pour le libérer si d’aventure tu tombes sur sa cellule par hasard.

Pourtant quelque part, la part bonne en moi appréciait la tentative de l’Humain, la détermination que j’avais perçu dans sa voix. Alors je fis quelque chose que je n’avais jamais fait avant : je fis un cadeau. Détachant le maillon de ma chaîne accroché à mon collier, je lui apportais et attendit qu’il le prenne pour préciser.

Si toutefois tu essaie de le chercher, et que tu le trouve dehors. Montre-lui ça. Il comprendra. Tu peux aussi le vendre. Un maillon en or immortel de cette taille, tu trouveras forcément un acheteur. Le choix te reviens. Maintenant, pars. Partez tous les deux.

Je retournais me coucher sur les marches menant à mon trône, sans toutefois me statufier, mes yeux attentifs lisant leurs gestes.


---

Ma marionnette restait immobile, comme si elle attendait une réponse, posant sans ciller ses prunelles félines sur le visage de l’Humain, comme si elle avait le pouvoir de lire son âme. C’était faux bien sûr, et j’aurais aimé qu’elle puisse le faire, ce qui m’aurait évité d’avoir à perdre du temps en questions, questions auxquelles le vermisseau pouvait répondre par des mensonges.

La première question était simple. Mais la réponse qu’il apporta ne me satisfaisait pas. Je connaissais son nom, je savais désormais d’où il venait - bien que cela fut très flou pour moi, vu que je n’étais encore jamais sorti -, mais je ne savais toujours pas “qui” il était.
Je me demandais alors s’il avait volontairement éludé cette question, ce qui d’office me rendait un cran plus méfiant quand à son honnêteté, ou s’il était juste trop idiot pour y répondre - ce qui n’était pas spécialement un point positif non plus, par ailleurs -.

La seconde partie semblait déjà nettement plus sincère et j’appréciais qu’il ne me serve pas un pseudo-discours sur la liberté des demi-dieux emprisonnés injustement. On était utiles et puissants, et il cherchait à s’approprier un fragment de notre puissance pour assurer sa sécurité. Ca ne me dérangeais pas outre mesure d’être considéré comme un objet utile, dans l’ancien monde, les Humains avaient déjà cette vision de nous, mais la perspective de devoir toujours être collé à mon libérateur commençait déjà à m’énerver.
Un peu sèchement du coup, ma marionnette demanda :

Quel genre de lien souhaite-tu avec ton demi-dieux ? Proche, chacun de son côté avec un coup de main de temps en temps, utilitaire uniquement ?

Je savais pour avoir entendu mes frères et soeurs en parler dans leur cellule que les Pactes étaient aussi divers que variés et que chacun de mes congénères n’attendait pas la même chose de ce lien. Les Invocateurs non plus, par ailleurs.
De fait, pour éviter que je ne sois trop contraint, il fallait tout de suite que je sache à quoi m’attendre, c’était un critère essentiel sur lequel je ne pardonnerais pas. Le choix lui appartenait de trouver la bonne réponse.

Quand mon pantin posa la question des enseignements retenus, j’écoutais attentivement sa réponse. Il fallait l’admettre, j’étais curieux de savoir ce qu’un survivant pouvait penser de ma cellule et de son contenu.
Je passais rapidement sur le refrain de la puissance : évidemment que mes illusions étaient puissantes. Elles avaient été créées avec toute mon âme, tout mon coeur, pour évaluer durement les prétendants. Pas besoin de me le rappeler, je ne le savais que trop bien.
J’appréciais un peu plus la partie sur les fausses promesses. Bon. Déjà ça. C’était préférable à quelqu’un qui promettait monts et merveilles avec toute la sincérité du monde mais dont on savait pertinemment que c’était irréalisable. L’espoir était un poison tenace, même inatteignables, les promesses faisaient flamboyer ce sentiment, rendant tout complètement idiot et vain. Je préférais donc de loin quelqu’un de sombrement réaliste. Moins de chances d’être déçu. C’était une bonne chose.

La suite sur ma prétendue volonté de ne pas annihiler tous les humains qui passeraient le pas de ma porte me fit grogner intérieurement. J’étais peut-être devenu un peu mou, mais il se plantait royalement s’il pensait qu’il commençait à me comprendre. Ce n’était qu’un vermisseau qui se croyait plus malin que les autres cadavres… Enfin. Dans la mesure où mon épreuve reflétait aussi bien ma volonté que mon inconscient, peut-être bien qu’il avait raison. Mais cette idée ne me plaisait pas du tout.
C’était donc agacé que j’écoutais son dernier laïus… Qui me fit grogner de dépit. Il fallait se rendre à l’évidence, il titillait là où mon coeur était un faible. Une contrepartie à mon aide ? Comme par exemple… Chercher Oum ? Raaaaah satané espoir de m… Je soupirais intérieurement. Avais-je encore vraiment le choix ? Celui-ci avait survécu, il ne m’agaçait pas trop et semblait prometteur. Peut-être bien que je devait lui laisser une chance…

Mais mes questions n’étaient pas encore finies. Ma voix s’échappa de nouveau de la bouche de ma marionnette :

Tu voyage beaucoup, c’est ce que tu as dis. Pourquoi ? Comment survis-tu ?

Je voulais vraiment le passer au crible. Le passer au rayon laser. Il me répondrait où je ne sortirais pas avec lui.


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Aventure #18 écrite Lun 21 Oct 2019 - 22:56

N'entrez pas !
Épreuve de Orptah, avec Ezelya
Entendre rugir un Bicéphale assourdissait. Les sens se retrouvaient amoindris plusieurs secondes, les pensées muettes. Mais entendre rugir un demi-dieu, qu'il soit loup, dragon ou félin, terrorisait. Le corps vibrait, les sens se terraient pour déloger la peur la plus instinctive. Valion sut qu'il allait perdre la vie. Tout son corps le lui murmurait.

Son dos s'écrasa au sol avec une violence familière. Le souffle coupé, il était soumis à la puissance brute du fils d'Ignis. Son haleine sanglante ne prit pourtant pas l'odeur du liquide vermeil qui coulait dans ses propres veines. Cette situation devenait décidément trop similaire à celle du Temple de l'Eau. Un échec pour lui, l'étreinte de la mort bordant la pirate, un demi-dieu haineux... Les crocs près de sa gorge s'étaient arrêtés, le temps avec eux.

Étrangement, Valion se détendit. Si ses muscles restaient crispés sous la pression du demi-dieu, le changement se remarquait. Étaient-ils condamnés, eux aussi ? Le chasseur fut libéré de l'emprise du prédateur. Il retrouva sa respiration, et ces réflexions se tapirent dans l'ombre de son esprit. Une autre fatalité s'abattit dans la pièce. Le cœur du jeune homme se serra. Puis, un sentiment plus léger l'enveloppa doucement.

Là où la cruauté de Nagah l'avait laissé vivre pour endurer davantage de tourments, la motivation de cet enfant était différente. Il le voyait, derrière son timbre cassant. Au fond de lui, la flamme d'Ignis qui brillait était celle de l'espoir. Beaucoup de choses semblaient brisées en cet être, mais pas cela. Ses années d'emprisonnements et ses déceptions ne le lui avaient pas enlevé.

Quel dommage qu'il n'en possède pas assez pour établir un Pacte et aller le chercher lui-même. Valion pria mentalement les Quatre pour qu'un autre lui en inspire suffisamment. Il ne pouvait malheureusement rien faire de plus. La surprise gagna ses traits lorsque le grand félidé se retourna. La bouche entrouverte et les sourcils haussés, il saisit le maillon en or massif qui lui était tendu. Il y avait bel et bien une autre voie, malgré le fait qu'ils ne puissent l'arpenter ensemble.

Le chasseur contempla le précieux objet, le temps que la créature divine reprenne position près du trône. Il releva ensuite la tête, et plongea dans son regard doré avec reconnaissance, et la même détermination que précédemment.

« Merci. Je sais que vous n'accordez pas grande valeur à mes mots, mais je le chercherai. »

Le métal étincelait dans sa paume, et sa qualité se montrait dans le poids, il fallait le reconnaître. Jamais il n'oserait vendre pareil présent. L'idée n'aurait même pas effleuré son esprit si le demi-dieu ne l'avait pas suggéré.

Il était d'ailleurs temps de lui obéir avant qu'il ne change d'avis. Valion rangea le cadeau dans son sac magique et prit Ezelya dans ses bras, la portant vers la sortie sans un regard derrière eux. Elle avait eu tort de penser que ça n'en valait pas la peine.

Codage par Libella sur Graphiorum
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Les héros ne se proclament jamais eux-mêmes.

« Promis, on se reverra ! »
"Je n'ai jamais eu un adversaire aussi honorable et avec une aussi grande rage de vaincre."

“ Bien que tu ne sois pas mon Libérateur pour cette vie, tu n'en mérites pas moins mon estime. ”
- Si tu veux apprendre à contrôler ta rage, apprends déjà la patience.
« Merci de ne pas vouloir faire de moi un prisonnier à nouveau. »
« Que les leçons apprises ici et votre bienveillance jamais ne vous quittent. »
《 Je te veux à mes côtés, Valion. 》

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Aventure #19 écrite Mer 30 Oct 2019 - 22:13

N'entrez pas !

Feat Orptah



La forme humaine aux yeux de félin le fixait, sans bouger, l'intimidant presque. Elle avait quelque chose de dérangeante, et presque il aurait préféré s'adresser directement au maître de cette cellule. Après l'épreuve physique, voilà maintenant qu'il devait en passer une plus mentale. Plus simple, aussi, car il suffisait de répondre avec honnêteté. Il n'y avait rien de bon à cacher ses intentions ou sa personnalité, car à l'extérieur, la vérité serait dévoilé, pour le meilleur et surtout pour le pire. Bryne, lui qui mentait comme il respirait, était bien placé pour savoir qu'il ne fallait pas s'amuser à tromper un demi-dieu.

Suite à sa première réponse, une deuxième question. Le lien entre lui et une invocation, il ne l'avait jamais expérimenté, ni même vraiment imaginé. Pour le jeune homme, c'était quelque chose de si extraordinaire qu'il n'était pas possible de vraiment s'y identifier. Il fallait le vivre pour vraiment penser à toutes les problématiques que cela pouvait apporter. Malgré tout, il avait tout de même une vague idée de la relation qu'il souhaitait entretenir. Une invocation, ce n'était pas non plus quelque chose qu'il n'avait jamais vu. Il avait vu toute sorte de relation. Il était sûr qu'il ne voulait pas d'un toutou, ni même d'être un maître surpuissant et absolu. Même si c'était tout de même un peu le cas dans tout lien.

« Mmh... Je suis une sorte d'informateur, et j'pense pas de toute façon qu'un demi-dieu pourra me suivre tout le temps. J'aime bien aussi être seul de temps en temps... Après, c'est comme tout, une relation ça se développe avec le temps. Je ne vais pas demander à un demi-dieu d'être mon meilleur compagnon dès le départ alors que ce n'est pas vrai. Ne jouons pas les hypocrites. Le lien implique les deux parties. Le plus simple est de discuter au départ de ce que chacun attend de l'autre, comme ça c'est moins chiant pour les deux. Et puis de voir comment ça évolue. Pour moi, le demi-dieu peut faire ce qu'il veut, simplement j'aimerais qu'il réponde à mon appel si j'ai besoin de sa force un jour. »

Le sortir de galère s'il se retrouvait contre des ennemis persistants, l'aider à combattre un monstre, pour le moment, c'était amplement suffisant. Pour le reste, il verrait le moment venu.

Une autre question, sur ces voyages maintenant. Bryne ne savait pas vraiment comment résumer sa situation, celle-ci étant bien complexe. Pour le moment, il se contentait de voyager grâce à des caravanes, sous sa couverture de chasseur. Comment faisait-il pour survivre ? Cette question le fit presque sourire ; il en avait bavé. Des bons et des mauvais moments, mais il était bien là, maintenant, dans une cellule de demi-dieu, chose qu'il n'aurait jamais imaginé en étant gamin. La chance ? La volonté ? Un peu de tout à la fois. C'est ce qui faisait la vie après tout. Le jeune espion croisa les bras, prenant quelques secondes pour réfléchir. Puis son regard retourna sur la forme humaine étrange.

« D'un côté, je voyage beaucoup lorsque je suis en mission. C'est surtout entre Rorn et Lüh. Les voyages en eux-mêmes ne sont pas les plus dangereux, j'ai deux compagnons, Wheein et Ténès, et on arrive à survivre à trois, on va dire. On utilise des caravanes le plus souvent. Mais j'aimerais ne pas avoir à déprendre d'eux, et surtout, pouvoir être un peu plus libre de mes mouvements de temps en temps. D'un autre côté, je voyage aussi simplement pour moi, pour découvrir un peu l'île. Mais avec tous les monstres, c'est pas ce qu'il y a de plus facile. »

Pas facile... impossible, même. Est-ce que sa réponse allait satisfaire le demi-dieu, il allait bien le voir maintenant.



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Aventure #20 écrite Ven 8 Nov 2019 - 21:55

N'entrez pas !...

Le temple du feu. Le seul dans lequel je n'étais pas entré et pourtant, c'était celui dans lequel je comptais laisser s'exprimer la déflagration en mon âme. C'était presque poétique à dire vrai, je m'étais rué vers le désert en vérité, nourris d'une rage sans précédent. Il faut dire qu'il y avait de quoi et tout mon être était appelé par ce temple. Il fallait que j'y aille, que je retente ma chance, que je prouve que j'étais méritante et que cette Vipère n'avait qu'à bien se tenir, qu'elle avait plutôt intérêt à être sur ses gardes. Cette fois-ci, je ne pensais même pas à l'éventualité d'y mourir, ce n'était pas la question. J'avais besoin d'exploser et c'était là que je voulais le faire. Pourquoi ? Je m'en foutais, j'avais demandé à Galifey de voler jusque là bas sans même y réfléchir. J'avais seulement besoin... de me prouver certaines choses.

J'avais bondis de son dos, aussi vif qu'un éclair, avant de m'engouffrer sans me retourner. Oui, je le savais, ils m'en tiendraient rigueur, tous les deux. Je ne m'en fichais pas, au contraire, mais j'étais incapable de m'arrêter pour en saisir le poids. Je n'étais plus au commande de rien, je me sentais comme cette fois où Il avait écrasé ma dignité, remis en question tant de chose, fait jaillir ma culpabilité et que j'avais laissé ma rage le dévorer. C'était... exactement pareil, en tout point. La fierté bafouée, les doutes, la culpabilité d'avoir perdue tant de chose là bas et il fallait que tout ça sorte, avant que je ne puisse retrouver un semblant de lucidité. Quoi de mieux que le temple de Feu pour ça ?...

Une première porte, une seconde, je ne les comptais plus, celles qui passaient à côté de moi alors que mes pas m'envoyaient tout droit vers on ne sait où. Et puis celle-là, une toute simple, pas plus visiblement que les autres. Etait-ce vraiment un choix ? J'en doute, mais peu importe, c'était celle là.  Je l'enfonçais presque en entrant, oubliant le respect que je leur vouait pendant une seconde. Je m'en étais rendu compte, une seconde trop tard, je me trouvais au beau milieu d'un désert semblable à celui que j'avais survolé juste avant. J'étais déjà plus ou moins en condition, car même en y étant qu'en hauteur, je m'étais déjà délesté de mon attirail que j'avais enfourné dans mon sac sans fond. J'avais cependant conservé ma cape, la plus légère. C'était donc dans cette tenue que je me trouvais au milieu de ces milliards de grains de sable et le soleil tapait bien plus fort que tout à l'heure, lui qui n'était même pas encore totalement levé à l'extérieur.

C'était comme un poids qui était brusquement venu alourdir tout mon corps. Le vent brûlait ma peau, alors je la couvrait un maximum avec ma cape, tout comme mon visage. C'était tout ce que je demandais, tout ce que j'aurais voulu trouver ici, de quoi me forcer à me battre, surtout contre mon propre corps. La rage était alors encore montée d'un cran, je grognais et me décidais à avancer, même si je sentais la chaleur bruler mes pieds, même à travers mes bottes. Elles s'enfonçaient dans le sable, un pas après l'autre, j'enrageais de plus en plus, mais j'avançais. Vers où ? Vers quoi ? Je ne savais pas, je ne savais plus. A de plusieurs reprise, je m'étais arrêté pour regarder autour de moi, essayant de trouver un objectif, mais rien, absolument rien. Le vide, pourtant si encombrant. D'énervement, à chaque fois, je reprenais ma route, grondant de plus belle, maintenant ma cape autour de moi car la moindre parcelle de peau à découvert était horriblement douloureuse. Je transpirais à grosses gouttes, ma tunique était trempée, mon pantalon moite sur mes cuisses qui elles aussi chauffait horriblement.

Durant un long moment, je ne savais combien de temps exactement, c'était ma rage qui me guidait. De temps en temps, elle diminuait et me faisait tomber, avant de ressurgir par ce simple fait. D'autant plus quand, une première fois j'avais essayé de porter ma gourde à mes lèvres pour ne faire couler que du vide. Je grognais, voir criais en la jetant au loin. Avais-je été assez bête pour venir dans un désert sans eau ? Il faut croire. J'étais tout autant assez stupide pour crier la gorge sèche, j'avais eu l'impression de la briser, de sentir du sang l'envahir. Malheureusement pas suffisamment pour s'apparenter à un abreuvement. De dépit, je récupérais ma gourde vide avant de la ranger machinalement dans mon sac sans fond, qui était d'une lourdeur infinie. Pourquoi étais-je là déjà ? Et depuis quand ? Seule, dans le désert... Un pas de plus et je m'écroulais, les mains sur le sable brûlants, malgré mes gants. D'une faible voix, j'essayais d'appeler Xion, plusieurs fois, mais elle ne venait pas. Pourquoi ? Galifey ? Non plus... Le sable était brûlant, mais ma fatigue ne me permettait pas de me relever, alors je m’agenouillai et grondait vers le ciel, à en rompre ma mâchoire. Je sentais mes yeux s'humidifier et aussitôt s'assécher, basculant vers l'horizon où je croyais apercevoir quelque chose. Etait-ce seulement possible ? Je me redressais alors, difficilement bien sûr et tentait de percer cette vision. Je m'avançais de plusieurs pas avant de m'apercevoir qu'il s'agissait d'une étendue d'eau, entouré de plusieurs arbres et d'herbe. Est-ce que je rêvais ? Je clignais des yeux à me les décrocher. Non, je ne rêvais pas et qu'elle joie c'était !

Éclatant de rire, je m'élançais jusqu'à elle, prise d'une énergie que je croyais perdu. Je courais vers elle, trébuchant parfois, mais je m'en foutais complètement. Je courais, le sourire aux lèvres, il ne me restait plus que quelques mètres. Presque arrivée, je laissais tomber mon sac sans fond, ma cape, le soleil brûlait ma peau, mais je ne le sentais même plus, trop absorber par ce que j'allais avoir. J'enlevais mes bottes, ma tunique, mon pantalon avec hâte, laissant tout tomber sur l'herbe, voulant à tout prix la sentir sous mes pieds. Elle était tellement fraîche en comparaison au sable. C'était un bonheur incomparable. Sans attendre plus longtemps, j'avançais jusqu'à ce que me cheville soient dans l'eau, cette fraicheur était tout simplement divine, électrisante. N'y tenant plus, je plongeais dans l'eau, tout entière, laissant ma bouche s'ouvrir pour ingurgiter le plus d'eau possible. Ressortant de là, je me redressais et avait toujours pied, basculant ma tête en arrière, les cheveux trempés frappant délicieusement mon dos nu. Je laissais échapper un râle d'une grande satisfaction avant de m'accroupir dans l'eau, recouverte par celle-ci.

Jaillissant de nouveau, bien moins vivement cependant, j'eu un sursaut d'instinct qui me fit regarder vers mes affaires, m'assurant que personne n'était sur le point de les voler. Enfin, si seulement il y avait quelqu'un ici... ce qui n'était pas le cas. Je m'avançais vers la berge et le temps que je m'en rapproche, j'étais déjà sèche. Je grognais alors à nouveau, récupérant seulement ma gourde afin de la remplir, la renvoyer vers mon sac après avoir rejoins à nouveau l'eau. Marchant jusqu'à ce que sa surface ensevelisse mes épaules, je restais là un long instant, plongeant ma tête régulièrement, avalant à plusieurs reprise de bonnes rasades d'eau. Pendant combien de temps, je ne savais pas, tout ce qui était important, c'était que j'aurais pu rester là éternellement, jusqu'à même laisser flétrir ma peau comme un vieux pruneaux. Les yeux clos, le temps passait, passait... tellement plus vite que tout à l'heure.

Le soleil commençait déjà à se coucher, je ne le sentais plus tambouriner sur le haut de mon crâne. Par curiosité, je sortais timidement de l'eau, l'air était déjà moins chaud, suffisamment pour me laisser sécher sur cette herbe, me prélassant maintenant sous un soleil agréable. Mais la nuit arrivait bien vite et le froid avec elle. Ce qui, je dois bien l'avouer, m'incommodait moins que la chaleur, parce qu'à cela, j'étais bien plus habituée. Je me rhabillais alors, le corps parfaitement sec, croyant pouvoir me satisfaire de ma tenue de départ. Que neni. La nuit était vraiment glaciale. J'avais donc fini par remettre absolument tout mon attirail, laissant mes armes dans le sac, mais ça ne suffisait pas, même avec la cap. Grelottant, je trouvais alors un arbre confortable, m'asseyant à ses côtés, le dos reposant sur lui. Puis soudainement, un éclair de lucidité. L'autre cape ! Je l'avais cédé à Xion à Oagran, mais il me semblait bien l'avoir ranger après dans le sac. Qu'une seule façon d'en avoir le cœur  net : Bingo ! Elle était là, il suffisait d'y penser.

Ce moment de joie ne fut pourtant que de courte durée, j'avais retirée la cape plus fine, pour m'enrouler dans celle en fourrure, entourant le reste de mon corps avec la première. Moi qui croyais ne pas craindre le froid, celui-ci était bien au delà de ce que j'avais connu jusqu'à maintenant. En boule, au pied de cet arbre, le temps ne passait guère, mais la fatigue finit par m'avoir, après ce long périple, lourd et affreux. Quand je rouvris les yeux, mon arbre n'était plus là et devant moi, le paysage avait changé. Sérieusement ?! Ah, oui... voilà maintenant. Hier j'étais dans un désert de sable, aujourd'hui sur de la pierre. Ce n'était pas vrai tout ça, j'étais dans une épreuve, j'avais complètement oublié. Ce qui ne m'aidait pourtant pas du tout, je me relevais, observait autour de moi. Aucun signe de l’enfant divin qui hantait cette cellule. A nouveau, la rage assourdissante repointait le bout de son nez.

❝ Bon ! Très bien ! ❞

Oui, ça lui était directement adressé, le regard vers le ciel, comme si il y était. Le soleil s'était levé à toute allure, la chaleur, le vent brûlant avec lui. Je rangeais frénétiquement mes affaires dans mon sac sans fond, revenant à une tenue plus légère, conservant ma cape pour me cacher des rayons. Récupérant le sac sans fond, je repris ma route, d'un pas décidé mais tout autant agacé. Cette fois-ci, mes pieds n'étaient pas ensevelis par le sable et je trébuchais rarement. A vrai dire, la seule fois où j'étais tombé de fatigue, ça avait été si douloureux que je préférais avancer bien moins vite, avec plus de mesure, ce qui allait sauver le reste de mes mains. L'avantage maintenant, c'est que j'avais de l'eau, mais une seule gourde. Alors, là aussi, j'essayais d'être moins débile et n'avalait qu'une seule goutte de temps en temps. Mais le moment viendrait où il n'y en aura plus et je doutais sérieusement qu'une nouvelle oasis allait se présenter. En y pensant, c'était d'ailleurs bien aimable à ce fils du feu de me l'avoir offert, mais finalement assez sadique aussi, d'une certaine manière. Mon regard s'éleva alors vers le ciel, un instant, comme pour guetter sa probable arriver, qui n'arrivait évidemment pas.

Mais, j'étais déjà moins pleine de rage. J'avançais, à mon rythme, tout droit, vers je ne savais quoi...

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