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 Juste un peu d'espoir

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Aventure #1 écrite Jeu 3 Juil - 14:36

Elle regarda le ciel avant de continuer sa route, seule dans le silence le plus complet. Elle était égarée, non pas dans cette ville qu'elle ne connaissait que trop bien mais dans son esprit. Elle ne savait plus qui croire, sa vie avait été réduit à néant ce soir là, ce soir où elle avait vu sa famille mourir des mains d'un psychopathe en puissance. La jeune femme secoue la tête avant de passer une main dans ses cheveux. Ika n'était pas avec elle, en faite, elle l'avait laissé, lui ordonnent d'aller gambader sur Arcane comme bon lui semblait. Elle ne voulait pas qu'il vienne fourrer son museau dans ses affaires privées. Et là, c'était même plus que privé puisqu'il s'agissait de son coeur, de celui qu'elle aimait.

Cela faisait plusieurs mois qu'elle ne l'avait pas revu. Pas que l'envie lui manquait mais le temps si. Et elle s'en était voulu, des jours durant de ne pas avoir pu croiser ce regard si beau, embrasser ces lèvres si douces et se blottir dans ces bras musclés. Elle soupire. Peut-être qu'il s'était lassé de l'attendre et était finalement passé à autre chose. Mais elle avait de l'espoir, un tout petit peu d'espoir, juste assez pour ne pas sombrer à nouveau dans la dépression et la folie. Elle devait s'y raccrocher ne serait-ce que pour garder la raison. Nausicaä leva la tête pour observer, regarder où elle se trouvait. Une rue, semblable à toutes les autres, identiques en tout point sauf aux gens qui l'habitaient.

La jeune orpheline, encore blessée et en deuil, réarrangea son chapeau. Il faisait un grand soleil et sa peau n'aimait guère ce genre de temps. Elle était bien trop fragile pour avoir l'orgueil et la prétention de s'exposer au soleil comme si de rien n'était. Elle était albinos, une tare génétique dont elle ne pouvait se défaire et sûrement que ses enfants seraient touchés. Si elle avait des enfants un jour. Mais fallait-il déjà qu'elle se trouve un mari et qu'elle vive assez longtemps. Ce monde était diablement hostile pour toute personne démunie et sans la force de lutter. Elle s'arrêta soudainement devant cette maison. De mémoire, elle se rappelait des indications de Nathaniel, l'endroit où il habitait. Mais tout ceci était bien flou dans sa mémoire chamboulée par les récents évènements.

Nausicaä sort la carte de sa poche. Ce petit bout de carton ne l'a jamais lâché, pas une seule fois. Chaque soir elle regardait ces six coeurs avec un faible sourire, se remémorant cette danse magique et cette rencontre encore plus. Elle avait eut du mal à se remettre du fait qu'il l'eut quitté comme ça, juste après leur danse. Mais elle avait vite oublié et avait pardonné. Voilà maintenant qu'elle hésitait à monter ces marches pour aller frapper à cette porte. Elle avait peur, elle appréhendait. Oui, c'était tout à fait possible qu'il soit passé à autre chose, ce ne serait pas étonnant venant d'un homme même aussi parfait que lui. Après tout, l'amour véritable n'existait pas.
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Aventure #2 écrite Lun 7 Juil - 20:02

Une mouche. Une simple petite mouche. Bête, petite, volant sans sembler poursuivre un réel but. Tache insignifiante se déplaçant à une vitesse folle dans les 3 dimensions de l'espace, perturbant l'air de son bourdonnement incessant. Puis, la mouche fonça vers une poutre, et se posa dessus. Elle posa probablement sa petite trompe sur le bois, en recherche de quelque chose dont se nourrir. Mais elle n'eut jamais l'occasion de se repaitre, pour peu qu'elle aurait trouvé quoi que ce soit à manger sur la charpente. Une lame d'un acier d'excellente qualité lui sectionna proprement le corps en deux, la tuant sur le coup. Même si ses yeux aux innombrables facettes pouvaient percevoir le sol se rapprocher à une vitesse effrayante, elle ne le voyait pas, car toute trace de vie s'était éteinte dans son petit corps. Existence éphémère, pour qui le bruit de la rue était un lointain ouragan, la lumière du soleil ou de la lune une source de chaleur infinie, la fenêtre un obstacle infranchissable mais invisible, et la chambre un univers tout entier où elle s'était éteint sans en avoir conscience. La mouche était morte. Et pourtant, Nathaniel n'en avait strictement rien à faire.

Ceci ne différait que de peu par rapport à sa considération de l'existence d'autrui en temps normal, mais cette situation différait tout de même. D'habitude, faire basculer dans le néant l'existence d'un insecte ayant eut la mauvaise idée de pénétrer sa chambre lui occupait les idées quelques secondes. Parfois même, il se prenait au jeu de fixer l'insecte avec tant d'intensité qu'il pouvait presque voir à travers ses yeux, percevoir le monde d'une façon toute différente ... Et le quitter d'une manière instantanée. Un sort quelque peu enviable, quelque part. Mais aujourd'hui, rien de cela. Rien n'avait éveillé la moindre flamme de passion en lui lorsqu'il avait lancé le couteau. Nulle joie de l'avait habité lorsqu'il avait vu qu'il avait réussi son tir. Aucun sourire n'avait égayé son visage en voyant sa victime chuter dans les limbes. Non, l'assassin n'était pas doté de son habituelle bonne humeur ... Allongé sur le dos, sur son lit, il perdit son regard dans les innombrables petites fentes qu'avaient laissé ses lames en se plantant dans son plafond. Si ce n'était chez lui un sport que de lancer une à deux fois par jour une lame dans le bois tendre, cela restait un passe-temps des plus notables, qui venait peut-être en seconde place, dans l'occupation de son temps libre, après la contemplation de ce ciel artificiel.

Le jeune assassin fut tiré de sa passive contemplation par trois coups secs portés sur le battant de sa porte. Il se demanda un instant s'il devait se vêtir, avant de se rappeler qu'il l'avait déjà fait un peu plus tôt ce matin, dans un genre plutôt inusuel : l'intégral de ses vêtements étaient noirs : de son pantalon large à sa tunique sans manche qu'il portait, en passant par sa capuche qui actuellement lui servait de coussin. Ses bottes pendaient bien heureusement en dehors du lit, et étaient comme d'habitude maintenues en place par des guêtres grises, dans lesquels rentraient les jambes de son pantalon. Se levant de son lit avec un brin d'étonnement, il se passa la main sur le visage. Sur son air maussade vint naturellement se plaquer son habituel sourire. Un comédien dont l'état d'esprit est aisé à deviner est un piètre comédien. S'approchant de la porte d'un pas léger, il l'ouvrit vers l'intérieur, et observa d'un air curieux la petite bonne femme qui se tenait devant lui, avant de sourire en se rendant compte que c'était ni plus ni moins sa propriétaire qui se tenait face à lui.

Ludivine! Mais qu'est-ce qui vous amène parmi nous en cette magnifique journée? Il me semblait que mes gages vous avaient étés payés pourtant ...
Bonjour Nathaniel, et non, je ne viens pas te parler de ton loyer, j'ai un problème que seul un jeune homme hardi et agile comme toi pourrait résoudre.
L'affaire semble d'importance pour que vous daignez monter mes escaliers ~que se passe-t-il?
Une saleté de cigogne a fait son nid sur la cheminée, et tu sais à quel point c'est dangereux de faire un feu lorsque ces sales bêtes bouchent le conduit ...

S'avançant un peu à coté de la vielle femme pour observer le toit après s'être retourné, le jeune homme ne vit ... Rien du tout. La cheminée étant située de l'autre coté du toit, il aurait eut toutes les peines du monde à voir quoi que ce soir. Rigolant un peu, puis hochant la tête comme si contempler de brèves secondes le ciel l'avait renseigné sur quoi que ce soit, l'assassin tapota doucement l'épaule de la vielle repasseuse avant de lancer avec un enthousiasme, certes coutumier, mais tout de même un brin agaçant :

Considérez l'affaire comme réglée! Et si d'aventure je trouve des œufs, je ne manquerais pas de vous en descendre un ou deux ...

N'écoutant pas la réponse, le jeune tueur sauta sur sa rambarde d'escalier, avant de sauter et de s'accrocher dans les jointures des grosses pierres qui constituaient le mur de sa maison. En l'espace d'un clignement d'yeux, il était déjà sur l'arête du toit, jouant les équilibristes en progressant à son rythme sur les tuiles glissantes. Accéder à la cheminé ne fut qu'une question de dizaines de secondes, aux termes desquels il s'accrocha un peu au cylindre de pierres pour s'assurer de ne pas tomber. Le nid semblait d'une belle taille, mais son propriétaire n'était pas dans les environs ... Parfait. Aucun œuf ne le garnissait : doublement parfait. Passant ses deux mains en dessous pour le soulever doucement et à plat, le jeune homme s'avança doucement, profitant que le toit de sa maison soit collé à celui de la suivante, et progressa ainsi sur l'espace de quelques rues en portant son fardeau de paille. Le déposant bien en évidence sur le coin d'un toit plat, là où il ne dérangerait personne, le jeune assassin épousseta les brins de pailles qui ornaient ses manches, et se frotta un peu la tête. Une plume argentée lui resta dans la main, et il la regarda. La douce couleur lui fit perdre pied dans la réalité, et, s'il s'en retourna vers chez lui d'un pas relativement lent, son esprit lui avait quitté le plan de la réalité à une vitesse improbable.

Se jetant dans ses souvenirs comme s'il plongeait dans un océan, le jeune homme aux cheveux verts revit la scène en un instant. Il faisait nuit depuis quelques minutes, voir heures à peine, et l'air était frais et humide. La lune baignait de sa lueur pâle le jardin de la salle des fêtes, où deux silhouettes, seules, s'étaient isolées du bruit, de la foule et des gens. L'assassin ne savait toujours pas ce qui l'avait prit ce jour là. Une jeune femme, visiblement vierge de la volupté comme de l'horreur, avait prit ses lèvres sans que l'assassin ne l'en empêche. L'instant était encore si présent dans la mémoire du jeune homme qu'il parvenait à sentir comme la trace, fantomatique, mais pourtant si chaude de sa peau contre la sienne. Le contact d'une femme qui s'offrait à lui. Qui mettait son cœur à nu, et laissa ses sentiments irradier par tous les pores de son être. Une si belle innocente qui portait dans ses cheveux une plume d'un éclat pareil à celui de celle qu'il tenait au creux de sa main. Le jeune homme s'était longtemps demandé si elle viendrait. Tous les soirs, à 6 heures, il avait fait en sortes d'être chez lui, mu par quelque chose que lui-même ne cautionnait ou ne comprenait pas. Et chaque soir, la déception s'était faite un peu plus amère. Puis la douleur elle-même avait finit par s'évanouir. Le jeune homme s'était tout simplement fait une raison : on ne donne pas rendez-vous à une demoiselle pour ensuite s'évanouir tel un fantôme ... Comme quoi. Il parvenait à tuer aussi bien les êtres que les sentiments. Cependant, alors qu'il remuait ces sombres pensées, le jeune homme nota dans la rue un détail qui mobilisa sa curiosité au point de lui faire reprendre conscience. Quelque part en contrebas se baladait une jeune personne portant un ... Chapeau. Certes, le soleil était fort présent en cette belle fin d'après-midi, mais en général seuls les nobles avaient l'impudence de penser devoir se protéger de tout, et cette apparition n'en avait ni la tenue, ni la mouvance. Qui plus-est, elle portait également quelque chose de si blanc et brillant dans le dos ... L'assassin dut se frotter les yeux pour comprendre qu'il s'agissait de cheveux. Les cheveux d'une femme. Qui se tenait, sans doute aucun vu sa position et le fait qu'elle s'était arrêtée, devant chez lui. Son cœur rata un battement alors que son esprit si rigoureusement entraîné pourtant peinait à combiner de la bonne manière les informations.

Puis, commandées par un instinct des plus basiques, mais pourtant totalement artificiel, ses jambes se déployèrent et le propulsèrent en l'air. Il retomba comme un charme sur l'enseigne de la taverne face à chez lui, semblant se rompre pour s'accroupir dessus, la faisant à peine ployer sous le choc. De ce perchoir improvisé, il se laissa tomber avant de s'y accrocher par les mains, puis se laissa tomber tout à fait sur le dessus d'un tonneau, deux mètres plus bas. Accroupis une nouvelle fois pour éviter au maximum de solliciter son support, il sauta tout naturellement à terre, et s'approcha sans un bruit de ce qui à n'en pas douté se trouvait être une jeune demoiselle. Avançant un bras pour lui effleurer l'épaule, il se força a déglutir, avant de murmurer dans un souffle un nom. Un simple prénom, pourtant rattaché à tant de choses ... Il espérait de tout son être, sans en être conscient, ne pas se tromper. Et pourtant, il refusait d'accorder pleine confiance à ses sens.

N ... Nausicaä ?
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Aventure #3 écrite Mar 8 Juil - 1:04

Elle regardait le sol, serrant toujours la carte entre ses mains. Elle refusait de faire un pas de plus, d’avancer vers une probable réalité qu’elle ne voulait entendre. Elle refusait, elle préférait s’enfermer dans ses doutes que de savoir, que de découvrir le pire. Elle préférait se remémorer ce soir là, cet infime instant de bonheur au lieu de se confronter à la vérité. Elle était lâche, si peureuse. Mais elle avait déjà tant souffert… Elle ne voulait pas verser une larme de plus. Elle n’avait que déjà trop pleuré. Il fallait qu’elle soit forte pour vivre dans ce monde hostile, pour survivre. Se débrouiller seule, s’entrainer, traquer pour finalement se venger. La vengeance était, après tout, un plat qui se mangeait froid, n’est-ce pas ? Oui, elle voulait se venger même si cela impliquait de combattre le feu par le feu et de faire confiance, une nouvelle fois, à une invocation autre qu’Ika. Ce petit renard avait tant donné pour elle… Mais il ne resterait à jamais un monstre à ses yeux, peu importait tout le bien qu’il faisait autour de lui. Elle s’était forgée une idée à vie ce soir là. Les Demi-dieux, ou invocation – peu importe leur appellation – n’étaient ici que pour leur faire payer un crime qu’ils n’avaient pas commis. Ils n’étaient pas de cet ancien monde, ils n’étaient pas les descendant de ces autres hommes. La jeune femme serre la carte entre ses doigts avant de la porter à son cœur.

Oui, un seul souvenir heureux parmi tant de noirceur, tant de souffrance. Mais elle ne devait pas s’apitoyer sur son sort. Beaucoup subissaient pire et elle n’était pas la plus malheureuse car il lui restait de l’espoir. Tant d’espoir contenu dans une seule carte marquée de six cœur rouges comme le sang qui coulait dans ses veines et faisait palpiter son cœur. Cette danse au clair de lune, cette rencontre due au hasard le plus total… Pour une fois, elle bénissait la grâce de ces dieux qui étaient invisibles, pour une fois, elle voulait bien croire au coup de foudre et à la providence. Mais… Tous ces jours où elle fut forcée de se tenir loin de lui malgré elle, tous ces jours enchainées à la seule pensée d’évasion, de le retrouver. Mais elle se devait d’aider à la boulangerie, aider sa mère qui avait de plus en plus de mal à s’occuper de son mari et de ses enfants en plus de tenir un commerce qui allait au plus mal. Les gens avaient eu vent des malheurs de la famille Ludwiga et des mauvaises langues faisaient circuler une rumeur comme quoi quiconque mangerait le pain de cette bonne femme attraperait le même mal que son époux cloué depuis de si nombreuses années au lit. Seuls quelques anciens clients, fidèles, venaient encore dépenser quelques tsuris, juste assez pour qu’ils survivent. Au départ, elle avait haït le ciel, haït tous ces coups du sort qui l’éloignaient peu à peu de cet homme si mystérieux. Parfois, elle croyait le voir courir sur les toits, tel un ange, flottant avec aisance et riant des lois de la gravité. Parfois elle croyait le voir arpenter le ciel étoilé, en souvenir de leur rencontre où il avait gravit cette façade avant tant d’aisance et d’agilité. Mais elle devait rêver, encore et encore. Après tout, il avait sûrement mieux à faire que de l’attendre ou même trainer près de chez elle.

Nausicaä soupira doucement, fixant toujours le sol, le regard dans le vague, indécise. Pourtant il fallait qu’elle fasse un choix. Les passants commençaient à la regarder étrangement, comme si elle était une folle plantée au milieu de la rue. Pourtant, il n’en était rien. Elle n’était ni folle ni au milieu de cette rue pavée grossièrement. Non, elle était devant une maison, sa maison. Mais elle hésitait, du moins, ses pieds refusaient de la conduire jusqu’à sa porte. Car son cœur ne désirait qu’une seule chose : croiser à nouveau son regard doré. Pathétique et puérile, digne de ces demoiselles de la haute, hystériques lorsqu’un beau noble venait leur compter fleurette. Mais connaissaient-elles vraiment le vrai sens du mot amour ? Avaient-elle seulement conscience de ce qu’il voulait dire ? Mais était-elle vraiment la mieux placer pour donner ce genre de leçon ? Elle-même ne le connaissait pas vraiment… Un nouveau soupire puis elle redresse la tête et détourne le regard pour contempler le ciel, le soleil étant ainsi dans son dos. Il était si bleu, si joyeux, si confiant. Elle resta un instant comme ça, à observer ce plafond azure avant de remettre en place sa coiffe qui lui permettait de sortir par ce temps estival.
Elle se perdait à nouveau dans ses pensées, s’envolant vers d’autres lieux grâce à ses ailes imaginaires. Dans son monde, elle n’était plus albinos, dans son monde, ils étaient ensemble et sa famille vivait encore. Mais ce rêve futile fut interrompu par une main posée avec légèreté sur son épaule.

La jeune femme se retourne doucement pour contempler la personne qui l’interpellait. Son souffle se coupa lorsque ses yeux rubis rencontrèrent ce regard d’or qui semblait lui aussi surprit. Elle semblait y déceler une pointe d’espoir, encore plus dans ce mot soufflé, cet unique mot : son prénom. Nausicaä resta un instant sans voix, elle ne savait pas quoi dire tant elle était concentrée à détailler chaque trait de ce visage exposé enfin au soleil du jour. Puis un sourire, d’abord timide puis franc, vint naitre sur son visage tandis que ses yeux se mettaient à briller de joie. Elle sentait des larmes poindre mais elle ne savait pas s’il s’agissait de tristesse ou bien de joie. Car elle avait toujours cette appréhension de voir surgir de derrière cet homme une femme l’appelant pour le souper. Mais peut-être qu’elle se faisait trop d’illusions et stressait pour un rien ?

« Nathaniel » souffla-t-elle simplement avant de s’approcher de lui d’un pas hésitant et de poser une main sur sa jour pour vérifier qu’il était bien là et qu’elle ne rêvait pas. Mais oui, c’était bien lui, sa main rencontra cette peau douce et parfaite tandis que ses yeux se plongeaient une énième fois dans cet océan fait d’or. Puis elle s’excusa, elle s’excusa pour tout ce temps. Ô, bien sûr, elle pouvait très bien être en train de mentir et il pouvait très bien ne pas la croire, mais peu importait pour elle du moment qu’elle le voyait enfin.

« Je suis désolée… Désolée d’avoir tardé à venir te retrouver… Je… Ma famille allait au plus mal… » dit-elle, murmurant ses derniers mots tandis que les souvenirs douloureux revenaient à la charge. Son estomac se tordait, elle blêmit plus qu’elle ne l’était déjà, mais elle maintint son sourire, elle ne voulait pas paraitre mal devant lui. Après tout, elle n’était pas là pour se plaindre.
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Aventure #4 écrite Mer 9 Juil - 19:23

Le doute n'était plus possible. Il avait eut beau tenter de tout son être de ne pas croire ce qu'il voyait, il ne pouvait nier la réalité. Nausicaä. C'était bel et bien elle qui se tenait, face à lui, et qui s'était retournée lorsqu'il avait appellé son nom. L'assassin s'en sentait ... Boulversé. Dépassé par un renversement qu'il n'attendait pas, et qui surpassait largement ses capacités. Presque paradoxale situation pour lui, que de perdre tous ses moyens à cause de sentiments incontrôlables. Mais il ne pensait pas réellement à ça, à dire vrai il n'en avait strictement rien à faire. Il savait juste qu'elle était là, face à lui, en cet instant. Et, en réalité, c'était la seule chose qui comptait. Tout le reste, l'attente, les déceptions, le temps qui s'était écoulé, morne et sans saveur, tout cela n'avait d'importance. En réalité, c'était à peine si le jeune assassin écoutait réellement les excuses de la jeune demoiselle à laquelle il faisait face. Aurait-elle simplement prit le temps de douter un peu d'elle, de lui, et d'eux deux qu'il n'en aurait eut cure.

De tout temps et même dans l'ancien monde, les gens dénommés "albinos" ont toujours étés particuliers. Dans certaines cultures, manger leur chaire permettait de conjurer on ne sait trop quel mauvais sort. Dans d'autres contrées, ils ont probablement participé à la naissance du mythe des "vampire", une créature fantaisiste que lui avait décrit bartiméus, et qui redoutait plus que tout la lumière du soleil. Mais pour Nath', la pâleur de cette chaire, la blancheur presque irréelle de cette chevelure, et la pureté de l'écarlate sanguin des yeux de la jeune femme qu'il avait à lui étaient juste ... Supperbes. Nausicaä était belle. Elle apparaissait déjà magnifique sous l'astre lunaire, dont la lumière argentée lui avait conféré une sorte d'aura mystérieuse, tout en mettant en valeur ces caractérisques uniques qui la définissaient. Mais sous l'astre solaire, elle lui apparaissait plus belle encore. Tout le détail, toute la finesse de ses traits lui apparaissaient avec une précision folle. De même que le teint de sa peau, qui pâlit un peu plus, n'échappa du tout aux yeux dorés. Le jeune homme dont les cheveux verts pâles semblaient, de leur couleur, vouloir défier la nature et les pigments naturels, resta coï quelques instants. Dire quelque chose n'est jamais totalement simple. Exprimer un sentiment est bien pire encore.

Baissant les yeux, le tueur a gage nota un détail qui jusque là lui avait échappé. Sa carte. Un des coeurs écarlate dépassait légèrement de la poche de la jeune femme. Elle l'avait donc prit avec elle ... Ce insignifiant petit morceau de carton. Aucune valeur. Et pourtant, elle l'avait trouvé suffisament important pour le garder avec elle, tant de temps. Juste parce qu'elle venait de lui. S'il avait été normal, Nath' aurait ressenti une bouffé d'émotion. Il en aurait peut-être même versé une petite larme. Si. Mais point de larme dans les yeux de cet homme. Juste le sourire, qui revint se plaquer sur son visage. Le tueur ferma les yeux, et frotta doucement sa joue contre la main de la jeune femme un instant, restant silencieux. Puis, sans la moindre trace de signe avant-coureur, il enlaça la jeune femme dans ses bras et l'étreint d'une manière relativement forte, même s'il était loin de chercher à la briser. Se rendant compte que son geste avait fait tomber le chapeau de la tête de son albinos, il le saisit au vol pour le rattrapper à une main, et le remit à sa place, avant de se baisser un peu pour regarder la jeune femme dans les yeux, en dessous.

Je m'en veux à vrai dire d'avoir pu douter que tu viennes ... Ne t'en fais pas, tu es toute pardonnée. Viens, j'ai l'impression que tu as un léger ... "différent" avec la lumière du soleil.

La prenant avec tendresse par la main, le jeune homme qui continuait de la regarder se mit à faire le tour de l'albinos, la contournant pour ensuite la tirer derrière lui. Il remonta lentement les quelques marches de l'escalier extérieur, s'arrêta sur le minuscule palier devant sa porte, et l'ouvrit pour rentrer dans sa chambre. A peine avait-il ouvert la porte que ses yeux notèrent tout de suite le couteau qu'il avait plus tôt planté au plafond ... Il espérait juste que la jeune innocente ne le remarquerait pas dans l'immédiat. Lui laissant la place de rentrer, le jeune homme referma doucement la porte, avant de regarder l'albinos dans les yeux. Il s'écoula une seconde dans le silence le plus complet, peut-être même deux. Puis, doucement, le jeune homme se décolla de sa position. Il saisit entre deux doigts le rebord du chapeau de sa belle, et le releva doucement avant de lui retirer et de le jeter sur le lit. Se penchant en avant et inclinant la tête sur le coté, il continua d'avancer jusqu'à être tout contre la jeune femme aux cheveux blancs et aux pupilles de sang. Il entendit un battement de son coeur. Puis se pencha un peu plus et embrassa la jeune femme en fermant les yeux. Le contact de ses lèvres chaudes et douces lui avait manqué, sans qu'il ne le réalise ... Il avait l'impression d'avoir changé intérieurement, sans pouvoir précisément définir qui ou quoi clochait. Mais dans le fond, peu importait ... Reculant la tête au bout de quelques instants, le jeune homme eut un sourire. Levant le bras pour présenter le dos de sa main à la jeune femme, il souffla doucement dans la paume de cette dernière. Puis, avec une lenteur exagérée, il plia doucement le poignet vers l'extérieur, dévoilant la plume de cygogne qu'il avait ramassé plus tôt, et dissimulé par son petit manège. Avec le sourire candide d'un enfant, il glissa lentement la pointe au dessus de l'oreille de l'albinos, dans sa chevelure, de sorte à ce qu'elle tienne d'elle-même. Quand il fut satisfait du résultat, il se contenta de caresser tendrement la joue de la jeune femme...

Tu m'as manqué ... Bienvenu chez moi.
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Aventure #5 écrite Sam 12 Juil - 23:08

Nausicaä serra fort le jeune homme dans ses bras, nullement dérangée par l’étreinte puissante. Elle sentait que son chapeau quittait sa tête et grimaça d’avance. Le soleil, cet astre qu’elle admirait et pourtant qu’elle craignait tant… C’était un supplice que de devoir porter des vêtements longs ainsi qu’un couvre chef alors qu’elle aurait tant voulu sentir les rayons de ce astre légendaire venir lui caresser la peau, encore et encore… Mais hélas, elle était née comme ça, fille de la nuit, et devait se contenter de regarder le soleil de loin et de le craindre. Elle s’enivra de l’étreinte, posant sa tête sur le torse musclé de Nathaniel, un grand sourire aux lèvres. Puis elle s’écarta doucement lorsqu’elle le sentit bouger, se baissant pour se mettre à la hauteur de la jeune femme. Elle pouvait le regarder à nouveau dans les yeux, plonger dans cet océan d’or, s’y perdre… Elle pose une main sur sa joue, laissant ses doigts la chatouiller doucement. Son sourire ne s’élargit que plus tandis que ses yeux brillaient d’amour, d’un amour certain quoi qu’un peu timide.

« Dans ce cas là, je m’en veux d’avoir douté de tout un tas de chose à ton sujet » rit-elle avant de se laisser mener par l’assassin vers un escalier qu’ils gravirent main dans la main.
Le jeune homme poussa ensuite une porte en bois, découvrant une pièce pauvrement meublée mais si accueillante. La jeune demoiselle laissa son regard se poser absolument de partout, elle découvrait ce sanctuaire qui était le sien. Elle découvrait cette pièce, la moindre planche de bois. Puis ses yeux se posèrent sur le plafond d’où elle pouvait remarque quelques trous, ou plutôt de fines fentes dans le bois. Elle tourna légèrement la tête et écarquilla un instant les yeux en voyant le poignard planté dans la poutre. Pourquoi ? fut la première question qu’elle se posa mais elle abandonna bien vite le fait de trouver une réponse car tout le monde avait le droit d’avoir ses passe temps, aussi étranges soient-ils.

L’orpheline reposa son regard dans celui de Nathaniel, elle ne pouvait réellement s’en détacher, fascinée par ces iris à la couleur si atypique et étrange. Elle sentit qu’il lui retirait son chapeau et le vit ensuite être lancé pour atterrir sans grâce sur un lit aux draps blancs. Elle resta immobile tandis qu’il s’approchait d’elle pour une seconde étreinte, plus douce. Puis elle se laissa emporter par ses émotions et fini par rougir lors que ses lèvres se posèrent sur les siennes pour un baiser qu’elle avait longtemps attendu et même rêvé. Une tâche de lumière dans son monde désormais sombre, un brin d’espoir dans son cœur meurtri, elle se sentait revivre, en quelque sorte. Et elle refusait de laisser partir cet infime morceau de bonheur, ce bonheur qui lui filait entre les mains depuis des mois maintenant. Elle n’arrivait pas à faire son deuil et se contentait de regarder le monde d’un œil désormais pessimiste et éteint.

La jeune femme sentit un froid se faire en elle lorsque le baiser se brisa de même que l’étreinte. Elle frissonna malgré la chaleur ambiante, laissant son regard rouge se perdre un instant dans le vide avant de découvrir avec émerveillement une plume blanche coincée derrière son oreille. Elle releva les yeux et un sourire timide naquit sur son visage en souvenir de ce soir là, ce soir où elle avait apprit la vraie signification du mot amour, ce soir où elle l’avait rencontré. Puis elle sentit une main se poser sur sa joue et elle n’en rougit que de plus belle. C’était étrange, tantôt elle éprouvait un sentiment de timidité, tantôt elle voulait juste se blottir dans ses bras et ne plus les quitter. Elle était partagée et elle ne savait plus sur quel pied danser à vrai dire… Enfin bon, elle soupira doucement avant de sortir la carte de sa poche et de la glisser doucement dans celle du pantalon du jeune homme, toujours en souriant.

« Considère que je te donne une partie de moi » murmura-t-elle avant d’ajouter d’un ton plus enjoué avec néanmoins toujours ce souffle de tristesse « c’est chaleureux et jolie. »

Puis Nausicaä se hissa sur la pointe des pieds et passa ses bras autour du cou de l’assassin avant de l’embrasser doucement. Elle perdit soudainement l’équilibre et trébucha, ce qui rompit leur baiser et les fit tomber sur le sol de bois. Voilà qu’elle se retrouvait allongée sur le torse de Nathaniel. Elle se sentit gênée et heureuse. La jeune femme déposa un baiser timide sur la lèvre inférieur du jeune homme avant d’aller lui souffler à l’oreille :

« Toi aussi… Et je ne sais toujours pas si tu es un rêve ou bien réel » ajouta-t-elle d’un ton taquin.
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Aventure #6 écrite Mer 16 Juil - 18:05

Récupérer sa carte fit un petit choc à l’assassin. Non pas qu’il s’y était attendu, ni qu’il avait désiré secrètement revoir ce bout de carton depuis le temps qu’il l’avait donné, simplement … « considère que je te donne une partie de moi ». Ces mots le touchaient profondément. Bien plus profondément que tout ce qu’il n’aurait jamais pu imaginer. Elle consentait à lui remettre une partie d’elle … Et lui, avait-il déjà sans s’en rendre compte perdu une bonne partie de lui, qui s’en était en réalité tout simplement rejoindre la jeune albinos pour rester avec ? Sornettes que cela aurait-il pensé fut un temps, mais désormais, ce qui avait été une conviction n’était plus que l’ombre d’un doute. Qu’avait donc de si particulier cette jeune albinos, capable de lui faire apprendre une émotion si parfaitement contradictoire que l’amour ? Les pensées du jeune homme s’orientèrent d’un coup sur un axe plus proche de la réalité, une question qui le titillait depuis quelques minutes : qu’avait sa voie, à laisser sonner des touches de tristesses au milieu des accents de joie ? Que lui était-il arrivé durant ces derniers mois ? Le jeune tueur avait saisi que sa famille avait eu des problèmes assez important pour rendre sa présence impérative, mais … Jusqu’à quel point exactement ?

La question semblait vouloir attendre, et le jeune homme sentit lentement son corps basculer. Pour autant, il ne perdit rien de son calme. Depuis longtemps ses réflexes parfaitement contrôlés ne lui faisaient pas remuer un cil sans qu’il n’en ait eu l’envie. Cependant, il savait parfaitement que le sol serait là pour les rattraper tous les deux à l’issue de leur chute, aussi, puisque la jeune femme se trouvait face à lui, dans ses bras, et au-dessus de lui, se contenta-t-il de garder l’albinos blottie au cœur de ses bras et de l’étreindre tendrement. Les acrobates et certains gymnastes savent, en gainant suffisamment leur dos, absorber un choc et le diffuser de telle manière qu’ils ne ressentent aucune douleur. En général, pour les plus doués, la dispersion de l’onde peut être si puissante qu’elle les propulse dans le sens inverse. Le jeune homme en avait fait la démonstration la dernière fois qu’ils s’étaient vu, en se laissant tomber sur le dos pour finir accroupis tout de suite après avoir percuté le sol. Dans le cas présent, vu qu’il avait une jeune femme dans les bras, se redresser serait un peu plus … Complexe. Mais bien sûr, ce n’était pas une raison pour se faire mal, aussi les muscles de l’assassin se bandèrent à l’approche du parquet de bois, avec une tension assez intense pour lui éviter toute douleur superflue. En bref ? Ils étaient tombés, et il lui servait de matelas. Pour une raison qui persistait à lui échapper, ça ne l’avait pas le moins du monde dérangé …

Oh, si c’est un rêve, par pitié … Ne te réveilles pas ! Je ne serais pas certain de survivre à la douleur de notre séparation …

La plaisanterie un brin douteur avait un goût amer dans la bouche du jeune homme, quand bien même en rien sa voie ne le trahissait. Certes, il était à peu près certain de ne pas être le fruit du rêve d’une jeune femme ( quoique ? ), mais pour autant, il n’avait aucune envie d’être confronté à la douleur de sa perte. C’était une des raisons pour lesquelles il vivait seul : personne ne le regretterait s’il passait de vie à trépas. Et il personne ne pourrait menacer ses proches pour lui faire peur. C’était ainsi qu’il était supposé évoluer, ombre parmi les hommes, tueur parmi les passants, et assassin au sein des innocents. Mais si l’ombre avait un point d’accroche où se poser, quelque chose qui pouvait le forcer à devenir tangible, restait-il bien tel qu’il était ? Cette question ne se posait pas dans l’esprit du jeune homme, et pourtant elle parvenait à le torturer. Remettant doucement la plume dans les cheveux de son aimée en place, il lâcha un doux soupire, paraissant presque amusé.

Cependant, saches que si tu as pour envie de t’allonger un peu, mon lit est à deux pas … Littéralement.

Prenant doucement le temps de frotter la pointe de son petit nez contre celui de sa douce avec un petit air enfantin qui le caractérisait si bien, le jeune homme finit par doucement se redresser, forçant en quelques sortes la jeune femme à se mettre à cheval sur ses jambes, droite. Il en profita alors pour replier ces dernières, la soulevant le temps de passer un bras sous ses fesses et l’autre dans le creux de ses reins, et la garda ainsi alors qu’il se relevait avec un brin de difficulté, reculant quelques peu pour finalement se laisser retomber sur le lit cette fois, où le jeune homme s’allongea sur le dos, sans pour autant avoir lâché un instant la jeune femme dans sa chute. L’observant avec des yeux rêveurs, il se frotta le menton en semblant émettre une nouvelle réflexion interne, avant de se mettre sur les coudes, plus proche du visage de sa belle jeune femme aux cheveux d’argent.

Nausicaä … Je crois que de toutes les créatures sur lesquelles j’ai jamais posé les yeux, aucune ne peut se prétendre ne serait-ce qu’un millième de fois aussi éclatante de beauté que toi. J’ai presque du mal à avoir confiance en mes yeux lorsqu’ils se posent sur toi, j’ai peur que tu ne t’évanouisse dans les limbes à chaque instant … Et pourtant, j’ai l’impression que quelque chose t’empêche d’être aussi joyeuse que tu voudrais l’être. Est-ce que … Tu as quelque chose dont tu voudrais me faire part ?
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Aventure #7 écrite Dim 20 Juil - 23:40

La jeune femme sourit à nouveau avant de poser doucement et furtivement ses lèvres sur celles de l’assassin. Au moins, elle était sûre qu’elle ne rêvait pas, surtout après le ton un peu amer qu’il avait employé pour lui lancer cette petite plaisanterie. Mais tout ceci avait tout de même un goût d’irréel, comment était-ce possible qu’elle retrouve un rayon de lumière dans sa nuit sans étoiles ? Comment était-ce possible qu’en présence de cet homme qu’elle ne connaissait que peu au final, sa douleur s’estompe, en grande partie ? Comment était-ce possible que son cœur, qu’elle croyait mort et perdu à jamais, batte à nouveau la chamade avec frénésie ? Et ces sentiments de bien être et de sécurité… Non, elle ne comprenait pas et elle avait réellement du mal à se convaincre que tout ceci était réel et pas un monde qu’elle s’était inventé pour fuir ses problèmes. Fuir ces images de sang et ces rires sadique, fuir la vue de sa famille étalés tels des carcasses de porc sur le sol de ce qui fut leur modeste maison. Maison qu’elle avait laissé à l’abandon, rien que le fait de s’en approcher de nouveau lui donnait des nausées et lui tordait l’estomac.

« A vrai dire… Je n’avais pas prévu de… » mais elle n’eut pas le temps de finir qu’elle se retrouva dans ses bras, portée comme une mariée le soir de ses noces. Elle rougit tout en murmurant quelques paroles incompréhensibles, même pour elle avant de se retrouver à nouveau allongée mais sur un matelas cette fois-ci. Elle rit doucement avant d’inspirer profondément en regardant le plafond. Elle sentait son regard sur elle, elle savait qu’il venait de se mettre sur ses coudes pour la contempler. Mais… non, elle voulait continuer à fixer ce plafond constellé de multiples fentes, toutes causées par le même poignard semblait-il, le même que celui qui était planté dans cette poutre. Elle semblait rêveuse, perdue dans son monde, se souciant peu du monde qui l’entourait. Cette chambre devenait une berge, ce lit un lit d’herbe et ce plafond un grand ciel bleu et ensoleillé. La seule chose qui restait identique était la présence de Nathaniel et de son souffle chaud qu’elle pouvait sentir dans le creux de son cou, ce qui la fit frissonner un peu.

Mais hélas, ce paradis imaginaire se brisa aussitôt qu’il parla, qu’il demanda. Même s’il venait de la complimenter de la plus exquise des façons qu’il soit, et ô combien qu’elle aimait ces mots, il avait aussi demandé la raison de son ton quelque peu… triste. Elle soupira doucement avant de se retourner pour être face à lui. Yeux dans les yeux, main dans la main. Puis elle sourit avant que ce sourire ne s’efface à mesure qu’elle creusait la réponse à donner. Répondre voulait dire replonger dans ces jours sombres, revivre ces horreurs, revivre la mort de sa famille… Nausicaä inspire pourtant grandement avant de se lancer dans une longue explication au ton monotone, comme si elle récitait un parchemin de règles fastidieuses et ennuyantes.

« Ma famille a été assassinée par un homme et son invocation. Pure sadisme d’après ce que j’ai pu voir sur ses lèvres et dans ce regard fou. Mais je ne sais pas qui il est, je ne sais rien de lui, je ne sais rien des invocations et j’ai perdu ma famille. J’essaye de faire mon deuil, d’oublier, surtout lorsque je suis avec toi, mon rayon de soleil, mon étoile, mais rien à faire, ces images reviennent sans cesse, même lorsque je suis en paix avec moi-même, elles reviennent me hanter, telle une malédiction… »


Des larmes coulaient alors qu’elle s’était mit à regarder dans le vide, perdue dans ses pensées.

« Tant de barbarie, de sang… j’ai fuis, j’ai fuis ma maison et je n’ai même pas offert de sépulture à ma famille, rien, j’ai laisser leur corps pourrir dans cette maison qui est désormais leur tombeau. Je suis horrible, mais même si je le voulais, je ne pourrais pas y retourner, la simple vue de cette allée me donne des nausées et mon estomac se tord si j’approche plus de cette maison fermée. Et pourtant, durant tout ce mois, j’ai essayé d’y retourner, ne serait-ce que pour enterrer leur corps dans ce qui fut notre jardin. Mais je ne peux pas… »

Sa respiration était saccadée à mesure que les larmes coulaient sur ses joues, toujours plus abondantes. Elle ne devrait pas pleurer, surtout pas en sa présence… Elle était censée être joyeuse ! Pas pleurer ! La jeune femme se blottit dans les bras de l’homme qu’elle aimait, blessée et apeurée par les images qui venaient de revenir à la charge. Elle ne pouvait fermer les yeux, même les cligner une seconde sans que cette mare de sang n’envahisse son cerveau.
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Aventure #8 écrite Lun 21 Juil - 17:53

Il est des choix, dans la vie, que l’on regrette peu après les avoir fait. Des choix dont les conséquences, qui nous sont à la base obscures et incertaines, s’avèrent bien pire que ce que l’on escomptait une fois qu’elles sont mises à nue. Pas comme un pari perdu, dont les issues sont connues dès le début, même si la possibilité que le funeste destin s’accomplisse était faible. Non, plutôt le genre de choix qui, après coup, font dire « si j’avais su » … Et alors qu’il regardait le visage de l’albinos, le jeune tueur se surprit à penser, malgré tout le sang qu’il avait sur les mains, malgré tout ce qu’il avait déjà perdu, et malgré son manque total d’empathie pour ceux de sa race, qu’il aurait fait un autre choix, « si il avait su ». Le choix de ne pas poser la question qu’il avait soumis. Certes, il était trop tard pour avoir des regrets, car le passé n’était pas modifiable à volonté. Mais pour autant, il savait qu’il aurait donné beaucoup pour changer l’expression sur le visage de sa douce. Même si elle tentait, par le ton, de dire ça d’une manière indifférente, il sentait parfaitement la tristesse accablante qui était la sienne, et voir les larmes rouler sur ses joues lui fut plus insupportablement douloureux.

Cependant, sa douleur se mu en autre chose au fur et à mesure que les mots sortaient de la bouche de l’albinos. Quelqu’un avait tué. Tué sans raison, sans compassion ni sentiment. Tué pour le plaisir de tuer en réalité. « Sadisme ». Un simple mot. Qui pourtant avait tant de sens. La définition première était « infliger à un autre quelque chose qui lui déplait, et éprouver du plaisir à partir du ressentit négatif de l’autre ». Or, absolument personne n’aime être tué. Et la douleur, la tristesse et le chagrin de son aimé … Un instant, le cœur du jeune homme se serra en songeant que, si par malheur elle n’avait réussi à s’échapper, il ne l’aurait plus jamais vu. La serrer un peu contre lui ne fit qu’à peine dissiper la peine de cette simple idée. Quelqu’un avait massacré les siens pour son propre et unique plaisir malsain, aidé d’un demi-dieu. Le sourire se faussait. Nathaniel avait beau être un tueur, il ne cautionnait aucun meurtre, surtout les gratuits. Bien sûr, il y avait des cas, comme un certain Cletus il y a quelques mois, qui étaient … Désespérés. Dans le dernier par exemple, l’homme était un violeur, pouvait se montrer violent, et fourbe. Le faire passer dans le monde des morts n’impactait pas quelque peu de manière positive sur celui des vivants ? Lorsqu’un baron commandait la mort d’un autre parce que cela l’arrangeait, souvent le tords était partagé, aussi l’assassin n’avait-il aucun soucis pour régler son affaire. Mais ici … Le jeune homme posa ses prunelles d’un jaune félin sur ses mains. Il se voyait parfaitement tenir une simple petite cordelette. Une corde de violon pourrait presque suffire. Celle d’un piano, bien mieux encore. Il se voyait, le sourire dément sur le visage, passer cette corde autour du cou fragile et cerné de cheveux blancs de Nausicäa. Et serrer. Abréger ses souffrances. L’envoyer rejoindre sa famille, à un endroit où elle pourrait être en paix. Même si, après le trépas, elle était envoyée quelque part, ce ne pourrait être qu’un endroit bénéfique, vu qu’elle n’était ni plus ni moins qu’une ange après tout … Elle ne souffrirait plus …

La vision disparu alors que le jeune homme, qui s’était redressé, soulevait doucement le torse de la jeune femme pour l’enlacer, la prendre dans ses bras. Il aurait voulu être plus. Être meilleur qu’un homme. La réchauffer en la tenant contre lui, soigner les plaies de son cœur et de son corps, l’apaiser. Il aurait voulu déployer une large paire d’aile, et s’envoler avec elle, loin d’ici, quelque part dans les nuages où ils pourraient tous deux rester, à l’abri de ce monde qui ne voulait pas d’eux, du temps qui leur arrachait des choses petit à petit, des hommes et de leur folie destructrice. Il aurait voulu tout cela. Mais tout ce qu’il pouvait faire, c’était caresser cette rivière d’argent qui partait du crâne de la jeune femme, l’embrasser tendrement. L’étreindre un peu plus fort. Poser sa tête contre lui, juste en face de son cœur qui battait dans sa poitrine. Sécher ces larmes qui coulaient, trop nombreuses et trop mauvaises pour quelqu’un comme elle. L’impuissance dans laquelle il se trouvait le laissait, incompréhensif de ce qu’il se passait. Il sentait également une rage sourde naitre en lui et se mettre à brûler comme mille brasiers qu’on allumait un solstice d’été. Il ne pouvait pas l’emmener au ciel. Il ne pouvait pas, à coté du soleil, promettre un palais à sa belle. Son royaume à lui naissait à la nuit tombée. Sombre et antique, le domaine des voleurs des voyous, des brutes et des faussaires, des pickpockets et des assassins, Ce domaine naissait lorsque nul rayon solaire ne pouvait éclairer la main qui accomplissait le forfait. De cet enfer, fait pour et par des hommes, il était un prince, peut-être un roi. Lorsqu’on saisissait le mirage de son apparition, se détachant sur le tableau formé par les étoiles, on soupirait de soulagement qu’il ne fasse que passer. Et lorsqu’on saisissait l’éclat de sa lame du regard, alors quelque part, le cœur, l’esprit se préparait à mourir, là où tout le reste hurlait vouloir vivre. En ce lieu dangereux et malsain, le jeune assassin ne pouvait emmener sa douce. Cependant son cœur se préparait, et sa main un jour porteuse d’une terrible vengeance s’abattrait. Mais pour l’heure, il n’était pas temps de vengeance. Presque à regret, le jeune assassin calma ses pulsions et ses envies de meurtre, et leur promit qu’elles pourraient revenir plus tard. Mais pas avec elle. Pas alors qu’elle pleurait dans ses bras.

… Je vois.

Le jeune homme se racla doucement la gorge, et posa doucement ses mains sur les épaules de la jeune femme pour la reculer un peu, la regardant dans les yeux. Il ne se forcerait pas à sourire. Pas cette fois. Mais cependant, il n’était pas lieux d’afficher la tristesse qu’il avait pour elle. Ce n’était pas … Ce qu’elle méritait. De même, son ton avait été un peu dur, mais il parvint à continuer d’une voie plus douce.

Nausicäa … Tu me perds. En ta présence, je ne comprends même plus mes propres réactions et sentiments … J’ai … J’ai moi aussi perdu ma famille. Deux fois, en quelques sortes … Les deux fois, je n’ai été que spectateur. Incapable de faire quoi que ce soit pour résister. Je comprends parfaitement la peine … La douleur que tu endure. Je ne peux pas te promettre de remplacer ta famille … Mais … Je te jure que quoi qu’il advienne, je serais là pour toi …

Une fissure apparut sur le visage du jeune assassin. Il la sentit naitre, au coin de son œil. Grandir. Puis prendre d’assaut sa joue, et lentement se dérouler le long de cette dernière. Il sentit la fraicheur de l’air à travers. Il sentit cette brèche qui naissait, se creusait dans son masque. Qui courut jusqu’à son menton. Et finit par en tomber. Une larme de tristesse. Quelque chose qu’il pensait avoir perdu à tout jamais. Qui venait de couler pour une autre. L’idée le fit sourire. N’ajoutant rien, il se pencha vers l’avant, et posa de nouveau ses lèvres sur celles de la jeune femme. La prit contre lui. Rien au monde ne l’aurait séparé d’elle. Passant ses bras dans les siens et les plaquant doucement à son dos frêle, le jeune homme finit par reculer doucement, regardant de ses yeux mi-clos les pupilles magnifiques et écarlates de la jeune femme. Le bout de son nez frottait contre le sien. Leurs souffles se mélangeaient. A travers cette proximité presque obscène, il avait l’impression de la toucher, presque autant par son âme que son corps.

Ha, et au fait … Je voudrais que tu saches … Je t’aime.
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Dernière édition par Nathaniel le Mar 29 Juil - 19:03, édité 3 fois
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Aventure #9 écrite Sam 26 Juil - 0:05

Elle n’arrivait pas à arrêter les larmes. Trop abondantes, elles ne cessaient de couler sur son visage désormais rougi par les pleurs. Elle hoquetait à mesure que son cœur se serrait et qu’elle revoyait ces images affreuses derrière ses paupières. La jeune femme se blottit tout contre Nahaniel, cherchant un semblant de réconfort dans cet enfer personnel, dans ce traumatisme qui la suivrait toute sa misérable vie. Pourquoi, était la seule question qu’elle se posait. Tant de cruauté, pourquoi ? Assassiner de braves gens, pourquoi ? Etait-ce par pur sadisme ? Une vengeance personnelle ? Qu’était-ce ?! Elle aurait voulu hurler à nouveau sa douleur, faire comprendre au monde qu’elle avait mal, mais il y avait tant de gens qui vivaient la même chose en ce moment qu’il serait déplacé et ridicule de le faire. Elle pouvait s’apitoyer sur son sort, mais elle n’était pas la femme la plus malchanceuse de l’pile, et loin de là même. Doucement, cependant, une douce chaleur vint se poser sur ses épaules, l’écartant de ce torse contre lequel elle se blottissait. Un vide et un froid se créa tandis qu’elle relevait la tête pour regarder son aimé.

« … Je vois » avait-il seulement répondu avec simplicité. Son ton avait été dur, froid, presque comme s’il n’approuvait pas la tristesse de la jeune femme. Jeune femme qui ne s’en rendit que très peu compte, encore perdue dans les profondeurs de ses souvenirs macabres. Ses mains tremblaient alors qu’elle soutenait le regard de l’assassin, livide, plus que d’ordinaire malgré la rougeur sur ses joues.

Elle inspira grandement, essayant de se calmer, mais cela ne tari en rien les larmes abondantes. Comme ce jour là, elle avait tant pleuré, un sourire fou au visage, la folie venant peu à peu s’installer dans les tréfonds de son esprit, n’attendant que le bon moment pour ressurgir à nouveau et semer le chaos autour d’elle. Mais elle avait tenu bon, grâce à Ika, grâce à une invocation, ces créatures sans cœur ni morale. Ces créatures qui tuaient pour le plaisir, écœurantes créations des Dieux. Qui étaient de toute façon absents. Que le monde était pourri, cruel et invivable ! Et lui aussi, lui aussi avait perdu sa famille, par deux fois ! Quel monde d’injustice et de sadisme, cruel à souhait ! Elle le prit dans ses bras, passant délicatement une main dans ses cheveux, les caressant doucement. Bien que les larmes coulaient toujours, moins abondantes cependant, elle souriait, elle souriait car malgré toute cette cruauté, le monde savait offrir de belles choses comme… cet amour qu’elle éprouvait pour Nathaniel, cet amour qui était la plus belle des choses qui lui soit arrivé depuis si longtemps. Et elle remerciait le ciel pour ce cadeau magnifique.

Peut-être, et il était malsain de penser ainsi, que sa famille lui eut été enlevée pour qu’elle rencontre Nathaniel et qu’elle éprouve pour la première fois ce sentiment si fort qui consumait toutes les peines et pansait toutes les plaies du cœur, enfin, presque toutes. Et il fut renforcé par ces mots qu’il prononça, ces quelques mots, des mots sans histoire, sans avenir, mais qui, en l’instant présent, représentaient tant pour la jeune femme qui embrassa doucement le cou du jeune homme avant de s’écarter. Elle lui tenait désormais les main, face à face, elle qui souriait malgré les pleurs et lui qui la regardait de son intense regard or et qui lui promettait être là à défaut de remplacer sa famille.

« Je sais que tu ne pourras pas, et ils sont irremplaçables mais… Oui… Moi aussi, je serais là pour toi malgré que je ne puisse faire grand-chose de mes deux mains » murmura-t-elle avant de voir une larme dégringoler sur sa joue puis une autre, suivant le mouvement.

Voilà qu’il se mettait à pleurer à son tour, chassant les émotions trop fortes de son corps. Elle le prit à nouveau dans ses bras, posant cette fois ci sa tête sur la sienne, lui embrassant tendrement le haut du crâne avant de lui chuchoter en réponse à ses mots si beaux et pourtant prononcé avec maladresse :

« Depuis le premier soir, je n’ai jamais cessé de t’aimer… »


Et elle rit doucement, trouvant une ironie du sort dans une situation bien triste. Peut-être que finalement, elle allait pouvoir faire son deuil, grâce à lui.

« Deux adultes qui s’avouent leurs sentiments en pleurant parce qu’ils ont perdus leur famille… Je ne sais pas toi mais je trouve que cela ressemble fortement à un roman. »


Futiles paroles pour tenter d’égayer à nouveau l’atmosphère. Elle n’avait pas envie qu’il soit triste, pas maintenant, pas devant elle. Elle se recula à nouveau et d’un doigt doux chassa les larmes de ce visage si beau tout en lui souriant tendrement malgré que son cœur soit serré. Elle était heureuse, heureuse de savoir que quelqu’un dans ce monde l’aimait pour ce qu’elle était : une pauvre orpheline albinos qui n’arrivait pas à faire son deuil.
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Aventure #10 écrite Mar 29 Juil - 20:29

... Je ne ... pleure pas à cause des pertes qui ont étés miennes autrefois. Je suis ... loin de celui que j'étais à l'époque où je les ai subis ... la seule douleur qui me fend le cœur en ce moment est la tiennes.

La phrase était lâchée dans un souffle, ponctuée d'un sourire renaissant. Le jeune assassin leva doucement ses deux mains, et les posa sur celles qui se trouvaient déjà sur sa joue. Fermant les yeux, il prit doucement au creux de ses doigts ceux de celle qu'il aimait, et les serra avec tendresse. Son souffle semblait ralentir, pour peu qu'il ne soit pas totalement suspendu. Bien sûr, la tristesse teintait encore quelque peu ses traits, mais elle faisait peu à peu face à cette joie si incroyablement juvénile et pourtant si éternelle qui égayait les traits de Nathaniel depuis ... Combien de temps désormais? Des années, à n'en pas douter. Frottant doucement ses pouces contre la peau fraiche de l'albinos, et lui réchauffant très doucement le dos des mains, le jeune homme se mit doucement à baisser les bras, mettant leurs mains entre eux deux pour mieux jouer avec. Les manipulant avec délicatesse et douceur, il semblait tant les masser que les caresser, comme s'il cherchait en chaque endroit à en éprouver la fermeté, sur toute surface à en connaitre la texture, et partout savoir quelles sensations il pouvait obtenir à partir de ces simples petites mains qu'il chérissait tant sans même le vouloir. Il conclut simplement en posant doucement un baiser sur les doigts joints aux siens, et sourit en rouvrant les yeux.

Tu as de belles mains ... Tu dis que tu ne sais peut-être pas en faire grand chose, mais je sens parfaitement que tu a déjà fait bien des choses avec ... Des choses que tu peux refaire ... Des choses que tu maitrises ... Et quand bien même il n'y aurait rien ... Elles sont douces, tendres, toutes à ton image ... Elles fonctionnent parfaitement, et je compte bien dix doigts ... Des mains innocentes ... Je n'ai pas besoin que tu puisses, avec elles, défendre lüh entière devant une menace implacable ... Moi, tout ce que je veux, dit l'assassin alors qu'il relevait les yeux avec un sourire radieux C'est pouvoir être heureux avec toi .... Et je suis presque certains que ça, tu en sois capable ... N'est-ce pas?

Entendre son rire lui avait fait un bien fou. Comme s'il avait guérit quelque chose, au fond de lui. Il ne savait même pas bien pourquoi, ni comment. Avait-il été blessé? Oui, bien sûr que oui qu'il avait été blessé ... La douleur de l'albinos s'était infiltrée en lui aussi insidieusement qu'un poison, alors pourtant qu'elle n'était en aucun cas responsable et ne voulait certainement pas lui faire le moindre mal. Cette douleur avait ouvert une plaie en lui. Et un simple rire suffisait à la refermer? Absurde... Cela n'avait pas de sens, n'est-ce pas? Une seconde de réflexion fut nécessaire pour comprendre. Quoi de plus absurde en effet que l'amour lui-même? Certes, ça n'avait aucune logique de ressentir une telle douleur lorsqu'un autre était blessé, de même qu'un rire ne devait tout aussi logiquement pas être en mesure d'effacer cette douleur, mais était-ce logique d'éprouver pareille attirance pour un autre être? Non, ce ne l'était pas. Ce ne l'était pas, mais pourtant c'était le cas. Absurde. Un fait de plus en ce monde qui était teinté de la notion d'absurde. Un fait merveilleux, plaisant, magique. L'amour était un sentiment magique.

Tu ne trouves pas que la vie est elle-même un roman un peu particulier? Un roman dont les personnages peuvent écrire l'histoire ... Où tout a une conséquence, et où personne ne reste éternellement sur le devant de la scène ... Un roman que personne n'a écrit, parce que son histoire appartient à tout le monde ... Où une pièce de théâtre où nous somment acteurs ... Tiens, tu sais ce qui est devenu mon plus beau trésors depuis ma rencontre avec toi? Je vais te donner un petit indice : il est observable, mais pas visible. Tu peux en sentir la chaleur, mais pas le toucher. Il pourrait me porter jusqu'au bout du monde, mais je ne peux pas m'appuyer dessus. Tu en as une idée?

Simple petite énigme pour changer de sujet ... Diversion enfantine, venant ni plus ni moins que d'un homme qui se prenait encore pour un enfant. Pour autant, elle demandait tout de même un minimum de réflexion ... Et puis, d'où peut bien sortir de la vérité sinon que de la bouche des enfants?
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Aventure #11 écrite Mar 2 Sep - 21:20

« La seule douleur qui me fend le cœur en ce moment est la tiennes. »

A peine eut-il prononcé ces mots, qu’elle sentit la culpabilité monter en elle. Oui, elle s’en voulait de le faire souffrir. Jamais elle n’aurait dû lui raconter, jamais. C’était une histoire qu’elle devait garder pour elle-même. Personne n’avait à savoir que ses parents étaient morts dans d’atroces souffrances, morts si brutalement. Toute sa famille était partit, comme si le destin voulait lui faire passer un message, un message cruel. Les Hommes étaient des bêtes assoiffées de sang, rien ne leur faisait plus plaisir que de tuer de sang froid. Faire couler ce liquide rouge et visqueux d’un seul coup d’épée. La jeune demoiselle baissa la tête, honteuse et coupable de cette souffrance éprouvée. Elle sentit poindre de nouvelles larmes mais les refoula bien vite lorsqu’il commença à jouer délicatement avec ses mains, les décollant de ses joues. Elle voulait le consoler mais c’était lui qui était en train de le faire. Ceci ne fit qu’accroitre sa culpabilité…

La jeune femme eut un hoquet de surprise lorsqu’elle sentit des lèvres chaudes venir se poser sur ses fins doigts tremblants. Elle releva soudainement la tête et se plongea dans ce regard atypique, cet océan doré et si beau et pourtant si étrange. Jamais elle ne se lassera de le regarder, jamais. Elle sourit au compliment et donna, pour seule réponse, un doux baiser à l’homme qu’elle aimait tant. Nausicaä dégagea ses mains de la douce emprise dont elles étaient prisonnières pour venir, une fois encore, les poser sur la joue du jeune homme, se délectant de la douceur de cette peau balafrée. Elle ne pouvait trouver défauts en cet être fait de bonté, si parfait. Etait-elle aveugle ? Ou seulement aveuglée par un amour juvénile ?

« Depuis que je te connais, ma vie est plongé dans le bonheur. Un bonheur sans limite et même si parfois quelques nuages viennent assombrir la route sur laquelle je marche, tu est toujours là pour les chasser et me redonner le sourire. Je ne peux que te remercier, Nathaniel, te remercier et t’aimer, encore et toujours. »


Elle avait murmuré ces mots, bas, comme si elle ne voulait pas qu’il les entende. Mais… Sa voix, aussi basse fusse-t-elle, avait été assez audible pour qui savait écouter. Et lui savait, ça se voyait à sa mine concentrée malgré son sourire joyeux. La jeune fille sourit à nouveau avant de prendre ses mains et de jouer avec, inversant ainsi les rôles. Elles étaient fines mais fortes. De puissantes mains, des mains qui pouvaient tuer mais aussi sauver des vies. Qui était-il réellement ? Car un acrobate n’avait pas de telles mains…

« J’ai peur, peur de voir ce que je pourrais écrire… Je ne sais pas de quoi je suis capable, mais j’en suis capable. Je suis perdue… » nouveau murmures, plus bas cette fois, comme si elle avait honte de ses paroles, qu’elle ne voulait avouer ses problèmes même si c’était déjà le cas. Elle baisse un instant le regard, gênée par tant d’intensité avant de le relever, déterminée et heureuse. Elle sourit à l’énigme posée pour détourner l’attention. Très subtile de sa part. Elle lâcha ses mains et posa les siennes sur ses genoux, faisant ainsi mine de réfléchir même si elle connaissait la réponse. Il n’y en avait qu’une seule, une seule et unique et c’était la plus belle de toutes les réponses.  

Puis un large sourire vint éclairer son visage déjà radieux. Elle leva la tête vers lui, le lui offrant ainsi que des yeux pétillants de joie. Puis elle donna la réponse d’une voix fluette et heureuse : « L’amour, c’est ça ? C’est l’amour ? »

Oui, elle était aux anges, grâce à lui. Il l’aidait à oublier ces récents souvenirs si malheureux, il l’aidait à surmonter cette peine. Il l’aimait, elle, fille de boulangère et albinos, monstre parmi les siens, erreur de la nature. La demoiselle soupire avant de déglutir avec difficulté tant son cœur la serrait. Et si, et si tout cela n’était que mensonges et s’il se jouait d’elle ? Tant de questions, et ces larmes, ces larmes qui commençaient à pointer, encore. Elle ne pouvait les retenir. Mais pleurait-elle de joie ou bien de tristesse ? Elle était, en cet instant, une vraie madeleine…
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Aventure #12 écrite Mar 23 Sep - 22:18

Hum … Presque. Je n’aurais pas dit « l’amour » avec un grand A, comme l’amour décrit dans les livres et compte, qui frappe brusquement, est éternel, et bien d’autres choses. Non … Juste … Mon amour. Pour toi. De toi. Je pourrais te le montrer autant que je le voudrais, tu ne parviendras jamais à le voir. Il guide mes mots et gestes pour te réchauffer le cœur, alors qu’il n’existe pas … En son nom, je me ferais le preux chevalier de toute cause susceptible de pourvoir à ton bonheur ou ton bien-être.

Le jeune homme aux cheveux verts soupira doucement en la voyant se remettre à pleurer chaudement. Son cœur ne se serra pourtant pas comme les autres fois : l’expression du visage de la jeune boulangère n’était clairement plus la tristesse profonde qu’elle avait ressentie plus tôt. Se taisant avec un sourire, il se contenta de déposer sur son front un chaste baiser, et reprit de nouveau la jeune femme au creux de ses bras, l’y berçant tendrement en lui caressant le crâne. Un long moment passa ainsi, pendant lequel le jeune homme ne pensait pour ainsi dire à rien, se contentant de glisser ses doigts fins le long de la chevelure d’argent. Par la fenêtre, il observait le ciel qui se mouvait en silence, derrière les vitres ni vraiment propres, ni totalement crasseuses. Les habitants de Lüh ne faisaient pas un bruit à même de parvenir jusqu’à l’oreille de l’assassin, ou bien ce dernier n’écoutait pas assez pour le percevoir. Le temps lui-même semblait figé. Fragment d’éternité, qu’on pouvait à peine caresser du bout des doigts. Quelque part, au dehors, le soleil poursuivait sa lente rotation dans le ciel, filant peu à peu vers cet endroit où il disparaissait pour laisser sa place à la lune, durant cette période magique et troublante, sombre et inquiétante, berceau des rêves et cauchemars, qu’était la nuit. Son royaume petit à petit installait son emprise sur le monde, qu’il maintiendrait pour quelques heures avant de s’évanouir de nouveau.

Je .. Suis en dessous de tout.

La gravité toute relative avec laquelle l’assassin lâcha brusquement cette phrase eut le mérite de le sortir un peu de sa torpeur, et de se décoller pour regarder son aimée dans ses yeux rouges. Il se reprit cependant bien vite en secouant un peu la tête.

Je veux dire …Je viens de me rendre compte que je mange très rarement chez moi, en règle générale, et pour l’instant … Je ne pense pas que mon placard soit suffisamment fourni pour que je puisse t’offrir un repas décent. Tu accepterais de sortir un peu, et de trouver une taverne ou une auberge où dîner ? Il va sans dire que je t’invite, ne t’en fais pas pour ça … Et si tu préfères, on peut très bien rester ici encore quelques temps, à attendre que le soleil se couche … Il ne devrait pas en avoir pour plus d’une heure ou deux. Personnellement, je trouve dommage de devoir cacher d’un large couvre-chef ce si joli minois qui est le tiens … Et je ne pense pas que je pourrais me lasser de seulement le regarder.

Le jeune homme au regard de fauve avait retrouvé son air jovial, et caressait tendrement d’une main l’arrière du crâne de son albinos, la frottant du pouce. Très doucement, il sortit un mouchoir de tissus d’une de ses poches, et tamponna les joues de la jeune femme très doucement pour en retirer les restes humides de ses larmes. Une fois que sa peau blanche et douce fut de nouveau sèche, il laissa retomber le tissu avec un petit sourire, observant les deux pupilles que le sang colorait d’un rouge magnifique. Certains trouvaient cette couleur monstrueuse. D’autres anormale. Nathaniel lui se sentait prit d’une sorte de fascination. Il avait déjà vu des yeux sur lesquels les vaisseaux sanguins, pour une raison ou une autre, avaient rompu. Il en résultait généralement une petite tache rouge qui restait l’espace de quelques jours, se résorbant progressivement. Mais ici, rien de cela. Ce rouge-là était brillant, éclatant même. Il renvoyait la lumière avec une magnificence égale, voir supérieure à celle d’un rubis. Ce rouge-là était vivant, renouvelé, neuf. Ce rouge était celui de ses yeux. Et ses yeux étaient tout simplement magnifiques, quoi que la peur des hommes puisse leur en faire dire. Si purs … Le jeune homme n’aurait su décrire ce qu’il ressentait. Mais il était à peu près sûr d’une chose … C’est que face à ce regard, il n’avait plus envie de mentir. Pas plus que de masquer la vérité. Prenant une petite inspiration, le jeune homme changea son expression pour prendre un air un peu plus grave.

Nausicäa … Je … Je crois que je n’ai pas été entièrement honnête avec toi, ma belle. Ce n’était nullement contre toi, je suis juste … C’est un secret que je ne partage pas systématiquement. Je ne suis pas réellement un simple acrobate.

Soupirant un peu, le jeune homme continua de regarder l’albinos dans les yeux. Une part de lui avait peur qu’elle ne prenne mal le fait qu’il ait pu lui cacher des choses, mais il la fit taire. Il était légitime, pour lui, de chercher au moins un minimum à cacher ce qu’il faisait au reste du monde. Et il était tout aussi légitime que la jeune boulangère accuse le fait qu’on lui ait menti autrement qu’avec un grand sourire… Mais le jeune tueur n’y pouvait rien. A priori, elle non plus.

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Aventure #13 écrite Ven 24 Oct - 18:53

Elle le laissa la prendre dans ses bras. Elle s’y sentait en sécurité, tellement bien. Réconfortée par un peu de chaleur humaine, par l’amour. Nausicaa se blotti dans ces bras, l’écoutant parler. Elle avait cessé de pleurer même si quelques larmes coulaient encore. Cependant, dans le doux silence qui s’était installé dans leur fine bulle, quelques hoquets s’élevaient, discrets. La jeune femme plongea la tête dans le torse de cet homme, y cherchant amour et réconfort, ses longs bras avaient entouré ce cou musclé et ses yeux rouges s’étaient fermés le temps d’un instant.
Elle laissait les sons de la ville venir caresser ses oreilles tandis qu’elle écoutait la douce mélodie de sa voix, cette voix si grave, si belle. La voix de cet homme qu’elle aimait. Dès cet instant, elle ne pu plus imaginer la vie sans lui, sans ses yeux jaunes la fixant avec intensité, sans ces doigts caressant son visage, sans ces étreintes… Elle était devenue dépendante, en l’espace de quelques secondes, incapable de se décoller de lui.

Et ils restèrent ainsi un long moment. Ou alors fut-il court ? Elle ne savait pas, le temps n’avait plus d’emprise sur l’amoureuse qu’elle était. Tout ce qu’elle voulait c’était sentir la présence de ses bras autour de son corps, sentir ses lèvres sur les siennes. Sentir qu’il l’aimait. Et la fin du monde pouvait bien arriver qu’elle ne s’en soucierait guère tant elle était bien ici avec lui, dans cette modeste chambre qui s’assombrissait au fur et à mesure que le soleil déclinait dans le ciel.

Mais ce silence fut rompu par une déclaration soudaine du jeune homme. Nausicaä leva la tête, une mine interrogative sur le visage. Elle le regarda droit dans les yeux, se perdant dans l’or de ces pupilles si belles mais si anomales aux yeux des gens. Doucement, elle passa une main sur sa joue et embrassa délicatement ses lèvres, le coupant dans son long discours. Elle souriait, se fichant pas mal de ce qu’il était ou même de ses habitudes de vie, du moment qu’il était avec elle.
La jeune femme rougit doucement en entendant la proposition de Nathaniel ainsi que le magnifique compliment qu’il venait de lui faire. Elle baissa les yeux avant de relever la tête avec un grand sourire, enjoué.

« Et je trouve dommage de devoir porter ce grand chapeau qui m’empêcherait de regarder le monde dans lequel évolue l’ange que tu es » elle laisse sa phrase en suspend avant de reprendre « j’attendrais tout le temps qu’il faudra, du moment que je suis avec toi, tout me va. »

Puis elle l’embrasse et fourre sa main dans ses cheveux, les caressant doucement, savourant cet instant de tendresse avant qu’il ne soit encore une fois brisé par sa magnifique voix qui s’était faite sérieuse et désolée. La jeune fille le regarda, son sourire était toujours présent quoi qu’un peu fané mais il n’en demeurait pas moins que dans ses yeux se lisaient tout l’amour qu’elle lui vouait. Et lorsqu’il lui déclara ne pas être un acrobate, elle ne sourcilla pas des moindres, elle ne bougea pas. Oui, elle était blessée par le fait qu’il lui ait menti, mais c’est qu’il avait de bonnes raisons derrières, n’est-ce pas ? Elle soupire doucement et tourne la tête, regardant l’astre solaire décliner à l’horizon, puis elle revient vers lui. Elle lui prend les mains, embrasse chacun de ces doigts avant de les poser sur son cœur.

« Peu m’importe qui tu es, peu m’importe ce que tu as pu faire. Je veux t’aimer, comme tu es. Oui je t’en veux de m’avoir menti mais tu avais de bonnes raison, n’est-ce pas ? On ne ment jamais sans bonne raison, simplement pour faire du mal et blesser »


Elle ferme les yeux, sourit et pose un chaste baiser sur ses lèvres.

« Et si tu me racontais qui tu es vraiment ? »

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Aventure #14 écrite Dim 2 Nov - 23:00

Le baiser de la jeune femme sur les lèvres de l'assassin ne fut clairement pas de trop pour lui insuffler un maigre début de courage. Courage? Depuis quand avait-il besoin de courage? Il n'y avait aucun courage dans aucun de ses actes ... Ses effronteries? Une simple conséquence de son caractère insupportable. Les innombrable combats qu'il disputait? Il était certain de les remporter, sans quoi il prenait la fuite sans honte. Jamais il n'irait braver une bête au delà de ses forces, jamais il n'irait affronter plus grand et fort que lui ... Jamais plus dangereux. Il n'avait pas besoin de courage pour faire ce qu'il faisait, et en était clairement conscient. Le courage était la qualité des fous, la justification des inconscients. Le devoir de ceux qui voulaient apporter une justification à leurs actes insensés, à ceux qui s'exposaient à la mort, parfois sans connaissance de cause. Nathaniel n'aurait jamais eut besoin de courage. Sauf pour un combat qu'il ne pouvait fuir plus longtemps. Inspirant brièvement, il observa les yeux rouges de l'albinos, alors que son parfum lui faisait perdre un peu plus contenance. Peut-être pour la première fois de sa vie, il avait besoin de courage pour agir ...

Qui je suis vraiment ... Je ne suis moi-même pas certain d'en être pleinement conscient. Je préfère encore ... Essayer de te raconter mon histoire. J'aimerais que tu ne m'interrompe pas ... Ce n'est pas un récit que je fais bien souvent.

Je suis né fils d'érudit et de tavernière. Le nom du village où j'ai grandit importe peu ... Il a été détruit quand j'étais jeune. Je n'en conserve que de rares souvenirs ... Ravagé par des bêtes sauvages. Ma mère et ma sœur furent tuées cette nuit là, un peu comme ... tout le reste. Je partis sur les routes avec mon père ... Chemin faisant, j'obtins la première cicatrice "éternelle" que tu pourrais trouver sur mon corps ... Celle que j'ai au front.


Disant cette phrase, le jeune homme souleva une mèche de cheveux, dévoilant une balafre qui parcourait son crâne. L'effleurant du bout d'un doigts, il réalisa seulement à quel point cette plaie ancienne et désormais refermée était devenue une partie de lui. Par "éternelle", il n'entendait pas bien sûr dire qu'elle serait à jamais sur son front, mais plutôt qu'elle durerait tant que lui serait en vie ... Même si il n'envisageait pas l'idée de sa propre mort. Pas même en rêve. Peut-être en cauchemar. Prenant doucement les doigts de son albinos dans ses mains, il les baisa, mimiquant la jeune femme avant de lui sourire.

N'étant pas capable de me sauver la vie de sa propre force, mon père en vint à délivrer une invocation capable de me soigner pour qu'elle résorbe les dégâts. C'est à ça que je dois ma couleur de cheveux d'ailleurs ... enfin. Je les teints régulièrement, mais la couleur est celle que ce soin leur a donné. Toujours est-il que cette invocation a donc rejoint ma route et celle de mon père, qui tentait de m'apprendre le plus de choses possible sur notre île ... Ce qu'on ne savait pas, c'est que ce n'était pas son invocation, mais la mienne. De plus, elle avait des tendance homicides particulièrement prononcées ... Le temps qu'on s'en rende compte, mon père a été accusé, et exécuté publiquement. J'ai moi-même eut la corde passée autour du coup ... Mais la semi-divinité m'a sauvé, cette fois encore. Je n'avais que 13 ans, à l'époque. Peut-être plus? Je ne suis plus à même de faire le tri de tous mes souvenirs ... Mon père avait voulu que ma sagesse grandisse et s'épanouisse au maximum, Barthiméus tenait lui à ce qu'aucun homme ne soit capable de rivaliser avec moi en duel armé. Il m'a apprit à survivre par moi-même ... à combattre. La douleur. La faim. Les animaux. Puis les hommes. Longtemps. Très longtemps, même ... Je ne suis pas certain de regretter, mais ce temps qu'on nomme "l'adolescence" ... Je ne crois pas l'avoir connu. Revenu parmi les hommes, je n'étais devenu rien de moins qu'un tueur. Impitoyable. Dénué de sentiments. Doué, à l'extrême. Tueur, j'étais ... Assassin, je suis devenu.

Alors qu'il prononçait cette dernière phrase, le jeune homme caressait doucement les doigts de la jeune femme, qu'il frottait doucement des siens. Pour la première fois depuis bien longtemps, il s'en voulait. Pas, cette fois, d'être faible et impuissant face à une situation. Ce n'était pas comme lorsque son père et sa mère avaient étés tués. Pas de "j'aurais dû être là", cette fois. Plutôt un "pourquoi ai-je fais cela"? "Pourquoi suis-je devenu cette personne?". Il n'en savait rien. Et il se maudissait de ne pas savoir.

C'est drôle ... Tu m'en as parlé, à notre première rencontre ... Tu disais que ma démarche était celle des assassins les plus subtils de Lüh ... Si seulement tu avais eut tord ce soir-là. Certes, je suis acrobate ... J'escalade les façades et les bâtiments plus facilement que beaucoup, je suis souple, fort ... Capable d'une main de supporter mon poids en m'accrochant à un rebord. Mais ce n'est pas mon métier. Mon métier est de mettre fin aux jours de ceux dont l'existence devient dérangeante pour des puissants ...

Relevant les yeux, le jeune homme posa ses yeux jaunes sur le manche du poignard, toujours fiché dans son plafond, et qui ne semblait vouloir en descendre. Se relevant doucement, il tendit le bras, sur la pointe des pieds dans le lit, avant de se laisser retomber, l'arme dans la main. Il la soupesa, la retourna entre ses doigts et en observa plusieurs aspects, avant de tourner la tête derrière lui. D'un simple geste du bras, il expédia la lame forgée dans une des poutre qui soutenait les murs de chaume, où elle se planta une nouvelle fois avec un bruit sec. L'assassin la regarda cesser de vibrer, puis se tourna de nouveau vers sa petite ange.

Voilà ... Tu sais qui, et ce que je suis... Je suis ... Désolé si ce n'est pas ce que tu attendais. Et je suis désolé de t'avoir menti ... tu te doutes que si je l'ai fais, ce n'était pas pour le plaisir.
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Aventure #15 écrite Lun 22 Déc - 22:52

La jeune femme regarda son assassin avec tendresse avant de doucement hocher la tête à sa requête. Non, elle ne viendrait pas interrompre le récit de son aimé, pas même si l’envie de protester venait à surgir. Elle écouterait ce qu’il aurait à dire, en se taisant et en le regardant. Nausicaa posa doucement ses mains sur les joues de Nathaniel, lui offrant un sourire timide. Puis elle les retira et les posa sur ses cuisses. La demoiselle encra son regard rubis dans celui or de son aimé et écouta. Elle écouta la triste histoire qu’il avait à offrir et cilla lorsqu’il découvrit une énorme balafre sur son front. Elle leva une main pour la toucher, si horrible soit-elle, mais se ravisa au dernier instant, préférant laisser l’homme en face d’elle agir comme il l’entendait. Elle ne voulait briser son récit, et encore moins avec des gestes déplacés.
Elle eut quelques frissons lorsqu’il baisa tendrement ses mains et lui sourit. Puis il continua à parler. Elle ne pouvait qu’écouter avec joie sa douce voix. Une joie non dissimulée, même si le récit n’avait rien de joyeux. Elle se senti coupable et baissa les yeux, honteuse de ses pensées déplacées…

La jeune femme sursauta lorsqu’il lança la dague dans une poutre. Elle eu un mouvement de recul, effrayer, avant de s’avancer à nouveau. Non, elle n’avais pas à avoir peur de cet homme. Il se prétendait peut-être comme étant une sorte de monstre, à la façon dont il décrivait son métier quelque peu illégal, mais restait un Homme avec un cœur, des pensées et des sentiments. Un homme qu’elle aimait, un Homme qui était né et un homme qui avait encore beaucoup à apprendre de la vie. Elle s’approche plus, son visage n’est plus qu’à quelques centimètres du sien, puis elle l’embrasse, tendrement avant de rompre le baiser et de l’enlacer, sans rien dire, laissant le silence se faire tandis que la nuit devenait reine. Il était un assassin, oui elle avait peur, peur de ce qui pourrait lui arriver, à cette personne à laquelle elle tenait tant. Elle avait tout perdu, sa famille, sa joie de vivre et son esprit saint maintenant dérangé par un gouffre sans fin. Mais elle venait de le trouver lui, son cœur, son amour et elle avait peur de le perdre comme elle avait perdu tant de choses. Peu importe le temps qui passait, peu importe les épreuves qui s’enchainaient, elle souhaitait rester avec lui, pour toujours.

« Et j’espère qu’il existera » murmura-t-elle à son oreille avant de se reculer, de le regarder et de lui sourire. « J’espère que pour toujours existera. Je ne t’en veux pas, comme je l’ai dis, si tu l’as fait c’est que tu avais une bonne raison. Je dois t’avouer que tu me fais peur désormais… » un léger silence se fait avant que ses fins doigts blancs ne viennent soulever délicatement le menton de l’assassin « mais je t’aime, horriblement, et même si j’ai peur de toi, je ne peux m’empêcher de vouloir être à tes côtés, car quelque soit ton passé, quelque soit ton présent, je veux être ton futur. Pour moi tu n’es pas un assassin, Nathaniel, tu es juste… Nathaniel, le mystérieux jeune homme que j’ai rencontré lors d’un bal et que j’aime. C’est tout ce que tu es à mes yeux, la plus belle des choses en ce monde. »

Encore un sourire, puis un second baiser et elle se lève pour aller retirer, avec quelques difficultés, la lame fichée dans la poutre pour la lui tendre. « Maintenant, fais ce que tu as à faire, exerce ce métier qui te salit les mains, je ne vais pas t’en empêcher. Je te demande juste de rester en vie et de rester libre. »

Nausicaa tourne ensuite la tête vers la fenêtre. L’obscurité devenait de plus en plus présente dans la pièce, signe que le soleil se mourrait pour laisser place à la lune.

« Et si on allait dîner ? » demanda-t-elle ensuite en reposant son regard sur son ange et en lui souriant.

[HRP: Vraiment désolée pour ces deux mois d'attente Sad Mais l'inspi venait vraiment pas et j'avais pas envie de te répondre un truc merdique Sad J'espère que tu me pardonneras Sad ]
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Aventure #16 écrite Mer 28 Jan - 19:06

L'appréhension. L'inquiétude née de l'attente. Sans contredit un des sentiments les moins agréables qu'un homme peut ressentir. Plus oppressante et pourtant parente proche de la peur, l'appréhension d'un évènement, d'une réaction, est une réaction classique chez les humains, lorsqu'ils redoutent l'évènement à venir. Cet évènement ne sera pas forcément grave. Il ne se déroulera pas forcément mal. Mais il peut mal se passer. Et le fait qu'il se passe mal peut avoir des conséquences. Une réaction classique chez les humains. Depuis quand Nathaniel ne s'était-il pas à ce point sentit humain ?

Cependant, toute l'anxiété qu'il ressentait en attendant la réaction de sa belle albinos s'évanouit lorsqu'elle posa ses lèvres sur les siennes, le délivrant comme par enchantement et libérant son cœur d'un poids énorme. La première réaction, légèrement effrayée, de sa belle demoiselle, ne lui avait pas échappé. Il la comprenait parfaitement. "Mon amour, on m'a fait grandir dans l'unique but de tuer des gens". Rassurant au possible. Partant de ce genre de choses, il n'y avait qu'un pas à penser qu'il pourrait peut-être, un jour, se tourner vers l'albinos, lame à la main. Non. Il se refusait à y penser. Ce n'était pas possible. Au contraire, si un jour il venait à prendre les armes devant sa belle, ce serait en lui tournant le dos. En lui disant de fuir. De ne pas s'inquiéter, et de ne pas regarder derrière elle en courant de toutes ses forces. Probablement. Mais une telle situation n'avait que de très minces chances de jamais se réaliser. Il faisait déjà tout pour l'éviter bien avant d'avoir eu la moindre chose à protéger, autre que sa vie ... Même si, dans le cas où il serait seul, ce serait lui qui fuirait, sans honte ni regret.

Laissant la jeune femme se relever, puis se reculer,  il poursuivit sa magnifique silhouette du regard, posant ses mains sur ses jambes croisées.  L’espace d’un instant, il eut l’impression de se voir, petit garçon, regardant une chouette par la fenêtre de sa chambre. Contempler. Observer, pour mieux apprendre, pour mieux connaître. Il avait envie de mieux la connaître. Une pensé taquine lui souffla tout de même que sa belle n’avait de commun avec la chouette que l’heure auxquelles elles devaient quitter leurs domiciles, mais il la chassa sans même esquisser un sourire. Il n’était pas d’humeur pour ce genre de plaisanterie. Même lui. Surprenant. Les paroles de la jeune femme étaient graves, mais belles. Elle avait peur, mais passait outre. Elle l’aimait trop pour écouter son instinct. Trop pour le juger. Il tendit lentement le bras lorsqu’elle lui présenta sa lame, et la reprit sans rien dire. « vivre libre » … Tel était l’objectif qu’il avait toujours suivit. Tel était l’ordre qu’elle venait de lui donner. Pour un peu, il lui aurait sauté dessus pour la reprendre au creux de ses bras. Mais il s’en abstenu en se contentant de poser la lame sur la table de nuit, où elle resta, bien en vue, afin que personne ne se blesse avec par mégarde. Il se tourna vers son ange, qui regardait la fenêtre. La nuit, sombre et antique royaume, s’était installée sur l’île d’Arcane. Se levant en douceur du lit, l’assassin fit quelques pas vers la jeune femme, et la prit dans ses bras pour l’étreindre, posant sa joue sur sa tête, et fermant les yeux en respirant le parfum de sa chevelure. Malgré toutes ces années, il avait réussi à conserver cette petite part d’instinct qui pouvait rendre les gestes naturellement tendres.

Je ne suis pas contre, en effet, et je commence à avoir faim. Mais, j’aimerais juste ... Rester un peu ici avant, encore quelques instants. Avec toi.

Levant légèrement les yeux, il observa la fenêtre, dont la vitre laissait voir le reflet des deux êtres enlacés dans la petite pièce. L’assassin sentit un sourire étirer ses lèvres.

C’est drôle … Je ne me rendais pas compte d’à quel point nous étions le couple aux couleurs les plus étranges de Lüh … J’ai les cheveux verts et les yeux jaunes … Et toi les cheveux blancs pour des yeux rouges. Ce n’est peut-être qu’un hasard … Mais c’est un hasard des plus intriguant.

Posant un baiser sur le crâne de la jeune femme, il continua d’observer leurs deux reflets, avant de fermer les yeux. Et dire qu’une heure plus tôt, peut-être, il était dans son lit, aussi vivant et expressif que les cadavres qu’il laissait derrière lui … Et que maintenant, il se sentait déborder de toutes sortes d’émotions rayonnantes, parfois contradictoires, parfois éphémères, mais toujours très agréables à ressentir. Elle voulait être son futur … Que pouvait-elle être de moins ? Comment pouvait-il ne serait-ce que songer à, une fois encore, la perdre de vue ? Il n’en avait aucune idée ni envie. Il s’en fichait même un peu, à vrai dire. Tout ce qu’il savait, c’était qu’il voulait passer les prochaines heures avec elle. Les prochains jours. Les prochaines années. Il voulait passer sa vie avec cette femme, et peut-être celle qui suivrait également.

J’espère que tu n’auras pas froid … Personnellement, j’ai l’habitude des nuits fraiches, mais je m’en voudrais que tu attrapes mal par ma faute.

En y regardant d’un peu plus vrai, il était effectivement à prendre en compte que l’assassin était toujours bras nu. Peu lui importait. Vu le vent qui pouvait souffler sur les toits, il n’allait pas craindre la fraîcheur du niveau de la rue … Surtout pas avec la présence à ses côté qui lui réchauffait le cœur. Prenant doucement la jeune femme par la main, il se dirigea vers la porte, qu’il ouvrit … De nouveau sur sa propriétaire. La petite vielle leva les yeux sur le couple, haussant les sourcils en notant pour la première fois depuis … L’arrivée de l’assassin en fait, une présence féminine dans cette chambre.

C’est une bien étrange cigogne dont tu m’as défait le nid, à ce que je vois.
Ah ha, tout à fait raté ! J’ai réglé le problème pour votre cheminé, ce nid ne vous causera plus de soucis. Non, cette ange-là ma chère se nomme Nausicaä, et vous risquez de la croiser plus d’une fois. Nausicaä, voici Ludivine, ma propriétaire.
Enchantée jeune fille. Je commençais à croire que ce jeune brigand qui occupe mon étage ne fréquentait que des filous, et je suis ravie de voir que ce n’est finalement pas le cas !
Tout le plaisir est pour moi, vraiment. Vous vouliez m’entretenir de quelque chose ~ ? Une nouvelle cigogne aurait fait des siennes ?
Pas vraiment, simplement, je vais passer quelques jours chez ma fille, et j’ai peur de laisser quelques-unes de mes provisions se perdre. Je suppose que tu ne craches pas sur une grosse miche de pain et quelques légumes ?
Jamais, vous ne prenez que les meilleurs ! Je passerais  sans faute, ne vous en faites pas.
Parfait ! Je ne vous retiens pas plus longtemps en ce cas, la diligence pourrait partir sans moi. Enchantée encore une fois d’avoir fait votre connaissance, mademoiselle Nausicaä.

Se tournant sur cette parole, la vielle femme descendit marche par marche l’escalier, avant de tourner et de remonter la rue, un petit baluchon sur son dos. L’assassin resta dans l’encadrement de sa porte, lâchant un petit soupire amusé avant de se tourner.

Tu … viens donc de faire la connaissance de la femme sous le toit de laquelle je vis. Elle est un peu bourrue, mais gentille. Et on se rend de petits services, de temps à autres … comme ce soir. Mais … Du coup, ça pourrait faire de quoi dîner. Tu préfères continuer sur notre lancée originelle et aller au restaurant, ou bien passer prendre quelques denrées en bas, et remonter faire la cuisine ? Je n’ai probablement pas de quoi mettre des petits plats dans d’autres plus grands, mais il y a possibilité de se faire quelque chose de bon. Qu’en dis-tu ?

[HRP]Désolé d'avoir mit un mois à répondre, mais entre les vacances sans internet et la reprise avec pleins de contrôles, j'ai eu du mal à m'y mettre aussi x_x [/hrp]
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Dernière édition par Nathaniel le Dim 1 Mar - 0:24, édité 1 fois
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Aventure #17 écrite Sam 28 Fév - 23:49

Calme, la nuit était calme, comme eux. Leur amour avait envahit la pièce et encore une fois elle se demandait si elle ne rêvait pas. C’était bien trop beau pour être vrai… Enlacée par un homme, un homme qui était étrange et dangereux en apparence mais qui demeurait un homme avec un cœur et des sentiments. Sans rien dire, elle pose délicatement les mains sur ces bras qui l’entourent. Et elle regarde par la fenêtre, la grande ville qui s’endort alors qu’eux s’éveillent, créatures de la nuit. Un faible soupire vient briser le silence avant que l’un de ses mains ne se mette à caresser doucement ce bras musclé. Elle était pensive, la lune l’inspirait, lui rappelait ce premier soir mais aussi la mort de sa famille. Elle ferme les yeux un instant, revoit les horreurs avant que celles-ci ne soient remplacées par des souvenirs heureux. Avait-elle finalement fini par faire son deuil ? Avait-elle finalement fini par réaliser qu’ils étaient morts ? Par accepter ? elle secoue doucement la tête et se met à sourire. Quelle importance maintenant ? oui, maintenant qu’elle avait quelqu’un pour l’aimer, désormais qu’elle avait quelqu’un à aimer ?

La jeune femme se retourne, sourit à son ange et l’embrasse doucement tout en lui caressant la joue du bout des doigts. Maintenant, la ville et la nuit sont dans son dos, désormais, il n’y a que Nathaniel pour éclairer sa nuit sombre. Et par tous les dieux, qu’il était lumineux cet homme. Cette pensée lui arrache un autre sourire avant qu’elle ne réponde doucement :

« Tout ce que tu voudras »

Puis sa seconde remarque la fit rire, néanmoins, elle laissa un temps avant de répondre.

« Tu as raison, c’est étrange. Mais je ne crois pas en le hasard. Le vert, le blanc, l’or et le rubis devaient bien finir par se marier sous un clair de lune » dit-elle légèrement perdue par ses propos. C’est qu’elle avait tendance à dire des choses qu’elle-même ne comprenait pas ou à moitié. Elle esquisse un petit sourire avant de lâcher un soupire de bien être. Qu’elle était bien ici…

Nausicaa secoua la tête négativement pour répondre à la question dissimulée de son amour. Non, elle ne pouvait avoir froid, pas avec lui à ses côtés. Elle se laisse d’ailleurs entrainer à la porte – on venait de frapper – un peu prise au dépourvu. C’est une vieille femme qui se présentait à eux. Sa grand-mère ? Elle le regarde avec interrogation mais trouve bien vite ses réponses lorsqu’il la lui présente.

« Enchantée de même » répondit-elle dans un sourire avant de se taire, laissant filer la conversation comme une brise de vent. C’est qu’ils avaient l’air d’avoir de bonnes relations, pas conflictuelles. Une bonne chose en soi au final.

« Bourrue, peut-être, mais j’ai l’impression qu’elle tient à toi malgré le fait que tu sois un ‘jeune brigand’ » rit-elle avant de déposer un bisou sur sa joue, un grand sourire aux lèvres, « non, ça ne me dérange pas de te voir à l’œuvre, mon jeune brigand. Vas-tu tout faire brûler ou bien réussir à en garder un quart ? » toujours en souriant et en riant, elle dépose un deuxième baiser sur son autre joue et continue son monologue aux accents taquins : « je te suis ». Mais elle n’appliqua pas les gestes à la parole puisqu’elle ouvrit la marche, descendant les escaliers, mains dans la main avec son assassin aux yeux d’or. Mais une fois en bas, elle se stoppa, ne sachant pas quelle direction prendre pour rejoindre la maisonnée de la vieille.
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Aventure #18 écrite Dim 1 Mar - 2:19

Pour un assassin, la surprise est une lame a double tranchant. Une lame qu'il ne faut surtout pas laisser se retourner contre vous. Un pas mal calculé, un ennemi non prit en compte, et vous êtes morts. Le but du couteau qui sort de l'ombre est de percer le cœur et de se retirer aussi brusquement, et certainement pas de livrer bataille : il n'est pas fait pour cela, tout simplement. Le cas de Nathaniel, de par l'extravagance dont il ne s'empêchait jamais de faire preuve, est une exception notable : théâtrale, le jeune homme aime à se faire craindre avant d'abattre ses couteaux, mais perd par ce biais l'avantage de la surprise. En conséquence, il se doit d'être préparé à disputer tout combat. Mais ici n'est pas le sujet. Car, si l'assassin aux cheveux verts laissait souvent filer l'avantage qu'il pouvait avoir en surprenant ses cibles, il ne leur laissait jamais, en revanche, la chance d'en disposer. Préparer soigneusement ses missions, lorsque la cible était bien protégée, était essentiel. Être paré a tout, en toute situation. Savoir si la garde passera, ou pas. Compter chaque adversaire, à l'avance, et savoir qui éliminer en premier. Ne pas se laisser surprendre par une simple impasse, ou par un bâtiment mal placé. Ne jamais laisser la surprise permettre à son adversaire de le toucher.

Et pourtant, les gestes de la jeune femme a ses côtés continuaient de le surprendre. Comme cette phrase qu'elle avait lancé avec amusement, devant la fenêtre. Le vert, le blanc, l'or et le rubis? S'il avait voulu poursuivre la métaphore, il aurait surement parlé, en lieu de blanc, de vif-argent, et plutôt que de vert ... Probablement pas de l'émeraude, à la réflexion. Oui, non, le vert correspondait parfaitement à la couleur de ses cheveux, qui en réalité n'avait pas une teinture qu'on retrouvait facilement dans la nature. Mais si ça n'avait été qu'une simple comparaison. Ses gestes. Ses paroles. Ses réactions, et ses manières d'agir ... Il ne pouvait que s'amuser à spéculer, sans pour autant anticiper. Ici, il ne fixait pas les règles du jeu, et observait l'autre évoluer sans intervenir de façon à la manipuler. Il se contentait d'être lui-même. Et il la laissait faire de même.
Aurait-elle voulu se saisir d'une de ses dagues et la planter dans son cœur, qu'il n'en aurait rien su jusqu'à ce qu'elle agisse.
Cette pensé dérangeante disparu presque encore plus vite qu'elle ne s'était formée dans son esprit.

Il aurait eu honte de l'avouer si on lui avait demandé de le faire, mais il rougit jusqu'aux joues en sentant la bise qui était posée dessus. La seconde acheva de lui faire monter le sang au cerveau, et un instant, ses oreilles semblèrent donner l'impression qu'un petit carillon s'y promenait, laissant entendre des notes claires et enjouées, qui cachaient tout le reste. Il parvint cependant à comprendre, autant par déduction que par ce qu'il saisissait, ce que voulait lui dire sa chérie, et hocha paisiblement la tête en guise de réponse. Avant d'être surpris une fois de plus, et de la suivre en bas de l'escalier en riant. Une fois les bottes dans la boue séchée qui constituait la rue, il la regarda rester perplexe, avant de saisir la source du problème. Prenant donc la tête du duo en la tenant toujours par la main, il fit quelques pas, revenant sur la grand-rue. Là, il tourna immédiatement pour faire le tour du bâtiment à l'étage duquel il vivait, et remonta le temps d'arriver à la porte d'entré. Posant sa main sur la poignée, il la tourna, avant de pester. Fermée, bien sûr. En même temps, bien peu maligne aurait été la personne qui partait de chez elle, des jours durant, sans verrouiller au moins sa porte. Sauf que dans le cas présent, ce n'était pas une si bonne initiative ... L'assassin se frotta un peu le cuir chevelu, avant de soupirer.

Elle m'aime bien, mais je ne suis pas certaine qu'elle ait pensé a tout ... Bon, attends moi ici, ça ne devrait pas me prendre bien longtemps.

Joignant la parole au geste, il remonta l'escalier en un instant, deux à deux. Un instant plus tard à peine, il portait un morceau de ferraille tordue dans un coin, et ce qui ressemblait a un crochet dans l'autre. S'accroupissant devant la serrure de la porte, il plissa les yeux avec un petit sourire, ayant bien sûr au préalable vérifié que personne ne passait dans la rue.

Ce n'est pas la première fois que j'en suis réduit à faire ce genre de chose ... Même si en général, ce n'est pas la porte de Ludivine que je viole de la sorte. Enfin, remarque, ça lui est déjà arrivé d'avoir quelque chose pour moi chez elle, et d'avoir fermé la porte a clef en partant. -Clac -Ah! Parfait ... Enfin. Je refermerais après, promis.

Se relevant en lâchant les deux outils métalliques dans une longue - mais étroite - poche de son pantalon où ils disparurent avec un son métallique, l'assassin s'avança dans la demeure au dessus de laquelle il vivait, se frottant le crâne pour essayer de repérer la cuisine. Au bout de quelques instants de fouille avec son amoureuse, il finit par dénicher la miche de pain promise, ainsi que deux ou trois légumes frais, et une belle laitue, perdue au fond d'un placard humide et frais, où elle avait probablement été oubliée il y avait quelques jours de cela. Il ne faisait pas particulièrement chaud dans la maison, et elle ne semblait pas avoir subit trop d'outrages de la part du temps, le jeune homme se décida donc à l'emporter également. Au final, en revenant dans la pièce à vivre sur laquelle débouchait l'entré, il vit sa douce, qui tenait la miche de pain dans les mains, et lui sourit en haussant les épaules. Avait-il réellement besoin de parler pour exprimer qu'il ne trouverait probablement rien de plus? Enfin, à part les denrées que sa propriétaire ne risquait pas de retrouver gâtées si elle s'absentait quelques jours. La farine et les céréales séchées qu'elle avait emmagasiné dans sa cuisine pouvaient encore y rester quelques bons mois sans avoir de problèmes ...

Remontant chez lui avec sa douce, le jeune assassin fit face à un défi nouveau et particulier : faire à manger pour deux. De manière générale, il ne prenait pas grand chose : s'il braconnait parfois aux alentours de Lüh pour tenter de se nourrir d'un lapin ou autres, la plupart du temps, quelques fruits ou de gros morceaux de pains pouvaient lui servir de repas. Du moment qu'ils étaient assez riche en calorie pour l'alimenter correctement, bien sûr. Le jeune homme sortit une sorte de coupelle de métal, et se mit rapidement à la tâche, s'organisant d'une manière ... bien à lui pour cuisiner : il éplucha les légumes sur son lit ( sur un torchon bien entendu ), les découpa en tranche au dessus de la coupelle, qu'il posa sur son poêle, nettoya la salade à l'aide d'une cruche d'eau, penché à sa fenêtre pour que l'eau sale rejoigne la rue, et la posa dans un saladier en retirant les feuilles sur le tabouret, au milieu de la pièce. Assaisonnant avec ce qu'il avait déjà chez lui, le jeune homme finit par poser une écuelle sur les genoux de sa belle, dans laquelle baignait un genre de ragoût de tomates et de courgette, qu'il avait assaisonné de fines herbes et de beaucoup d'eau durant la cuisson, ainsi que quelques feuilles de laitue, sur laquelle il avait versé un peu de vinaigre qui patientait chez lui depuis un certain temps. S'installant a côté de sa belle, l'assassin se servit d'une belle tranche de pain en guise de couvert, amenant la nourriture à sa bouche à l'aide de cette dernière, et en prenant une bouchée dès qu'elle s'était trop imprégnée du jus. Avec un soupire, il reposa le morceau au bout d'un moment dans l'écuelle, n'ayant qu'à moitié vidé cette dernière, à peine. Il était loin d'avoir finit de manger, mais tenait visiblement à ajouter quelque chose.

C'est drôle ... je n'ai ... Je n'ai pas trop l'habitude de me faire à manger, de manière générale ... Encore moins à un ou une autre ... mais pourtant ... C'est peut-être ta présence, mais j'ai l'impression d'avoir fait mieux que d'habitude ... ça aurait mérité de cuire plus, pourtant.
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Aventure #19 écrite Dim 10 Mai - 23:22

La jeune demoiselle regarda l'assassin s'affairer à crocheter la porte. Elle pencha la tête, se demandant comment il pouvait bien arriver à faire ça. Puis elle sourit et haussa les épaules. Après tout, les grands magiciens ne dévoilent pas leurs tours. Elle croise les bras et observe son ange voler dans la maison, puis elle s'avance, doucement, entrant dans cette demeure plutôt sombre. C'est que le crépuscule s'était décidé à muer en nuit... Perdue dans ses pensées, elle ne réalisa que plus tard que Nathaniel venait de lui donner une importante miche de pain. Miche de pain qu'elle regarda en souriant doucement tant le geste avait été vif et enfantin.
Une fois leur excursion chez la logeuse de son amoureux terminée, ils remontèrent dans la petite, mais chaleureuse chambre. Elle le suivait, à moitié perdue dans la contemplation de ce dos magnifique. Mais sa contemplation fut brisée lorsqu'elle passa le pas de la porte, pour quelle raison ? Ça elle l'ignorait...

Sa vision changea du tout au tout, passant d'un monde idyllique à un monde chaotique. Un monde dans lequel elle ne pouvait que voir la mort, une mort présente... Une mort pareille à celle de sa famille. Elle secoue la tête et se force à revenir au présent, se force à regarder Nathaniel essayer de préparer à manger, se force à prendre part, avec un sourire absent, à ce repas de fortune. Mais... elle n'y arrivait qu'à moitié, c'est comme si... Comme si soudainement, ses pires cauchemars avaient pris vie, comme ça, sans aucune raison. Elle ne fit guère plus attention à son assassin, homme qu'elle aimait. Elle ne fit guère plus attention à ce qu'elle tenait entre les mains, qu'elle lâcha par mégarde d'ailleurs.

La jeune fille se leva avec précipitation, se tenant la tête, fermant les yeux pour chasser ces visons d'horreurs. Entre deux visons, elle répond à Nathaniel, avec un sourire, que l'on peut toujours s'améliorer. Puis elle s'excuse, tombe à genoux et se met à pleurer. Nausicaa est en prise avec son passé, mais cette fois c'est plus fort, comme s'il voulait la rendre cinglée, folle, alors qu'elle venait de trouver un semblant de paix et de bonheur. Elle pose le front sur le sol, serre la mâchoire puis tourne le regard vers Nathaniel. Nathaniel qui n'est plus qu'une ombre aux formes incertaines, qui n'est plus qu'une ombre menaçante, comme tout ce qui se trouvait autour d'elle. Non, elle ne veut pas le croire ! Pas maintenant, pas lui ! Avec difficulté, elle se met à ramper en direction du jeune homme qui ne devait plus rien comprendre à cette crise de démence. Car oui, elle devenait folle...

Elle agrippe le bas de son pantalon, lui lance un regard suppliant, un regard qui lui demande de fuir. Elle le savait, elle savait qu'elle allait faire une bêtise, que sa raison n'allait plus le voir comme étant son unique amour, sans danger, pour longtemps. Elle savait que bientôt, il allait devenir une énième forme sombre et menaçante, parce qu'il était un assassin... Parce que l'un de ses confrère avait tué sa famille, parce que malgré ce qu'elle pu en dire, elle avait affreusement peur de lui. Et elle n'avait plus confiance en elle... elle ne savait plus a qui donner sa confiance, elle était perdue, encore une fois, alors qu'elle venait de vivre les instants les plus beaux de sa vie. Pourquoi ? Pourquoi tant d'acharnement contre elle ? Pourquoi la mort rôdait-elle autour de ce frêle corps qui était le sien ? Pourquoi les larmes ne pouvaient-elles être que des larmes de tristesse, de douleur ? Et pas de joie ? De la joie de l'avoir rencontré, de la joie de lui avoir confié sa vie, de la joie de l'aimer ? Pourquoi ?!
Elle l'aimait ! Oui, elle l'aimait que plus que tout au monde ! Alors pourquoi ne voyait-elle en lui qu'un meurtrier ? Que le meurtrier de ses parents ?

Elle pleure de plus belle, ne sachant plus quoi croire, plus qu'elle réalité suivre. Et si... Oui, et si elle vivait bien dans ce monde chaotique ? Et si Nathaniel n'était en fait que le fruit de son imagination blessé ? Qu'un ange pour soigner ce cœur meurtri qu'elle avait inventé ? Un ange qui paraissait si réel à brandir ce couteau en sa direction. Elle prit peur, elle recula, elle hurle, de douleur, de peur, d'incompréhension, elle hurle, un nom, celui d'une déité, celui d'un ami... Elle hurle, alors qu'elle devrait fuir pour ne pas le blesser dans sa folie. Elle hurle, alors qu'elle devrait l'embrasser et lui demander pardon.

Elle a peur... Peur de lui, peur de celui qui l'aime, de celui qui ne lui fera jamais de mal...
Les yeux écarquillés par l'horreur de sa vision, par la peur engendrée par cette dernière, elle hurle, à s'en déchirer les cordes vocales...

«  HASMAEL ! »
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Aventure #20 écrite Lun 11 Mai - 22:00


« Invocation, soit le bouclier de ton Humain »

Pythagore by Arcane

Le soleil réchauffait ma peau lourdement endormis sur le sable chaud de l’arène, que ma rauque respiration soufflait toujours un peu plus loin. Il était plaisant de trouver le repos sur un sol autre que le sinistre et froid de ma Geôle, ressentant le souffle silencieux d’Aër contre mon impénétrable et épais corps montant et descendant lentement. Profitant d’une solitude plutôt agréable en dépit des siècles d’isolation, je ne devais de troubles passagers qu’à une poignée d’humains venant échanger coups et parades. Leurs échanges allant du plus ridicule au plus évolué, ramenèrent mes pensées à l’albinos qui m’avait extrait de la pénombre. Un temps je perçu son éloignement, l’insupportable partage d’émotion que je ressentais à ses côtés s’affaiblissant d’heure en heure. La pâle humaine devait probablement avoir prit le chemin des contrées entourant cette fourmilière aux côtés de Kamaël, pour mettre en pratique nos enseignements.    

Cette paix intérieur me fut accordée un moment, avant que ses pas ne la ramènent vers moi, et que mon sommeil ne se trouble de nouveau. Cela ne fit que m’encourager à m’abandonner plus encore au monde des rêves, sombrant dans un inconscient qui me libérait d’elle. Pourtant, aussi profondément assoupis que je fus, ma Libératrice parvint à m’en extirper. Mon repos des plus sereins commença à se troubler. Sans parvenir à comprendre la raison, comme à chaque fois qu’il était question d’elle, les pulsations de mon cœur s’accentuèrent. C’était là, bien qu’assez banal pour l’Homme, une inconcevable réaction pour nous, divinités. La sensation qui en découlait était extrêmement désagréable, me donnant aussi chaud qu'un inconfort incontestable, m’obligeant à me relever et quitter cet antre de douleurs. Marchant dans ces rues empestant l’Homme, je perdais de ma vision. Les fragiles bipèdes allant et venant autours de moi perdirent de leur forme, devenant simples ombres.  

J’éprouvai alors un soudain sentiment d’insécurité, comme une invisible menace proche me scrutant, attendant le moment propice pour agir. Tournant sur moi-même, je faillis à de nombreuses reprises écraser de ces silhouettes mouvantes, cherchant sans le trouver ce danger que je présentai imminent. Je me tournais et retournais, me montrant menaçant envers ces ombres que je percevais comme ennemis bien qu’elles n’étaient pas plus hautes que ma cuisse. Tout autours de moi tournait, m’inquiétait, me menaçait et m’appelait en même temps. Je ne parvenais plus à raisonner mes gestes ou mes pensées, et bien que je les sache étroitement liés à Nausicaä, ils paraissaient pourtant différents. Beaucoup plus forts, intenses et troublants. Perdu en tout point, je voulu faire gronder les entrailles de la terre pour espérer trouver un retour à la normal, mais alors que résonnait dans un hurlement mon nom, je disparaissais des rues de Lüh.            

Plus à l’étroit, je me retrouvai entre quatre murs dans un lieu ne marquant pas la moindre richesse ou le plus petit raffinement. A mes pieds, mon Humaine. Repliée au sol, elle semblait terrorisée par cet.. Homme qui se tenait face à elle. Mon esprit analysa la situation et en déduit la seule explication possible : J’étais là pour le tuer. Qu’importe les raisons qui l’avaient poussés à agir de la sorte, ni même les actes commis pour avoir de la sorte rendu pathétique l’albinos, cet homme allait mourir. Enfin homme.. Il n’était même pas en âge d’être appelé ainsi dans sa propre espèce, n’étant rien de plus qu’un enfant. Un enfant mort pour être exact. Me pliant de moitié, je mettais ma gueule à son niveau avant de l’ouvrir à quelques centimètres de lui pour lui hurler ma rage, lâchant un rauque et bruyant rugissement qui fit trembler les murs de cette bâtisse. Les crocs acérés sortis, je m’élançai pour les lui planter, le broyant en deux parties inexactes qui me feraient un repas passable. Mais lorsqu’ils furent à moins d’une poignée de millimètres, ils se stoppèrent.      

Incapable de franchir cette si infime distance, je me résolu à me redresser, ce qui ne manqua pas de faire craquer le bois sous mes lourdes pattes arrières. Cette forme n’était pas la plus propice à l’environnement et je ne pouvais téléporter ma Libératrice loin d’ici, n’ayant pas encore retrouvé ce Don des Dieux. C’est donc contraint et agacé à l’idée, que j’usai d’un art de temps bien lointain. Libérant une lueur verdâtre qui illumina toute la pièce, je tronquai ma divine forme pour prendre celle d’un humain au regard d’émeraude. Prenant un bref instant pour m’habituer à ma taille réduite, bien que grande chez cette race, je finissais par m’accroupir aux côtés de la pâle jeune demoiselle au regard de sang, dans lequel je plongeai le miens, lâchant le seul mot dont je connaissais la signification de ma forte voix bien que moins imposante.      

Nausicaä.

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Aventure #21 écrite Lun 25 Mai - 1:17

... Hasmael ?

Le jeune assassin était perdu. Littéralement. Pas, comme d'habitude, perdu dans ses pensées, dans un flot chaotiques et pourtant si intense d'idées, de faits, de souvenirs et de prévisions, parfaitement immatériel. Non, là, il était perdu ... Perdu, tout en sachant parfaitement où il se trouvait. Dans sa chambre. Dans son "chez-lui", son petit jardin secret. Cet endroit, qui n'avait de "maison" que le titre, où il ne laissait d'habitude entrer personne par peur qu'on ne découvre quoi que ce soit sur lui - et par manque d'intérêt pour les rencontres en général. Et pourtant, il ne savait pas. Il ne savait plus du tout dans quelle direction se dirigeait cette soirée, ce qui se passerait ensuite. Il avait clairement vu son albinos, sa petite ange, se lever de son lit en renversant son écuelle. Il avait constaté, de ses yeux, qu'elle s'était mise à être saisie d'une terreur profonde et pure, et il avait vu cette même terreur aller jusqu'à la jeter à terre, en larmes. Mais il ne savait pas. Il ne savait pas d'où elle venait. Ce qui la causait. Quel était l'élément déclencheur. Il ne savait pas ce qui se déroulait dans la tête de son aimée, et encore moins que faire pour l'aider. Il avait bien tenté de prononcer une parole rassurante ... Mais il n'avait jamais été dressé pour rassurer qui que ce soit, de quelque manière. Pour ainsi dire, il aurait tout autant pu attendre que de l'eau coule d'un robinet relié à un volcan.

Puis était venu ce nom. "Hasmaël". Il s'était comme senti obligé de le répéter, sur un ton plus doux. Comme s'il s'agissait d'un début de piste. Un indice, maigre, mais présent, qui lui permettrait de mieux saisir de quoi il en ressortait. Qui était cet Hasmaël ? Que représentait-il, pour elle? était-ce un proche, un de ces parents disparu dont la jeune femme lui avait parlé? était-il là pour la défendre, pour la réconforter?
Un mécanisme, bien plus primaire et bien mieux huilé, qui régissait l'esprit même du jeune homme aux cheveux verts se mit cependant également en marche. Humain. Sous l'emprise de la peur. Qui se sent en danger. Hurle un nom aux sonorités étranges. Sans personne pour y répondre ... Personne ... Personne sauf peut-être un certain style de créatures. Une invocation. Le jeune tueur senti que cet instinct avait eu raison avant même de prendre conscience de l'effet de la magie dans sa demeure. Quelque chose venait d'y apparaître. Quelque chose de très gros, de massif, d'absurde. Une semi-déité, rien de moins. Laquelle s'était tout de suite tournée vers lui pour tenter de mettre fin à ses jours, ou peu s'en fallait. Qu'il essaie, pour voir.

Non, non. Pas combattre. Pas lui. Pas elle. Il ne pouvait pas lever une arme contre une créature qui était là du fait de sa belle. Ses réflexes l'avaient déjà forcé à se reculer, à bondir par dessus ce lit qui coupait la chambrette en deux. La tâche n'avait rien d'aisée pour un homme normal : Nathaniel n'était pas normal. Son corps, entraîné, combinait à la fois la puissance fournie par la jeunesse et par des entraînements réguliers, et du haut de ses 25 ans, il pouvait très clairement prétendre appartenir à une élite, en ce qui concernait la condition physique, sur l'île d'arcane. Mettre de la distance. Fuir. Non. attendre. Observer. Quoi que fut la créature -outre un rejeton des dieux-, elle avait cessé son attaque. Il l'avait vu, mais s'était reculé tout de même. Mais elle l'avait fait. Il devait y avoir une raison. Il ne l'avait pas poursuivi d'ailleurs, s'il fallait une preuve de plus. L'assassin observait avec une froideur curieuse le reptile se changer en homme, afin de mieux s'adapter aux dimensions réduites de l'espace qu'il occupait.

Entendre le nom de sa douce sortir des lèvres d'un autre homme fit monter dans le cœur du tueur une pique de jalousie qu'il ré-freina aussitôt. Elle n'avait pas lieux d'être : il ne s'agissait pas d'un amant rival, mais bien d'un serviteur et d'un protecteur. Mais le fait que l'albinos fasse appel à cette créature pour la protéger ... de quoi que ce soit était perturbante. Aux mieux. Au pire ... L'assassin n'était-il pas le seul danger tangible pour elle, dans cette salle, à cet instant ? Cette idée le saisit avec la même froideur implacable que la morsure de l'acier déchirant les chaires. Et si c'était lui, la source de l'inexplicable terreur de sa petite ange? Et s'il avait fait peur à sa belle, sans savoir pourquoi ni comment ? Un vertige le saisit. C'était un tueur. "Endurci" était un euphémisme pour le qualifier. Il ne ressentait depuis très longtemps plus rien lorsqu'il versait le sang des autres. Il maniait avec une aisance malsaine les armes dont il disposait, et disposait de bien plus d'armes que la moyenne. Cette nature contre-nature avait de quoi faire reculer les vétérans, lors des duels. Et il l'avait dévoilé au grand jour à sa douce, lui avait ouvert les yeux à ce coté de sa personne. Pouvait-il réellement être surpris qu'une telle information ait bouleversé celle qu'il aimait? N'était-il pas le seul à blâmer pour l'état dans lequel il l'avait plongé ?

Après tout, n'était-il pas le seul véritable monstre, ici?

je ... Je suis désolé ... Désolé, ma douce.

Un couteau était tombé de sa main, et avait heurté le sol avec un son métallique désagréable. Quand l'avait-il dégainé? Que faisait-il dans sa paume? Question stupide. Il l'avait sorti. Peut-être de quelque part sur sa tenue, ou bien de la salle en elle-même, à un moment ou un autre. Il l'avait sorti pour se défendre. Il l'avait sorti pour pouvoir être à même de tuer. De tuer cette chose de magie et de puissance qui était apparu chez lui, menaçante. La tuer avant qu'elle ne puisse mettre fin à ses jours. Monstre.

... J'espère que tu me pardonneras.

Les yeux de fauve du jeune homme s'étaient posés sur sa fenêtre, et plus précisément sur la poignée de cette dernière. Sa main s'était levée sans une hésitation pour saisir la poignée et la faire pivoter. Les deux battants s'étaient ouverts sans l'ombre d'un problème, sans même faire de bruit. La nuit avait cette fois bel et bien recouvert Lüh, désormais. Un voile sous lequel il aimait tant à se glisser, d'habitude ... Et pourtant, il aurait probablement tout donné pour rester dans le berceau chaud et doux qu'étaient les bras de la femme qu'il aimait. Ses jambes avaient survolé le rebord sans même érafler, et la courte chute qui avait suivit avait des allures de rêves. Le premier étage n'étant pas très haut, il avait percuté le sol presque sans heurt : ses réflexes l'avaient fait rouler sur le sol boueux pour amortir cependant. La quiétude de la rue était étrangement pesante. Il réalisa lorsqu'une larme quitta le bas de sa joue pour s'écraser à terre. Elle était si lourde à supporter parce qu'elle lui rappelait tout simplement la masse tout autrement écrasante de sa solitude. Celle qu'il avait pu porter, seul, toutes ces années. Celles qu'il avait cru voir s'envoler, à l'arrivée de l'albinos dans sa vie. Celle qui venait de nouveau de s'abattre sur ses épaules, et avait refermé ses serres glacées sur son cœur.

"Là où tu te rends, Nathaniel, il fait sombre. Il n'y a pas de lumière. Il n'y a pas d'amis, pas de compagnon. Il n'y a pas de haine, car il n'y a pas d'amour ... Seul, tu es, et seul tu resteras. C'est ton destin. C'est celui de tous ceux qui, comme toi, ont décidé de ne plus appartenir au communs de ce monde, pour se déplacer à la lisière de leur univers ... De ceux qui marchent sur la voie des tueurs." Barthiméus ... De toutes les choses que tu as pu m'apprendre ... Cette notion est peut-être devenue la plus cruelle.

Ses chaussures avançaient lentement. Il n'était pas pressé : il ne comptait pas fuir bien loin ... il n'avait nul part où aller, de toute manière. En se retournant, il pourrait voir sa fenêtre. En se retournant, il pourrait remonter l'escalier qui menait à chez lui. En se retournant, il pourrait retrouver sa belle ... Il ne devait pas se retourner. Il ne le pouvait.

Vas bien te faire foutre, pauvre bâtard psychotique ... Tu ne m'avais jamais dis qu'une si jolie lumière pouvait être si attirante ... ni que l'atteindre me brûlerait.
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Aventure #22 écrite Sam 11 Juil - 17:25

Tout s'était enchainé si vite, trop vite pour la faible humaine qu'elle était. Il était venu, il avait répondu à son appel désespéré, comme le chien qu'il était, comme l'esclave qu'il était condamné à être. Un immense lézard s'était dressé dans cette minuscule pièce, une déité était venue, répondant à cet appel qui n'avait aucun sens, qui n'était dicté que par la peur d'une hallucination. Uune hallucination qui devait son existence à l'esprit faible, perdu, embrumé de l'humaine, de celle qui se faisait appeler Nausicaä. De celle qui avait perdu sa famille et qui n'arrivait pas à faire le deuil. de celle ? qui avait essayé de pardonner les demi-dieux pour le massacre de l'un des leurs. Mais hélas, elle n'a pas pu. elle n'a pas pu faire face à la réalité, elle n'a pas pu accepter le fait de se retrouver face, ou indirectement, aux meurtriers de sa famille, sa famille qu'elle aimait tant. Et pourtant cela faisait plusieurs mois, combien ? elle ne savait y répondre, mais elle aurait dû tourner la page, accepter ces fantômes qui rôdaient autour d'elle, tels des mouches grossières.

Mais elle n'y arrivait pas. Et même la présence de son aimé, de son coeur, lui rappelait la boucherie qui fut ce soir. Elle s'était pris la tête, essayant de remonter à la surface, de distinguer la folie de la réalité. Mais il était un assassin, un tueur. il était sa peur, sa hantise, le sujet de sa haine et de sa douleur. Pourtant, oui, pourtant, elle l'aimait, peut-importe ce qu'il était, elle l'aimait. Mais sa raison refusait d'écouter son coeur et sa raison avait fait appel à un autre tueur, d'un ancien temps. Elle avait fait appel à un demi-dieu, à l'un de ceux qui avaient détruit cet ancien monde que contaient certains rares livres, des témoignages, des histoires, des légendes incertaines. Il étaient à l'origine du pire génocide de ce monde, et pourtant, elle faisait confiance à l'un d'eux. Paradoxe, oxymore, pourquoi ? Sa race était celle de tueurs, il avait sûrement déjà tué plus que Nathaniel, et pourtant elle lui faisait confiance au point de lui confier sa vie. Pourquoi sa raison était-elle tant en conflit avec son coeur ? Ne devrait-elle pas, dans ce cas là, faire également confiance à son aimé ? Lui qui avait juré, malgré le fait qu'il lui ai menti jadis, de ne jamais lui faire de mal ? Mais voilà, il lui avait dit la vérité, il lui avait avoué qu'il avait menti, qu'il l'avait dupée. Et toute raison était bonne à sa raison pour faire face et se protéger du danger, or, il était le danger, ce que n'était pas Hasmael, chien fidèle, incapable de lui faire de mal sans qu'elle lui en donnât l'ordre.

La jeune fille se tenait la tête et se tortillait dans tous les sens, telle une larve que l'on aurait sorti de son habitat, comme un poisson hors de l'eau, vulnérable, minable. Elle faisait honte à l'espèce humaine, à cette race qui, bien qu'elle eut fait de nombreuses erreurs, restait tout de même noble. Oui, elle y faisait honte, abominablement honte. La jeune demoiselle cessa de pleurer et lança son regard douloureux, perdu, sur cet homme qui avait remplacé Hasmael. Elle mit un temps à comprendre et ne comprit que lorsqu'il l'appela qu'il était ce saurien géant qui se tenait à la même place il y avait de cela quelques secondes. Ses esprits ne s'éclaircissaient pas, malgré les nombreux coups mentaux qu'elle se metait, malgré les nombreuses tentative de se raisonner. Son corps réagissait à la peur et emprisonnait son esprit dans un étau. Elle s'était reculée et avait eut un sursaut lorsqu'elle entendi la lame tomber sur le sol en bois. Lui aussi semblait réagir instinctivement, lui aussi semblait avoir du mal à repprendre ses esprits. Quoi qu'il y arrivât plus vite qu'elle. Nausicaä ne povait que contempler, sans comprendre ce qu'il se passait, juste en aillant peur.
Puis l'homme qui était son ange s'envola par la fenêtre, pris la fuite. Toujours immobile, tenant là une tête ébahie, elle mit une seconde avant de comprendre, à nouveau. Mais son état second ne l'empêcha pas de hurler ce nom qui l'avait fait rire, pleurer, aimer. Son coeur reprenait ses droits, par moments, sur sa raison devenue folle.

Elle regarda Hasmael de ce regard rouge, vide, ébahi, perdu, puis elle se tourna vers la fenêtre et s'y précipita. elle ne savait pas si le temps s'était arrêté mais il semblait bien que si. Aggripée au bord de la fenêtre, elle regardait l'homme s'éloigner. Elle ne pleurait plus mais aurait bien voulu. Doucement, elle avait repris ses esprits et l'information se frayait difficilemen,t mais sûrement un chemin dans ce dédal de pensées incompréhensibles. Elle venait de le perdre, lui, celui qu'elle aimait. A nouveau, elle regarda la déité, impuissante, qui lui n'était là que parce qu'elle avait cédé à une peur qui n'avait lieue d'être. L'albinos ne dit rien, elle n'ordonna rien, laissant son regard revenir sur cette rue où l'ombre de son amour perdu s'éloignait à pas tranquils. Puis il disparut dans la pénombre. Alors elle se laissa choir, incapable de soutenir le poids de ses remords, de sa culpabilité qui montait et de la tristesse qui l'envahissait. Elle n'était que flots et tourbillons d'émotions qu'elle n'essayait même plus de comprendre. son regard, vide, fixait le mur face à elle. Tout ce qu'elle parvenait à murmurer c'étaient des mots incompréhensibles, sans queue ni tête. Nausicaä tremblait, violemment. Tout était de sa faute, à cause de sa faiblesse, elle venait de perdre sa seule lueur.

Solitude, mort, morne. Une chance, loupée, déchiquetée. Un simple mot peut tout changer. Ton nom a tout changé, cette vérité à tout changé. Je l'ai perdu, par ma faute mais aussi par la tienne, deuil qui refuse de se faire. Pourrais-je un jour espérer vivre à nouveau dans l'insouciance ? Elle regarde l'homme qui se tient à ses côtés, l'homme qui n'est qu'illusion. Fais moi oublier, fais moi oublier ma douleur, ma souffrance, puis oublie à ton tour, cette souffrance, qu'elle ne puisse plus, jamais me parvenir de nouveau. Hasmael, enfant puni des Dieux, je te le demande... Non, je te l'ordonne, fais moi oublier ma douleur, mon passé. A partir de cet instant, je ne veux plus que vivre dans un monde idyllique...

Elle se lève brutalement, mue par une force nouvelle, par une force qui n'est autre que l'adrénaline coulant dans ses veines. Veines emplies de vie nouvelle, de détermination. Ses poumons se gonflent, son regard se durcit, déterminé. Elle l'a perdu, il est partit, effrayé par ses pensées folles, par ses agissements, par cette folie qu'elle a voulu contenir. Mais la crise est passée désormais, elle a les idées claires, plus ou moins. Elle en est persuadée, il est partit, pour de bon, il ne reviendra plus. Il fait partie de son passé, désormais, lui aussi. Comme tout ce qui venait avant cet instant.
Nausicaä crie, dans un dernier élan de folie qu'elle califie pourtant de raison, elle hurle un ordre, elle qui n'a jamais souhaité dominé les autres, elle qui était la douceur et la joie de vivre incarnée. Mais dès sa naissance le destin s'était acharnée sur elle. Incapable de vivre sans se brûler au soleil, fragile physiquement et mentalement. elle avait vécu la mort de proches et sa vie avait pris un autre chemin. Mais maintenant, elle venait de reprendre les rennes de son existence et avait décidé de retrouver le sens de la vie, vie qu'elle avait perdue, existence qui l'avait abandonnée.

Fais moi oublier leur mort, fais moi oublier mon passé ! Fais moi vivre dans un monde idyllique, je ne veux plus souffrir. J'ai fais un choix, et j'ai fais le choix de tout oublier, de repprendre à zéro, une nouvelle vie, une nouvelle existence. Je ne te demande pas si tu en es capable, je te l'ordonne, fais moi tout oublier, jusqu'à même oublier Nathaniel, celui que j'aime mais aussi celui que je fais souffrir, celui que j'ai fais fuir. Je veux l'oublier comme je veux oublier mon passé. Plus rien n'a d'importance, crie-t-elle avant de murmurer, pardonne moi, mais je t'aime trop pour continuer à te laisser me subir comme je suis...

Simple excuse, mais un mensonge efficace pour elle-même. Elle pleur, à nouveau, ses dernières larmes coulent. Un regard sur le plancher, elle aperçoit la dague, puis son regard rougit et ses pupilles rouges se plantent sur l'homme face à elle.

Fais le...

Elle sourit.
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Aventure #23 écrite Ven 24 Juil - 15:46

L’instabilité mentale de la fille aux yeux de sang était davantage marqué à chacune de mes courtes retrouvailles avec elle. Si à l’instant où elle franchit le seuil de ma Geôle j’eu étais informé de ce qu’elle deviendrait, pas le moindre instant de mon intention ne lui aurait été accordé. Elle n’avait d’autres activités que de se recroqueviller et pleurnicher, marmonnant des mots que je ne comprenais toujours pas. Pourtant, aucune entaille ne griffait sa peau, ce qui impliquait qu’il ne pouvait s’agir d’un traumatisme suivant une bataille ou une embuscade à son égard. Qu’est-ce qui pouvait bien la rendre aussi ennuyante ? Quelle était cette raison qui la poursuivait jour après jour, l’oppressait et l’asphyxiait ? Quel tourment s’amusait de son pauvre et faible esprit, soumis comme la fleur aussi belle soit-elle, aux caprices des saisons ? L’hiver était rude pour ce bourgeon ayant à peine éclos, à l’aube de sa vie d’humaine, et je commençai à douter sur sa capacité à tenir jusqu’au printemps. Tandis que mon regard verdâtre cherchait le siens lorsqu’elle eut fini de hurler un mot au travers de la nuit, je la compris. Etant un ordre, ces mots furent comme, traduis. C’était presque instinctivement, que je savais ce qu’elle me demandait.  

Dans un sourire que je commençai à croire impossible à naître de nouveau sur son visage, elle me réclama un nouveau départ. Une vie que je lui apporterai, loin de la froideur de la sienne. Il me fallait alors la couper de ce qu’elle connaissait, de cette citée puante qui ne lui apportait que doutes et remises en question, lui amenant pour seule compagnie que ce « Nathaniel » qui, à l’entendre hurler par la fenêtre, devait être cet énergumène au visage d’enfant et à la coupe si particulière. De lui aussi, sous son désir, je devais l’en éloigner. Tout ce temps où je m’étais tenu loin d’elle n’avait fais que la faire sombrer dans un mal être dont personne ne se montrait en mesure de l’en sortir. Puisque la distance n’avait pas été la solution, la proximité la sera peut-être. Un rappel de Terra d’où est ma place, à ses côtés. Tous deux, personne d’autre. Apprendre à la connaître, apprendre sa langue, sa manière d’être, son mal. Connaître Mon humaine pour ensuite lui offrir l’idylle qu’elle espérait, qu’elle quémandait.        

Plus qu’un Devoir, je me surprenais à avoir l’envie de lui apporter cette aide qui ne semblait pas lui venir. Si ce monde avait décidé d’être une épée, harcelant l’albinos qui parvint à s’unir à moi, alors je me ferai son bouclier. Je prendrai les coups pour qu’aucun ne l’atteigne, je maintiendrai ce monde et tout ce qui le compose au loin, je livrerai les batailles qu’ils engageront en cherchant à l’atteindre. Naussicaä, toi qui me délivra de ma solitude, je te libérerai à mon tour. Tels furent les mots que je lui aurai adressés si je les eu connu dans sa langue. A défaut de les entendre, il lui fallait les deviner dans le regard protecteur que je lui portai tandis que ma main réclamait la sienne. Acceptant de me la tendre, je descendis de la bâtisse avec elle pour sortir, prêt à l’emmener au loin. Reprenant ma divine forme, j’enroulai de ma queue son frêle corps pour venir la placer au niveau de ma nuque, là où elle trouverait amplement de quoi se maintenir. Et alors que je pris le temps d’attendre qu’elle s’agrippe, je compris que nous n’étions pas seuls.      

Mon odorat avait humé l’odeur de cet étrange humain aux cheveux bleutés, et mon ouïe le savait sur le point de sortir de l’habitacle à son tour. De ce que j’eu compris en d’autres temps, il fallait réunir les deux êtres se déclarant épris l’un de l’autre. J’aurai probablement attendu pour laisser leurs rapides retrouvailles se faire si je n’avais reçu pour instruction de lui faire oublier cet « amour ». Prenant fermement appuie sur mes pattes, je m’élançai dans la noirceur de la nuit. La rapidité bien plus développé des Enfants des Dieux me fit traverser toute la Capitale en un temps record. Franchissant les remparts, je continuai ma course. Là où l’Homme aurait lâché prise depuis bien longtemps et les chevaux et variquans réclamés plusieurs haltes, je ne m’arrêtai pas. Il me fallait aller loin, là où l’on ne pourrait nous retrouver sans que nous l’ayons décidé. Là où elle pourrait recommencer depuis le début comme elle le demandait. Là, où il n’y aurait que nous. Là, où il y aurait un espoir pour elle. Là, où il n'y aurait rien.     

Mana:
 
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Aventure #24 écrite Sam 25 Juil - 14:49

Il est des fois où l'esprit est endormi. Abruti par le sommeil par exemple : les pensées sont lentes, parfois peu pertinentes, souvent incapables de se suivre sans un long processus de cogitation. C'est bien pour cette raison que tant de personnes recouraient d'ailleurs à l'utilisation de substances excitantes dès le matin pour tenter de se réveiller : les herbes torréfiées ou le thé n'en étaient que deux exemples des plus classiques. Il existe également des situations où l'esprit d'une personne est vif, tranchant. Aux aguets, il établit les connexions plus vite que les autres ne parviennent à analyser les faits : sous l'effet du stress ou lors d'un moment intense, de tels esprits sont souvent le petit plus pouvant mener à la victoire. Et il existe enfin des situations où l'esprit … est mort.
Et c'était probablement la description la plus juste que l'ont pouvait faire de celui de Nathaniel, en cet instant.

Bien entendu, ce n'était qu'une image : le jeune homme ne s'était certainement pas écroulé sur place et sur lui-même, désarticulé comme une poupée de chiffon ou un pantin dont on aurait subitement coupé toutes les ficelles. Non, il avait continué de se mouvoir, toujours à ce rythme lent. Vers l'obscurité.Vers la nuit et les ombres. Vers son domaine de prédilection. Mais à l'intérieur de sa tête, rien. Les pensées ne fusaient pas dans tous les sens, les émotions ne se bousculaient pas pour sortir. Au contraire. Il ne ressentait qu'un vide, immense et glacé, qui lui saisissait le cœur et l'âme. Il n'y avait pas de haine en lui, tempêtant contre cette créature qui était venu protéger sa belle. Il n'y avait pas de colère face à l'injustice de cette situation, de cette terreur qu'il avait causé simplement en se mettant à faire la cuisine. Un homme au fourneaux : l'image était-elle à ce point atroce qu'elle ne provoque tant d'effroi  ? La plaisanterie ne rencontra qu'un silence indifférent dans l'esprit du jeune homme, se perdant dans ce vide duquel aucun écho ne fut renvoyé. Son amour le rejetait, ne pouvait le supporter. Cette seule idée revenait dans sa tête, tournant et marinant, refusant de disparaître. Il ne savait que dire. Que faire. Il avait prit la fuite : pourquoi ? Pour la protéger elle, ou pour se protéger lui ? Était-il réellement capable de supporter la vue de cette demoiselle si frêle, le visage baigné de larmes, à terre devant lui ? Longtemps, il s'était songé sans cœur. La preuve était faite que cette présomption était fausse : sans cela, la douleur qu'il ressentait à cet instant, justement parce qu'on lui avait arraché, n'aurait pas été si intense.

Un cri déchira la nuit. Une suite de syllabes qui n'aurait pas eu de sens, en une autre langue. En celle-ci non plus, à bien y réfléchir. Dans la plupart des cas, les noms ne voulaient rien dire. Certains plus que d'autres, bien entendu … non, le seul pouvoir des noms était de pouvoir désigner avec précision un objet, une personne, une cible. Nathaniel. Un nom qui n'avait qu'une seule cible. Cette dernière mit un court instant à comprendre qu'elle était visée, d'ailleurs. Cependant, surgissant des abysses où il s'était engouffré pour tenter d'y disparaître tout à fait, son esprit refit surface en reconnaissant la voix qui avait crié ce son. Ce nom. Son nom, pour être exact. « Elle » l'avait appelé. Lui, Nathaniel. Elle l'avait hurlé, depuis l'intérieur de la petite chambre où il l'avait lâchement abandonné, un instant plus tôt à peine. Voulait-elle qu'il revienne ? Voulait-elle de nouveau de sa présence, qu'il revienne à son côté ? Avait-elle réussi à outrepasser sa peur, de manière aussi inexplicable qu'elle en avait été saisie en premier lieu ? Les hypothèses se combattaient et fusaient dans toute les directions, s'entre-choquant et se percutant dans l'esprit du jeune malade. Il mit quelques longues secondes à réaliser qu'il s'était arrêté de marcher en entendant ce son. Et soudain, au milieu de ce nouveau maelström de songes et de « peut-êtres » émergea un absolu. Il ne pouvait pas l'abandonner. Il ne pouvait pas se contenter de fuir. Les paroles d'un ami proche lui revinrent en tête. Lui aussi disposait d'une invocation, après tout … Cette information était presque sortie de sa mémoire. Mais il ne comptait pas faire intervenir la force physique de Nephy, quand bien même elle rivaliserait probablement avec celle de cet immense saurien. Non, il préférait faire appel à sa sagesse … dont il avait déjà disposé des fruits. Il n'avait que deux choix possibles. La fuite, ou bien l'affrontement direct avec ce qu'il redoutait. Mais il ne pouvait la fuir. Il fallait donc qu'il l'affronte … ou plutôt : qu'il affronte ce qu'elle lui faisait ressentir. Qu'il puisse vaincre cette douleur qu'elle lui causait bien malgré elle, pour elle.

Ses jambes s'étaient remises en mouvement avec bien plus d'aplomb qu'avant. Il sentait quelque chose de nouveau le traverser. Il ne savait pas au devant de quoi il se dressait. Il ne savait pas si, lorsqu'il pousserait la porte de chez-lui, il la retrouverait de nouveau en train de pleurer par sa faute. Il ne savait pas si l'invocation se jetterait sur lui. Il n'avait pas idée de comment combattre ce pouvoir si ancien et redoutable, qui se dresserait probablement sur son chemin. Mais il n'était ni le plus rationnel des hommes, ni le mieux doté en ce qui concernait l'instinct de survie. Il avait de nouveau franchi la distance qui le séparait de sa bâtisse en un rien de temps, aurait-il semblé. Pourtant, il avait trop tardé. Il s'était arrêté en entendant la porte de sa maison claquer, et était resté muet et figé, interdit. Ça, ce n'était pas prévu. Revenait-elle vers lui ? Il l'aurait souhaité, de tout son être, bien entendu. Peut-être l'avait-elle vu se retourner, et était-elle descendu pour le retrouver. Mais le vide était partit. Son esprit vivait à nouveau, et avec lui, la réflexion simple, rapide, pragmatique et inflexible du tueur cherchant à savoir ce que fait sa proie. Et ce mode de réflexion n'aimait pas les conclusions heureuses. Pas plus que ce qui était trop beau pour être vrai. Et ça l'était.

Le titan avait reprit sa forme originale dès qu'il avait eu l'espace requis pour ce faire. Dans la maison du jeune homme, il était déjà énorme, et remplissait la petite pièce sans difficulté. Mais ici, à l'observer d'un point de vue un peu plus éloigné … La bête était probablement haute de 3 mètres, si ce n'était plus. Ses écailles bleues renvoyaient, même sous la pâleur de la lune, un éclat électrique. Ses deux petits yeux jaunes, minuscules en comparaison de son crâne, luisaient d'une lueur inquiétante, reflet de l'intelligence pluri-millénaire qui dictait les faits et gestes de ce corps massif. En comparaison, Nausicaä ressemblait à un frêle petit oiseau, ainsi juchée sur la nuque de ce mastodonte, dont elle était pourtant la libératrice et maîtresse. Un petit moineau, ou un rouge-gorge aux couleurs si pâles et magnifiques. La bouche de l'assassin s'ouvrit, sèche. Il voulait parler, lui parler … mais ne savait que dire. Il ne savait pas, encore une fois, dans quelle direction s'orientaient les événements. Il s'humecta les lèvres, rapidement, de manière bien inutile : la sécheresse sembla revenir dans l'instant. Puis, la créature se détourna, et s'éloigna d'un pas lourd. Il sentait le sol vibrer, transmettre les ondes de choc dans ses jambes et son corps à chaque fois que le saurien posait une patte à terre. Vu sa taille, il n'avait pas besoin de mouvements rapides pour franchir de grandes distances en peu de temps. Et pourtant, l'enfant des dieux prouva dans l'instant même qu'il était capable de se montrer des plus véloces. Nathaniel, en réalisant, écarquilla les yeux, et se mit à courir. Un espoir fou, un instant, lui vint de rattraper l'animal et celle qu'il transportait. Mais il ne disposait d'aucun outil qui aurait pu lui permettre de compenser sa condition. Il n'était qu'un humain. Cela ne l'empêcha pas, alors que la créature le distançait déjà, forte peut-être d'une avance d'une vingtaine de mètres, de chercher à changer quelque chose, encore. De contraindre le son à porter ses émotions, puisque son corps était trop lent et lourd, rattaché à ce monde matériel. De la même manière qu'elle avait laissé libre court à ses sentiments plus tôt, il en fit de même, alors même pourtant qu'il s'était déjà mis à courir.

NAUSICAÄ!

Le cri avait traversé la rue avec une intensité impromptue à cette heure tardive. Nathaniel ne criait pas souvent : sa gorge ne lui en avait fait que plus mal, sur l'instant. Mais peu importe. La souffrance n'était pas une information qu'il voulait prendre en compte, si vive soit-elle. Car s'il se donnait la moindre excuse pour laisser son corps récupérer de cette petite douleur pitoyable et passagère … Alors celle qu'éprouverait son esprit ne s'estomperait jamais totalement.

NAUSICAÄ! ATTENDS !

Il le sentait : il ne pouvait rien faire. Impuissant. Ses jambes ne le porteraient jamais assez vite ou assez loin pour rivaliser avec la vitesse de course du serviteur. Savait-il au moins ce qu'il faisait ? Avait-il une idée de ce qu'un homme  blessé au plus profond de ses sentiments était capable de faire ? Un instant plus tôt à peine, la jeune albinos avait eu une réaction de rejet face à l'être qu'elle chérissait pourtant plus que tout. De quoi pouvait être capable de même être, qui était lui taillé d'une étoffe absolument toute autre ? Mais pourtant … Malgré la force de ses sentiments, malgré la puissance des émotions qu'il éprouvait, et ressentait jusqu'au fond de son âme, son corps et ses limites se rappelaient pour l'instant douloureusement à lui. Il ne pouvait pas pourchasser ce monstre, et il ne pourrait pas rattraper l'élue de son cœur.


ATTENDS ! Attends … attends-moi ...

Lesjambes de l'assassin finirent par cesser de le porter vers l'avant. Ils avaient tous les deux disparu, dans la nuit obscure, hors de portée. Son royaume était vaste, infini même : ils pouvaient y courir pour les siècles des siècles sans que jamais il ne puisse les retrouver … Dans l'enceinte de la ville, bien sûr, il aurait pu. En faisant marcher des « contacts », des relations. Une albinos n'était pas si commune qu'on ne l'oublie où qu'elle passe ...surtout accompagnée du même grand homme. Mais il sentait clairement que cet enfant des dieux ne comptait pas s'arrêter avant l'enceinte de la ville. Ce n'avait pas l'air d'être son style … il venait de lui arracher sa douce. Et il ne pouvait rien faire pour combattre ce fait. « Affrontes ta souffrance, ou fuit ». Qu'allait-il se passer, maintenant qu'il avait mené le combat … mais qu'il avait perdu ?
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Aventure #25 écrite Sam 15 Aoû - 15:21

Tout était allé si vite, encore une fois. Il semblait que sa vision du monde avait été ralentie. Hasmael lui offrant sa main puis ils étaient dans la rue baignée de la fine lueur de la lune et... La déité avait reprit sa forme originelle, manipulant Nausicaa comme si elle eut été une poupée. Elle n'était guère loin de cet état malgré le sourire qu'elle tentait d'afficher, un sourire qui devenait de plus en plus faux au fur et à mesure qu'elle comprenait ce qu'elle venait de faire dans un dernier élan de désespoir.
L'humaine s'était agrippée à un des morceaux d'armure qui recouvraient son immense protecteur. Son regard rouge transperçait la nuit. Ses cheveux blancs, pareils à des fils d'argent, volaient sous la légère brise. Sa respiration, bien que calme, avait tendance à s'accélérer par moments.

Elle voyait le monde, le monde qui l'entourait, du haut de ces quatre mètres. Elle voyait Lüh comme elle ne l'avait jamais aperçue avant. Joie et horreur se mêlaient dans sa contemplation fascinée de la ville presque entièrement endormie. Puis le demi-dieu s'élança, face au vent, dans une course effrénée. Et elle comprit son erreur, sa terrible erreur. La jeune demoiselle serra plus la pièce d'armure qui lui permettait de ne pas tomber et dégluti violemment. Elle avait de nouveau envie de pleurer mais hélas, les larmes ne coulaient plus, taries depuis bien longtemps. Elle s'était promis de ne pas regarder le passé, de ne pas revenir en arrière. Mais... Elle ne pouvait tenir cette promesse et, accrochée à Hasmael, elle se tourna et vit au loin la silhouette de Nathaniel s'effacer.

Nausicaa hurla. Mais que venait-elle de faire ? Pourquoi tant de mal ? Pourquoi cette stupide décision ? Elle ne pouvait revenir dessus, pas maintenant qu'il était lancé dans sa course. Son visage, déjà rougit par les précédents pleurs, ne fit que s'empourprer plus. Elle perdit à nouveau les notions de temps et de lieux. Elle venait de plonger à nouveau dans le désespoir... Idiote, elle était idiote... Pourtant, la douleur lui faisait réaliser ses choix. Elle savait pourquoi elle lui avait demandé ça, mais elle n'avait pas réaliser à quel point elle l'aurait fait souffrir... Non... Elle ne pouvait pas l'oublier, pas comme ça, pas lui, pas Nathaniel, pas son ange... Même s'il était un assassin, même s'il avait du sang sur les mains, elle ne pouvait s'empêcher de l'aimer et de l'oublier. Malheureusement, elle n'avait pas la force de contredire l'ordre qu'elle venait de donner. Trop d'éléments venaient faire pencher la balance en la faveur de l'oubli...

Grosse erreur, une si grosse erreur venue de quelques mots et d'une situation désespérée. Si seulement elle avait su, si seulement elle avait réalisé qu'en demandant ça elle le blesserait... La jeune fille était stupide, frêle, perdu, en proie à un nouveau désespoir. Ne cessera-t-il donc jamais de tourner au dessus de sa tête ? Elle qui pourtant était de nature joviale, enjouée, pleine de vie. Pourquoi sa famille avait-elle été assassinée. Pourquoi ?!

« Pourquoi ?! » hurla-t-elle dans la nuit avant de se laisser tomber sur Hasmael qui ne devait rien comprendre.

Elle était épuisée, perdue. Elle s'en voulait, terriblement, mais par dessus tout, elle avait mal, une nouvelle fois, son cœur venait d'être transpercé, une nouvelle fois...
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