La Bergère et le Ramoneur

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 La Bergère et le Ramoneur

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Nérée Helireah
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Aventure #1 écrite Sam 7 Mar - 4:44


   
   
   

Ses prunelles envoûtantes restaient fixées sur la grande porte de bois. A première vue, il n'y avait rien de bien étonnant quant à cette chose imposante. Celle-ci était fermée à double tour, protégeant précieusement les mille trésors inutiles des Hommes. Gardienne inutile. Passer une porte était facile. Depuis combien Nérée n'avait-elle fait un pas ? Les derniers tintements du clocher de Lüh parvenaient à ses oreilles ; il était vingt et une heure. La lune était déjà haute dans le ciel, les habitants avaient déserté les rues pour les tavernes et demeures réconfortantes. Elle, pourtant, restait là debout sur le corps de Terra, immobile. Ses épaules se soulevaient sensiblement au rythme de sa respiration, seul signe montrant qu'elle n'était pas une statue que l'on avait déposée là, pour décorer. La demoiselle réfléchissait. Au final, elle ne trouvait aucune explication à cet évènement fort ennuyant. Un oubli qui ne pouvait se faire lui-même oublié, bien que la Dame Aux Fleurs ait souhaité agir de la sorte. Un faible soupir échappa à lèvres entrouvertes, alors que sa main venait bercer les quelques mèches rebelles qui côtoyaient son visage. Même si cela était facile, cet acte était hors de portée pour sa personne. Ainsi elle restait là, ne sachant réellement quoi faire.
Peut-être attendait-elle simplement.

Plus tôt dans la journée, la jeune noble s'était rendue à la grande bibliothèque de la ville. Avant de partir pour Rorn, elle voulait profiter de ces connaissances pour y soutirer quelques renseignements utiles pour son avenir. Même si elle n'était encore jamais venue en ce lieu, trouver les documents convoités ne fut guère difficile. Nérée avait l'habitude de ce genre d'endroit. Là était l'un des points positifs de ses nombreuses années passées à étudier. Dans cet autre monde silencieux qu'était la bibliothèque, la besogne de trouver des informations fut vite achevée. Alors elle se laissa errer entre les rayons, guidée par ses songes, sa main effleurant les livres au fil de ses pas. Lorsqu'elle s'arrêta enfin, elle se saisit du livre touché du bout de ses doigts, s'installant par la suite dans un coin reculé de la salle. C'était un livre sur les histoires et légendes de l'île. La jeune femme aimait ce genre d'ouvrage. Peut-être était-ce là un côté enfantin de sa personnalité, assumée jusqu'au bout malgré tout. Ainsi, il ne fut guère étonnant de la voir sombrer dans ses propres histoires et légendes inventées, la tirant doucement vers un sommeil profond.

Une main s'était posée sur son épaule, suivit d'une voix agréable et pourtant mêlée d'un agacement certain. « Madame ? » Nérée ouvrit lentement ses paupières, se redressa de la table qui lui servait de lit, réalisant que cette sieste imprévue l'avait conduit dans une situation quelque peu embarrassante pour son rang. Cela n'était toutefois pas important. « Il est l'heure de la fermeture, s'il vous plaît. » Reprit-elle alors, comme si sa venue n'avait suffi à lui faire comprendre que son départ était souhaité. Sans même lui laisser le temps de ranger le livre, l'employée la conduisit hors de la bibliothèque, jusqu'au pas de la porte qu'elle referma derrière elle l'instant d'après. Passant une main dans ses cheveux, la jeune femme resta quelques instants pensive, légèrement désorientée de par ce réveil soudain. Elle songea alors à rejoindre sa demeure. Ce ne fut cependant qu'à la moitié du chemin qu'elle s'arrêta, réalisant que cette impression dérangeante provenait de l'oubli de son carnet de notes à la bibliothèque. Le laisser là-bas était une solution inconcevable. Alors que l'heure était déjà bien avancée, Nérée fit demi-tour.

Ainsi elle s'était retrouvée devant la porte fermée, la nuit ayant déjà entamé son règne éphémère. Elle devait entrer dans cette bibliothèque, même si cela se traduisait par un acte illégal. Elle le voulait. Elle restait cependant passive devant cette barrière, se contentant de l'observer calmement. L'homme était bien impuissant. Les pas qui raisonnèrent derrière elle n'attirèrent guère son attention, l'environnement qui habituellement l'intéressait devenait dénudé de sens. Non, en cette nuit, ses objectifs étaient différents. Peut-être était-ce un caprice. Peut-être était-ce simplement un des désirs les plus purs, les plus simples qu'elle avait éprouvé depuis quelque temps.

Malgré tout, le regard de la demoiselle dévia légèrement lorsque les bruits de pas s'arrêtèrent. Même si elle ne se retourna pas, elle ne pouvait oublier cette présence nouvelle. Inconnue.




   
   
   


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Aventure #2 écrite Sam 7 Mar - 14:21


Une impasse. Puis une autre. Je tombe enfin sur une allée, peut être un peu sombre, mais ma simple présence suffit à chasser toute la noirceur du lieu. Enfin c'est ce que je pense. Le halo sempiternel de la lune voile mon esprit de toute sa douceur, de tout son charme. Je ne suis pas un amoureux de la nuit ; pourtant juste cette fois-ci je me laisse bercer dans ses bras, comme un enfant se laisserait dorloter par sa mère. Le soleil est ma mère, pas la lune. Je suis une lumière parmi les ombres, le héraut du jour face à la nuit. Qu'est ce que je fais là moi déjà ? J'en ai un vague souvenir.

J 'avais raccompagné Violette près de chez elle pour m'assurer qu'il ne lui arriverait rien si jamais nous rencontrions un imprévu. Les rues de la ville portuaire cachent quelques secrets, certains d'entres eux sont dangereux. Mais quand cette réalité tente de vous rattraper, alors c'est là qu'il faut prendre les armes. Mon amie d'enfance n'a pas encore franchi ce pas mais je ne désespère pas qu'elle le fasse un jour. Son statut de noble et son charme admirable fait d'elle la proie de bien des prédateurs. J'en suis un, mais mon choix fût de la protéger au péril de ma vie. Oui, je me rappel maintenant. Je me souviens. Je suis là pour elle et encore une fois, je me suis égaré en retournant vers la grande place. Je crois que c'est un peu volontaire, car il est agréable de se perdre dans ce dédale. Je le redécouvre tout les jours sous un nouvel aspect et celui-ci est plaisant. Il ne fait pas si froid que ça, aussi je suis vêtu en conséquences. Un haut blanc de lin échancré vient épouser harmonieusement les formes herculéennes de mon corps saillant, ceinturé de l'épaule jusqu'au flanc d'un harnais de cuir bleu ou s'y trouve astucieusement plaquée contre mon dos ma lame soigneusement rangée dans son fourreau. Mon bas de coton fauve est renforcé d'asbeste au niveaux des genoux et de solides bottines de marches ténébreuses maintiennent fermement mes chevilles. Le tout se voit recouvert d'une épaisse toge à capuche d'un vert pomme aussi foncée que la nuit ; elle ne possède pas d'ouvertures pour les bras et s'arrête précisément un peu au dessus de mes genoux. Je ressemble à un quelconque aventurier vêtu ainsi, mais je ne suis pas facilement reconnaissable. Visage recouvert, je me faufile tel un chat dans les sombres ruelles de Lüh..

Mes pas me porte jusqu'à un grand bâtiment. Je le reconnais, c'est la bibliothèque de la ville. Elle doit être close à cette heure-ci, et les quelques lanternes accrochées sur la façade me préviennent qu'il n'y à plus grand monde ici, si ce n'est une obscurité faiblement chassée par quelques fluettes lueurs et moi. Mon regard se porte sur la grande porte de bois, et une silhouette m'apparait. Pas très précisément au début, mais je la discerne de mieux en mieux au fil des secondes. C'est une femme, de taille moyenne. Je relève quelques habits raffinés, une allure distinguée. Quelques mèches d'une teinte assez rare se voient révélées à mes yeux à la clarté des quelques lumignon qui décorent le bâtiment. Que fait elle ici, installée face à l'entrée ? Qu'attends t'elle ? Il me semble que c'est fermée. À moins qu'elle patiente pour que quelqu'un vienne lui ouvrir, ce spectacle m'est assez étrange.

Je m'approche. Je ne suis plus très loin d'elle. Un agréable parfum vient me chatouiller les narines, mélangé à la douceur de la nuit. Mon regard la scrute de bas en haut, mais je ne fais pas de bruit. En fait j'ose espérer qu'elle ne m'a pas remarqué. Quelques longues secondes s'écoulent, puis je m'exprime alors vivement.

" Normalement elle devrait s'ouvrir dans la matinée "

Je prends une douce inspiration. Mon ton est gentillet, un peu moqueur. Elle doit sûrement le savoir, mais cette situation est amusante.

" Je vais patienter avec vous tiens. Moi aussi mon insatiable soif de connaissances m'empêche de dormir "

À mes mots je me positionne juste à côté d'elle, tout en enlevant ma capuche, l'imitant alors. Je me tiens droit face à l'imposante entrée de bois, et la fixe machinalement. Je trouve ça drôle. D'ailleurs ça se voit, quelques sourires et un début de rire se font connaitre, mais je me ravise pour garder un air neutre. Je ne me paye pas sa tête, mais l'occasion est vraiment trop bonne. Je ne connais absolument par cette personne pourtant je me permet un geste audacieux ; gênant pour les plus étroits d'esprits, amusant pour les gens comme moi. Je n'ai plus qu'a espérer qu'elle ait un tant soit peu un peu d'humour, mon humeur malicieuse étant au rendez-vous ce soir là.
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Aventure #3 écrite Sam 7 Mar - 19:38



Etait-ce une chance que de voir la nuit forcer une rencontre ? Peut-être était-ce là une autre règle du jeu de la vie qui se dévoilait. Il était vrai que rester immobile ici ne pouvait qu'attirer les fourbes du destin sur elle. Rester ici ne la dérangeait pas. Seul son fennec aurait pu la faire changer d'avis ; mais la demoiselle savait qu'en cette heure, il dormait paisiblement dans un coin de sa demeure. Ainsi, lorsque l'inconnu se rapprocha d'elle, son corps n'oscilla pas. Ses pensées se focalisèrent sur lui, pourtant. S'intéressait-il lui aussi à la porte, ou bien à sa propre personne ? Même si elle n'avait quitté la porte des yeux, Nérée pouvait aisément voir l'homme présent à ses côtés, se tenant droit, lui adressant la parole. Sa remarque la fit légèrement sourire, bien que son visage ne témoignât aucunement de cette émotion. Sa voix était agréable à l'oreille, l'homme ne semblait lui vouloir faire du tort. Ce pressentiment ne changea pourtant en rien son attitude ; même s'il l'avait attaqué, elle n'aurait rien fait. Il avait enlevé sa capuche, dévoilant son visage d'apollon meurtri. Elle ne prit cependant pas la peine de le détailler plus que cela.
La porte était bien plus intéressante.

Lui aussi regardait la porte. Voulait-il entrer ? L'homme semblait prendre la situation avec amusement. Cela ne dérangeait guère la Dame Aux Fleurs qui elle aussi se sentait d'humeur joueuse. Elle ne pouvait rester tout le temps passive. Elle n'était qu'une enfant. Ainsi la demoiselle laissa un silence se faire sentir, non pas pour provoquer un malaise, mais bien pour admirer encore un peu la porte qui se tenait toujours devant elle. Non, cette nuit, elle ne dormirait pas. La demoiselle le sentait, rien qu'à la présence de l'homme à ses côtés, imaginé le quitter l'instant d'après semblait impossible. Tranquillement, elle laissa sa main se faufiler sous sa robe de nacre, ouvrant son sac sans fond pour en retirer sa tenue de voyage neuve. Il fallait avouer que la nuit était fraiche, en cette période de l'année. Sans jamais dévier le regard, elle plaça son vêtement sur ses épaules, l'attachant avec un bouton. Aujourd'hui, Nérée n'avait pas mis de fleurs dans ses cheveux, ainsi ces deniers voletaient librement au gré d'Aer. Cette ombre blanche dans la nuit fini par prendre la parole d'une voix douce, répondant ainsi aux dires du jeune homme.

« Si cette soif de connaissance vous empêche de dormir, pourquoi ne pas tout simplement la satisfaire ? »

Le provoquait-elle ? Un mince sourire semblait se dessiner sur son visage alors que ses mots s'évaporaient déjà dans le silence du lieu. Au final, elle ne savait de quel genre de connaissance l'homme parlait. Il semblait pourtant vouloir rester avec elle. A deux, le cours de la nuit paisible semblait prendre un tout autre chemin, plus dangereux. Nérée aimait le danger. D'un rapide coup de regard, la demoiselle pris note de la fenêtre hors d'atteinte et pourtant accessible, de la cheminée du petit bâtiment relié à la bibliothèque, pour enfin poser une nouvelle fois sur la porte majestueuse, semblant intouchable. Si elle avait pu s'observer dans un miroir, elle l'aurait fait. Au final, l'homme n'avait qu'à choisir sa connaissance à dévoiler, à atteindre. Elle ne parlerait guère immédiatement de ses ambitions personnelles, ne voulant fausser son choix. La demoiselle attendit simplement, devant la porte. La nuit ne faisait que commencer.
Au final, la demoiselle avait envie de s'amuser un peu.

« Que les Quatre me brisent si je me trompe, mais toute chose peut se faire bien avant l'heure.»




   
   
   


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Aventure #4 écrite Sam 7 Mar - 22:51


Étrange. Tout ça paraît irréel. Pourtant je suis bien là, mais ma conscience pense autre chose. Qu'est ce je fais au juste ? A quoi je joue ? L'explication m'apparaît floue, mais j'en aperçois quelques bribes en posant mon regard d'ambre sur cette lumière pâle et rutilante. Cette jeune femme n'a pas bougée. Elle n'a même daignée ne serait-ce que m'accorder un regard. Moi pourtant je la vois et je ne peux décrocher mes yeux de ce mystère. Elle entreprends de sortir délicatement une tenue de sous sa robe, qu'elle extirpe d'un sac quelconque. Elle l'enfile sur le dos mais ne me donne toujours aucun signes d'attention. Finalement je décroche mon regard de cette coquille vide en apparence et re-fixe la porte de bois. Elle n'est pas très drôle, ou alors elle doit être complètement sourde. Je ne le lui souhaite pas en tout cas. Ma main vient se fourrer dans la giberne qui pends à ma ceinture, et j'en sors rapidement le sachet contenant mes feuilles de maïs découpées. Je sors ensuite un deuxième sachet, plus petit, contenant du tabac de ma composition. Il me faut à peine quelques secondes pour fusionner les deux éléments, l'enrouler et coller les deux extrémités avec un peu de ma salive. Finalement je porte ma création à mes lèvres et attrape ma boite d'allumette. Le crépitement soudain du frottement du souffre contre le verre retentit comme une claque dans ce silence de plomb. J'inspire et tire doucement une première fois, tout en recrachant un peu de fumée par le nez. Une vieille habitude. C'est agréable, et c'était le moment parfait pour ça. Un picotement bien connu me grimpe lentement jusqu'à la tête, et un frisson exquis envahis langoureusement mon esprit.

Tiens, elle parle. Je le savais bien qu'elle n'était pas sourde. Apparemment elle joue le jeu. Elle me propose même indirectement de rentrer dans la bibliothèque qui se tient fasse à nous. Deuxième inspiration. Je tire longuement sur ma cigarette roulée, et recrache avec lenteur un amas de fumée condensée et lourd en apparence. Je souffle un cercle rond et fébrile qui vient troubler mon art, et finalement le tout se dissipe dans l'air ambiant. J'ai mis des mois entier à apprendre à faire des cercles de fumées, ce n'est pas aussi aisé que ça en a l'air. Mes yeux cherchent à nouveau celles de cette inconnue. Je lui souris spontanément, et la détaille un peu plus. Sa peau de perle va étrangement bien avec sa couleur de cheveux, mais ses yeux ont quelques chose de dérangeant. Je ne saurais pas trop dire quoi pour le coup, il fait encore un peu sombre pour la voir parfaitement. Je clos mes paupières et lui réponds d'un air tranquillisé.

" Le feriez-vous avec moi dans ce cas ? "

Troisième inspiration. Je regarde le bout de ce que je consume se braiser et émettre cette petite lueur rouge qui semble vouloir chasser les ténèbres environnants. Je sais très bien qu'elle a compris ce que je voulais dire, mais il n'y avait pas de vérité concise dans ma question. Voulait elle réellement que j'entre dans cette bibliothèque ? Je n'ai aucun besoin d'y aller, mais je commence à croire que l'inverse n'est pas faux. Que ferait elle là sinon, seule, face au portail de l'histoire et des écrits immémoriaux qui est tout bonnement scellé ?

" À moins que cette porte ne vous paraisse plus intéressante que la connaissance, bien évidemment.. "

Je fais mine d'être vexé. Mon ton est provocateur et volontairement un peu biaisé. Dernière inspiration. Je ne l'ai pas finis, mais mon envie soudaine m'a quittée prématurément. En la coinçant entre mon pouce et mon majeur, je propulse adroitement ma cigarette d'un claquement souple. Elle disparaît au loin. Je reporte mon attention sur la rouquine. C'est marrant, mais j'ai l'impression qu'elle m'est proche. Pour quelle autre raison me comporterais-je de la sorte ? Je n'en vois aucune. Il est bien étrange que cette sensation de déjà vu, renforcer par cette impression de l'avoir toujours eue. C'est ça, j'ai le sentiment de l'avoir toujours connue. Sauf que je n'ai pas encore de nom à mettre sur son petit minois. Qu'elle a plutôt jolie, si mes yeux ne me trompent pas..
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Dernière édition par Zetö le Dim 8 Mar - 14:58, édité 3 fois
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Aventure #5 écrite Dim 8 Mar - 3:14



Si massive, la porte lui faisait encore face. Passer outre celle-ci serait ainsi difficile, même pour une armée entière. Et pourtant elle était insignifiante. Une petite serrure la gardait close, suffisante pour stopper toute les envies de la demoiselle. Seule une clé pouvait l'ouvrir ; cela semblait presque idiot. Un trésor aussi faiblement gardé pouvait se faire voler à tous moment. Et comme elle venait de le dire, chaque moment pouvait, d'une manière ou d'une autre, se produire avant même que l'on y songe réellement. Au final la porte pouvait déjà ouverte, son trésor alors pillé depuis longtemps. Son regard alors se fit plus doux, semblant étrangement apaisé. Elle savait qu'elle allait gagner. A côté de la noble, l'inconnu aux allures d'un demi-dieu fumait tranquillement, jouant même avec sa fumée. Rien ne semblait troubler le silence qui les entourait, à part les respirations des deux êtres. Tout deux devant la porte, ils ne parlaient pas. Pourtant leurs enveloppes échangeaient, prenaient déjà conscience de l'un et de l'autre. Même si Nérée ne l'avait réellement regardé en cet instant, elle pouvait dorénavant s'en souvenir. Ce denier la détaillait du regard, quand bien même l'obscurité ne semblait l'aider à la tâche.

Il lui adresse une nouvelle fois la parole, lui posant une question à laquelle la réponse était évidente. Nérée ne détourna le regard de la porte. Les bonnes gens, eux, n'étaient assez fous pour suivre un inconnu, et encore moins pour lui proposer directement d'entrer en effraction dans un bâtiment. Elle ne le connaissait pas. La demoiselle était pourtant ainsi, peut-être ayant une trop grande confiance en autrui, peut-être étant tout simplement insoucieuse des dangers qui l'entouraient. Avant même de pouvoir réfléchir à sa réponse, l'homme reprit la parole. Cette fois-ci sur un tout autre ton, bien loin de l'attitude de son corps. Imperceptiblement elle haussa un sourcil face à cette provocation flagrante. Lui aussi aimait jouer. Ainsi, elle détourna lentement son regard de la porte, tournant son corps d'un quart de tour pour faire face au jeune provocateur. Pouvant maintenant pleinement le contempler, Nérée prit le temps de l'observer de bas en haut, de détailler chaque parcelle qui le constituait. Ses prunelles revinrent après quelques secondes dans celle de son vis-à-vis. Devenu intéressant l'instant d'un souffle, la jeune femme n'avait aucune raison de le quitter du regard.

« Oui. »

Un mot, précis, direct. Aucune hésitation ne se fit sentir dans sa douce voix, rien ne venait perturber ses pensées en cet instant. Nérée ne voyait là aucun besoin de mentir, même si, dans un sens, elle cachait la vérité. Au final, elle seule savait exactement à quelle phrase son unique mot correspondait. Ainsi la Dame Aux Fleurs esquissa là un vrai sourire, son regard toujours planté dans ceux d'or du provocateur. Malgré la pénombre, elle pouvait distinguer son visage bercé par l'éclat de la lune elle-même. Etait-ce des cicatrices qu'elle voyait là ? Si cela était bien le cas, cet homme à la carrure athlétique semblait connaitre le danger. Il était habillé tel un vagabond, bien loin des habits citadins de Lüh. Il était différent en tout point. Cet inconnu lui faisait peur ; il était intéressant. Nouveau sourire.

« Patienter n'est que peu amusant, n'est-ce pas ? » Continua-t-elle, son regard se faisant légèrement plus attentionné envers l'homme. Ce dernier avait fait le choix qu'elle avait attendu. Il avait choisi de la suivre ; cette nuit, ils allaient être liés. Lentement, elle fit quelques pas en arrière, finissant par lui tourner le dos. Sa démarche raisonna au sein de la petite place, alors que Nérée se dirigeait vers une caisse, posée contre le mur de la bibliothèque. Plus au-dessus, hors d'atteinte de ses bras, se trouvait une fenêtre. A côté pouvait s'atteindre le toit du petit bâtiment, là où la cheminée trônait en son milieu. Passer la porte par la force semblait impossible même pour Hercule. Il ne restait donc plus que deux solutions, la noble prenant soin de laisser ce choix au jeune blond. Posant ses mains sur le bois charnu du bloc, elle s'y hissa en quelques instants, sortant dans un même mouvement de l'ombre pour se retrouver illuminée par la maîtresse du ciel. Toute vêtue de blanc, la demoiselle semblait être une intruse à la nuit. Elle allait bientôt être une intruse au bâtiment qu'elle convoitait. Se retournant vers son compagnon d'un soir, elle posa une nouvelle fois son regard sur lui.
Elle attendit.

Nérée laissa échapper un doux rire.




   
   
   


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Aventure #6 écrite Lun 9 Mar - 0:26


Un climat particulier s'installe ce soir au devant de la grande herse du savoir. Lentement, un sentiment fragile et plein d'aspérité entrouvre timidement sa porte, laissant filer quelques morceaux de son influence pour venir s'enliser dans les coeurs de ses victimes. Cette nuit, c'est le miens et celui de ma compagne d'infortune qui se voient touchés par cette magie incomprise. Les paroles ne suffisent pas, d'ailleurs il y en a peu. Mais peu à peu, je la comprends mieux et je l'apprivoise. Son âme sous clé s'est déverrouillée tendrement à l'inverse de ce mur de bois, et le miens rit de toute cette malice qui s'immisce dans les recoins sombres de la ville portuaire. Mon regard doré s'élargit de plaisir aux dires de la jeune inconnue, qui acquiesce ma question, ou bien ma réflexion. Peu importe, je ressens son envie ; il est bien semblable au miens. Elle me regarde enfin. N'est-ce pas là une première victoire ? Moi, je ne la regarde plus, j'en assez vu pour le moment ; le ciel étoilé m'est plus distinct.

Les lumières sont nombreuses ce soir. Il me plaît d'observer ces milliers de faisceaux indomptables qui revendiquent haut et fort leurs libertés. Je leurs ressemblent pas, je ne suis pas aussi éparpillés. Ma main mutilée réajuste aisément mon harnais de cuir. Le bandage qui recouvre mon petit doigt commence à s'user, je vais devoir le changer bientôt. Stupide accident. Heureusement qu'il me manque qu'une seule phalange, je n'imagine même pas la sensation de n'avoir que quatre véritable doigts ! Je ré-observe lentement la demoiselle à la tignasse rousse. Elle aussi elle n'est pas patiente ? Ça nous fais déjà un point commun. Sans se presser je la vois se reculer, me tourner les talons puis se diriger vers une caisse accoudée contre un des murs du bâtiment qui servait actuellement de prison aux livres et aux récits anciens. Je regarde mieux. Il y a une fenêtre et un peu plus en haut, sur le toit, une cheminée. Qu'est ce qu'elle veut faire ? Entrer par effraction ? C'est donc sérieux. Je ne connais même pas son prénom et elle souhaite quand même que nous nous rendions en un lieu ou personne n'est censé être la nuit. C'est un peu haut pour elle ; même si elle le veut sa taille seule ne suffirait pas à atteindre la fenêtre. Je souris.

La demoiselle allait avoir besoin d'aide. La pâle lumière de l'astre lunaire me révèle plus en détails la principale intéressée à mesure que je me rapproche d'elle. Je ne me trompais pas, elle est ravissante. Son odeur, sa chevelure de feu, ses deux yeux.. Pas de la même couleur ? Ma vue ne me trompe pas, il sont différents, sublimés par le halo crépusculaire. C'est étrange, mais ça ne me dérange pas. Après tout, l'atypique attire n'est-ce pas ? Je monte à mon tour sur la fameuse caisse. Nous sommes proches. Je la toise de haut et sonde ses pensées les plus profondes de mes yeux animal. Je n'ai pas ce pouvoir, mais je le fais quand même. Son doux parfum m'attire, son visage mystérieux me tacle. Un instant, je me rapproche suffisamment pour qu'elle puisse me le faire remarquer. Je pourrais l'embrasser, là de suite. C'est tentant, rien ne m'en empêcherais. Pourtant je m'abstiens et j'en joue un peu. Nos visage sont intimes et mon sourire est présent. Je reste comme ça, figé, quelques secondes, et détourne finalement la tête vers notre objectif commun : La fenêtre. Je pense que je vais la briser.

En un éclair je fléchis mes genoux pour prendre appui et me me propulser jusqu'au rebord. Là, j'agrippe le relief d'une main. La caisse émet un craquement boisé sourd et continue de grincer jusqu'à ce que je ne la touche plus. Le temps de me réajuster, j'inspire et j'attrape avec dextérité ma dague située dans mon dos. J'installe ma deuxième main sur la bordure et me tracte à une vitesse fulgurante. Je me retrouve hissé soudainement vers le haut, libéré de l'apesanteur, le temps d'un instant. Avec la paume de mon arme, je fracasse alors ma cible d'un coup sec. C'est violent. Des bouts de verres se dispersent un peu partout en une explosion de bruits scintillants. Je retombe lourdement sur le bois. Celle-ci craque un peu trop, et je sens que j'ai cassé quelque chose en plus de cette fenêtre. Il est vrai que je ne suis pas non plus un poids léger. Ce n'est pas suffisant. Je recommence une deuxième fois, encore plus puissamment. Le verre déjà fragilisé par mon premier coup vole en éclats et manque de me couper. Je retombe une deuxième fois. Je relève la tête de façon naturelle et regarde la rouquine en souriant. D'un ton amusé, je lui dis.

" Après vous ; la patience ne vous sied guère "

Je me met en position pour l'attraper par la taille et la faire s'agripper au rebord de la fenêtre. La caisse grince à nouveau, et je la sens un peu faible. Il va falloir qu'elle use un peu de ses capacités physiques si elle souhaite entrer, je ne peux que l'y aider. Le verre est en partie brisé, mais il reste quelques mortelles copeaux qui seraient bien capables de trancher une gorge ou deux. J'espère que notre estrade de fortune va tenir le coup sous l'impulsion.

" Faites juste attention à ne pas vous couper sur les rebords. La vue du sang m'est déplaisant "

C 'est complètement faux, elle ne m'a jamais dérangé. Ceci dis je ne souhaite pas qu'il lui arrive quoi que ce soit maintenant, j'en perdrais ce plaisir simple qu'est celui d'enfreindre les règles.
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Aventure #7 écrite Mer 11 Mar - 18:46



Il n'y avait maintenant plus de doutes sur les intentions de la demoiselle. Plus qu'une proposition, elle donnait le choix à l'homme de l'aider ou non. De la suivre. Ainsi elle se faisait patiente, attendant simplement que son destin soit bouleversé par celui qu'elle contemplait. Cela ne la dérangeait pas ; l'envie était présente. Au loin, on pouvait entendre par-delà les nombreuses rues les pas d'une patrouille de milice veillant sur la sécurité des habitants. Dérisoire ; cela ne pouvait empêcher aux les horreurs de la nuit de perdurer. Non, ils ne pouvaient se douter, même si ces derniers débouchaient sur la petite place de la bibliothèque, que le couple qui se tenait là, l'une le regardant, l'autre lui souriant, était un couple de futurs malfrats. Là était plus une scène dont l'ambiance était mystérieuse, un tantinet romantique. Personne ne pouvait déranger ce théâtre dont seule la lune était spectatrice. L'homme ressemblait à un aventurier, à un vagabond. La dame était habillée avec élégance, dans des vêtements raffinés et pourtant simples. Ce contraste évident rendait cela encore plus envoutant. Il se rapprocha, vint à sa rencontre pour se mettre finalement à sa hauteur. La caisse de bois grinça.

Les deux êtres se regardaient l'un et l'autre, si proche. Il n'y avait pourtant là aucun sentiment amoureux qui s'émanait du duo. Même si cela avait pu être dérangeant, la jeune noble ne fit aucun mouvement, plongeant simplement ses prunelles dans celles de son vis-à-vis. Il pourrait l'embrasser, s'il le voulait. Même l'odeur de tabac froid ne la répugnerait pas. Au final, peut-être que la demoiselle fut trop passive en cet instant même. De cette proximité Nérée remarqua les légères cicatrices sur son visage ; ses pensées envers la vraie nature de l'homme se dévoilaient, se trompaient et se confirmaient peu à peu. Il détourna enfin le regard après des secondes qui parurent interminables ; la Dame Aux Fleurs se recula légèrement, contre le mur. Elle se doutait bien de son action future, ainsi lui laisser la place nécessaire était préférable.

Il sauta, alors que la caisse cria encore. Allait-il vraiment la suivre ? Il semblait en vouloir à cette pauvre fenêtre, cette dernière vite brisée en mille éclats. Semblant voler, l'homme s'acharna encore avec son arme. Une pluie de poussière de verre tomba lentement, faisant voyager un court instant la jeune femme dans les méandres de ses pensées. Elle se retenait, pourtant. Non, aujourd'hui, son monde était cette nuit, qui semblait être prometteuse. Aujourd'hui elle voulait changer ses habitudes, vivre un jour légèrement différent des autres. Ainsi elle resterait dans la réalité des choses. Lorsqu'il retomba pour la seconde fois, le travail semblait terminer. Il parla calmement, comme si de rien n'était. La complainte du verre brisé s'était tu, alors que le jeune garçon souriait. Il lui parla.

« Ma notion de patiente n'est guère semblable à la vôtre ; elles se correspondent aujourd'hui pourtant. » Fit-elle simplement, en réponse à son invitation à l'illégalité.

Au final, Nérée aimait la patiente en son sens véritable. Elle souriait, elle aussi ; un peu trop même pour être dans ses habitudes. Peut-être que les émotions de l'homme étaient communicatives. Reprenant la parole, celui-ci lui intima de prendre garde à son propre corps. Depuis quand faisait-elle attention ? L'avait-elle déjà fait ? Souriant de plus belle, cette fois-ci un tout autre sourire, la demoiselle avança d'un petit pas, se collant presque à lui. La caisse gémissait.

Elle acquiesça néanmoins d'un mouvement de tête silencieux, alors qu'elle faisait déjà dos à son compagnon d'un soir. Elle allait respecter ses paroles. Lorsqu'elle sentit deux mains se poser sur sa taille, un léger frisson parcourra son corps. Nérée n'était habituée à un contact si proche, même si ce dernier lui était indifférent. Elle aimait cela. Elle pouvait presque sentir son souffle la caresser doucement. La caisse grinça lorsqu'elle fléchit à son tour ses genoux, prête à s'envoler vers les cieux. Cela serait aisé ; son poids de plume était utile dans ce genre de situation. Ainsi, après quelques secondes d'attente, le couple d'hors-la-loi s'élança dans un même mouvement, Nérée sautant finalement vers la fenêtre. Ce porté exécuté par l'homme, digne des plus beaux pas d'un bal, fit atteindre à ses mains le rebord où elle s'agrippa de toutes ses maigres forces. Elle n'était guère athlétique comparé au vagabond. La caisse hurla de nouveau ; bientôt elle redeviendrait poussière. Malgré tout, elle réussit après quelques secondes à se hisser jusqu'en haut, non sans garder son élégance, non sans faire attention aux éclats de verre restant. Elle s'assit sur la bordure de la fenêtre, les jambes dans le vide, et regarda en bas.

« C'est amusant pour un homme aux allures de vagabond que d'avoir cette appréhension envers ce qui nous maintient en vie. »

Peut-être était-ce pour reprendre son souffle, peut-être pour simplement répondre à l'apollon qu'elle s'autorisa cette courte pause. Elle profita de cette hauteur pour élever ses prunelles vers le domaine d'Aer, observant les environs de la ville calme en cette heure. C'était un beau paysage. Cela lui rappelait légèrement ses ascensions vers les toits de son manoir, dans le désert. Elle eut une seconde l'envie de rejoindre Terra, bien que son corps fît tout autre chose. Sa main se faufila une nouvelle fois sous ses vêtements, empoignant l'une de ses deux dagues. Silencieuse, elle imita l'action passée de l'inconnu. D'un mouvement rapide, peut-être un peu trop révélateur de sa maîtrise de la dague, Nérée brisa ce qu'il restait de la fenêtre pour faciliter le passage. Un mouvement, deux ; cela fut vite réglé. Le bruit brisa la quiétude du lieu. Ainsi elle rangea son arme, jetant les brisures cristallines vers le sol. Elle offrit un dernier regard à l'homme, en bas.
Elle passa la fenêtre.

Il faisait si noir ici. Et pourtant, la Dame Aux Fleurs semblait y voir parfaitement, comme si elle imaginait chaque recoin de ce nouveau lieu. Elle voyageait. Le soleil blanc peinait à baigner de sa lumière la pièce où donnait la fenêtre. C'était une petite réserve ; l'odeur de vieux papier enivrait ses sens. Les éclats de verre sur le parquet scintillaient légèrement à la lueur de la nuit, offrant un ciel étoilé à la bibliothèque pour une nuit. Nérée prit le temps de détailler les lieux avant de redescendre, s'assurant d'avoir un point de chute convenable. Il n'y avait rien en bas. Ainsi ressortir par ici serait impossible. Faisant attention à ne pas se couper, la jeune femme se laissa pendre par le rebord, tombant par la suite jusqu'au sol. Elle ne se fit guère mal malgré la hauteur. Se redressant, elle épousseta un tant soit peu ses habits, se décalant de la fenêtre.

« C'est si calme... » Souffla-t-elle, doucement.

Enfreindre les règles, cela était amusant et dans un même instant reposant. Coupée de tout dans cette pièce, là où personne ne devait se trouver, ce sentiment d'emprisonnement légèrement relâché n'était guère déplaisant. La demoiselle fit encore quelques pas, avant de se retourner vers la fenêtre brisée. La lune brillait encore. Le vagabond, allait-il réellement la rejoindre ? Levant son regard, elle fit attention à chaque signe de son arrivé ou de son départ. Même si cela l'importait peu, être accompagné pouvait changer les règles du jeu de cette belle soirée.
L'astre de nuit était blanc, comme ses parures souples et amples.

Nérée attendit, une nouvelle fois.




   
   
   


« Oh my God, I see how everything is torn in the river deep
And I don't know why I go the way
Down by the riverside. »
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La Bergère et le Ramoneur

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