Le bleu du ciel

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Nérée Helireah
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Contes de la Dame aux Fleurs
Métier : Noble et Reine des nuages
Invocation(s) : Shénzi ♡ (inactif : Alphikas)
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♔ Sac sans fond:
 


Inventaire▲

Aventure #1 écrite Dim 16 Fév - 20:15



Elle était dorénavant seule. Ils l'avaient abandonné. Ou plutôt, elle les avait abandonnées.

La demoiselle n'était qu'à quelques pas des portes de Lüh, et pourtant la Capitale ne se dessinait qu'à peine à l'horizon. Cela créait peu à peu en elle un doux sentiment d'excitation, de peur, de crainte, ce qui n'était pas pour lui déplaire. Elle contemplait d'un regard protecteur Ambre, qui gambadait non loin d'elle, esquissait un bref sourire lorsque celle-ci examinait les lieux avec une certaine précaution, les yeux pleins d'émerveillements. Ces deux compagnons découvraient au fil de leurs pas un paysage autre que celui de l'infinité du désert ambré, plongeant leurs pieds dans l'herbe verdoyante qui bordait le chemin. L'aube s'était levée depuis un long moment, les fleurs commençaient à s'épanouirent de nouveau.
La dame aux fleurs marchait, lentement.
Bien évidemment, ceux qui croisaient la jeune femme se demandaient comment une humaine à l'allure si distinguer et si insignifiante osait se promener sans invocations ni autres protections. Même si le danger était mimine, étant si proche de la Capitale, certains n'hésitaient pas à murmurer sur son passage, murmures que la jeune femme ne cherchait pas à comprendre. Peut-être était-elle une invocation sous forme humaine. Mais comment pouvait-elle donc se déplacer librement ? D'un léger mouvement, Nérée replaça quelques mèches de sa longue chevelure qui entravaient sa vision, inspira profondément, savourant l'air frai qui emplissait son être. Ces murmures, portés par le vent, étaient insignifiants.
Humains insignifiants.

Elle descendit promptement la colline, portant le faible poids de sa compagne. Celle-ci, rapidement fatiguée par la longue marche, préférait pour terrain de jeux le corps l'humaine, chose qui ne la dérangeait guère. Son regard profond scrutait chaque mouvement aussi insignifiant soit-il, chaque bâtiment qui se dessinait un peu plus à l'horizon qui se mêlait au ciel azur. Les nuages n'étaient que peu nombreux.
La dame aux fleurs contemplait la ville, silencieusement.
Même livrée à elle-même, elle ne se sentait pas libre. Une pensée traversa sa tête un bref instant, elle la repoussa aussitôt. Il était vrai qu'elle aurait déjà dû ne plus faire partie de ce monde. En effet, si la dame aux fleurs n'était pas accompagnée, il y avait là une bonne raison. Elle avait fait la plupart de son voyage en compagnie d'une caravane de marchands. Lors d'une halte, elle s'était éloigné du groupe, s'approchant sans inquiétude d'un petit court d'eau. Inconsciente. Plongeant ses mains dans l'eau, elle ne prêta guère attention aux cris des femmes et aux hurlements des hommes. Elle avait simplement le regard dans le bleu du ciel, qui se reflétait dans l'eau.
Peut-être avait-elle eut la chance, ou le malheur de ne pas avoir assisté au massacre sans issue.

Ambre se blottissait contre son corps, logée dans l'une des poches de sa robe. La demoiselle avait délaissé sa tenue de voyage pour revêtir sa simple robe, ainsi que, comme à son habitude, ses fleurs. La foule se faisait de plus en plus dense, ici et là, voyageurs et marchands se pressaient devant l'immense ville. Elle était arrivée. Très vite, quelques curieux attardèrent leur regard sur la coiffure si particulière de la jeune femme. Pourtant, l'attention de celle-ci était portée sur tout autre chose. Elle l'entendait, et en cherchait soigneusement la source, scrutant particulièrement la foule. La douce mélodie emplissait son esprit, traversait son être. Comme attirée par celle-ci, elle s'en approcha comme un insecte attiré par la lumière d'une lanterne, oubliant la populace qui parfois la bousculait. Très vite, elle arriva à l'endroit tant convoité. La douce musique provenait d'un musicien de rue, jouant quelques notes afin de pouvoir se nourrir encore aujourd'hui. Même s'il faisait ce travail par pur besoin, l'homme semblait apprécier ce que l'on puisse appeler un métier. Nérée semblait avoir déjà entendu cette douce musique, ce qui attisa un peu plus sa curiosité. Pourtant, ne voulant l'interrompre, elle ne saurait probablement jamais quelle en était la provenance.

Nérée était comme absorbée par la musique, son attention était entièrement tournée vers elle. Il n'y avait plus qu'elle au monde. Si bien, que la jeune femme ne vit pas le danger arriver. Si bien, qu'elle ne put réagir, même si l'envie n'avait cependant pas été présente. Non loin d'elle, la foule prenait panique, se poussait tant bien que mal. Il y avait des éclats de voix, des expressions de mécontentement. Le chahut avait été causé par un voleur qui s'enfuyait, poursuivi par une poignée de l'inutile milice de la ville. Tenant son butin si dérisoire contre son torse, il avait déjà passé les portes de la ville. Le danger était tout proche, maintenant. Le voleur passa près de la dame aux fleurs, qui n'avait point bougé, contrairement aux personnes qui l'entouraient. « Pousse-toi, sale garce ! » Avait-il articulé, tandis que sa main prenait appui contre son corps, la bousculant assez fort pour qu'elle tombe en arrière. Lentement, son dos toucha les pavés froids. Le voleur lui était déjà bien loin.
La musique s'était arrêtée, brusquement.

De par sa piètre chute, il était aisé de prendre conscience que celle-ci ne pouvait conduire à son évasion. Elle y renonça rapidement, il fallait se rendre à l'évidence même. Les secondes s'écoulèrent, interminable. Heureusement, Ambre, qui n'avait aucunement senti la chute de sa maitresse, dormait toujours dans la poche de celle-ci, cachée aux yeux de tous. Les yeux plongés dans le ciel azur, la demoiselle avait presque oublié que son corps était toujours contre le sol, son comportement suscitant chez les passants de nombreux murmures et regards pesants, une fois de plus. Elle avait presque oublié la musique qui s'était dissipée, plaçant son attention vers la seule chose qu'elle pouvait apercevoir. Quelle personne étrange, pensèrent certains, tandis que d'autres passaient simplement à quelques centimètres d'elle, manquant à chaque instant de marcher sur son fragile corps. Mais cela importait peu. Elle continuait de plonger son regard dans le ciel, si infini. La vie reprenait son cours, comme si rien ne s'était passé. La musique avait repris.

Un pétale tomba de sa chevelure, se posant avec délicatesse sur le sol de la capitale. Dans le bleu du ciel, quelques teintes de gris commençaient à s'apercevoir. Il allait surement pleuvoir.





   
   
   


« Oh my God, I see how everything is torn in the river deep
And I don't know why I go the way
Down by the riverside. »
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