Une petite envie de lecture..

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Aventure #1 écrite Mar 27 Aoû - 22:18

« Les secrets sont des choses qui ne se créent que lorsque l'on est deux à les partager. ♫ »


________________________________________

Juleis commençait à apprécier la vie à Lüh, Aerin n'étant pas une invocatrice qui avait pour désir de le soumettre et de le rendre esclave, elle lui laissait la liberté de se balader pour découvrir la ville pendant qu'elle était à la bibliothèque mais il faisait toujours l'effort de rentrer avant elle pour ne pas qu'elle s'inquiète. Ce qu'elle ne savait pas, c'était qu'il le faisait sous forme humaine car, oui, il avait retrouvé assez de pouvoir depuis sa sortie pour pouvoir de nouveau se transformer. Sa forme humaine était une joli jeune homme aux cheveux bleus, un peu maigrichon mais sans que ce soit alarmant, son visage était fin et son corps aussi. La seule chose qu'il avait conservé de sa vraie forme était ses yeux d'un bleu saphir dans lequel on aurait pu se perdre des heures durant sans pouvoir s'en défaire. Le demi-dieu n'en avait pas parlé à Aerin pour la simple et bonne raison que sur la route du retour, lorsqu'elle avait évoqué la possibilité qu'il puisse devenir humain, elle eut l'air vraiment perturbé.

Ce jour-là, il venait de voler une pomme sur un étalage du marché de Lüh, il croquait allègrement dans la nourriture vermeil qu'il tenait dans la main, non pas qu'il ait eu faim : il ne la ressentait pas, mais simplement car il aimé le goût des pommes plus que tout autre aliment. Il allait et venait, n'ayant pas de réel but, écoutant les conversations des uns, regardant les actions des autres. Les rues de Lüh ne semblaient jamais perdre en intensité , que ce soit les marchands qui tentaient de crier plus fort que leurs voisins pour vendre leurs produits, les aventuriers qui faisaient une escale entre deux destinations ou même les tribus de villages nomades qui venaient à la capitale comme pour un pèlerinage.

Malgré le fait qu'il appréciait cette découverte par lui-même de cette nouvelle ville qui était désormais sienne, Juleis ne pouvait s'empêcher de penser à Aerin, à ce qu'il lui cachait. La vie avec elle était un pur bonheur, elle respirait la gentillesse et l'amour, elle prenait soin de lui autant qu'il prenait soin d'elle. Le fait d'avoir un si gros secret commençait à le ronger et il savait bien qu'il ne tiendrait plus très longtemps. Mais il avait peur aussi de sa réaction, chose qu'il n'avait pas ressenti depuis maintenant très longtemps, depuis le retour de ses pères les Dieux sur le Monde, quand leurs foudres s'étaient abattues sur eux.

Quoiqu'il en soit, en ce jour, sa décision était prise quoiqu'un peu floue. Il ne savait pas où ça le mènerait mais il fallait qu'elle rencontre ce côté humain qu'il avait retrouvé. La divinité ne savait pas encore comme tout cela allait se goupiller, mais il avait pris une décision. Il tourna à droite dès qu'il en eut l'occasion et se dirigea vers la bibliothèque où il savait qu'il la trouverait. Le reconnaîtrait-elle dans l'instant ? Allait-il avoir la force de tout lui dire ? Que lui arrivait-il ? Lui, d'ordinaire si calme et si analyste, il en était réduit à se poser les mêmes questions qu'un simple humain. Tout cela pour elle, pour son bien à elle, la personne à qui il avait promis le bonheur et la vie qu'elle voulait. Aerin.

Puis, la grande porte de la bibliothèque de Lüh apparut, il resta immobile pendant un instant avant de croquer une dernière bouchée de pomme et d'envoyer le trognon valser un peu plus bas sur les pavés de la rue. Il poussa la porte, laissant s'échapper les odeurs qui étaient emprisonnées dans le bâtiment : un savant mélange de papier vieilli et de couverture en cuir séché. Juleis mit un pied dans le bâtiment, puis deux, s'il avait été totalement humain, ses mains auraient probablement été moites et sa bouche sèche. Il erra pendant plusieurs minutes dans le vaste bâtiment avant de la trouver enfin, elle était devant une étagère de livre, rangeant les ouvrages qui avaient été déplacé de leurs emplacements. Il lui tapota doucement l'épaule :

"Hum.. Excusez moi de vous déranger, je suis nouveau en ville et j'aurai aimé savoir si vous aviez un ouvrage qui me permettrait de mieux me repérer dans Lüh. Je ne suis pas doté d'un très bon sens de l'orientation, pour ne rien vous cacher."


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Aventure #2 écrite Mar 27 Aoû - 22:19

La vie avait repris son cours... plus ou moins normalement. À la différence près que Madame Cirth criait moins souvent sur Aerin. À la place, elle jurait tous les dieux à propos du tigre qui lui sapait un tant sois peu sont autorité au sein même de sa demeure. La jeune bibliothécaire ne comptait plus le nombre de fois qu'elle entendait sa mère descendre les escaliers en hurlant – tout en se tenant la tête à deux mains : oh ce tigre de malheur ! Et à chaque fois, Aerin souriait. Il lui arrivait même d'y repenser en travaillant, ce qui la rendait rayonnante parmi ses rayons de livres.

D'ailleurs, en cette fin de matinée, elle revoyait le dernier sermon de sa mère qui fut contrecarré par Juleis, décidément enclin à faire d' Aerin, une femme indépendante. En effet, la veuve Cirth avait surpris une conversation entre deux commères détaillant que la fille Cirth avait certes du charme mais sans des tenues plus sophistiquées, jamais elle ne répondrait aux attentes de sa mère quant à un bon et riche mariage. Résultat, elle avait rejoint sa fille déjà en robe de chambre, avant d'aller se coucher, et lui avait amené un tas de robes plus rocambolesques les unes que les autres. Aerin fut persuadée qu'avec une seule de celles-ci, elle aurait été capable de s'en créer trois beaucoup plus simples, tellement il y avait de froufrous et de dentelles.

Dès lors, il ne fallut qu'un « mais maman » pour que Juleis contrattaque avec tout le flegme dont il pouvait faire preuve. De ce fait, plus le tigre restait d'un calme olympien, plus la veuve montait dans les tours et finissait par partir en claquant la porte et souhaitant toutes les plaies possibles au tigre et à celui ou celle qui avait eu l'idée saugrenue d'envoyer Aerin à la conquête d'une Invocation. Même les dieux en prenaient pour leur grade car le destin était responsable si Aerin s'était perdue, le destin avait voulu qu'elle aille dans la caverne du tigre et non pas dans l'antre d'une autre créature plu docile, ... donc finalement, Madame Cirth était une martyr contre qui tout le monde combattait : du maudit chaton aux dieux, en passant par les riverains également.

Aerin, elle, était juste trop naïve pour se laisser endoctriner par le tigre, estimait-elle. *Pauvre maman, si au moins elle me comprenait, ça serait tellement plus simple à la maison.* songea Aerin en rangeant une pile de livres. C'est alors qu'après être redescendue de son échelle, un livre repêché là où il n'aurait pas du être, que la jeune femme sentit une tape sur son épaule, accompagnée d'une voix étrangement familière. Par contre la personne : pas du tout ! La pauvre bibliothécaire sentit son coeur s'arrêter en même temps que sa respiration, lui donnant ainsi un teint pâle comme un linge. Si ses yeux ne s'étaient pas mis à cligner plusieurs fois en regardant fixement l'homme devant elle, on aurait pu croire la demoiselle morte sur le coup...

« Euh.. hum... ou... oui, oui. Aerin inspira profondément, profitant de devoir déposer le livre qu'elle avait en main pour tourner un bref instant le dos à l'inconnu. Suivez-moi je vais vous montrer le rayon approprié, finit-elle par dire en fuyant autant que possible le regard du nouvel habitant. »

En déambulant dans la bibliothèque, elle jeta un regard désespéré vers une collègue qui, malheureusement pour Aerin, était déjà occupé avec un autre visiteur. Donc la blonde n'avait pas le choix : elle devrait servir cet homme des plus intimidants. Pire encore, faire bonne figure car mine de rien, à nouvel habitant, nouveau client !

« V... vous êtes arrivé ici il y a longtemps ? Interrogea-t-elle avant de poursuivre plus pour se donner une contenance que pour réellement informer le nouveau venu. Vous verrez, une fois que vous aurez passé quelques semaines ici, Lüh n'aura plus aucun secret pour vous, moi-même, j'ai un assez mauvais sens de l'orientation et... »

Aerin ne crut pas si bien dire ! Alors même qu'elle guidait le jeune homme dans les rayonnages, voilà que celui où elle atterrit fut sur un sujet tout autre que géographique. En effet, en regardant le premier de la rangé, la bibliothécaire put lire « constructions navales et techniques maritimes à travers les âges ». Ainsi, en levant le nez vers la petite pancarte nominative de la rangée, Aerin écarquilla grand les yeux en devenant rouge écarlate.

« Oh par les dieux ! Je... je me suis trompée, dit-elle penaude, en se retournant face au client. Pire encore, elle désigna l'autre bout de la bibliothèque d'un index tremblant : c'est... en fait c'est par là. Je suis confuse. »

Il faut dire que l'homme près d'elle la perturbait énormément. D'abord sa voix si familière émanant d'un visage si inconnu et ses yeux. Les quelques fractions de secondes où Aerin y plongea les siens furent perturbantes. Ils étaient captivant, doux et une sensation de déjà vu planait dans cette façon de la regarder.
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Aventure #3 écrite Mar 27 Aoû - 22:19

Comme il s'y attendait, elle avait réagi d'une façon plus qu'étrange, sa peau avait pâli dans l'instant où elle avait aperçu son interlocuteur. Un blanc cadavérique qui avait eu pour seul effet d'effrayer Juleis, de lui dire qu'il était peut être allé trop loin. Mais il savait une chose, c'est qu'il était obligé de faire ce qu'il faisait pour pouvoir l'aider. Comment, sinon, pourrait-il faire d'elle la femme qu'elle est destinée à être, la femme courageuse qui était entrée dans sa cellule avec une détermination sans limite, qui, malgré le fait d'avoir eu à chaque instant la possibilité de perdre la vie, avait continué à avancer. Il savait que ce bout de femme était enfermé quelque part dans la personne qu'il avait en face de lui, il en était persuadé car il l'avait déjà vu et c'est pourquoi il lui avait promis, tout en se le promettant à lui même, qu'il l'aiderait à être heureuse. Et elle ne pourrait l'être comme ça.

Depuis leur retour à Lüh, il n'avait cessé de faire de son mieux pour l'aider. Chaque jour, chaque heure, chaque minute, chaque seconde il s'était voué corps et âme à déblayer cette vie encore impropre qu'elle supportait alors qu'elle aurait du la vivre. Le tigre avait volontairement fait en sorte que l'étau que sa mère exerçait sur elle se relâche peu à peu, qu'elle arrête d'avoir l'emprise qu'elle avait sur son enfant. La vieille acariâtre aurait beau pesté et juré à l'égard de la divinité, ça ne changerait rien. Quoiqu'il en soit, lorsqu'il la vit pâlir, il fit mine qu'il n'avait rien vu, gardant le sourire légèrement niais mais profondément amical dont il s'était pourvu depuis son entrée dans la bibliothèque.

Mais cette résolution dont il était doté n'était pas sans faille : pendant qu'elle l'emmenait au rayonnage qui l'intéressait, il dut lutter à maintes reprises pour ne pas tout lui dire, lui avouer la mascarade dans laquelle il l'avait entraîné. Tout ce secret le rongeait et le dévorait, il se détestait à cet instant d'être celui qui infligeait ça à la personne de ce monde qui était la plus importante. La petite et fragile Aerin qui lui avait redonné la liberté et la vie qu'il pensait ne plus jamais avoir. Malgré tout, le félin tint bon et n'en fit rien, il la laissa le guider jusqu'à leur destination. Toujours plongé dans une certaine stupeur qu'il se forçait à masquer grâce à ce sourire plein de bons sentiments, elle lui posa une question à laquelle il s'apprêtait à répondre lorsqu'elle se retourna. Le blanc de ses joues avait laissé place à un rouge vermeil : elle l'avait emmené dans un mauvais rayonnage. Elle avait l'air mort de honte et stupéfaite de ce qu'elle avait fait.

"Calmez-vous, s'il vous plaît, il n'y a pas de mal"

En même temps qu'il tentait de la rassurer, il intensifia son sourire pour lui faire comprendre qu'elle n'avait pas à être honteuse. Tout le monde pouvait se tromper, après tout, l'erreur est humaine et elle est humaine. Mais, depuis qu'il la côtoyait, il avait compris qu'elle n'était pas comme tout le monde, qu'elle s'était elle-même verrouillée aux autres depuis longtemps maintenant et qu'elle avait perdu la clé. Juleis, quant à lui, se laisser aller à espérer qu'il pouvait être cette clé, qu'il pourrait lui redonner ce que la vie lui promettait.

"Je vous assure que j'aurai moi-même pu faire le même genre d'erreur dans ma propre maison. Personne n'est parfait" il lui sourit un peu plus intensément et sans même s'en rendre compte, lui posa une main amicale sur l'épaule "Maintenant, si vous le voulez bien, j'aimerai toujours avoir un ouvrage pour me repérer dans la ville et savoir où je vais. Et je tiens à m'excuser si j'ai dit quelque chose de maladroit tout à l'heure, je suis un peu rouillé en contact humain, ça n'a, à vrai dire, jamais été un de mes domaines favoris."

Aerin semblait avoir repris un peu du poil de la bête après que ses yeux aient rencontré les siens, peut être ressentait-elle la familiarité de ses derniers, et elle se mit en route dans la direction qu'elle lui avait indiqué comme étant la bonne. Juleis lui emboîta le pas sans un mot avant de se rappeler qu'elle lui avait posé une question avant de se rendre compte de son erreur, question à laquelle il n'avait pas eu le temps de répondre.

"Je n'ai, tout à l'heure, pas eu le temps de vous répondre. Je suis arrivé à Lüh depuis quelques jours maintenant. J'étais, en quelque sorte, devenu un ermite, coupé du monde et vivant par moi-même mais il y a peu quelque chose a fait que je suis revenu, j'ai de nouveau l'envie et la possibilité de m'intégrer à une société et de vivre en communauté. Voilà, vous savez tout maintenant. Et vous, qu'en est-il ? Êtes vous à Lüh depuis la naissance ou faîtes vous partie de la même catégorie d'importés que moi ?"

La divinité n'avait pas menti, elle n'avait fait que changer les mots. Juleis n'avait aucunement envie de s'empêtrer dans d'autres mensonges, le premier lui faisait déjà bien assez de mal. Mais il était nécessaire, même si il ne savait pas encore si elle se rendrait compte de qui et surtout de ce qu'il était, mais quoiqu'il se passe il devait confronter Aerin à l'humanité au travers de lui-même. Mieux valait que ce soit lui plutôt que le genre d'hommes qu'il avait eu l'occasion de croiser près des tavernes, le genre pas fameux et crasseux qui sifflent les dames pour une pièce ou, comme il l'avait déjà entendu, "un moment de bonheur"..

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Aventure #4 écrite Mar 27 Aoû - 22:20

Se calmer ? Comment le pouvait-elle ? Aerin était pétrifiée à cause de cette erreur grossière qu'elle venait de commettre. Comment... Comment avait-elle pu se perdre dans la bibliothèque qu'elle connaissait sur le bout des doigts ? Comment avait-elle pu se tromper de direction là où, même les yeux bandés, elle aurait pu retrouver n'importe quel livre ? Et surtout, comment pouvait-elle avoir les idées claires avec cet homme qui cherchait ainsi le contact visuel ? Plus ce dernier parlait, plus la jeune femme crut mourir d'étouffement : ses joues prirent feux, sa bouche s'assécha et une perle de sueur froide dégringola le long de sa colonne vertébrale tandis qu'il excusait son geste.

Aerin, de son côté, crut qu'une des tenailles de la forgeronne était pincée sur ses tempes et se refermait un peu plus au fil des mots du jeune homme. Parce que sa voix était familière, parce que la bibliothécaire sentait que si elle retrouvait à qui cette voix lui faisait pensé, elle estimerait que c'était évident et qu'elle aurait pu trouver cela plus tôt. Or, aucun nom ne jaillissait. Aucun visage si ce n'est la tête de son tigre dont elle aurait bien eu besoin sur le moment. Car lui seul était à même de la rassurer, de lui rendre confiance. Mais il n'était pas là, il occupait ses journées dehors tandis qu'elle commençait à manquer d'air à force de subir ses maudites bouffées de chaleur.

Puis vint l'électrochoc ! La main de l'homme venait de se poser sur son bras, engendrant la même réaction que lorsqu' Aerin le vit pour la première fois. Ce contact anodin était tel la foudre s'abattant sur la chair de la jeune femme. Tout son corps se crispa, ses dents se serrèrent et malgré qu'elle voulut les contrôler, les mains d' Aerin tremblèrent à cause de ce simple geste amical. Tout s'emmêlait. La voix, les yeux, les mots... car même eux étaient familiers. Quelqu'un de proche lui avait déjà parlé de ce sentiment d'être un ermite, cette maladresse envers les gens, mais *qui ? Qui bon sang !?* Perdue dans ses réflexions et n'assimilant que la moitié des dires du jeune homme, Aerin ferma les yeux et inspira profondément. À défaut de pouvoir faire autrement, elle devait se ressaisir et s'occuper du client face à elle.

Alors, en rouvrant les yeux, croisant ceux de son interlocuteur, Aerin fit mine de s'être reprise. Souriant timidement, elle inspira à nouveau et commença sa progression vers le bon rayon. Quand la voix familière revint. C'en devenait insupportable, comment ce parfait inconnu pouvait-il à ce point lui rappeler quelqu'un sans savoir qui ? Tant et si bien qu'après avoir entendu ce dernier, elle ne put s'empêcher de se poser des questions tandis qu'elle s'apprêtait à répondre à celle de l'inconnu.

« Non, je viens de.., c'était plus fort qu'elle. La même question tournait en boucle dans sa tête au point de lui donner des vertiges et Aerin savait que si elle ne la posait pas, elle allait continuer à se torturer les méninges. C'est pourquoi elle poursuivit encore plus timidement, après avoir marqué une pause : excusez-moi mais... mais... nous sommes nous déjà rencontrés ? »

Au moins c'était dit. Aerin osa même regarder brièvement les yeux du visiteur pour détourner presque aussitôt la tête dans la direction opposée – préférant voir les rangées de livres défiler plutôt que les deux iris azurées qui ne cessaient de se poser sur elle avec une expression étrange. Familière et pourtant troublante ; affectueuse et pourtant elle aurait juré n'avoir jamais vu cet homme...

« Je vous demande ça parce que... parce que.., les mots lui échappèrent à nouveau. Elle ne pouvait pas dire le fond de sa pensée, mais alors quoi ? Ne croyez pas que je vous.., là non plus, ce n'était pas approprié à dire. L'idée même de parler de lui faire la cour lui monta à nouveau le rouge aux joues, et une énième pause dans son discours. Je veux dire, je... vous me paraissez étrangement familier... Alors que je suis... pour ainsi dire sûre de... de ne vous avoir jamais vu. Enfin si, sûrement... peut-être dans les rues, car vous êtes là depuis quelques jours mais, mais... mais j'ai l'impression de vous connaître, sans vous connaître et... oh c'est idiot ce que je raconte, soupira-t-elle en baissant la tête. »

Mais ce fut là une erreur fatale. Si Aerin avait continué à regarder où elle allait, elle aurait vu une des dessertes servant à faire le ramassage des livres utilisés pour ensuite les remettre en place. Dès lors, ce qui devait arriver, arriva. Le stress croissant de la jeune femme, sa maladresse d'autant décuplée fit qu'elle se prit les pieds dans une des roues du meuble sur lequel étaient empilés un grand nombre d'ouvrages. C'est ainsi que les tas de livres s'effondrèrent et dans un instinct de survie, Aerin agrippa le bras de l'inconnu tandis qu'elle tombait à la renverse. Si ce dernier n'était pas pris au dépourvu, peut-être la récupérerait-il dans ses bras pour l'empêcher de tomber – ce qui ne manquerait pas de la rendre blanche comme un linge à nouveau. Dans le pire des cas, s'il devait tomber avec elle, il restait à prier que leur chute ne les mette pas dans une situation embarrassante, comme Aerin en avait déjà tellement lu dans ses romans d'amour et d'aventure... mais pour l'heure, sa seule pensée fut de tout faire pour ne pas tomber.
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Aventure #5 écrite Mar 27 Aoû - 22:21

En un instant, elle avait balayé tous ses doutes. Par ses simples mots, elle sentait la familiarité de sa présence, elle avait l'impression de le connaître et il fut rassuré. Sans pouvoir se l'expliquer, le simple fait qu'elle puisse ressentir ce vague sentiment de familiarité lui réchauffa le cœur. C'était probablement par égoïsme qu'il en était heureux car cela voulait dire que le lien qu'il ressentait envers elle n'était pas à sens unique, cette relation d'invocation et d'invocatrice qu'il avait senti s'instaurer s'était bel et bien instaurée. Malgré le fait que la question d'Aerin ait éclairci ses pensées, il savait bien qu'il n'avait plus beaucoup d'options, ne subsistait que le mensonge ou la vérité, tout en sachant que les deux routes étaient bien évidemment tout aussi sinueuses et incertaines.

Mais le choix de Juleis était fait, il était résolu à ne plus lui mentir, s'étant déjà convaincu qu'il lui avait caché tout ça bien trop longtemps déjà. La jeune bibliothécaire ne méritant en rien qu'il la traite comme une ridicule humaine sans importance plus longtemps. Elle était sa protégée, sa muse, elle méritait de savoir les choses importantes, notamment le fait qu'il pouvait se transformer. Le dernier frein qui restait était qu'il ne savait pas quel réaction elle allait avoir, rien qu'à voir la façon dont elle cherchait ses mots à l'instant même, butant sur la moindre syllabe et les joues à nouveaux rougissantes et cela simplement parce qu'elle pensait que peut être dans une hypothèse farfelue elle pouvait l'avoir déjà rencontré. Encore une fois, l'état dans lequel elle se mettait n'en valait vraiment pas la peine mais la divinité ne pouvait s'empêcher de trouver tout ça toujours un peu plus attendrissant.

L'importance qui résidait dans la façon dont il allait lui dire et les mots qu'il allait utilisé était primordial. Il ne pouvait tout simplement lui lâcher le steak comme ça, sans explications, ce serait signer à coup sûr la fin de leur amitié. Amitié dans laquelle, dans son sens, il était toujours scellé par l'ordre implicite auquel l'avait involontairement contraint son invocatrice. Encore une fois, tout semblait du à la puissance des mots, cet assemblage de lettres qui lie les hommes bien au delà de ce qu'ils peuvent penser. La richesse du vocabulaire humain ainsi que les comportements des uns vis à vis des autres sont le ciment qui permet à la communauté humaine d'exister et de perdurer, de faire de la vie quelque chose de toujours surprenant et déconcertant.

Il fut d'ailleurs aussi surpris qu'elle lorsqu'elle se prit le pied dans la roue d'une desserte de la bibliothèque, l'amenant ainsi tout droit vers sa chute. Heureusement pour elle, il était plus vif qu'un humain normal et lorsqu'elle lui agrippa la bras il était déjà près à la rattraper. Ce qu'il fit sans attendre avant de provoquer une étreinte en la ramenant vers lui pour ne pas qu'elle tombe. La chaleur de son corps sur la chemise en toile dont il était vêtu lui faisait un bien fou. L'odeur de ses cheveux et de sa peau, si proches de lui, l’enivrèrent et il ne put s'empêcher de maintenir cette étreinte, sans pouvoir se l'expliquer il aurait voulu qu'ils restent là des jours durant. Son cœur s'emballa,sa respiration s’accéléra très légèrement et c'est alors que, la bouche au creux de son oreille, les mots lui échappèrent.

"Oui, nous nous connaissons, petite Aerin. Je suis désolé d'avoir failli te blesser physiquement en plus de tout ça. Pardonne moi."

Dès lors, quelque chose se verrouilla en lui, il savait qu'elle était son invocatrice, il savait que quoiqu'elle lui demande, que ce soit un ordre ou pas, il se serait exécuté, aveuglément. Jusque là il aurait pu penser qu'il lui avait promis tant de choses simplement parce qu'elle l'avait libéré, comme une transaction. Mais c'était bien plus que ça, l'humaine avait conquis le tigre, elle l'avait charmé et il aurait été à ses pieds, qu'il eut été humain ou demi-dieu n'y aurait rien changé. Juleis aurait pu lié sa destinée à la sienne juste pour faire d'elle une femme heureuse, dès cet instant il le savait.
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Aventure #6 écrite Mar 27 Aoû - 22:23

La chute lui parut inévitable. C'est pourquoi Aerin ferma les yeux de toutes ses forces en appréhendant sa collision avec le sol. Mais contre toutes attentes, se furent deux mains assurées qui rencontrèrent ses reins et ses omoplates, deux bras puissants qui enlacèrent sa taille pour la plaquer précipitamment contre le torse du jeune homme. En une fraction de seconde, la bibliothécaire eut l'impression que la mort elle-même avait tenté de s'emparer de son corps, la glaçant jusqu'aux os. C'est pourquoi, dans les bras de l'inconnu, Aerin grelottait – tant de peur que du froid engendré. Même sa respiration lente à cause de l'émotion, semblait trembler au travers de ses lèvres entrouvertes.

Pourtant, petit à petit, la chaleur de l'inconnu lui rendait vie. Lentement, la jeune femme sentit son coeur se calmer, contrairement à celui de son sauveur qui semblait s'affoler. Au fil du temps, même sa respiration s'amenuisait bien qu'elle restait fébrile. Il ne lui fallait plus que quelques secondes. Sous peu, ce léger état de choc se dissiperait. Sous peu, la jeune femme pourrait ôter ses mains des épaules de l'inconnu pour défaire son étreinte. Quelques secondes encore... Une éternité en somme. *Juleis, où es-tu ?* à cause de ce sentiment contradictoire, Aerin ne pouvait s'empêcher de penser à son tigre, son ami, son confident. La seule personne la connaissant – sûrement – mieux que quiconque. *Juleis...* Aerin sentait croître ce besoin d'avoir l' Invocation près d'elle car elle était confuse.

Aerin ne comprenait pas : pourquoi cet homme semblait ému de la tenir ? Pourquoi ne la lâchait-il pas ? Les yeux enfin ouverts pour regarder la seule chose que l'étreinte toujours plus resserrée lui permettait de voir – à savoir le plafond – la jeune femme était perplexe. Que se passait-il ? Pourquoi cet homme semblait-il ressentir le trouble qu'elle avait jusque là tenter de dissimuler ? Pourquoi était-ce à présent lui qui semblait perturbé par la jeune femme coite dans ses bras ? Bien qu'elle n'était pas si détendue, seul la frayeur pouvait se vanter d'avoir ensuqué la jeune femme suffisamment longtemps pour qu'elle reste là, blottie dans les bras de l'inconnu, sous les yeux de quelques badauds qui hésitèrent à venir plus près, pour la plupart, avant de finalement refuser et retourner à leurs occupations.

Puis vint cette voix, encore. Dans un bruissement des lèvres contre son oreille, la voix étrangement familière parla. C'était un simple murmure, une simple phrase – anodine presque. Pourtant elle résonna telle un coup de tonnerre à ses tympans. Ils se connaissaient : la jeune femme aurait pourtant juré le contraire. Mais ils se connaissaient parce qu'il l'appelait « petite Aerin ». Alors il n'y eu plus aucun doute. Aerin savait que dans la création entière des quatre dieux, seule une créature la nommait de la sorte : une seule ! Celle-là même qu'elle n'eut de cesse d'appeler en silence. Le seul individu qu'elle aurait voulu à ses côtés pour faire fuir les doutes concernant l'homme dans les bras duquel elle se trouvait. Et ça la rendait malade...

La suite, elle ne l'entendit pas. Seul ce « petite Aerin » cognait encore et encore sur ses tempes. Il sembla même l'étrangler car sa respiration devint d'autant plus haletante tandis que son coeur perdait toute notion de rythme. Aerin étouffait. Ça lui faisait mal de réaliser que son inconscient n'avait eu de cesse de lui crier que Juleis était l'homme devant elle. Tout ce temps à penser au tigre à cause de cet homme et c'était lui. Il était devenu cet homme... Elle ne sut néanmoins pas si ses lèvres se remirent à trembler de colère, de tristesse ou d'un quelconque sentiment inconnu. Aerin éprouvait juste le besoin d'en être sûre. Bien qu'au fond d'elle, Aerin était certaine.

« J... J... Ju... Ju... »

La pauvre bibliothécaire avait peur. Peur de la vérité qui éclaterait véritablement si elle prononçait le nom du tigre. Alors elle se tut pour s'écarter doucement. La crainte de croiser à nouveau le regard de l'homme la pétrifiait, pourtant, dans son fort intérieur, Aerin savait qu'elle n'avait pas le choix : comme lorsqu'elle du franchir les cascades. Comme ce jour là, elle tremblait, elle hésitait, pourtant ses petits poings fermés ne cessèrent de repousser les épaules de l'homme pour qu'enfin leurs visages se confrontent. C'était lui... il n'y avait plus aucun doute à avoir. En écartant une mèche de cheveux du regard azuré de la personne dans les bras de qui elle était toujours, Aerin reconnut enfin les iris de son ami. Et encore une fois, la jeune femme ressentit comme un coup de poignard. Elle aurait dû le reconnaître ! Elle aurait dû...

Laissant alors glisser ses doigts sur la joue de la métamorphose humaine de son tigre, Aerin tremblait à nouveau. Face à Juleis, elle était pâle comme la mort et ses lèvres entrouvertes tentèrent bien de dire quelque-chose, mais en vain. Une nouvelle dualité venait de naître en son sein : Aerin s'en voulait de ne pas l'avoir reconnu, mais elle lui en voulait de ne pas l'avoir prévenue, de découvrir ainsi qu'il pouvait se transformer. Pourquoi ? Pourquoi n'avoir rien dit ? Pourquoi ce secret alors qu'au fil du temps passé ensemble Juleis savait tout de la bibliothécaire ? En reculant d'un pas, Aerin sentit alors les mains toujours serrées contre son dos. Ces mains qui étaient la réplique humaine de ces pattes qu'elle avait si souvent caressées. Le torse qu'elle continuait de repousser d'une main, tandis que l'autre quittait lentement le visage du jeune homme, c'était celui contre lequel elle aimait se blottir pour lire à la lueur d'un Minius. Mais ce n'était plus un tigre, alors elle voulait s'en défaire, reculant encore jusqu'à quitter les bras de Juleis et rejoindre la desserte.

« Va-t-en.., murmura-t-elle. J'ai... j'ai du travail alors reviens plus tard... quand j'aurai fini de travailler. Va-t-en Juleis ! »

Sa phrase finit en un ordre, pourtant c'est elle qui, après avoir parlé en regardant l' Invocation droit dans les yeux, se précipita vers la réserve de la bibliothèque. Aerin manquait d'air, elle en avait besoin. Et plus ce manque grandissait, plus elle accéléra le pas pour aller dans l'arrière court de la bibliothèque. Autant dire que cette seconde moitié de journée fut la pire qui soit. Aerin était constamment dans les nuages, elle ne comptait plus le nombre de fois qu'elle dut s'excuser pour une étourderie ou une maladresse, mais la situation la taraudait. Dès qu'elle fermait les yeux, Aerin voyait la tête du tigre si familier se confondre avec le visage angélique de l'inconnu et ça lui oppressait le coeur. Tant et si bien qu'au soir venu, elle tremblait à nouveau en sortant de la bibliothèque par la porte de service où le tigre avait pris l'habitude de la retrouver depuis qu'ils vivaient ensemble...
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Aventure #7 écrite Mar 27 Aoû - 22:24

Elle avait immédiatement compris, il l'avait immédiatement senti, elle avait frémi et sa température corporelle avait chuté de quelques degrés. Malgré la peur qui lui tenaillait maintenant le ventre, il était soulagé d'avoir trouvé le courage de tout lui avouer aussi vite, le libérant dans le même temps de ce poids qui depuis quelques jours alourdissait son esprit et ses pensées. Juleis savait qu'elle ne réagirait pas bien, il était prêt à encaisser, à se justifier mille fois. Peu à peu, la jeune Aerin commençait à se défaire de l'étreinte, une main posée sur sa joue et l'autre sur son torse. La divinité n'avait pas envie de rompre ce contact, car il savait ce que cela signifiait : en même temps que ses mains s’enlèveraient de lui, il était possible qu'il la perde, qu'elle lui ordonne de retourner dans son cachot et qu'il n'en ressorte plus jamais. Ça lui aurait déchiré le coeur, rien que d'y penser lui donnait des frissons. Il l'aimait beaucoup trop pour passer une vie à ne pouvoir la sentir qu'en pensée, il ne pourrait s'y faire.

A force de le pousser, elle finit par se désolidariser totalement de lui, lorsque que ses petites mains le quittèrent, il eu l'impression d'avoir brisé quelque chose. S'il y'avait un moment de sa vie pour l'effacement duquel il aurait pu tout donner c'était celui-ci. Confronté à une Aerin pâle et les lèvres tremblantes, il se savait seul coupable de son état, ce n'était pas sa mère, ce n'était pas quelque chose qu'elle-même avait fait. Non, c'était bel et bien de lui que provenait tout ça, c'était bien le seul fautif s'il devait maintenant voir toute la tristesse et la désolation dans le regard de son invocatrice. Ses bras étaient mollement retombés, il n'avait pas fait un mouvement pour la retenir, pour la forcer à se serrer à lui de nouveau, il ne pouvait l'y forcer. Juleis était là, vidé, impuissant, attendant la sanction, la peur au ventre et une boule coincé dans la gorge, la bouche encore plus sèche qu'il y a quelques minutes.

Puis les mots sortirent enfin de la bouche de la jeune femme, ils résonnèrent à ses oreilles et transpercèrent son corps comme des poignards "Va-t-en". Il ne pouvait lutter contre ça, c'était un ordre. Malgré tous les efforts qu'il fournit pour tenter de lutter contre ça, le tigre ne put empêcher ses jambes de se mettre en mouvement vers la sortie de l'édifice. La tête baissé, il se sentait comme le plus mauvais des bougres, ce qu'il avait fait partait d'une bonne intention mais maintenant il se rendait compte de sa bêtise. Pourquoi ne lui avait-il pas dit la vérité ? Elle qui s'était confié à lui et qui s'était dévoilé à lui comme à personne auparavant. Une larme perla au coin de ses yeux, les orbes salines chutèrent pour s'étaler sur le sol molletonné de la grande bibliothèque.

"Je suis désolé Aerin.."

Les mots n'étaient sortis que pour lui-même, comme pour se donner l'illusion de pouvoir effacer sa culpabilité, la culpabilité qui l'avait totalement dévoré, grignoté des pieds à la tête. Lorsqu'il passa de nouveau la porte de la bibliothèque, l'air frais lui donna la nausée, il fallait qu'il court, qu'il aille loin d'ici. Après avoir trouvé une petite ruelle déserte, il se déshabilla et reprit sa forme naturelle, et comme une ombre, il se mit à courir, ne considérant rien de ce qui se passait autour de lui, tentant juste de fuir ses souvenirs trop frais et trop douloureux pour l'instant. Il ne savait même pas où il courrait, il ne se rendait pas compte des gens qu'il bousculait. La seule chose qu'il voyait, ou plutôt qui le hantait, c'était le visage d'Aerin, déformé par sa trahison. Quel égoïste il avait été, il n'avait pas réussi à être à la hauteur de cette amitié qui lui avait été offerte.

Le tigre avait couru sans réfléchir jusqu'à ce qu'il soit bloqué par les portes de la ville, malgré son esprit embrouillé, il restait conscient qu'il valait mieux pour lui de rester dans la ville. Malgré le fait qu'Aerin lui ait dit de partir, elle lui avait aussi demandé de revenir, c'était sa dernière chance. Dès qu'il eut atteint les portes, donc, il fit demi-tour, cette fois-ci il adopta un rythme plus tranquille, son esprit étant un petit peu apaisé, il s'était remis à réfléchir. Qu'allait-il faire, qu'allait-il lui dire ? Il était le seul à devoir se justifier et autant lui qu'elle le savaient. La première question qui lui venait à l'esprit était la forme sous laquelle il devait la rejoindre. Il remua le problème de haut en bas et décida d'assumer sa bêtise jusqu'au bout, il n'était pas lâche et il fallait de toute façon qu'il puisse se montrer à elle en tant qu'humain, pour peu qu'elle ne l'enferme pas de nouveau devant son temple. Juleis retrouva donc la ruelle où il avait laissé ses vêtements et se transforma à nouveau avant de se rhabiller.

Il arriva devant la bibliothèque quelques minutes avant la fermeture, il attendit, anxieux, puis la vit enfin sortir. Sortant de la pénombre, il avança à sa rencontre. Il n'attendit pas qu'elle se retourne et se lança.

"Aerin, je... Je suis désolé, je pensais que c'était la bonne chose à faire, j'ai eu tort, j'espère que tu réussiras à me pardonner malgré le fait que j'ai fait comme si notre amitié ne ressentait rien, comme si la confiance que nous avions l'un dans l'autre ne représentait rien de plus qu'un grain de poussière. Sache juste que, dans toute mon existence, je n'ai jamais eu confiance en personne autant que je peux avoir confiance en toi. Je sais que je peux faire mieux, je sais que je peux me rattraper. Si par hasard tu daignais me laisser une seconde chance.."

Juleis n'avait pas voulu se lancer dans un monologue ennuyeux et monotone, il avait juste parlé avec son cœur et avec sincérité. Il savait qu'elle ressentirait tout ça, mais il était toujours incertain face à l'avenir, son avenir, leur avenir...

[Mana : 8]
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Aventure #8 écrite Mar 27 Aoû - 22:25

Un bruissement de pas, c'était lui. Aerin sentit son coeur se resserrer en sachant l'instant fatidique approcher. Puis une ombre dans la lumière du soleil presque endormi, diffuse puis de plus en plus nette, se dessina sur la porte à laquelle la jeune femme faisait face. Ainsi Juleis était encore en humain... ça lui ballonna l'estomac. Ce dernier semblait danser une gigue avec ses intestins tandis qu'un manque d'air lui comprimait la gorge. Aerin ne se sentait pas prête... Elle aurait voulu que l'après midi dure une éternité ; que le temps s'arrête jusqu'à ce qu'elle trouve le courage de se retourner...

Toute la journée, la jeune femme avait songé à ce moment précis ; tentant de trouver ce qu'elle pourrait dire une fois face au tigre métamorphosé. Pourtant, durant cette brève seconde où elle s'apprêtait à fermer la porte à clé, les mots s'étaient envolés. Elle savait pourtant ! Son texte, elle se l'était répété dix fois... cent fois durant toute l'après midi. Aerin voulait lui dire qu'elle était certainement aussi fautive que lui, qu'elle aurait dû mieux réagir, qu'elle aurait dû, surtout, le reconnaître. Parce que c'était Juleis, ce n'était pas un quidam. Non, c'était son ami, ce tigre puissant qui faisait tout pour elle ; qui l'aimait d'un amour inconditionnel qu'elle estimait ne pas mériter...

C'est dans cette optique qu'elle écouta l'écho de ses pensées franchir les lèvres de l' Invocation ; usant néanmoins d'autres termes. Il était désolé, Aerin aussi. Mais elle était furieuse également. Furieuse contre lui, contre ce besoin qu'il avait ressenti de lui cacher cette vérité. Qui le savait à part elle ? L'île entière sûrement... Et furieuse contre elle-même, de n'avoir rien vu, rien compris. Alors elle restait figée là, la tête baissée et le regard posé sur ses mains : l'une sur la poignée de la porte, l'autre autour de la lourde clé déjà enfoncée dans la serrure.

Pire encore que de l'écouter parler de cette voix si chère à son coeur, Aerin ne supporta plus de l'entendre se morfondre. La jeune femme commençait tout doucement à éprouver de la culpabilité à son encontre, comme si tout d'un coup, elle était devenu le bourreau du tigre. Alors, doucement, comme si sa nuque eut été rouillée, la bibliothécaire tourna la tête, juste assez pour entrevoir le tigre au travers de sa longue chevelure blonde. Mais ce n'était pas un tigre, c'était cet inconnu ! Alors son regard revint se planter sur la porte et en guise de toute réponse aux regrets du tigre, elle tourna la lourde clé dans la serrure, laissant le cliquetis sonore donner la mesure. Un ton sec, direct, franc... loin de la pensée hésitante de la jeune femme qui commença à murmurer.

« Sais-tu ce que... ce que ça m'a fait d'entendre ta voix sortir de la bouche d'un inconnu ? As-tu une idée de ce que j'ai pu ressentir quand j'ai découvert que je ne t'avais pas reconnu immédiatement ? Aerin renifla, car une larme venait de piquer le coin de ses yeux, prête à couler. J'étais furieuse... contre toi... mais contre moi aussi... je t'en ai voulu d'être apparu comme ça, le sourire aux lèvres, comme si c'était une bonne blague. Mais elle n'était pas drôle ta farce, ponctua-t-elle d'un geste brusque pour retirer le clé de la porte. Vraiment pas... elle était même cruelle, parce que... parce que... ses reniflements se faisaient plus réguliers, afin de ne pas pleurer. Parce que je ne t'ai pas reconnu alors que j'aurai dû ! »

Le ton de sa voix allait crescendo tandis qu' Aerin avait enfin réussi à se retourner. Néanmoins, elle avait la tête tellement basse, qu'elle ne voyait pas Juleis, tout au plus ses pieds parvinrent dans son champ de vision tandis que la jeune femme fusillait le pavé, du regard. Avec la teinte orangée du soleil presque éteint, sa frange faisant de l'ombre jusqu'à son regard, ce dernier semblait noir, obscur. Ses bras tendus, tremblant nerveusement ; ses poings serrés au point de voir ses articulations blanchirent : Aerin n'était pas loin d'exploser. Alors, était-ce à cause de ça que Juleis s'était rapproché ? Voulait-il simplement lui éviter de crier encore ? Ou sentait-il que son Invocatrice était sur le point de pleurer ? Dans tous les cas, sa présence juste en face de la bibliothécaire suffit à ce que celle-ci reprenne la parole.

« Ne me refais plus jamais ça !, gronda-t-elle en relevant la tête violemment pour le regarder dans les yeux. Ne me teste plus.., dit-elle une première fois en tapant un poing sur le torse du jeune homme. Ne me teste plus ! Les larmes faisaient briller ses yeux plus que d'habitude, sans pour autant parvenir à couler. Pas toi, tu n'as pas le droit de me tester. Encore un coup, le troisième. Car chaque phrase était ponctué de son poing sur le corps de l' Invocation. Tu n'as pas... tu n'as pas le droit de.., Aerin se remit à renifler tandis que son poing donnait des coups de plus en plus faibles. Tu n'as pas le droit de tester... pas le droit de tester mes sentiments pour toi... »

Sa dernière phrase se finit dans un sanglot incontrôlable. Aerin ne parvenait plus à retenir ses larmes et ce ne fut plus son poing qui tapa le torse de Juleis, mais son front qu'elle laissa tomber contre son Invocation. Tout son corps n'était que sanglot mêlé à la raideur de ses muscles. Alors inévitablement, Aerin avait perdu le contrôle de son être. Chaque respiration était accompagnée d'une difficulté à reprendre son souffle normal, faisant trembler l'air qu'elle inspirait, tandis que par moment, ses pleures laissaient filtrer quelques murmures, toujours les mêmes.

« Ne me teste plus... pas toi... ne me... teste plus. »
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Aventure #9 écrite Mar 27 Aoû - 22:26

Elle ne s'était retournée qu'un bref instant, juste le temps de prendre connaissance qu'il était encore humain, puis son regard avait fui, lui échappant à nouveau. La distance parut à Juleis comme une nouvelle blessure, encore une autre conséquence du cataclysme qu'il avait lui même déclenché, de l'erreur qu'il avait commise. Puis, enfin, elle lui avait répondu, ses mots l'avaient transpercé de part en part, elle était au bord des larmes et seulement à cause de lui et seulement lui. L'écho de ses plaintes et de ses remontrances lui serrèrent le cœur, il était au plus mal, stoïque et immobile, ne parvenant pas à ajouter quoique ce soit, il ne parvenait même pas à s'excuser lui même pour ce qu'il avait fait. A vouloir lui apprendre qu'elle était assez forte pour soutenir le regard des hommes, il avait fini par la faire se détourner de lui et croire en elle encore moins qu'avant. Au lieu de lui avoir insufflé du courage, il n'avait réussi à la faire se sentir coupable, porteuse d'un fardeau dont elle n'aurait jamais eu à se soucier.

Puis, enfin, elle se retourna, mais ce qu'il vit ne lui plu pas plus. Elle fuyait son regard, ses poings étaient serrés et ses articulations saillantes. La divinité sentit qu'elle était sur le point d'exploser, de fondre en larmes, elle était aussi mal que lui, Juleis eu alors l'audace de faire un pas, de raccourcir la distance qui les séparait, malgré l'état dans lequel elle était il ne parvenait pas à rester immobile face à son désespoir il fallait qu'il lui montre qu'il l'entendait, qu'il l'écoutait, que quoiqu'il advienne il serait là pour elle dans la joie comme dans le malheur. Elle pouvait compter sur lui, c'était la seule chose en laquelle il fallait qu'elle continue à croire, pour son bien.

Et sans prévenir, elle releva la tête, elle avait retrouvé le courage de l'affronter du regard. Ses iris ambrés rendus brillants par les larmes qui se contenaient dans ses yeux, elle paraissait hors d'elle, plus qu'il ne l'avait jamais vu. Il frissonna quand ses yeux rencontrèrent à nouveau les siens. Puis elle le frappa une fois, un coup qui ne le blessa pas mais qui lui fit comprendre à quelle point son malaise était profond, à quel point il était allé trop loin, il ne bougeait pas. Un autre coup vint s'ajouter au premier, lui disant de ne plus la tester, de ne jamais recommencer. Les coups de poings se transformaient en coup de cloche dans sa tête, il était sonné, estomaqué, réalisant la perfidie et le mauvais jugement dont il avait fait preuve plus tôt dans la journée. Comment avait-il pu en arriver là ? Lui faire ça à elle, la si innocente et pure Aerin, il n'avait aucune réponse à cette question si ce n'est sa propre bêtise. Puis un troisième coup, lui remettant les idées en place. Son invocatrice craquait sous la pression, la pression qu'il lui avait mis sur les épaules mais lui aussi était vidé, amorphe. Voir ainsi la personne pour laquelle il aurait pu tout donner le rendait vide de tout sentiments, de toute envie, il se haïssait.

Juleis n'avait toujours pas bougé, les bras le long du corps, il n'avait rien trouvé à lui dire, aucun mots pour la calmer et la ramener vers lui, aucun mot pour la faire sourire de nouveau. Il avait mal, mal au fond de lui-même, mal d'une douleur que l'on ne peut guérir. Il avait fait couler les larmes d'une personne à qui il avait promis le bonheur. C'était un fils d'Aqua indigne. Ce flot de pensées lui donnaient le tournis. C'est là qu'il la sentit, un poids plus lourd posé sur le haut de son torse, elle avait posé se tête sur son torse, elle ne reniflait plus mais les larmes coulaient, sa respiration était altérée et son corps tendu, au bord de la rupture. Tout s'effaça alors, il savait quoi faire, il sentait une chaleur nouvelle envahirent ses membres et son esprit. Ses bras entourèrent les épaules de la jeune humaine et il ramena à lui, posant sa main dans ses cheveux dorés.

"Plus jamais, si tu savais comme j'ai eu peur, peur de te perdre, peur que tu perdes toute confiance en moi."

A son tour il pleura, une larme perla au coin de son oeil droit avant de se mouvoir le long de sa joue et de tomber sur la chevelure d'Aerin. Elle était à nouveau là, dans ses bras, il ressentait de nouveau sa chaleur près de lui, il ne la laisserait plus partir, plus jamais. On ne peut de toute façon pas faire la même erreur deux fois, la première fois étant une erreur involontaire mais la deuxième fois étant bien un choix. Juleis bougea ensuite son visage, et doucement, du bout des lèvres, il lui embrassa le front, amicalement, tendrement.

"Je... Je ne sais plus quoi te dire, je m'en veux tellement."

Il ne trouvais plus les mots, ils étaient là, Aerin lové dans ses bras, toujours sanglotantes mais il était maintenant sur qu'il ne la perdrait pas, il lui fallait maintenant oeuvré pour qu'à nouveau elle lui fasse confiance, qu'elle n'arrête pas de croire en lui car ses intentions n'avaient pas changé, bien au contraire, il dédoublerait d'efforts pour faire d'elle une femme heureuse et épanouie, une femme libre, forte et fière de la vie qu'elle mène. Mais pour que ce rêve devienne réalité, il fallait aussi qu'il soit sien.
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Aventure #10 écrite Mar 27 Aoû - 22:26

Ses yeux lui brûlaient, sa respiration saccadée lui donnait mal au coeur, à la poitrine, au cou... elle empourprait ses joues qui étaient maculées de larmes. La pire des tortures n'aurait jamais réussi tel raz de marée chez Aerin. Même la mort qu'elle affronta quelques temps plus tôt ne rivalisait pas avec ce sentiment de trahison. Ce mensonge, accompagné de sa propre déloyauté, avait eu raison de son esprit qui n'avait eu de cesse de vouloir demander pardon tout en accusant le tigre. Aerin en sentait encore le poids sur son poing toujours posé, avec son visage, sur le torse de Juleis. Ce demi-dieu personnifié qu'elle ne voulait pas perdre. Ni maintenant, ni jamais. Alors son autre main vint s'emparer, s'agripper à la chemise de l' Invocation, imitée par la première...

C'est alors que la chaleur des bras du tigre métamorphosé s'enroulèrent autour d'elle. Plus l'étreinte s'accentua, plus les doigts d' Aerin se refermèrent sur la chemise. Quel paradoxe ! L'être par qui la bibliothécaire avait ressenti cet anéantissement, était celui-là même à pouvoir l'apaiser. Juleis était le seul à détenir le secret pour calmer les pleures de la jeune femme, a dégagé assez d'amour pour détendre ses muscles encore raidis par l'émotion. Alors une dernière fois, sa respiration s'emballa pour finalement reprendre son rythme normal. Petit à petit, la jeune femme cessa de trembler. Au fil du temps passé dans ces bras déjà familiers, Aerin sentit ses joues se rafraichir sur la chemise toujours solidement agrippée.

Puis ces mots. La réplique exacte de sa pensée. Aerin non plus, ne voulait plus jamais endurer ça. Elle aussi, comme le tigre, crut qu'elle l'avait perdu en le chassant loin d'elle dans la matinée. Pour la première fois depuis leur cohabitation, elle lui avait donné un ordre stricte qui aurait pu renvoyer le tigre dans sa prison. Se rendant compte que si elle n'avait pas simplement dit de partir, si elle avait précisé qu'il retourne dans sa cage à tout jamais, Aerin se cramponna davantage à Juleis. Par sa faute, elle avait failli le perdre, si elle avait simplement dit « va-t-en à tout jamais, je ne veux plus te voir », Aerin réalisa qu'elle aurait pu dire adieu à l'être qui lui était devenu si cher à son coeur.

Dès lors, au contact des lèvres de Juleis sur son front, Aerin s'écarta doucement. Assez pour croiser son regard mais pas trop pour rester dans ses bras, continuer à sentir sa chaleur bienveillante contre sa poitrine. Juleis pleurait également. Ce spectacle n'en était que plus pénible, c'est pourquoi une de ses mains lâcha la chemise pour essuyer le regard azuré posé sur elle, aussitôt imitée par la seconde. Puis tout aussi délicatement, elles glissèrent sur la chevelure sombre du demi-dieu, parcourant le contour de son visage d'un geste hésitant.

En le regardant ainsi, Aerin comprit qu'en tigre ou en homme, Juleis serait toujours Juleis. Malgré l'obscurité venu tamiser leur étreinte, elle pouvait toujours voir ce regard à nul autre pareil, le seul dans lequel elle se trouvait belle ; le seul dans lequel elle voulait se voir. Et la culpabilité d'avoir failli perdre ces deux saphirs à tout jamais lui fit enlacer le cou de l' Invocation de toute ses forces, devant même se mettre sur la pointe des pieds pour se faire. Alors seulement, un contact familier sur son visage. La joue posée contre celle de Juleis, séparées uniquement par les cheveux de ce dernier. Cette chevelure aussi soyeuse que le pelage du tigre... Là, Aerin ferma les yeux, savourant la brise du soir venue chatouiller son visage tiré par ce trop plein de larmes. Doucement, elle caressa la joue du jeune homme avec la sienne, jusqu'à ce que ses lèvres viennent murmurer au creux de son oreille.

« Ne m'obéis plus jamais si je venais à te demander de t'en aller comme je l'ai fait tout à l'heure. »

Sur ces mots, le coeur d' Aerin intensifia son battement contre la poitrine de Juleis, assez fort pour avoir l'impression qu'il affrontait celui de l' Invocation ; comme s'il eut essayé de s'en approcher pour prouver ses dires.

« Ne me laisse plus jamais seule quand je vais mal... peu importe la raison. »

Sous entendant : même si c'est toi qui me fait souffrir. Aerin venait d'avoir bien trop peur de le perdre pour prendre un nouveau risque ; la jeune femme avait eu bien trop d'émotion pour se soucier des personnes potentiellement amenées à passer par là. Ce qui comptait, c'était Juleis et la frayeur qu'il lui avait fait ressentir. Une crainte qu'elle croyait voir revenir si elle le lâchait, alors elle resta là, sur la pointe des pieds, les bras autour du cou du jeune homme. L'une de ses mains vint d'ailleurs caresser la chevelure sombre du demi-dieu, n'ayant de cesse de passer et repasser entre les mèches améthystes de l' Invocation. Et contre toutes attentes, Aerin embrassa le cou du demi-dieu... lui rendant ainsi son geste affectueux qu'il eut plus tôt à son égard.

« je t'aime tant Juleis. »

Ça lui parut naturel, simple. Aussi simple que toutes les fois où elle venait s'asseoir à même le sol, dans sa chambre, contre les flancs du tigre. Même ces mots lui parurent évident alors qu'ils se connaissaient depuis fort peu mine de rien. Mais cette proximité, cette union née le jour même de la libération au Temple faisait qu'il était devenu tout pour elle, comme elle était tout pour lui...
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Aventure #11 écrite Mar 27 Aoû - 22:27

Edvah sautait de toit en toit. Cela faisait très longtemps qu'elle ne s'était pas baladé au dessus des rues de Lüh. Cela faisait longtemps qu'elle n'en avait plus eut l'occasion en même temps. Elle appréciait pourtant tellement le faire. Non qu'elle soit une folle du danger, au contraire, elle n'aimait pas se mettre dans une situation risquée pour elle même. Mais cette sensation d'être au dessus de tout le monde était parfaitement grisante. Et ses bonnes compétences en gymnastiques lui permettaient un déplacement gracieux, silencieux...
Edvah était invisible dans la pénombre que lui offrait le soir. Sa longue cape à capuche sombre la transformait en ombre, cachant aux reflets de la lune sa peau claire et ses cheveux d'or. Seul luisaient de temps à autre les boucles de ses cuissardes quand elle courait, et une oreille extrêmement attentive aurait peut-être perçut le bruissement de ses habits ou le léger claquement de ses talons plats sur les tuiles. Mais pas les badauds qui s'agitaient en contre bas...

Soudain, elle eut le sentiment d'entendre d'autres pas, décalés par rapport aux siens. Son cœur ne fit qu'un seul bond et elle accéléra ses foulées. Les pas suivirent son rythme. La discrétion n'était plus de mise, elle devait fuir. La jeune femme savait très bien que tout le bruit qu'elle avait fait entant que nouvelle capitaine lui causerait des ennuis. Mais peut-être pas aussi vite. Elle se stoppa et se retourna, faisant mine de se cacher derrière une cheminée. L'autre ne fit plus aucun bruit. Un assassin. Au léger son de la lame qui se dégaine, Edvah frissonna, tira la dague de sa botte et attaqua à l'aveuglette.

« Touché ! »

Son vis-à-vis porta la main à sa poitrine, lui ou elle également couvert d'une capuche. Un sifflement de rage lui échappa et plaqua une main ensanglanté sur le visage puis la gorge de la jeune capitaine. Il l'étranglai et Edvah sentie la tête lui tourner quand il lâcha prise de façon soudaine. Le Mimain. Une longue lame fine transperçait à présent la poitrine de son ex assassin. Heureusement qu'Edvah avait mit ses hommes en patrouille dans la ville, plus pour continuer de recruter que pour la sauver mais... C'était toujours ça de pris.
Elle s'écroula comme une poupée de chiffon, la respiration sifflante. Le matelot resta quelques secondes à lui parler puis il descendit du toit, mal assuré, par une pile de caisse. Si sa mort imminente était déjà loin derrière elle c'était qu'une chose venait de lui mettre du baume au cœur : Ses hommes étaient là pour elle, de leur propre volonté.

Elle finit par se relever et reprit son petit parcours à l'envers, plus discrète encore cette fois. Elle voulait rentrer sans se faire agresser une nouvelle fois. L'odeur du sang la suivait comme un second assassin, inaudible mais persistant. Son visage en était couvert, encore dégoulinant, ses mains étaient vermeilles et sous sa cape, sa chemise blanche et son corsaire en était moucheté. Mais cela ne la dérangeait pas. Ce n'était pas la première fois de sa vie qu'elle était maculé de pourpre.
Davantage préoccupé par ce qui se passait derrière elle, elle sauta au sol d'un toit bas avec cette grâce théâtrale qu'elle aimait plus que l'or encore. Et elle aurait continué son chemin si, en relevant la tête, elle ne s'était pas rendu compte qu'elle était nez à nez avec un couple d'amoureux transi... Elle finit de se redresser, la dague de retour dans sa botte mais toujours prête à en jaillir.
Elle reconnaissait très bien l'autre blonde, le rat de bibliothèque de la Taverne. Et sa capuche étant tombée dans son dos à cause du saut, elle était convaincu que le sang dont elle était maculée ne l'empêcherait pas de la reconnaître, elle. Le jeune homme par contre, elle ne le connaissait pas. Son sourire le plus sarcastique s'afficha sur son visage dégoulinant.

« Comme c'est mignon... S'pour ça qu't'as pas voulu d'nous ? »

Edvah rit doucement. Elle ne se doutait pas que le jeune homme était un demi-dieu et voulait juste effrayer Aerin plus qu'elle ne l'avait déjà été au cours du recrutement... Avant de s'éclipser quand elle aurait eut ce qu'elle voulait. Si quelqu'un la suivait encore, elle ne pouvait prendre le risque de se faire tuer pour de bon. Même si Ushiran ou Letto pourraient toujours la sortir de là.


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Aventure #12 écrite Mar 27 Aoû - 22:27

Ses mains sur son cou, son visage posé sur le sien, Juleis n'aurait pu demander mieux. Une heure plus tôt il était persuadé de retourner à jamais dans sa cellule, couler des jours sombres et tristes en compagnie du souvenir de la bibliothécaire et maintenant elle était là, serré à lui de sa propre volonté, accroché à lui sans vouloir le lâcher. Il était heureux, c'était le seul mot qui décrivait le plus à mêmement sa situation. Puis des mots vinrent sonner à son oreille, elle lui ordonnait de ne jamais plus la laisser seule si elle le lui demandait, de ne jamais plus l'abandonner dans son malheur, peu importe qu'il en soit la cause ou non. Le battement de son cœur accéléra, devançant le sien qui, également, commençait à s'emballer.

Il frissonnait, la main d'Aerin se baladait dans ses cheveux alors que les siennes faisaient de même, aucun des deux ne semblant vouloir mettre fin à cette étreinte idyllique. Aucun des deux ne voulaient rompre ce contact qu'ils avaient failli perdre au cours de la journée. Il sentit alors sa joue bougeait contre la sienne, croyant qu'elle allait quitter le confort de ses bras, mais elle n'en fit rien et c'est là qu'il sentit le doux contact de ses lèvres sur son cou, encore plus doux que la saveur d'une pomme entre ses lèvres, plus vivifiant que la sensation que lui donnait la course à travers les landes. Pour finir vinrent ces mots, les mots qui plaisent tant à être entendus "Je t'aime tant Juleis", ils éclatèrent à son oreille comme une bulle de savon, surprenants, inattendus mais apaisants. Tout cela n'avait peut être pas été vain, ils en ressortaient tous deux beaucoup plus forts qu'avant.

"Si tu savais comme je tiens à toi, petite Aerin, je donnerai ma vie pour la tienne.."

Mais ce doux moment fut stoppé par l'arrivée d'un intrus, ou plutôt d'une intrus à y regarder de plus près. Ce qui semblait être une furie blonde était apparue non loin d'eux, sortie de nulle part, comme un cheveu sur la soupe. La surprise le poussa à lâcher Aerin et à se placer entre elle et l'inconnue, lui permettant de détailler un peu mieux à qui ils avaient à faire, c'était une blonde de taille moyenne, fine et des yeux ambrés qui se rapprochaient de ceux de sa bibliothécaire. Si sa chemise n'était pas tachée de sang, on aurait pu croire que ses intentions étaient bonnes, qui plus est, son ton acerbe et moqueur n'invitait aucunement à la bonhomie. Juleis ne craignait pas vraiment l'affrontement, même s'il n'était pas rodé aux techniques de combat, sa force égalait voire dépassait la plupart des humains, même sous forme humaines ses caractéristiques divines n'étaient pas impalpables. Ce qu'il craignait c'est qu'elle s'en prenne à Aerin, la petit et frêle Aerin qui, il le savait, n'était pas amène à se défendre toute seule.

La furie blonde lâcha quelques mots, au grand étonnement du tigre, les deux femmes semblaient s'être déjà rencontrés dans le passé, pourtant il n'avait pas souvenir qu'elle lui en ait parlé et leur interlocutrice ne semblait pas non plus faire partie de la clientèle habituelle de la bibliothèque, pour peu qu'elle sache lire d'ailleurs. Bien, il devait attendre l'avis de son invocatrice avant de faire quoique ce soit, pour un peu il se pourrait qu'elle soit amie et que ceci ne soit que des retrouvailles après une absence de longue date. Après tout, lui et Aerin n'étaient dans la vie l'un de l'autre que depuis quelques jours maintenant, elle aussi pouvait avoir son petit jardin secret ou simplement pas eu le temps de lui parler de tout.

"Qui es-tu ? Que veux-tu ? Comment connais-tu Aerin ? Tu n'as pas l'attitude de quelqu'un qu'elle pourrait apprécier voire même côtoyer, tu sembles bien trop vulgaire et... sanguinolente"

Pour un peu, il avait failli grogner mais il comptait garder pour lui le fait d'être une divinité. Il savait que la scène qu'avait donné Aerin et lui un peu plus tôt, si elle avait été vu par d'autres que la blonde n'aurait aucune conséquence pour Aerin sauf si on apprenait ce qu'il était, car elle lui avait dit ce que la société pensait des histoires entre Invocations et invocatrices, les mauvais traitements qu'ils avaient subi dans le passé et il ne voulait pas que sa jeune bibliothécaire en fasse les frais, elle n'avait pas les épaules pour ça et elle ne pourrait probablement jamais se passer de sa douce bibliothèque..
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Aventure #13 écrite Mar 27 Aoû - 22:28

Le charme se rompit bien malgré elle. Aerin avait sursauté, dans les bras de Juleis, quand une masse sembla tomber sur le sol, non loin. Une chute calculée, amortie... humaine ! Mais la jeune bibliothécaire n'eut pas le temps de rouvrir les yeux pour découvrir ce que c'était que Juleis faisait déjà bouclier de son corps, entre elle et...

« Par les dieux ! »

Ces trois petits mots jaillirent instinctivement quand elle parvint à passer son regard par-dessus l'épaule de l' Invocation, agrippée aux bras de ce dernier afin de pouvoir maintenir sa position mal assurée sur la pointe des pieds. Trois petits mots qui furent suivis aussitôt par la kyrielle de questions du tigre métamorphosé. Nulle doute alors, que la personne s'amusant de son effet de surprise, n'en vienne à se présenter elle-même... en grand apparat qui plus est. Parce que c'était elle, c'était cette femme, cette effroyable femme qui lui avait laissé le souvenir amer d'une menace.

Parce même dans la pénombre, même si les atours de cette femme étaient différents du jour où elles s'étaient rencontrées, même si beaucoup trop de sang empourprait son visage et ses vêtements, Aerin avait réussi à la reconnaître, elle ! Parce que cette femme n'avait pas le don de métamorphose, parce que tout au plus jouissait-elle d'un certain talent pour le camouflage, aux vues de sa tenue sombre mais il était assez difficile d'oublier ce langage de charretière, cette suffisance dans le maintient et encore moins une femme qui vous annonce que leur prochaine rencontre ne se passerait sûrement pas aussi bien que la première – si tant est qu'on puisse qualifier de « bien » cette entrevue datant de moins d'un mois.

Jamais Aerin n'eut cru qu'elles se retrouveraient si vite. Jamais la bibliothécaire n'avait espéré la retrouver ! Car leur dernière – et unique rencontre – fut effrayante... une frayeur palpable à nouveau, alors que la timide demoiselle se remit à trembler. Son corsage marron, collé au dos de Juleis, laissait percevoir son coeur qui non contant de battre comme un beau diable voulant sortir de sa cage, tambourinait sa cage thoracique si rapidement qu'il semblait prêt à défaillir d'un instant à l'autre.

« C'est... c'est... c'est vous ! »

Sa gorge était nouée. Un bloc de béton semblait y avoir élu domicile tant sa voix peinait à sortir. Ce qui, soit dit en passant : était toujours mieux que ce qu'elle aurait pu dire lors de la rencontre effroyable dans la taverne. À savoir qu' Aerin n'avait strictement rien dit ce jour là, contrairement à la pirate face à eux. De mémoire, cette femme parlait. Parlait même beaucoup, bien que la chose principale qu' Aerin retint fut ce petit échange, juste entre elles deux. Cette remarque finement dosée pour que la bibliothécaire ne l'oublie sans doute jamais. « Réfléchissez juste duquel côté d' la porte vous préférerez être l' jour où on attaquera vot' village... ».

*La porte* : en y repensant, Aerin regarda instinctivement en arrière, car derrière eux se tenait sans nulle doute une des portes les plus solides de Lüh. La porte arrière de la bibliothèque, celle-là même qu'elle avait refermée un peu plus tôt. Alors ses petits talons de cuir retouchèrent le sol et de ses doigts crispés sur les épaules de Juleis, elle entraina ce dernier quand elle recula d'un pas, tremblante, apeurée... parce que cette femme, face à eux, était maculée de sang ; parce que cette femme, elle le savait :

« C'est... c'est une pirate, Juleis... »

Aerin murmurait. C'était de toute façon la seule chose qu'elle pouvait faire pour l'heure. La bibliothécaire ne pensait qu'à fuir, car c'était là son habitude. La pirate elle-même le savait. Il suffisait d'entendre le ton de sa voix pour en être sûre. Mais comme à son habitude, le demi-dieu restait stoïque. Si son invocatrice était la plus grande peureuse de la ville, lui avait la bravoure d'un lion – ou plutôt d'un tigre, dans son cas !

Mais quelle ironie tout de même, avant ce soir, Aerin avouait régulièrement que sans avoir rencontré, bien malgré elle, cette cohorte de pirates, jamais elle n'aurait pris la décision de partir à l'aventure. Sans avoir dû affronter cette blonde sanguinaire, jamais la bibliothécaire n'aurait trouvé Juleis. Mais pour l'heure, tout ce qu'elle espérait, c'est que son humeur ne soit pas belliqueuse : il était permis de rêver, n'est-ce pas ? Bien qu'en sachant que c'était un espoir vainc, Aerin marmonnait une prière se traduisant par de simples mouvements de ses lèvres sans émettre le moindre son.

Elle ne voulait pas mourir. Or, c'est bien là ce qu'elle redoutait ! Passant timidement son visage contre le bras du tigre, Aerin regardait fixement la jeune femme face à eux. Les yeux exorbités, elle dardait son regard ambré sur les tâches de sang sur le visage de la pirate. Malgré la pénombre, la quantité de sang ne manquait pas d'accroître la frayeur d' Aerin qui se demandait combien de personnes elle venait de tuer avant de s'en prendre à eux. Une ? Dix ? Cent ? Alors pourquoi pas deux de plus ? Pourquoi pas eux ?

« Juleis ? »

Son regard se fit suppliant quand elle leva les yeux vers le visage du tigre, sans pour autant décoller sa joue de son bras. Dans ses prunelles de cuivre, toute la peur, l'émoi et l'envie de fuir pouvaient s'y lire. Pourtant elle ne partirait pas seule... et connaissant Juleis, lui ne partirait pas tout court, hélas...
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Aventure #14 écrite Mar 27 Aoû - 22:29

En prince charmant dévoué, le jeune homme poussa sa donzelle derrière lui pour la protéger. Un réflexe tellement tendre que le visage d'Edvah dansa entre la rancœur et son habituel sarcasme. Cela allait faire tellement longtemps qu'elle n'avait pas été protégé avec autant de ferveur. Presque un an... Et même si le Mimain l'avait sauvé un peu plus tôt dans la nuit, ce n'était pas la même chose. Mais elle ne comptait tuer personne d'autre cette nuit. Mais pourquoi le leur dire ?
Elle se laissa détailler sans broncher, détaillant également la bibliothécaire qu'elle connaissait déjà, et son doux protecteur. Quand elle parvint enfin à croiser le regard de sa proie, Edvah ouvrit d'immenses yeux et du se retenir pour ne pas éclater de rire. Elle était terrorisée ! La jeune capitaine n'aurait pas cru faire cette effet. Mais à bien y penser, l'autre femme n'avait pas même réussit à ouvrir la bouche quand elle était tombé sur les pirates... Il y avait du progrès.

«- Par les dieux !
- Qui es-tu ? Que veux-tu ? Comment connais-tu Aerin ? Tu n'as pas l'attitude de quelqu'un qu'elle pourrait apprécier voire même côtoyer, tu sembles bien trop vulgaire et... sanguinolente »


Tant de colère... Et il ne frémissait même pas. Tant de courage. Mais à moins qu'il ne cache également une arme, Edvah n'avait pas à craindre. Elle ne voulait pas tuer, simplement taquiner. Elle était un peu comme ces enfants à l'école, un peu plus malin, qui font payer l'entrée des toilettes aux plus petits. Et dans le pire des cas, l'attaque n'était pas sa meilleure défense, loin de là. Il s'agissait de l'esquive et de la fuite.
Alors qu'elle voulu ouvrir la bouche, fière comme un coq de pouvoir exhiber oralement son nouveau titre, le rat de bibliothèque la devança. C'était encore mieux, elle n'aurait plus qu'à peaufiner sa déclaration. Et s'entendre appeler pirate avec cette angoisse... Edvah en aurait presque frémit de joie.

« C'est... c'est... c'est vous ! C'est... c'est une pirate, Juleis... »

Edvah ricana et, tendit que le duo recula, elle fit un pas en avant et s'inclina bien bas, un immense sourire loin d'être charmant sur son visage d'ange. Se redressant, la jeune capitaine fixa tour à tour les deux amoureux tandis qu'elle se présenta pour de bon. Elle fit au moins l'effort d'articuler un minimum.

« Je m'appelle Edvah. Le capitaine de l'Atropos. Et si vous avez encore jamais entendu parlé de moi, mon mignon, je vous promets que ça saurait tarder. Souvenez-vous en... Au moins pour elle, parce que vot'donzelle, elle, a l'air de s'rappeler. »

Tandis qu'Aerin marmonnait et suppliait le demi-dieu, Edvah fit encore un pas en avant pour pouvoir parler plus doucement. Elle jeta un regard par dessus son épaule, comme si elle allait leur révéler un incroyable secret. Elle s'adressa à la jeune femme pour commencer, puis leva les yeux vers son preux chevalier.

« Mais visiblement, tu n'as pas choisi l'bon côté d'l'porte... Dommage.
Vot'dame, j'la connais pas plus que ça... Mais vous seriez surprit d'où. Pas'que même sans son bouquin comme bouclier j'peux vous promettre que c'est elle... La fille qui a voulu s'engager sur mon navire.»


Edvah effaça son sourire, un sourcil levé comme si elle venait d'élucider un mystère, d'exposer un horrible secret. Et s'en était sans doute un, pour le commun des habitants de Lüh... La piraterie ! Le meurtre, l'or obtenu par le droit du sang, la mer, la crasse... Aucune jeune fille bien pensante et bien élevée ne souhaiterait rejoindre cette caste si détestée.
La capitaine recula doucement, la main devant la bouche et les yeux au sol comme si elle regrettait d'avoir brisé ce beau couple... Enfin, personne n'avait encore rien dit ni rien fait... Mais comment ce prince charmant pouvait-il réagir autrement en apprenant que sa belle était en réalité un bandit des mers ? Un rictus de pur méchanceté dansait vaguement aux coins des lèvres d'Edvah en attendant la scène qui allait peut-être se dérouler pour elle. Le plus comique en réalité pour elle, était le fait qu'Edvah savait pertinemment qu'Aerin n'avait pas voulu se joindre à eux et qu'elle était simplement entrée par mégarde par la mauvaise porte...


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Aventure #15 écrite Mar 27 Aoû - 22:29

Juleis n'eut pas besoin de se retourner pour sentir la peur qui envahit son invocatrice lorsqu'elle vit la blonde qui était apparue. Aerin émanait la peur, elle semblait tétanisée face à l'inconnue, ses mains se crispaient sur son bras plus qu'elle ne devait s'en apercevoir. Qui pouvait-elle être pour mettre la bibliothécaire dans cet état, surement pas une amie quoiqu'il en soit. Elle alla même jusqu'à reculer, l'emportant avec lui sur un pas. Pourtant, la divinité resté là, impassible, il ne fuirait pas l'affrontement si affrontement il devait y avoir. Puis vint la révélation, c'était une pirate, Aerin lui en avait parlé un soir, cette fameuse rencontre avec les pirates, celle la même qui l'avait poussé à venir le chercher lui, dans son temple. Une pirate, un brigand capable de tout, un hors-la-loi qui vivait selon ses propres règles.

Ce fut ensuite au tour de la furie blonde d'intervenir, elle fit une révérence, un sourire peint sur son visage lui donnant un air carnassier. Elle n'inspirait aucune confiance mais pour l'instant rien n'indiquait qu'elle s'apprêter à les attaquer, Juleis ne sentait aucune envie de meurtre derrière son attitude, toute cette mise en scène semblait bien plus perfide que ça. La blondinette se présenta enfin, Edvah, capitaine de l'Atropos, surement le nom de son bateau. Puis, pour continuer dans sa mise en scène, elle fit à nouveau un pas en avant, réduisant dangereusement la distance qui les séparait, avant de parler à nouveau, plus doucement cette fois. Elle tenta un coup de bluff, Aerin, une pirate, quelle sombre blague. Il aurait pu tomber dans le panneau s'il ne savait pas autant de choses sur la femme qui partageait maintenant sa vie.

Après tout, lorsqu'on prenait le temps de connaître Aerin, il paraissait absolument impossible qu'elle puisse avoir l'envie ou même le courage de s'engager sur un bateau pirate, s'engager dans une vie en deçà de la loi et des règles. Non, c'était tout bonnement impossible pour une personne comme la bibliothécaire, qui, il y a encore quelques heures de cela se mettait dans tous ses états parce qu'elle ne lui avait pas indiqué le bon rayonnage. Mais après cette révélation, les mains d'Aerin sur ses vêtements s'étaient crispées un peu plus, était-ce simplement dû au fait qu'Edvah était un peu plus proche d'eux ou alors lui cachait-elle quelque chose. Non. Impossible qu'elle ait un secret aussi énorme et qu'elle lui ait menti sur ce qui s'était réellement passé ce soir là. Pas après l'après midi qu'ils venaient de vivre.

"Je n'en crois pas un traître mot. Me prenez vous pour un sot, un imbécile ? La personne qui se trouve derrière moi, je la connais mieux que quiconque, jamais elle ne pourrait avoir envie de rejoindre l'équipage d'une énergumène telle que vous."

Qu'aurait-il pu dire d'autre ? Il croyait en l'innocence d'Aerin, plus que ça, il l'avait senti, vécu, après le temps passé à ses côtés il la connaissait, plus que ce que lui-même aurait cru pouvoir connaître d'une personne après si peu de temps passé ensemble. Non, Aerin n'était pas une pirate, et si finalement, un jour, elle décidait d'en devenir une, il la suivrait, même si elle ne le lui ordonnait pas, il la suivrait, guidé par ce lien qui les nouait aujourd'hui l'un à l'autre car il avait une confiance aveugle en elle et en ses choix.

"Maintenant, va-t-en, tu l'importunes et tu ne nous apporte rien de bon."
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Aventure #16 écrite Mar 27 Aoû - 22:30

Ce ricanement ! Aerin ne l'avait jamais entendu auparavant, mais son imagination lui avait fait deviner qu'il ressemblait à ça.. cruel. Diabolique, alors qu'il émanait d'un ange en apparence. Une poupée maquillée de sang qui s'avançait bien trop pour rassurer la bibliothécaire qui glissa ses mains jusqu'aux omoplates du tigre pour y agripper sa chemise. Un bref instant, elle plaqua même sa joue contre le dos de l' Invocation, afin de ne pas assister à la révérence de la pirate. Grave erreur, en repassant son visage, prudemment, sur le côté de Juleis : elle était là ! Juste sous son nez, la regardant droit dans les yeux. Alors le regard d' Aerin s'écarquilla en grand. Très grand. La blonde timide en déglutit quand la phrase assassine tomba. Parce que non, Edvah n'avait pas oublié sa promesse...

« C'est faux ! »

Son cri jaillit en même temps que la réponse de Juleis. Certes elle avait été à la taverne, mais elle s'y était perdue ; parce que, comme ce matin, son sens de l'orientation et son étourderie l'avait emmené où il ne fallait pas, au mauvais moment qui plus est ! Mais le tigre savait et donc ne croyait pas la pirate, alors Aerin se sentit un rien requinquée, assez pour s'écarter du corps protecteur pour se mettre à ses côtés, un peu en retrait malgré tout, pour pouvoir se glisser derrière lui en cas de danger. S'agrippant toujours à sa chemise pour ne pas rompre le contact, Aerin fuit malgré tout le regard de la blonde pour regarder au loin, dans le vague en fixant n'importe quel point dans l'obscurité pour tenter de rester aussi stoïque que son tigre.

La pauvre jeune femme était raide de la tête aux pieds et si ce n'est son bras à moitié fléchi vers le corps de l' Invocation qui tremblait de nervosité, si ce n'est sa chevelure voletant sous la fine brise crépusculaire : tout le reste était statufié. Laiteux comme la porcelaine, d'un teint livide. Mais son coeur battait trop fort dans sa poitrine... assez pour que son autre poing s'y referme, serrant son chemisier crème de toute ses forces autant qu'elle serrait les dents. C'était ça où celles-ci allaient se mettre à s'entrechoquer comme ses genoux cachés par sa longue robe mordorée.

Mais dans sa tête, Aerin revoyait chaque visage terrifiant de la taverne : le sourire carnassier de la brune sanguinaire ; l'océan profond du pirate masculin, l'imposante tigresse grincheuse, la gigantesque créature qui s'était dressée à ses côtés alors que la bibliothécaire voulait fuir au plus vite cet endroit mal famé... Mais surtout Edvah ! Son regard perçant, sa supériorité de caractère encore perceptible dans ce début de nuit. Aerin ne put s'empêcher de lui jeter un petit coup d'oeil avant que la peur ne lui fasse détourner à nouveau la tête. La frayeur était tel qu'elle détournait toujours plus le regard quand par inadvertance, la bibliothèque crut sentir celui de l'autre blonde sur elle – à tord ou à raison d'ailleurs. Et à chaque fois que son visage pivotait, plus la porte en arrière plan entrait dans son champ de vision, lui rappelant à quel point elle aimerait être de l'autre côté... de l'autre côté de la porte : dans tous les sens du terme.
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Aventure #17 écrite Mar 27 Aoû - 22:30

« -C'est faux !
- Je n'en crois pas un traître mot. Me prenez vous pour un sot, un imbécile ? La personne qui se trouve derrière moi, je la connais mieux que quiconque, jamais elle ne pourrait avoir envie de rejoindre l'équipage d'une énergumène telle que vous. »


Edvah eut une moue déçu. Non, ce n'était définitivement plus drôle. Les amoureux transis se connaissaient visiblement trop bien, ou avaient trop confiances l'un en l'autre pour réellement douter. Peut-être qu'une fois qu'elle serait partie auraient-ils une conversation à ce sujet, pour tout mettre au clair... Mais pour le moment, et tant que la jeune femme ne serait pas partie, il ne se passerait plus rien.

« - Maintenant, va-t-en, tu l'importunes et tu ne nous apporte rien de bon.
- Bien, si personne veut plus d'moi ici... Mais j'vous conseil d'trouver quelqu'un pour vous emmener compter fleurette dans un des temples... Parce que sans invocations avec vous... Vous allez morfler mes chéries, la prochaine fois que j'vous croise.»


Edvah sentit un regard dans son dos, et quand elle se retourna, le Mimain était là. Il la surveillait. Non pas pour des commérages ou pour l'espionner. Non, parce qu'il tenait à la protection que lui offrait la capitaine. Son épée, couverte de sang séchée, pendait à sa ceinture, et sa barbe frémissait d'un sourire doucereux. La jeune capitaine fit un petit bond en arrière pour mettre de la distance entre le couple et se rapprocher de son actuel protecteur. Elle était bien petite à côté de lui.

« Merci Piet... J'te laisserais t'occuper d'elle, mais plus tard. Laisse les mariner un peu. »

Il ne parut pas déçu, la mort de cette nuit lui avait visiblement suffit. Il avait beau être un tueur en série, il avait une certaine... Classe professionnelle, et tuait rarement plusieurs fois dans la même journée. Et même si l'assassin avait péri d'une mort rapide, le Mimain s'en était visiblement accommodé. Et il le faudrait bien, lors d'un abordage, on ne pouvait se permettre de torturer tout le monde un par un.

« J'vous laisse, mais j'vous garde à l’œil. »

Et Edvah partie tranquillement, sans se presser cette fois, le Mimain la suivant sans broncher. Il jeta néanmoins un long regard à Aerin. Piet tuait certes. Mais Piet tuait surtout des femmes. Des jeunes femmes. Sans défenses, timides... Puis les deux pirates disparurent au coin de la rue. Ils chuchotaient quelques banalités jusqu'à arriver à la planque d'Edvah. Il était largement l'heure d'aller dormir, même pour de vils brigands comme eux. Piet dormait à l'étage du dessous. Il ne s'agissait que d'un grenier grouillant, mais le matelot l'avait prit sans rien dire, l'air assez satisfait. C'était discret, et étrangement bien insonorisé...


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Aventure #18 écrite Mar 27 Aoû - 22:31

Elle semblait déçue, c'était du moins ce que laissait lire son visage. Alors elle n'était venue que pour tenter de semer le trouble, était-ce donc vraiment là la seule chose que faisait un pirate, semer trouble et chaos là où il passe ? C'était décevant, le chaos pour le chaos, la destruction pour la destruction. Juleis avait eu espoir que la piraterie puisse en réalité découler de la course vers un idéal noble, la lutte pour la liberté des opprimés, la lutte pour les faibles, ou dieu seul savait quoi. Mais non, ce n'était simplement qu'un ramassis d'ordures et de déchets qui ne vivaient que pour être hors-la-loi, pour défier l'autorité pour le simple plaisir de ne pas être soumis à quoique ce soit. La piraterie n'était donc rien d'autre qu'une sombre blague qui puait la démence et le vice.

Edvah avait été rejoint par ce que Juleis analysa comme l'un de ses pairs, probablement un membre de son équipage qui était là comme un garde du corps, ou un amoureux transi, tout était possible, venant de pirates. Lorsqu'il aperçut le nouvel arrivant, ses muscles se contractèrent un instant, prêt à nouveau à parer toute tentative à l'encontre de sa belle. Mais rien ne se passa, ou plutôt, Edvah ne laissa rien se passer, elle arrêta son gorille avant même qu'il fasse quoique ce soit et leur signifia qu'elle les laissait tranquille, juste pour cette fois mais qu'elle gardait un œil sur eux. Quel intérêt ? Avait-elle vraiment autant de temps à perdre ? Surveiller les deux simples humains qu'ils étaient, elle bibliothécaire et lui le simplet humain qui, au vue des apparences, ne semblait rien faire d'autre que lui faire la cour. Décidément la piraterie semblait vraiment se ternir de plus en plus à mesure que tout cela avançait.

Mais il y avait quelque chose que lui avait apporté cette petite entrevue avec la petite blonde, elle n'avait pas senti qu'il était une invocation, allant même jusqu'à leur ordonner de se procurer des invocations pour les protéger. Quelle idiote. En un instant, si telle avait été sa volonté il aurait pu lui arracher la tête d'un coup de griffes. Mais savoir que son camouflage humain était indétectable pour un autre être humain était un atout dont il saurait faire usage en temps voulu. Lorsque le macabre duo se fut enfin retiré et qu'il ne sentit plus leur odeur aux alentours, alors il prit la peine d'enfin se tourner à nouveau vers la petite blonde apeurée qui était toujours cramponnée à sa chemise, l'obligeant par la même à le lâcher. Il prit son visage entre ses deux mains, caressant ses joues de ses deux pouces et plongeant son regard bleu saphir dans ses deux prunelles ambrées.

"Ils sont partis, ne crains rien. Je ne laisserai personne toucher un seul de tes cheveux, je ne laisserai personne te faire du mal. Je suis ta sécurité, tu n'as plus à avoir peur de quoique ce soit. Si tu crains l'obscurité, je serai ta lumière, si tu crains l'eau, je serai ton radeau et si tu as peur de quelqu'un, je serai tes lames. Je suis ton protecteur, ton gardien mais surtout ton ami. N'ais plus peur, pour moi, s'il te plaît, petite Aerin."

Au fur et à mesure qu'il parlait, il sentait les battements de son cœur se tarir peu à peu jusqu'à retrouver un rythme quasi normal. Cette vilaine femme, le visage tâché de sang avait été le clou d'une journée déjà fortes en émotions pour tous les deux mais Aerin semblait en sortir plus que fragilisée, sa peau ne parvenant même pas à reprendre des couleurs, elle avait besoin de repos.

"Nous ferions mieux de rentrer, ou tu risques bientôt de sombrer dans mes bras si j'en crois la couleur de tes joues et de tes lèvres."

Puis ses mains descendirent le long de son corps, sans cesser de la toucher, pour ne pas rompre le contact, car la peur de la perdre était toujours là, peut être était-elle là à tout jamais mais il avait l'impression que ce contact physique lui était nécessaire. Il descendit jusqu'à ce que ses mains rencontrent les siennes, et il enserra ses doigts fins avec les siens, soudant ainsi leur main en un inextricable nœud de doigts. Puis il se mit en route vers la maison, Aerin à ses côtés, adaptant son pas au sien, prêt à l'accompagner pour le reste de sa vie, prêt à tout pour qu'elle suive toujours le chemin qu'elle voulait suivre mais aussi prêt à tout pour détruire n'importe laquelle des embûche qui pourraient s'y dresser.
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Aventure #19 écrite Mar 27 Aoû - 22:31

Son coeur était au bord de l'explosion. Après les péripéties avec Juleis, voilà que cette femme odieuse ramenait la pression à son comble. Pas étonnant qu' Aerin bondisse presque pour protester. Jamais elle n'aurait voulu faire partie de la piraterie, pas après ce qu'elle avait vu, pas après ce qu'elle avait entendu... et encore moins ce soir en voyant la fière blonde maculée de sang devant elle. Ses doigts n'en étaient que plus crispés sur la chemise du tigre et des tremblements parcoururent l'entièreté de son être quand une ombre effrayante s'approcha. Craignant une Invocation dans un premier temps, Aerin ne sut s'il fallait être soulagée ou non de voir un autre pirate à l'allure peut engageante.

Même si elle savait son tigre assez fort pour combattre deux humains, l'un des deux pouvait tout à fait être également une Invocation finalement. Et dans ce cas, le combat aurait été inégal. Pourtant Aerin tenait bon, tremblante comme une feuille d'automne, mais elle ne lâchait pas Edvah des yeux, suivant sa lente progression en arrière pour rejoindre ce qui s'apparentait à un autre pirate. L'idée même qu'ils puissent faire des messes basses quant à la façon de découper le couple fit déglutir la bibliothécaire qui recula d'un pas à son tour, sans pour autant lâcher la chemise de Juleis.

Puis ce regard ! Tel deux arbalètes pointées sur elle tandis que la capitaine annonça que le dénommé Piet pourrait s'occuper d'elle plus tard. *Bon sang mais qu'est-ce que je lui ai fait ?!* Aerin écarquilla de grands yeux à l'idée que son visage ne revenait vraiment pas à Edvah qui ne pouvait s'empêcher de menacer la bibliothécaire pour un oui ou pour un non. Si encore il eut s'agit d'un homme... la jeune bibliothécaire avait lu assez de romans d'aventure pour savoir que les femmes innocentes avaient la fâcheuse tendance de finir dans la cabine du capitaine des corsaires pour y subir des actes généralement censurés dans les ouvrages littéraires accessibles à tout un chacun. Mais Edvah était une femme ! Préférait-elle donc son propre sexe ?!

Une grimace de dégoût en imaginant ce qui pouvait lui être fait, fit à nouveau reculer Aerin d'un pas, finissant le bras tendu et les doigts agrippés à la chemise du tigre – encore et toujours. Mais Edvah les salua, les gratifia d'une de ses fameuses mises en garde avant de repartir presque comme elle était venue, accompagnée de son molosse qui glaça le sang de la bibliothécaire quand elle eut croisé son regard. Aerin se sentit comme nue face à cet homme qui la détaillait – sans doute pour ne pas oublier son visage le jour où Edvah lui ordonnera d'aller s'amuser avec elle. Alors Aerin détourna brusquement le visage, cachant ce dernier derrière ses longues mèches dorées. Puis plus rien...

Uniquement son coeur qui battait lentement mais d'une force inimaginable. Comme s'il eut envie de jaillir de sa poitrine pour fuir le plus loin possible de tout danger. Ses yeux se fermèrent alors pour reprendre ses esprits, tenter de se calmer et de reprendre une respiration normale au lieu de rester dans cette pseudo apnée engendrée par la peur. Mais ce fut de courte durée. La quiétude qu'elle tentait d'atteindre s'éloigna à nouveau quand elle perdit contact avec les vêtements du tigre, la forçant à rouvrir les yeux et finalement voir ceux de l' Invocation. Il s'était simplement retournée pour prendre soin d'elle... et ce visage bienveillant fut suffisant pour qu'elle cesse enfin de trembler.

« J'ai eu la peur de ma vie.., souffla-t-elle en sentant ses épaules se relâcher. »

Mais parlait-elle de la crainte de perdre Juleis, de cette rencontre nocturne avec les pirates.. des deux combinés ? Aerin n'en ajouta pas plus, laissant le tigre lui promettre de toujours la protéger. En le regardant droit dans les yeux, elle comprit qu'elle ne le perdrait jamais et que ce n'était pas des paroles vaines. Son sourire témoigna de sa foi en son Invocation, bien que dans son fort intérieur, Aerin ne put s'empêcher de croire qu'elle aurait toujours peur pour son tigre, quoiqu'il puisse en dire. Il était devenu bien trop important à ses yeux pour qu'elle puisse rester de marbre à l'idée de le perdre. Même si les Invocations étaient réputées immortelles, la bibliothécaire ne voulait pas prendre le risque d'être indifférente en cas de danger, mais elle ne dit rien jusqu'à ce qu'il lui propose de rentrer.

« Hm, acquiesça-t-elle, maman doit commencer à se faire un sang d'encre qui plus est. Ce qui veut dire qu'elle va encore crier. »

Le ton de la blonde était fatigué, las de toutes ses mésaventures en une seule journée. Mais soulagée d'un énorme poids, rassurée tout autant. Parce qu'elle lui tenait la main. Ses petits doigts se serrèrent autour de ceux du tigre et son bras vint se coller au sien, afin que sa tête puisse s'appuyer sur son épaule. Les yeux à nouveau fermés, elle ne craignait pas où mettre les pieds car, Juleis l'avait dit lui-même, il serait sa lumière dans le noir...
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