Les ailes du corbeau

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Aventure #1 écrite Sam 18 Oct - 0:05

« .....aaavaaaanceeee.... » murmura la voix.

Keth sentit son sang se glacer, une fois de plus. L'atmosphère était pesante dans la salle alors qu'il s'exécutait. Une fois de plus, il ne put s'empêcher de lancer un regard inquiet vers les hauteurs titanesques. Difficile d'accepter qu'une telle voûte puisse exister au sein même du temple de l'air...
Les piliers de pierre froide semblait jaillir du sol pour mieux escalader l'obscurité, et Keth avait la sensation désagréable de n'être qu'un insecte rampant sur le sol d'une immense cathédrale.... A' bien y penser, l'image était plutôt bien trouvée, n’eussent été les ténèbres qui enveloppaient le lieu. Car nulle lumière ne perçait à travers les vitraux colossaux, et le jeune bûcheron en venait à se demander si les fenêtres qu'il croyait voir existaient bel et bien. Pourtant, le soleil brillait à l'extérieur ! Mais en cette salle, ses yeux peinaient à capturer le peu de clarté qui filtrait par l'embrasure de la grande porte.... Il commençait sérieusement à regretter d'avoir choisi de s'attaquer à cette invocation... peut-être était-il encore temps d'aller voir au temple de la terre ?

Perdu dans ses pensées, la voix le fit tressaillir.
« …un autre....Je dois avouer que vous autres humains êtes...têtus.... »

Sans laisser le temps à Keth de répondre, le peu de lumière présente s'évapora en bruit feutré.

Soudain, l'obscurité l'enveloppa.
Autour de lui, les ténèbres semblaient virevolter, invisibles. Sentant la panique monter en lui, le jeune homme recula d'un pas, pour mieux buter contre un obstacle qui n'était pourtant pas là une seconde auparavant. Le monde se déroba sous ses pieds, et il se sentit tomber...sur un tapis d'herbe. A' tâtons dans le noir, Keth passa la main, incrédule, dans ce qui semblait être un pré touffu recouvrant une butte. Une butte. Dans le temple ?

L'air bougeait de plus en plus. Dans l'obscurité la plus complète, Keth s'efforçait de calmer sa respiration, juste un instant, pour essayer de se repérer. Les alentours tournaient et murmuraient, les ténèbres le caressaient comme autant de folles amantes, et les battements de son cœur l'assourdissaient de plus en plus.

Et puis, la voix.

Cette fois, au lieu d'un distant chuchotements à peine audible, c'est un sifflement mielleux qui transperça les ténèbres, juste à coté de l'oreille de Keth :

« ...dis-moi...que vois-tu dans le Noir ?.... »





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Dans les tréfonds du temple de l'air, l'obscurité s'accorda un sourire.
Perché dans les hauteurs de sa cathédrale, écrasé dans sa prison de ténèbres, Rook savourait sa victoire.
Encore un prétendant qui s'enfuyait.

Les cris du pauvre bûcheron résonnaient encore sous les voûtes de pierre, témoins de sa terreur. Encore un qui n'était même pas arrivé à la deuxième épreuve...
Encore une victoire.



Mais était-ce là une victoire ?

L'invocation tenta, pour la énième fois, de lever les yeux vers le ciel. En vain.
Le firmament avait beau être caché par les arcs du Temple, il lui était refusé ne serait-ce que le vide espoir de pouvoir percer la pierre de son regard.
Lui qui avait vécu dans la lumière de la Lune, vivait désormais dans les ténèbres.
Lui qui plongeait son regard dans Son immensité argenté toutes les nuits, contemplait désormais la poussière du sol de sa cathédrale...

Une pointe douloureuse écorcha son esprit au souvenir de son existence antérieure. A' quoi bon y songer... Sa vie n'était que solitude, désormais.
Solitude au fonds de son trou.
Mais un grand trou s'il en était, au moins...

Un frisson parcourut ses ailes sourdes. Depuis combien de temps s'était-il habitué à les oublier ? Il lui était désormais impossible de les soulever, encore moins de s'envoler, et Rook n'aurait même plus su dire si il les sentait encore vraiment, alors qu'elles pendaient immobiles à ses côtés.



Les yeux du corbeau se fermèrent enfin, le ramenant ainsi dans son propre monde, où le vent ébouriffait encore son plumage vaporeux, et où la Lune faisait encore briller les reflets de son corps... Et les nuages... Les nuages glissaient sans un bruit, au-dessus des forêts endormies... Et les mille sons de la vie nocturne l'accompagnaient dans son voyage... La Lune l'embrassait telle une amante jalouse, et il était heureux... Il était heureux, libre dans les airs...

Libre...

Calmement, Rook ouvrit les yeux. L'obscurité et le silence étaient toujours là.
Mais quelque chose venait à nouveau troubler sa prison.
Deux humains le même jour ?...

Le corbeau laissa le nouvel arrivant approcher un peu plus, avant de laisser ses ténèbres aspirer la sécurité de la salle. Dans le noir absolu, il pouvait sentir l'air bouger selon son bon vouloir.

Une fois de plus, son épreuve commençait.

« ...dis-moi...que vois-tu dans le Noir ?.... »
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Aventure #2 écrite Mer 22 Oct - 15:37

Après trente heures de marche, Alexander s'octroya une pause aux abords d'une clairière à quelques kilomètres au Sud de Rorn. Il grimpa en haut d'un arbre - s'endormir la nuit à même le sol était risqué- car mourir bêtement n'était pas la priorité de l'assassin. Il était donc là, seul à trois mètres au-dessus du sol, avec pour seul compagnon la Lune qui était magnifique ce soir. La Lune probablement la meilleure amie d'un assassin en mission, offrant tout juste assez de lumière pour discerner sa cible sans que lui même soit visible.

Juste avant de s'endormir le jeune homme se rappela une nouvelle fois la discussion qu'il eut avec Michael la veille de son départ: son maître l'avait rejoint dans sa chambre pour lui parler de son expérience avec les invocations. Alexander apprit que par deux fois son maître tenta d'en obtenir une, deux échecs cuisants. Il se rendit une première fois au temple du feu et y rencontra une invocation qu'il qualifia de sadique car ses épreuves étaient impossibles à réussir, si bien qu'il faillit mourir en essayant. La deuxième fois se fut au temple de l'air, car après mûres réflexions il conclut que certes, les invocations de feu étaient puissantes, mais celles de l'air étaient les plus discrètes et les plus utiles aux assassins. Le jeune apprenti en vint aux-mêmes conclusions: le vent était invisible, silencieux et rapide, alors que tous les autres éléments étaient ostensiblement voyants. Le feu se faisait coloré, l'eau parfaitement bruyante, et la terre atrocement lente. Le fait que son maître accepta de se confier à Alexander fut un grand honneur, dont il fut très fier, et le meilleur moyen d'honorer son maître serait sans nul doute de revenir avec une invocation. Et ce fut ainsi que l'apprenti s'endormit avec une détermination sans faille.

Quelques heures plus tard, les doux rayons lunaires cédèrent la place aux vibrations du soleil plus agressives. C'est d'ailleurs leur chaleur un peu trop prononcée qui réveilla Alexander. Quand il descendit de l'arbre le soleil n'était pas encore à son zénith, il en conclut qu'il devait être 10h du matin. Donc si tout allait bien comme ce fut le cas pour les trente premières heures, il serait au temple dans 6 heures.

Mais les montagnes ralentirent fortement l'allure d'Alexander: au lieu des six heures prévues, il lui en fallut neuf. Il était encore à un kilomètre de son objectif quand soudainement, il entendit un cri: « Les ténèbres ! Les ténèbres ! ». L'homme courrait comme s'il avait la mort aux trousses. Le fait surprenant fut que l'inconnu dans la fleur de l'âge avait une carrure bien plus impressionnante que celle de l'assassin. Il devait pratiquer un métier assez physique : forgeron, fermier, charpentier ou bûcheron.

« Un forgeron qui a peur du noir, je ne m'y attendais pas... »


Une fois l'amusement terminé il reprit sa route; il avait assez de retard comme ça et il ne pouvait pas s'attarder même si le spectacle était tout à fait original. En plus de la fatigue dût à la marche et à l'escalade, se rajouta maintenant la résistance que lui opposa le vent, de plus en plus importante au fur et à mesure qu'il se rapprocha du bâtiment. Lorsque qu'une bourrasque lui retira sa capuche plus aucun doute n'était possible: il était sur la bonne route.

* Magnifique et terrifiant * fut la pensée qu'eut l'assassin quand il fut face au temple.

Quand il ouvrit les immenses battants, un vent encore plus puissant que ceux de l'extérieur souffla, et Alexander dût lutter de toutes ses forces pour ne pas être renversé en arrière. Cela ne dura qu'un court instant mais l'assassin en eut déjà le souffle coupé. A peine fut-il entré dans le sanctuaire que les portes se refermèrent d'un seul coup, abaissant la luminosité. L'homme était à présent isolé du monde; s'il venait à mourir personne ne l'entendrait... Et pourtant Alexander ne fut en rien paniqué ni même stressé. Au contraire il était à l'aise, le sifflement du vent était musicale; une mélodie profonde, sombre et puissante.

Vu la faible lumière ambiante, le jeune homme mit tous ses sens aux aguets, prêt à utiliser ses lames secrètes au moindre danger. Il avança lentement dans le couloir en face de lui. Il ne sut pas combien de temps il marcha. Dans cette obscurité il perdit la plupart de ses repères visuels. Il ne voyait plus, il "distinguait". Il quitta soudain le long couloir et arriva dans une salle immense. La luminosité fut un peu plus importante en ces lieux, il réussit alors à voir les piliers colossaux qui durent soutenir un plafond; le dit plafond étant bien trop haut pour être visible.

* A l'intérieur du temple une telle voûte incroyable... *


Le spectacle qui s'offrit aux yeux d'Alexander fut à couper le souffle mais ce ne fut rien en comparaison de ce qu'il voyait, ou plutôt de ce qu'il ne voyait plus. En effet, soudainement, tout devint noir autour de lui, mais pourquoi ? Il ne trouva qu'une seule explication: son épreuve avait commencé.

La voix de l'invocation n'eut rien d'effrayant, car ce fut bien l'obscurité qui terrorisa l'assassin... Ces ténèbres... Ténèbres... Le jeune forgeron ! Il comprit que le pauvre homme du subir cette épreuve, et quelle épreuve... Le cœur d'Alexander s'emballait, mais si il voulait réussir cette épreuve. Il devait se contrôler et réagir. La première chose à faire était de lui répondre,

« Ce que je vois dans le noir ?... Bonne question, absolument rien ! Mais je vous entends... »

A cet-instant il comprit: s'il paniquait, s'était entièrement dû à la privation de sa vue. Garder les yeux ouverts devenait paniquant, alors qu'en fermant les yeux... Il ferma donc les siens et sentit petit à petit son cœur ralentir. Il put ainsi se présenter avec une voix plus assurée.

« Je m'appelle Alexander Lukaschko, enchanté messire...? »
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Dernière édition par Alexander le Ven 31 Oct - 16:00, édité 7 fois
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Aventure #3 écrite Ven 24 Oct - 19:55

Elle regarda les murailles de la grande cité de Rorn. Si elle avait atterri là, c’est parce qu’elle avait décidé d’aller conquérir une nouvelle fois le temple d’Aer, d’aller dénicher un nouveau Demi-Dieu, lui cracher sa haine et son désespoir à la figure. Elle avait mal, si mal qu’ils soient morts, si mal… Ika l’avait abandonnée, Kamael également, il ne lui restait qu’Hasmael qui ne s’intéressait pas à elle, juste à découvrir le monde. Ces invocations, tous des sales monstres emplis d’égoïsme et de cruauté ! Elle dominait la rue du haut de sa monture, un cheval qu’elle avait acheté avec ses dernières économies, la rendant ainsi aussi pauvre qu’en mendiant. Elle n’avait plus nulle part où aller, sauf dans ses bras, dans les bras de son aimé qui à l’instant même était encore à Lüh, enfin, elle croyait.

Nouveau soupire puis elle chatouille doucement du talon le flan de sa monture pour la faire avancer entre les passants jusqu’à la grande porte de bois avant que celle-ci ne se ferme pour la nuit. Nausicaä avait eut la mauvaise idée de partir au soir levant alors que les rumeurs qui couraient sur les brigands fuyant le roi étaient bien claires. Aller vers les monts Célestes n’était plus sûr du tout, surtout lorsqu’on était une jeune femme seule dans la nuit. Mais elle avait confiance en ses maigres connaissances en l’art de combattre. Son épée, attachée à la selle de son cheval, qui était une jument à la robe grisée, se balançait doucement aux pas de la bête. Elle avait été récemment aiguisée et coupait comme jamais.

La seule chose, c’est qu’elle ne savait pas si elle pourrait dégainer à temps sous l’effet de la peur. Elle espérait encore ne rencontrer personne si ce n’était une caravane de marchands montant vers les villages du nord, surement déjà pillés par les bandits et autres malfrats se trouvant là haut. La jeune femme prit son courage à deux mains et sortit enfin de la ville.
Le soleil se couchait, dessinant une grande ombre sur sa gauche. Un cheval et une cavalière, ne faisant qu’un. Ils avançaient, à une allure soutenue. Elle savait qu’elle ne pourrait pas relier le temple en une nuit et qu’il lui faudrait suivre le chemin tracé de villages en villages. D’autant plus que grimper la haute montagne n’allait pas être non plus de tout repos. Elle devait affronter les vents violents, les neiges mortelles mais surtout le manque d’air au fur et à mesure quelle se rapprocherait du ciel. Elle l’avait déjà vécu une fois et avait failli mourir asphyxiée.

Mais ce n’était pas pour autant qu’elle se dégonflait, bien au contraire. Elle avait envie de rencontrer à nouveau une divinité, de se confronter à sa nouvelle haine et peur la plus profonde. Aussi elle lança sa jument, Ilyhs, au galop, bien décidée à rallier rapidement ce temple maudit.

Et le temps passa, trois jours pour être exacte, elle avait évité les groupes de bandits de peu, elle avait su esquiver les nombreux monstres, enfin, pas tous. Elle avait dû affronter un prédateur et avait failli y laisser la vie ainsi que celle de sa jument. D’ailleurs, une méchante plaie ornait son bras. Elle avait seulement été bandée sommairement avec un pan de chemise. La jeune femme avait soupiré en la voyant. Elle savait parfaitement qu’une fois arrivée en haut du temple, elle ne pourrait redescendre en vie, ou plutôt elle serait au bord de la mort. Tout cela allait grandement l’épuiser. Aussi quand elle vit le pied de la montagne, elle se laissa pleurer sur le dos de sa monture qui avait commencé péniblement à gravir ce mont enneigé. Et ça dura, longtemps. Le vent était venu mordre sa peau qui devint presque bleue, elle grelotait, arrivant à peine à se réchauffer lorsqu’elle se posait pour faire un feu à la nuit tombée.

Elle était arrivée au temple morte de froid et d’épuisement. Elle entra dans le bâtiment sacré, accompagnée de sa jument qu’elle ne pouvait laisser au froid de la montagne. L’air était plus doux à l’intérieur sans pour autant être chaud. Elle soupire, soulevant des volutes de buée autour d’elle. Et elle avance, encore, menée par ses pas vers une cellule. Elle entend une voix, puis une deuxième. Elle se stoppe avant de hausser les épaules et d’avancer, les sabots de son cheval raisonnant dans l’immense couloir.

« ...dis-moi...que vois-tu dans le Noir ?.... »

Elle s’arrête, net. Elle frissonne, sa jument panique, elle lâche la bride et la bête s’en va au galop loin de cet endroit. Voilà qu’elle vient de perdre sa seule chance de survie. Nausicaä entend une réponse, une voix, masculine. Elle s’avance, doucement, dans le noir, n’y voyant rien. Toute fois, elle avait de quoi faire un feu et n’allait pas s’en priver, c’est qu’elle avait froid, si froid…

Alors la jeune femme se fait discrète, silencieuse et elle l’allume, son feu. Doucement, les branches se mettent à crépiter, doucement, une fine lueur vacille dans l’obscurité, venant danser sur les murs timidement.

« Je ne vois rien dans le noir » répondit-elle sèchement alors que les flammes éclairaient son visage « je ne vois rien d’autre que le désespoir et la mort, le vide, le néant, la nuit. J’y vois mes parents, morts, assassinés, mais je vois surtout une invitation, une invitation à éclairer ce noir d’une douce lumière rassurante. Je m’appelle Nausicaä et je suis là, Demi-dieu, pour relever ton défis » son ton était froid, sans appel. Elle n’avait même pas pris en considération l’homme qui était à ses côtés et avait les yeux fermés. Elle se fichait du monde, tout ce qu’elle voulait, c’était se venger d’une manière ou d’une autre.
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Aventure #4 écrite Sam 25 Oct - 1:43

Dans le noir, le battement d'un cœur.

Immobile dans sa prison, Rook attendait. Les ténèbres de la salle se faisaient de plus en plus pressantes autour de l'inconscient voyageur, et l'invocation pouvait sentir le sang de celui-ci pulser, de plus en plus vite.

Très bien... Il sentait la panique monter, le jeune humain allait bientôt abandonner sa folle quête, et rejoindre son monde déchu et désolé. Un de plus qui se laissait convaincre par l'obscurité. Rook s'étonnait parfois de la facilité avec laquelle les prétendants jetait l'éponge. N'avaient-ils donc aucune volonté ? Retourne dans ton désert, avait-il envie de crier. Mais cela eut été contre-productif... Et puis...

Un autre humain venait de pénétrer dans son tombeau.
Ou plutôt, une humaine. A' en juger par le bruit que produisait son corps en bougeant, à peine plus jeune que le premier intrus. Le son de ses pas légers résonnait quand à lui un peu plus, en comparaison. Son cœur battait tout aussi fort, si ce n'est plus calmement. L'obscurité autour d'elle vibrait au rythme de ses frissons.

Trois prétendants le même jour ? Voilà qui était rare... Cela n'était même jamais arrivé auparavant.
Mais peu importait. Ces humains étaient venus souiller sa prison, détruire ce qui restait de son monde, et il n'allait pas les laisser faire. Même s'il ne restait plus grand chose à détruire...
Tel un spectre, Rook répéta sa question, cette fois dans l'oreille de la nouvelle venue.

« Ce que je vois dans le noir ?... Bonne question, absolument rien ! Mais je vous entends... »

Rook réprima un sourire intérieur. A' défaut d'être ce qu'il attendait, la remarque du jeune homme avait le mérite d'être acérée. A' quoi bon perdre son temps en frivoles élucubrations, n'est-ce pas ?

« Je m'appelle Alexander Lukaschko ; enchanté, messire...? »

La question resta en suspend dans le noir pendant que Rook étudiait le visiteur. L'air vif, musclé, le jeune humain dégageait une aura de calme, tout à coup. Son pouls s'était atténué, ses yeux clos, sa voix plus ferme.
Le regard du corbeau s'attarda sur la longue cicatrice qui ornait sa joue. Qui qu'il fût, Alexander Lukaschko n'était pas comme les autres humains qu'il avait observés jusqu'ici. Il avait vu passer des artistes, des généraux, des marchands... Quelque chose lui disait que celui-ci était bien plus différent qu'il n'y laissait paraître...

A' nouveau, le cours de ses pensées fut interrompu par un bruit inattendu.
Une étincelle illumina brièvement le visage de l'autre humaine, puis deux, puis trois. Bien vite, une flammèche attaquait le bois sec d'une brindille, et rapidement un petit feu de camp vint déchirer les ténèbres.
Rook manqua d'abord de s’étrangler à la vue des flammes. Comment osait-elle amener cette chose en ce lieu ?! Ce feu qui avait brûle tant de forêts, tué tant d'animaux, ces flammes qui avaient rasé et effacé tant de vies ! Les ténèbres, repoussé en un premier temps par la clarté inattendue, vinrent se faire plus denses autour de la jeune fille et de son œuvre.
L'invocation considéra la possibilité de souffler le pitoyable foyer. Rien de plus facile : un petit coup de vent et...

« Je ne vois rien dans le noir » 

Rook sentit sa colère se refroidir. Apparemment, elle aussi avait entendu la question.

« Je ne vois rien d’autre que le désespoir et la mort, le vide, le néant, la nuit. J’y vois mes parents, morts, assassinés, mais je vois surtout une invitation, une invitation à éclairer ce noir d’une douce lumière rassurante. »

Les flammes menaçaient désormais d'être étouffées par l'obscurité oppressante. D'une pensée, Rook atténua son emprise sur la source de lumière. La jeune femme avait éveillé sa curiosité.

« Je m’appelle Nausicaä et je suis là, Demi-dieu, pour relever ton défi »

Pour la deuxième fois en cette journée, le corbeau se surprit à sourire intérieurement. Décidément, cela devenait une manie. Lentement, il laissa son essence couler au sol. En ce lieu de magie pure, son corps n'obéissait à aucune loi, à l’exception de celles concernant sa captivité. S'il ne pouvait vraiment voler, enfermé qu'il était, il pouvait toutefois en donner l'impression à un observateur externe.

C'est toutefois au sol que Rook s'approcha du feu, à pas lents et délicats. Comme libérées d'une main invisible, les flammes se mirent tout à coup a danser de plus belle, projetant des ombres taillées d'or contre les troncs aux alentours. La cathédrale avait disparu, laissant place à une petite clairière entourée d'arbres titanesques dont les frondes laissaient entrevoir un cercle étoilé, noir et bleu à la fois. Accompagné par les milles bruits nocturnes, Rook  s'arrêta à la lisère du cercle de lumière, avant de voleter sans un bruit sur une pierre couverte de mousse noire.

Pendant de longs instants, l'invocation garda le silence. Sans vraiment regarder ses invités, il les observait néanmoins attentivement. Les battements de leur poitrines résonnaient à l'unisson dans la nuit, roulement de fond d'une plus grande symphonie. La lumière dorée des flammes ne semblait être en mesure d'éclairer correctement le corps brumeux du Demi-dieu, ni lui donner une silhouette précise. Seul sa tête, rappelant vaguement un crâne d'oiseau, apparaissait sans trop de difficulté. Le reste n'était que brouillard.

Enfin, après plusieurs minutes de silence, Rook se décida à parler.

« Vos noms n'ont que peu d'importance, pour l'instant...  Tout comme le mien. » ajouta-t-il en se tournant imperceptiblement vers l'humain mâle.

Sans attendre que celui-ci ne les rejoigne autour du feu, le corbeau leva la tête vers le dôme céleste. Sa volonté pouvait bien projeter ses souvenirs autour de lui et les rendre palpables, mais sa cellule refusait de laisser apparaître la seule chose qui lui manquait vraiment.
Tout à coup, Rook se sentait terriblement fatigué. Au dessus de lui s'étendait un ciel à coupe le souffle, et pourtant... Il avait un jour pensé, bien longtemps auparavant, que les étoiles n'étaient rien sans leur mère la Lune. Il lui était désormais douloureux de se rendre compte à quel point il avait raison...

« … Vous désirez donc me libérer de ma captivité... Mais je n'ai que faire de vos désirs. Et je suis las de préparer des épreuves. »

Son regard s'arracha du ciel pour glisser sur l'intrus resté dans le noir, avant de glisser vers la porteuse de flammes.

« Alors, ce soir...» commença-t-il en s'installant plus confortablement sur son perchoir « J'aimerais que vous me racontiez une histoire. »
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Aventure #5 écrite Lun 27 Oct - 1:01

Alexander avait posé sa question et il attendait une réponse du prisonnier. Mais au lieu de réentendre la voix de la créature, ce fut le crépitement d'un feu naissant qui le fit réagir.
Instinctivement, la lame cachée au creux de son bras bras gauche vint se nicher dans ses doigts, tandis que sa main droite se posait sur le manche de sa hache.

Il avait décidé, malgré cette nouvelle donnée, de garder ses paupières closes : il pouvait s’agir de l'invocation, et donc d'un piège...

Cette possibilité fut vite balayée par une voix féminine ; cette voix répondait à la même question, et cela ne pouvait signifier qu'une chose : cette inconnue voulait également cette invocation. Pendant que la femme se présentait, le jeune assassin s'en voulut de ne pas avoir entendu, ou aperçu, que quelqu'un l'avait suivi jusqu'au temple. Sinon comment cette femme aurait-elle pu arriver si peu de temps après lui ?

* Il faut que je la tue, elle risque d'être gênante par la suite... Non, Il pourrait mal le prendre... * telles étaient ses pensées.

Cette idée écartée, Alexander pouvait se concentrer sur ce qui se passait autour de lui. Pour une raison obscure, il gardait toujours ses yeux fermés, bien qu'il sache que de la lumière, même faible, avait envahi l'obscurité.
Après quelques instants, il entendit, dans la direction opposée aux flammes, des pas fins et légers. Cela ne pouvait être la jeune femme qui se tenait à quelques mètres de lui, et qui manifestement ne bougeait pas d'un cil.

* Une telle légèreté... Incroyable ! Ce ne peut-être que cette créature du vent. L'air est si silencieux... Il est parfait. *

Soudain, il sentit le feu s'intensifier, et chaleur, comme lumière, se firent plus importantes. Au même instant, il perçut qu'un changement avait eu lieu. Lequel, il n'en savait rien : toujours aveugle, il n'avait besoin d'yeux pour sentir qu'il n'éprouvait plus l'oppression dû à l'immense voûte. Avait-il changé de lieu ? Impossible. Une seule explication demeurait : l'invocation et sa magie.

Après ce changement, Alexander ne perçut plus rien pendant de longues minutes. Il en profita donc pour ranger dans son étui sa lame, et lâcher le manche de sa hache. L'attente fut récompensé par une réponse de l'invocation, qui n'avait rien d'amical :

« Vos noms n'ont que peu d'importance, pour l'instant...  Tout comme le mien. »


Vint ensuite la fin de son discours :

« … Vous désirez donc me libérer de ma captivité... Mais je n'ai que faire de vos désirs. Et je suis las de préparer des épreuves. »

L'assassin eut l'espoir que leur hôte, demande un combat entre les deux prétendants, une épreuve qu'il était sûr de réussir. Quelle ne fut pas sa déception lorsqu'il entendit :

« Alors, ce soir... J'aimerais que vous me racontiez une histoire. »


* Une histoire !? *


La surprise lui fit ouvrir les yeux ; il s'aperçut ainsi qu'il avait en effet mystérieusement quitté le temple. Il était à présent au milieu d'une clairière entourée d'arbres. Quand il atteignit enfin leurs cimes, il admira le magnifique ciel étoilé.
Étoile, mais dépourvu de Lune.
Il se retourna et fit face au feu de camp ; sans avoir remarqué la présence de Rook sur son rocher, il pénétra dans le cercle de lumière, s'y assit en tailleur et pris la parole.

«  Si ça ne vous dérange pas, je me permets de commencer. »
dit-il en fixant Nausicäa.

Il chercha l'être de vent, et finit par le trouver, posé sur un rocher à la frontière entre lumière et ténèbres. Une place qui semblait parfaitement lui aller, tant son corps paraissait fantomatique. Seule sa tête était tangible : une tête de corbeau, avec d'étonnants yeux violets.

Il détacha son regard de l'invocation pour fixer le feu en face de lui, et repris la parole

«  Une nuit de pleine lune, trois hommes pénétrèrent dans une maison du centre-ville en crochetant la porte. Ils montèrent l'escalier principal sans un bruit. Ils rentrèrent dans une première chambre, où un couple dormait ; sans la moindre hésitation, ils poignardèrent les mariés... »


Alexander revivait cette fameuse nuit, cette nuit qui changea à tout jamais son destin. Ce souvenir fit couler une larme qui suivit le tracé de sa cicatrice jusqu'à sa lèvre...

«  En sortant, l'un des malfaiteurs se cogna contre un meuble, lâchant un juron. Ce bruit troubla le sommeil du plus âgé des enfants, qui en sortant de sa chambre discrètement, aperçut trois silhouettes ; elles se séparèrent et se faufilèrent dans chacune des chambres de ses frères et sœurs. Sous l'effet de la peur, pas un son ne sortit de la bouche de l'enfant. Il retourna dans sa chambre et comprit qu'il devait se cacher. Il ouvrit donc la fenêtre, et comme il avait toujours fait malgré les remarques de sa mère, il descendit dans le jardin. Une fois les pieds sur le gazon, il retrouva sa cachette préférée lorsqu'il jouait avec ses frères et sœurs : les hautes herbes.

A plat ventre, il entendait les meurtriers le chercher dans toute la maison. Quand ils sortirent dans le jardin, le jeune garçon coupa sa respiration et laissa les malfrats le chercher dans le cagibi. Il vit les trois comparses s'en aller, se disant « qu'au final le gosse mourra de faim sans ses parents ». Quelques minutes après il se sentit enfin hors de danger, et l'enfant ne se contrôlant pas, les larmes coulèrent à flots ; seule la Lune accompagné l'enfant.

Le garçon continua à pleurer toute la nuit durant. Le lendemain matin il entendit de nouveaux pas, l'homme qui arriva ne lui posa qu'une question : «  Veux-tu te venger ? »

Douze ans plus tard...

Trois hommes étaient accoudés à un bar et discutaient à voix hautes sans se soucier des autres clients. Après cinq heures de débauche ils sortirent du bar complètement saouls, ils ne remarquèrent donc pas l'ombre au-dessus des toits. La lune était pleine offrant la luminosité parfaite pour celui qui les épiés. Ils commirent l'erreur de s'engager dans une ruelle complètement isolée. L'ombre se mit alors à sauter de toit en toit et atterrit sur une terrasse, trois mètres au-dessus de la têtes des trois amis. L'ombre jeta un dernier regard pour vérifier que personne ne puisse voir ce qui allait arriver. La vérification effectuée, elle sauta dans le vide, dans sa chute elle eut le temps de sortir deux lames de ses poignets ; lames qu'elle planta dans le crâne de deux des trois comparses, elle se releva et les deux cadavres s'écroulèrent. Le troisième qui venait tout juste de comprendre ce qu'il venait de se passer essayait de courir mais il était trop tard, on le saisit par le col. Il n'eut pas le temps de se retourner que du sang coulait déjà à l'endroit où l'ombre avait posé sa main. La perte de sang était mortelle mais il restait du temps, ce temps permis au nouveau meurtrier d'interroger sa victime ; « Qui vous a envoyé tuer les Lukaschko il y a 12 ans ? Parles et tu vivras ! », le blessé ne se fit pas prier « C'est M.Zimmerman il nous avait payé pour se débarrasser d'un rival, pitié... ». Sous l'effet de la colère l'assassin planta sa lame encore plus profondément pour aggraver la perte de sang et lâcha « Tu vivrais si tu étais un assassin professionnel... ».

Connaissant sa future victime, l'assassin partit vers les beaux quartiers de la ville. Il trouva la maison, elle était semblable à celle de son enfance. Il escalada le mur de la résidence et pénétra dans le jardin ; une fenêtre étant ouverte il saisit sa chance. La première porte qu'il ouvrit était celle de la chambre des enfants, il la referma aussitôt. Il continua et finit par ouvrir celle de la chambre parentale, il y entra en silence s'approcha du mari. Il réveilla l'homme en lui apposant sa main droite sur la bouche, tout en faisant signe de garder silence avec sa main gauche; l'homme obtempéra et se leva en silence sans réveiller sa femme. Ils descendirent l'escalier en silence et finir leur balade dans le jardin. Là l'homme ne chercha pas à s'expliquer, il bâillonna sa victime, et renversa sur lui un sceau remplit des braises ardentes. Le marchand, au supplice, essaya d'échapper à sa torture mais l'assassin l'en empêcha en lui lacérant la cuisse provoquant une intense douleur, douleur qui fut amplifiée quand la rotule de son autre jambe fut broyée. L'homme armée continua la torture en tailladant le corps de sa victime au bras, torse, jambes, pieds, mains et visage. La mort arriva trois minutes plus tard quand avec sa hache il trancha la gorge du marchand qui cracha du sang et s'étouffa dans celui-ci.

Et pour finir il.... Je suis resté plusieurs minutes devant le cadavre avant de m'en aller avec une nouvelle fois la Lune comme seule témoins de ce qui s'était passé... »


Alexander avait terminé son récit en regardant le corbeau droit dans les yeux.



P.S : Désolé pour ce temps d'attente digne d'une attraction à DisneyLand Paris, mais ce week-end on a eut la visite du cousin bordelais et du cousin texans en même temps. Et en plus il a fallut organiser les 26ans d'un ami à Wolf dans notre appart...
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Aventure #6 écrite Jeu 30 Oct - 1:12

Elles devinrent plus intenses, illuminant cette obscurité d’une douce lumière. Elles vacillaient, dansant au gré d’un vent inexistant sous cette voûte étoilée. Doucement, l’invocation, qui avait des allures de grand corbeau, vint se poser non loin des flammes. Il était… effrayant et la jeune demoiselle ne s’en cacha nullement, impressionnée par les volutes de fumée se dégageant de lui mais également étant apeurée par cet aspect si fantomatique qui lui rappelait tant de choses et de craintes infantiles. C’était, en quelque sorte, indéfinissable. On ne pouvait réellement savoir de quoi était faite l’invocation ni même quelle était sa véritable apparence. Il n’y avait que trop d’ombre autour de lui.

Mais de cette ombre se dégageait orgueil et assurance hautaine, une voix croassante, agaçante. Il était comme tous les autres, il était un monstre ! Un être qui ne voulait que tuer, se venger. Elle grimace, dégoûtée par sa présence. Pourquoi était-elle là ? Ici, en présence d’un être qu’elle détestait ? Dans un lieu qu’elle haïssait ? Ils avaient tué ses parents ! Sa famille ! Des monstres ! Orgueilleux ! Hautains ! Affreux ! Elle serre le poing, fronce les sourcils, ses dents grincent, elle est en colère, tellement furieuse. Nausicaä répliqua, sèchement à la réplique désagréable du demi-dieu. Elle en avait plus qu’assez mais elle se devait de rester ici pour l’affronter, l’affronter et lui montrer qu’il n’était pas aussi puissant qu’il voulait le croire. Oui, elle nourrissait une haine sans borne envers les demi-dieux.

« Et bien, si tu es las de faire des épreuves, ne t’attends pas à sortir d’ici ! Et tu crois que nous sommes seulement motivés par le désir de te faire sortir de cette cage ? Mon bon ami, tu te trompes, les intentions ne sont pas toujours si bonnes et honorables. »

Elle soupire devant le caprice de la divinité et fait un signe de la main pour donner son accord – inutile – à l’homme qui venait de rejoindre le modeste feu de camp. Elle posa un coude sur sa jambe et écouta avec lassitude le long, très long, affreusement long, récit de l’homme. Et ça parlait, pour ne rien dire. D’ailleurs, pourquoi réagissait-elle avec tant animosité envers cet étranger ? Elle ne le connaissait pas et elle n’avait de raisons d’être agressive voire désagréable envers lui. La demoiselle hausse les épaules avant d’essayer de suivre le récit avec un peu plus d’attention. Mais il fallait se rendre à l’évidence, il ne l’intéressait pas. Un soupire puis elle s’avachit complètement. Mais où était donc passée la frêle petite albinos apeurée par l’invocation ? Hantée par ses démons ? Elle n’était plus là, du moins, pour l’instant, elle avait été remplacée par une femme affreuse, agaçante, une femme qui n’était pas elle.

Nausicaä applaudit la fin du récit avec sarcasme. Elle allait se faire des ennemis et pas qu’un seul. Il était dommage qu’Hasmael soit en train de vadrouiller sur l’île. Enfin bon, qu’aurait-il pu faire, ce gros lézard inutile qui ne parlait même pas leur langue ? Rien, absolument rien ! L’albinos, qui avait pu un peu se réchauffer au coin du feu, se lève, laissant tomber sur le sol son chapeau emplit de neige. Elle s’étire doucement et enlève son lourd manteau, également emplit de neige.

« Beau récit, sûrement du vécu » murmura-t-elle dans le silence, uniquement rompu par les respirations et le crépitement des flammes. Elle fixe le demi-dieu mais se perd dans l’obscurité. Agacée, la jeune fille détourne le regard vers la voute céleste et raconte, encore. « Tu es perdu, il fais noir. Tu ne sens rien, il n’y a personne, seul le noir domine. Le sang immacule tes mains alors que tu laisses tomber cette arme. Mais qu’as-tu donc fait ? Pourquoi ? Tant de plaisir prit dans cet acte, tant de joie à ôter la vie. Pourquoi ?

Il était une fois, une seule fois… Il était une fois où tu ôtas la vie… Il était une fois, et cette fois sera unique. »


Elle baisse les yeux, baignés de larmes, son regard est dur mais son visage est triste. Elle soutient le regard de l’obscurité, fait fit de l’homme à ses côtés, oubli le feu qui brûle et les étoiles qui illuminent la voûte céleste.
« Tu voulais une histoire, demi-dieu, tu voulais que l’on te conte une histoire » murmura-t-elle, froide, « et bien voilà la mienne : je n’en ai pas ! Je n’en ai plus ! Tu m’as ôté tout ce qu’il me restait d’histoire ! Vous êtes tous les mêmes, des assassins, des erreurs, des monstres ! Tu m’as enlevé ma famille, tu es immaculé du sang de ces innocents ! Tu es un monstre ! Si horrible ! Tu m’as volé mon histoire ! » les larmes se font plus abondantes alors qu’elle déverse un flot de haine sur le demi-dieu.

« Rends la moi ! Rends la moi ! Rend moi ma famille ! » elle hurle, dérangeant le silence de cet endroit, dérangeant les âmes qui s’y trouvent. Mais elle n’en a que faire. « Rends les moi » ne cesse-t-elle de répéter à l’ombre.
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Aventure #7 écrite Ven 31 Oct - 16:02

« Et bien, si tu es las de faire des épreuves, ne t’attends pas à sortir d’ici ! Et tu crois que nous sommes seulement motivés par le désir de te faire sortir de cette cage ? Mon bon ami, tu te trompes, les intentions ne sont pas toujours si bonnes et honorables. »

Perché sur son rocher, Rook ne savait si rire ou grimacer. Encore une humaine prétentieuse, convaincue que le seul but de son existence était de se laisser asservir par les créatures qui lui avaient tout pris... Malgré son envie de rétorquer, il décida de maintenir le silence et de jauger la réaction de l'autre prétendant.

Alexander venait de s'asseoir.

« Si ça ne vous dérange pas, je me permets de commencer. »

L'invocation écouta avec attention le récit qui se déroulait à la lumière du feu. Devant ses yeux se dessinaient la ville et ses toits, baignés par la Lune. Les craquements de l'escalier résonnaient presque dans la clairière alors que le jeune homme narrait le meurtre du couple. Le corbeau retint un grognement de dédain : si il lui avait fallu une preuve supplémentaire de la barbarie humaine, ce n'était plus le cas... Mais, phrase par phrase, la vie d'Alexander Lukaschko prenait forme. Le sang qui avait marqué le début de sa nouvelle vie, et le sang qui l'avait consacré.


« Et pour finir, il.... Je suis resté plusieurs minutes devant le cadavre, avant de m'en aller avec une nouvelle fois la Lune comme seul témoin de ce qui s'était passé... »

Un silence pesant s'installa. Curieusement, Rook était indécis sur l'attitude à prendre. Si son comportement n'en laissait rien paraître, ses pensées se chevauchaient furieusement.
Sa première réaction eut été de chasser l'assassin du temple. Il avait cru déceler en lui quelque chose de nouveau, d'inattendu, mais il ne s'était révélé n'être qu'un autre de ces montres, un de ceux qui ne pensait qu'à lui-même, insouciant des répercussions de ses propres actes sur la vie et l'existence des autres. Combien comme lui arpentaient les rues en ce moment même ? Combien d'humains vivaient en dehors de toute forme d'équilibre avec la nature qui les avait enfantés ?
Mais restait-il même une nature avec qui cohabiter ?

Le corbeau frissonna à l'idée qu'il ne connaissait presque rien du monde extérieur, ni du degré de corruption auquel les humains avaient pu le mener. Certes, les Dieux avaient passé leur courroux sur le monde, mais...les humains étaient toujours là, eux. Alors que les Invocations étaient condamnées à pourrir dans l'ombre d'un temple ou à servir dans celle d'un maître...
Au fond de son être, Rook pouvait sentir la morsure froide de la rancœur. Au fond de lui, le corbeau comprenait et enviait le jeune assassin. A' bien y réfléchir, pourquoi pas ?
Tuer était une façon comme une autre d'exister... Une façon comme une autre de se venger et de tenter de combler ce vide qui le tenaillait...

Un applaudissement soudain l'arracha à ces morbides pensées.
La jeune femme venait de se lever et enlevait désormais son manteau.

« Beau récit, sûrement du vécu... » , grinça-t-elle.

Patient, Rook attendait.

Un frisson parcourut les arbres alors qu'elle déclamait doucement. Le corbeau la fixait maintenant avec intérêt.Le bruit d'une larme qui s'écrase au sol emplit l'espace autour de la petite congrégation.

« Tu voulais une histoire, demi-dieu, tu voulais que l’on te conte une histoire...  et bien voilà la mienne : je n’en ai pas ! Je n’en ai plus ! Tu m’as ôté tout ce qu’il me restait d’histoire ! »

L'interpellé ouvrit le bec pour protester, mais elle ne laissa pas faire. Sans pause, elle continua comme une avalanche :

« Vous êtes tous les mêmes, des assassins, des erreurs, des monstres ! Tu m’as enlevé ma famille, tu es immaculé du sang de ces innocents ! Tu es un monstre ! Si horrible ! Tu m’as volé mon histoire ! »

Cette fois, le silence qui s'en suivit dura plus longtemps. Les flammes vacillèrent un peu plus violemment alors que Rook fixait la petite albinos, incrédule.

Le reste arriva en un clin d’œil.
Le feu fut soufflé, les ténèbres reprirent leur place, plus étouffantes que jamais. Un froid glacial s'empara des membres auparavant réchauffés par le foyer.
Tel une bourrasque, le masque squelettique du corbeau se jeta sur la jeune fille, pour ne s'arrêter qu'à quelques centimètres de son visage : toute lumière avait disparu, et ce n'étaient que deux orbites vides, gelées, qui semblaient sonder l'âme de l'albinos. Autour de sa tête, un masse grouillante de volutes plus noires que les ténèbres apparaissait pourtant clairement, toute ressemblance avec un corps d'oiseau perdue.

Un sifflement rauque résonna, comme si la voix du corbeau provenait directement des entrailles de ses victimes.

« ...Comment...Comment oses-tu ?... Comment oses-tu pénétrer en ce lieu pour m'accuser de tels crimes ! »

La voix gagnait en volume au fur et à mesure.

« Tu es comme les autres... Vous croyez tout savoir, tout connaître, du haut de votre existence éphémère et insignifiante... Vous croyez nous connaître, alors que vous nous utilisez sans aucune vergogne ! »


Les derniers mots rebondirent dans les ténèbres. Les arbres avaient disparu, ainsi que les étoiles, et plus un bruit ne venait troubler l'écho.
Lentement, léger comme des plumes, de longs bras de vapeur noire se détachèrent de la masse pour venir s'enrouler autour du cou de l'impertinente.

« Tu oses me tenir pour responsable de ta perte, moi qui ait tout perdu à cause de ton espèce... Moi qui n'ait jamais tué ou souhaité du mal à qui que ce soit... A' quoi que ce soit !! »
Les volutes caressaient désormais le visage de la frêle albinos, remplissant sa bouche, ses narines, ses oreilles... Seuls ses yeux étaient laissés libres. Rook n'arrivait pas à détacher son regard de ces iris rouges comme le sang. Sa propre vison était en train de glisser vers le noir, les ténèbres rougeâtres.

« Je n'ai jamais tué personne... Jamais... » Le sifflement se mua en un murmure menaçant. « Mais je veux bien commencer aujourd'hui... » ajouta-t-il méchamment alors que la vapeur commençait à se forcer un passage dans la gorge de sa victime. « Tu as réussi » croassa-t-il, moqueur. « Tu as passé mon épreuve, vous avez tous les deux passé mon épreuve ! » ajouta-t-il avec un fausse joie dans la voix. «  Vous voulez faire de moi un monstre ?! Très bien, c'est ce que je vais... »


Et soudain, un éclair de lucidité.
Tout se termina aussi vite que cela avait commencé.
Seule l'obscurité, bien que allégée de la sensation d'oppression,  restait. Impossible de déterminer les contours de l'espace, même à la lueur du feu, qui venait de se rallumer comme par magie.

Au bord de sa prison, loin des regards des prétendants, Rook contemplait le vide, horrifié. L'espace d'un instant, il avait basculé. Il avait failli le faire. Non qu'il ait été possible de blesser réellement la jeune fille, mais il avait voulu la tuer ! Il l'avait vraiment désiré, ne serait-ce que pendant une seconde. Pendant un long instant, il avait désiré au fond de lui briser ces chaînes magiques qui ne lui permettaient que de projeter des illusions afin de déchirer vraiment la pauvre petite de l'intérieur.

La 'pauvre petite'... Il avait honte. Honte d'avoir pu se laisser déstabiliser par ses paroles. Il pouvait ressentir en Nausicaä une douleur semblable à la sienne, tout aussi profonde. Et cette même douleur, bien que plus enfouie, pulsait en Alexander.
Comme purgé d'un voile qui lui avait couvert les yeux, le corbeau réalisait à quel point il était aveugle. Sa captivité dans les ténèbres avait fait de lui un être incapable de voir, et incapable d'être vu. De quel droit jugeait-il les hommes ?... Il ne valait clairement pas mieux qu'eux.

Et il se sentait vieux. Lourd. Il lui était impossible de revenir sur ces paroles, prononcées dans le rouge de la rage. L'épreuve était finie. Du moins, pour les humains.

Comme au début, sa voix s'éleva en un murmure :

« Je suis désolé...Je... » Les mots moururent dans le noir. « J'ai... J'ai besoin d'être seul. »

Bien sûr, ce n'était qu'un mensonge.



[HRP: Je m'excuse de cette réponse quelque peu...envahissante et violente ^^' Évidemment, Rook n'aurait jamais pu faire de mal à os personnages, ce n'est que le pouvoir d'illusion qui lui est conféré par la magie du temple... Enfin, explication de Roman, quand tu nous tiens....]
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Aventure #8 écrite Sam 1 Nov - 19:05

Son récit terminé, Alexander avait fixé l'étrange corbeau. Mais il détourna son regard quand la femme se moqua de cette histoire... Son histoire ! Une seule envie parcouru le corps de l'assassin celle de la tuer, lui planter sa lame à l'arrière du crâne. C'était une mort rapide et propre. Seul la présence de l'invocation sauva Nausicaa.

Puis elle continua, mais le jeune homme ne savait pas si elle s'adressait à lui ou à elle-même. Si ces paroles lui étaient destinées il aurait voulu lui répondre que oui, il avait prit du plaisir à tuer cet homme. Mais seulement parce qu'il avait pu venger sa famille. Il aurait également aimé lui faire remarquer qu'il n'avait pas toucher à sa femme, ni à ses enfants, ainsi eux ont eut un avenir ! Mais elle ne lui laissa pas le temps de répondre. Elle s'en prit à la créature...

"Tu m’as ôté tout ce qu’il me restait d’histoire ! Vous êtes tous les mêmes, des assassins, des erreurs, des monstres ! Tu m’as enlevé ma famille, tu es immaculé du sang de ces innocents ! Tu es un monstre ! Si horrible ! Tu m’as volé mon histoire !"


Alexander hésita un moment suite à ces paroles, la jeune femme connaissait-elle ce «  demi-dieu »...

* Ce corbeau un demi-dieu ? Mais ce n'est qu'une invocation de quoi parle-t-elle ?... *


A cet-instant, il se rappela du passage d'un livre qu'il avait lu il y a des années, où les invocations étaient comparés à des demi-dieux déchus... Une théorie farfelue, certes les invocations avaient des pouvoirs extraordinaires mais ils ont toujours étaient des serviteurs. Auparavant pour les Dieux et maintenant pour les humains qui s'en montraient dignes.

Soudain la lumière disparut à nouveau, et le froid s'installa. Alexander ne voyait plus rien excepté les yeux violets de l'invocation, qui foncés vers Nausicaa s'arrêtant à quelques centimètres d'elle. La scène était tellement irréaliste que l'assassin en eut le souffle coupé. Puis un panache noir entourant ces yeux apparut de telle façon que le jeune homme ne percevait ni Nausicaa, ni les orbites violettes...

Alexander concentra sa vue sur la vapeur qu'il dégageait à chaque respiration, et son ouïe sur les paroles du corbeau. Celui-ci était extrêmement énervé, et surtout extrêmement puissant. Cette puissance hérissait les poils du jeune garçon, à moins que ce soit le froid.

Mais il y avait une chose que l'assassin n'arrivait pas à comprendre...

* Comment ça il a tout perdu à cause des humains ? Mais il n'a jamais eut de liberté, si ?.... *


Maintenant le corbeau menaçait de tuer l'albinos... Cela ne pouvait être que profitable à Alexander

* Tues-la ! Vas y tu verras ce n'est rien ! Tu nous hais c'est bien ce que tu as dit alors vas y venges-toi... *

L'assassin ne voulait pas forcément faire du corbeau un monstre, il voulait ramener une invocation pour rendre son maître fier de lui. Mais s'il fallait en arriver là, il n'aurait aucun problème pour s'endormir.

Alors qu'un sourire commençait à apparaître sur son visage. L'obscurité s'illumina d'un seul coup. Il était éblouis, il fallut donc une petite minute pour qu'il puisse à nouveau voir distinctement. Tout ce qu'il vit c'est que le corbeau avait disparu, il le chercha désespérément du regard – quelqu'un d'aussi puisant mieux valait savoir où il se trouvait -. Ne l'apercevant pas, il regarda en direction de Nausicaa et malheureusement elle était toujours vivante...

« Je suis désolé...Je... J'ai... J'ai besoin d'être seul. »

* A ça certainement pas ! Je ne vais pas abandonner maintenant... *

Il était sur le point de répliquer à plein poumons. Mais il s'abstint au dernier moment, il ne voulait pas risquer d'être tué dans un nouvel accès de colère de la créature. Après avoir réfléchit, il se décida quand même à parler.

« Désolé mais je ne vais pas vous laisser seul... J'ai fait un long chemin pour passer votre épreuve...  Nous ne pouvons pas avoir tous les deux réussi... Il faudra donc choisir messire. »


Il se racla la gorge, puis reprit :

« Je ne souhaite pas vous forcer, mais il faut qu'on sache, vous comprenez ? Personnellement je ne suis pas pressé, je peux donc attendre... »


Il s'allongea et posa les mains sous sa tête,

« Après je ne sais pas si l'attente sera longue, tout dépend de vous... Mais pour faire passer le temps pourquoi ne pas raconter votre histoire ? Nous l'avons tout deux faits... Avec plus ou moins de cœur à l'ouvrage, certes, mais malgré tout nous l'avons fait.

Après si vous préférez je peux vous faciliter la tâche en la tuant... Mais je ne suis pas sûr que cela vous plaise...

En attendant je vais rester allongé sans bouger. »
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Aventure #9 écrite Mar 4 Nov - 19:47

Les ténèbres, voilà ce que ses mots avaient provoqués. Elle venait de déchainer la colère du demi-dieu qui n’en plus qu’effrayante. Un grand froid s’installa en elle alors que la peur vint ronger ses os. Il s’était approché, si vite et si près qu’elle ne pouvait que fixer ces orbites vides, hypnotisée. Elle déglutit alors que les dernières larmes coulent dans le noir devenu étouffant et inquiétant. Des reproches, plus acerbes les unes que les autres. Il était en colère, cet oiseau fait de fumée. Et les mots tranchaient l’obscurité et le silence s’était fait malgré les hurlements de colère.

La jeune fille sourit malgré la peur. Oui, elle souriait dans le noir. Ses yeux riaient, deux rubis dans la pénombre. Et même lorsque deux mains faites de volutes de fumée vinrent enlacer son cou dans une étreinte mortelle, elle ne cessa de sourire. Puis la fumée vient envahir son corps, entrant en elle. Nausicaä se sentie violée, bafouée. Mais elle ne cessa de sourire, heureuse d’avoir provoqué la colère du demi-dieu. Cependant, sa vision diminuait, grandement, elle devenait aveugle. Et être plongée dans les ténèbres pour toujours… Elle hurle malgré la fumée qui obstrue sa bouche, elle hurle sa peur. Les ténèbres, non !

Les visions d’horreur reviennent. Ces corps baignant dans cette mare de sang, ces regards vides, morts. Ces corps mutilés et ce rire glacial. Elle hurle, plus fort encore tandis que la peur s’installe dans son corps et son esprit, la faisant trembler. Elle n’écoute plus l’oiseau, elle n’a plus conscience du reste du monde. Elle est perdue, dans ses pensées, elle est perdue avec pour seul repère les corps de sa famille baignant dans leur sang. Elle a froid, si froid. Elle a si peur, les larmes coulent à nouveau alors que ses yeux, grands ouverts, expriment l’effroi devant ce souvenir macabre.

Puis tout s’arrête. Le temps, les souvenirs, son souffle, sa vie. Elle reste immobile, impassible bien qu’effrayée alors que le demi-dieu réalise. Elle avait faillit mourir, elle avait faillit rejoindre ses parents. Ou pas… son âme était si noire en cet instant qu’elle aurait fini dans les flammes de l’enfer. Sa vision ne revint pas de suite de même que ses tremblements demeurèrent un instant encore. Il n’eut que les hurlements qui cessèrent, rendant à la pièce son silence d’origine.
Et le son croassant d’une voix rauque perça ce mur qui la retenait devant l’illusion des corps de sa famille. La vue revient, sa respiration reprend et le calme se fait lentement dans son esprit tourmenté. Elle regarde l’homme, comme si elle le voyait pour la première fois. Puis son regard se pose sur les flammes qui dansaient sans pour autant éclairer les alentours.

Et la voix de l’homme résonne dans le silence, clamant haut et fort qu’il ne lâcherait pas l’affaire. Il désirait même la tuer ! Nausicaä le regarda froidement avant de se détourner de cet homme aux mœurs bien sombres et peu agréables. Elle croise les bras, maintenant qu’elle a retrouvé ses esprits. Ainsi, le demi-dieu voulait rester seul ? Hé bien soit, elle n’allait pas le laisser faire. La colère remplaçait maintenant la peur et l’effroi. Elle s’avança dans la pénombre d’un pas léger mais tout de même bruyant pour quiconque savait écouter.

« Tu fuis, encore » commença-t-elle d’un ton accusateur, « tu fuis et tu as peur de simples humains. Mais vois donc où ton orgueil t’a mené, Demi-dieu, vois donc où la folie de tes actes t’a conduit ! Tu étais prêt à me tuer ! A m’ôter la vie comme le monstre que tu es ! Infâme créature ! Mais fais donc ! Assassine la pauvre humaine que je suis ! Après tout, tu as tout perdu à cause de moi ! »

La colère était présente, si présente et dirigée vers cet homme et cette invocation. Elle serra les poings et s’arrêta de marcher, perdue dans les ombres désormais. Plus personne n’avait d’importance si ce n’était cette colère qui venait de prendre forme devant elle, parfaite allégorie.

« Tu es pathétique ! Même l’autre feignasse a plus de cran que toi ! » cria-t-elle en désignant Alexander du doigt. « Alors décides toi vite, décide toi ! Vas-tu de nouveau vouloir ôter la vie et ainsi assumer ce que tu es, une ignoble créature, ou bien vas-tu fuir en nous laissant attendre selon ton bon vouloir ? Fais un choix, créature, mais fais vite car le temps, contrairement à toi, a une emprise sur nous ! »
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Aventure #10 écrite Lun 22 Déc - 0:35

Il avait été sot de croire que les humains accepteraient d'en rester là.

« ...pourquoi ne pas raconter votre histoire ? »

Rook se surprit à dévisager son interlocuteur alors que celui-ci finissait sa tirade. Leur raconter son histoire ?

« Après si vous préférez je peux vous faciliter la tâche en la tuant... Mais je ne suis pas sûr que cela vous plaise... En attendant je vais rester allongé sans bouger. »

Le regard glacial de la jeune fille n'échappa pas à Rook. Avant qu'il ne puisse répondre à Alexander, celle-ci sortit du cercle de lumière et éleva la voix à son tour. Sans un soupir, l'invocation essuya la pluie de reproches : fou, infâme, pathétique... Contrairement à ce que son aspect frêle aurait pu prêter à croire, Nausicaä était probablement la plus décidée des deux prétendants. Rook détourna le regard. Devant lui, l'assassin attendait patiemment. Une qualité qui avait l'air de faire défaut à sa rivale du moment.

Inutile de se mentir, Alexander avait raison. Il lui fallait choisir. Après tant de siècles passés dans cette prison sans lumière, le moment était venu d'affronter le monde à nouveau.

Oui, mais avec qui ?

En face de lui se dressaient deux prétendants que tout semblait opposer. Nausicaä, jeune, la peau claire en net contraste avec l'obscurité du temple, les yeux lumineux tels deux gouttes de sang sur la neige.
Et Alexander Lukaschko, qui au contraire se fondait presque naturellement dans l'ombre que ses yeux couleur acier transperçaient sans peine.

D'un côté, une jeune femme rongée, de l'autre un jeune homme ambitieux. L'une semblait être au bord du gouffre, l'autre à  la croisée des chemins...
Sans briser le silence, Rook s'envola doucement pour venir se poser à mi-chemin entre le rocher et les deux prétendants. Disparue l'effrayante créature faite de cauchemars, il n'était plus qu'un simple petit corbeau au corps vaporeux, et la voix qui s'éleva dans l'obscurité était lourde de fatigue et de chagrin :

« Pourquoi êtes-vous ici ?... Qu'attendez-vous de moi ? Des réponses ? Je n'en ai pas. De la puissance ? » Il se tourna vers Alexander. « Vous avez mal choisi... De la sagesse ? » Ses yeux vrillaient désormais le rouge de Nausicaä. « Ai-je l'air d'être en mesure de vous aider?... »

Le corbeau laissa échapper un soupir et baissa les yeux. Il avait beau se mentir, il était curieux. Curieux de voir le monde, de découvrir ce qui avait changé. La Lune brillait-elle encore toutes les nuits ? Le vent continuait-il à lui murmurer sa dévotion comme avant ? Le regard fixé vers la porte invisible, Rook se sentit parcouru d'un frisson. L'extérieur l'appelait.
Et il avait peur de répondre.

Les paroles de Nausicaä résonnaient désormais autour de lui. *Tu fuis encore...*
Malgré lui, le Corbeau avait envie de sourire. Elle avait raison. Le temps d'un discours, il avait essayé de se dérober, de rester enveloppé dans son cocon de noirceur. Mais il était temps de se décider.

Imperceptiblement, l'atmosphère se relâchait. Le Temple avait tout à coup l'air moins oppressant, les ténèbres s'étaient adoucies. Rook aurait juré qu'il pouvait entendre au loin la brise nocturne. En un instant, la forêt était revenue.
L'invocation était venue se poser sur une branche près d'Alexander. Son choix était fait.

« Alexander Lukaschko, je suis flatté d'avoir été choisi par un jeune homme aussi prometteur que toi afin de devenir ton invocation. » lui dit-il. « La nuit semble te connaître, et réserve sans doute bien des surprises à ton égard. » Il prit une profonde inspiration avant de continuer « mais je ne crois pas être celui que tu cherches. Je suis désolé, je crois qu'il est mieux pour toi, pour moi, que nous empruntions deux chemins différents... »

Le Corbeau baissa les yeux. Il n'avait pas tout dit. Derrière le regard de métal du jeune assassin luisait un futur qui l'effrayait. Cela lui en coûtait de l'avouer, mais quelque chose en lui le poussait à suivre la voie du sang qui se profilait avec Alexander : enfin, la possibilité de se défouler, enfin la chance de se venger, de libérer sa souffrance... il s'arracha avec difficulté de ces macabres visions.

Lorsqu'il se posa en face de Nausicaä, les mots lui vinrent tout aussi difficilement.
« Jeune Nausicaä... »commença-t-il, incertain« ...Tu me sembles tout aussi perdue que moi. »
Le poids de ces mots le freina un instant. Il pouvait encore entendre la respiration d'Alexander dans son dos. Il était encore possible de changer de choix. Il n'avait pas encore prononcé les mots... Comment savoir si le futur incertain qu'offrait la jeune albinos n'allait pas se révéler encore plus sombre que le meurtre froid promis par Alexander ?

Le souffle court, Rook se remémorait son emprisonnement. La sensation de chute interminable, la lumière blanche qui s'éteignait dans ses yeux, le froid... le froid mordant. Et puis, devant ses yeux, la Lune. Si belle, dans sa robe argentée... Le temps d'un battement de cœur, il crut apercevoir la lumière de sa Dame dans la chevelure de Nausicaä.
Et en ce même battement de cœur, sa décision était prise.

« Nausicaä, je serai ton Invocation. »










~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

[Alors... Tout d'abord, je m'excuse pour ce retard impardonnable !! Presque deux mois... j'ai honte. A' ma décharge, j'ai passé une période d'examens infernale, qui ne s'est terminée que samedi soir (youpi !! deux semaines pour réviser tranquillement les partiels de janvier ! XD)

Ensuite, je me suis senti comme une loque au moment de décider vraiment entre vous deux... une sensation horrible... Mais bon, vu que j'avais pas trop le choix (enfin si, mais pas d'autre choix que de faire un choix, quoi... vous me suivez ?Razz), j'ai dû me forcer. Si j'ai choisi Nausicaä, c'est surtout parce que, paradoxalement, Alexander me correspond beaucoup plus : je suis habitué à jouer (dans les Forums RP comme dans les jeux vidéos) toujours des personnages furtifs, du genre trop-la-classe-troprpofond-trop-dark-trop-silencieux (enfin, en un peu plus développé, quoi... je ne suis pas si limité non plus).

Donc, pour une fois, j'aimerais essayer quelque chose de complètement différent:) Et puis j'aime bien l'idée de deux paumés qui se sauvent mutuellement (ou qui sombrent ensemble, qui sait).
Je n'ai pas sorti de grosse formule, et j'ai préféré attendre vos réactions avant d'écrire la libération à proprement parler (je ferai ça vite, ça commence à devenir fatiguant, l'obscurité XD).

Par contre, je m'excuse pour le post nul à.... Vraiment, je n'ai jamais été aussi peu convaincu par ce que j'écris.... Il faut vraiment que je me remette dans le bain....

Bref, en conclusion.... Encore désolé du retard!!!!!!]
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Aventure #11 écrite Mer 24 Déc - 12:21

Le regard que lui portait Nausicaä n’émut en rien l’assassin. Oui il voulait la tuer, après tout sans elle tout ceci serait déjà terminé. Et Alexander serait en route direction la capitale ; avec le corbeau volant au-dessus de lui.

Mais l’albinos ne s’intéressa pas bien longtemps au jeune homme, elle était à nouveau concentrée sur l’invocation. Elle s’avançait vers la créature en lui criant à nouveau la haine qu’elle éprouvait envers lui et ceux de son espèce.

* N’as-tu donc pas retenu la leçon ? Pauvre sotte, cette fois-ci meurs pour de bon sous le courroux de notre hôte *

Maintenant elle s’en prenait à lui. Quelle chance avait-elle qu’ils soient dans le temple, sous le regard de l’oiseau. Si elle avait osé prononcer ces mots dans un autre endroit, il le lui aurait fait payer. Comme tout homme il avait son honneur !

Quand il entendit le battement d’aile de la créature Alexander se releva, il sentait que tout ce cinéma allait bientôt se terminer. Il fut surprit quand il posa son regard sur le corbeau, de ne voir qu’un corbeau un peu étrange, mais rien de plus qu’un corbeau…

« Pourquoi êtes-vous ici ?... Qu'attendez-vous de moi ? Des réponses ? Je n'en ai pas. De la puissance ? »

Avant que ce dernier ait eu le temps de répondre, l’être ailé continua ;

« Vous avez mal choisi... De la sagesse ? Ai-je l'air d'être en mesure de vous aider?... »

Il fit de même pour la jeune albinos.

L’assassin qui était maintenant assit par terre, le genou gauche remonté et son bras gauche posé sur ce dernier de telle façon que sa main cachait sa bouche. Il fixait l’invocation avec insistance, il voulait qu’elle parle, il voulait une réponse. Mais aucun son ne sortit de son bec pendant de longues minutes. Le corbeau semblait en plein conflit intérieur.

Puis soudainement l’environnement extérieur se modifia à nouveau, ils étaient revenus dans la petite clairière. Déconcentré Alexander ne remarqua pas que Rook venait de se poser près de lui. Quand il s’en rendit compte, il le fixa à nouveau dans les yeux, il devait afficher son envie.

« Alexander Lukaschko, je suis flatté d'avoir été choisi par un jeune homme aussi prometteur que toi afin de devenir ton invocation. La nuit semble te connaître, et réserve sans doute bien des surprises à ton égard. »

Un sourire apparut derrière la main de l’assassin il était certains de ne pas repartir seul.

« mais je ne crois pas être celui que tu cherches. Je suis désolé, je crois qu'il est mieux pour toi, pour moi, que nous empruntions deux chemins différents... »

Alexander n’avait pas vu le coup partir, il fut frappé de plein fouet. Sonné il ne comprenait pas ce qui se passait sous ses yeux.

Et ce fut cette phrase qui le ramena à lui ;

« Nausicaä, je serai ton Invocation. »

Alexander les poings serrés, se mordait la lèvre inférieure, tout en fixant l‘invocation.

* Que faire ? Que faire ?.... Non je ne veux pas le laisser… Surtout pas à une femme aussi faible… N’a t-il aucun respect pour sa propre personne ? Il est puissant et il veut partir avec cette femme qu’une simple brise pourrait tuer ? *

Un petit goût de fer le ramena à la réalité, il s’était mordu assez fort pour s’ouvrir la lèvre.  Un seul désir bouillonnait à l’intérieur de l’homme, tuer la créature, elle venait de le ridiculiser en choisissant cette femme. Elle l’avait déshonoré lui et la confiance que son maître lui portait.

C’était la première fois qu’Alexander ressentait une colère de ce type, il ne comprenait pas ce qui lui arrivait. Et pourtant c’était si simple à expliquer il était jaloux de Nausicaä.

Malheureusement pour Alexander l’invocation était intouchable, seule sa nouvelle maitresse était mortelle. Il était sûr qu’en duel il n’aurait aucun mal à la battre mais avec une invocation à ses côtés la situation était tout autre… Même si le corbeau semblait se refuser à tuer un être humain, l’assassin n’allait pas prendre le risque de le mettre en colère. Tout du moins pas tout de suite…

Il se releva lentement, et fit face aux deux nouveaux alliés, il les fixa l’un après l’autre et fit demi-tour se dirigeant vers la sortie. Et alors qu’il marchait, il repensait à son impuissance actuelle, il ne pouvait pas agir physiquement ce serait du suicide. Soit au lieu d’agir avec ses poings sous l’effet de la rage, il allait crier sa rage. Et en s’arrêtant près d’un arbre, il se retourna et s’adressa de la voix la plus forte et la plus déterminée qu’il puisse avoir dans sa situation ;

«  Nausicaä avait raison, vous fuyez votre destin messire… Vous avez peur du monde extérieur, et de la folie qui pourrait vous prendre à l’extérieur. Alors vous avez choisis la solution qui vous ramènera le plus vite en ces lieux. Cette solution c’est cette femme. Une femme tellement faible que le vent n’a qu’à souffler une brise pour la faire plier.

Comme on m’a toujours dit, la colère et la rage sont des alliés puissants mais ils sont à doubles tranchants. Il faut savoir les utiliser. En effet en venant ici je cherchais de la puissance, mais ce n’est pas aussi simple. Je cherchais un allié, un compagnon. Nos routes se séparent mais j’ai l’intime conviction qu’elles se rejoindront à nouveau. »


Depuis qu’il parlait il n’arrêtait pas de faire sortir et rentrer la lame de sa main gauche, dans un chuintement métallique propre à cette arme…

« Une dernière chose avant que je m’en aille, Nausicaä faites attention lors des nuits de pleine Lune, à tous les bruits qui vous entourent. Il se peut qu’il y en ait un plus significatif que les autres –Il ressort à nouveau la lame- Prenez garde, il ne faudrait pas que ce soit le dernier bruit que vous entendiez… »

Et il partit en marchant avec moins d'assurance qu'à son arrivée au temple. Arrivé à la sortie il claqua les portes derrière lui, avec de nouveaux objectifs : faire part de son échec à son maître, et tuer sa nouvelle cible la jeune albinos.

[HRP: Bon et bien voilà comment se termine ce RP après 20 jours d'écriture et 1 mois et demi d'attente ^^. Et bien tant pis pour moi et tant mieux pour toi Nausicaä ! Je sais que ma réponse est spéciale et même si je me suis mis dans la peau du personnage, je suppose que mon côté ultra rancunier ne pouvait que déteindre Very Happy ]
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Aventure #12 écrite Mar 30 Déc - 22:17

La jeune femme resta bouche bée un instant devant le choix de l’oiseau. Elle ? Pourquoi elle ? N’avait-elle pas tout fait pour l’en dissuader ? Elle ne comprendra jamais ces Invocations… quoi qu’il en soit, elle venait, à tous les coups sûrs, de se mettre l’autre bouffon sur le dos. Elle avait intérêt à prévenir Nathaniel et même Hasmael. Tient, d’ailleurs, en parlant d’Hasmael, où était ce gros lézard ? La jeune fille perdue ne l’avait pas revu depuis qu’elle l’avait congédié à aller faire le tour de l’île….
Nausicaa croise les bras et regarde partir l’assassin en gardant la tête haute. Ce n’est qu’une fois sortit de la salle, en claquant la porte, qu’elle s’écroule sur le sol et laisse libre court à ses larmes qui ne cessent de couler désormais.

Pourquoi, pourquoi elle ? Pourquoi le destin s’acharne-t-il contre elle ? Pourquoi cet oiseau n’avait-il pu choisir cet homme aux desseins bien plus sombres et intéressants ? Pourquoi se devait-il de rester avec elle ? Petite fille perdue, petite fille qui hait les demi-dieux… Elle frappe le sol du poing et hurle de douleur mais aussi de rage. Pour elle, elle venait de perdre, de perdre le défis qu’elle s’était lancé : affronter son passé et tourner la page. Elle croyait vraiment qu’en libérant ce corbeau, elle allait pouvoir se libérer d’un poids. Mais hélas, il n’en fut rien car les chaines ne firent que se resserrer autour de son cœur.

Elle se relève et fait face à l’invocation. Un dilemme se pose. Le renvoyer, lui annoncer qu’il s’est trompé d’humain ? Ou bien sortir en sa compagnie ? Sortir avec un poids sur les épaules en plus ? souffrir d’avantage en contemplant son passé à chaque pas, à chaque regard ? Elle passe une mains devant son visage et sent un liquide visqueux venir se répandre sur sa figure gelée. Du sang… Nausicaa, dans la faible lueur de la pièce, contemple la blessure qui venait de s’ouvrir des suite de son coup sur ce sol en ruine. Blessure qui n’allait faire que s’empirer lorsqu’ils sortiraient dans le grand froid de cette montagne. Elle soupire puis se retourne, sans rien dire. La jeune femme récupère ses habits qu’elle enfile avant de s’avancer vers la sortie de la salle avec une seule idée en tête : continuer à affronter son passé, arrêter de le fuir, malgré que cela soit plus qu’un combat à ses yeux, malgré que cela devienne un enfer permanant. Ika l’avait lâché, Kamael était parti. Il ne restait qu’Hasmael et… Rook, sont nouveau compagnon de voyage.

Ah qu’il était loin le temps où elle souriait à ces divinités en leur montrant la liberté d’un doigt jovial. Elle n’abordait plus qu’une sombre mine, défaite, déconfite. L’envie d’aller rejoindre ses parents se faisait de plus en plus grande. L’envie de mourir ne cessait de grandir tandis qu’elle se sentait encore plus seule dans ce monde égoïste. Malgré Nathaniel, malgré Hasmael et Rook. Elle ne pouvait que se sentir faible, perdue et abandonnée de tous. Trahie par ceux qu’elle croyait des amis, trompée par ceux en qui elle avait confiance. Oui, elle ne pouvait que demeurer seule en ce monde, ce monde qui ne cessait de lui mentir.

Elle posa une main sur la poignée de la porte mais n’ouvrit pas. Non, elle se contenta de regarder Rook, le regard emplit de larmes. Elle avait peur, si peur de mourir. Elle avait si peur de sombrer dans la folie. Elle se sentait si proche du suicide mais elle ne voulait pas quitter la vie, pas pour le moment. Alors elle ne pu que lui murmurer ces mots, ces quelques mots suppliants, dénués de tout animosité :

« S’il te plait, aide moi. Je t’en supplie, protège moi du monde, de moi-même. Ne me laisse pas seule ! Rook, je t’en supplie, ne m’abandonne jamais ! »

Nausicaa avait si mal au cœur. Sa gorge se serrait au fur et à mesure qu’elle découvrait sa solitude en ce monde. Elle avait peur, oui, elle ne voulait pas rester seule. Et le hurler n’y changerait rien… Pourtant, elle gardait espoir, elle gardait un certain espoir que cette fois-ci, son vœux s’exaucerait et qu’elle n’aurait plus peur du lendemain. D’un lendemain seule et sans repères avec pour seules visions l’abandon d’amis proches et le mensonge de personnes chers à ses yeux.

[HRP: Désolée pour l'attente :/ Rook, je te propose d'ouvrir un nouveau topic ? A moins que tu ne veuilles finir correctemet le Rp ici ? ^^ Alexander, merci, beau Rp et beau combat intellectuel XD]
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Aventure #13 écrite Mer 31 Déc - 18:34

La grande porte se referma  lentement, l'odeur du sang d'Alexander dans l'air. Une fois de plus, le silence régnait en maître sur la scène. Les derniers mots de l'assassin avait laissé une tension palpable dans la salle.

Rook frissonna. Peut-être avait-il choisi hâtivement. Les menaces du jeune homme confirmait son intuition, le voile de noirceur plus épais que jamais sur son futur, mais à aucun moment le corbeau n'avait envisagé de tels risques pour sa nouvelle maîtresse...

Maîtresse... Lui qui n'avait jamais connu de chaînes avant la Chute, lui qui n'avait jamais répondu à d'autres que sa Lune...il était maintenant lié à cette humaine fragile. Et mortelle. Saurait-il seulement la protéger ? Il ferma les yeux, laissant ses nouveaux sens embrasser l'air autour de lui, l poids sur ses épaules s'estompant peu à peu. Sous le coup de la tension, il n'avait rien remarqué au début. Mais un voile s'était levé : finie l'omniscience que lui apportait la magie du temple. Mais finie aussi la brume qui étouffait son être.

Enfin, Rook percevait le monde de ses propres sens. La respiration de la pierre, le sifflement de l'infinité de courants d'air qui traversait le temple... Enfin, le monde s'ouvrait à lui de nouveau...
Ses yeux restèrent fermés lorsque Nausicaä se laissa choir au sol. Sans savoir l'expliquer, le bruit de ses larmes sur le sol de granit en était presque douloureux. Quelque chose le poussait à s'approcher, à la consoler. Mais comment ?
Le corbeau se raidit. Était-ce là un effet du lien d'asservissement ? Devant lui, la jeune fille venait de se relever, sans son aide. Son regard, insondable, était posé sur lui. Il se sentait nu, vulnérable. Déchiré. Une partie de lui en était presque à prier pour qu'elle change d'idée. Presque...

Avant qu'il n'ait le temps de dire quoi que ce soit, Nausicaä était à la porte.
Encore une fois, leur yeux se rencontrèrent, mais Rook fut surpris par la détresse dans le regard de sa maîtresse. Sans lumière aucune, les larmes de la jeune albinos scintillaient néanmoins dans la pénombre du temple. L'air grave, il se contentait d'attendre. Comment imaginer que de telles créatures étaient en partie responsables de la fin de son monde ? Une lumière inexistante jouait avec les cheveux d'argent de la jeune fille. … Certes, la beauté est éphémère, dit-on...

« S’il te plait, aide moi. » murmura-t-elle. Le son de se paroles vint briser le charme. « Je t’en supplie, protège moi du monde, de moi-même. Ne me laisse pas seule ! Rook, je t’en supplie, ne m’abandonne jamais ! »

Sans trop s'en rendre compte, le corbeau était sur son épaule. Alors qu'une légère brume enveloppait sa libératrice d'une douce chaleur, Rook s'entendit enfin répondre :

« Jamais. »
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Les ailes du corbeau

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