Ce petit écart entre médecin et boucher.

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Ludvik
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Aventure #1 écrite Mer 9 Oct - 21:29

A lire avant de commencer:
 

— Arrête-toi ! Viens ici, meurtrier !

Tels étaient les mots qui retentissaient dans la rue. Ludvik courait déjà depuis cinq bonnes minutes et était à la limite de s'effondrer sur le sol. Seules ses ruses l'avaient sauvé jusqu'ici, et il devait admettre que la milice devenait de plus en plus intelligente à chaque fois. Poursuivi entre les étalages et les bâtiments, Ludvik remarqua un tout petit endroit entre deux maisons où il s'infiltra vivement. Très rapidement, il se cacha dans les ordures qui trainaient sur le sol et attendit. Tout près, il entendit la milice passer. L'un des soldats s'arrêta au niveau de la ruelle pour examiner l'endroit, mais il se fit visiblement rappeler à l'ordre et reprit sa route en courant. Ludvik sortit la tête des ordures et soupira.

— Et bien. C'est que ça devient dur de leur échapper. Heureusement que je ne tiens pas à mes vêtements.

Un râle le fit sursauter. Il se retourna vers le fond de la ruelle, et aperçut un vieillard, assit dans une flaque de sang, se fondant dans le décor comme s'il avait toujours été là. Le vieil homme le regardait dans les yeux, et il réussit à articuler :

— Tu... Tu es le... Médecin dont on... Parle en ce moment... Pas vrai ?

Il fit une pause pour tousser et cracher du sang, tandis que sa plaie au ventre continuait de déverser le précieux liquide écarlate.

— J'ai... Quelques pièces pour toi... Si tu m'aides... Avec ça...

Intéressé, Ludvik s'approcha et examina la plaie. Visiblement causée par une lame, elle était toute récente. De toute manière, si elle avait été ancienne, le pauvre homme serait déjà mort depuis un bon moment. Ludvik sortit une épingle et du fil de sa poche et dit, avec un sourire :

— Ca va sûrement faire très mal. Mais il ne faut pas que vous criiez. Je vous en prie, mettez quelque chose entre vos dents.

Le vieillard s'exécuta et prit un pan de son habit et le serra fort. Ludvik commença l'opération. Délicatement, mais d'une assurance visible, il commença à percer la peau, alors que le vieil homme se tordait de douleur. Petit à petit, il fit se refermer la plaie. Un trou en bas. On remonte vers le haut. Un trou en haut. On fait passer le fil. On descend vers le bas. Un trou en bas... Et ainsi de suite. Si Ludvik était conscient qu'il devait faire relativement vite, ne serait-ce que parce que le vieil homme pouvait mourir de douleur, il prenait néanmoins un malin plaisir à le voir se tordre à chaque fois que le fil se tendait, à chaque trou qu'il perçait. Il fixait le visage du vieil homme plus qu'il ne regardait ce qu'il faisait. C'était impressionnant. Qu'est-ce qui faisait que cet homme ressentait la douleur ? Certes, les nerfs y étaient pour quelque chose, mais... Ludvik voulait savoir POURQUOI était-ce désagréable ? Quel était l'élément en plus qui faisait que certaines personnes avaient plus mal que d'autres ? Alors qu'il était à deux doigts de terminer, les muscles du vieil homme se relâchèrent soudainement, et sa tête tomba sur le côté. Ludvik termina tranquillement et soupira.

— Dommage, je m'amusais bien... Oui, vraiment, c'est dommage qu'il se soit évanoui...

Il se pencha et fouilla le vieillard, trouva sa bourse quasi-vide, et prit une pièce de 1 tsuri, ainsi qu'une autre de deux. Trois tsuris l'opération. Il n'allait pas aller bien loin avec ça... Malgré tout, Ludvik reprit son chemin discrètement, rasant les murs afin de se faire le plus discret possible.

Cela faisait déjà quelques années qu'il était arrivé à Lüh, et sa vie avait presque toujours été comme ça. Mais il s'en contentait. Il dormait dans la rue, parfois dans des caves quand il avait de la chance. La journée, il n'était pas très actif. Mais telle une créature nocturne, c'était la nuit que les choses les plus intéressantes se passaient. Car Ludvik était un opportuniste, et les bagarres qui finissaient mal étaient monnaie courante dans les zones peu fréquentables de Lüh. Et ce jour-ci ne faisait pas exception à la règle.

Quand la nuit commença à tomber petit à petit, les bars se remplirent, les hommes se saoulèrent, et les malfrats sortirent. Règlements de compte obligent, certains finirent blessés. Et c'est là que Ludvik intervenait. Il prit le premier groupe qui passait, composé de trois hommes en comptant le blessé, et les dirigea dans un endroit désert et calme. Là, il demanda :

— Bien. Connaissez-vous mes honoraires ?

— On en a un peu rien à foutre là, répliqua l'un des hommes. Soigne-le, et on verra ça après !

Ludvik s'exécuta et soigna rapidement le blessé. Quand ce fut fait, il eut à peine le temps de se relever que l'un des malfrats essaya de le frapper à la tête avec un bâton. Heureusement, il esquiva de justesse et fit :

— Et bien, moi qui voulais vous proposer un marché pour que vous n'ayez pas à payer...

Les bandits eurent un mouvement d'arrêt, dont Ludvik profita. Il s'approcha vivement de l'un d'eux et rétorqua :

— Mais je suppose que cela ne vous intéresse pas.

D'un mouvement sec de son scalpel, le poignet du bandit s'ouvrit en une gerbe de sang et il s'écroula au sol en se tordant de douleur, hurlant comme un goret. Les deux autres prirent peur et s'enfuirent. À ce moment précis, les yeux de Ludvik s'illuminèrent.

— Et bien, et bien. Avec tout ce bruit, la milice ne devrait pas tarder... Mais j'ai encore un peu de temps pour essayer de savoir ce qui te maintient en vie...

Tout en disant ça, il avait plaqué sa main sur la mâchoire de l'homme, qui devenait livide. Vivement, il exécuta une série de coups avec son scalpel. Plusieurs blessures s'ouvrirent sur le corps du malheureux. À la gorge, au front, à la poitrine, sur les bras... Ludvik martelait son corps de coups de scalpel, et quand le bandit mourut enfin, il lui enleva les vêtements qu'il portait au torse et entreprit de lui faire une entaille entre deux côtes. Là, il y inséra sa main et élargit la plaie, puis saisit une côte pour forcer de toutes ses forces dessus et la casser en deux. Enfin, il saisit délicatement le coeur du pauvre homme et l'examina un moment.

— Vraiment étrange... Je n'ai touché aucun point vital, mais il semblerait que les façons de tuer un être humain soient multiples et variées... Ce coeur est en parfait état, il pourrait même fonctionner sur quelqu'un d'autre...

En disant cela, il avait sectionné les artères reliant le coeur au corps, et le plaça dans une petite sacoche qu'il avait avec lui.

— Oui, vraiment très étrange... Non pas que je ne m'y attendais pas, mais je ne saisis pas comment cela peut se produire... Enfin, il est temps de déguerpir.

Il sortit discrètement de la ruelle, puis se mit à courir tout en restant dans les zones les plus sombres de la ville. Quand ils arriveront, la milice découvrirait un cadavre de plus. Oui, un de plus, car ce n'était sûrement pas le premier, et encore moins le dernier... Ludvik palpa le coeur à travers la sacoche.

— J'y arriverais... Je découvrirais ce qui fait fonctionner un être humain... Mais avant cela, me laver.
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Aventure #2 écrite Dim 24 Nov - 14:10

Erine était de retour dans en ville. Une semaine, voir deux, s'étaient écoulées depuis le dernier scandale qu'elle avait fait éclater dans la taverne. Elly s'en était-elle sortie ? La haine des marins échauffés cette nuit là s'était-elle éteinte? La milice avait-elle oubliée? Une expression pensive se peignit sur son visage. Elle verrait bien, il lui suffisait de rester sur ses gardes voilà tout.

Lüh la Belle, Lüh la Grande, Lüh la Magnifique n'était qu'un doux mensonge. Certes, le jour, la Capitale des Hommes était une peinture splendide débordante de vie, animée et prospère. La nuit, elle dévoilait ses entrailles si noires et meurtries, son deuxième visage que beaucoup on apprit à craindre. Et, Erine, comptait bien sur cette débauche qu'on ne voulait pas voir mais qui efface pourtant l'ardoise très facilement sur des petits incidents comme les siens.

Pas plus de quelques heures ne lui avait suffit pour entendre les nouvelles rumeurs qui courent les rues faisant frémir la population. Se mêlant à la foule dans l'axe  commerçant de la ville, la jeune femme écoute attentivement ce que Lüh à lui chuchoter à travers les conversations de tout un chacun.

Erine, emmitouflée dans sa cape miteuse le capuchon rabattu sur le sommet de son crâne pour dissimuler sa flamboyante chevelure et se montrer plus discrète, s'était assise par terre adosser à un mur. Tout laisser à croire qu'il s'agissait d'une misérable infirme faisant la manche. Mais les apparences sont souvent trompeuses. Tout en regardant le sol, l'oreille tendue, la jeune femme suit attentivement la discussion des deux hommes stationnés un peu plus loin.

- Oh tu n'es pas au courant? chuchota le marchand sur un ton de confidence.
- Bah non, ma femme m'a retenu ce matin pour une broutille, bougonna l'autre. Alors quelles sont les nouvelles mon ami? En venant, j'ai surpris le couturier raconté à une noble Dame qu'"Il" avait de nouveau frappé.
- Hé bien j'ai peur qu'il ai raison... On dit que le Doc' s'est encore trouvé un p'vre patient innocent hier soir. Pas joli du tout à c'qu'on m'a dit, confessa horrifié l'interlocuteur.
- Encore?! Mais que fait la milice? ! ! ! répliqua un peu fort le second homme scandalisé.
- Shhhhuuut... souffla le marchand regardant autour de lui. Calme toi mon ami...
- Me calmer?! Comment veux-tu? J'ai une femme, certes pas la plus tendre de toutes, mais c'est ma femme, la mère de mes enfants tu comprends ! Alors me faudra t-il attendre impuissant que tous les Lühniens ne soit réduit en charpie par ce psychopathe avant que le Prince ne réagisse?!

Erine en avait assez entendu. L'air de rien, elle se releva et quitta la masse fourmillante des grandes rues.  La nuit commençait à tomber et les rues, comme chaque fois, à se vider. Persuadée que personne ne s’intéressait à elle c'est alors qu'un inconnu la héla. Quand elle tourna son visage vers ce dernier, elle le reconnu entre mille. Ballur, le marin qu'elle avait ridiculisé et manipulé à la taverne.

*Fait chier, fallait que j'tombe sur lui juste aujourd'hui....*

Son vieil ami, à présent sûr de son identité , interpella une patrouille de milice. La jeune femme prit alors les jambes à son cou. La vie était imprévisible et un sourire moqueur était né sur ses lèvres fines.

Alors qu'elle tournait au coin d'une ruelle, elle percuta une masse sombre qu'elle projeta au sol. Malgré l’adrénaline qui faisait battre son cœur à vive allure et le peu de temps d'avance qu'elle avait, elle s'arrêta et se positionna à coté de l'homme. Lui tendant la main et l'aidant à se relever comme toute bonne personne ayant une bonne conscience elle lui conseilla avec arrière un gout de déjà vu:

" Si j'étais toi je ne trainerais pas dans l'coin."

Elle avait à peine dévisager le visage de l'inconnu qu'elle s'était déjà retournée et à grand pas filait dans l'ombre obscure des ruelles. Seul son oeil gauche l'avait marqué car il était caché par un morceau de cuir maintenu par de fines lanières. Trop pressée, elle n'avait pas remarqué le sang qui maculait ses propres doigts qui avait aidé à relever ce dernier.  
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Aventure #3 écrite Lun 25 Nov - 22:12

Ludvik tomba lourdement sur le sol. Il regarda le visage de la personne qu'il avait percuté, et aperçut une très jolie femme, qui lui tendait la main. Il la saisit et se releva grâce à son aide, mais elle repartit aussi vite qu'elle était apparue. Ludvik se gratta l'arrière du crâne.

— Et bien, et bien. En voilà un beau spécimen. Dommage que je n'ai pas pu l'observer plus longtemps.

Il réfléchit un moment tandis que des gardes commençaient à s'approcher de la ruelle. Les surveillant du coin de l'oeil, Ludvik s'interrogeait sur les capacités physiques de la jeune femme. Un garde approcha de trop près, aussi commença-t-il à reprendre sa route dans le sens opposé. Une main se posa sur son épaule. Une forte odeur d'eau salée parvint aux narines du médecin.

— Désolé, m'sieur, z'avez pas vu passer une femme par ici ?

Sans se retourner, Ludvik répondit d'une voix relativement amicale.

— Une femme ? Non. Vous pensez bien que ces ravissantes créatures ne viennent pas très souvent dans ce genre de ruelles... Cela est bien dommage pourtant. De telles merveilles de la nature éveillent chez moi un intérêt profond.

Sans écouter la suite, l'homme qui semblait être un marin se retourna pour rejoindre la milice qui s'était dispersée, sûrement en quête de la jeune femme. Juste avant qu'il ne sorte de la ruelle, Ludvik plaqua sa main sur sa bouche et le tira vers le fond de la ruelle.

— Je n'ai eu que très peu de femmes à disséquer, voyez-vous ? Mais j'ai pu les observer, longuement...

Ludvik enleva la ceinture du marin pour lui attacher les mains, et déchira un pan de la chemise de celui-ci pour lui en faire un bâillon.

— Il y en a de toutes les puretés, de toutes les formes, et de tous les caractères... Mais je préfère les femmes de vertus, comprenez-vous ?

Ludvik sortit son scalpel et le passa sur la jugulaire de l'homme.

— Oui... Mais ces femmes sont rares. Femmes au foyer, aventurières ou embauchées... Il n'y en a que très peu qui sillonnent les rues de Lüh le soir... Seulement des prostituées et des mendiantes...

Ludvik releva la tête vers l'endroit où la jeune femme avait disparu.

— En réalité, je vous ai menti. J'ai bien rencontré votre demoiselle. Une jolie femme, pour sûr. Elle a éveillé ma curiosité autant que mon appétit. J'ai toujours voulu savoir ce qui faisait qu'une femme était plus fragile qu'un homme. Savoir déjà si cela est vrai m'aiderait beaucoup.

Le scalpel descendit lentement vers le torse de l'homme qui suait à grosses gouttes, sans pouvoir émettre un son.

— Et votre amie... M'a donné une soudaine envie de disséquer.

Le scalpel s'enfonça dans la poitrine du marin qui voulut hurler de douleur. Il descendit très lentement vers le bas de son ventre, lui ouvrant la poitrine en deux. Passant ses deux mains à l'intérieur, il ouvrit sa poitrine en deux en un horrible craquement. Le coeur battait toujours. Lentement, mais il battait, tandis que le marin tombait petit à petit dans un certain coma. Ludvik saisit ce muscle à pleine main pour mieux le regarder.

— Fascinant. Vous n'êtes pas encore mort malgré cela... Votre coeur bat... Mais votre cerveau ne semble plus comprendre quoi que ce soit... J'aimerais fortement vous amener autre part, où nous serions plus tranquille, mais le temps presse...

D'un nouveau coup de scalpel, il trancha la gorge de l'homme qui tomba raide mort. Il se releva doucement essuyant ses mains sur son manteau.

— Bien. Il est à présent temps de se mettre en chasse. Cette divine créature m'a donné envie de savoir ce qui se cache dans ses superbes entrailles.

Ludvik repartit dans le dédale de ruelles obscures en quête de sa nouvelle cible. Il ne savait pas si cela serait facile de la trouver. Mais il se souvenait de son allure et de ses capacités, ce qui suffirait sûrement amplement...
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Aventure #4 écrite Mar 26 Nov - 19:26

Alors qu'elle vagabondait à vive allure au travers d'innombrables ruelles qui organisaient la grande capitale, Erine était loin de se douter que son cher ami Ballur n'était plus. Egalement trop préoccupée à fuir la patrouille qui s'était lancée à sa poursuite, la jeune femme n'avait pas réalisé qu'elle avait croisé le chemin d'un des plus redoutables prédateurs que Lüh abritait dans ses entrailles.  

Le souffle court, elle sauta par dessus un buisson et escalada la grille en fer forgée qui faisait office de barrière et de palissade. Le bruit des pas des miliciens martelant les pavés n'était plus qu'un faible échos derrière elle. La lune claire projetait son ombre mouvante et insaisissable sur les graviers. Violant impunément l'interdiction d'entrer, Erine traversa, à l'instar d'un voleuse renommée, le jardin d'une sublime propriété. Elle s'orienta vers un vieil arbre qui s'imposait dans le fond de la grande cours comme si elle suivait un plan bien précis. Avec agilité elle s'agrippa aux robustes branches du vieux feuillu et se hissa assez haut pour pouvoir atteindre le mur de brique. Sur la pointe des pieds elle continua sa route d'une démarche concentrée pour ne pas tomber. Quand elle fut sûre d'être assez loin, elle fit un pause admirant la vue sur les nombreuses villas qui structuraient le quartier noble de Lüh.

* La vache! Les nobliaux ne se refusent rien..*

Estimant qu'il était bien risqué de flâner plus longtemps sur son perchoir, elle s'empressa de redescendre sur la terre ferme.  Il n'était pas dans son intérêt de se remettre des ennuis à dos maintenant que la garde avait perdu sa trace. Lâchant un soupir satisfait la rousse se dit qu'elle pouvait désormais se balader sans se presser à travers les dédales de la ville assoupie.

Soudain, une trentaine de mètres devant elle, Erine crut reconnaître une silhouette d'un homme qui marchait d'un pas assuré. Même si l'astre lunaire était rond et brillant, l'inconnu était trop loin pour qu'elle puisse deviner son identité. Rasant le mur, pour profiter de son ombre et être plus discrète, elle décida intriguée de suivre l'homme mystérieux.

Quelques rues plus tard, il lui sembla que l'homme était troublé. Il venait de s'arrêter sous le halo pale d'une torche tout en regardant tout autour de lui. Erine dut d'ailleurs redoublé d'effort pour ne pas trahir sa présence.  Lorsque son visage se tourna dans sa direction, elle remarqua un détails troublant qui fit office de déclic dans sa mémoire. Il portait un bandeau sur son oeil gauche tout comme le malheureux qu'elle avait percuté plutôt dans la soirée.

*Hé bah ça alors, en voilà une surprise ! Jamais je n'aurai imaginé le recroiser un jour et encore moins cette nuit...*

N'ayant toujours pas décider de l'attitude à adopter, la jeune femme préféra se tenir dans l'obscurité encore quelques instants afin de réfléchir. Une idée germa alors dans son esprit. Un léger sourire énigmatique sur les lèvres, la capuche de son manteau soigneusement rabattu sur son crâne, Erine sortit finalement de l'ombre quand ce dernier s'apprêtait à reprendre sa route.

"Auriez vous perdu quelque chose? Quelqu'un peut être? Ou bien vous seriez vous simplement égaré? l'interpella t-elle d'une voix mystérieuse."

Cependant ce qu'Erine ignorait dans sa mise en scène théâtrale, c'est que la véritable histoire c'était cet homme qui la narrait et qu'elle venait de se jeter volontairement et sans en avoir conscience dans la gueule du loup.
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Aventure #5 écrite Jeu 5 Déc - 17:39

Ludvik attendait à la lueur d'une torche. C'était la première fois qu'il séchait sur la technique à adopter face à un tel problème. Où la chercher ? Comment la trouver ? Tel était la source de l'énervement de Ludvik. Il n'avait aucune idée d'où une femme comme elle pouvait se terrer. Après avoir déambulé dans les rues un moment, il avait fini par essayer de la rechercher efficacement, en vain. Et le voilà maintenant perdu dans ses pensées, à élaborer des stratégies de recherche toutes plus confuses les unes que les autres. Jetant des coups d'oeil inquiets autour de lui, il crut apercevoir une silhouette dans l'ombre, mais ne s'en inquiéta pas plus. Décidant de reprendre sa route pour ne pas tomber sur la milice, Ludvik voulut repartir. Cependant, une personne encapuchonnée s'approcha de lui.

— Auriez vous perdu quelque chose? Quelqu'un peut être? Ou bien vous seriez vous simplement égaré?

Ludvik tourna à peine la tête, dévisageant la personne du regard. Avec un sourire sadique, il se tourna vers elle.

— Quelqu'un, plutôt. Mais je suis effectivement égaré. À force de chercher, j'ai fini par perdre le fil de ma pensée.

Et cette personne ne faisait que l'agacer encore plus. Ludvik ragea intérieurement. Comme s'il n'avait que ça à faire de parler à un inconnu qui ne daignait même pas montrer son visage. S'apprêtant à juste l'ignorer, il s'arrêta dans son mouvement. Sa voix lui rappela quelque chose. Après avoir pensé toute la journée à sa belle inconnue et prochain sujet de recherche, Ludvik avait oublié de s'attarder sur des détails qui avaient pourtant leur importance. La voix, notamment. Très important. Ludvik décida donc de faire parler l'inconnu, ou l'inconnue.

— Mais peut-être pourriez-vous m'aider. Je recherche une femme qui ne passe pas inaperçue. Je l'ai rencontrée ce matin, au détour d'une ruelle, et je ne puis m'empêcher de penser à elle depuis lors. Elle est d'une beauté inégalée, je ne pense pas que vous puissiez l'avoir ratée si vous l'avez rencontrée. De plus, ses aptitudes physiques semblent être relativement développées. Malheureusement, elle a dû fuir car poursuivie par une milice. J'aimerais la retrouver pour savoir ce qui lui arrive, et peut-être l'aider.

Ludvik se mit à rire intérieurement. Parfait. Son petit monologue devrait avoir apaisé l'esprit de quiconque, mettant sûrement l'inconnu à l'aise, et donc vulnérable. Si ses doutes étaient fondés, son discours ferait tout d'abord parler l'inconnu, ce qui lui permettrait d'analyser sa voix, mais s'il s'avérait que c'était réellement la belle dame du matin, cela lui permettrait aussi de l'amadouer sans risque. Il y gagnait quoi qu'il arrive. Par réflexe, il mit la main dans une des grandes poches de son manteau, touchant du doigt son scalpel. Rien qu'à l'idée de penser que devant lui se trouvait potentiellement la jeune femme qu'il désirait tant disséquer l'excitait au plus haut point. Une excitation malsaine, quasi perverse. Le souvenir du goût du sang faisait déjà frémir ses papilles. Décidément, cette femme le rendait tout chose.
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Aventure #6 écrite Ven 6 Déc - 2:39

L'inconnu se tourna vers elle et ne sembla pas la reconnaître. Erine jubilait. Son petit jeu marchait à merveille et la jeune femme en était que plus qu'amusé. Ravie, elle l'écouta parler la tête toujours baissée vers le sol afin de ne pas croiser son regard. Elle savait que si des yeux - aussi atypiques que les siens - croisaient celui de l'homme, sa couverture serait fichue ! Et à cet instant précis, l'excitation éprouvée à jouer le rôle qu'elle s'était improvisée était si prenante qu'Erine s'en serait voulut de tout gâcher pour un si petit détail...

Cependant, le sourire malicieux qu'elle arborait en coin, sembla se ternir au fur et à mesure de la réplique de son interlocuteur. Ses belles paroles avaient fait naître en elle un mal aise profond. L'homme avait soigneusement choisit ses mots et sa phrase chuchotait sournoisement son sens profond quand on avait la jugeote de regarder au delà des premières apparences. Le message était clair: il avait un soupçon déjà bien fondé sur sa véritable identité. Sans aucun doute, cet un homme était brillant ! Une qualité qu'Erine savait apprécier autant que craindre.

Un tantinet blessée dans son amour propre, la rousse du admettre -avec difficulté- que son rôle principal lui filait entre les doigts et que le rideau tombait sur l'acte final plus rapidement que prévu. Son instinct lui ordonna de prendre la poudre d'escampette. Déstabilisée, elle décida de refouler cet ordre soudain et de garder son calme. Ne cédant pas à la panique, la jeune femme se parla à elle même pour se donner bonne conscience.  

* Bah alors Erine, depuis quand tu flippes comme ça ? Je t'ai connu bien plus vaillante... Ce n'est pas cet homme qui va te faire peur tout de même, si ?!! Pourtant il a l'air tout à fait charmant et semble être un parfait gentleman !*

Rassurée, son excitation remplaça de nouveau ses angoisses infondées. S'il voulait jouer alors pas de problème, elle jouerait avec lui se pliant aux mêmes règles qu'il avait tacitement dictées.

"Cette femme doit vraiment être spéciale pour avoir attisé en vous, l'espace de quelques secondes, la fougue d'une telle passion ! Je suis assez impressionnée et touchée de voir que ce genre de personne existe encore. Mais, je dois également vous avouer que si j'étais à sa place un tel engouement m'aurait effrayée et de surcroît, je me méfierai plus qu'habituellement.

Passant les mains derrière son dos caressant sa dague coincée dans sa ceinture.

Les rues sont peuplées d'étranges individus le soir tombé. Saviez-vous que les rumeurs vont bon train en ce moment?  En sachant cela, il est évident qu'il n'est pas très sûre pour une femme de se laisser bercer par le beau discours d'un étranger, si vous voyez ce que je veux dire.

Commençant à faire quelques pas autour de son interlocuteur.

Alors, admettons que j'ai effectivement croisé sa route, qu'est ce qui pourrait me garantir que vous voulez vraiment l'aider ? Qui, à part vous bien sûre, pourrait bien me certifier que vous n'êtes pas l'un de ces tordus qui font parler d'eux lorsque les premiers rayons du jour dévoilent les horreurs qu'ils ont commis durant la nuit?"

Le ton de sa voix avait été tranchant mais vibrant d'un chuchotement espiègle. Erine, franche et direct, le testait ouvertement. Dans le fond, elle savait que son instinct ne l'avait jamais trahit. Pourquoi se tromperait-il cette fois? Pourtant elle espérait qu'elle faisait erreur sur sa personne. C'était un homme à secret, elle le ressentait. Il y avait une profondeur attirante dans sa façon d'être. Son esprit s'était donc trouvé plonger dans de subtiles réflexions.

D'une part, elle voulait découvrir ce sentier sombre comme si au bout du chemin les lueurs d'un trésor resplendissant l'attendait depuis toujours.

D'autre part elle avait comme affreusement conscience que si elle s'engageait sur la route, elle s'aventurait tête la première dans un piège vulgairement tendu.  

Une certaine tension s'était donc abattue métamorphosant ce qui devait être une simple rencontre anodine en véritable interrogatoire ! Ses muscles frémissaient alors que tous ses sens étaient en alerte. Méfiante comme un prédateur acculé dans l'ombre d'un ennemi plus puissant, Erine avait prit son temps pour parler afin de calculer les différentes options qui s'offrait à elle. La jeune femme se tenait prête à se défendre ou à fuir si elle doutait des intentions de son compagnon de jeu. A l'opposé, elle éprouvait une certaine impatience déroutante à vouloir connaître le fond des pensées de l'homme à l’œil masqué.

De toute manière, même si elle avait perdu la première manche, elle donnerait tout pour remporter la seconde. C'était à lui à présent d'abattre les prochaines cartes et de dévoiler un peu plus son jeu et d'adopter une position agressive, défensive ou neutre.
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Aventure #7 écrite Sam 7 Déc - 18:33

Ludvik était plutôt fier de sa tirade. Et il mourrait d'envie de savoir ce que la jeune femme, si c'était elle, lui répondrait. Tremblant d'excitation intérieurement, il devait s'empêcher de sourire. Mais son visage devint de plus en plus sombre au fur et à mesure que la jeune femme parlait. Ludvik l'avait reconnue, en tout cas. Le timbre de sa voix était le même. Elle prenait le même ton que le matin quand elle lui donnait ces "avertissements". Savait-elle qu'il était dangereux ? Se doutait-elle de ce qui lui arriverait ? Ludvik commençait à paniquer, et cela devait commencer à se voir sur son visage. Vraiment, c'était la première fois qu'une personne lui donnait du fil à retordre. Il détestait ça. Il la regarda tourner autour de lui et la vit mettre les mains dans son dos. Un mouvement plus que curieux qui mit Ludvik aux aguets. Pour autant, quand le monologue de son interlocutrice fut fini, il la dévisagea un bon moment, silencieusement, avant d'éclater de rire.

— Voilà qui ne manque pas de répondant ! Si j'avais su que j'étais tombé sur quelqu'un d'aussi intelligent ! Ou plutôt intelligente, vu votre voix. Mais vous avez raison. Mes intentions ne sont pas si nobles. Après tout, je reste un homme et la vue d'une telle beauté m'a donné envie de la faire mienne.

Une phrase qui n'était pas si mensongère que ça. Après tout, c'était son corps qu'il voulait, mais pas dans le sens qu'il le laissait entendre. Au final, il n'avait qu'à peine déformé la réalité. À présent, si elle se faisait des idées, ce serait sa faute.

— Et quoi de mieux pour cela que de l'aider avec ses problèmes ? Mais je dois avouer que si cela ne marchait pas, m'en faire une amie me réjouirait tout autant.

Ludvik faillit vomir. L'amitié, hein ? Quel terme et quel concept stupide. Avoir un ami, c'est juste se détourner de son travail. Fuir la réalité en ne cherchant qu'à s'amuser. Nul n'avait véritablement besoin d'amis.

— En tout cas, vous m'avez percé à jour ! C'est donc à mon tour de vous dire ce que je pense de votre personne. Tout d'abord, le fait que vous m'accostiez malgré que, comment disiez-vous déjà ? "Les rues sont peuplées d'étranges individus le soir tombé". Cela m'indique que vous me connaissez déjà, ou que vous êtes folle à lier. Mais une personne aussi éloquente que vous ne peut être folle, quelque chose l'aurait trahie tôt ou tard. Néanmoins, vous avez passé vos mains dans votre dos. Si ce n'était qu'un mouvement que vous faisiez lorsque vous parlez, vous l'auriez fait beaucoup plus tôt. Non, je pense plutôt que quelque chose est accroché dans votre dos, quelque chose qui vous fait vous sentir en sécurité, car malgré tout, vous doutez de moi. Enfin, ce petit interrogatoire m'indique que vous voulez en apprendre plus sur moi tout en étant certaine que je ne vous ferais aucun mal, ou que, tout du moins, je n'essaierai pas.

Il reprit son souffle un moment. De sa main gauche, il vint frotter le cuir de son cache-oeil par réflexe. Après avoir attendu un moment, il afficha un grand sourire narquois, mais pourtant séduisant.

— Ceci m'indique que vous êtes très certainement la personne que je recherche, autrement dit la magnifique dame de ce matin. Sinon, pourquoi vous soucier d'une inconnue ? Mais peut-être me trompe-je. Peut-être que vous n'êtes qu'une milicienne en civile. Peut-être que vous n'êtes qu'une personne bienveillante. Ou juste une personne banale. Mais les statistiques sont faibles. Alors, à présent que je vous ai dit mes réelles intentions, dites-moi les vôtres.

Ludvik avait le coeur qui battait la chamade. Toute cette conversation était plus qu'enivrante. Au-delà du fait qu'il avait très certainement coincé la belle dame, il n'avait surtout jamais rencontré quelqu'un d'aussi intéressante qu'elle, d'un point de vue intellectuel. Pouvoir ainsi approcher et avoir peut-être la chance de la disséquer était une chance rare pour lui. Dans tous les cas, même s'il n'arrivait pas à ouvrir son torse, Ludvik serait content de cette rencontre.

Juste en pensant cela, le médecin douta de lui. Que venait-il de penser ? Pourquoi se disait-il cela ? Bien sûr que non, il n'en serait pas content ! Il DEVAIT la disséquer ! Voir ce qui se cache dans ses entrailles, dans son cerveau ! Ludvik garda son visage radieux et taquin, mais était en fait profondément troublé. Et il comprenait quel était peut-être la pire arme que la jeune demoiselle venait de déployer contre lui. Elle avait tout simplement du charisme, et elle devait sûrement attirer du monde à papillonner autour d'elle. Ludvik devait se montrer vigilant. Un seul faux pas, et il deviendrait faible, perdant toute capacité à réfléchir rationnellement. Cette femme allait être un adversaire plus coriace que prévu.
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Aventure #8 écrite Sam 7 Déc - 22:25

L'amusement qu'Erine avait provoqué chez l'inconnu résonna dans la ruelle laissant cette dernière interdite. Un court instant, elle se sentit totalement idiote et démunie. Et si elle s'était méprise depuis le début? Et si sa méfiance avait obstrué son jugement et qu'il était vraiment un véritable gentleman sans arrière pensées? Gênée, elle ne pipa mot et se contenta simplement d'écouter ce qu'il avait à lui répondre. Un pincement de déception vint éteindre la flamme d’intérêt qu'elle lui vouait lorsqu'il lui confessa que, comme la plupart des hommes, c'était un désir plus malsain qui était la véritable source de son acharnement.

*Il n'est donc ni un fou, ni un assassin mais il ne serait qu'un simple coureur de jupons... se souffla-t-elle intérieurement. *

Cependant même si elle avait attendu une explication bien plus percutante de sa part, sa révélation la rassura. Elle relâcha son arme et montra ses mains bien en vue pour prouver qu'aucune intention malveillante l'animait. Des pervers, elle en croisait trop souvent à son gout à force de fréquenter les tavernes malfamées de Lüh. Habituée, elle n'éprouvait d'ailleurs plus aucune difficulté à s'en défaire ou  leur fausser compagnie. De plus l'idée de se lier d'amitié à l'un de ces types - qu'elle méprisait car ils ne possédaient aucune valeur moral sauf si elle les aidait à assouvir leur appétit insatiable- n'avait aucun intérêt particulier à part celui de s'attirer que plus d'ennuies. Et en ce moment, Erine cherchait tout sauf les ennuies.

"... Cela m'indique que vous me connaissez déjà, ou que vous êtes folle à lier."

Alors qu'elle allait faire demi-tour décrétant qu'elle avait indéniablement perdu son temps en sa compagnie, l'humour taquin du jeune homme piqua habilement sa curiosité qu'elle avait vite balancé au fond du placard telle une vieille chaussette usée. Il fallait bien qu'elle admette que pour un beau parleur, il semblait posséder un esprit de déduction semblable à celui d'un chasseur aguerri. Il utilisait des détails anodins pour confirmer ses intuitions. Ceci fait, il rassemblait ses convictions en une suite logique pour remonter jusqu'à sa proie.

*Comme il est étrange de voir qu'un dépravé de ton espèce, aussi galant sois-tu, arrives à se servir d'autre chose que son sexe... se moqua-t-elle étouffant un gloussement amusé.*

Un sourire narquois illumina à nouveau son visage, alors que dans la profondeur de ses pupilles, une nouvelle lueur malicieuse s'était allumée.  Une vague de soulagement inonda son âme au plus grand étonnement de la jeune femme. Finalement la chaussette n'était pas si usée que ça et il semblait bien que son admirateur soit une personne assez spéciale.

Erine n'avait cessé de tourner autour de son interlocuteur de façon à ne pas devenir une cible fixe trop facile à atteindre. Maintenant que c'était à elle de prendre la parole, elle s'arrêta de manière à ce qu'il ne voit  que son profil de dos. D'un geste lent, pour ne pas affoler qui que ce soit, elle fit glisser son capuchon sur ses épaules dévoilant sa longue chevelure de feu.

"A quoi bon vouloir continuer à se cacher quand on est démaquée? questionna t-elle sans toutefois attendre la moindre réponse. Je dois vous avouer que je suis un peu confuse."

Tournant légèrement son visage vers lui et le fixant du coin de l'oeil elle continua d'un ton plus sec et sévère:

"Si vous tenez tant à m'aider, je vous pris de m'expliquer comment un esprit aussi vif que le votre en est venu à la conclusion que j'avais des projets à son égard. Qui vous a raconté que parce que vous possédiez des intentions à mon sujet - aussi peu honorables soient-elles- j'en avais également vous concernant? (un ricanement hautain) Simplement parce que j'ai eu la présence d'esprit de vous reconnaître et d'avoir voulu vous offrir mon aide en pensant que vous aviez perdu quelqu'un ou votre chemin. Ne pensez-vous pas que c'est un peu présomptueux de votre part?"

D'un demi-tour agile, elle se tourna entièrement face à lui et plongea son regard dans le seul œil de visible. D'une voix plus douce, elle ajouta:

"Cependant je dois vous avouer que malgré ce manque certain de galanterie, je suis prête à vous accorder une seconde chance. Vous possédez cette étincelle qui a embrasé en moi une curiosité surement mal placé mais tenace. Laissez-moi vous proposez un marché pour que vous puissiez vous faire pardonner cette impolitesse."

S'approchant d'une démarche féline dans sa direction tout en expliquant les règles de la troisième manche de leur petit jeu singulier.

"Il se trouve que vous me cherchiez et que ça soit moi qui vous ai finalement trouvé. Attrapez-moi le premier cette fois-ci et..."

Elle était si proche de l'homme qu'elle sentait son souffle chaud contre sa joue. Tel un murmure suave, elle laissa ses lèvres chuchoter ses dernières paroles aux creux de l'oreille de son camarade.

"... je vous accorderais tout ce que vous désirez."

Le son de sa voix planant encore dans l'air, elle avait encore virevolté avec habileté en une gracieuse pirouette et se trouvait à présent derrière l'homme. D'un pas souple et assuré, elle filait déjà vers l'est.

Pour la deuxième fois de la soirée, Erine s'échappait à vive allure dans l'ombre des ruelles sombre de la ville. Heureusement, cette fois ce n'était qu'un jeu idiot pour faire passer le temps et non un besoin farouche de sauver sa peau. Elle était persuadée d'être la maîtresse de la situation en jouant la carte de la sensualité pour déstabilisé le prétendu coureur de jupon. Enfin... si elle pensait dominer la situation c'était loin d'être le cas, mais chut, ça il n'y a que toi lecteur qui connait la vérité, la vraie...
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Aventure #9 écrite Sam 7 Déc - 23:52

Ludvik regarda son interlocutrice enlever sa capuche. Il avait fait tomber le masque, presque littéralement. Et à présent, il brûlait d'envie de sortir son scalpel et de la découper en tranches. Sa main dans sa poche tremblait. Quand elle lui montra les siennes, il eut presque le réflexe de lui sauter dessus. Il avait de plus en plus de mal à se contenir, à se réfréner et à continuer de masquer ses émotions. Soudain, elle prit un ton bien plus sec et presque menaçant. Il voulut lui répondre, mais elle continua de parler en le regardant fixement. Ludvik se perdit presque dans ses yeux. Même si le médecin la trouvait belle comme sujet d'expérience, il devait avouer que ce regard l'avait comme hypnotisé. Puis, la jeune femme s'approcha de lui. Ludvik saisit son scalpel à pleine main, le serrant fort pour ne pas bouger un seul muscle. Surtout, ne pas la toucher... Pour le moment. Lui soufflant une dernière phrase dans le creux de l'oreille, elle avait soudainement virevolté pour se retrouver derrière lui et était partie comme une fusée.

Se retournant lentement, un sourire plus que fou sur le visage, montrant toutes ses dents, Ludvik la regarda s'éloigner en courant. Il sortit lentement son scalpel de sa poche et passa sa langue dessus.

— Bien, bien. J'aime quand mes proies se débattent.

Frottant un moment son scalpel contre le mur, Ludvik se mit à marcher, puis à courir. Il courait avec ce sourire fou dément sur le visage. Mais au fur et à mesure qu'il pourchassait la belle, son cerveau redevint rationnel. Non, pour le moment, mieux valait continuer à jouer le jeu. La rattraper, et attendre de voir si elle acceptait réellement "tout". Cela l'excitait encore plus. Tout se passait d'une façon qu'il adorait, et se rapprocher de plus en plus du dénouement final le rendait tout chose. Il rangea son scalpel, reprit un visage normal et continua de courir. Il avait réussi à la garder en vue un moment mais elle était désormais complètement hors de vue. Ludvik courut à travers la rue, regardant à chaque croisement par où elle avait pu aller. Pestant contre ses propres capacités, il dut admettre qu'il l'avait perdue. Il se retourna pour voir si elle était derrière lui, mais il ne vit rien. Il alla s'appuyer contre un mur pour réfléchir. Cette belle dame était intelligente, il devait bien y avoir un moyen de savoir où elle pouvait aller...

Visiblement, elle le prenait pour un détraqué sexuel, donc elle éviterait très certainement les endroits trop ambiguës. Mais sa dernière phrase laissait entendre qu'elle essayer de jouer avec ses émotions, alors peut-être que... ? Aussi, ce petit jeu restait une traque. Elle devait sûrement se cacher ou bien être à des endroits que Ludvik ne pouvait atteindre. Levant les yeux au ciel, le médecin aperçut la lune. Seule lueur de la nuit avec celles des torches, il continua de réfléchir un moment en la contemplant. Ludvik n'arrivait pas réellement à savoir ce que la jeune femme ferait.

Incapable de savoir ce que sa proie prévoyait, il se concentra donc sur ce qu'il ferait lui. L'appâter ? Comment ? En appelant la milice ? En faisant mine de s'être désintéressé d'elle ? Sa première idée risquait de très mal tourner. Quant à la seconde, il y avait toujours un risque qu'elle s'en fiche éperdument. Non, il devait éveiller sa curiosité bien plus que cela s'il voulait tenter ce genre de manipulation. Devait-il faire semblant de manigancer quelque chose ? Ce pouvait être une idée, mais elle devait le voir. Le voir...

Ludvik baissa la tête, regardant ses pieds, et rentra dans une réflexion plus profonde encore. Le voir. Oui, elle devait sûrement le surveiller, l'avoir en contact visuel. Elle se croyait maîtresse de ce jeu, donc elle devait être quelque part à se moquer de lui. À se sentir puissante et croire qu'elle maitrisait tout. Ludvik sourit et reprit sa route. Restait à trouver un endroit calme, voire désert, où elle n'aurait aucun moyen de se cacher pour le voir. Il marcha un moment dans les rues jusqu'à arriver à une sorte de labyrinthes de petites maisons délabrées. Faites de divers composants, c'étaient des bâtiments visiblement très pauvres, habitées par des gens tout aussi pauvre. Ici, elle ne pourrait monter sur les toits, dépassant à peine la tête du jeune homme. Si elle le faisait, elle serait tout de suite démasquée. Et si elle le poursuivait, il l'attraperait bien tôt ou tard. Ludvik ricana doucement. C'était son cerveau contre les aptitudes de la belle dame. Se passant une main dans les cheveux, entrant dans le dédale de maisons, il murmura :

— Que la chasse commence...
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Aventure #10 écrite Lun 9 Déc - 19:30

Erine, pour mieux contrôler la situation, avait rapidement grimpé sur les toits des villas qui sillonnaient les rues. D'un œil avisé, elle suivait l'homme qui tentait de pourchasser son ombre à présent disparue.

*Cours, cours donc sans réfléchir. C'est dégouttant de voir comme la promesse d'une femme à t'autoriser à pouvoir assouvir tes pulsions malsaines te donne des ailes. Vole, vole donc mais c'est si bon de savoir que je ne suis pas devant toi mais derrière toi l'idiot, se moqua t-elle. Tu ne m'attraperas pas sale pervers! Jamais. Et j'espère que ça te servira de bonne leçon.*

La tournure qu'avait pris les événements était assez amusante et contre toute attente, un brin nostalgique. Elle lui rappelait amèrement sa jeunesse et les courses poursuites interminables qu'elle avait l'habitude de faire avec ces frères quand, pour les embêter, elle les provoquait volontairement. Généralement la fin de ces jeux enfantins se soldaient toujours par des pleurs mais ça n'empêchait pas Erine de recommencer une fois les cris calmés. En tant que cadette, elle voulait toujours montrer d'une façon ou d'une autre qu'elle était l'égale de ses deux frères. Que ce n'était pas parce qu'elle était une petite fille qu'elle était faible ou qu'elle avait peur.

C'était d'ailleurs ce même sentiment qui l'avait poussé inconsciemment à lancer ce jeu ridicule. Elle avait encore ce besoin de prouver qu'elle était forte pour se sortir de situation indélicate. Seulement, ce qu'elle n'avait pas encore réalisé, c'est que sa provocation ne risquait pas de se résoudre par une simple et innocente remontrance de sa mère. L'enjeu était différent. Très différent et beaucoup moins angélique. Et si il la trouvait? Ça chaufferait surement pour ses fesses. Erine secoua la tête. Impossible. Elle maîtrisait la situation, elle avait confiance en ses capacités.  

L'inconnu s'était arrêté. Dissimulée derrière un pan de mur, elle s’immobilisa également. Abandonnait-il? Déjà?! Un léger soufflement de déception s’échappa de ses narines. Quand il leva les yeux vers le ciel, dans sa direction, son cœur sauta un battement. Elle craignit un instant qu'il l'eut en faite repérée mais l'homme rabaissa son regard vers le sol tout aussi rapidement sans insisté d'avantage. Nouveau soupir, de soulagement cette fois-ci.

Erine s'accroupit et avança légèrement de façon à mieux scrutait l'homme. Son visage s'était fermé et ses sourcils froncés trahissait une intense réflexion. C'était un chasseur confirmé d'après ce qu'elle avait jugé un peu plus tôt durant leur court échange. Il ne fallait pas qu'elle oublie ce détails important. S'il s'était stoppé net, c'est qu'il avait enfin compris qu'il arriverait à rien à s'entêter à courir après.. du vide. Erine soumit alors l'hypothèse qu'il soit assez intelligent pour élaborer une stratégie.

*Qu'est-ce qui peut bien se tramer dans ta petite tête? Arriverais-tu à me surprendre.. *

Alors qu'elle le suivait curieuse de savoir ce qu'il manigançait, elle s’aperçut qu'il lui était plus difficile de se cacher. Les maisons avaient perdu de leur envergure au fur et à mesure qu'ils s'enfonçaient dans les quartiers pauvres de la capitale. Un sourire illumina son visage. C'était donc ça son plan.

"Malin le bougre, se chuchota-elle."

Il lui fallait résoudre ce problème ou l'abandonner là et le laisser tourner en rond pour de bon. Malheureusement, Erine avait une trop grande fierté pour lacher l'affaire aussi facilement. C'était elle qui voulait lui donner une bonne leçon et il était hors de question qu'il se joue aussi simplement d'elle.

La jeune femme lança un coup d’œil rapide sur la structure de l'endroit. Elle remarqua une allée parallèle à celle que son adversaire arpentait.  Le soucis c'est que la ruelle était si étroite que si elle traversait l'allée, il la remarquerait forcément. Se penchant au sol, elle attrapa un petit caillou qu'elle lança à quelques mètres du jeune homme dans la direction opposé à l'endroit où elle voulait se rendre. Profitant de la diversion, elle se glissa discrètement de l'autre coté espérant qu'il ne se doute de rien.

Même si elle contrôlait plus difficilement la situation, Erine la contrôlait toujours. Mais, à vouloir jouer trop prêt du feu, n'augmentons-nous pas exponentiellement les chances de nous brûler? Dans ce genre de situation à sous-estimer son adversaire, ne lui donnons-nous pas en main propre le bâton pour nous faire battre?
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Aventure #11 écrite Lun 16 Déc - 16:12

Ludvik entendit un bruit sur le côté. Aux aguets, son cerveau se mit à réfléchir à une vitesse incroyable. Analyser l'endroit. Les possibilités. Savoir ce qu'était ce bruit. Réagir en conséquence.

Tout d'abord, il n'y avait pas beaucoup d'endroits où aller. Il était à une sorte de carrefour, où quatre chemins partaient tous dans des directions différentes. Au milieu de ce carrefour, semblable à une petite place, Ludvik se tenait là, à réfléchir à une vitesse folle. Le temps semblait s'être arrêté.

Ensuite, il devait savoir ce qu'était ce bruit. Soit c'était sa belle dame qui s'était trahie elle-même, soit un passant quelconque. Un passant aurait été beaucoup plus bruyant. Ne serait-ce qu'au niveau des pas. Et dans ces quartiers pauvres, les ivrognes ne manquaient pas, aussi se serait-il trahi tout seul. Mais ce ne pouvait pas non plus être la belle dame qui avait fait une erreur. Ludvik l'avait vu, quand elle l'avait feinté pour partir en courant. Elle était bien trop agile et intelligente pour faire une erreur si grossière. Non, c'était une ruse. Une ruse banale, simple, mais parfois efficace. Parfois. Ludvik se retourna vivement et lança son scalpel. Un bruit sourd lui fit remarquer qu'il avait atteint quelque chose. Il se précipita vers l'endroit où il l'avait lancé, et le retrouva planté dans une planche en bois. Au sol, quelques cheveux roux gisaient. Ludvik sourit, puis se mit à rire bruyamment.

— Et bien, et bien, belle dame ? Il semblerait que vous soyez à court de supercheries ! Je vous ai déjà trouvée, il ne me reste plus qu'à vous attraper !

Remettant son scalpel dans sa poche, Ludvik se remit à marcher en direction d'où était sûrement passée la belle demoiselle. Marchant de plus en plus lentement, essayant de capter un mouvement dans la pénombre, il continua de parler.

— Allons, soyez raisonnable ! Montrez-vous ! Peut-être que tout cela vous plaira, en fin de compte !

Ludvik adorait jouer avec l'ambiguïté de la chose. Et surtout, il adorait comment les choses se passaient. Enfin, le chasseur devenait chassé. Il courut à travers les ruelles, à la fois pour surprendre sa proie mais aussi et surtout pour la faire paniquer. Même si elle était en hauteur, ou loin de lui, le voir s'exciter ainsi devrait la pousser à commettre une erreur. Mais même s'il courait partout, Ludvik n'était pas non plus stupide. Il resta proche de l'endroit où sa belle demoiselle avait voulu s'enfuir, l'empêchant d'atteindre l'endroit qu'elle voulait. Puis, Ludvik eut envie de la provoquer un peu.

— Alors ? Est-ce fini ? Avez-vous fui ? Je me doutais bien que ce jeu n'était qu'à un sens, que je n'obtiendrais pas ce que je voulais, mais... Si vous ne jouez même pas avec moi, cela n'a plus aucun intérêt. Je vous croyais plus audacieuse que cela ! Une femme se jouant de la milice telle que vous ne devrait avoir aucun mal à se moquer d'un homme aux faibles capacités physiques tel que moi. Pourtant, je ne vous ai aperçu qu'une seule fois !

Il espérait que sa raillerie eut un effet. Même quelconque. S'il pouvait la voir... Essayer de l'attraper... Sûr que le reste de sa soirée serait amusante. Néanmoins, il avait fait un certain tapage à crier ainsi. Au loin, il pouvait entendre des armures cliqueter et des hommes parler. Il avait alerté la milice. Bien que cela l'ennuie, il reprit d'un ton plus doux :

— Allez, montrez-vous. La milice va arriver d'une seconde à l'autre. Et je pense que leur aide me sera bien précieuse... Si j'arrivais à les faire coopérer, vous seriez en bien mauvaise posture...

Ludvik commençait à montrer toute l'étendue de sa perversité. Mais qu'importe. Bientôt, elle baignerait dans son propre sang, et il pourrait l'étudier de fond en comble... Il commença à marcher dans la direction de la milice.

— Et je me doute que si vous fuyez la milice, c'est qu'il y a une raison... Alors ? Que choisissez-vous ? Mon humble et pure personne, ou les porcs dégoûtants de la milice ?

Ludvik bluffait, bien évidemment. Si la milice le voyait, c'était lui qu'on poursuivrait. Mais dans un cas comme dans l'autre, l'effet de surprise serait assez grand pour qu'il ait le temps de repérer sa belle dame.

— Savez-vous ce qu'il se passe dans les cachots ? Dans la prison ? Haha, des choses bien intéressantes s'y déroulent... Cela m'étonnerait que vous vouliez que ça arrive, n'est-ce pas ?

Ludvik trembla. Il tremblait de tout son être. L'excitation, l'envie de faire couler le sang commença à devenir plus forte que lui. Il essaya de rester calmer tandis que ses jambes lui crièrent de courir, de monter sur les toits et de hurler qu'il la dissèquerait. Mais il n'en fit rien, et avança encore vers la milice.
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Aventure #12 écrite Jeu 3 Avr - 14:22


La lame siffla et trancha net quelques mèches de la belle chevelure flamboyante de la jeune femme. Si elle n'avait pas était si rapide, Erine aurait hérite d'une jolie cicatrice. Elle s'était accroupie et adossée dans l'ombre d'un pilier du porche qui menait à l'entrée d'une humble demeure. Surprise par la tournure que prenait les événements, elle se concentra sur sa respiration : il ne lui fallait s'égarer dans les limbes de la peur.

Un lourd silence s'était abattu sur les lieux. Son cœur s'emballa si brusquement que sa poitrine en était devenue douloureuse. Des pas précipités firent chanter les gravillons sur le sol indiquant clairement qu'il s'avançait dans sa direction. L'avait-il repéré ?  Elle retint sa respiration : l'homme se trouvait à quelques mètres d'elle seulement. Levant le regard, elle arrivait à distinguer une partie de sa silhouette. Nouveau silence. Les battements de son cœur bourdonnaient si fort dans ses tympans qu'elle pria qu'il ne les entende pas. Un rire glaçant fit volé en éclat cette sphère angoissante qui liait étroitement les deux individus.  

« Et bien, et bien, belle dame ? Il semblerait que vous soyez à court de supercheries ! Je vous ai déjà trouvée, il ne me reste plus qu'à vous attraper ! »

A cet instant, la jeune femme regretta amèrement d'avoir lancer ce jeu stupide. Du statut chat espiègle elle était passée à celui de la petite souris terrorisée dans le fond de son trou. Erine ne s'amusait plus. Une goutte de sueur ruissela sur sa tempe, des vagues de chaleur s'heurtaient violemment à des frissons glacés. La pression qu'exerçait l'instant était à son apogée. Une envie forte de respirer la torturait mais la peur qu'il ne la repère lui fit retenir un peu plus son souffle.

« Allons, soyez raisonnable ! Montrez-vous ! Peut-être que tout cela vous plaira, en fin de compte ! »

Sur ces dernières paroles, il tourna les talons et couru dans une ruelle. Le simple fait de le voir s'éloigner soulagea la jeune femme qui inspira une grande bouffée d'air. Elle sentit ses muscles se détendre et se permit donc de se relever lentement. La voix de l'homme s’éleva forte et vibrante d'un vice sadique dans la nuit. A s'exprimer ainsi cela signifiait qu'une chose : il ignorait où elle se terrait. C'était déjà un bon point qui redonna un peu de courage à l'archère. Cependant son répit fut de courte durée car elle l'entendit revenir sur ses pas. Décidément elle avait le chic pour se lancer la tête la première dans de drôle de situations. Et, cette fois-ci, elle devait bien admettre qu'elle ignorait totalement comment s'en extirper.

« Allez, montrez-vous. La milice va arriver d'une seconde à l'autre. Et je pense que leur aide me sera bien précieuse... Si j'arrivais à les faire coopérer, vous seriez en bien mauvaise posture... »

La voix mielleuse qu'avait prit son adversaire lui déclencha un frisson. Décidément cet homme était un prédateur redoutable et calculateur. Il avait su dissimulé son jeu talent et Erine s'était jetée dans la gueule du loup sans voir l'éclat des crocs qui ne rêvaient que d'une seule chose : déchirer avidement sa chair.

*Par une belle bouse de variquan manquait plus qu'eux, pesta t-elle.*

La rousse se sentit piégée et impuissante. La milice arrivait d'une part, et le psychopathe redescendait lentement vers eux refermant doucement tout échappatoire. Ses possibilités d'actions étaient restreintes à très peu de choix. Dans tout les cas si elle fuyait maintenant elle aurait ce fou et la garde à ses trousses et tout ce petit monde ne serait pas facile à semer. Le risque était trop grand pour ses possibilités de réussite.

Elle ferma les yeux et vida son esprit de toutes pensées. Il lui fallait agir et vite. Retourner la situation à son avantages. Ayant retrouver l'espace d'un instant la traqueuse qu'elle était, Erine tendit l'oreille et se concentra sur la démarche de l'homme. Un pas, puis un autre. Elle laissa glisser sa main le long de sa cuisse jusqu'à sentir son poignard. De nouveau un pas, plus proche. Ses doigts enserrèrent fermement le manche de son arme.

*Un... deux... maintenant !*

Elle rouvrit les yeux et sortit de sa cachette pile au moment ou l'homme passait devant le pilier. Se retrouvant derrière lui, elle l'attrapa par l'un de ses bras qu'elle retourna dans son dos, et, profitant de sa position de domination et de son élan, le plaqua contre le mur devant eux. Erine n'attendit pas non plus qu'il eut l'idée de se débattre et elle glissa sa lame sous sa gorge. Approchant à présent ses lèvres près de son oreille, elle souffla d'une voix glaciale et déterminée:

« Un seul couinement et je te saigne comme un porc, compris ? »

Eut-elle à peine terminer de proférer sa menace qu'elle appuya sa ménagement la lame sous la glotte de sa victime pour bien lui faire comprendre qu'elle ne jouait plus.

« Maintenant, tu vas venir avec moi et on va aller faire un petit tour. Pas de gestes brusques sinon j'ai peur qu'elle ne dérape toute seule aussi et je m'en voudrais de me salir pour si peu. Allez avance par-là... fissa j'n'ai pas que ça à faire.»

Même si elle ignorait comment aller bien se dérouler la suite des événements, elle avait repris une place un peu plus confortable dans cette macabre partie.. mais pour combien de temps ?
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Aventure #13 écrite Lun 7 Avr - 19:22

Ludvik se sentit attaquer par derrière, puis fut brusquement plaqué contre un mur, et un couteau fut placé sous sa gorge. Son bras retourné dans son dos lui faisait mal. Malgré tout, il tourna un peu sa tête vers la jolie demoiselle et arbora l'un de ses plus beaux et sadiques sourires. Regardant bien le visage dur de la jeune femme, il n'en fut que plus intéressé par la tournure des évènements. Allait-il mourir ici ? Allait-il survivre ? Si oui, comment ? Alors que la jeune femme l'éloignait de la milice, appuyant toujours son couteau contre sa gorge, empoignant fermement son bras, il se laissa faire et recommença son petit jeu psychologique.

— Et bien, et bien ? Je croyais que c'était à moi de vous trouver. Ce jeu ne vous amuse-t-il plus ? J'en connais bien d'autres des plus intéressants...

Il tourna du mieux qu'il put sa tête vers la demoiselle derrière lui, lançant un regard mystérieux mais effrayant. Sûrement, elle devait sentir son torse qui se soulevait et s'abaissait, trahissant le rire qu'il tentait de retenir. Pour Ludvik, la situation était simple. S'il mourait, il saurait ce qu'il y après la vie. Si ce n'était pas le cas, il aurait une chance de disséquer la demoiselle. Et dans le pire des cas, il retrouverait ses cobayes de tous les jours. Tout cela n'était qu'une grande expérience. Un jeu. Rien de plus. Si jamais Ludvik n'y gagnait rien, il ne perdrait sûrement pas quelque chose. Aussi, il était plus qu'intéressé et impatient de voir comment les choses allaient tourner.

— Mais vous ne m'avez pas l'air d'humeur à jouer. Avez-vous vu quelque chose qui vous a déplu ?

Ludvik adorait jouer l'innocent. Cela énervait d'autant plus sa cible. Et quand l'humain est énervé, l'humain se trompe. Une seule erreur de la part de la jolie dame, et son scalpel passerait sur sa jugulaire. Sa main libre fourrée dans sa poche, il titilla son scalpel du doigt. Oui, même si elle le tenait à sa merci, il était toujours armé. Et rien n'est plus dangereux qu'un fou armé.

— Dans tous les cas, cela veut-il dire que je vous ai attrapé ? Après tout, vous m'avez sauté dessus sans même attendre que je vous trouve. Vous devez être vraiment impatiente de la suite des choses... Cela faisait-il longtemps que vous attendiez "cela" ?

Il ne put retenir un petit ricanement. Passant sa langue pointue sur ses lèvres, regardant la jeune femme droit dans les yeux, ou tout du moins autant que possible, il continua.

— Je dois vous prévenir, j'ai des préférences assez extrêmes, voire dérangeantes. Mais pour que vous séduisiez ainsi de parfaits inconnus, vous devriez être assez ouverte à ce genre de choses, non ?

Cette fois-ci, il ne put se retenir d'éclater de rire. Un rire glacial, comme tous les autres. Mais aussitôt, il sentit la lame de la jolie dame appuyer davantage sur sa gorge. Un fin filet de sang coula lentement sur le cou de Ludvik. Celui-ci baissa le regard pour voir une goutte rouge venir tacher son manteau.

— Alors ? Que vouliez-vous savoir ? Où allons-nous ? Cela me ravirait de continuer notre conversation de tout à l'heure.

Souriant à nouveau à la jeune femme, il préféra se taire pour le reste du trajet, sentant la lame s'enfoncer doucement dans son cou.
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Aventure #14 écrite Mer 14 Mai - 20:56

Cet homme était déroutant et complètement fêlé. Même en sentant  la lame sous sa glotte il avait encore le cœur à rire. Il ne craignait pas la mort et transpirait une certaine jouissance à se retrouver dans une situation aussi délicate. Erine ne céda toutefois pas à la panique, ni aux provocations. D'un pas qu'elle voulut le plus assuré possible, elle le traîna dans les ruelles. Elle ignorait complètement où ils se rendaient mais n'en fit rien paraître. Il était nécessaire pour sa propre survie de ne pas lui laisser la moindre brèche dans laquelle s'engouffrer, quelle soit physique ou psychologique.

Quand elle fut certaine qu'ils avaient mit en déroute la milice et qu'ils étaient hors de vu de passants inopportuns, elle donna un coup vif et violant à l'arrière des genoux de son charmant psychopathe qui s'affala à terre. Profitant de son avantage, elle se recula à bonne distance de celui-ci.

Son bras tendu, la pointe éfilée de sa dague vers ce dernier elle lâcha d'une voix aussi tranchante que son arme:

"Trêves de plaisanteries, tes mains. Oui, tes mains laisse les en évidence. Voila comme ça. "

Plongeant son regard dans le seul et unique œil qui s'offrait à elle, Erine ajouta:

" Je n'ai nullement l'intention de te tuer même si les ordures dans ton genre devraient être exécutés sur le champ. Cependant je ne suis ni juge, ni bourreau mais ça ne veut pas non plus dire que je ne changerai pas d'avis si tu tentes quoi que ce soit, compris? "

Quand elle fut certaine après un léger silence qu'il ai bien assimilé que ses mots n'étaient pas que paroles en l'air, elle termina:

"Maintenant tu vas me dire ce que tu me veux et pas de mensonges ok?"

En réalité Erine se fichait éperdument de savoir quels projets il lui réservait, elle cherchait juste à gagner du temps pour trouver une solution sur la meilleure solution de déguerpir au plus vite.
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Aventure #15 écrite Jeu 29 Mai - 16:22

Ecoutant à la lettre chaque ordre de la jeune femme, Ludvik lâcha son scalpel et sortit les mains de ses poches pour les mettre en l'air, laissant ainsi l'objet coupant dans sa poche. La fixant du regard quand elle le regarda, il sourit face à son avertissement. Même si Ludvik ne maitrisait rien, il s'en fichait. C'était ce qu'il y avait de plus intéressant, après tout. La jeune femme posa une question, et Ludvik la regarda avec un air surpris. Puis, il se mit à rire à gorge déployée. Posant sa main sur son unique oeil en se courbant de rire, il tenta de se calmer et fixa à nouveau la sublime créature devant lui.

— N'est-ce pas évident ? N'y a-t-il pas un seul geste qui ait pu te mettre la puce à l'oreille ? Allons, ne me déçois pas, je pensais avoir trouvé une proie de choix... Tu n'es pas aussi stupide, je le sais.

La dévisageant un long moment, Ludvik lui tourna le dos. C'était dangereux. Trop dangereux. Elle risquait même de s'enfuir. Mais peu importait, il fallait savoir prendre des risques.

— Je pense que tu as déjà bien compris que je n'en veux ni à ton joli minois, ni à ton derrière. Ou tout du moins, pas de la façon dont tu le pensais au début. Mais ton corps m'intéresse, oui. Vois-tu...

Il se retourna à nouveau et fit un pas vers elle.

— Je ne vis que pour une chose. L'expérimentation. La recherche. La dissection. Je suis médecin, pour tout te dire. Pas le plus mauvais, mais pas reconnu comme étant le meilleur. Apparemment, tester certaines choses sur ses patients est considéré comme illégal. Mais bon...

Il baissa les bras et soupira.

— Je dois avouer que ma condition physique rend ta traque impossible. J'aurais dû me concentrer un petit peu sur mon propre corps plutôt que sur celui des autres. Tant pis, ce qui est fait est fait. Aussi, je te propose un marché.

Ludvik tendit la main vers elle, et sourit.

— Laisse-moi faire quelques expérimentations. Juste une ouverture ou deux, par-ci par-là. Je veux juste voir ce qui fait de toi une femme et moi un homme. Autre que les choses que tout le monde connait déjà. Comment fonctionne ton corps ? Comment gère-t-il ces différences ? Mais j'ai besoin d'ouvrir ce joli corps... Néanmoins, après cela, je te promets que tu seras en vie, comme avant, et que tu seras tranquille pour le restant de tes jours. Alors ?

Il la fixa longuement, attendant une réponse. Si elle fuyait, il la poursuivrait. Et si elle acceptait... Ca allait enfin devenir intéressant.
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Aventure #16 écrite Jeu 18 Sep - 10:14

Une expression de surprise accompagné d'un dégoût profond aurait pu se peindre sur le visage de la jeune femme, mais il n'en fut rien. Savoir que l'homme qui se tenait fasse à elle voulait la découper en rondelle pour assouvir ses connaissances malsaines, était une réalité qui collait parfaitement à la peau du personnage.

Un bredouillement incompréhensible s'échappa des lèvres de la jeune femme alors qu'elle baissait son arme jusqu'à ranger la lame dans son étui.

"D'accord, répéta t-elle un poil plus fort. Juste quelques entailles puis je suis tranquille, c'est bien ça? "

Son visage de marbre s'était détendu comme si elle approuvait désormais les circonstances pourtant si aberrantes. Levant ses deux mains bien en évidence pour prouver sa bonne foi, elle fit un pas en direction de l'homme.

"J’accepte le marché."

Se trouvant à présent à quelques mètres de celui à qui elle avait si ardemment voulut échappé, elle lança d'un ton légèrement désinvolte:

"Alors on commence quand Doc' que je puisse enfin rentrer chez moi.
"
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Aventure #17 écrite Jeu 25 Sep - 17:00

Ludvik n'en crut pas ses oreilles. Rares étaient les gens qui acceptaient une idée pareille. Ludvik avait les mains qui tremblaient. Ses lèvres aussi. Son sourire s'élargit et son oeil valide s'écarquilla. Lentement, il tendit la main vers la jeune femme et frôla sa peau du bout des doigts. C'en fut trop. Il retira sa main et saisit son poignet de son autre main. Il devait garder le contrôle de lui-même. Attendre encore un peu. Tout viendrait au bon moment. Il devait se calmer. Absolument. Passant sa main dans ses cheveux, respirant un bon coup, il réfléchit rapidement à un endroit décent pour une femme de sa qualité. La regardant dans les yeux avec son regard fou, il fit :

— Bien. Je sais où nous pourrions pratiquer cela.

Sans réfléchir, il la saisit par le poignet et la tira rapidement pour qu'il la suive. Il commença à marcher en direction de l'endroit qu'il avait en tête, la lâchant peu après. Il la regardait de temps à autre, son regard toujours plus inquiétant, son excitation grandissante. Ils arrivèrent dans un cul de sac, au fond d'une ruelle miteuse. Ludvik se rapprocha d'un mur et donna un coup de pied dans le bas de celui-ci. Une petite fenêtre, à peine visible, s'ouvrit en claquant. Le scientifique se tourna vers celle qui l'accompagnait, son sourire toujours plus grand.

— Après vous.

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Aventure #18 écrite Ven 26 Sep - 13:24

Erine s'était laissée guider sans émettre la moindre réticence, comme un enfant qui traîne sa poupée derrière lui. Elle n'avait pas frémi quand le docteur fou lui avait pris le poignée, ni quand l'expression de son visage exprimait une démence certaine. Non, la rousse était restée d'un calme exemplaire, trop exemplaire d'ailleurs pour son tempérament de feu. Les braises en son cœur avaient de plus en plus de mal à garder leurs éclats. Si la lame froide du scientifique entamait sa chair, cette chaleur disparaîtrait à jamais, car dans le fond Erine ne lui faisait absolument pas confiance.

*Une ou deux entailles mes fesses ! Il va me découper en rondelle oui !*

- Après vous.

- De...? Ah oui suis-je bête, bredouilla t-elle en sortant de ses pensées.

La jeune femme s'engouffra dans l'espèce prévu à cet effet et atterrit dans une pièce sombre. Elle fit quelques pas et profita de la pénombre pour glisser discrètement sa main dans le sac en bandoulière dissimulé sous sa cape. Une idée nouvelle avait fait crépiter les braises enfouit sous la cendre du désespoir.

"Où sommes nous? questionna t-elle sur un ton naïf. Chez-vous? Parce qu'investir dans des fenêtres ne ferait vraiment pas de mal."

Sa main farfouillant toujours dans le sac sans fond, elle finit par caresser du bout des doigts la surface d'une sphère. Elle ressentit monter en elle une vague de chaleur, mais pour le moment il ne fallait rien laisser paraître. Dissimulant l'objet dans sa poche, elle se tourna vers la silhouette de Ludvik et demanda toujours aussi calme :

"Du coup, où allume t-on? Car je doutes que tu arrives à travailler dans le noir."

Il lui fallait avant tout analyser la pièce où ils se trouvaient avant d'user de son nouvel atout. Elle devait reprendre la donne avant de lancer les dés, savoir être patient et agir au moment opportun. Si la lumière était, son cher docteur aurait pu apercevoir dans ses pupilles, luire une petite flamme attisée par la concentration dont la jeune chasseresse faisait preuve.


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Aventure #19 écrite Mar 30 Sep - 18:19

Ludvik effleura du bout des doigts une lampe, sans même avoir besoin de regarder où elle était. Mettant un peu d'huile dans celle-ci, sachant où était chaque instrument, il alluma doucement la lampe, faisant augmenter l'intensité de la flamme, jusqu'à ce que tous deux puissent voir et se voir. Ils étaient dans une petite cave, assez grande pour s'y tenir debout et ayant assez de place pour que trois personnes tiennent dedans sans gêne. Au milieu, une table avait été installée et avait apparemment bien servie. Des tâches rougeâtres parsemaient le bois, et le sol à ses pieds n'étaient pas non plus très propre. Pointant une porte apparemment barricadée, Ludvik fit :

— Une cave. Scellée depuis un moment déjà. Les gens ne l'utilisent plus, alors c'est assez tranquille. Bien, si vous voulez bien vous asseoir sur la table...

Le scientifique avait déjà son scalpel en main. Son regard s'était calmé mais son sourire restait malsain. Partout, des instruments en fer avaient été déposés sur les meubles. Certains avaient une utilité bien distincte, d'autres nettement moins. D'autres encore ne servaient même pas à la médecine. Pourtant, Ludvik les avait tous utilisés au moins une fois. Sortant une scie, du fil, une aiguille et quelques boites de médicaments trouvés, Ludvik farfouillait dans les étagères à la recherche d'autre matériel. Il tournait le dos à la jeune femme et murmurait quelques phrases à sa propre intention, réfléchissant à haute voix.

Le cerveau de l'homme était en ébullition. Plus excité qu'un adolescent voyant sa première poitrine, la passion corrompue de Ludvik lui faisait faire des erreurs. La question étant : Est-ce que la jeune femme en profiterait ?
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Aventure #20 écrite Jeu 2 Oct - 11:00

Ne pas précipiter les événements mais savoir être assez vive pour savoir reconnaître et saisir les opportunités, voilà qui était l'ordre auquel Erine venait de plier son esprit. Pourtant, les instruments trônant sur les différents promontoires n'indiquaient rien de bon et inciter à prendre la poudre d'escampette sans réfléchir. La femme devait lutter pour ne pas mettre ses plans à l'eau.

* Reste calme, analyse, pense..., répétait-elle en boucle pour mieux retrouver toutes ses facultés.Agit qu'une fois les trois données précédentes se complète*


Le doc' était à présent dos à elle, apparemment perdu dans ses délires malsains. Erine arrivait à comprendre quelques bouts de phrases comme "Une scie ronde ? Non, trop de sang...", "Mh pas assez propre pour travailler, me faut un truc plus original..." ou encore "Non, non, non, plutôt quelque chose de plus compliqué...". Un hoquet de stupeur ne put s'empêcher de fuser dans sa gorge plus elle l'entendait.

*Un tournevis?! Mais il est plus atteint que c'que j'pensais ma parole ! Ce dingo veut me trifouiller avec un... tournevis ! ! ? Schuuu.. Schuuuschuuschu... allons du nerf ! Concentre-toi un peu ma vieille, aucun tournevis ne viendra te sonder voyons ! Tu as un plan ! Allez c'est bien... comme ça... oui... calme...*


Elle avait retrouvé son calme. Maintenant elle se devait d'analyser rapidement les lieux à présent qu'ils étaient éclairés. Jetant un regard circulaire autour d'elle, elle remarqua un porte dans le fond surement fermé à clef puis l'ouverture par laquelle ils étaient rentrés. La seule issue possible. Dernière étape, penser aux conséquences si elle se ratait. Erine secoua la tête. Non, elle n'avait pas le choix, elle ne pouvait pas échouer.

Elle voulut donc saisir l'occasion, seulement, quand elle se tourna un objet tomba au sol en bruit retentissant. Elle coupa donc sa lancée et s'accroupit au sol. Sa main, dissimulée dans sa poche, serra le petit objet rond alors qu'elle jetait un œil discret derrière son épaule. Ludvik s'était évidement retourné. La jeune femme avait chaud. Très chaud. Trop chaud. Une vibration de panique venait de booster son sang qui n'avait fait qu'un tour dans ses veines. De son autre main à tâtons, elle saisit l'objet tombé et se releva doucement en le lui tendant:

"Oups, en m’asseyant j'ai fait tombé ça. Peut être que ça te sera utile."

Elle avala avec difficulté sa salive quand elle vit l'instrument en question.
Son visage même était devenu livide.
Il lui fallait un autre plan.
Et vite.
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Aventure #21 écrite Jeu 2 Oct - 11:33

Ludvik se retourna vivement. Perdu dans ses pensées et la tonne d'idées qui germaient dans son esprit, il en avait presque oublié la jeune femme. Tandis qu'elle se relevait, Ludvik ferma doucement le tiroir, sans la quitter du regard. S'appuyant un moment sur le meuble, son unique oeil se plissa légèrement. Il avança vers elle doucement et saisit fermement l'objet dans sa main, lui retirant doucement des siennes. Sans la quitter du regard, la fixant droit dans les yeux, un petit sourire apparut sur ses lèvres.

— Un objet intéressant, n'est-ce pas ? Un arracheur d'ongles. Mais le plus souvent, je ne l'utilise pas. Non, je laisse les autres l'utiliser pour eux-mêmes...

Ludvik eut un petit rire et reprit.

— C'est assez intriguant de voir à quel point les gens sont capables de se faire du mal pour rester en vie. Alors qu'au final, être dans ce monde ou non... Cela importe peu.

Il se tourna légèrement pour poser l'objet de torture sur la table, ayant toujours la belle dame en vue.

— Mais pour une femme de votre qualité, je ne vous ferais pas utiliser ça, non... Il me faut quelque chose de plus... Subtil. De plus raffiné. Oh !

Ludvik se retourna vivement, offrant son dos à la jeune femme. Son sourire sadique était revenu. Rapidement, il se précipita sur une armoire, l'ouvrant bruyamment et envoya valser des tas d'objets en fer dans la pièce, jusqu'à trouver ce qu'il lui fallait.

— Voilà ! C'est ça ! C'est ce que je cherchais !

Le scientifique se retourna, son excitation clairement visible sur son visage. Dans sa main, il tenait une sorte de pince en fer, dont les bouts étaient tournés vers l'extérieur.

— Parfait pour tenir la chair écartée. Je vais pouvoir correctement vous examiner...

L'homme s'approcha de la table, installa un drap sale dessus et la présenta à son interlocutrice.

— Si vous voulez bien vous installer...
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Aventure #22 écrite Jeu 2 Oct - 12:08

Erine frémit. Elle eut d'ailleurs soudainement l'impression de le cerner l'espace d'une secondes, toute petite seconde. Cet homme n'était pas simplement mentalement dérangé et fou mais il était tout simplement... lui.

Il avait un point de vu différent sur la façon de voir la vie, d'assimiler les connaissances qui nous entoure d'une manière générale. Et Erine, elle, n'approuvait pas spécialement cet optique de vue. Surtout quand on était dans sa situation. Surtout quand on suivait la logique de son tortionnaire travaillant au nom de la science.

Car il n'était pas un simple psychopathe aimant sans raison faire mal et travailler sur la douleur, Ludvik, lui, avait passé un autre cap. Un cap beaucoup plus sombre. Il essayait de trouver des réponses à travers la recherche sans se préoccuper de la souffrance de l'autre. Une sorte de quête sordide dont la jeune femme avait du mal à assimiler toute la profondeur du noir sujet.

- Voilà! C'est ça ! C'est ce que je cherchais !

L'exclamation excité du borgne venait de la replonger dans cette affreuse réalité, comme si on venait de lui déverser un saut d'eau glacée sur le crâne. Brandissant son odieux ustensile sous son regard inquiet, il s'approcha d'elle. Par automatisme, Erine s'écarta d'un pas ne sachant plus quoi faire. Il passa à coté d'elle, et prépara une table.

"Je croyais qu'il ne s'agissait que de petites entailles? Tu es certain de vouloir... écarter la chair avec ce truc? J'suis pas vraiment sûre que ça soit très utile tu sais.."

En réalité, Erine parlait car elle n'avait absolument pas envie de s'installer à l'endroit désigné. De nouveau la peur lui tiraillait l'estomac. C'est alors qu'une nouvelle idée germa dans son esprit. S'approchant d'une des tables, elle s'empara d'un objet qu'elle fit tourner entre ses doigts tout en le regardant et en marchant autour de ladite table.

"Et si c'était moi qui testait tes jouets sur toi? Et qu'en suite, une fois que j'aurai vu à quoi ils servent, tu t'amuses à ton tour. Alors?"

Dans l'angle de son regard, elle vérifiait discrètement si elle s'approchait de sa seule issue de secours : la fenêtre par laquelle ils étaient arrivés.
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Aventure #23 écrite Jeu 2 Oct - 12:35

Ludvik écouta la jeune femme parler tandis qu'il observait ses gestes. C'était ce qui la trahissait. Un pas en arrière. Le regard fuyant. Malgré tout, Ludvik gardait cet air calme et fou qui lui allait si bien.

— Juste des petites entailles, oui, que je garderais ouvertes le temps de que je trouve ce que je cherche.

Soudain, elle prit un objet sur un des meubles et lui fit une proposition. Une proposition à laquelle il ne s'attendait pas du tout.

— Et si c'était moi qui testait tes jouets sur toi? Et qu'en suite, une fois que j'aurai vu à quoi ils servent, tu t'amuses à ton tour. Alors?

Ludvik écarquilla son unique oeil un moment... Puis explosa de rire. Un rire fou qui résonnait dans la cave. Soucieux de se faire prendre par les habitants de la maison, Ludvik mit sa main devant sa bouche, les spasmes de son torse étant désormais la seule chose qui montraient qu'il riait. Après s'être calmé, il la regarda à nouveau droit dans les yeux, avec cette étincelle de folie qu'il avait quand les choses l'intéressaient.

— Oh, ne t'inquiète pas pour ça. J'ai déjà testé la plupart de ces outils sur moi. Quand on manque de sujets mais que la science se doit d'avoir des réponses, on ne chipote plus.

S'approchant vivement d'elle, il la fit reculer contre un mur et posa sa main sur celui-ci, contraignant la jeune femme à être proche de lui et entravée. Sa main libre vint se poser délicatement sur le cache-oeil qu'il portait.

— Nous sommes tous égaux face à la science. Nous fonctionnons tous plus ou moins de la même façon, mais je me dois de découvrir et expliquer ces détails qui subsistent.

L'un de ses doigts glissa jusqu'à la peau de sa joue, et avec son pouce, il vint pincer le bas de son cache-oeil.

— Même si cela implique que je doive me mutiler.

Il releva entièrement la pièce de tissu, révélant une cavité orbitaire vide, à peine cachée par une large cicatrice tentant de combler ce vide. Reposant délicatement le tissu à sa place, Ludvik s'écarta de la jeune femme et prit délicatement l'objet de ses mains.

— Maintenant, pourrions-nous commencer ?
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Aventure #24 écrite Jeu 2 Oct - 13:13

Non décidément, le cerveau d'Erine n'était pas formater pour lui permettre d'assimiler en profondeur les pensées obscures et bien trop ambitieuses de Ludvik. Il avait franchit, avec cet oeil, une frontière qu'il ne pourrait plus jamais retraverser. Il était allé trop loin, beaucoup trop loin, et il ne devait même plus envisager de marche arrière. Sa propre raison était corrompue.

Calme. Analyse. Réflexion. Elle n'arrivait plus à confondre les trois. Sa formule magique n'était plus magique alors...

Il y avait eut l'attente morbide face à ce rire incontrôlé, comme l'animal chassé qui sait qu'il fonce droit dans le piège sans aucune autre alternative.

- Oh, ne t'inquiète pas pour ça. J'ai déjà testé la plupart de ces outils sur moi.Quand on manque de sujets mais que la science se doit d'avoir des réponses, on ne chipote plus.
*Il m'a débusqué... il voit clair dans mon jeu, quelle sotte je suis !*
- Nous sommes tous égaux face à la science. Nous fonctionnons tous plus ou moins de la même façon, mais je me dois de découvrir et expliquer ces détails qui subsistent.

Puis s'était installé une tension palpable, comme le prédateur qui joue des nerfs de sa victime avant de l'achevé.

*Il a totalement disjoncté... Qu'est qui cloche dans sa tête?! Il lui manque un truc c'est sûr, mais à quoi pense t-il la?"
Même si cela implique que je doive me mutiler.
*...!*

Et enfin, la sensation de nausée, forte, prenante quand elle découvrit le trou dans la chair. Erine avait ressenti un dégoût si intense qui lui avait fait reprendre pied à terre.

Ni calme, ni analyse, ni réflexion.

Non, rien de ça. Cette courte entrevue à quelques centimètres l'un de l'autre avait éveillé son instinct de survie.

Alors qu'il s'écartait d'elle, la jeune femme le poussa soudainement  avec autant de force qu'elle était écœurée de la scène qu'ils venaient d'avoir. Sa main avait plongé dans sa poche et elle avait jeter la petite boule avec rage sur le sol. Quand cette dernière se brisa, un nuage noir et opaque apparut. Profitant du chaos régnant dans la pièce, elle courut jusqu'à la fenêtre. Elle se cogna contre quelques meubles qui se renversèrent sur son passage et atteignit son échappatoire juste à temps.  

S'extirpant dans la rue, elle entendait déjà des bruits de pas résonner sur les dalles. La maison à laquelle appartenait la cave, s'éclairait pièce par pièce. Encore submergée par ses réactions instinctives, on apercevait déjà l'ombre d'Erine disparaître à l'angle de la rue. Loin. Très loin de cet enfer.



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Aventure #25 écrite Jeu 2 Oct - 13:29

Ludvik fut violemment poussé contre la table. Donnant un coup de scalpel dans l'air, il eut juste le temps de voir sa jolie proie lancer quelque chose. Puis plus rien. Le noir absolu, les poumons remplis d'une fumée désagréable. Quand Ludvik arriva enfin à s'extirper par la fenêtre, ses capacités bien moindres comparées à celle de la jeune femme, il toussa fortement, crachant de la salive afin d'avoir quelque chose à évacuer. Après s'être essuyé délicatement la bouche avec sa manche, il regarda les rues. Vides. Mais plus pour longtemps. Des pas résonnaient dans les rues.

Rapidement, Ludvik se mit à courir. Prenant au hasard des ruelles, il espérait juste ne pas tomber sur la garde.

Manque de bol.

Il tomba soudainement nez à nez avec un garde, encore plus surpris que lui. L'adrénaline et la frustration que Ludvik ressentait ne firent pas bon ménage. Son scalpel encore en main, il profita de la surprise du garde. Il sauta sur lui, son scalpel en avant. Le militaire leva sa main. Mais Ludvik était plus léger. Plus rapide, notamment parce qu'il avait réagi avec lui. Le sang gicla. Eclaboussa le sol. Et un hurlement de douleur se fit entendre avant le silence. Ludvik venait de trancher la gorge de ce pauvre homme.

À cet instant, Ludvik réalisa ce qu'il venait de se passer. Il venait de perdre sa proie. De perdre une proie de qualité. L'odeur du sang vint titiller son nez, tandis que des gouttes coulaient le long de son visage et de sa main. Le reste de la garde découvrit Ludvik ainsi. Le visage barré par un sourire fou. Couvert de sang. Un cadavre à ses pieds. Et tout autour, du sang. Une fois encore, le scientifique fut le premier à réagir. Il prit la fuite. La garde se mit à le poursuivre aussi, mais à force de ruse et d'emprunter des passages trop étroits pour des armures, il réussit à s'enfuir.

Désormais, Ludvik ne pensait plus qu'à une chose. Combler sa faiblesse physique. Ne plus jamais se laisser avoir ainsi parce qu'il est trop faible. Il lui fallait devenir puissant. Il lui fallait... Une invocation.
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Aventure #26 écrite 

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Ce petit écart entre médecin et boucher.

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