Entrez donc ... Je mors, mais pas sans raison.

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Aventure #1 écrite Lun 30 Juin - 21:49

Je me sens épuisé. Pourtant, ma position est plutôt confortable : je suis allongé sur le dos, les 4 fers en l'air ( littéralement, mes pattes se dressent à l'assaut du vide qui me surplombe ), et ... le corps incrusté dans le sol. Ne vous moquez pas enfin, attendez que je vous raconte comment j'en suis arrivé là! Cette cocasse situation, figurez-vous, est en réalité due a mon éternelle ambition d'atteindre cette lueur d'espoir, métaphorique comme réelle, que je perçoit, quelque part très loin au dessus de ma tête. Rien, certes, ne me prouve qu'il s'agit de ce que je pense. Et vu le nombre de fois où j'ai changé d'avis sur ce point d'ailleurs, ce n'est pas étonnant. Mais cette source de lumière, peu importe ce qu'elle fut, m'attire. J'ai tenté une nouvelle approche cette fois pourtant. Plutôt que, comme d'habitude, courir en rond dans mon arène jusqu'à pouvoir littéralement marcher sur les parois, j'ai préféré sauter directement de ma colonne. Le mur, un brin récalcitrant, ne m'a pas laissé m'accrocher au premier essai. Le second ne fut que de peu un peu plus fructueux. Et par la suite, les choses sont devenues plus aisées. A dire vrai, je n'en était qu'au 4ème essai lorsque j'ai finalement réussi à escalader directement la pierre brute, en ascension verticale. J'ai vraiment cru que cette fois serait la bonne. Je me sentait prendre de la hauteur, certes avec difficulté, mais avec le réel espoir de parvenir à quelque chose ... Puis il est venu. Cet instant fatidique, se répétant à l'infini semblerait-il, où j'ai perdu mes appuis. Mes griffes supérieures se sont décrochés de la paroi, et ... Certes, la chute fut courte, mais pour autant, rude. A tel point que j'ai cru briser le sol. Je pense qu'il l'est, en fait. Je n'ai toujours pas vérifié. Il n'est certes de limites réelle à la douleur ou à la souffrance que mon corps peut encaisser. En cas de blessure trop grave, je reviendrais ici, me ressourcer. Mais par contre ... Être assommé est tout à fait dans mes capacités.

Je ne sais combien de temps je reste dans cette position honteuse, la langue me recouvrant un œil, et la mâchoire légèrement ouverte. Je sais juste qu'à terme, je finis à un moment ou un autre par revenir à la conscience. Me relevant avec difficulté, je regarde les brumes se reformer au dessus du sol, le rendant de nouveau peu à peu invisible à l'endroit où je me suis écrasé. La pierre noire et translucide - Serait-ce un verre que je ne m'en étonnerais point - qui recouvre le sol, et qui était visiblement craquelée en de nombreux points, semble effectuer le procédé inverse, alors que les fissures disparaissent avec des petits bruits cassants. Un instant, je ferme les yeux, et m'offre le luxe de sentir ma fourrure frémir de la pointe du museau jusqu'à la pointe de la queue, comme parcourue d'un vent doux ... Je sais parfaitement qu'il est aussi fictif que ma liberté de faire ce que je veux, mais je ne peux m'empêcher d'apprécier. Puis, soudainement, je vois la brume se redresser, et se concentrer au centre de la pièce ... Mon bon vieux miroir de glace se reforme petit à petit. Toujours au même endroit, au centre des 4 colonnes. Ce qui veut dire qu'on va bientôt avoir un nouvel intru dans ma cellule ... Ou pas, qui sait. Je regretterais presque le dernier à être passé. Mais bon ... Quand on est bête, on est bête. D'une ou deux foulées, je bondis en haut de ma colonne brisée, la seule des 4 dont le haut ne disparaisse pas dans les ténèbres insondables qui me servent de plafond. Ces dernières semblent brutalement ... S'abaisser. L'endroit, qui n'était déjà que peu éclairé, devient tout à coup bien plus sombre, et si la brume ne brillait pas légèrement, plus aucune lumière ne filtrerait. Quand à moi, je deviens aussi visible qu'un morceau de charbon dans une mine, et je sens qu'aucune lumière ne pourrait remédier à ce fait ... car je sais que ce n'est pas seulement l'obscurité qui me dissimule aux yeux, mortels comme immortels. Les ténèbres continuent de s'abaisser petit à petit, ne laissant à peu près que deux mètres entre les brumes argentés au sol, et celles, noires, du plafond. Pour un peu, s'il n'était pas si grand, ce cercle en paraitrait presque ... étouffant. Seul le miroir reste visible, reflétant une lueur irréelle qui ne vient pas de l'extérieur, mais pas tout à fait non plus de l'intérieur de la glace. Je pense que ma nouvelle épreuve est prête ... Il ne me reste plus qu'à voir si le nouvel humain qui entrera dans cette pièce sera à la hauteur.


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Aventure #2 écrite Mar 1 Juil - 21:06



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Elle n'est plus étonnée. Elle observe l'endroit comme une habitude, rêveuse. La milicienne de nouveau confrontée aux rejetons des Dieux, au silence, à la mort souveraine. A pas feutrés, elle entre une fois encore dans le Temple de l'Eau et entend sa mélodie assassine. Il s'était mis à pleuvoir lors de son parcours. Comme les fois précédentes. Elle savoure cela face aux plaines arides, au désert maudit. La pluie essuie des plaintes, qu'elle avait si souvent entendues.

Ses mains tremblent sous des airs taciturnes. Elle ne pourra pas mentir. Son souffle trahit ses pensées, ses songes les plus obscurs. Caressant l'opportunité de ne jamais revenir, d'y être oubliée, comme de nombreuses vies.

Les interactions humaines lui paraissaient désormais ennuyeuses, pour se mêler à d'autres monstruosités. La vie ne s'écoulait plus dans ces temples, l'existence pourrie, immobile qui s'encrait aux hommes. Droit de vie, droit de mort, ils avaient ce pouvoir abominables entre griffes et crocs vengeurs, pour rependre leur chair comme leur sang, sur des parois de glace.

Elle se consume doucement. Une tendre colère qui se dégage de ces yeux nourris d'innocence bafouée, d'une haine partagée.

Elle regardait sans mépris, d'une méfiance lentement érigée, pour mieux consolider cette façade de marbre. Ses doigts de cires pourraient caresser la texture ancienne de ces portes interdites, goûter au désarroi pour remplir cette coquille vide qui lui faisait défaut.

L'une d'entre elle, l'attire plus que ces sœurs. Comme un appel, elle n'y résiste pas, dans ce labyrinthe infernal de possibilités.

Elle avance ; des petits pas timides. La nuit souffle sur ses paupières. Elle est aveugle. Un refrain qui se répète sournoisement pour la contraindre au pire des supplices. Elle tournoie sur elle-même,  les yeux plissés pour trouver le futur tribut. Ni odeur, ni le son mystérieux des gouttes sur la surface rocheuse.

Éternel et inconnu est le chemin. Son chemin.
Elle est seule, alors sa voix pour ne pas se sentir effrayée résonne dans l'air silencieux.

« Je suis réellement surprise. »

Le timbre neutre ne niait rien, crédule, faussement calme. Elle savait que le maître de ces lieux l'entendrait s'agiter pour tenter de réveiller cette divinité déchue. Ce qu'il avait été autrefois.

« Je croyais qu'il y aurait aussi de l'eau dans cette cellule. Les invocations arriveront encore à me surprendre... »

Mais l'élément imprévisible n'était pas sa pire crainte. La pièce l'étranglait déjà de son oppressante obscurité. Les ténèbres encrées à son esprit refaisaient surface autour de son corps insignifiant. Avec Hydros, elle avait appris à les écouter, à ne pas détourner le regard des abysses.

« Crois-tu que l'obscurité  te donne un avantage sur moi, enfant d'Aqua ? »

Puis ses yeux se posent sur l'ovale faiblement lumineux de cette prison. Elle ignore la raison de cet objet. Ce qu'elle veut vraiment c'est voir cet autre.
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Dernière édition par Grim le Mer 19 Nov - 22:17, édité 1 fois
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Aventure #3 écrite Mer 2 Juil - 21:20

Les hommes. Ils ont précipité la chute de leur monde, l'apocalypse. Ils sont parvenus, avec leur technologie, à nous tenir tête, à moi et mes frères. Ils prétendent domminer leur monde. Et pourtant, ils ne savent pas encore comment camoufler l'odeur de leur peur lorsqu'ils sont dans le noir. Pourtant, à moi, tu apparais très clairement petite chose ... Mais je suppose que vu qu'elle n'a quitté la lumière de son soleil que depuis quelques minutes, ses pauvres petits yeux mortels ne peuvent tout simplement pas s'adapter si vite. Est-ce réellement de ma faute si personne ne songe jamais à prendre une torche avant d'aller délivrer son invocation? Bah ... Ce n'est pas plus mon affaire, au fond. Un vent glacé semble se lever à l'instant où elle évoque l'absence d'eau. Tu te trompe, jeune humaine, de l'eau il y en a dans cette salle. Il y en a même énormément ... Simplement, point de liquide dans mon antre jeune péronnelle, juste de la glace.

Je suis tenté de lui répondre. Vraiment. J'adorerais lui bondir sous le nez, et lui prouver à quel point je n'aurais nul besoin de me voiler pour avoir le moindre "avantage" sur sa personne. Mais je ne le fais pas. Je laisse mon arène, comme j'aime à l'appeler, lui dicter la voie et lui enseigner l'épreuve qui est la sienne, puisqu'elle veut me libérer. Dans un premier temps, la brume argenté qui recouvre le sol, et lui arrivait à peu près à mi-tibia, se dissipe autour d'elle, chassée par un vent qu'elle ne peut sentir ni percevoir. L'obsidienne qui constitue le sol de ma prison se révèle donc, autour d'elle, à ses yeux. Malgré sa couleur si sombre, ce verre semble doucement briller, comme si les pâles fantômes de mon passé s'y promenaient : intemporels, imperturbables, indifférents, irréels. J'admire le verre qui, sous l'un des deux pieds de cet enfant, se met d'un coup selon un motif bien précis à briller d'une douce lueur cyan. L'image poétique d'un flocon de neige se dessine ainsi sous sa semelle, suivie par une autre qui se situe sous l'autre pied. Après une seconde de battement, un nouveau prend forme, environ 30 centimètres devant son pied droit. Un autre, à deux pas devant son pied gauche. Puis, alternativement, ils se mettent à apparaitre les uns après les autres, passant à droite et à gauche. Pour un peu, on dirait les traces de pas de quelqu'un ayant suivit un chemin bien défini. Un chemin qui mène tout droit à mon miroir ... Rien de bien surprenant, dans le fond.

Toutes ces petites touches lumineuses bleues finissent, à force de se cumuler, par significativement faire remonter le niveau lumineux. Pour moi, ça ne change pas grand chose, tant je connais l'endroit par cœur. Mais pour elle, tout devrait être clair, ou peu s'en faudrait ... La large salle circulaire. Les murs, de blocs grossiers de pierre brute. Le rayon de la salle, du miroir au mur, est environ de 75 pieds. A 30 pieds du miroir, sur un autre cercle, mes 4 colonnes, qui forment un carré parfait. 3 partent vers des hauteurs infinies, et disparaissent dans l'obscurité quoi qu'il advienne. La mienne, la 4°, la brisée .... Mais je ne suis pas visible à son sommet. De fait, je doute même que ledit sommet soit bien visible, pour ses yeux à elle ... La pièce reste trop sombre pour cela. La source de lumière est d'ailleurs le miroir, qui pour l'instant ne reflète rien d'autre que de brumes qui n'existent pas, ou ne lui font en tout cas certainement pas face. Ca n'a rien d'étonnant : ce que mon miroir reflète lorsqu'il se reconstitue a trait au véridique, mais pas à la réalité elle-même ...

La surface lisse, immuable, s'agite à son tour lorsque les deux derniers flocons apparaissent sur un même niveau, juste devant. La lumière que la glace renvoie, ou peut-être émet, change. Fluctue. Les lettres se dessinent, les mots se forment. Une phrase prend place, n'attendant que d'être lue. Elle se volatilisera en fumée lorsque la mortelle aura fini de la lire, et reviendra si cette dernière a besoin de l'étudier plus en détail. Je n'ai nul besoin de poser mes yeux dessus, je la connais ... Je l'ai écrite.

Celui que tu veux voir est comme une des facettes de ton cœur
Exposes-là, et tu chasseras loin de toi, loin d'ici les ténèbres.
Ici tout cœur de glace, dans les ombres disparait et meurt
Là où le sang chaud et qui tempête éloigne l'éloge funèbre ...


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Aventure #4 écrite Sam 5 Juil - 22:02


Dans ces ténèbres, la lumière s'est terrée, soumise. Dans la nuit, la lune ne brille plus pour illuminer des pas imprudents.

Mais dans les airs, à contempler l'inatteignable, elle ne pourra pas avancer. La roche sous ses pieds s'éveille dans une lueur probante. Un spasme la prend lorsqu'elle recule face à cette apparition. Enfin, son mystérieux hôte daigne présenter l'épreuve à laquelle, elle doit se soumettre.

Pour la première fois dans cette attente, elle sourit. Le temps se suspend, tout devient trouble à ses côtés. Comme dans un rêve. S'éloigner, fuir dans un ailleurs. La réalité la condamne à juger leur univers. Il n'y a que dans des paroles assoupies qu'elle voit la beauté d'un monde humain. Un bonheur factice.

Elle voudrait de la neige. Sentir le froid glisser sur ses bras en capricieuse enfant. Elle suit les motifs bleutés dansant sur le sol, comme un guide. Il lui suffit de les traquer pour ne pas se perdre dans l'obscurité. Elle oublie que la mort rôde, que tout ceçi n'est pas un jeu.

Elle aime se rire des hommes, pour combler son ennui, ses tâches hasardeuses du quotidien. Elle saura dire pourquoi elle s'y adonne, pourquoi elle s'y perd toujours pour marcher sur des braises, les pieds gelés. Quelque part tout au fond, elle sent le froid qui l'étreint, là où les flammes refusent d'y vivre. Même son regard perd alors de son éclat, des joues blessées par des larmes ternies.

Au bout du parcours, la salle circulaire se dessine faiblement sous ses pas. Le fameux miroir révèle  quelques éléments, comme les pieds de colonnes qui s'enfoncent vers le haut. Absolument rien ne permet d'éclairer, l'infini plafond. Grim garde alors ses yeux rivés sur l'artefact. Les mots, dont le sens est maudit. Elle se fascine pour la perfection de ces lettres gravées devant elle. Un murmure creuse la fente de ses lèvres pour les mimer.

Ce n'est pas un spectacle. Mais un enfer déloyal. Il sublime tout lieu de ses illusions. Jamais elle n'a vu pareil phénomène. Elle se laisse absorber. Ces mots la rendent songeuse.

Elle déteste les miroirs.

Absorber jusqu'à que ces yeux ne laissent entrevoir un éclat glacé. Elle oublie ce qu'elle est par la peur. Elle se sait différente des autres car elle n'a rien à y perdre. Son venin moqueur aurait coulé sur son adversaire. Le combattant qu'elle ne craint pas. Mais elle prend, la joute au sérieux, d'une sombre arrogance humaine. Elle revoit les combats, la lame tueuse, tout ce qu'elle a laissé mourir en elle.  

« Il y a trop de facettes. »

Alors devant le nombre...elle ignore tout. Peur. Solitude. Silence. Une âme se dérobe, dévorée. Colère. Peine. Culpabilité. Rien de tout cela. Elle a tout enfoui, pour qu'on n'en sache rien. Envie. Confiance. Orgueil. Un coeur qui saigne, qui ne veut plus parler. Que veux-tu lui prendre ? La forcer à dévoiler ?

« Laquelle ? Laquelle souhaites-tu voir enfant d'Aqua ? »

Elle t'écoutera, s’exécutera. Pour toi qui ne peux, te montrer devant-elle.
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Aventure #5 écrite Lun 7 Juil - 20:55

Ici tout cœur de glace, dans les ombres disparait et meurt
Là où le sang chaud et qui tempête éloigne l'éloge funèbre ..

Les mots se recomposent quelques instants après qu'elle n'ait dit cette phrase. Tss. Les hommes ont cette tendance irritante à penser que beaucoup de choses leurs sont dû, les informations comprises. "J'ai le droit de savoir" clament-ils comme des damnés lorsqu'on cherche à les protéger du chagrin que causerait la perte d'un être cher. "Dis moi pourquoi" s'écrient les bambins, lorsque leur esprit ne peut encore concevoir que certains faits ne s'apprennent qu'à partir d'un certain âge. Ici, certes, la demande est plus subtile, plus nuancée. Ce petit bout d'existence a, de son point de vue, probablement d'excellentes raisons de demander cette petite précision. N'aurais-je eut qu'une petite paire de siècles que j'aurais compris sa position. J'aurais probablement agit de même, d'ailleurs. Après tout, personne ne m'a éduqué moi, il a bien fallu que le temps m'aide pour mûrir ... Mais ici, je ne tiens pas à laisser de place pour l'innocence, ou la naïveté de la jeunesse. Tu veux savoir? Tu n'obtiendras pas un mot de moi. Le simple fait que la phrase s'affiche de nouveau est déjà, pour moi, une aide presque outrageuse. Et contrairement à d'autres, tu ne m'apparais pas comme stupide ... Je sais que tu peux trouver de toi-même.

La question résonne quelques instants, avant que l'écho lui-même ne finisse par se dissiper et disparaitre dans les ombres. Pour peu qu'on lève les yeux, et qu'on ait un peu d'imagination, ma cellule est semblable à un gigantesque puits, que l'on aurait retourné, et dont le fond se perdrait dans les profondeurs de la terre, ou du ciel? Qui sait. Je regrette presque de ne pouvoir interagir avec toi, petite enfant. C'est une difficulté que je t'impose, et une contrainte que je me donne également. Je me sais trop faible pour te refuser assistance en te voyant démunie ... Mais maintenant, je sais que tu ne trouvera d'autre appuie en ces lieux que toi-même. Et c'est amplement suffisant. Il te suffit de lire cette phrase, et de lire le message que je te fais passer à travers. Il est une chose que de ressentir une émotion. Il en est une autre que de deviner quelle émotion je veux te faire ressentir. Testes les donc les unes après les autres si cela te sied, je n'en ai cure. Mais ne va pas croire que qui que ce soit viendra voler à ton aide et te mâcher la moitié du travail. Quel genre d'aide te donnerais-je, si je ne t'encourage à surmonter les difficultés qui sont à ta mesure par toi-même? Quel genre de parent porte son enfant sur ses épaules toute son existence, plutôt que de l'encourager à marcher?

Je m'égare un peu je crois ... Ce n'est pas comme si elle pouvait entendre mes pensées. Ou alors, les dieux ont refait les humains d'une manière bien étrange ... Personne ne m'écoute penser, n'est-ce pas? De toute manière, je ne pense pas qu'on puisse trouver quoi que ce soit d'intéressant dans ma grosse tête. En tous les cas ... Cette invisibilité forcée a des cotés pratiques. Je peux me curer les crocs d'une griffe sans faire le moindre bruit. Non pas que j'ai les dents sales, je n'ai rien mangé depuis des lustres, mais j'avais envie ... Et même si je n'ai rien saisit entre mes crocs depuis "des lustres", des traces de mes précédents "repas" ( si on peut les appeler comme ça ) sont visibles ici et là, lorsqu'un pan de brume disparaissant permet d'entrevoir l'éclat jaunâtre d'un os. Leur compagnie ne me dérange pas ( après tout, tout le monde a un squelette, non? ), mais j'ai noté qu'elle pouvait mettre mal à l'aise, voir terrifier certains invocateurs "potentiels". Les pauvres. Comme si ne pas savoir que j'avais du sang plein la gueule était réellement une bonne chose. ( oui, plein la gueule, tout le monde n'a pas la prétention de pouvoir tuer avec ses "mains" ... Et tout le monde n'a pas de main, pour commencer. ). Je regarde, l'espace d'un instant, un crâne fantomatique qui joue à ne se dévoiler que ce qu'il faut, avant de nouveau de disparaitre dans la brume. Tout ce que je peux dire pour l'instant, du peu que j'ai vu, c'est qu'elle est bien calme ... Bien trop calme. J'espère qu'elle va changer ça vite fait.


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Aventure #6 écrite Dim 13 Juil - 21:00


Elle observa l'obscurité.
Elle la regarda d'un mépris virulent. Ses yeux firent volte-face. Seuls les hommes y avaient le droit. Elle ne l'offrait qu'à eux, à ces méprisables semblables. Elle servait un croissant de lune accroché à son visage. Ce sourire avenant. Elle voulait tant leur jeter à la face, tout ce qu'elle haït chez eux, tout ce qu'elle n'a pas pu détruire.
Il ne voulait pas l'entendre. Il refusait de lui parler. Des rois et reines solitaires inanimés.
Elle avait connu des yeux à l'étau de glace, au tranchant métallique, la couler sur place une fois. Ses entrailles se vident encore au souvenir foudroyant, la nausée la reprend. Elle chasse encore cette nuée sordide, elle l'inonde d'une colère sourde. Ce passé, elle peut encore permettre au sable de sa mémoire de l'engloutir.

Glaçe.
Chaud.


Elle entrevoit comme une évidence l'opposition qui se mêle à l'énigme. Son cœur n'est pas de glace.  Fragile, il est de verre. Cassable à boire, imbibé ses émotions trop lourdes. Elle a hurlé, elle a crié. Il y a longtemps, quand les sens s'alourdissent, se meurent sous une joute qui vous méprise. Sous l'impuissance qui sait éveiller les sentiments malléables. Au fond, elle sait l’amertume et le poids des larmoiements, même quand ils ne tombent pas.

Silence.

Elle réalise, l'impasse improbable qui se profile. Les jointures de ses mains craquent, tandis que ses yeux semblent s'accoutumer à la nuit perfide. Sourde ou muette, la créature refuse de lui donner des mots. Son soupir las tranche l'air, de manière agacée.  Le temps coule et effrite dangereusement sa patience.

« Dis-moi... »

Le ton est plus bas, encore plus insidieux. Son sourire s'est davantage creusé sur son visage trop lisse et tendre, ses yeux de poupée mi-clos. Les épreuves, elle les craint. Elle entend encore les murmures des exploits gravés d'éternel dans les bouches émerveillées. Elle voulait aussi ce privilège, cette gloire banale à accrocher au plastron. Pour une promesse accomplie, elle voulait encore en réussir une, ce pourquoi elle était venue...

« Que penses-tu des hommes ? Les détestes-tu comme tes frères et sœurs ? Ton cœur à toi, saigne t-il toujours, à cause des blessures, de leur faute ?

Elle a toujours voulu mener la danse, croire qu'elle pouvait à tout moment se défiler. Se rire de tout, de n'importe qui à la volée. Elle n'a jamais eu le sérieux des soldats. La démarche, le discours protocolaire, ni la stature, la fierté démesurée. L'enfant méprisée de tous pour ses actes improbables, sa voie n'est que déroute.

Elle veut voir la colère se déverser sur elle. Sentir la rancune enchaînée. Car son mutisme ne susciterait rien d'autre en elle, si ce n'est un court amusement. Et c'était la première fois qu'elle essayât sur un demi-dieu.

« J'ai vu des cœurs de glace autrefois. Ils sont morts. »

Ce puits sans fond qui les a engloutis. Elle veut marcher vers la lumière, vers la vie de l'extérieur. Elle ne restera pas prisonnière ici.

« J'ai vu le sang chaud. Mais il appartient aux combattants. »

Pour ceux qui désirent voir, celui des autres se répandre à leurs pieds.

Parmi eux, elle ne sait plus ce qu'elle devrait être. A trop jouer de ses ornements, de ses masques. Des mensonges et des brides de folie qui coulent dans la bouche, dans les veines. Elle a trop soumis les autres à des soi différents et improbables, qu'elle avait souvent maniés. Il ne restait alors plus rien dans tous ces artifices.
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Dernière édition par Grim le Mar 22 Juil - 23:27, édité 1 fois
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Aventure #7 écrite Mar 22 Juil - 20:50

Ton ton est si calme … Posé. Ha ha. J’avoue avoir des doutes, tout de même. Tant sur cette petite humaine qui me parle sans que je ne puisse lui répondre, que sur mon épreuve, où justement j’aurais aimé pouvoir lui dire deux ou trois petites choses. Tu ne peux entendre mes pensées cependant … Bien dommage. Même si l’un dans l’autre, cette capacité irréaliste serait une véritable plaie pour moi … Qu’importe après tout. Mes divagations futiles et aléatoires ne t’aideront pas ici. Pas plus qu’elle ne m’aiderons moi. Perdre du temps n’est pas, pour moi, un problème, puisqu’après tout, le temps ne m’est en rien compté. Je ne crains pas la mort. Je ne crains pas la faim, le froid. Je ne crains pas de moisir ici pour le restant de ce temps infini qu’il me reste à vivre. Je ne crains pas plus de devenir zinzin à force de parler tout seul : j’ai l’impression de toute manière que c’est déjà le cas depuis … Si longtemps.

Je crois que son problème, en réalité, c’est juste qu’elle pense trop. Trop de réflexion. Si je demande une partie de ton cœur, me donner une réponse philosophique ne t’avancera que peu, petite. Rien que pour ça je crois, le mot « cœur » se souligne dans mon énigme. Le pire, c’est que l’espace d’un infime instant, je l’ai senti. La solution. Elle la tenait. Puis elle l’a laissé disparaitre … Peut-être s’est-elle rendu compte que, pendant ce bref instant où elle a touché du doigt la possibilité de me voir, ce qu’elle désire tant, l’espace autour d’elle s’est éclaircit. Les ténèbres ont légèrement reculé, son monde lui est un peu plus apparu. Puis retour à la position de départ … Ce genre de petit « coup d’espoir » met mon humeur à mal. Et ce qu’elle affirme juste après, avec un genre de pause dramatique au milieu, ne l’améliore pas. Certes, elle a peut-être compris la première moitié de ce que j’ai voulu dire. Manque de chance, c’est la seconde que je voulais la voir résoudre. Les mots « sang chaud » se soulignent d’eux-mêmes une fois de plus. Comment ça une fois de plus ? Ils l’ont déjà fait ? Je suis saisi d’un doute. Qu’importe, en tout cas ils se soulignent désormais. Après, je ne vois pas trop quoi rajouter de plus … Sauf si tu ne vois pas à quoi ça peut bien faire référence. Remarque, si elle s’ouvre les veines, j’aurais la confirmation définitive que je dois changer mon épreuve du tout au tout.

Le calme qu’elle affiche m’impressionne. Peu sont resté de marbre ici, et je n’ai jamais entendu parler de l’obscurité comme de quelque chose insufflant le courage dans le cœur des hommes et femmes, ce serait même tout le contraire. Mais je me demande sincèrement si cette apparente neutralité émotionnelle est due à un courage, ou à un manque de menace. Grinçant des dents alors que se dessine mon éternel et divin sourire (observez donc toutes ces magnifiques dents pointues), j’ai l’impression que mes yeux brillent dans les ténèbres alors que ces derniers … Changent. Le ciel, l’air, la pièce ne se contentent plus d’être sombres, noirs, et frais. Au début, une bourrasque de vent gelé balaye les lieux, frappant le visage de la jeune femme de plein fouet. Puis il s’arrête aussi soudainement qu’il est venu. L’ombre à son tour se met alors à bouger. Pas d’un bloc, comme si elle était une sorte de gigantesque entité solide pouvant se déplacer à sa guise dans l’espace … Non, elle bouge comme si elle prenait vie. Comme si mon arène, ma cellule était devenue l’intérieur du corps d’une gigantesque créature. Les reflets se troublent, les mouvements sont flous. Sont-ce des griffes ou des tentacules qui s’agitent un instant, un peu moins visible qu’un charbon au fond d’une mine, sur ta droite ? Tu n’en sauras jamais rien petite, à peine as-tu tourné la tête que les volutes de fumée obscure se sont dispersé, soustraits à ta vision mortelle.

Si tu songes réellement ne pas avoir la moindre goutte de sang qui soit un tant soit peu plus élevée en température que les autres, tu n’es pas prête de voir la sortie de cette épreuve, et encore moins de me voir moi. Et en fait, tu n’es même plus proche de voir quoi que ce soit, car ici les ténèbres, à ta vue, absolument tout sont sensés soustraire.


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Aventure #8 écrite Mer 23 Juil - 22:01

Tu te trompes.

Au fond elle n'est ni calme, ni posée. Son cœur manque un battement, vrille soutenu par son souffle abrupte, sa nervosité grandissante.
Au creux de ce petit être mou, la coquille vide et fendillée d'où écument à foison ses sentiments gorgés de déraison. Elle boit à leur source envenimée, aux réflexions trop douteuses. Elle s’inonde de ses cris, paroles intérieures au point de suffoquer à ses propres échos latents. Alentour, le silence ploie dans cette prison aux barreaux invisibles. Dans son cœur les hurlements s'intensifient, un vacarme retentissant désire s'extraire pour s'éclater contre ces parois mortelles jusqu'à s'enfoncer dans les entrailles insondables des abîmes.
Elle se dit qu'elle ait mauvaise, qu'elle ne comprend rien aux exigences demandées.
La mort ne veut même pas d'elle.
Elle ne veut pas encore avaler ce mutisme trop enivrant.

Le vent sinuant lui crache à la figure, narquois. Elle se dérobe, désœuvrée.

Lui avait-on menti ? Voler la confiance ? Elle sent son masque qui craque et ses nerfs s'engourdirent. Devait-elle, oui, chercher ce qu'elle ne pouvait voir ? Elle a trop sombré, marché dans ses ténèbres. Les siennes et celles des autres accrochées à ses pieds qui enlaidissent sa mine déjà lugubre.

Elle se dresse face à miroir. Encore une lame couleur acier vole dans ses iris d'or. Elle écrase de cette altitude, déséquilibrée par un vide qui ploie sous elle, les paroles qui forgent les apparences, leur monde. Elle jette aux reflets de lune, aux courbes de l'eau sa hauteur de déchue.  Détruire toutes ses illusions, tous ces mensonges qui fondent leur monde.

Dans ce sinistre enclos, le chuintement d'une lame tirée de son fourreau se fait entendre. Le miroir imposant qui dessine des mots l'écrase de sa magnificence. La pointe se couche sur la surface immaculée de toute imperfection. L'humaine y prend appuie à deux mains, y trace le symbole médiocre de sa force, à travers un trait disgracieux qui défigure l'objet. Puis le coup de grâce, quand ses bras lèvent l'arme au-dessus de sa tête, pourfendent, cassent, brisent, font virevolter les éclats aux alentours. La colère, la violence engendrée par cet acte. Acte vain, acte insensé, d'une déchirure humaine. Elle n'y a rien gagné, sinon une satisfaction d'avoir détruit un ennemi invisible enfouit dans la crasse de ses souvenirs.

Elle a préféré tuer celui qui lui avait dit autrefois de ne pas avancer dans les ténèbres. Seule. Alors elle l'a renvoyé dans sa prison, l'insupportable éternité.

Dans le vacarme, elle n'a ni hurlé, ni pleuré, ni crié. Comme feraient ces autres, elle leur décerne ces sentiments propres et nets.  Elle ne voulait pas se parer de tant d'insignifiance, ici.

Ses pas, elle fait claquer le talon de ses bottes loin du désastre accompli. Un peu plus ses mains roulent dans la nuit froide, jusqu'à ce que ce soit son corps entier que les ténèbres engloutissent. L'épée en main, elle se demande qui mordra l'autre en premier
.
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Aventure #9 écrite Jeu 24 Juil - 12:57

Soit je pense définitivement trop fort, soit elle a compris. Soit elle n’a pas compris, mais je suis venu à bout de sa patience. L’un dans l’autre, c’est tout de même assez amusant de constater avec quelle facilité il est possible de jouer avec les nerfs des hommes. Ne leur donnez pas ce qu’ils veulent et boum. Ils sortent un symbole phallique, et ils cassent. Même les filles, c’est quand même un monde … Je me demande qui leur a donné ce stupide trait de caractère … Bon, d’un autre coté je ne peux pas dire que les animaux sont plus calmes … Chez beaucoup, une simple provocation entre deux mâles suffit pour avoir un mort, voire deux s’ils ne sont pas très très doués. Et pour une raison qui m’échappe, ça arrive plus souvent que je ne l’aurais cru. Du moins, ça arrivait, à une époque, j’ai en partie aidé à diminuer le phénomène … Où j’en étais moi ? Ha oui, mon épreuve.

Remarque, ma présence n’avait rien d’indispensable. Elle a brisé le miroir en le frappant à plusieurs reprises avec de l’acier bien tranchant, voilà tout. Non, ce qui me réconforte, c’est qu’elle a fait ça parce qu’en dépit des apparences ( être un demi-dieu n’empêche pas qu’on puisse se faire abuser ) elle était en colère. Sang chaud, impulsion. Un être trop réfléchi aurait pu se creuser la tête pendant des heures avant que sa frustration ne finisse par résoudre le truc, mais je pense que je l’aurais gentiment poussé à sortir bien avant cela. J’étais presque sur le point de le faire ici remarque. Enfin, qu’importe..  Alors qu’elle s’éloigne doucement du lieu de son forfait, je suppose qu’elle aussi doit sentir le changement. Au début, ce dernier est contraire à ce qui aurait été logique : les ténèbres ne disparaissent pas. L’ombre se fait plus intense autour d’elle, plus dense. Plus froide aussi ? Je n’en suis pas certain. La lumière du sol semble traverser des couches de fumées avant de pouvoir parvenir aux yeux de la mortelle. A peu de choses près, elle pourrait presque se sentir atteinte de cécité. Ce qu’elle ne peut percevoir de là où elle est, mais que moi je vois très bien, c’est que la « brume » qui cause depuis plus tôt cette obscurité, ce brouillard se remue, se condense autour d’elle, d’où l’obscurité qui l’envahit. Les colonnes redeviennent parfaitement visibles, peut-être nettement, pour la première fois depuis qu’elle est entrée ici. Dans un bruit cristallin, les éclats de miroir qui ont volé au forme volent et reviennent à leur place pour le reformer en l’espace d’un instant.

Puis d’un coup, l’ombre semble exploser. La libérer complètement. 3 sphères noires et fumantes restent en l’air autour d’elle un instant, avant de filer vers le plafond ciel et disparaitre dans leur élément. Même les fumeroles qui empêchent d’habitude de voir le sol de la cellule ont disparu, dissipées dans le néant. L’obsidienne froide est le seul support discernable, et presque plus rien ne bouge dans la cellule. Est-ce qu’elle se sent … Perdue ? Dans l’impossibilité de comprendre ce qui s’est déroulé sous ses yeux ? Ce serait plausible, après tout. Joyeuse de pouvoir de nouveau jouir de sa vue ? Peut-être. Enervée, comme si elle avait été trompée ? Qui sait. Après tout, ce n’est pas comme si ses émotions pouvaient de quelque manière que ce soit m’atteindre. Je préfère encore me contenter de l’observer … Mais mon point de vue également a changé.

J’en viens à me demander si j’ai réellement été sur la colonne tout ce temps, ou si ce n’était là aussi qu’un mirage. Car à présent, je suis au niveau du sol. Mes pattes touchent le sol sans bruit, alors que je marche sans réel objectif. A ses yeux, la cellule est toujours aussi vide d’occupation … Seul le miroir a changé, en réalité. Avant, il ne reflétait rien. Et maintenant ? Il ne reflète toujours rien. Non, en réalité, il donne l’image exacte de ce qui se trouve derrière lui. Comme s’il était parfaitement transparent. A quoi sert-il alors ? A me voir, tout simplement. Comme une fenêtre, sur une autre dimension, où elle ne se trouve pas, mais moi oui. Une autre cellule, en tout point similaire à la mienne, superposée, et pourtant si loin. Je continue de me détendre les pattes quelques instants, avant de confortablement m’installer, suffisamment loin du miroir pour qu’elle ait une vue générale de tout mon corps. Mon énorme tête se dépose sur mes pattes alors que mon œil droit la fixe, petite silhouette fragile et solitaire, qui entre les deux colonnes que je peux voir de ma position parait si faible, si fine. Et pourtant …

Et bien … Je dois dire que peu ont, à ce jour, eut le courage d’aller casser quoi que ce soit dans l’antre d’un demi-dieu. Ou en tout cas dans la mienne … Remarquable. Puisque tu sembles solliciter mon avis sur une question, permets-moi, maintenant que j’en ai la possibilité, d’y répondre.

En disant cela, je soulève un peu mon crâne, et la fait doucement pivoter sur le coté, donnant l’impression qu’elle se dévisse progressivement sur son axe. La rotation continue, jusqu’à ce que ma nuque n’émette un « cloc » sonore, qui me tire un soupir de soulagement. Me passant la langue sur mes innombrables crocs, je finis par simplement la laisser traîner un peu par terre sur le coté alors que mon menton entre de nouveau en contact avec le sol. Point de souffrance affichée sur mon visage, qu’un sourire grinçant et l’air de me délecter de l’instant présent. Et c’est le cas. J’adore satisfaire la curiosité des humains … En ce moment. Ils n’ont pas leur pareil pour poser des questions retorses, s’interroger sur ce qu’ils devraient laisser tranquille, taquiner grâce à leur « science » des capacités qu’ils ne devraient pas obtenir, et fabriquer des armes nucléaires. Ho, une minute. Ils ne peuvent plus … Quoique. Ça viendra peut-être. Le grondement sourd et grave qui me sert de voie reprend.

Non. Je ne vous en veux pas d’être tels que vous êtes. Pour être honnête, j’ai participé à votre … Conception. Je suis d’ailleurs assez fier de constater que vous ne vous êtes pas contentés de ce que je pensais vous donner … Une adaptation remarquable. La faute de ceux qui étaient là avant vous me donne juste le goût amer de la rancune … Ils avaient des armes particulièrement … Douloureuses à l’impact. Peut-être également la déception d’avoir perdu le seul réel combat de mon existence. Mais pour le reste … Qu’importe.

Un peu plus important … Ce n’est qu’un genre de formalité, mais j’aimerais que tu me rendes un petit service … Je veux que tu me donnes un nom ou prénom qui commence par la lettre B. Pour le reste, si tu as d’autres questions …


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Aventure #10 écrite Ven 25 Juil - 0:11


C'était étrange. Comme irréel quand la voix vient effleurer ses tympans. Elle n'y croyait presque plus, en frissonna de stupeur. D'entendre un appel, une réponse à ses questions tant désuètes. Les ténèbres dissipées dans les environs. Elle voyait le décor assombri de cette cellule, ses ailes se déployer lentement pour mieux se mouvoir.

L'hôte mystérieux n'était plus vraiment. Ni timide, ni désinvolte à son égard. Victorieuse, elle garda sa fierté cousue et bridée sur les lèvres, ne trahissant pas cette réussite durement obtenue. L'exercice l'avait malmenée contre toute attente. Son agressivité a quitté la place, son épée reposant dans son fourreau.

Pas cette illusion, pas le miroir. Mais l'envergure titanesque qui se dessinait sous ses yeux. Elle le trouva fascinant. Puissant, monstrueux, incontrôlable pour l'homme. Éloignée de sa position, impossible à approcher. Cette distance, cette fenêtre détestable nourrissait sa frustration.

 « Des personnes sont déjà venues dans cette prison... »

Elle le murmura entre ses dents, songeuse. Avaient-ils échoué ? Étaient-ils repartis ? La mort avait-elle eu raison d'eux ?  L'ignorance l'assouvissait, elle, humaine ingénue, sans connaissance de ces créatures autrefois libres et sans entraves. Bridées à jamais, soumise au terrible asservissement de la main humaine et destructrice. Il lui parût différent de ses frères. Malgré la rancune peu palpable de ses mots. Elle n'ignorait pas la violence commise par les anciens hommes. L’amertume ne filtrait pas assez fort comme celles de ses semblables pour cette grande catastrophe, pourtant elle aurait dû la sentir à son tour, baisser les yeux devant les affres de cette folie. Les dieux rancuniers avaient eu raison de tout effacer, recommencer. Ils les avaient crées. Ils en payaient désormais un prix atroce. La liberté.  

Des mots se perdirent dans l'échange, à peine le temps de les prononcer. Elle écarquilla des yeux, auparavant immobiles, distants. L'orbe de ces derniers se plissa intrigué par cette étrange requête. Elle n'avait cure des formalités, illogiques en ce lieu, pourtant bienvenues et troublantes. Elle eut un sourire condescendant naissant avant de mourir sur son visage placide.

 « Pourquoi ? »

Elle n'attendait rien d'une créature prisonnière pour ces crimes antérieurs. La méfiance effleurait sa chair, ses pensées déjà réticentes. Feignant l’innocence mensongère, le caprice ordonnateur qui refusait de plier aux exigences. Elle effectua quelques pas gracieux pour se rapprocher du miroir reconstitué. La magie recouvrait toute la pièce telle une adversaire coriace. Ils ne se confrontaient pas à arme égale, elle détestait naturellement ça, de se sentir impuissante et dominée par des subterfuges grotesques.  

 « Rien ne m'y oblige...ou bien est-ce une énigme ? Cela a t-il tant d'importance pour toi ? Mais on ne peut recevoir quelque chose sans en donner une autre en retour... il est vrai, j'ai des questions beaucoup de questions...mais est-ce le bon moment... »

Ses doigts effilés se soulevèrent, amenés par sa propre curiosité vers l'objet de sa convoitise.

 « Pourquoi ce miroir ? Ou bien... »

Ce qui lui plaisait le plus chez son hôte. Elle le pointait de son index; un passé inatteignable, une énigme vivante. Elle rêvait encore à ses tendres lubies, ses envies de passages. Aux promesses accomplies à répéter inlassablement. Dans un jardin d'Eden, elle fermerait de nouveau les yeux pour entendre un rire enfantin, sentir des fragrances emportées. Elle avait pour ce captif une pointe de compassion, pour n'avoir été qu'un instrument modelé à souhait par ses parents. Comme elle.

 « ...quel était ce combat ? Celui de ton existence ? »
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Aventure #11 écrite Mar 29 Juil - 13:42

Pourquoi ce miroir ... Pourquoi as-tu les yeux de cette couleur et moi pas?

Je ponctue ma phrase d'un petit rire. J'aime ponctuer mes phrases avec un petit rire, c'est agréable. ça me donne l'impression d'être joyeux. Qu'est-ce que je raconte? C'est juste pour exprimer à quel point je me moque de celui à qui je parle. Non pas que je trouve réellement sa question risible, elle témoigne d'une certaine .... Réflexion à mon égard. Peut-être se demande-t-elle pourquoi je ne lui laisse accès qu'à un reflet, qu'à un mirage ayant prit ma forme, plutôt qu'à mon véritable corps. C'est une question intéressante. Pas celle qu'elle a posé, ou si elle l'a posé elle ne l'a certainement pas formulée de cette manière, mais en tout cas la question est intéressante. Toute question est intéressante, d'un certain point de vue ... Tiens? Je crois que je me suis encore égaré.

Plus sérieusement ... Pourquoi un miroir? Parce que. Mes épreuves passent par un miroir. Je n'ai pas particulièrement d'affinité avec cet objet, pour être honnête je crois même que je le hais ... comme tout ce qui se trouve dans cette cellule, à force. Pourquoi pas? Ce n'est ni plus ni moins qu'une prison, une cage où je dois passer une éternité ou deux à méditer mes fautes ... Ou quelque chose du même genre. Mais pour ce miroir ... Je crois qu'il est ici parce qu'il renvoie un reflet. Comme tout miroir? Oui, à peu près. Et sais-tu quel est le point commun à tous les reflets? Oublie cette question elle est stupide. Sais-tu plutôt quel est le point commun de ceux qui se trouvent face à un reflet? C'est que jamais ... Non, jamais ils ne le trouverons parfait. Le miroir est aux yeux de l'homme un juge. Son verdict est sans appel : c'est le réel lui-même, qui une fois perçu par votre esprit devient "vérité". Et cette vérité peut toujours être un peu mieux. Peut-être ma posture n'est-elle pas parfaite, je devrais la corriger. Tiens, je ne me connaissais pas cette marque, j'en aurais préféré une autre mieux placée. C'est triste, cette ride qui vient de se faire au niveau de ma tempe.

Bref ... Aucun de vos reflets ne trouve grâce à vos yeux. Or pourtant, en venant ici, vous êtes obligés de vous confronter à ce miroir, qui ne renvoie pas forcément votre reflet, mais souvent reflette tout de même quelque chose de véridique ... Et ces réflexions elles non plus ne sont pas disposées à vous mettre de bonne humeur. La preuve étant que tu as brisé la dernière que tu as vu ... Et c'est pour cette raison précisément que j'ai fais en sorte que ma cellule comporte ce miroir.

Pour le reste, poses tant de questions qu'il te sied. "Est-ce le bon moment"? Si comme beaucoup tu ne m'invoques que lorsque tu es ou sera en danger, alors oui, profites donc de ce rare moment de calme ... Autre réponse : non. Rien n'a d'importance pour moi. Rien n'en a plus, pour peu que quoi que ce soit en ait déjà eut. Enfin ... De quel combat parles-tu au juste? Je serais gré d'illuminer ton esprit obscurci d'une réponse supplémentaire, mais si toi-même tu ne pose que des questions si floues je serais dans l'incapacité de discerner que te dire ...


J'en ai brusquement assez de rester sans bouger de cette manière. Me secouant de la tête aux pattes en me redressant, je m'ébroue quelques instants avant de me mettre un peu à galoper dans la cellule. étirer mes muscles et les faire travailler pendant quelques instants me calme. Je suis parfaitement au fait de son incapacité à suivre mes mouvements dans l'intégralité de la cellule, tout au plus n'en voit-elle que la moitié. Un coté amusant de la chose d'ailleurs est que moi, miroir ou pas, je la distingue parfaitement. Je suppose cependant qu'elle entend parfaitement le martellement rythmé de mon pas. Mes griffes cliquètent allègrement sur la pierre lisse du sol de la pièce, et si mon souffle n'est pas audible en tant que tel, c'est parce qu'il est absorbé par le grognement rauque que j'émets sans me rendre compte. Silhouette noire sur la pierre sombre, se détachant pour passer telle une ombre en mouvement. Je ne saurais dire combien de fois je fais le tour de ma prison, combien de fois je passe dans son champs de vision, et disparait par un bord pour ré-apparaitre par l'autre. Je sais juste que quand je m'arrête, je suis quelque part dans son dos. Soudain bien plus silencieux, je m'avance directement vers le miroir, sans qu'elle ne puisse m'entendre ou me voir à travers. Puis, quand j'en suis finalement assez près, je laisse mon énorme tête se poser devant le bloc de glace, rentrant enfin dans son champs de vision ... Pour peu qu'elle ne fixe la surface lisse, je deviens son champs de vision, vu que j'occupe très exactement tout l'espace visible derrière le miroir de glace. Je la fixe avec un sourire toujours aussi plein de dents, et me rends compte que si j'ouvrais totalement l'oeil qui la regarde, ce dernier ferait bien plus que la taille de sa tête. Amusant.

Tant que j'y pense, moi aussi j'ai une petite question ... Pourquoi es-tu ici? Que viens-tu chercher dans ma cellule, que tu penses pouvoir trouver aidée simplement de ta cervelle et d'une épée à ta ceinture? Qu'est-ce que tu espère dénicher ici?


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Aventure #12 écrite Mer 6 Aoû - 17:20

Hrp : navrée pour l'attente >w< !


Elle signifiait un refus hautain sur ses lèvres. Elle se trompa à sa vue. Son sourire fendilla cette impression méfiante qu'elle protégeait.

La présence des invocations l'avait changée.  Aux premières épreuves de l'aube, d'une naissance non méritée. Un fin changement qu'il l'obligeait à étendre un regard curieux sur ses interlocuteurs. Elle n'aurait plus l'indifférence creuse et l'obéissance aveugle. Ses journées gorgées de monotonie, d'excès, de vaines prières. Mais un jeu, de ceux qu'on se délecte avec plaisir.

Indépendance, liberté d'esprit.

Son affliction s'évapore, absorbée par sa surprise. Ces paroles sont étrangement agréables pour une enfant née dans de faux combats. Une enfant où les peurs sont profondes, les sorties rarissimes hors des remparts terrestres. Tout ce que l'humanité se garde d'avouer, il l'a renversé, bousculé comme on jette les biens sans valeur, les idées contraires. Peu à peu, comme sombrant dans une funeste agonie, ses serments se dissipent dans la confusion. Redevant poussière, ayant été extirpés sans précédent. Ces petits éclats de sa pensée ne connaissent même pas un au revoir chaleureux.

« Puisque tu es sincère avec moi... »

Elle n'oublie pas cette précédente question posée. Les combats qui pulsent l'existence.Toujours cette force qui croît, des envies créatrices. Il peut tout déceler et c'est cela qui l'inquiète. Il attendra qu'elle daigne remettre tout sur le tapis.  Les petits secrets qu'elle se garda sans ménagement plus que de les servir sur un plateau avant l'heure. Pas tout de suite, pas de révélations précipitées. Et encore moins ce qu'elle voudrait comme tous ceux qui si essaient ; dissimuler ses imperfections. Son sourire est radieux au moment même où elle l'annonce :

« Un complice. »

Mais un complice puissant. Les faibles ne l'intéressent pas, mais elle les fréquentent si peu. Les femmes si élégantes et raffinés des bals mondains ? Ou encore les enfants des rues ? Les nobles dont émanent les requêtes ? Les monstres sont des adversaires plus menaçants que l'homme. Mais...

« Il serait amusant de continuer à se rire de ceux qui se prennent trop au sérieux ou bien encore … de ceux qui ont tant du mal à se regarder dans un miroir ? »

Elle se trompera d'ennemi. Tournant ostensiblement le dos à ce qu'elle ne veut pas voir. Un instant, elle fait encore mine de réfléchir aux interrogations du demi-dieu, ses doigts s'enroulant sur l'une de ses mèches. Le sourire est devenu plus carnassier sur son visage affable et le ton bien plus posé, voilé d'ironie. Sous l'apparence, le venin s'accumule, le dégout inonde.

« Il y aussi ceux qui seraient tentés de mettre à mal ce monde, comme l'ont fait les anciens hommes. Je serai d'humeur à vouloir leur casser un ou deux doigts. »

S'il était là, rien ne serait impossible. Ce serait un beau rêve à faire. Éveillée.

« La liberté de faire comme bon me sied, voilà un précieux à obtenir. »
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Aventure #13 écrite Dim 17 Aoû - 20:30

Tu voudrais te rire de ceux qui ne peuvent se regarder dans un miroir? Vaste programme ... En mon temps également, j'ai ri. J'ai ri de la nature qui dépérissait. J'ai ri des machines, des hommes "modernes", de cette civilisation si grotesquement barbare, bien plus sauvage que la plus profonde des jungles. J'ai ri des anciens hommes. J'ai ri de leur enfer de métal, de leur esclavage voilé sous des mots complexes qui aujourd'hui n'existent plus. Jusqu'au moment terrible où mon rire a cessé, et où j'ai vu ma mère, ainsi que 3 autres divinité, précipiter mon monde dans les flammes pour le "purger", et le réduire à néant. Ris donc s'il te sied. Si tu le désires réellement, je serais même prêts à rire avec toi. Mais prends gardes, car à rire de tout, on finit rapidement à le faire pour éviter de pleurer ...

Je ponctue cette réflexion profonde d'un petit passage d'une de mes griffes incurvées sur le dos de mon oreille, que je grattouille allègrement dans l'espoir de chasser une improbable sensation de démangeaison. C'est rigolo quand même de se dire qu'avec cette même griffe, je pourrais facilement la décapiter. Ou lui retirer une jambe ou deux, d'un coup de pattes. Je me demande si c'est résistant, les os humains. Je veux dire, si ça l'est autant que quand j'étais en guerre contre eux ... C'est à dire quand j'avais la pleine mesure de mes pouvoirs à disposition. Je sais très bien que ce n'est désormais plus le cas ... Et de même pour ma force physique : je ne suis plus que l'ombre de moi-même. Ce qui est un genre de comble, dans une cellule où il n'y a pas de source de lumière. Je me demande comment a bien pu vieillir le soleil ... Une minute, que suis-je bête ... Il ne vieillit pas. Oh, une minute une minute une minute. J'ai bien un humain en face, non? Il peut me dire, lui, comment à vieillit le soleil! Non, attends ... il ne vieillit toujours pas. Par contre, j'ai définitivement une petite fille en face de moi qui attends. Enfin, ce n'est pas une petite fille, sauf si on se place de mon point de vue, c'est à dire celui d'un ... Bon ça suffit.

Pour le reste je n'ai pas grand chose à ajouter ... Je peux comprendre que tu ais besoin d'un compagnon, mais ... Tes pairs sont à la fois nombreux, facile à trouver, et encore plus facile à amadouer. Ou l'inverse, mais peu importe ... Pourquoi n'essayes-tu pas de te faire un ou deux "amis" de ta propre race? Les invocations ... Une minute ... Est-ce que tu as déjà une invocation? Je sais que je pose la question un peu brusquement mais elle vient de me venir en tête ...

Je crois que j'ai des fourmis dans les pattes ... Expression charmante, tiens. Comme si ces minuscules insectes pouvaient réellement me dévorer la peau des coussinets pour se faufiler à l'intérieur et me remonter dans les membres comme ... Bref. Histoire de changer un peu ça, j'appuie sur le sol à l'aide de mes membres, et me secoue un peu, dissipant un peu la rigidité qui s'installait petit à petit dans nombre de mes muscles. Puis, d'un pas lent, ma tête quitte le cadre du miroir, alors que mon corps passe derrière. Vu que je suis plus grand que le miroir - et pas qu'un peu je vous prie -, il est probable que de son point de vue, ça fasse quelque chose du genre patte avant droite, patte avant gauche, torse, un instant de vide, jambe arrière gauche qui s'arrête en plein milieu du miroir, jambe arrière droite qui passe en arrière plan avant de disparaitre de nouveau, puis la jambe arrière gauche qui décolle à son tour de nouveau pour disparaitre à sa vue, lui laissant juste une vue imprenable sur le truc touffu qui me sert de queue. Je fais de nouveau quelques pas dans l'air frais de ma cellule ... Tiens, maintenant que je m'en fais la réflexion, c'est vrai que je ne suis pas souvent incommodé par la chaleur. Tant mieux. Alors que je m'approche d'une de mes colonnes, dont je me mets tranquillement à gratter la base plus pour tuer l'ennuie que la pierre, je rouvre la gueule pour laisser entendre ma voie.

Ah, et au passage ... Il me semble t'avoir dis que tu devais me donner un nom, ou prénom comme tu préfère, commençant par la lettre B. ... Tu peux essayer de t'en dispenser, mais dans ce cas nous allons juste rester très longtemps ici. Enfin, cela importe peu ... J'adore discuter, pour l'instant.


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Aventure #14 écrite Lun 18 Aoû - 22:07


Son rêve s'éloigne, cet avenir qu'elle ne peut attraper, qui se délie sous ses doigts.

« Oh...le petit demi-dieu essaye de me faire la leçon ? Il a des regrets... moi qui ne suis pas immortel, laisse-moi dont ce droit de rire jusqu'à ma mort. »

Elle pleure déjà Grim. De son impuissance, de la mort qui attrape les siens et les jette sans vergogne dans l'enfer d'un autre monde. Elle pleure leur absence, elle se noie dans des regrets, l'aigreur de ses sentiments accrochés à ses souvenirs ineffaçables. Sont-ils heureux et en sécurité là où ils sont ? Les dieux leur ont-ils offert un endroit paisible où reposer ? Personne ne le saura jamais, sauf eux.

La milicienne ne dissimule pas son venin, pour cette entité, devenue poussière, une relique pathétique figée dans les prisons de son temple. Elle qui avait eu si souvent des sentiments irrésolus ; de la pitié pour leur sort, de la compassion. Maintenant elle sentait un mépris infecte naître alors qu'elle ne pouvait résister à son appel.

Frustration.

Il éveillait en elle, un sentiment plus insoutenable que l'impatience, la colère. Elle ne perdrait pas devant cet être offensant et capricieux. Pourquoi n'entend t-il pas son appel ?

L'ombre de lui-même..
Sans pouvoir, sans force, il n'est plus rien. Mais avec l'aide d'un homme...

« Je n'ai que faire d'un compagnon, d'un bon chien qui me suivra partout et obéira au moindre caprice que je prononcerais. »

Elle rit à ses remarques,  l'inattention dont il a fait preuve, à la négligence qui s'est imposée dans ses mots irrévérencieux. Elle souffle sa colère avec parcimonie. Elle est déçue sans aucun doute. A vu ses limites. Il aura été négligent de la sous-estimer.

« Si tu crois que la solitude m'effraie ça serait une belle erreur.. Les hommes ne m'intéressent pas parce que je sais les limites qui sont les leurs. Je connais mes limites. Et seule une invocation m’offrira ce que je n'ai pas. »

Surprise, sa faculté à changer de sujet la désarçonne. Pourquoi cette question si soudainement élucidée, que cherche t-il encore à comprendre ? Elle voile cette confusion qui s'insinue sur son visage, la rend plus affreuse encore. Hydros. Celui qui n'aura été qu'un fantôme de passage dans son existence. Elle aurait pu apprendre beaucoup. Il lui avait déjà tant appris. Elle lui a offert la liberté contre tout, y a soumis sa propre volonté. Car ceux qui ne peuvent se résoudre à combattre ne pourront marcher sur son chemin.  Ce qui ne peuvent tuer ne pourront jamais entendre sa détresse et l'en défaire, l'apaiser.

« J'ai eu l'occasion de connaître une invocation. Mais...cela pourrait-il te rendre jaloux de devoir me partager ?»

Elle se moque ouvertement. Cette question avait eu don de réveiller une douleur en elle, de s'y concentrer. Ce qu'elle se refuse encore. D'avoir mal quand le moment est incongru. Alors elle retourne ses propres armes contre lui, ne laisse rien paraître qui puisse la détruire davantage.

Il joue, a son temps comparé à l'humaine, soumise à son jugement, car elle sait, que c'est lui qui décidera de la suivre et non l'inverse, peu importe les arguments qu'elle délivrera, la persuasion dont elle fera preuve.  Il est éternellement maître dans sa demeure.

La journée était trop agréable pour se disputer.

Au son de sa voix, elle hausse les épaules. Feigne l'indolence, jetterai des gants invisibles à sa figure pour se prendre pour une reine impolie. Ce qu'elle aimerait être.

« J'imagine que l'un de nous deux doit se montrer conciliant ? Dois-je le faire ? »

Silence. Résignée mais libre de ses réponses.

«  Grim, c'est mon nom. Bélial sera celui que je daigne t'offrir pour réussir cette épreuve, enfant d'Aqua. »
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Dernière édition par Grim le Jeu 11 Sep - 13:27, édité 3 fois
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Aventure #15 écrite Mer 20 Aoû - 10:45

« Bélial » … Je ne l’aurais jamais trouvé tout seul, celui-ci, tiens. Quoique si, probablement, mais pour autant je n’y ai jamais songé. Cette jeune femme est intéressante … Amusante, même. Je prendrais bien quelques instants pour marquer le coup d’un éclat de rire sonore, mais je n’en ai pas la possibilité. Non pas que je sois triste, ou quoique ce soit d’autre qui pourrait faire que je n’ai pas envie de rire, mais quelque chose me pique la vedette. Mon miroir. La surface lisse et dépourvue d’aspérités émet un craquement. Au début, c’est presque diffus, inaudible. Un petit impact de moustique, il suffirait d’un passage d’olivier pour le faire disparaitre. Mais ce n’est que le premier. Le second retentit un peu plus fort. Il me rappelle le doux son d’un verre déjà cassé qu’on écrase par négligence de sa botte. Le suivant est probablement l’équivalent d’un coup de poing sur une fenêtre. Brusque, sec, impossible de le rater. Alors que les bruits se font entendre, les craquelures qui les causent se montrent elles aussi petit à petit. Au début, ce n’est pas très distinct, on dirait des impacts aléatoires, pas grand-chose dont se soucier. Puis, les fissures se rejoignent, les formes s’affirment, les lettres se dessinent. Je me demande franchement où je suis allé chercher cette partie-là de l’épreuve … Mais qu’importe. Le dernier craquement retentit, puis s’estompe et disparait. Un mot unique s’est de lui-même incrusté dans la glace.

 

Bélial

 

Puis, le mot se met petit à petit à briller. A fumer, doucement. Je reviens de l’autre coté du miroir, et en approche mon museau. Ce dernier, à peine ma pointe entrée en contact avec la glace, fait littéralement … Exploser la surface. Si j’étais elle, je me protégerais de mes bras, mais je doute qu’elle ait le moindre mal. Et de toute manière, je ne suis pas elle, et je n’ai pas de bras. Quand les débris et la poussière de glace ont fini de retomber, je prends le temps de secouer un peu la tête histoire de débarrasser mon pelage de la myriade de minuscules particules d’eau solide qui le constelle. Mes oreilles fouettent un peu mes joues, mais peu importe. Puis, je prends mon temps pour la rejoindre. Je sens les bris de glace qui se brisent sous mes coussinets, sans y prêter la moindre attention. Quoique si, puisque je les mentionne, mais pas un instant ils ne me détournent de ma route. Après tout, ce n’est pas non plus comme si une invocation de glace pouvait se montrer frileuse … Et j’ai le cuir trop épais pour m’inquiéter de me couper là-dessus. Lorsque je m’arrête de marcher, je ne suis qu’à un souffle d’elle. J’ai littéralement la tête qui tombe des épaules pour se mettre à son niveau, ce qui donne l’impression que mon dos serait une vallée entre deux montagnes … Fait amusant, mais encore une fois inutile. 

 

Bélial … Amusant. Je devine plus que je ne sais qui tu es, « Grim », et pour l’heure j’ai autant de visibilité sur tes intention que tes yeux n’en avaient en entrant dans ma cellule … Mais je peux te rassurer sur une chose. Je ne suis pas un « bon chien chien ». Si ordre tu me donne, ordre j’exécuterais de mauvaise ou de bonne grâce, parce que tel est mon châtiment. Rien de plus. Amuses-toi donc à me rabaisser s’il te sied, petite Grim. Mais pour l’heure, et jusqu’à ce que je te reconnaisse ma maîtresse, essayes de garder à l’esprit que rien ne m’empêche de te changer en viande froide et d’avoir le dernier rire.

 

Un muscle gros, noueux, rose et couvert de bave sort d’entre mes molaires, et s’applique lentement à passer sur chacun de mes crocs, les rendant brillants en les enduisant de salive. Lorsque ma langue finit par rencontrer l’autre coin de ma gueule, elle se laisse simplement pendre dans le vide, inerte, molle et grotesque. Je prends une grande inspiration, histoire de me remplir les poumons de ce même air que je respire depuis une éternité, puis les vide sur le visage de ma petite vis-à-vis d’un soupire, avant de finalement me laisser tomber au sol comme une masse, allongé sur mes pattes. Au moins, maintenant mon cou a une position à peu près naturelle si je veux la regarder dans les yeux sans que ce soit via une pente de 60°.

 

Menaces de morts mises à part, il te reste une dernière chose à faire pour cette épreuve. Lève les yeux. Si tu cherches au bon endroit, tu devrais voir un petit point de lumière, pas plus gros qu’une étoile. Je ne sais pas exactement ce que c’est. Peut-être une fenêtre, peut-être une sortie, je ne suis pas sûr. Oui, même moi, qui ait pourtant passé des siècles ici, ne suis pas certain de tout ce qui se trouve dans ma propre cellule. Et j’ai envie de vérifier. J’ai déjà essayé, à de nombreuses reprises, d’y accéder. J’ai échoué systématiquement. Mais je sais que je peux le faire. Et pour ça, je veux que tu montes sur mon dos.

 

Voilà ton choix. Croire en moi et mes capacités, et accepter que j’essaye d’atteindre cet endroit avec toi. Si j’échoue, au mieux tu t’en tireras avec un bleu. Au pire, je te tomberais dessus, et il y a de fortes chances que tu finisses en bouillie informe. Ou bien tu peux penser que la solitude m’a rendu fou, ce qui est probablement vrai. Refuser les hypothèses d’un petit demi-dieu. Te fier à ton jugement, et te montrer raisonnable. Que décides-tu, Grim ?


 


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Aventure #16 écrite Jeu 11 Sep - 14:04


Mourir, elle ne veut pas mourir. Ses menaces sont réelles comme ses dents aiguisées, ses griffes gigantesques, cette force évidente mais elle ne cille pas, ne tremble pas devant le monstre.

« Je tâcherai de m'en souvenir pour la prochaine fois. »

Le miroir s'est brisé, elle a craint le pire. L'étrange explosion et soudain ce qu'elle avait espéré avec impatience, l'apparition de cette invocation. Il était encore plus titanesque qu'elle ne l'avait imaginé. Une puissance incomparable à celle des hommes. Un pouvoir qui titillait son envie.

Son esprit cri non, telle une déchirure. Elle connaît les impasses. L'obscurité est effrayante, le noir lui fait peur. Et pourtant, elle ne s'est jamais sentie aussi bien qu'aux côtés de cette créature, à patienter dans les bras d'une mort impalpable.

Confiance. C'est ce qu'elle aurait voulu. Ce qu'elle exprimait avec trop d'ardeur, avant d'effacer ses convictions, de les cloîtrer dans un tombeau.  Ces mots l'amusent, ces mots l 'inquiètent. Surprise paru une telle proposition. Elle se demande si écraser ses partenaires n'est pas une vilaine manie, s'arrête dans son schéma mental, redevient sérieuse.

« Si j'étais raisonnable...je te dirais qu'il y a sûrement une autre sortie plus simple... »

Là où les sommets gagnent sa terreur, la hauteur terrorise. Elle n'est jamais tombée de si haut. Surtout en mauvaise ou bonne compagnie. Elle regarde silencieusement vers le plafond infini, elle s'y perd rapidement. Peut-être est-ce un mensonge, peut-être qu'elle n'est pas en mesure d'élaborer une explication valable pour justifier et y  donner un sens. Rien de logique, seulement une curiosité dévorante.

Là-haut, elle veut savoir. Plus fort que le reste et la raison. Sa folie la parcourt dans une agréable euphorie. Là-haut, il y a sûrement autre chose, un idéal à saisir, un mensonge pour pleurer. Rien. Le néant.

Le choix est nouveau pour elle, dans ce labyrinthe de possibilités. Ses lèvres tremblent, on peut croire qu'elle abdique avant de prononcer avec conviction son ultime décision d'une voix mi-amusée, mi-décidée.

« Je veux venir avec toi alors. Et puis tant pis s''il n'y a rien, essaye juste de ne pas m'écraser. »

Avant de partir, elle sourit, se rapproche de cette immense masse, recouverte d'une sombre pelage. Entonne une dernière phrase dans un souffle apaisé :

« Je ne sais même pas ton nom... »
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Dernière édition par Grim le Mer 19 Nov - 21:55, édité 1 fois
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Aventure #17 écrite Ven 12 Sep - 15:59

Je reste paisiblement en place, le temps qu'elle fasse le tour de mon corps et qu'elle ne "l'escalade" pour me monter sur le dos. Car la logique veut, si je dois l'emmener avec moi quelque part, qu'elle me monte sur le dos, non? Fut un temps, alors que je pouvais réduire ma taille pour en atteindre une plus ... "Discrète", où je me mettais tout simplement au coté de la personne que j'accompagnais, et trottait à coté de lui ou d'elle, m'adaptant à son rythme ou au contraire courant partout tel un jeune chien fou. En ce temps, je m'en souviens clairement, cette opération de métamorphose ne me demandait pas plus d'efforts que de cligner des yeux. La seule difficulté était de visualiser parfaitement la forme dans laquelle je voulais me changer, afin de ne pas me voir rajouté une patte ou deux autres têtes sans le faire exprès ... Ce qui m'est déjà arrivé par le passé. Cessez de rire.

Et aujourd'hui? Je peine à faire tomber de la neige lorsque l'envie m'en prend. Ce qui est plutôt rare ... Même si c'est arrivé. J'ai déjà tenté de recouvrir le sol de ma cellule d'une magnifique couche de neige blanche et pure, qui me divertirait alors que j'enfoncerais lentement mes pattes dedans pour avancer ... Mais je n'ai pas même pu recouvrir un quart de la cellule avant d'être trop épuisé pour poursuivre l'essai. Dégoûté de cet échec, j'ai cessé toute utilisation de la magie ... Et il y avait de quoi ressentir du dégoût, à se sentir si faible comparé à ce que je fut un jour. De même pour les magies plus complexes, comme ma transformation ... Elle ne m'était tout simplement plus accessible. Les premiers mois, j'ai pris cette souffrance comme une véritable amputation. Comme si quelqu'un m'avait retiré les pattes pour que je ne puisse plus marcher, mais seulement me tortiller comme un vers de terre à même le sol. Puis, petit à petit, j'avais conçu de pouvoir vivre avec ... et pourtant. Pourtant, lorsqu'un homme ( ou une femme, mais ici n'est pas le sujet ) me libère, je sens .. Une fraction de ce pouvoir me revenir. Quelque chose d'infime. Une étincelle, qui se serait détachée d'un brasier ... Mais elle est là. Elle perce l'obscurité. Et elle alimente, petit à petit, mon enfer. Juste avant qu'elle ne se mette à me "monter", j'entends une phrase, qu'elle prononce sur un ton posé. Une simple phrase. En un instant, j'en deviens hilare. Incontrôlable, je sens mon thorax de lever et s'abaisser frénétiquement, alors que mes poumons se vident lentement, me permettant d'emplir la salle de l'écho de ce rire antique que j'ai tant de fois fait résonner. Pour elle, ce n'est sûrement rien de drôle. Elle ne doit même pas réellement comprendre ce qui me fait rire. Et ça m'amuse encore plus de le savoir ... Cependant, comme pour tous ceux qui ont précédé, il faut bien à un moment que mon éclat de rire prenne fin, et je rentre la langue pour pouvoir claquer des dents dans le vide, avant de me tourner vers elle avec un sourire. D'un coup de crâne, je lui montre mon dos, sur lequel j'attends toujours qu'elle prenne place.

Excuses-moi ... Mais ... C'en serait presque ironique. Même s'il faut peut-être que tu sois éclairée, si tu veux saisir le sel de cette plaisanterie ...

Je la sent prendre une grosse poignée de fourrure chaude pour m'escalader, et me force à ne pas bouger, docile. Il fait si longtemps que quelque chose de vivant ne m'a pas touché ... Et encore plus longtemps que je n'ai pas servi de monture. Une part de moi crache sur cet affront, et m'ordonnerait bien de la réduire en lambeaux de chaire. Une autre au contraire savoure cette petite promesse de liberté temporaire qui rentre en contact avec moi. He ... il faut bien savoir trouver à se satisfaire de tout. Lorsque je sens enfin son poids peser sur ma colonne vertébrale, un nouveau petit ricanement m'échappe.

Je voulais 3 choses de la part de celui ou celle qui s'estimerait en mesure de devenir mon "invocateur". La première était la preuve que, quelque part au fond de lui, se tapis un cœur. Un cœur chaud et bouillant, capable de le motiver à prendre les armes si jamais la rage l'habitait, quand bien même ce ne serait pas en sa faveur. J'ai aidé à concevoir les hommes ... Les anciens. Vos modèles. Parmi eux, il y avait des gens comme ceux que je viens de te décrire. Et il y en avait d'autres, qui eux ne pensaient pas avec leur cœur, mais avec la tête. Des gens "intelligents" ... Si intelligents, qu'à force de se creuser la tête, il faisait des découvertes. Des avancées. C'était bien ... jusqu'au jour où ces "avancées" se sont mises à détruire notre monde. Jamais mon maitre ne serait un être qui détruirait le monde pour aider les siens.

Je la sens qui revient. La haine. La rage. La magie qui coule dans mes veines. Simple, faiblarde, presque dérisoire ... Mais présente. Et suffisante. Il me faut quelques secondes pour canaliser mes anciens pouvoirs, et les sentir s'appliquer pour de bon. Mais une fois que c'est fait, leur application se fait ressentir sans l'ombre d'un doute. Mes jambes se fortifient. Mes muscles se développent. Mon cœur cogne comme un sourd. Je laisse échapper un grognement de rage alors que je me ramasse sur moi-même. Puis, sans crier gare, je donne une impulsion, et repousse le sol de sous mes pattes. le temps d'un frisson s'écoule que la drôle de monture et sa cavalière se retrouvent en haut de ma colonne brisée. Le piédestal de ma déchéance, comme j'aimerais à l'appeler ... Peu importe. Je ne le reverrais plus, je l'espère, avant un bon bout de temps.

La seconde chose que je désirais était la confiance. Tu aurais pu, comme quelques autres, me trouver trop ... "fou" pour être digne d'être écouté. Peut-être le suis-je. Mais pour autant, je ne supporte pas qu'on m'ignore en considérant que je ne peux pas prendre de décisions. Je voulais ta confiance. Et c'est elle qui me permet de faire ce que je fais en cet instant ... Et il y a une dernière chose que je voulais.

Nouveau repli sur moi-même, bien plus marqué celui-ci. Il n'est pas question de me rater sur ce bond là ... Ni sur ce qui le suivra. Je gonfle et vide lentement ma cage thoracique, me préparant à l'effort tant qu'à la concentration que me demanderont mes gestes. Puis, les yeux fermés, je la vide totalement, avant de lentement la regonfler jusqu'à ce que mon buste ne fasse plus d'une fois et demi sa taille originelle. La magie dans mes veines me rend fort. Et la confiance qu'elle m'accorde efface mes doutes. Je me détends de nouveau, et bondis telle un fauve vers la paroi, plusieurs mètres déjà au dessus du vide. J'espère qu'elle s'est bien accroché, mais je pense sentir que c'est le cas. Lorsque mes griffes entrent en contact avec le mur de grosses briques brutes, elles tendent immédiatement à me propulser vers le haut. Je me retrouve très rapidement à courir sur la paroi, comme d'habitude. Non, pas comme d'habitude ... Mieux. Beaucoup mieux. Mes pas trouvent des appuis plus sûrs. Mes griffes cisaillent la roche, et s'y ancre comme dans du bois. Je vais bien plus vite que ce dont j'ai l'habitude, mais pas une fois je ne perds le contrôle. L'idée même ne m'effleure pas, alors que ma progression vers mon objectif se poursuit inlassablement. Combien de temps suis-je en l'air, à courir contre un mur, avec quelqu'un sur le dos? Je n'en ai aucune idée. Je sais juste que le point est devenu carré. Que le petit carré est devenu une large porte. Et la large porte, une immense ouverture, dans laquelle je me suis engouffré sans l'ombre d'une hésitation. La lumière m'a aveuglé dans le premier temps. Les rayons du soleil, brûlé comme s'ils étaient bien plus intense que tout ce que j'ai connu. Et ces derniers temps, je n'avais effectivement pas été habitué à une telle luminosité. Le vent frais me surprends presque ... J'oublie toujours que le temple de l'eau est au dessus d'un océan. Ou entouré d'eau, dans tous les cas.

Nous somment sur une plateforme, sur le dessus d'une tour, je crois. Sans l'ombre d'un doute l'une des plus haute du temple, et depuis laquelle les environs m'apparaissent à des kilomètres à la ronde. La pierre blanche fait ressortir mes griffes avec un éclat magnifique, que je leur avais oublié. L'espace d'un instant, j'emplis mes poumons de cet air frai et pur. Et de cette vie qui grouille, ici, au dehors ... De cette liberté retrouvée. Pour un temps.

Et la dernière chose, petit Grim, que je voulais que tu me donnes ... C'était un nom. Un nom, pour nommer quelqu'un qui n'en a pas. Peut-être en ais-je eut un, un jour. Autrefois. Peut-être pas. Dans les deux cas, il n'en reste rien ... Rien qu'une lettre. B. Bélial. Voilà le nom que je porterais, aussi longtemps que tu fouleras cette terre de ton pied, jeune fille.

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Aventure #18 écrite Mer 19 Nov - 22:07


Son rire n'est qu'un écho, et ses révélations la font tomber des nues. Elle ne rêve pas et pourtant Morphée semble lui tendre ses bras, la balancer dans des songes mouillés d'ivresse, de folie légère. La frénésie de la divinité toute puissante s'agrippe probablement à son corps affolé, à ses tripes serrées par l'action.
Grim pense toujours que les rêves ont meilleur goût que la réalité. Ils lui offrent la possibilité d'être modulés selon les envies récentes, les caprices incontrôlables de l'homme, un rien qui ne déplaît et les chimères se craquellent, se transforment au gré de sa volonté infatigable.

Aux palpitements brusques de son coeur, elle sait qu'il ne s'agit plus d'un délire passager, d'une lubie éphémère. Ce sont ses propres ailes qui se délient, son chemin qu'elle peut tracer. Parce qu'elle l'aura voulu.  Donner un nom à un inconnu, un enfant qu'elle n'aura pu avoir. L'ironie la percute, comme la lumière des cieux, de cette liberté brutalement retrouvée. La signature de leur pacte.

Son choix peut-elle encore l'entendre ? Celui d'avoir fermé les yeux en tendant ses mains à l’inconnu ? Au monstre qu'il inspire. Elle sourit, car elle n'aurait jamais pu trouver pareille satisfaction. Ses doutes se noient en elle, ses pleurs comme les menaces tombant qui ne font qu'embraser un désir éteint, une flamme médiocre entièrement annihilée. Comme si Ignis lui-même lui avait insufflé dans les veines le feu de sa rage et de sa propre volonté.

Mais de tous ces enfants en cage, elle lui a préféré un fils d'Aqua.
RP Terminé

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