Cruelle Nuit

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Nérée Helireah
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Aventure #1 écrite Jeu 24 Juil - 23:27

Petite note : Rp précédent : Lien ~


Cruelle nuit. La demoiselle tourna au coin de la rue, arrivant ainsi à la bordure du quartier noble. Elle marchait depuis un long moment en compagnie de la chapelière, s'étant quelque peu perdue en cours de route. À quelques reprises, ses pieds buttaient contre les pavés froids, la faisant vaciller, tomber. Depuis combien de temps marchait-elle ? Futile pensée. Trop futile pour son esprit embrumé. À l'entrée du quartier se tenait un poste de garde, servant généralement à dissuader les voleurs et mendiant de traverser ce quartier paisible. Nérée soupira faiblement. Le garde ne leva guère la tête, le pas feutré des deux jeunes femmes pieds nus étant si légers, le sommeil de celui-ci étant si lourd. Un ennui venait d'être évité, au plus grand bonheur de la Dame Aux Fleurs. Elle n'aimait guère les gardes, quand bien même elle détestait plus que toute la population de Lüh. Au fond, peut-être était-ce elle la plus détestable de tous. Tournant légèrement la tête, elle croisa une fois de plus le regarde de la douce chapelière. Elle lui sourit malicieusement.

Les minutes s'écoulèrent, interminables. Les manoirs et demeures défilaient sous leurs yeux, sans que la demoiselle ne daigne s'arrêter devant l'une d'elles. Au final, elle-même ne savait guère où se trouvait sa propre maison, ayant totalement oublié le chemin. Au final, elle était bien plus perdue que Mara. Elle sourit de plus belle. Peut-être celle-ci se demandait où la jeune demoiselle l'emmenait. Peut-être se demandait-elle quel genre de maison elle possédait. Quelle famille. Quelle vie. Était-elle vraiment une noble ? Se comportait-elle vraiment comme telle ? Toutes ces questions firent un peu plus sourire Nérée. Elle-même ne savait pas. Au fur et à mesure que les pas s'enchainaient, les bâtisses se faisaient de plus en plus rares, laissant ainsi place à divers parcs et grands jardins. Était-ce réellement ici qu'habitait la jeune noble ? Elle-même semblait découvrir ce lieu si étrange. Si haïssable.

Elle s'arrêta soudainement. Elle reconnaissait ce portail. Cette allée. Ces arbres, si grands. La demoiselle était enfin arrivée. La demoiselle inspira lentement, hésitant à en effleurer le seuil. Pourquoi hésitait-elle ? Tout cela était si cruel. « T'attendais-tu à quelque chose de... » Elle tourna la tête vers Mara, plongeant son regard dans le sien. « ...Moins détestable ? »

Elle lâcha doucement la main de son vis-à-vis, s'avançant lentement vers le portail de fer. Elle le poussa. Celui-ci grinça, hurla sa douleur de l'age et de l'utilisation. Les caillasses crièrent sous les quelques pas de la Dame Aux Fleurs, le vent balayant les arbres dans un bruit léger. Elle était de retour chez elle, son regard se heurtant à la bâtisse principale, calme en cette heure. Il n'y avait personne. Jamais. Personne pour déranger la quiétude du lieu, à part la belle chapelière. Pourquoi Nérée l'invitait-elle à passer une nuit dans son monde ? Peut être l'alcool lui jouait un mauvais tour, les conséquences de ses actes n'étant visible en cet instant. Peut-être allait-elle regretter. Mais pourquoi penserait-elle aux conséquences? Elle sentit Ambre remuer légèrement dans son dos. Il fallait bien se rendre à l'évidence. Elle était de retour à la maison.
Tout cela était si futile.

Elle se tourna vers Mara, posant une nouvelle fois ses yeux sur elle. Il était vrai que même si cet endroit n'était pas "sympa", un lit était bien plus préférable qu'un trottoir. Même si la maison n'était pas totalement habitable, la plupart des pièces étant poussiéreuses ou froide, la demoiselle pouvait se permettre de partager son monde en l'espace d'une nuit. Elle lui souria. La nuit était si cruelle.



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Aventure #2 écrite Dim 27 Juil - 20:53

Mara rendit son sourire à son interlocutrice, et avant même qu'elle n'aie eu le temps de dire quoi que ce soit, elle la prit par la main et l'entraîna avec elle. La fille ne répliqua pas trop, au vu de son état très alcoolisé. De toutes manières, elle ne comprenait rien à ce que lui baragouinait l'autre. Elle comprit juste que sa compagne l'emmenait chez elle pour la nuit. Elle tenta de formuler un remerciement, mais il ne sortit de sa bouche que des sons indistincts et confus. Elle se laissa donc traîner à travers les dédales des rues et des avenues, peu peuplées à cette heure de la nuit, en dehors de quelques catins qui espéraient encore gagner quelques sous et des gens qui quittaient le Bal tardivement. Le froid s'installait et caressait doucement la peau des deux femmes. Elles étaient comme deux ombres dans la nuit, n'émettant d'autre bruit que celui de leurs pieds nus sur les pavés. Personne ne les remarquait, alors qu'elles étaient tout à l'heure le centre de l'attention.

Elles marchèrent longtemps, et Mara était persuadée que la fille était perdue, mais trop obnubilée par le mouvement de ses beaux cheveux qui voletaient devant elle pour protester d'une quelconque manière. Il lui semblait qu'elle était de toutes façons condamnée à ne pas dormir cette nuit, ce qui ne la dérangeait pas vraiment. La compagnie de la drôle de fille lui plaisait, bien qu'elles ne savaient rien l'une de l'autre. Sa présence était simplement rafraîchissante. Elle comprit à force de se promener dans un quartier bien trop riche pour elle que sa nouvelle amie était extrêmement fortunée, si ce n'est de sang noble. Bien sûr elle méprisait les gens de son espèce -trop arrogants, mais celle ci semblait différente: elle était infiniment plus douce.

Elles passèrent devant de nombreux manoirs, tous plus beaux les uns que les autres. Certains avaient les murs incrustés de métaux précieux, des statues de marbre dans leur jardin, quand leur jardin était visible et non pas entouré d'un mur fortifié ou caché par des arbres exotiques. Les deux ombres s'arrêtèrent enfin devant celui qui sembla être le plus beau de tous. Les grands arbres entouraient une allée qui s'enfonçait loin dans la nuit, et elle apercevait une grande bâtisse qui allait être sa demeure pour la nuit. La noble formula une question qu'elle entendit à peine.


"Non", répondit-elle simplement. Cet endroit ne ressemblait pas à la fille. Il n'était pas doux, pas accueillant. C'était la maison d'un être arrogant, qui aimait étaler sa richesse devant les yeux des autres. La fille n'était pas arrogante. Elle n'était pas une vraie noble, voilà ce qu'elle était. Une fille coincée dans une condition qui n'était pas la sienne. Au fond, peut-être aurait-elle aimé être libre comme Mara. Une catin qui avait réussit à partir de chez elle aussi facilement que l'on enfile une nouvelle chemise. Partir était si facile, même elle pouvait me faire si elle le désirait.
Mais peut-être n'aimait-elle pas les bonheurs faciles.

Mara suivit la fille sur les graviers qui lui blessaient les pieds. Elle n'y prêtait pas attention, regardant autour d'elle, perplexe. L'endroit paraissait vide, que ce soit de famille ou de domestiques. Peut-être la fille vivait-elle seule. Elle se dit qu'elle n'était peut-être pas à sa place ici, mais la fatigue était plus forte que ses convictions. Elles s'arrêtèrent sur le pas de la porte, et elle la regardait. Elle attendait certainement quelque chose d'elle. Mara hésita un long moment, et seul le bruit du vent troublait la tranquillité de la nuit. Elle finit pas parler.


"Merci de euh.. M'accueillir chez toi. Je serais dans un sale merdier sans ton aide, et je sais même pas comment tu t'appelles" Elle se rapprocha d'elle, les yeux humidifiés par l'alcool qui lui montait à la tête. "Dis moi ton nom, s'il te plaît. Sans toi je dormirais dans un caniveau à l'heure qu'il est, et les dieux savent ce qui me serait arrivé" Elle se serait trouvé une auberge et aurait donné son corps au tenancier.

Elle se gratta la tête, ne sachant qu'ajouter.
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Aventure #3 écrite Lun 28 Juil - 0:22



Il faisait de plus en plus frais. La lune était si haute dans le ciel, le dominant ainsi de toute sa splendeur. Mais pourtant, Nérée n'était pas à la contempler, comme ça son habitude. Elle n'était pas perchée sur le toit, perdue dans ses pensées. Elle n'était pas dans son monde. Elle avait ses yeux plongés dans ceux de son vis-à-vis, prenant le temps de s'interroger sur sa personne. Il était vrai qu'en ce moment même, les pensées de la demoiselle étaient toutes tournées envers la chapelière. Elle aurait aimé être dans son esprit. Peut-être l'alcool attisait sa curiosité, faisait naitre un côté niait dans sa personnalité. Sa simple réponse avait fait naître un sourire sur ses lèvres, elle qui en redemandait tant. Elle voulait savoir. Connaitre. Ainsi, elle en oubliait presque la douleur de ses pieds, les frissonnements de son corps. La jeune femme restait simplement là, observant avec attention son invité. Les secondes s'écoulèrent, interminables, tandis que seul le hurlement du vent prenait la parole. Cela ne la gênait pas. Patiemment, elle attendit ses questions, ses impressions. Pourtant et en l'espace d'un instant, ses yeux prirent le sentiment de l'étonnement, ne s'attendant guère à cela. Des remerciements. Rapidement, elle reprit controle de son visage reprenant une expression neutre, écoutant les dires de la femme.

C'était bien l'une des rares fois où l'on remerciait la jeune noble. C'était si troublant. Était-ce réellement dû à l'alcool ? Aux paroles semblant sincères de la chapelière ? Même ainsi, elle n'était, au final, pas si intouchable que cela. Plongée subitement dans ses pensées, la Dame Aux Fleurs réagit seulement à ses derniers mots, se contentant de répondre vaguement. « Peut-être l'es-tu tout autant. Ne me remercie pas. » Était-elle vraiment sauvée en étant en la compagnie de la jeune noble ? Pourtant, la chapelière se rapprocha d'elle, continuant ses paroles qui la firent, au final, légèrement sourire. Doucement, elle posa un doigt sur ses lèvres, se rapprocha un peu plus, lui soufflant ainsi sa réponse dans un murmure. « Nérée. Nérée Helireah. »

Son nom n'avait que peu d'importance, au final. Elle resta ainsi, plongé dans son regard en l'espace de quelques secondes, avant se retourner vers la porte. Fouillant maladroitement dans sa sacoche, elle en ressortit une clé, l'enfonçant sans attendre dans la serrure. Elle ouvrit la porte, s'effaçant pour laisser entrer la chapelière dans le hall de la demeure. Celui-ci abritait en son centre un bassin, une statue de fennec trônant en son milieu. Il était vrai que cet animal était le symbole de sa famille. Plus loin dans l'ombre se dessinait l'escalier menant aux étages, d'autres couloirs partant des extrémités du grand hall. La demeure était si silencieuse. La demoiselle empoigna une petite lumière, posée à côté de la porte d'entrée.
Elle referma la porte à clé.

Ambre semblait être réveillée. Peut-être avait-elle dorénavant les yeux posés sur la nouvelle personne, la sentant légèrement remuer dans son dos. Silencieusement, elle intima à la chapelière de la suivre, prenant les devants en se dirigeant vers le grand escalier. Ses pieds rencontraient au fil des marches le marbre de celui-ci, heurtant ainsi douceur et froideur. Elles arrivèrent sur le palier du premier étage. Deux longs couloirs se dessinaient devant elles, plusieurs portes étant déjà visibles. Ce n'était pourtant guère la destination des deux demoiselles. Nérée continua jusqu'au second étage. Elle tourna sa tête envers la chapelière, s'assurant dans un même instant que celle-ci la suivait toujours. Elle s'engouffra dans un même instant dans un des couloirs de l'étage. « Il y a plusieurs pièces condamnées ici, seulement quelques-unes habitables. Du moins, le reste est poussiéreux et empli d'objets indésirables. J'en suis désolée, Mademoiselle la Chapelière, il n'y aura qu'un lit pour ce soir. » Ses pas résonnaient dans le couloir du manoir. Il était vrai qu'elle ne pouvait faire autrement, n'ayant nullement prévu d'héberger quelqu'un ici. Elle reprit : « La seule personne habitant cette demeure à part moi est Ambre. Mais je pense qu'elle t'apprécie, tu ne devrais pas te faire de souci pour elle. » Aussitôt qu'elle eut fini sa phrase, le petit poids de son animal se dissipa. Elle venait de sauter à terre, venant dorénavant tourner autour des jambes de la chapelière. Après quelques instants à l'ausculter, ne se gênant pour lui monter quelque peu dessus, le fennec disparu dans l'infini des couloirs sombres. Nérée, quant à elle, s'arrêta devant une porte. Elle entraina son invité à en passer le seuil.

Elle laissa échapper un léger soupir. La demoiselle était définitivement chez elle. Posant sans y prêter garde ses chaussures à côté de la porte, elle permit d'un geste à la chapelière de faire comme chez elle. Elle n'avait que faire des bonnes manières des nobles coincés. La chambre était assez grande pour deux personnes, c'était le seul point positif de celle-ci. Nérée s'adossa contre l'encadrement de la porte dorénavant fermée, posant ses yeux une nouvelle fois sur la chapelière.
« Au final, je ne sais rien de la demoiselle que j'héberge dans mon lit. Je ne sais qui se cache derrière ce costume, derrière ces boucles d'or, ce regard océan. Quel est ton nom ? D'où viens-tu ? Que fais-tu ici ? »

En cet instant, la demoiselle se trouvait curieuse. Bien trop curieuse. Peut-être serait-elle d'un autre comportement le lendemain matin, lorsque les effets de la fatigue et de l'alcool se seront quelque peu dissipés. Au final, les questions qu'elle venait de poser auraient pu lui être destinée. Son invitée ne savait rien d'elle. Elle reprit, s'approchant d'un pas lent de la chapelière, le sourire aux lèvres.
« Mais une seule question m'intéresse. Te méfies-tu de moi ? »



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Aventure #4 écrite Lun 4 Aoû - 22:55

La réponse de sa compagne mit longtemps à arriver, et Mara se demanda si elle n'avait pas été trop niaise sur le coup. Elle ne parlait jamais de cette façon d'habitude, mais l'alcool aidant, elle s'était adoucie. Elle savait bien que les gens -ceux qu'elle connaissait, tout du moins, n'aimaient pas qu'on leur parle de cette façon. Ils n'aimaient pas les mots enrobés dans le sucre, qui cachaient l'intention première. La niaiserie n'était pas quelque chose qu'appréciait la catin, et elle n'y retomberait pas dedans une deuxième fois.

Elle lui fit remarquer qu'elle s'était peut-être jetée elle-même dans un bourbier sans nom, et un poids s'abattit sur le coeur de la jeune fille aux cheveux d'or. Elle réalisa son impuissance face au monde qui l'entourait. Si son interlocutrice décidait de l'attaquer avec un couteau, elle n'aurait que ses poings pour se défendre. Ici, pas d'échappatoire ou de protection garantie lorsque l'on avait un client trop demandeur ou même violent. Ici, elle était seule. Seule contre le reste du monde, et cette réalisation ne l'avait pas frappé jusqu'à lors. Peut-être était-ce cela le prix de la liberté. Elle y mettrait plus de réflexion plus tard.

Elle suivit Nérée, qui lui avait enfin avoué son nom, jusqu'à l'intérieur de son immense manoir qui puait le renfermé. Il était évident qu'il n'était habité que par elle, et de fait n'était pas constamment nettoyé par une horde de serviteurs. La plupart des pièces étaient fermées, et elle lui apprit qu'elles devraient dormir dans la même chambre ce soir. Cela ne la dérangea pas. Elle ne voyait aucune intention qui aurait pu l'empêcher de dormir dans les yeux de son vis-à-vis, et c'était pour le mieux. Elles montèrent lentement les marches, Mara regardait avec attention les détails de la maison qui l'entouraient. Elle était entièrement sombre et seuls les pans de murs éclairés par la lumière que portait la fille lui apparaissaient. Elle essaya néanmoins de s'imprégner de ces visions fugitives pour en reconstituer une plus grande et plus précise dans son esprit. Elle savait que jamais elle ne remettrait les pieds dans un manoir aussi luxueux.

Le fennec -un animal qu'elle n'avait jamais vu- la sortit de ses pensées alors qu'il grimpait sur sa jambe. Elle poussa un petit cri étonné et la créature partit en courant dans la nuit, la laissant penaude. Elle s'en voulait de l'avoir effrayé, car il était tout bonnement adorable. Elle suivit Nérée dans la chambre et s'affala sur le lit, laissant tomber ses bottes sur le côté et enfonçant sa tête dans les couvertures de satin. Jamais elle n'avait dormi sur quelque chose d'aussi confortable. Jamais elle n'avait même pu en voir. Elle poussa un grognement fatigué lorsque la fille, debout dans un coin de la pièce, lui posa des questions sur son identité. D'ordinaire elle aurait inventé quelque chose, car elle trouvait que sa vie n'était pas le genre de choses que l'on raconte, mais l'alcool et la fatigue aidant, elle se laissa aller à la vérité. Elle se mit sur les coudes et tourna sa tête vers elle, la regardant d'un air las.


"J'étais une pute, avant, dans les Plaines brumeuses. Un jour, une fille est venue me chercher et m'a fait rêver avec des histoires de montagnes d'argent facile, alors je l'ai suivit ici. Et puis elle s'est faite arrêter alors je suis un peu seule. Mais y'a pas grand chose à dire sur moi, ma vie est pas palpitante."

Elle poussa un soupir. C'était vrai, pendant des années elle avait fait tous les jours la même chose, encore et encore -même si la vie à l'auberge pouvait être pleine de rebondissements. Comment avait-elle pu faire pour ne pas s'en rendre compte plus tôt?

Nérée lui posa alors la plus étrange des questions. Elle ouvrit de grands yeux et regarda devant elle durant de longues secondes avant de réfléchir à une réponse.

"Eh ben c'est vrai que je te connais pas, mais tu m'as pas l'air bien méchante. J'espère juste que tu caches pas un couteau sous ce lit." Parce que là, elle serait vraiment dans un merdier pas possible.
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Aventure #5 écrite Sam 9 Aoû - 0:27



Elle passa la main devant sa bouche, tandis que celle-ci s'étirait lentement, laissant échapper un bâillement très significatif. Son regard s'était porté sur sa compagne d'une nuit, celle-ci n'ayant pas tardé à s'affaler sur le lit. Elle sourit légèrement face à cette vue, qui pourtant lui rappela qu'elle-même tombait de fatigue. Sa tête commençait à lui faire mal, ses souvenirs récents tentaient déjà de s'enfuir de son esprit. Tournant dos à la chapelière, Nérée s'assit sur le rebord de son lit, passant une main dans ses cheveux. Ainsi, elle était une catin en quête d'argent, chose qui dominait le monde. Les plaines brumeuses étaient si lointaines comparées aux environs de Lüh, la femme devait-elle avoir ainsi une forte détermination pour faire tout ce voyage. Tout le contraire. Penser lui faisant naître une douleur au crâne, la jeune femme se contenta de passer à ses paroles suivantes. Quelque peu rêveuse, elle enleva les fleurs de ses cheveux, les laissant sans plus d'attention à terre. Détachant la bande de tissu qui voletait derrière elle, la demoiselle se laissa à son tour choir sur le lit, se plaçant au côté de la chapelière. Elle eut un bref sourire intérieur. Peut-être qu'informer la chapelière de la présence d'une hallebarde dans son armoire était secondaire. Que la maison était truffée d'armes et autres, futile.

Était-elle réellement gentille ? La chapelière avait raison, Nérée n'était pas méchante. « Espérer ne suffit guère pour survivre dans ce bas-monde. » Finit-elle par répondre, observant le plafond de la pièce. Elle joua quelque peu avec l'une de ses mèches de sa chevelure, s'empêchant ainsi de sombrer dans les bras de Morphée. Il était vrai que seuls les essais conduisaient à la réussite, ou à la déchéance. La passivité n'avait guère sa place. Pourtant, ne voulant que la chapelière prenne peur inutilement, la jeune noble ajouta : « Considère-moi comme ton alliée jusqu'à notre prochaine rencontre, si celle-ci aura lieu un jour. »

Elle ne pouvait lui promettre être son allié à jamais, malgré la sympathie qu'elle éprouvait pour la chapelière en cet instant. Demain serait un autre jour, la demoiselle en était parfaitement consciente, malgré tout. Elle posa par la suite son regard sur la femme qui n'avait toujours pas de nom, se tournant sur le côté. Ainsi seule, elle n'allait guère réussir à quelque chose dans cette ville où l'argent était le maître-mot. Sans lui, rien n'était possible, rien ne pouvait s'acquérir par la seule volonté de le désirer. Et pourtant, cela était totalement faux. Nérée l'avait parfaitement compris.

Elle ne pris pourtant la peine de relancer la conversation, de lui demander son nom. Non, cela n'était important en cet instant même. Nérée était fatiguée. Si la femme à ses côtés osaient lui adresser la parole, surement son esprit n'essayerait même pas d'en comprendre la signification. Les paupières closes, la demoiselle soupira faiblement, laissant ses songes se transformer en rêve pour un court instant, la nuit étant déjà bien avancée.
Elle s'endormit.

---

Le réveil fut difficile pour la Dame Aux Fleurs. Peut-être était-ce de part la soirée passé, ou de la présence gênante à ses côtés. Pourtant celle-ci s'en alla bien vite, si vite qu'elle ne put presque guère s'en rendre compte. Au final, peut-être l'avait-elle simplement ignorée. Le souvenir de cette nuit et de la fête devint rapidement lointain, ses songes habituelles reprenant place en son esprit. Elle n'oublia pourtant les personnes rencontrées, ni la chapelière qu'elle espérait recroiser un jour.
Elle les ignora, tout simplement.



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