La fleur du désert

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Aventure #1 écrite Lun 10 Mar 2014 - 18:58

Voilà depuis deux jours que le noble poète était parti en cavale à la découverte du monde et à la recherche d'inspiration. La nature environnante l'émerveillait, et s'arrêtait pour composer quelques poèmes à son éloge quand l'inspiration lui venait. Ses deux premières nuits, il les a passé dans une auberge miteuse à ses yeux. C'est sur que les nuits dans sa chambre luxueuse allaient lui manquer pendant un bon bout de temps, mais il fallait qu'il se rende à l'évidence : jamais il ne trouvera une auberge avec un lit d'un confort égal au sien. Mais peu importe, l'aventure à ses bons et ses mauvais côtés. Le premier jour, il n'avait quasiment pas dormi, ne s'habituant pas à sa vie nouvelle, en revanche, notre cher Syrus avait trouvé le sommeil durant le deuxième jour, dans une autre auberge ou cette fois ci, le lit était assez décent pour qu'il puisse s'endormir. C'est ainsi que qu'à l'aube du troisième jour, le poète repris sa route après avoir ajusté sa barbe afin qu'elle ne repousse pas trop et qu'elle garde cet aspect de barbe de trois jours. Il tenait à son aspect et à l'image que les autres avaient de lui. Au fur et à mesure qu'il marchait, le vent se faisait de plus en plus chaud, la végétation était de moins en moins présente, laissant petit à petit la place au sable fin.

Il faisait chaud, très chaud, il est dit dans ce désert qu'une créature légendaire y habitait, du nom de Ambre. Amicale ou pas, ce n'était pas pour cela que Syrus est venu, mais si, par chance il croiserait cette créature, il composera un poème à celle ci. La marche durait déjà une demi heure, et le noble découvrit deux des aspects de la nature humaine : la soif et la fatigue. Il faisait chaud, très chaud et certaines créatures rôdaient dans le coin, elles étaient inoffensives mais quand il tombera sur une bête voulant le manger, il risquait très probablement de se faire tuer. La soif et la fatigue commençait à l'accabler, si bien que des mirages apparurent à lui. Il voyait au loin, dans cette étendue infinie, une femme, un être de toute beauté avec des cheveux soignés. Ce mirage semblait si réel, et pourtant Syrus en n'était pas victime, il y avait réellement une personne de cette beauté non loin de lui. Il reprit son souffle et se tint correctement avant de s'approcher d'elle et de se présenter tel que la haute société lui avait appris, le tout de façon poétique.

"Bien le bonjour mademoiselle, êtes ce vous la sublime demoiselle, dont la beauté illumina mes yeux, tel les constellations dans les cieux?"

Il sourit timidement, il faut dire que rencontrer une telle femme dans un tel endroit était assez singulier, mais cela ne dérangeait en aucun cas Syrus, le poète en herbe. Il se présenta donc en faisant la révérence.

"Syrus Belfort tel est mon nom, alias le poète en herbe dans mes écrits. Aurais-je l'honneur de connaître votre nom, dont la sonorité est proche du paradis?"

Le temps était aux flatteries pour Syrus, mais il faut dire que la dame en face de lui était tout à fait magnifique, avec des cheveux soyeux et un regard qui vous apaise l'âme. Elle était bien plus belle que Tatiana, femme que Syrus considérait comme la plus magnifique à ses yeux, mais avec un esprit atroce. Il ne voulait plus penser à elle, lui rappelant des souvenirs affreux. Il attendait alors les présentations de l'incarnation de la perfection, ou même le son de sa voix. Le poète, pris d'un élan de gentillesse, se mis donc à parler de plus belle.

"Si votre cœur est aussi gros que votre beauté, accordez moi le plaisir de marcher à vos côtés"

Ces vers assez flatteurs, il voulait absolument faire un peu de chemin avec quelqu'un, afin de se sentir moins seul mais surtout, de faire connaissance avec une personne dont il pourrait tirer une source d'inspiration pour ses poèmes, mais une chose est sûre, la perfection sera le mot phare des écrits de Syrus concernant l'éloge de cette dame.
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Nérée Helireah
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Aventure #2 écrite Mar 25 Mar 2014 - 18:11



Le chant silencieux du désert était le même depuis toutes ces années. Et pourtant. Elle semblait le découvrir pour la première fois.

L'infini. Peut-être la demoiselle ne réalisa qu'aujourd'hui même que son désert était aussi grand, aussi beau. Il semblait si serein. Et pourtant, elle détestait cette même pureté, cette même grandeur qui n'en finissait pas. Ce désert, elle le haïssait. Jamais elle n'était allée aussi loin, jamais la dame ne s'était permise de le faire. Elle n'avait quitté son manoir, elle n'avait vu aussi loin que son propre regard. Mais il fallait bien avouer que celle-ci était désormais en train d'errer dans ce vaste paysage de dunes ambrées, marchant sur les pas de sa petite compagne. Elle pouvait enfin avoir un regard nouveau sur le monde, même si le paysage était identique. Ce fait la rendait heureuse, malgré tout.
Le soleil était haut dans le ciel, frappant durement de ses rayons la terre. Cependant, Nérée ne semblait pas y tenir compte, ne semblait pas ressentir la chaleur éprouvante qui emplissait l'air. Peut-être était-ce l'habitude qui l'aidait à ignorer complètement les défauts de son beau désert. Les yeux rivés sur l'horizon, elle se contentait d'avancer, silencieusement. Car silencieuse, il fallait l'être pour espérer vivre quelque temps avant de rencontrer des voyageurs allant dans la même direction qu'elle. Elle inspira, s'arrêtant quelques secondes en haut de la dune qu'elle surmontait depuis quelque temps. Au loin, les dunes se mêlaient avec l'horizon, ne faisant qu'un. Lentement, la demoiselle se laissa glisser sur le sable du haut de la dune, continuant sa marche. L'infini était incontestablement grand.

Le contact avec le sable était étrangement doux, malgré la dangerosité qu'il représentait. Pourtant, elle aimait cela. Faire demi-tour était insensé dorénavant. Cet acte ne serait qu'inutile, ne ressentant aucunement l'envie de revoir l'endroit de son enfance qu'elle considérait comme passée. Tout ceci faisait maintenant partie du passé. Du moins, c'est ce que la dame aux fleurs essayait de se convaincre, songeant au fil de ses pas. Elle avait réagi étrangement, il y a quelques heures de cela. Son assurance s'était envolée lors d'une infime seconde, la laissant douter de l'acte qu'elle commettait en cet instant. Maria la troublait, et la jeune femme savait pertinemment que celle-ci avait perçu son doute lorsqu'elle lui avait parlé pour « la dernière fois ». Elle l'avait cependant respectée. Peut-être avait-elle respecté trop de choses, découvrant la liberté dont elle jouissait en cette heure. Et pourtant, elle n'était pas encore libre. Peut-être était-elle simplement éveillée dans l'un de ses rêves, même si ce songe n'était qu'un simple mirage. Nérée vivait dans ses propres illusions. Pourtant, cette même illusion avait vacillé lorsqu'elle avait menti pour la première fois à Maria. Peut-être qu'un jour, elle la reverrait.

Sa chevelure se fit balayer par un fin coup de vent désertique, faisant tomber sa capuche blanche qui lui couvrait le visage, faisant s'envoler ses futiles songes. Elle frissonna. Ne s'en souciant guère, elle contempla d'un regard protecteur sa compagne, relevant de temps à autre son regard vers le ciel. Elle ne savait depuis combien de temps elles marchaient. Elle ne laissait derrière que des traces éphémères, rapidement effacées. Même si elle ne ressentait aucune fatigue ni autre forme de mal être, la demoiselle savait qu'elle ne devait pas tarder à prendre part à une caravane, même si cela ne l'enchantait guère. Au loin, elle avait aperçu à plusieurs reprises des formes inhumaines, ne sachant si celles-ci étaient hostiles ou non. L'idée des invocations lui traversa l'esprit un bref instant, pensée qui fut vite oublié de par ses diverses raisons de s'abstenir pour le moment d'en rencontrer une. Mais il fallait bien avouer que la vie serait bien plus facile avec l'une d'elles à ses côtés. Pourtant, ce fut tout autre chose qui remplaça ses songes. Elle s'arrêta.

« Ambre. » Ce simple murmure eut pour effet de faire revenir sa compagne qui gambadait à quelques mètres d'elle, montant directement se loger dans sa capuche, docile. La dame aux fleurs avait quelque peu peur pour elle, la sachant si fragile. Sentant son mince poids bien présent dans le haut de son dos, Nérée fixa un moment les contours de l'homme au loin, reprenant sa lente marche par la suite. Elle ne s'en soucia pourtant guère. Même si l'homme avait pu être porteur de mort, la jeune femme n'aurait reculé pour rien au monde, n'aurait cherché à fuir. Elle n'en ressentait guère le besoin. Peut-être se contenterait-il de la croiser afin de passer son chemin, chose qu'elle espérait. Ce ne fut pourtant pas le cas. Futile qu'était l'être humain.

Il la salua. Elle ne fit pourtant rien. La demoiselle avait été obligée de s'arrêter, le jeune homme lui barrant inconsciemment la route. Comme si celui-ci se trouvait dans une bête rue passante, il commença à la saluer bien élégamment, ayant vraisemblablement des antécédents de noble. C'est un visage impassible qu'elle leva envers l'homme, plongeant son regard dans le sien. Il était grand. Il était beau. Elle scruta rapidement ses habits, sa façon de se tenir. Elle semblait si petite comparé à lui. Pourtant, la demoiselle ne ressentit aucune gêne, attendant simplement que celui-ci eut fini sa tirade prononcée lors d'une révérence. A défaut d'être prudent, Syrus était poli, quand bien même Nérée n'avait fait que peu attention à ses dires, dires qui furent vite submergés par le doux silence du désert. Pourtant, le jeune homme ne sembla se décourager. Au son de sa voix, elle sentait Ambre remuer légèrement dans son dos. « Si votre cœur est aussi gros que votre beauté, accordez moi le plaisir de marcher à vos côtés. » L'Homme était bien persévérant. Cette fois-ci, la dame l'écouta. Pourtant, toujours silencieuse, elle se contenta de détourner le regard, faisant fi de l'homme. Elle reprit sa marche.

La dame aux fleurs fit quelques pas, laissant derrière le jeune homme plein d'espoirs. Ils étaient futiles. Elle réfléchit un bref instant. Pourtant, et contre toute attente, celle-ci s'arrêta de nouveau, les dos des deux êtres se faisant face, séparés d'une distance respectable. Elle se décida enfin de lui répondre. « Nous n'allons pas dans la même direction. » Dit-elle simplement. Sa douce voix avait brisé le silence qu'elle aimait tant. Pourtant, ses dires étaient totalement vrais, même si cette vérité n'était peut-être pas la meilleure à entendre. L'homme, lui, semblait se diriger vers l'inconnu, tandis que la dame se dirigeait vers Lüh. De plus, leur direction de marché était quelque peu différente. Alors qu'elle s'apprêtait à reprendre sa marche, Nérée haussa légèrement un sourcil. Cet homme s'était dit poète, et sa façon de parler était bien originale. Peut-être n'était-il pas si banal que ça.

Elle tourna la tête vers l'homme, le scrutant du coin de l'œil. Peut-être méritait-il tout de même son attention. Au fond d'elle, cet homme l'intriguait. « Vous êtes bien bruyant pour un voyageur. N'avez-vous donc pas peur ? »



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Aventure #3 écrite Dim 6 Avr 2014 - 21:22

La jeune femme semblait totalement ignorer le poète, malgré sa présentation soignée et en vers. Elle en avait rien à faire de la politesse du jeune homme, avançant devant lui, comme s'il n'existait point. Cependant, elle prit la peine de dire au poète qu'elle n'allait pas dans la même direction que lui. Restant figé quelques instants, déçu que la seule personne avec qui il aurait pu discuter partait, la jeune femme lui parlait à nouveau, lui faisant la réflexion de la vivacité de ses bruits, le questionnant ainsi s'il n'avais pas peur. Un sourire vint sur le noble, répondant de plus belle, cherchant préalablement ses mots.

-Je n'ai point peur de ce désert infini, je redoute juste que vous me faussiez compagnie.

Il n'avait pas peur, ne voulant pas être seul dans ce périple. Lentement, il s'approcha de la jeune femme, espérant avoir son attention. Il n'aime pas être seul, et il sait qu'à plusieurs, sa chance de survie augmenterait. Peu importe si elle était d'accord ou non, Syrus la suivrait, à côté ou éloigné d'elle. Il se remit donc à parler.

-L'absence de liberté est ma seul peur, car je veux m'évader de toute trace de malheur. Aucun objectif précis ne guide mes pas, sauf écrire jusqu'à ce que ma plume tombera.

Les raisons du poète était simples: Il ne veut que la liberté, laisser son esprit planer dans ce monde et y puiser l'inspiration dans ses vers. La demoiselle était plutôt bien couverte et adaptée à voyager dans le désert, tandis que Syrus, lui avait gardé son habit de civil. Il était assez curieux de mieux la connaître, ne serait-ce que son nom, bien qu'elle ne lui avait pas répondu lors de la première fois. Elle semblait être de cet endroit, mais le noble était déterminé à lui parler.

-Avez vous vécu en ces lieux, ô grande dame au visage merveilleux?

Peut être que le poète devrait arrêter avec ses questions. Il en posait beaucoup, et trop souvent. Il devait économiser sa salive s'il ne voulait pas mourir assoiffé dans ce désert sans fin. Alors qu'il continuait ses interrogations envers sa rencontre, si bien qu'il n'avait pas bougé depuis que la jeune femme avait croisé son chemin, un petit groupe de nomades, accompagnés de leur monture, des variquans.  Ils observèrent les deux compères avant de venir à eux, se souciant de nous.

-Vous êtes fous ou quoi?! Qu'est ce qui vous prend de voyager seul et sans invocations! Venez avec nous. Nous allons au temple de la Terre, vous y serez sans doutes plus en sécurité. Ce n'est peut être pas votre destination, mais le temple de la Terre, lui, est un véritable carrefour. Vous pouvez aller à Lüh ou autre part, selon vos envies.

Le poète, abasourdit par les paroles directes du nomade, en perdit ses mots. Timidement, il lui répondit lentement.

-Auriez vous l’amabilité de nous prendre? Une contrepartie financière, je saurais vous rendre

Ils rigolèrent, répliquant ensuite qu'ils en avait guère d'utilité de l'argent. La tribu les invitèrent à monter à l'arrière d'un variquan, un pour Syrus, un autre pour la jeune femme. A en croire la position du soleil, nous devions être proche de l'après midi. Cette chaleur était insoutenable, l'homme à la barbe de trois jour se couvrant les yeux avec sa main afin de voir à l'horizon, sans être gêné par le soleil. Il n'avait pas l'habitude de la luminosité de cette boule de feu dans ce genre de milieu hostile. Regardant de temps à autre la jeune femme, il se demandait toujours quel était son nom. Il se lança dans ses vers, la complimentant encore. Elle semblait hésiter à l'idée de venir.

-Pardonnez mon outrecuidance très chère, mais ne pas connaître votre nom est un calvaire. Délivrez moi du supplice de la curiosité, ayez pitié et exaucez mon plus grand souhait. Mais joignez-vous à moi je vous prie, accordez une chance au poète incompris.
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Aventure #4 écrite Lun 28 Avr 2014 - 1:59



Le vent balaya doucement sa chevelure. Le vent souffla en un instant son être, le rendant si insignifiant. La dame était insignifiante. Elle n'était qu'un grain parmi le désert, parmi tant d'autres. Elle n'était rien. La tête légèrement tournée vers l'arrière, elle le fixait. L'astre de jour, haut dans le ciel en cette heure, caressait sa peau blanche, chose qui pourtant n'altérait ni sa vision, ni son bien-être évident. Elle aimait sentir ne faire ainsi qu'un avec le désert, son corps luttant cependant contre lui. La faim, la soif, la chaleur, tous ces maux ne semblaient l'atteindre, bien que ceux-ci fussent bien réels. Son corps savait. Elle avait appris à vivre avec le désert, malgré qu'elle soit, pour celui-ci, si négligeable. Pourtant, et en cet instant même, l'être qui se trouvait à ses côtés ne semblait nullement l'égaler. À défaut d'être un grain, l'homme était une poussière aux yeux de la femme. Même si elle n'avait rencontré beaucoup de personnes durant sa courte vie, elle savait très bien que ce noble n'était aucunement différent des autres. L'Homme était si prévisible, ainsi qu'empli de mystère. L'Homme était misérable. Quand bien même celui-ci si beau soit-il parlait en vers, quand bien même celui-ci si singulier soit-il avait quelque peu attiré la curiosité de la demoiselle, Nérée ne se faisait aucune illusion. Elle ne se voilait guère le regard déjà perdu dans ce monde si vide. Aussi, ses pensées s'enfoncèrent peu à peu dans cette voie de désintéressement lorsque Syrus, suite à ses paroles, avait décroché un fin sourire.

« Vous devriez. »

La dame aux fleurs s'était contentée de ces simples mots, qui pourtant avaient un lourd sens. Croire que désert inoffensif était un comportement tellement irréfléchi. Inconscient. Pendant toutes ces années, elle avait pu observer. Elle avait pu écouter son chant si triste et si beau. Elle avait attendu, longtemps. Peut-être trop. Elle le savait. Pourtant, cela ne l'empêchait pas de risquer sa vie a ainsi oser parcourir sa peau d'ambre, ses pieds se mêlant à sa chair. Le désert, ce monstre, cette entité était impitoyable. Il fallait en avoir peur. Nérée en avait peur. Elle ne pouvait cependant résister à son appel, à son murmure. Il emplissait son être. Il la contrôlait, prenait possession de ses moindres faits et gestes. Telle une drogue, elle en devenait dépendante. Bien sur, cela ne pouvait guère se voir, cela ne pouvait guère se sentir. Elle seule pouvait ressentir ce délicieux frisson, cette savoureuse évasion. Lhomme s'approcha doucement de la dame aux fleurs, celle-ci s'étant complètement retournée. Elle avait planté son regard dans le sien, son âme dans la sienne, silencieuse. Ils ne pouvaient communiquer. L'homme ne pouvait la comprendre, ne pouvait comprendre la vie. Vivre. Douce ironie. Elle était attirée. Elle ne pouvait rien faire. Son chant était toujours présent.

Était-il aussi inintéressant que tout portait à croire ? Était-il aussi insignifiant que la demoiselle le pensait ? Devait-elle vraiment se questionner sur le sens des mots, sur le sens de ses pensées ? Devait-elle vraiment s'infliger cette succulente torture si désirée ? Elle frémit. Peut-être était-ce à cause du vent qui avait une nouvelle fois balayer son être, ou des paroles du voyageur qui avaient transpercé son âme. Trouble. Crainte. Fascination. Son visage n'en montra pourtant rien, impassible. Les secondes s'écoulèrent, interminables. L'absence de liberté. La jeune femme riait. La jeune femme criait. Ses yeux se firent plus perçant, essayant de lire l'esprit de son vis-à-vis. Ses paroles, les avait-il vraiment pensés ? Avait-il vraiment pesé ses mots ? Il était si étrange, si captivant que la dame se résigna à le quitter, pour le moment. Pourtant, attendre d'elle des courtoisies était si utopique. En cet instant précis, Nérée trépignait d'impatience de montrer sa vision du monde, écrasant celle du petit homme. Il était si insouciant, découvrant ainsi la vie. Cruelle, impardonnable. Mortelle. Étrangement, le vent souffla les secondes. Pourquoi les secondes s'écoulaient-elles ainsi ? Elle resta silencieuse. Nérée fut étonné de son comportement. Au final, ses pensées n'étaient pas si lointaines de celle de la dame.
Il avait peut-être raison.

Lentement, elle inspira. Elle écarta légèrement les doigts pour laisser le vent s'y engouffrer, passer entre. Le chant la berçait. Au final, sa réponse se trouvait dans le silence qui s'était installé entre les deux jeunes gens. Soudain, elle remarqua que le regard de l'homme remua légèrement. Ses pensées s'évanouirent promptement. Il la scrutait, semblant noter chacun de ses détails. Nérée Sourit intérieurement. Elle aimait observer les réactions et les expressions faciales d'autrui lorsque ceux-ci posaient le regard sur son corps. Son allure, son attitude. Elle se savait différente. Il ressemblait à un enfant, pur, ne se souciant pas du côté sombre du monde si sale qu'était le sien. Syrus semblait avoir beaucoup de chance d'avoir conservé cette pureté intérieure, contrairement à elle. Même si la demoiselle ne le connaissait aucunement, peut-être avait-elle au fond quelque peu raison. Au final, elle ne s'en souciait guère. Hochant légèrement la tête lorsque le voyageur lui demanda si celle-ci avait vécu dans le désert, elle ne prêta pourtant guère plus à ses paroles. Ses yeux vairons avaient peu à peu dérivé sur une forme se déplaçant au loin, marchant envers leur rencontre. Elle se doutait bien de la suite des évènements. Elle devinait facilement son destin proche, à dos de variquans. Mais qu'importe.

« Ahah. L'argent n'a aucune valeur pour nous. Prenez deux variquans, et suivez-nous. » Ainsi était-ce les paroles des nomades que Nérée avaient rencontrée. Ils avaient rapidement rejoint les deux voyageurs inconscients, les traitants de fous. Cette fois-ci, la demoiselle avait esquissé un rare sourire. Elle s'était souri à elle-même. Ils avaient raison, sa folie était bien présente. Encrée au plus profond de son être, ne faisant qu'un avec lui. Mais folie était-ce vraiment le bon mot pour désigner cela ? Elle ne le savait guère. Mais qui pouvait la comprendre ? Son monde, personne ne pouvait y pénétrer. Peut-être les hommes ambulants avaient pris ce sourire pour un signe de politesse, son charme ayant fait le reste. Pourtant, avait-elle vraiment le choix ? Machinalement, elle passa une lente main dans sa longue chevelure. Non. L'échange avait été bref, un des hommes conduisant les deux jeunes gens à leur nouvelle monture. Il était vrai que dans son beau désert, économiser ses paroles était vital. Garder ses forces était nécessaire pour pouvoir espérer respirer un peu plus. Elle ne comprenait donc pas. Son regard une nouvelle fois posée sur le visage de Syrus, elle écoutait avec un certain dédain ses paroles. Il parlait trop.

« Ce n'est pas commun de croiser quelqu'un d'aussi naïf, et pourtant si... A croire que l'Homme est bien contradictoire en soi. » Elle s'arrêta quelques instants. Après ce court silence, elle reprit, doucement : « Nérée. Nérée Helireah. »

La caravane était déjà repartie. Ainsi, sans vraiment en avoir le choix, les deux voyageurs étaient montés sur des variquans, se déplaçant vers un des temples divins. Même si la tournure des évènements avait pu intéresser la jeune femme, celle-ci semblait bien plus préoccuper par son spécimen si étrange qu'elle avait devant ses yeux. Même Ambre, qui dormait dans sa capuche, ne semblait traverser son esprit. Syrus semblait souffrir du désert, semblait ressentir son étreinte mortelle se refermer sur son frêle corps. Nérée n'avait pas peur de regarder le soleil en face. Elle ne pouvait se comparer à Icare. Ses ailes, elle les avait déjà brulées depuis bien longtemps. Peut-être essayait-elle simplement de les retrouver. Chassant ces pensées de son esprit, songeant que cela n'était pas le moment approprié pour y réfléchir, elle tourna garda son regard rivé sur l'horizon, seul sa main plongeant dans son sac. Après quelques secondes, cette même main revint avec une gourde en son étreinte, gourde qui fut tendue à l'homme qui avançait à côté de la dame aux fleurs. Elle ajouta : « Si aucun objectif ne guide vos pas, pourquoi vous dirigez-vous ainsi vers la mort ? »

Ainsi, un long et pourtant si court voyage débuta. Leurs deux directions ne faisaient plus qu'une dorénavant. Pourtant, il était certain qu'ils allaient se séparer sans un mot, à leur arriver. Nérée n'en n'avait que faire. Peut-être allait-elle enfin trouver son évasion, quand bien même le chemin vers celui-ci serait parsemé d'embuches. Elle entendait toujours le chant silencieux du désert.



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