Peu importe que les étoiles dont la lumière nous parvient soit mourante ...

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 Peu importe que les étoiles dont la lumière nous parvient soit mourante ...

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Aventure #1 écrite Dim 25 Jan - 1:54

La nuit aurait pu être lourde. Chaude. Assomante. Le genre de nuit où dormir est compliqué, où les couvertures vous étouffent bien trop vite de leur chaleur, et où le sommeil tarde à venir. Mais elle ne l'était pas particulièrement. Un vent violent s'était levé sur Lüh, et sévissait depuis quelques temps déjà. Inutile de préciser qu'il n'intentait pas de se calmer avant un petit moment. S'il avait eut l'esprit à faire des plaisanteries, Nathaniel aurait probablement fait un jeu de mot entre la colère d'Aer, et la violence d'un serpent : silencieuse, mais implacable. Mais il n'avait pas l'humeur requise pour faire des jeux de mots. Car, si une fois dans un lit, la température était agréable, lorsqu'on se tenait en équilibre sur le pignon d'une maison, il faisait rudement froid. L'idée de mettre une tenue sans manche n'était peut-être pas non plus une idée de géni. Pas plus que celle de ne pas faire demi-tour pour rentrer à la maison, et se vêtir d'une petite laine ou prendre une veste plus chaude. Mais il était arrivé à sa destination, et n'avait aucune envie d'en revenir avant d'avoir terminé son travail. Son travail ... Il n'était même plus réellement dans Lüh. Dans un village, à proximité. Un "petit commerçant" dont l'arrière boutique servait de point de passage à des contrebandiers ... Dont la marchandise, bien moins chère, bien sûr, pullulait dans les rues de la ville. Et si elle était moins chère, c'était moins pour une histoire de qualité qu'à cause des "taxes en moins" que subissaient les produits. Pour les plus nobles de la capitale de l'île, ce n'était pas un réel soucis : ils pouvaient très parfaitement se fournir de plus loin, et beaucoup ne daignaient pas "manger la même chose que la plèbe". D'autres avaient tout simplement des serviteurs - et en particulier des marmitons - assez attentifs pour ne pas se laisser refourguer de la marchandise "frelatée". Pour le reste des masses ... et bien, l'immense majorité n'aimait pas ça. Du tout. A tous les étages. Autant les très très pauvres que les simples "pauvres" détestaient l'idée de tomber malade parce qu'une pomme était mangée au vers, mais avait coûté 3 tsuri de moins à ramasser. Et pour une fois, même les voleurs n'aimaient pas qu'on les escroque de telle manière. Une le marchand d'une échoppe avait été questionnée par l'un d'eux, et le vendeur lui avait répondu que visiblement, il ne reprendrait plus ce "nouveau grossiste" à qui il avait acheté ses fruits. Peu étonnant, mais ce qui l'aurait été encore plus, c'est qu'il le revoit un jour ... Il était plus probable que le ou les contrebandiers s'étaient contentés d'arnaquer les marchands de la ville, avant de disparaître dans la nature, ne laissant qu'un faux nom, des poches vidées, et quelques fruits pourris.

Et quand au fait que les voleurs n'aimaient pas qu'on les arnaque, c'était véridique. L'assassin en était la preuve. S'il tuait le marchand, ce genre de coups ne pouvait plus recommencer. Ou du moins, ce serait un bâton dans les roues de ceux qui tiraient les ficelles pour le monter. Quand à la suite ... elle restait à déterminer. Mettant de côté l'aspect "Et après?" de sa mission, l'assassin se redressa en silence, avant de sauter sur la pente du toit de tuiles, sur lequel il glissa tout du long avant de s'arrêter dans la gouttière. Celle-ci ploya sous le choc, avant de se mettre à grincer. A vue de nez, l'assassin avait environ 10 secondes avant qu'elle ne cède purement et simplement. Avisant un peu la rue en dessous de lui, il sauta dans le vide, et se réceptiona sur le mur d'en face, accroché par un bras à l'enseigne du forgeron de la bourgade. Le cylindre d'acier ploya sans rompre, laissant le temps au jeune homme aux cheveux verts de se laisser tomber à terre, avant de se mettre à marcher dans les rues. Suivant le chemin qu'il avait repéré depuis le toit, il passa dans 2 ou 3 rues et ruelles, avant d'arriver devant un petit magasin, dont on avait visiblement rangé les étals pour la nuit. Posant une main sur la poignée, il la tourna avec douceur pour voir s'il pouvait ouvrir la porte. Fermée. Soupirant, il fit le tour du bâtiment sans se presser, cherchant un autre moyen de rentrer. Le premier qui se présenta à lui, la porte arrière, n'était qu'un faux espoir : vérouillée elle aussi. Et probablement par un verrou ou un cadenas interne : il n'y avait pas de serrure qui aurait permit de "fermer la porte à clef" de manière classique. La troisième solution qui s'offrit à lui fut plus fructueuse : une simple fenêtre, au premier étage, ouverte, sur le rebord de laquelle se trouvait une bougie. Visiblement, quelqu'un avait besoin d'air. Ricannant en pensant à une blague sordide, l'assassin observa un peu les environs, avant de se décider. Vu la hauteur de la fenêtre, qui surplombait un mur parfaitement lisse, il n'avait aucune chance d'y parvenir directement. Il se contenta donc de faire le tour du bâtiment à côté ( était-ce une taverne? cela ressemblait à une taverne ... ), et profita des quelques tonneaux qui se trouvaient derrière pour monter sur le rebord d'une fenêtre. De là, il s'accrocha au rebord du toit sur lequel il se tracta avec ses bras en poussant un léger grognement dû à l'effort, avant de se déplacer de nouveau sur les tuiles de la même manière que s'il s'était trouvé au niveau de la rue.

Le marchand, lui, se trouvait simplement à son bureau, en train de tenir son livre de compte et de recompter sa recette de la journée. Cette dernière n'avait pas été particulièrement fructueuse, mais rien d'hors-norme pour autant : il faudrait peut-être juste qu'il mette moins de confiture sur ses tartines s'il voulait réellement diminuer ses dépenses.S'il n'en était qu'à là, alors la situation n'était peut-être pas si mauvaise, après-tout ... Rangeant les papiers qu'il avait éparpillé sur la table en une pile bien nette, il prit le temps de finir la pomme qu'il avait posé sur le coin du bureau et entammé plus tôt, avant de lever les yeux vers la fenêtre pour la fermer. Mais il ne bougea même pas de sa chaise. Il était trop surpris pour cela. Face à lui, à quelques mètres de distance à peine, de l'autre côté du mur de sa massure, se tenait un homme. Un homme avec des cheveux verts et des yeux jaunes, qui l'observait, perché sur le toit de son voisin. Le marchand ouvrit la bouche, mais sans savoir quelle question poser en premier : qui était-ce, que faisait-il à cette heure là sur un toit, et pourquoi l'observait-il? Il allait opter pour poser les trois interrogations dans cet ordre lorsque le jeune homme en face eut un mouvement flou. Une lame, aussi brillante que de l'argent, fila en ligne droite, et le marchand ne la sentit même pas percer son lobe frontal et le tuer sur le coup. Il s'écroula sur son bureau, répandant sur le bois poli une flaque de sang grandissante dont quelques gouttes tombèrent à terre. Le tueur observa ses ongles un instant, avant de bondir, et de franchir la distance qui séparait les deux maisons. Il s'accrocha au rebord de la fenêtre toujours ouverte, et se hissa à l'intérieur de la maison. Là, il se saisit d'un papier encore propre sur la table, d'une plume, et prit quelques secondes pour se remémorer de ce que son chef lui avait dit de laisser comme message. Retrouvant la formulation exacte avec un claquement de doigt, l'assassin posa le papier sur la table, trempa la plume dans le sang, et se mit à écrire le message suivant : "De la part très cordiale des escrocs, voleurs et autres mangeurs de fruits pourris de Lüh, qui vous saluent bien bas et vous prient instamment de cesser de pourrir littéralement le marché alimentaire de la ville". Satisfait du manque flagrant de bavures et de fautes de son message, l'assassin déposa le papier sur le dos de l'homme, dont il souleva avec douceur la tête pour récupérer son couteau. La tache ne fut pas aisée : ce dernier s'était légèrement trop enfoncé dans la boite crâniène, et le manche était imbibé au même titre que la lame de liquide vermeil. Soupirant, il reparti par là d'où il était venu, bondissant à nouveau pour arriver sur la maison d'en face. Réfléchissant alors qu'il se hissait une nouvelle fois à la force de ses bras sur les tuiles, il progressa ainsi de quelques maisons sans se faire voir un instant, avant de finalement arriver sur ce qui semblait être le toit d'un entrepôt à grain. S'arrêtant là, il observa la lune quelques instants, avant de murmurer autant pour lui-même que pour la seule autre personne qui pourrait l'entendre.

Nephylim ... Nephylim. Je crois que l'heure est venu d'honnorer ton pacte mon ami, car étrangement, je ressent comme un profond besoin de te parler ...

Le tueur s'assit tranquillement dans la pente que formait le toit où il se trouvait, relevant les genoux pour poser ses coudes dessus, l'air étrangement absent. Il n'avait littéralement plus convoqué d'invocation devant lui depuis si longtemps, désormais ... Il se demanda même un instant si le semi-dieu allait venir. Avant de soupirer à la stupidité de sa question ... Il n'avait pas le choix.
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Aventure #2 écrite Mar 3 Fév - 0:53

Libre. Du moins je n’ai jamais pu aussi facilement choisir mon trajet aussi facilement depuis la punition. Ces ‘’congés de relaxations’’ qui m’avaient paru si futile au premier abord étaient réellement respecté par le jeune homme que j’avais décidé de suivre. Pour le moment. Il était donc parti, sans que je le suive. Que ce soit un ordre ou non, il m’avait dit de partir, profiter du monde. Cette déclaration m’avait fortement surpris. Au point que j’étais simplement resté assis dans l’herbe tandis qu’il s’éloignait. Ce n’est que lorsqu’il disparut de mon champ de vision que je me décidais à bouger. Parfais, je peux donc faire ce qu’il me plait et comme bon me semble.
J’aurais pu partir gambader comme nombre des miens auraient pu le faire mais… Non. L’appel de l’océan n’était pas aussi fort qu’il ne l’était. En réalité, il ne s’agissait que d’une nouvelle inconnue. J’en frissonnais. Moi, avoir peur de l’inconnu ? Vraiment ? Si seulement je n’avais pas oublié. Et mon nouveau maitre ? Non, mon nouvel ami. C’est du moins ainsi qu’il veut se voir et seul l’avenir me confirmera ou infirmera cette volonté.

Bien, par quoi commencer ? Me réapproprier a ma façon les eaux de ce monde ? Quel dommage d’en être désormais incapable. Et puis la mer n’est plus en danger maintenant.

Le temps et les jours passèrent et au final, je n’avais fait qu’errer d’une région à l’autre au gré de mes envies et selon mon instinct. Il fallait se rendre à l’évidence, quelque chose me manquait, je ne saurais vraiment l’expliquer mais en fait c’est assez simple. Je m’ennuyais. Chose auquel je n’avais jamais réfléchit quand enfermé.
Quelle horreur, errer sans but. Suis-je alors complètement dépendant de celui qui me libéra ? Non ! Je le refuse ! Et il est probable qu’il soit du même avis. Il me faut donc trouver des objectifs quand je ne suis pas coincé dans ma geôle… J’ai bien quelques idées mais comment les rendre réalisable ? Je ne connais que trop peu cette île, il me faut l’admettre.
Pourrais-je trouver l’aide de mes cousins ? J’en doute. Et puis, mes précédentes sorties, si je me souviens bien, n’avaient pas été très fructueuse pour obtenir un support divin.
Les humains ? Serait-ce possible ? J’ai du mal à y croire. A part mon invocateur je n’en connais… Qu’une autre qui devrait encore être en vie. Du moins je le lui souhaite. Mais de toute manière je ferais mieux de me méfier, elle sera dans son environnement et moi un étranger.

Et Ephy ? Non, qu’elle le veuille ou non, je lui ai fait une promesse, il est hors de question de la faire souffrir inutilement. J’ai besoin de plus d’expérience sur ce monde.
Alors que faire ? Me contenter de marcher et de penser pourrait me rendre fou encore plus rapidement que la solitude. Quoi de pire que l’ennui ? Tout simplement rester inactif quand il est possible de faire ce que l’on veut… Dans certaines mesures.
Je suppose que retrouver mes souvenirs feraient un bon objectif à long terme, mais pour le reste ? Comment ai-je vécu par le passé ? Si seulement je connaissais la réponse à cette si simple question. Mais non, Aqua en décidé autrement. Reviendras-tu un jour ? Accepteras-tu tes erreurs ? Et bien je suppose que si cela venait à arriver, je ne manquerai pas de t’exposer les défauts de ta logique. Un grand débat que j’attends avec impatience haha…

Au final je n’ai pas été appelé avant plusieurs jours. Je me suis contenté de suivre un long fleuve, dérangeant parfois diverse créatures, profitant souvent de la fraicheur de l’eau. Surtout au niveau d’un grand lac. Rien d’exceptionnel, mais tout de même agréable. J’ignorais juste par ou continuer dans mon échappée solitaire.
Et puis, l’appel vint. Comme il l’avait dit. Il ne semblait pas pressant. Du moins je ne ressentis pas le besoin de me dépêcher, mais je devais venir tout de même.
Alors j’apparu simplement assis au côté de l’assassin qui avait requis ma présence. Ce dernier semblait pensif. Un chat sur un toit un soir de lune. N’est-ce pas ce qu’il m’avait décrit ?


Etrangement ? Dis-moi, comment différencies-tu ce qui est étrange de ce qui ne l’est pas ?

Je me demandais bien ce qui l’amenait à m’appeler. Je ne crois pas avoir rencontré des humains dérangée à l’idée de parler. Ce sont des créations sociables. Bien que ce représentant soit largement en marge de ses semblables.
Je continuais paisiblement


Mais comme promis je suis ici. Alors, de quoi souhaites-tu conférer ? La lune est belle, mais je doute qu’elle ne soit le sujet qui nous intéresse… Elle pourrait cela dit.

Je posais alors un regard interrogateur sur le jeune humain. Il n’avait pas vraiment bougé. Si ce n’est sa respiration calme et lente. Apaisé ? Comment savoir ?
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Aventure #3 écrite Mar 3 Fév - 21:44

Le jeune homme ne savait pas si les étoiles, la lune, le ciel avaient eu le temps de se déplacer. Il n'avait pas plus fait attention à la lente danse des nuages dans la voûte céleste, à leur ballet incessant et silencieux. Il ne savait pas combien de fois son coeur avait pulsé, ni quelle quantité d'air il avait fait circuler dans ses poumons ... En un mot, il ne savait combien de temps s'était écoulé. Il savait juste, a peu près, que ce n'était pas grand chose, mais que le proccédé n'avait pas été instantanné non plus. Tout ce qu'il s'avait, c'est qu'une voie famillière lui était parvenue à l'oreille. Celle d'une créature qui n'avait rien d'humaine, et ne ressemblait qu'à peu d'animaux. Celle d'un demi-dieu. Celle de son invocation. Nephylim n'avait pas changé. Ou du moins, pas de ce qu'en avait perçu son invocateur. Ce dernier n'avait cependant pas tourné la tête tout de suite, et ce ne fut qu'à l'issue de cette action qu'il put pleinement profiter du spectacle qu'offrait son demi-dieu ... En quelques sortes. D'une part, ce n'était rien d'un spectacle de le voir, l'invocation n'était pas particulièrement voyante et ne cherchait pas audience pour observer ses charmes et décorations particulières. D'autre part ... Pouvait-il l'appeller "son" invocation? Cela semblait présomptueux. Mais le jeune homme n'avait rien d'un être de pure modestie, sans être vantard pour autant. Le réalisme lui allait tout aussi bien : il était lié jusqu'à sa mort avec cette créature, était considéré par un pacte qui le dépassait lui-même comme son "maître", et le pliait à sa volonté de ses ordres. Ou du moins, il le pouvait. A partir de là, pouvait-il dire que l'enfant divin était à lui? ... a la réflexion, il ne lui poserait tout simplement pas la question.

La lune est certes magnifique, mais je la connais peut-être trop bien pour avoir encore réellement envie d'en discuter ... Mis à part cela ... C'est une bonne question que tu me poses-là, Nephy. Marchons un peu, si tu le veux bien ... Ce toit est un peu trop exposé à mon goût.

Se relevant en s'appuyant sur ses genoux et avec un grognement, le jeune homme descendit avec prudence le long des tuiles d'argile cuite, avant de sauter dans le vide en pivotant. Ses mains aggripèrent le bord du toit et le fire basculer vers la facade, que ses pieds réceptionnèrent avec une douceur relative, mais tout à fait réelle. Lâchant son appuie, le jeune homme se sentit chuter sur un mètre et demi, peut-être deux, avant de toucher le sol et de rouler vers l'arrière pour réduire le choc à peau de chagrin. Il s'épousseta un peu le dos de la terre qui y était collée, avant de poser ses mains sur ses reins et de pousser doucement en fermant les yeux, jusqu'à ce que sa colone ne craque. Lâchant un petit soupire, il relâcha un peu la tension dans son dos, se laissant aller vers l'avant, avant de se redresser doucement et d'observer son invocation. Bien sûr, un quadrupède d'ascendance divine n'avait pas besoin de reccourir à de telles stratégies pour descendre d'un toit ... Faisant donc fie de la différence de style qui les séparait tous deux, l'assassin fit donc volt-face et se mit tranquillement à marcher sur la petite route pavée, qui menait à la sortie du bourg, laquelle sortie menait à une chemin au bout duquel l'attendait son chez-lui ... Prendre une monture lui avait semblé, pour l'instant, inutile. Pour autant, et de ce qu'il en savait, le dressage de son chocobo se passait plutôt bien, et le jeune homme l'aurait peut-être à disposition dans quelques mois, voir semaines ... enfin, il pourrait le voir, du moins. Il se demanda quelque peu dans quel état était présentement l'oiseau ... A quel point avait-il bien pu grandire? Il le saurait sans nul doute très prochainement.

Et pour répondre à ta très pertinente question, je dirais ... "tout ce qui n'est pas normal est étrange". Qu'est-ce qui est "normal", donc? Et bien ... C'est un point encore plus épineux que le précédent : ça n'existe pas vraiment. Ne sont "normale" les choses que d'un point de vue subjectif. Pour moi, me balader sur des toits est normal. Dormir plus le jour que la nuit est normal. Aiguiser plusieurs dizaines de couteaux à la suite est normal. Discuter ... C'est une autre paire de manche. Mais pour moi, ce n'est pas ... "normal". C'est donc étrange.

Tournant la tête sur le côté alors qu'il avait croisé ses deux mains dans son dos, le jeune assassin perçu, à l'orée du village déjà, mais surtout à la fenêtre d'une maison, un visage. Celui d'un enfant ... Ou d'une enfant, peut-être. Le contre-jour que produisait la lumière à l'intérieur de l'habitation ne lui permettait pas de déterminer cette question. Pas plus que la distance, ou le verre crasseux des vitres. Souriant, le jeune homme au regard d'or fit un petit signe de la main en souriant de ses belles dents blanches, continuant de marcher, avant de finalement regarder à nouveau devant lui lorsqu'il dépassa le niveau de la fenêtre. Par cette lumière, il ne devait pas être très aisé de distinguer le jeune homme. Probablement encore moins la créature qui marchait à son côté. Et de toute manière, un enfant n'a rien à faire debout à cette heure-là, il n'y avait dont globalement aucun danger pour l'instant. Demain, lorsqu'on retrouverait le corps de l'épicier en train de se vider de son sang sur son bureau ... Il ne penserait peut-être pas à le signaler à ce moment là. Et même s'il le faisait ... Quelle importance.

Un point amusant avec ce qui est étrange ... Pour moi, les gens le sont. Ils se croient normaux. Ils se voient normaux. Mais pour moi, ils sont étranges. Ils se mentent, à eux-mêmes et aux autres. Ils tentent de grapiller ce qu'ils peuvent, tout en craignant de se faire taper sur les doigts s'ils arrivent à en avoir trop. Certains ont tout, et sont vides. D'autres n'ont rien, et pourtant ont des vies bien plus remplies ... Je pense que ce sont tous des monstres. Des monstres au milieu desquels un être normal se balade : moi. Heureusement que le fait que je sois la personne ordinaire et eux les monstres ne veut pas dire qu'ils sont plus dangereux ...

Les bottes du jeune assassin étaient passées du pavé légèrement disjoint, et des mottes de terre et touffes d'herbe qui poussaient entre, à la terre battue, foulée du pied en de multiples reprises, à la boue séchée qui n'attendait que la pluie pour retrouver de sa superbe. Observant une dernière fois le petit village derrière lui, il eut un petit soupire de lassitude, avant de se remettre à marcher, passant par une forêt. Les arbres laissaient échapper de toutes part les bruits de la nuit, provenant peut-être autant des animaux que de la nature elle-même. Le vent soufflait plus doucement ici, et malgré ses bras toujours nus, le jeune homme avait bien moins froid qu'avant. Il s'était habitué, de toute manière, à tenir les températures basses sans trop d'inconfort ... Et c'était tant mieux, car il n'avait pas le choix.

Mais je m'égare. Non, la raison pour laquelle j'ai ... "étrangement besoin de parler" ... C'est justement parce que je ne pense pas que ce soit normal, chez moi. J'ai, jusqu'à présent, passé des années sur cette terre. A marcher. Courir. Sauter. Grimper. Combattre. J'ai su faire des courbettes, jouer des rôles, parler d'une langue fourchue mais subtile, dialoguer avec des inconnus. Et pourtant. Dans environ 80% des cas, ce n'était que mensonge. Apparence. Tromperie. Pour le reste, pour ceux qui savaient ... Pour ceux-là, les contacts sont informels, rapides. J'ai peu de joie à m'exprimer auprès des autres, même si faire entendre le son de ma voie inutilement me ravis ~ Prends les intonnations que j'adopte le plus souvent pour une ... Manière d'être. Et pourtant, ce soir, je n'ai pas envie de paraître. Je n'ai pas envie d'une discussion dont le sens n'est qu'une illusion, dont le but impossible à atteindre ne serait qu'une chimère. Je n'ai pas envie de paraître, mais d'être, tout simplement. D'échanger. Et ça, c'est étrange.

J'ai rencontré quelqu'un. Une jeune femme, du nom de Nausicaä. Je ne pense pas que tu la connaisses : peut-être te la présenterais-je un jour. C'est ... étrange. D'aimer. Tu sais ce que ça fait, toi? Au début, moi, j'ai cru a un coup de poignard dans le dos. Impossible à parer. Pour peu qu'il soit tourné dans le mauvais sens, affreusement douloureux. Et pourtant. Il m'a touché en plein coeur, et m'a laissé aussi rêveur qu'incompréhensif de ce qui m'arrivait. J'ai été surpris pour la première fois depuis longtemps. Et pourrais-je me triturer la tête des semaines, des mois encore ... que je doute trouver une réponse satisfaisante. Du moins. Une autre que les simples mots "je l'aime". Et toi? Qu'en penses-tu?

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Aventure #4 écrite Dim 15 Fév - 13:46

Dommage pour la lune… Je dois avouer qu’elle m’ensorcelle. Pleine ou non, que m’importe tant qu’elle est là. Seul souvenir, seule compagne. Mais je m’en doutais. Qui le sait ? Qui voudrait perdre son temps à la contempler et se remémorer des vagues de flou ?
Nous partons déjà. Oh, pas loin, marcher aide à délier les langues et la fraicheur de la nuit n’est pas pour me déplaire.
Le jeune homme sauta dans le vide, se rattrapa habilement pour arriver doucement sur le sol. Une agilité que nombre d’humain devait lui jalouser. Quant à moi. Eh bien, les acrobaties en hauteur ne sont pas ma spécialité. Je peux déjà m’estimer heureux de disposer de quatre pattes. Cependant, elles sont loin d’être taillées pour les exploits d’escalade. Un balai aquatique serait bien plus dans mes cordes, mais je n’ai nullement l’intention de l’offrir à qui que ce soit. Ah, je me complique bien la tâche à réfléchir. Comment descendre ? Simplement. D’un bond. Joignant le geste à cette évidence, une poussée, mon corps se détendant, mes pattes avant atteignant le sol avant le reste. Mais le sol est dure, mon atterrissage imparfait. J’aurais pu me blesser ainsi, j’en prends donc bonne note, n’ayant jamais eu besoin de telles fanfaronnades à mon souvenir. Le plancher des vaches me convient parfaitement, bien que je leurs préfère les abysses.

Il se détend, nous marchons, il parle et je l’écoute. Lui aussi réfléchit à beaucoup de choses. Pas forcément utile, pas forcément comprises, mais tout de même. Les humains ne sont pas si stupides.
Qui a-t-il de plus normal que ses propres habitudes ?
Le voilà pensif… Non, il a remarqué ce à quoi je ne fais attention. A quoi bon ? Je me fiche d’être vu. Et je ne crains pas grand-chose. Lui non plus d’ailleurs. Il a juste vu, je devine son sourire quand il semble saluer une ombre derrière une fenêtre. Je ne vois pas très bien, je le ressens, c’est tout.

Nous approchions de la sortie du village, l’obscurité devenait reine et une faible luminescence commença à poindre au bout de mes vibrisses. Je pourrais complètement clore mes paupières, cela ne changerais pas grand-chose, mais seul une membrane restait ouverte. Disons que si le jeune homme cherchait des yeux en m’observant, il pourra au moins les voir. Le voilà à parler des réactions d’autres humains. Pas tous, j’ose l’espérer. Ce monde serait bien ennuyeux si les masques ne tombaient jamais. Mais comment mon invocateur pourrait-il observer le phénomène vu son rôle et les relations qu’il entretient avec les autres humains ? Toujours aucun mot de ma part. Je le sais, petit à petit, le vrai sujet approche, attendant sagement son heure, se payant même le luxe de se faire attendre.
Tu es donc amoureux ? J’avoue être surpris. Je ne devrais peut-être pas. En tout cas, aucune stupéfaction n’émet de mon corps. Je ne fais que marcher, ma queue oscille de gauche à droite au rythme de mes pas et ma truffe est dirigée vers Nathaniel. Ma mâchoire ne s’ouvre pas et pourtant, je lui réponds.


La bonne réponse est parfois la plus simple. Accepte le et cette aberration que l’on pourrait appeler ‘’amour’’ te sera tout ce qui est de plus normal selon tes critères. Ta réponse à ma question est bonne, je n’ai que rarement pu converser avec une personne tenant tel propos. Cela dit ma version est légèrement différente. Mais comme tu le dis, nous sommes tous le fou d’un autre. En réalité, cela fait bien longtemps que j’ai arrêté de me soucier du regard des autres. Sans pour autant tomber dans l’excès, il faut bien se remettre en question parfois. Enfin, pour en revenir à ton problème, même si ce n’en ai pas vraiment un. Je me trompe peut-être, mais je dirais que tu te trouves devant une inconnue. Une inconnue qui t’effraie. Tu viens de me le dire, tu n’as jamais ressenti ça. Ce n’est pas le même genre de peur que j’aie pu te faire ressentir lors de ton épreuve, contre celle-là, tes techniques pour reprendre le contrôle de toi seront inutiles. Te voilà un être anormal à tes propres yeux à cause de ce sentiment.

Cette… Nausicaa… Un nom chantant, chaleureux à mon oreille. Je ne saurais dire pourquoi. Pourrait devenir ta plus grande force, ainsi que ta plus grande faiblesse, voilà aussi pourquoi tu n’es pas à l’aise. Tu as tout de même le choix, l’acceptation… ou fuir.

Je me demandais si j’avais bien compris la situation. Je ne pense pas me tromper dans mes propos, ils sont généralement vrais. Mais il est possible qu’il ne se soit pas encore rendu compte de certaines choses… Auquel cas mes propos pourraient être des révélations dérangeante. Après tout, cela est nouveau pour lui. J’aurais besoin de précision.

J’aurais une question, comme nous parlons franchement, sans masque ni illusion, dis-moi, t’es-t-il déjà arrivé de prendre une décision qui pourrait bien chambouler ta vie ? Qu’importe que tu aies fais le bon choix ou non.

S’il m’a libéré, je suppose que ce n’est pas pour me mentir. Et puis, je ne suis pas vraiment concerné. Je n’ai pas à juger, je donne seulement mon avis et m’informe. C’est bien ce qu’il m’a demandé avant même que nous sortions du temple ? Ne m’appelle-t-il pas ‘’son ami’’ ?


Parce que la… Si cette demoiselle te fait te sentir ainsi, tu vas effectivement avoir un choix important à faire. Mais je suis disposé à t’aider. A vrai dire, cela me change des basses considérations humaines. C’est… Amusant ? Du moins cela m’aide à comprendre des choses.

Quant à ta dernière question, il m’est difficile de dire si je sais ce que c’est d’être amoureux. Si elle était humaine, elle n’est plus de ce monde

Dans tous les sens du terme…

Autrement, non, dans tous les cas en fait, elle fait partie de ce que j’ai perdu en même temps que ma liberté.

Ephy… Serait-ce toi, comme tu me l’as dit ? Une autre personne ?

Je m’imagine mal avoir vécu des millénaires en restant caché dans les fonds marins sans jamais rencontrer qui que ce soit. Je pense l’avoir connu…

Mais de ces paroles, je ne pouvais être sûr.
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Aventure #5 écrite Dim 1 Mar - 3:04

La forêt, contrairement à ce que beaucoup de naïfs pensent, ne s'endort pas à la nuit tombée. C'est peut-être même tout le contraire : sous le regard lointain mais bienveillant des étoiles, sous le couvert subtile et intime des feuillages et des arbres, pour certains, la vie bouillonne, et s'agite. Les chouettes, hiboux et autres grands ducs sortent de leur cache, à la recherche d'un rongeur qu'ils pourraient se mettre sous le bec. Toutes sortes de minuscules créatures émergent de leur couvert, et vaquent à leurs occupations, grattant l'humus pour trouver des graines à bouloter, ou bien au contraire, d'autres animaux, plus petits qu'eux, qui pourraient leur servir de dîner - ou de petit-déjeuner. - En un mot comme en 100, le crépuscule et la nuit sont des moments propices à la vie, et c'était une information que Nathaniel avait assimilé il y avait désormais ... Une petite éternité ou deux, peut-être, il n'en était pas certain. Mais en tout cas, les bruits de la nuit, tels le vent dans les branches ou le pas d'une créature imposante, ne le faisaient en rien sursauter. Bien évidement, il y restait attentif, au cas où un danger quelconque aurait pu venir à leur rencontre, mais il n'avait pas plus peur de "l'inconnu" que du sol sur lequel il posait le pied à chaque pas. Ce qui, au passage, était relativement fréquent vu la vitesse à laquelle ils se déplaçaient.

Nephylim ... Je dois dire que tu me déstabiliserait presque. Et je tiens à te faire remarquer que ce n'est pas commun ... Pour autant, ça m'amuse.

Je vais essayer, en premier lieu, de répondre à ta question. Et la réponse ... La réponse, je le crains, est un "non". Il y a bien eu des cas, mais ... Ce ne sont pas réellement des "choix que j'ai fait, qui détermineraient le reste de ma vie". Au quotidien, les décisions que je prends n'ont pas un impact si important que cela. Je refuse tel travail? Très bien, mais je devrais faire le suivant pour manger, ni plus, ni moins. Je prends telle épice plutôt que quelques pommes de terre au marchand? Peu importe, mes plats seront certes moins savoureux, mais plus nourrissants. A l'inverse, j'ai eu des "choix" dont a dépendu le reste de ma vie ... Mais étaient-ils réellement des "choix" ? Ou bien juste des décisions, qu'on m'a pressé a prendre sans me laisser d'échappatoire? Malheureusement, je crains que non. Le seul "choix" que je fais au quotidien est celui d'être moi-même. C'est un choix lourd de conséquence, que j'assume pleinement et entièrement, et qui ne me déplaît pas le moins du monde. Il n'est peut-être pas important, mais pourtant, il influence tant de choses ...

Pour en revenir à ce qui m'étonnait, c'est simple. Sans me vanter, j'avais deviné à mes premiers échanges avec toi que tu étais un être particulier, et sans nul doute des plus intéressant. Il n'est pas utile à mes yeux de préciser que je ne m'étais pas trompé. Encore que. Je t'avais largement sous-estimé, ami. Tu sembles encore plus complexe que ce que j'aurais pu appréhender à nos premiers échanges.


Faisant silence un instant, l'assassin s'immobilisa sur le chemin de terre battue, et pivota légèrement. Quelque part dans la forêt, quelque chose bougeait, entre les arbres. L'assassin campa fermement ses pieds dans le sol, scrutant l'obscurité. Ses yeux fauves balayaient le couvert des arbres avec une précision et une acuité qui n'étaient autres que le résultat de son entraînement, et pourtant, il ne détectait rien. Puis, finalement, et au bout de quelques instants, un marcassin visiblement terrifié sorti d'un buisson, courant ventre à terre. Les petits cris stridents qu'il émettait étaient moins la conséquence de sa peur que celle de sa respiration irrégulière et rapide : il était sans nul doute à bout de souffle. Sa mère avait dû soit être confrontée à un retardement, soit elle était trépassée, mais il était étrange qu'elle ne l'ai pas déjà protégé contre ... Qu'est-ce qui le poursuivait, d'ailleurs?
La réponse à cette question apparut quelques instants plus tard sous la forme d'un loup gris, au pelage blanchit par endroits, et qui arrivait facilement au genoux de l'assassin. Dans son dos, ce dernier saisit d'ailleurs avec un silence et un calme effrayant un poignard, qu'il dégaina en plissant les yeux. Son invocation était derrière lui ... Mais ce n'était pas un problème, il ne comptait pas réellement demander d'aide. Cependant, le prédateur s'était figé dès la vue de l'homme, et le scrutait. Ce dernier ne tremblait pas. Ne bougeait pas. Respirait avec un calme olympien. Et ses lèvres trahissaient même un petit sourire d'amusement. Ses yeux jaunes ne cillaient pas, et ne quittaient pas ceux du loup, qui montra un instant les crocs. Cependant, le prédateur, s'il se savait puissant, n'était pas imbécile, et préférait largement reprendre sa précédente proie. Il se contenta donc, de son pas silencieux et gracieux, de reprendre la traque de sa proie sans un bruit, disparaissant en passant à côté des deux "individus". Nathaniel se retourna, observant les feuillages quelques instants, avant de se remettre à marcher.

étrange. Je n'aurais pas pensé voir un loup si près d'un village ... Enfin.

Tu dis que j'ai le choix entre fuir et accepter ... C'est drôle, mais il ne me ... Semble pas. Quelque chose ou quelqu'un m'empêcherait de tenter de prendre la fuite. A vrai dire, je ne suis même pas sûr que si j'étais capable de la prendre, je serais le même, après l'avoir fait. Je suis coutumier de la fuite, ne te méprends pas sur ce point ... Mais si le but premier, à savoir ne pas souffrir, n'est pas atteint, quel intérêt lui reste-t-il? Peut-être as-tu raison. Peut-être suis-je devenu un étranger à moi-même. L'idée est séduisante ... je me demande pourquoi je ne l'ai jamais eu avant, tiens. Ah ah ... peut-être me paraissait-elle grotesque, sans raison d'adopter le moindre changement.

Pardonne ma rudesse, et n'y voit que de la franchise pure et brute, mais je suis étonné que tu n'ait pas répondu par la négative à ma dernière question. Surtout de la manière dont tu l'as fait. Comme quoi ... J'ai eu une invocation, avant toi. Lui m'a dit qu'il n'avait éprouvé ce genre de sentiment pour personne. Que la survit importait avant tout. Et que j'étais étrange, à me poser des questions sur un lien que je ne n'étais jamais sensé forger, de toute manière ... je pensais que tous les enfants de dieux étaient de cet avis.
Oups, excuses-moi. J'avais oublié ta condition d'orphelin. Même si je trouve tout de même ça moins réducteur que "invocation" ... Je ne t'invoque pas, je ne fais que t'appeler, et tu viens de toi-même à moi. Je ne vois pas pourquoi l'invocateur devrait porter, au titre de l'exploit d'un autre, une dénomination spécifique.

Mais je m'égare ... J'ai très facilement tendance à dévier, n'est-ce pas? Je m'en excuse, mais je pense plus vite que je ne parle, et je change plus vite de pensé que je ne peux finir mes phrases. Toujours en est-il que tu m'as intrigué, pour cet amour disparu dont tu m'entretiens ... Tu ne sais pas si elle est, ou était humaine, et tu "penses" l'avoir connue? A moins que quelque chose ne m'échappe, ce sont là de bien maigres informations dont tu disposes sur ton propre passé, à dire vrai ... As-tu déjà tenté ... D'en savoir plus? Je suppose que tu dois avoir des frères ou sœurs qui avaient eux aussi à charge la garde des océans, les as-tu consulté? Tu en as peut-être côtoyé certains.

En tout cas, je suis heureux de pouvoir m'exprimer avec toi ... Je te sens à la fois plus détaché de mes problèmes que ne pourraient l'être beaucoup d'individus, et pourtant, tu fais preuve d'une perspicacité et d'une sagesse qui sont toutes les deux précieuses. Et je pèse mes mots.
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Aventure #6 écrite Mer 22 Avr - 17:49

Nous nous enfoncions dans la forêt. Je me demandais tous simplement où et pour quelle raison l’assassin m’amenait dans les sombres bois à cette heure. Enfin, pour l’heure, je sais qu’il est un oiseau nocturne, la suite est simple à comprendre. Pour le reste, je me contentais d’attendre, sachant éviter de me montrer impatient quand ça n’est pas utile.
J’étais moi aussi, à ma façon une créature de la nuit. Ou plutôt, des ténèbres. Ma perception des reflets et de la moindre intensité lumineuse se voyant renforcé dans cette obscurité. Pour le reste, je sentais toujours les mouvements autour de moi, occultant la majorité d’entre eux car inintéressant.
Alors je pu observer le duel de regard entre Nathaniel et un loup. Ce dernier finit par détourner les yeux et repartir. J’aurais pu intervenir, subtilement. Une onde, un grognement, faire comprendre par un langage animal qu’il ne fallait pas me déranger. Et puis… Non. Pourquoi faire ?


Est-ce une chose rare d’en voir si près pour autant ? Je ne connais que peu cet endroit, pourtant leur présence ne m’étonne guère. Des prédateurs intelligents. Pour sûr, je les apprécie.

Je n’avais pas commenté ces propos et continuais de l’écouter. Il semblait satisfait de mes réponses. Du moins, n’en était-il pas déçu. Il avait du mal à me dénommer comme son invocation ? C’est bien la première fois que j’entendais cela. En soit, c’est bien ce que je suis. Et ironiquement, je n’aurais aucun mal à l’appeler mon humain…
Pour le reste.


Mhm, par où commencer ? C’est amusant, je savais que nous aurions des choses intéressantes à nous dire, mais de là à penser que tu ais tant à t’exprimer… Je te laisse imaginer le bouleversement en comparaison du temps que j’ai passé seul.
Tes déviations me montrent à leurs manières ta vivacité d’esprit. Et j’ai l’impression qu’elle n’a d’égale que ta capacité à effectuer tes acrobaties… Je ne sais pas si j’ai formulé un compliment. C’en est un ?

Un peu comme une réponse à ses propres mots. Il me trouvait sage et détaché. Mon ego aurait pu enfler, mais non. Je l’ai dit, je ne prête guère attention à ce que l’on pense de moi. Et comme, pour le moment, c’est en bien qu’il pense à mon sujet… Je n’ai pas vraiment à me remettre en question.
Donc rien ne change, si ce n’est l’orientation de mon museau, dirigé vers un point imaginaire, plus en hauteur. Humant l’air. Il est humide. Et la matinée sera fraîche.


Je n’ai pas dit que l’une ou l’autre de mes suggestions est préférable et t’évitera tous désagrément. Loin de là. Néanmoins il t’en faudra choisir une. Enfin, j’ai comme l’impression que tu n’as pas à plus y réfléchir et que ton choix est déjà bien orienté. L’important c’est que tu sois sûr de toi. Et puis si les implications qui en découlent te séduisent, raison de plus.
… En fait le plus décevant dans cette histoire, c’est que ce changement fera de toi une autre personne, certes, mais plus un étranger à toi même.

Cet humain est amusant. A croire que rien ne l'atteint gravement. A part cette Nausicaa du moins. Dit comme ça, il me tarde de la rencontrer. Je suppose qu’elle sait aussi beaucoup de choses et qu’elle les a acceptées. Je ne saurais dire si c’est chose facile.


Mais c’est de moi qu’il est question désormais. Je me demande qui a été la dernière déité à l’accompagner. L’ai-je connue par le passé? A quoi bon le demander, je ne m’en souviendrais pas.

Mhm un terme ne me convient pas et l’autre te gène? Il suffit d’en trouver un autre. Qu’en penses-tu? Ça m’évitera de me crisper à chaque fois que j'entends ces trois mots. Tu ne me manque pas de respect par cette dénomination qu’est invocation. Ton analyse est juste dans mon cas, mais il n'empêche que c’est ce qu’on a fait de moi. Manque tu de respect à un prisonnier quand tu l’appel ainsi? Coupable ou non, c’est ce qu’il est. Je n’y vois aucun affront.
Sinon… J’ai déjà entendu de la bouche d’humain “demi-dieux”. Je peux réfuter ma parenté, mais pas ma création...
Quand à ton précédent compagnon… C’était un idiot… Ou un lâche. Sa “survie” a du se faire terré je ne sais où, ou en se battant bêtement sans rien apprendre. Certains de mes congénères sont ainsi. Ils ne cherchent pas à comprendre et détruise les obstacles. Cela répond a une autre de tes questions, mais j’y reviendrais. Crois-tu vraiment que tu ne pourras ou ne devra jamais forger ce lien? A quoi bon vous donner vie avec autant de capacités et de possibilités si c’est pour que vous n’en fassiez rien?
Et de ce fait, comment aurions-nous pu vous doter de sentiments si nous-mêmes étions incapable d’en éprouver? C’est ce qui me fait dire que celui qui t’as dit pareil chose est un idiot car il n’a jamais cherché à comprendre, ou un lâche parce qu’il avait peur de le faire. Nous ne sommes pas parfaits, contrairement à ce que certains pourraient penser. Tu verras aussi que nous avons tous de très nombreux points de vue et hélas pour moi, je n’ai pas eu l’occasion de trouver un confrère ayant des idées assez proches des miennes.

Donc oui, j’ai déjà rencontré quelques un des miens en ce monde. Mais très peu, et rarement dans des contextes favorables aux discussions. Vous avez souvent été en guerre tu sais.
Ma mémoire est défaillante, je ne peux, pour le moment que me fier à ce que l’on me rapporte. Je compte bien profiter des “congés” que tu m’offre pour en apprendre plus, et faire sauter ce verrou dans mon esprit. Trouver un des miens m’ayant connu par le passé pourrait m’aider… Reste à savoir comment le reconnaître.
Je ne peux pas vraiment t’en dire plus, Difficile d’extrapoler à partir de mes maigres souvenirs. Je ne suis même pas sûr qu’ils soient vrais.

Avais-je besoin de parler? De dire tout cela? Ce qui est fait est fait, mais j’avais volontairement occulté la venue d’Ephy à ma cellule. Plus tard peut-être. Ce qu’elle m’avait dit était encore trop troublant pour moi. Et puis, c’est une promesse qui ne regarde pas mon humain. Je l’ai faite avant sa venue. Je ne veux pas l’y mêler. Pas pour le moment.

Eh bien, que d’éloge, si mes propos t’aident, tu m’en vois satisfait. Je n’ai pas l’habitude qu’on m’écoute à vrai dire. D’ailleurs, je me demandais. Nausicaa, elle connaît ta vie nocturne, l’a-t-elle acceptée?
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Aventure #7 écrite Jeu 14 Mai - 1:03

... ça, je dois t'avouer que ce n'est rien de moins qu'une excellente question. Et par cette tournure de phrase, je sous-entends que je n'en ai, à vrai dire ... pas grande idée. Je ne suis même pas sûr d'avoir eu le temps de tout lui avouer, lorsque je l'ai rencontré ... tout était si flou. Si rapide. As-tu déjà eu ce sentiment, en rêve, que tes actions tout comme celles des autres n'étaient pas de ton fait? Que tu n'étais que spectateur de cette réalité, qui t'assaillait d'informations, et te laissait à peine le temps de les analyser? Ma rencontre avec elle me laisse cette impression. Et pourtant, elle est tellement plus qu'un doux rêve ...

L'invocateur se surprit lui-même, à ces mots, à replonger dans ses souvenirs d'une manière dont il n'était pas coutumier : avec nostalgie. Quel sentiment étrange, que d'éprouver un genre de ... Regret pour un instant qui était pourtant déjà passé depuis si longtemps. Plus encore : il ne regrettait rien de l'instant en lui-même, à part le fait justement qu'il était derrière, et ne se reproduirait probablement jamais. Ou en tout cas, jamais de la même manière, mais l'assassin savait parfaitement que le temps, ce grand farceur, pouvait s'amuser à faire des boucles. Revivre, encore, la même chose. Le même genre d'événements, les mêmes sensations, sentiments ... Voir, par deux fois, ses parents périr, impuissant, démuni. Souffrir physiquement, une fois ? Dix ? Cent ? S'entraîner tous les jours, oublier tout ce qui n'aidait pas à survivre, et pourtant se souvenir d'absolument tout ... Se souvenir n'avait jamais été agréable pour l'assassin. Pourquoi le serait-ce devenu désormais?

Pour ce qui est du loup de tout à l'heure, oui ... Ils ne viennent pas dans des territoires occupés par les hommes, en temps normal. Pas de leur plein chef, en tout cas ... Ils sont, comme tu l'as souligné, bien trop intelligents pour ça. Ils savent que l'homme est un prédateur ... Bien plus coriace que beaucoup, y compris eux. Mais je comprends que tu puisse porter de l'affection à de telles créatures ... Outre le fait qu'elles te ressemblent un peu.

Les feuilles crissaient sous les pas du jeune meurtrier, qui sentait un peu de lassitude lui traverser les jambes. Ces dernières ne s'étaient pas reposées depuis un petit bout de temps, à bien y réfléchir ... Courir, sauter, escalader ... Aucune de ces activités ne reposaient réellement ses muscles, c'était certain. Et même cette promenade en forêt, qui pourtant ne sollicitait pas réellement des ressources importantes, n'était pas du genre à lui permettre de se relaxer : chaque pas était fait sur un niveau différent du précédent, dans une terre meuble, parfois instable, souvent traîtresse. Les racines et flaques étaient d'autres obstacles qui l'obligeaient à surveiller les endroits où il mettait les pieds, de peur de trébucher ou de glisser. Ils feraient une pause, peu avant d'entrer en ville ... ce ne devait pas être bien loin, de toute manière.

Quand à ton confrère ... que te dire. Barthiméus était étrange, cela est certain, mais je n'ai jamais réussi à proprement saisir ce qui le motivait, en profondeur ... Je crois qu'il s'était détaché de ses émotions par choix. Non pas parce qu'elles lui faisaient peur, mais parce qu'il avait l'impression qu'elles lui masquaient peut-être quelque chose ... J'espère qu'il a trouvé cette vérité qui lui manquait, depuis le temps.Pour l'avoir côtoyé des années, je peux simplement te dire qu'il était ... Est probablement aussi retors d'esprit que moi, si ce n'est pire.

Lui non plus n'aimait pas trop le terme "d'invocation", mais cela venait plus du fait qu'il passait 24 heures par jour à s'assurer que je survive, tout en m'entraînant, m'éduquant ... Et ce, durant plusieurs années de suite. Le terme était donc quelque peu désuet : "compagnon" était plus approprié à sa nouvelle fonction ... Que dis-tu de ce mot là? Ami, partenaire ou tout simplement "Nephy" me vont très bien aussi, pour tout t'avouer. Si nos mots ont le pouvoir de nous nommer, autant en choisir des qui n'ont d'autre double-sens que ceux que nous désirons leur accorder, n'est-ce pas?


S'arrêtant un instant à l'issue de sa phrase, le jeune homme aux cheveux teints en vert joignit ses deux talons, et leva légèrement les yeux. Un hibou, probablement un grand duc, se tenait avec une majesté qui lui était propre sur une branche, au dessus d'eux. L'animal les observait de ses larges yeux, que tout son visage semblait destiné à mettre en valeur. L'angle que sa tête formait avec son corps n'avait rien de naturel, pour un être humain, et pourtant la créature ne semblait ressentir aucune gêne, aucun problème à avoir un œil à la verticale au dessus de l'autre. Puis, un bruit sembla attirer son attention, car il détourna le regard pour fixer un point à sa gauche, quelque part entre les arbres. L'assassin tourna à son tour la tête pour tenter de savoir ce qu'il avait capté, mais ne vit rien ... Rien d'autre, peut-être, qu'un mouvement diffus dans les ombres noires de feuilles mortes qui jonchaient le sol. Un instant plus tard, le rapace s'était élancé sans l'ombre d'un bruit, et fondait sur une proie visible de lui seul, avant de disparaître dans les arbres avec une créature couinante entre les serres. La nuit, en forêt, n'était pas la période de la journée durant laquelle cette dernière périssait totalement ... au contraire, probablement.

... Parfois, je me sens plus proche de ces animaux, qu'aucune autre loi que celles de la nature ne dirigent, que des hommes que je côtoie pourtant de manière quotidienne. Il est si déplaisant de penser que l'homme est aussi bien le prédateur que la proie d'autres hommes ... Je sais que nous nous faisons souvent la guerre. Et quand bien même je serais capable de t'affirmer milles fois le contraire, je n'ai aucune idée de "pourquoi". Mais je comprends que tu n'ai eu que peu d'occasions de revoir tes frères de manière ... Pacifique.

Je suis désolé de te submerger ainsi de mes paroles, et je peux comprendre qu'elles soient ... Peut-être trop nombreuses, après un isolement tel que celui que tu as vécu. Seul, dans une cellule presque sans lumière ... eh, je suppose que ce n'était pas le point qui te dérangeait le plus, n'est-ce pas? Mais n'avoir aucune compagnie autre que soit-même, et même pas de souvenirs auxquels se rattacher pour savoir qui est ce "soit" avec qui l'on est condamné à passer l'éternité ... Je ne saurais songer à plus glorieuse et cruelle torture pour un esprit. Et je suis aussi bien ébahit que très heureux de constater que cette torture n'est pas venue à bout de l'être que tu es ... loin de là.

Nous approchons de Lüh ... Peut-être devrait-tu ... Je ne sais pas, adopter une apparence humaine? Je n'ai aucun a-priori vis-à-vis de ta forme physique, pas plus que je ne crains d'être vu en ta compagnie, mais c'est simplement pour ... si tu tenais à éviter les quelques rares regards que tu pourrais encore attirer, à cette heure tardive. Les invocations qui discutent avec leurs maître comme nous le faisons présentement ne sont pas légion ... et c'est bien triste : vos conseils pourraient surement nous guider bien mieux que nos plus belles "valeurs" ... Il suffit de voir à quoi elles nous ont mené, la première fois. Te souviens-tu de ce temps, Nephy? De cette époque, où des êtres pas si différent de moi, et ceux dont toi et les tiens n'êtes plus que les ombres, se battaient pour détruire ou préserver ce monde?

J'aimerais tant me souvenir d'une telle période. Je dois cependant laisser ce travail à mon imagination ... puisque je ne l'ai jamais vécu ...
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Aventure #8 écrite Mar 21 Juil - 17:19

L’empire des rêves, endroit choyé de ses habitants car tout y est possible, pour un court instant. J’ai longtemps cru qu’il serait mon dernier sanctuaire… Avant que le miens ne soit envahi par le cauchemar. Attendant son heure, jalousant les petits moments heureux. C’est un adversaire de taille, cousin de la folie, celle qui m’a guetté lors des dernières années et dont je ressens encore parfois la douce, mais froide étreinte. Je ne me suis jamais offert à elle. Pourtant, j’aurais pu.
Un frisson dérangeant parcouru mon échine, faisant osciller ma queue plus violement que d’accoutumé.


Des rêves parfois étrange, parfois plaisant, souvent instructif pour peu que le réveil ne les chassent pas de notre esprit. Je vois bien de quel genre de sensation tu parles… En vie comme ne rêve.


Je ne fis cependant aucun commentaire sur les horreurs liées à cette sensation. La guerre, la mort, l’impression d’être abandonné, fragmenté, oublié, que quelque chose de primordiale n’est plus là. Une source qui s’est tari avec le temps, une essence que je ne pouvais plus humer. Non, je ne devais pas en parler. Le temps de la mélancolie viendra plus tard. Vraiment, ce n’était pas d’actualité. Et puis, je n’allais tout de même pas briser ce moment de confidence avec mes problèmes passés.
Mais il semblait que je n’étais pas le seul à subir les ravages de l’isolement. Je me suis peut-être un peu emporté avec son ancien compagnon divin. La punition nous change, personne n’est épargné. Je baissais le museau en une excuse silencieuse faite à un confrère.


… Mes mots on peut être dépassé mes pensées. Cette perte d’émotions, j’ai failli la connaitre avant de rencontrer mon premier humain. Puis, c’est vous que j’ai étudié, et il n’est jamais bon d’en arriver là, crois-moi.

Si ce Barthiméus avait réussi à préserver son intelligence au détriment de ses émotions, j’étais à la fois heureux et triste pour lui. Il n’était pas une créature dénuée de volonté, mais pouvait, à terme, n’être qu’une bombe à retardement. Sort que je n’enviais à personne… Pas même à Aqua. Encore que, vu l’épée de Damoclès qui a pesé et pèse encore sur nos vie, c’est à se demander s’il n’est déjà pas trop tard.

Enfin, au moins a-t-il fait du bon travail avec toi. Même si je sais que les standards de ta civilisation ne voient pas la chose du même œil. Est-ce lié à ta préférence marquée pour la nature ?

Il parlait toujours, il avait beaucoup de choses à dire et s’en excusait, je pouvais imaginer la cause de sa gêne, mais honnêtement, elle n’avait pas lieu d’être. Je lui parlais alors d’un ton faussement vexer.

Ai-je l’air si fatigué pour que tes paroles me submergent ? C’est pourtant bien ton corps que j’entends trembler de fatigue, très légèrement  certes, mais tu as aussi besoin de repos je crois.
Plus sérieusement, j’ai toujours vu le dialogue comme une solution idéale à tout, sans ignorer qu’agir est tout autant nécessaire en certaine occasion. Mais tu as raison, l’isolement est une bien cruelle torture, j’aimerais dire que j’ai surmonté cette épreuve… J’en suis incapable, je mentirais, je me bercerais d’illusion. Prie pour que ce moment n’arrive jamais car c’est certainement l’évènement que je crains le plus.

Je me demandais ce que je faisais, à lui révéler mes faiblesses, était-ce sage ? Non, pas vraiment, sauf que j’avais vraisemblablement besoin de parler. Je n’avais pu faire autrement et espérait ne pas le regretter plus tard.
Des lumières apparurent au loin, la nuit chassée par les lumières artificielles de la vie humaine. Lüh… Je n’ai jamais pu m’y rendre, soit parce qu’elle n’existait pas, soit… parce que je suis revenu trop vite.
Une forme humaine. Oui, j’en vois l’utilité. Ou non, je me fiche bien que nous soyons vu, mais en réalité, j’en suis tout bonnement incapable à l’heure actuelle.


Mhm… Je ne laisse même pas mon imagination s’attarder sur cette époque oubliée, je ne voudrais pas me mettre à croire quelque chose de faux. Surtout s’il s’agit de la façon dont j’ai réagis. Qui sait ce que j’ai pu faire ? Me cacher ? Commettre je ne sais qu’elle atrocité à faire pâlir les plus grand tortionnaire ? Je ne croirais qu’en des preuves tangibles. Aussi difficile soient elles à obtenir.
Mais ton point de vu m’intéresse, comment imagine tu cette époque ? Et les différents moments de cette île ?

Quelques minutes passèrent et nous continuons d’avancer avant que je ne reprenne.

Non, je suis encore incapable de revêtir une autre apparence. Je sens mon pouvoir se renforcer, c’est vrai, mais mes compétences magiques sont encore faibles si elles ne sont pas liées à mon élément.
S’il faut faire comme tous les autres, je ne suis pas à quelques heures de silence prêt. Autrement, nous pouvons les ignorer ou les éviter… Par contre, je suis désolé, mais… Nephy… Est un nom qui a été prononcé par une seule et unique personne avant toi, je sais juste que je le sais… S’il pouvait continuer d’en être ainsi tant que je me rappel pas de pourquoi…

Ma demande n'était pas agressive, seulement une humble requête. Je ne pouvais le forcer à faire autrement, mais il pouvait me comprendre, du moins l’espérais-je.
Nous arriverons bientôt, il était temps de changer de sujet et de savoir où nous allons exactement.
Sauf s’il n’a pas besoin de moi bien sûr, à ceci près que j’ai le sentiment qu’il n’aurait pas pris la direction de la ville si ma présence n’était pas nécessaire.

… Avant d’entrer, j’aurais une question, deux en fait. Tu ne m’as pas dit pourquoi nous allons dans votre capitale et ensuite, je sais que tu es plutôt libre de tes actes, mais j’aimerais savoir, à quoi aspires-tu pour ton avenir ?

Avais-je besoin d’un objectif autre que de recouvrer la mémoire ?
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Aventure #9 écrite Mer 19 Aoû - 17:26

Comment est-ce que je me représente cette période …

Les murailles de Lüh n’étaient pas à plus de quelques centaines de mètres, et pourtant l’assassin avait envie de prendre une petite pause. Enfin, il venait doucement de se faire reprocher la fatigue qui tenaillait doucement mais surement ses muscles, et après tout, son compagnon n’avait que raison de veiller sur lui de telle manière. Regardant un peu autour de lui, le jeune homme aux cheveux verts quitta le sentier forestier, s’enfonçant un peu entre les arbres, avant de trouver ce qu’il cherchait. Peu de temps avant, une semaine ou deux peut-être, il avait noté la présence d’un groupe de bûcherons, qui ne recherchaient que des arbres parmi les plus anciens, afin de fournir un bois de qualité. Et visiblement, ils étaient passés par là : une très large souche se tenait au centre d’une petite clairière, probablement née de l’absence du chêne quadra-centenaire qui avait été retiré d’ici. Se retenant de commenter, une fois de plus, les hommes et leur folie destructrice, le jeune déviant s’installa tranquillement sur le bois, se mettant en tailleurs en appréciant la sensation de relâchement qui s’emparait de ses cuisses et de ses mollets. Qu’il était bon de ne plus être en train de pousser pour soustraire son poids à l’attraction du sol … enfin. Ça ne valait pas le confort d’un bon lit.

Je vois … Des complots, des manigances. Chez les humains, mais chez les demi-dieux également. De la souffrance. Nous pouvions mourir, contrairement à vous … Mais vous pouviez, et pouvez toujours ressentir la douleur. Nul doute que ce conflit n’avait rien de bon. Lui plus que d’autres encore. Je vois des champs de batailles épiques. Bartiméus m’a raconté que les anciens hommes avaient conquis la terre et la mer, mais également les cieux … Je suppose que nombre des enf … Des semi-divinités de l’air pourraient conter cette partie du conflit bien mieux que moi ou toi. Les armes devaient également être sensiblement différentes. Tant pour vous, qui étiez plus puissants dans des mesures que je peine à imaginer, que nous, qui disposions d’une … Technologie ? C’était le terme ? Enfin, d’outils de morts bien plus performants que ceux qui existent de nos jours. L’assassin se frotta le menton un instant, réfléchissant. Tu n’aurais pas à t’en vouloir. Pour ce que tu avais fait à l’époque.

Lentement, le jeune fou s’était replié vers l’avant, avait posé ses coudes sur ses genoux, et son menton dans ses poings. Cependant, il changea de posture : redressant le buste, il se fit craquer le bas du dos en appuyant dessus avec ses deux mains, lâchant un soupire, avant de se laisser aller en arrière et de prendre appuie derrière lui de ses mains pour ne pas basculer complètement. D’un geste du bras droit, qu’il leva temporairement, il embrassa le paysage autour de lui : les arbres, la forêt, les nuages, les étoiles. Levant ses yeux d’or, il observa l’astre lunaire, lâchant un petit soupire avant de reprendre.

C’était une guerre. Les hommes d’aujourd’hui sont souvent des vautours, incapable de se rendre compte qu’à prédater à tout bout de champs comme ils le font, ils ne font que mordre les cuisses de ceux qui les soutiennent. Mon métier en est l’incarnation même : je suis celui qui tue des personnes qui ne lui ont rien fait, parce que quelqu’un d’autre à qui elles portent un préjudice, réel ou fictif, veut leur mort. Combattre le feu par le feu n’est qu’une expression … Et nous ne somment pas dans un monde où l’honnêteté et la droiture d’esprit permettent à tout un chacun, si puissant soit-il, de l’emporter systématiquement face au vil et au sournois. De plus … Tu as oublié.
« Qui étais-je ? ». La question t’obsède, et c’est naturel. « Qu’ai-je fait » ? Tu as peur d’être confronté à des actes que tu ne cautionnes pas. Pourquoi ? Parce que tu as peur d’avoir été un autre que celui que tu es aujourd’hui. S’il y a quelque chose que ton confrère, malgré sa forme de folie, m’a appris, c’est qu’il faut savoir s’accepter tel que l’on est, pour pouvoir faire la paix avec soi-même. Ca n’implique en rien que tu fasses une quelconque trêve avec un autre, qui a peut-être « été » toi, mais n’est plus. Au contraire. Si dans 5 ans, je me cogne la tête, et qu’en me réveillant, je deviens un homme de bien. Si, dans 10 ans et au prix d’une longue quête, on me permet enfin de me souvenir de qui j’étais. Et si celui que je suis devenu n’aime pas celui que j’étais. Si jamais j’en venais à répudier tous mes actes passés, à trouver que j’étais un être abjecte, et que je méritais peut-être même le sort que j’inflige à toutes mes victimes … Alors, je serais, en premier lieu, fier d’avoir eu cette seconde chance. Heureux d’avoir pu emprunter une meilleure voix. Et surtout, satisfait de savoir que j’avais remplacé un tueur. Je me dresserais contre mes anciens méfaits, et si cela m’était encore possible, je redresserais certains des tords que j’aurais pu causer … Pas me rendre à la milice, mais … Je ne sais pas. Dévoiler les dessous de crimes que j’avais commit, comment, pourquoi, à la demande de qui. Qui sait ? à mon avis, ne crains pas d’avoir commis quelque chose d’atroce … Ait plutôt peur d’avoir perdu quelque chose de magnifique. Ça, ce serait une peur à laquelle rien ne pourrait te soustraire … sinon l’idée que mieux t’attends peut-être, demain.


Levant doucement et à nouveau la main, l’assassin ... Bailla. Visiblement, l’acte le surprit lui-même, et il observa ses doigts pendant quelques instants, les sourcils levés, avant de secouer sa main en rigolant et de la reposer derrière lui. Cette petite escale dans sa marche ne valait certainement pas une pleine nuit de sommeil, mais elle était reposante. Agréable, même. Et le jeune homme se découvrait des talents pour la discussion « classique » qu’il ne se serait pas soupçonné… Comme quoi : en apprendre sur soi-même était bel et bien un voyage éternel. En attendant, il en avait presque la bouche sèche, à force de parler autant … Faire un détour par le puits en rentrant n’était pas une mauvaise idée. Mais il y avait tant de questions auxquelles il n’avait pas répondu, encore …

Je préfère la nature car elle est simple … Sans faux-semblant. « Naturelle » ? Je vois peu d’animaux se mentir durant des années, un faux sourire sur les lèvres, juste pour « éviter de faire parler les voisins ». Si j’avais été un animal, je n’aurais peut-être eu la forme que d’un renard solitaire, ricanant dans son terrier, mais je la trouve toujours préférable à celle d’un humain … quelle que soit sa situation.

Je ne t’appellerais plus « Nephy » si c’est là ton souhait, mais saches que si l’envie te prends de me surnommer « Nath’ », tu n’es pas le premier, et ça ne me dérange pas du tout, au contraire. Et pour répondre à ta question qui en était deux en réalité … en ce qui concerne la capitale, j’y réside. Je pensais que passer chez moi, que ce ne soit que pour quelques minutes, ou pour plusieurs jours si tu as envie de connaître mon quotidien, ne pourrait pas faire de mal à notre … Partenariat ? Si tu ne me connais pas tel que je suis, tu auras indubitablement plus de mal à me venir en elle, il faudrait être fou pour ne pas l’admettre. Quand à un objectif, pour l’avenir … Vivre. Avec ma belle, probablement. La protéger de cette fange, de ce monde corrompu et malsain dans lequel je plonge tous les jours les yeux fermés. Peut-être un jour quitter le milieu d’assassin pour quelque chose de plus … Propre. Aventurier, ou chasseur. Mon visage n’est pas connu, je n’ai pas vraiment d’entraves me retenant d’exister dans la légalité … à part celle de mon quotidien actuel. On ne quitte pas les bandits et les voleurs d’un claquement de doigts, mais si je suis un tueur d’exception, je sais parfaitement que je e ferais pas forcément de vieux os avec une telle profession … chose amusante ? Je me disais que peut-être, je pouvais essayer de t’aider toi dans ta quête. Il me semblait avoir abordé l’idée en venant te délivrer, et ce n’est pas le temps qui me manque … Si je peux te le consacrer plutôt que de le perdre, alors tu me rendras un grand service.

Et tu m’excuseras de m’excuser de nouveau, mais je ne me pensais vraiment pas capable de bavarder pendant des heures à ce point.

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Aventure #10 écrite Mer 2 Sep - 15:43

De hauts murs… c’était donc ça, Lüh. Il m’avait fallu attendre ma troisième sortie pour l’approcher. Je ne voyais pas grand-chose d’autre que cette impressionnante muraille. Elle n’a rien d’exceptionnelle en soit, mais de facture humaine. Ce qui en fait un travail honorable quand il ne vous suffit pas de claquer des doigts pour bâtir d’immenses temples… J’ai quelque notion d’histoire pour y avoir participé il y a plusieurs décennies, cette ville, ses défenses, cela montre la puissance de son propriétaire. Ou du moins la volonté de celui qui l’a jadis bâtie.
Mais pour l’heure, mon partenaire admet avoir besoin de repos. Il ne le dit pas, mais le fait de se retrouver assis dans une clairière née de l’activité humaine est un bon indice.
Le postérieur au sol, j’écoute attentivement ses réponses.


Tu as raisons sur ces deux points. Je ne peux m’en vouloir, et ce n’est pas qui j’étais qui m’effraie. Mais bien de savoir ce que j’ai perdu. L’ancien monde ne pouvait pas être que guerre et souffrance, il devait y avoir du bon et même cela je l’ai oublié. Ai-je aimé ? Ai-je respecté un humain autant que je hais celle qui m’a condamné ? Peut-être plus ? Et mes confrères ? J’en verrai un aujourd’hui me reconnaissant que je serais incapable de savoir ce que nous avons partagés. Et cela… sans être effrayant, me tourmente.

J’ai eu quelques réponses du passé venant d’autres déités. Les armes de morts étaient nombreuses, dévastatrices, les combats violents et acharnés. Je me fiche bien d’y avoir participé. Sur terre, mer et dans les airs… Je sais juste que les profondeurs étaient un refuge sale et pollué. Comment ai-je vécu ça ? Je veux tout savoir, le bien et le mal.

Ce n’est que le passé, mais j’ai besoin de le connaitre pour avancer. L’avenir pourrait être radieux, il resterait assombrit parce que j’ignore… Et je déteste ignorer quelque chose.
Ton exemple est particulièrement bien trouvé, je n’ai rien à y redire qui ne serait pas de mauvaise foi.

Mon corps me démangeait, certainement l’effet des herbes humidifiées par la rosée naissante. Agitant ma queue de droite à gauche, je remarquais divers végétaux qui s’y accrochait. M’allongeant, j’entrepris de les retirer par mes pattes et mes crocs. Un instinct très animal, mais pourtant assez apaisant. Parler fait du bien aussi, mais tant que je ne pourrais rien faire d’autre, je prends le risque d’être frustré, ce que je ne souhaite pas.
Je préférais l’écouter s’excuser de nouveau, ce qui me fit rire.

Quant à moi, je ne m’en croyais plus capable. Dis-moi quand tu souhaites repartir, j’apprécie ton offre de m’aider, il est de ce fait normal que je fasse de même je crois Pas en tant qu’assassin, mais en tant qu’humain, si plus tard tu souhaites avoir une autre vie, je t’y aiderais… Et voir ta vie et la vie humaine telle qu’elle se déroule ici m’intéresse, je n’en ai jamais eu l’occasion auparavant. C’est surement une conséquence de ma condition… A moins que ce ne soit un trait inné, mais j’aime savoir. Oh ! Et y-a-t-il beaucoup d’eau à Lüh ?

Je n’appréciais pas particulièrement les humains en temps normal. Pourtant, je crois que la simplicité dont mon invocateur fait preuve me plait. Je crois avoir faits le bon choix. Mais comme toujours, je ne peux qu’espérer ne pas me tromper.
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Aventure #11 écrite Sam 12 Sep - 22:43

L’assassin avait haussé un sourcil lorsque son regard s’était posé sur son invocation. Même s’il avait mentalement déjà, et depuis longtemps, fait le rapprochement entre Nephylim et la race des chiens (bien qu’il ne tenait pas particulièrement à lui avouer : ça n’avait pas forcément une connotation positive, comme remarque), il ne l’aurait jamais soupçonné de se comporter de telle manière … Même si quelque part, c’était logique. Avec quelles mains aurait-il pu tenter de retirer les quelques débris végétaux qui étaient venu « l’encrasser » ? Un instant, il assuma que la question était rhétorique, et ne chercha donc aucune réponse. Puis, comme si une connexion venait de se faire dans un coin de son cerveau, il se redressa légèrement vers l’avant, et ramena ses mains sous ses yeux. Elles étaient un peu encrassées de sciure, mais ce n’était pas important : les frapper l’une dans l’autre suffirait bien. Non, ce qui importait réellement ici … « Avec quelles mains ». Nephylim n’en avait pas. Contrairement à son maitre. C’était un fait établi, relativement évident … et qui ne se prêtait peut-être pas à quelque déduction que ce soit. Et pourtant ? L’instant d’après, une des bottes foulait la terre meuble de la clairière, suivie de sa sœur qui lui passait devant. En quelques pas, il fut devant l’enfant d’Aqua, auprès duquel il s’accroupit avec un petit sourire, frottant ses paumes l’une à l’autre. Autant ne pas salir en voulant nettoyer, n’est-ce pas ? Le plus naturellement du monde, il scruta la peau de la créature aquatique, et se mit avec minutie à retirer tout ce qui n’avait pas sa place dessus, sans bien entendu gêner le propriétaire de la queue ciblée au niveau de la zone qu’il gérait déjà.

Et bien … Tu as bien fait de différencier « ma vie » et « la vie humaine telle qu’elle se déroule ici », si je reprends tes mots, car tu risques d’avoir un mal fou à observer les deux en même temps. Je dors une grande partie du jour, ne mange pas à des horaires correctes, passe une bonne partie de mon temps libre à effectuer des activités qui n’en sont pas pour le commun des mortels, sans parler de mes … « capacités ». Sans m’estimer spécial, ou particulièrement surhomme … Je me sais capable de prouesses aux duels, lancers de couteaux et acrobaties que beaucoup m’envieraient. Certes, ça ne sert à rien « aux honnêtes gens » … Mais en suis-je un ? J’en doute fort.

Fatigué de rester assis sur ses talons en équilibre instable, le jeune dérangé finit par pauser ce qu’il faisait, et simplement s’installer en tailleurs, à même le sol, avant de revenir à son ouvrage. Découvrant avec une certaine dose de fascination l’épiderme peu usuel de son invocation, il réalisa que c’était en réalité la toute première fois qu’il le touchait réellement … Oui, d’aussi loin qu’il fouille dans sa mémoire, il n’avait jamais touché Nephylim. Ils avaient pourtant tant eu le temps d’échanger, de le faire … Mais il avait existé entres eux cette … Barrière. Peut-être le respect mutuel. Ou la crainte d’un interdit oublié et informulé, bien que pourtant toujours aussi présent ? Un manque d’envie ? Tout ce que pouvait affirmer l’assassin, c’est que cette barrière, visiblement, n’avait pas été des plus résistantes … Car il venait purement et simplement de la faire voler en éclat, pour une raison assez peu signifiante, au final. Il ne savait d’ailleurs pas comment le demi-dieu prendrait le geste … Mais il ne doutait pas un instant qu’il saurait interpréter les choses de la bonne manière. Et puis après tout, toucher la queue d’un ami pour l’aider à se nettoyer, où y aurait-il pu y avoir une ambigüité ?

Pour ce qui est du reste, je serais heureux de t’avoir avec moi de manière plus régulière … Même si tu es libre de continuer à aller et venir sur l’île, afin de la découvrir, et de savoir ce qui a bougé en ton absence. Oui, Lüh est un port, il y a plusieurs canaux … Ou sont-ce des rivières ? En tout cas, ils traversent la ville, et en les connaissant, tu devrais même pouvoir te rendre d’un bout à l’autre sans avoir à prendre la moindre bouffé d’air.

Pour en revenir à ton passé … Pour les hommes, il n’y a pas grand-chose à dire. Si tu as connu, il y a très longtemps, un homme … ce dernier est vraisemblablement mort, ou morte si c’était une femme. Si c’était un ou une confrère … Expliquer ton cas ne devrait pas causer trop de problèmes. Et tu sais que si l’un ou l’une d’elle t’attaque, ce n’était assurément pas ton ami … Ou alors, son maître ou sa maîtresse n’est pas le mien ou la mienne. En tous les cas, fait de toute manière attention à ne pas forcément … Trop gratter sous la surface pour découvrir la vérité à tout prix. Je ne sais pas si tu as entendu le proverbe … « la curiosité a tué le chat ». Bien sûr, tu ne mourrais pas … Mais une éternité à regretter quelque chose n’est pas un destin préférable.

Sinon, pour repasser à un autre sujet qui m’intéresse … Comment fonctionnent tes pouvoirs ? Je veux dire : comment les récupères-tu ? Tout à l’heure, tu as évoqué quelque chose vis-à-vis de leur puissance, et de ton élément … Est-ce que te baigner dans de l’eau t’aiderait à recouvrer ta puissance ? Pour être honnête, Barthiméus n’a jamais été extrêmement bavard à ce sujet, j’aimerais en apprendre plus.


Levant au niveau de ses yeux un petit morceau de bois particulièrement pointu, il l’observa pendant quelques instants à la lumière de la lune, avant de l’expédier d’une pichenette par-dessus son épaule, souriant. Visiblement, il avait terminé son travail ici … Et pour autant, il n’avait pas envie de retourner à sa place précédente. Les herbes fraiches ne formaient pas vraiment un meilleur siège que le bois dur coupé net, mais cette proximité nouvelle lui plaisait bien, et il ne voyait pas de raison de ne pas en profiter plus avant. Après tout, qui lui aurait reproché ?

Je sais que, quand j’étais enfant … il m’a soigné à la tête. C’est sa magie de soin, légèrement dénaturée par sa spécialisation dans le domaine de la terre, qui a donné à ma chevelure cette teinture pour la première fois … Je doute que je m’en serais sorti sans lui, d’ailleurs. Soulevant d’une main une mèche de cheveux qui lui recouvrait le front, l’assassin dévoila la large cicatrice qui le couturait … Mais lever les yeux vers cette dernière ne lui permettait pas de la voir, étrangement. Une rencontre fortuite un peu trop rapide et brutale avec un rocher … Enfin, c’était il y a longtemps, désormais. Mais ça me pousse tout de même à me demander : vous pouvez de toute évidence manipuler votre élément attitré, soigner, changer votre forme … Y avait-il une limite que vous tolériez, à l’époque ? Et à l’heure actuelle, que penses-tu que tu pourras faire, une fois tes pouvoirs revenus ?

Oh, au passage, manges-tu ? Il me semble que vous pouvez vous priver à loisir de nourriture comme de sommeil, mais que pour autant, vous pouvez très bien vous nourrir et vous reposer … Que je sache si je dois faire une réserve de pommes par exemple, si c’est ton pécher mignon. L’avouerais-je ? T’avoir avec moi est une des expériences les plus stimulantes que j’ai vécu ces dernières années … à côté de Nausicaä, bien entendu, même si quelque part, vous n’êtes tous les deux pas dans le même registre.

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Aventure #12 écrite Mar 29 Sep - 16:47

Écoute, écoute, il dit des choses intéressantes. Sa vie, différente du quotidien des mortelles. Sa ville capitale, grande où l’eau coule en abondance. Le passé, mon pouvoir… Moi. J’assimilais toutes ces réflexions, ces questions, tout en débarrassant mon corps de ses impuretés. Et puis, le Nathaniel s’y attela aussi, sans que je ne lui demande quoi que ce soit, sans que je ne reproche quoi que ce soit. Il parut hésitant au départ. Peut-être à cause des deux vibrisses luminescentes qui s’était tournées vers lui, comme l’observant, suivant chacun de ses gestes. Les deux autres, restaient levées, scrutant les alentours. Peut-être aussi parce qu’il pouvait être surprenant ‘’d’aider’’ ainsi l’un des miens. Je n’y voyais rien d’injurieux. Au contraire, je gagnais du temps. Et puis, il faut avouer que cette particularité physique qu’est le pouce préhenseur est bien utile. Alors je ne dis rien, Seuls mes organes sensoriels s’occupaient
de ce qui se passait autour de moi.



J’aurais tous le loisir de découvrir deux choses bien différentes alors, ta vie et celle des gens ordinaires. Car si tu vie en décalé, je ne m’arrête tout simplement pas. Je n’ai pas besoin de manger et j’évite de dormir quand je le peux… Mes rêves sont plus des cauchemars de toutes manières.

Honnête gens ?

Je soufflais à ce terme. Je n’avais connu personne de véritablement honnête. Alors franchement, si quelqu’un me dit de lui-même qu’il ne fait pas parti de ce groupe, j’aurais tendance à dire qu’il est le plus honnête de tous. Pour toute réponse, je lui répondis sur un ton moqueur

Tu n’es pas honnête ou tu n’es pas un gens ? Tes capacités ne leurs servent à rien, mais tu possèdes des traits qui leurs manque très souvent. Je te laisse trouver lesquels. Ils peuvent sembler bien inutiles eux aussi. Sauf envers certaines personnes.


Inutile de dire que je faisais partie de ces personnes.

Tu fais de moi quelqu’un de libre et je t’en remercie. Néanmoins, les voyages sont faits pour être partagé non ? Alors j’apprendrais sur les Hommes quand tu seras occupé et attendrais que tu puisses te libérer pour voyager, ça me semble un bon équilibre. Bien sûr je risque de te demander beaucoup s’il s’agit de mon passé, seras tu prêt à cela ? Je n’ai pas peur de passer une éternité à regretter d’avoir trouvé la vérité, j’ai déjà passé un temps qui m’a semblé sans fin à regretter de vivre dans l’oubli. Au moins, ce cruel destin, je l’aurais choisi, il ne me sera pas imposé. C’est peut être stupide, mais je m’en incommoderais bien plus facilement.


Il voulait en savoir plus sur mes pouvoirs. Comme beaucoup. Là-dessus, il ressemblait bien à l’ensemble de l’humanité. Le jeune homme était bien plus à l’aise avec moi. Il faut croire que la phase d’approche est passée. D’un autre côté, je l’apprécie. Il n’a rien avoir avec les humains que j’ai connu. C’est étrange, je ne le connais que depuis peu, mais j’ai de plus en plus de mal à le voir comme ‘’mon invocateur’’ Non pas que j’en ai eu des dizaines, mais ce n’était jamais arrivé. Et donc, il est normal que je le souligne, c’est une première.

Soigner est quelque chose que nous possédons tous, à notre manière cela dit. De ce que j’ai pu comprendre, nous possédions un pouvoir théoriquement infini. Ça ne devait pas être totalement vrai… Aucun de nous ne serais là autrement. Quoi qu’il en soit, il devait s’agir de grand pouvoir si nous avons été capable de créer l’instrument de notre déchéance, nous qui sommes immortels. Quelle ironie tu ne trouves pas ?
Me concernant, mais je dois surement me tromper, je dirais que mes pouvoirs reviennent lentement, comme un forgeron qui n’aurait pas forgé depuis des lustres. En se remettant au travail, il aura toujours les réflexes, mais il lui faudra du temps avant de retrouver pleine mesures de ses talents.
Un retour au temple implique un arrêt de ce qu’on pourrait définir comme un entrainement et donc nos pouvoirs s’engourdissent… A moins que nos geôles ne se nourrissent de nos pouvoirs. J’ai été libéré il y a longtemps par un humain. Ta capitale n’existait pas, je me suis renforcé et était bien plus à l’aise dans la maitrise de me capacité que je ne le suis maintenant. Cela répond-t-il à ta question ?

Enfin, comme tu le sais, je ne mange pas, sauf par plaisir. Mais il n’y a pas grand-chose qui me fait envie. Mais bon, je crois que les humains aiment confectionner des mets exotiques, qui sait si cela ravira mes papilles ?


J’étais aussi une expérience stimulante. Un peu étrange de la part d’une personne qui, même si capable de maitriser ses peurs, vie sa vie au travers de l’adrénaline. Si je peux comprendre pour ses sentiments envers sa dulcinée, j’ai plus de mal me concernant : je ne suis pas le premier demi dieux qu’il rencontre.
Ma toilette était terminée. Je me relevais donc paresseusement


A moi de te poser une question maintenant, par quoi commençons nous ?
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Aventure #13 écrite Jeu 8 Oct - 22:37

Et si il avait le choix, lui, que ferait-il ? Resterait-il jusqu’à la fin des temps dans le doute, ou s’imposerait-il une vérité qui ne lui plairait pas forcément ? En dépit des conseils qu’il donnait, l’assassin ne savait pas réellement dans quelle direction s’orienterait son choix à lui … Même si quelque part, il n’y serait probablement pas confronté au cours de sa courte vie mortelle à lui. Puis, une réflexion assez amusante lui vint. Et si Nephylim n’avait pas eu le moindre désir de retrouver son passé ? S’il était « satisfait » de son amnésie, et ne tenait pas à arracher au passé ce qui lui appartenait déjà ? Simple. L’assassin l’aurait alors encouragé à chercher à découvrir qui il était. Mais puisque l’invocation désirait déjà le faire, dans la situation présente ? Il lui conseillait de ne pas trop s’emporter … En clair, il se plaçait automatiquement en opposition : pas pour refléter un esprit de contradiction malvenu, mais pour … faire la conversation ? Échanger, faire évoluer les points de vue, débattre … il s’était si peu prêté à ce genre de jeux, qu’il aimait pourtant instinctivement. Un sourire étira une nouvelle fois ses lèvres … Il ne mentait pas en disant qu’il vivait une expérience des plus stimulantes … Malgré son âge, il se sentait comme un enfant, découvrant des choses de ce monde qui lui avaient étés cachées jusqu’à présent. Se grattant le menton, le jeune assassin laissa filer cette réflexion, alors qu’il écoutait ce que disait son invocation en silence. La voir se « relever » avait un petit côté amusant : ils étaient désormais à la même hauteur …  alors que Nath’ était toujours accroupis. Il ne remédia par ailleurs pas à cette condition, se contentant, maintenant que ses mains n’étaient plus occupées, de croiser les bras sur son torse en haussant les épaules.

Par quoi commencer … Moi, je commence par répondre à tout ce que tu viens de me dire, et je pense qu’ensuite, on pourra tout simplement repartir chez moi. J’ai faim.

Est-ce que je suis honnête ? Et bien, disons les choses telles qu’elles sont. Je dis la vérité. Je ne reviens pas sur mes paroles. Je prends ce qui m’est dû, et les rares fois où ce n’est pas le cas, je ne me le permets que parce que ma situation l’exige, et que je sais que la personne que je truande s’en remettra sans problème. Je travaille pour gagner ma vie, et je ne chôme pas vraiment … d’ailleurs, je ne suis pas extrêmement riche non plus. Mais ce que je fais me plaît, et je suis doué, donc je continue. Est-ce que je suis « honnête » pour autant ? Non, car je tue des gens. Et ça, même si je suis à des kilomètres d’être le seul, ce n’est pas quelque chose « d’honnête » … et je débattrais bien également sur le terme « gens », mais j’ai un doute : je suis sûr qu’en creusant un peu, je n’en fais pas vraiment partie non plus.

Je ne vois pas pourquoi tu trouves ton raisonnement « stupide » … C’est ta décision, et tu la préfère à un destin qui t’es imposé. N’est-ce pas la définition même de la liberté que tu me décris là ? En tout cas, j’y vois une preuve que tu préfères choisir la voie sur laquelle tu t’engages, et j’aime bien ça … toi qui parlais, plus tôt, de « choix qui déterminent tout le reste d’une vie », tu es en train de faire les tiens. Encore que. Ne les aurais-tu pas déjà fait il y a une éternité, et patiemment attendu de pouvoir les concrétiser ?

Tiens, à propos de choix … J’avais fait celui, plus tôt, de te répondre en premier lieu et de repartir ensuite, mais je crois que si je procède de la sorte, tu vas devoir me traîner jusqu’à chez moi pour terminer le trajet. Enfin, pas littéralement bien sûr, mais qu’importe !


Claquant dans ses mains à cette dernière phrase, l’assassin les posa ensuite derrière-lui, et releva le bassin pour ensuite se remettre complètement debout, prenant un petit instant pour assurer son équilibre. Souriant alors qu’il battait des bras dans le vide, il se mit doucement à avancer, comme un funambule marchant sur un fil connu de lui-même, scrutant même le sol à la recherche de son support imaginaire, qui était en réalité un peu partout autour de lui. D’une démarche titubante, il se mit à marcher normalement. D’un pas confiant, il se mit à trottiner. Et en quelques instants à peine, il courrait, les bras toujours tendus sur les côtés, imitant peut-être un oiseau lors d’un vol plané, ou quelque chose du même genre. La sensation du vent frais qui courait sur sa peau, le jeu de ses muscles, os et articulations qui travaillaient de concert pour le porter plus vite et plus loin, son cœur qui pulsait dans sa poitrine et ses oreilles, tous ces bruits qu’il percevait, aussi bien autour de lui qu’à l’intérieur de son propre corps … c’était cela, être en vie ? Il ne se laissait pas de ce plaisir si simple, dont il avait pourtant l’impression de détenir l’exclusivité, lorsqu’il voyait le comportement de ses pairs autour de lui. A part les enfants … les enfants. Ralentissant cependant un peu le pas de sa course pour ne pas s’époumoner inutilement, l’assassin tourna la tête vers son invocation, lui faisant un petit sourire.

Quant à tes pouvoirs, je pense ma curiosité satisfaite, effectivement ! Les hommes n’ont que peu d’éducation sur les pouvoirs et potentiels des invocations … nous ne savons dans l’ensemble qu’une chose : vous faites de la « magiiiiiiiie » … ce qui n’avance pas très loin, on peut le dire. Je me suis toujours demandé si libérer un grand nombre d’invocations, et leur ordonner d’éduquer les gens de l’île à votre propos et en ce qui concerne le passé ne serait pas un moyen de nous faire évoluer … Nous tous. Hommes comme demi-dieux. Nous en tirerions l’avantage de savoir pourquoi nous existons, d’où nous venons … quelles ont étés nos erreurs, et comment éviter de les recommencer. Quant à vous, peut-être que plus de personnes comme moi viendraient à vous pour vous libérer, en parfaite connaissance de cause … Ou peut-être pas. Peut-être suis-je définitivement le fou qu’on décrit, et ce que je viens de conter n’est qu’une illusion de mon esprit malade … Mais après tout, folie et géni se mélange parfois, dit-on. Oh … zut. Ils ont refermé les portes.

S’arrêtant progressivement en voyant la muraille, à travers aucune lumière ne passait, l’assassin reprit lentement son souffle, se frottant le menton en réfléchissant. Bien entendu, ils avaient fermé les portes … ce n’était pas très difficile à deviner, vu l’heure. Mais c’était relativement peu pratique … sauf quand on avait l’habitude de ce genre de situation. L’assassin eut un petit sourire : cela plairait probablement à l’enfant d’Aqua à côté de lui …

Enfin, pour une porte qui se ferme, une autre qui s’ouvre … quelque chose de ce genre. Suit-moi.

Enfin ( ?) redevenu silencieux, le jeune tueur bifurqua sur la droite, et se mit tranquillement à marcher. Lüh était, comme il l’avait dit plus tôt, une ville traversée par plusieurs petits canaux : le plus large était tout simplement l’un des affluents de la rivière blanche. Or, ce canal passait sous les murs. Il n’y avait pas à réfléchir bien longtemps pour comprendre quel était le raccourci que comptait emprunter le jeune assassin … Même si l’idée de se mouiller à cette heure de la journée et sous cette température n’était peut-être pas excellente. En peut-être une minute ou deux de marche, il parvint à son objectif, et observa la muraille. Personne dessus à cet endroit, parfait. Se penchant un peu au-dessus de l’eau, il observa la grille qui empêchait les branchages les plus épais de poursuivre leur chemin dans l’eau qui irriguait la ville, et toqua à plusieurs reprises dessus. Elle n’avait visiblement pas été changée … La saisissant à deux mains et bandant ses muscles, le jeune homme ferma les yeux pendant quelques instants, se concentrant, avant de tirer un grand coup. Un morceau entier lui resta dans les mains alors qu’il chutait sur le sol : il venait de ménager un passage, permettant peut-être le passage d’un petit homme, avec les pieds dans l’eau. Posant le morceau contre le mur à côté, il fit signe à son invocation de passer la première avec un sourire.

Quelqu’un a découpé ce passage, il y a de cela quelques années … et personne n’a jamais suspecté quoi que ce soit. Le fer est tranché de manière à ce que le sens du courant le maintienne en place … le subterfuge marche à merveille, non ? Et une fois qu’on est passé, on replace ça comme une pièce de puzzle. Enfin, si tu n’as pas envie de passer de la même manière que moi, tu peux te contenter de glisser en dessous ... La grille ne va pas jusqu’au fond du canal. Moi, je serais aux antipodes d’avoir envie de piquer une tête maintenant, mais … L’eau n’est pas mon élément.

Ayant un petit sourire en observant Nephy passer, il fit comme il avait dit un instant plus tôt : passant à son tour, et remettant le morceau d’acier forgé en place derrière lui. Il dû tirer quelques instants pour être certain de le caler à nouveau parfaitement, et se frotta les mains une fois ceci fait : elles étaient ressorties de ce petit travail tout, sauf propres. Soupirant un peu, l’assassin fit quelques pas avec un sourire. Même si l’endroit n’était pas prévenu pour que les gens descendent, un petit escalier se trouvait non loin de là, dans l’optique peu probable où quelqu’un tomberait à l’eau et voudrait remonter. Gravissant les marches en foulées souples, l’assassin s’arrêta en haut, mettant sa main en visière pour se repérer autour de lui, l’autre sur la hanche.

Première étape de ma vie : toujours emprunter des chemins que personne ne connaît ! Si je ne me mêle pas à mes pairs, il y a de nombreuses raisons, et celle-ci en est une assez représentative … bien, c’est par là ! si tu as d’autres questions, n’hésites pas.
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Aventure #14 écrite Mar 20 Oct - 16:30

Pour faire simple, tu n’es pas un honnête gens, tu es toi. Honnête à ta façon, humain selon tes critères. Ça me convient.



Je réfléchissais. De toute évidence, non, mon choix n’était pas stupide. Il me permettait d’avancer, d’aller de l’avant. Avait-il raison ? J’étais décidé depuis des siècles ? Difficile à dire. Sur ces années d’enfermements, combien  ont été sacrifié sur l’autel de la colère, de la folie et de l’ennui ?
Mais il y a eu un élément déclencheur. Mon amnésie n’atteints pas que moi. Combien me connaissent que je ne reconnaîtrais pas ? Que je considérerais comme des inconnus ? Tout est donc à refaire ? Ou bien puis-je espérer retrouver une partie de mon existence ?
Le jeune homme me regardait toujours. A moins que ce ne soit ces pensées qu’il contemple. Il à l’air de toujours penser a quelque chose malgré son masque enfantin. Oui, je pense qu’il a toujours quelque chose en tête… Et qu’en plus, ça n’a pas toujours rapport à ce qu’il fait.

Je souriais, ce qui laissa une trainée fendre ma truffe habituellement exempte de toute marque.
Pourquoi cet amusement ? La simplicité de cet humain. Il s’était lever, courrait… Est heureux.
Et suggère des idées intéressantes. Tous nous libérer pour avancer tous ensemble ? Quelle belle idée. Je suis sûr que beaucoup l’ont eu… Et même avant l’apocalypse. Mais voilà, humains comme déités, nous avons nos objectifs, notre fierté et nos fortes têtes.
Il y en aura toujours pour nous craindre ou essayer de nous détourner d’un but commun pour faire du profit. Il y en a toujours qui haïront l’autre pour des querelles du passé. J’en suis un représentant, même si ma colère est tournée vers d’autre.
Alors je ne dis rien. Acquiesçant silencieusement. Car oui, ça serait une bonne idée. Une folle idée.


Je me doutais qu’une ville fermait ces portes la nuit… Mais pas qu’il était si tard.



J’observais le jeune homme qui, de toute évidence, connaissait une porte de secours. Nous longions tranquillement un canal, sans même prendre la peine de camoufler un minimum notre présence. Ou bien l’endroit est connu, ou bien jamais personne ne surveille cet endroit.
C’est devant une grille qu’il s’arrête et d’un geste, arrache un ce qu’il faut de ferraille pour passer. Le travail est de qualité, il est très difficile de voir que le métal a été cisaillé si l’on ne fait pas attention. Connaitre l’astuce fait pourtant qu’elle saute aux yeux.


Tu me demande comment je compte passer ?



Dis-je avec amusement, persuadé qu’il connaissait déjà la réponse. Néanmoins, me préciser cette option est bien vu de sa part. Je me laissais donc glisser à l’eau, truffe la première, tel un serpent.
Une certaine fraicheur m’envahit. De quoi éveiller les sens. Il n’y a pas de vie ici. Plus loin oui, je ressens les mouvements caractéristiques d’ici.
Je prends mon temps, mais fini par réapparaitre de l’autre côté de la grille.


Je comprends pourquoi tu ne veux pas passer sous cette grille, ce mouiller est parfois la pire des tortures pour certaines créatures. Et je crois qu’il ne fait pas bon d’être trempé en pleine nuit.



Il se dirige vers des escaliers alors que je continu de nager en silence. Attendant le dernier moment pour sortir. L’eau sillonne ma peau jusqu’à gouter au sol, seul ma fourrure est capable de la retenir pour un temps. M’assurant un peu de ne pas en manquer pour les prochaines heures. Enfin, je ne peux pas en manquer, mais le froid qu’elle génère m’est agréable, voilà tout.

Je poserais mes questions quand j’en aurais. Pour le moment, je vais te suivre et observer tout ici. Cela me servira beaucoup je pense. Surtout si tu me montre tes passages secrets.  Je n’ai plus qu’a découvrir par moi-même les ‘’prochaines étapes ‘’ de ta vie.



Beaucoup de voyage sans doute, quelque mort aussi. Mais observer n’est pas participer. Je respecterais son travail et comme il l’a dit, je n’aurais rien à faire. Pour une fois, j’ai un pacte assez équilibré avec un humain. C’est amusant, c’est sans doute le plus déséquilibré que j’ai connu. Et pourtant…
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Aventure #15 écrite Mer 4 Nov - 0:30

En soit, se mouiller ne m’a jamais vraiment dérangé … en revanche, avoir des vêtements trempés par une telle température avec un léger vent est le meilleur moyen de perdre toute trace de chaleur corporelle. Et sans trace de soleil pour se sécher ou autres … Enfin, je vois que tout le monde n’est pas incommodé de la même manière.

Rigolant légèrement en voyant son invocation sortir de l’eau sans même prendre la peine de secouer son pelage, l’assassin l’observa remonter les escaliers rapidement, avant de lui-même se mettre en marche, gardant toujours le même petit air satisfait / amusé qui lui allait si bien. Après tout, pourquoi se priverait-il de l’afficher ? Il ne voyait aucune raison de taire sa bonne humeur … il n’y avait aucune ombre noire qui se tenait au-dessus de lui pour lui ternir le moral. Il conversait simplement avec un bon compagnon, sur le chemin du retour pour chez lui, après une soirée de travail … Rien de surprenant ne l’attendait, et rien ne s’était passé qui aille contre ses plans. Ce n’était certes pas très complexe étant donné qu’il n’avait pas de « plan » particulier, mais le résultat restait le même … rien pour le contrarier.

Les passages comme celui que je viens de te montrer ne sont peut-être pas légion dans Lüh, mais les connaître peut véritablement sauver la vie, par moments … Surtout lorsque tu es poursuivi par un ennemi plus puissant et nombreux que toi. Enfin, je doute que tu rencontres ce cas de figure, dans ton cas … Mais ne serait-ce que pouvoir emprunter un sentier qu’on sait secret à quelque chose d’excitant, tu ne trouves pas ? Pour le reste … Je vais te montrer la « voie d’excellence » par laquelle je me déplace le plus.

Alors qu’il disait cela, l’assassin s’était rapproché d’une petite bâtisse, et la contemplait des fondations au toit, tout simplement. Ce qui l’intéressait était tout simplement l’escalier, sur le côté du bâtiment, qui permettait d’accéder à un étage séparé du rez-de-chaussée. Une astuce architecturale qui permettait de séparer une maison pour éviter que les voisins du dessus puissent avoir accès directement à celle du dessous … Utile, par exemple, dans le cas de la maison de l’assassin : il louait la chambre du dessus, et sa propriétaire vivait sous ses pieds. Ils n’avaient que rarement à échanger, et conservaient une intimité aussi convenable que possible, puisqu’ils se croisaient assez peu en somme. Mais dans le cas présent, ce n’était pas les potentielles applications économiques d’une telle chose qui intéressaient le jeune fou à la chevelure teintée, mais plutôt le fait qu’en gravissant les marches – ce qu’il se mit à faire – puis en montant sur la rampe, ce qu’il fit également, on était « presque » en mesure d’atteindre le toit. Il suffisait presque de lever les bras, en fait … Ce qu’il fit, se hissant, et marchant légèrement sur le mur pour pousser également de ses pieds, avant de finalement poser ses fesses sur les tuiles. Se retournant, il observa l’invocation, un peu à bout de souffle, et ricana.

Oui, je sais, je fais ça de manière plus … « digne », d’habitude. Mais je suis fatigué ~ Et de toute manière, ça ne change pas grand-chose, n’est-ce pas ?

Attendant tranquillement que son invocation ne monte sur le toit à son tour – il ne doutait pas que, malgré sa condition de quadrupède, il y parviendrait – l’assassin se frotta doucement les genoux et les mollets, soufflant doucement entre ses dents. Oui, la fatigue commençait à sérieusement le creuser … mais c’était une « bonne maladie » : le remède était simple, une bonne nuit de sommeil avec un peu de nourriture dans l’estomac et il n’y paraîtrait plus. Lentement, il se déplia, remontant lentement les tuiles jusqu’au sommet du toit, depuis lequel il observa la ville … L’espace d’un instant, il songea à se laisser glisser le long de la façade devant lui, bondir pour aller sur le toit d’en face, et commencer ainsi son trajet nocturne … Il avait failli oublier qu’il faisait découvrir son quotidien à quelqu’un.

C’est beau, tu ne trouves pas ? Paisible … pratiquement monochrome, mais pour autant pas monotone. Les toits de Lüh sont le principal moyen de déplacement que j’utilise … Malgré ce que l’on pourrait croire, il est plus simple, et parfois plus rapide, de sauter de toits en toits pour se rendre d’un point A à un point B que de rester au sol. Entre les étals des marchands, les autres piétons, les véhicules roulants des nobles, etc … Ici, jamais de foule, jamais de véritable obstacle, jamais besoin de plan. Encore que, bien sûr, il est plus utile et agréable de connaître un itinéraire qui ne forcera pas à tenter de traverser un boulevard, mais … Oh, regardes. D’ici, on voit la grande horloge de Lüh … Tu la vois ? Le grand cadran blanc, là-bas, avec les deux énormes aiguilles. Elle permet d’indiquer l’heure, de jour comme de nuit, et sonne régulièrement pour annoncer la progression de la journée … Je doute que tu aies pu voir cela, depuis le cataclysme.

Pointant le doigt droit vers le prodige de mécanique dont il parlait depuis tout à l’heure, le jeune fou finit par baisser le bras, dansant doucement d’un pied sur l’autre pour ne pas rester statique. Il n’avait pas envie de presser les choses : même si le toit où ils se trouvaient n’était pas forcément bien haut, la vue méritait qu’on en profite … Et d’ailleurs, comme pour illustrer ses propos de plus tôt, un « gong » sonore se mit brusquement à retentir dans toute la ville. Il était tard … Très tard. Soupirant, le déviant à la verte chevelure se mit à avancer … Puis à courir, dévalant le toit, et sautant pour traverser le vide et se réceptionner sur le bâtiment d’en face. Souriant, il se releva et se retourna, observant son invocation.

C’est ainsi que je taille ma route, Nephylim … Si tu tiens à m’observer, j’espère pour toi que tu n’as pas le vertige ! Mais ne t’en fais pas … Au bout de quelques jours, tu te demanderas simplement comment les gens font pour rester dans la rue. En tout cas, personnellement … C’est comme ça que j’ai réagi.

Un simple sourire. Un petit haussement d’épaule, qui pouvait avoir mille significations. Et une reprise de sa course, qui précédait un nouveau bond. Ainsi se mouvait l’assassin, de jour comme de nuit … Déviant ? Peut-être l’était-il. Mais quoi qu’il en soit, il semblait tant se complaire dans sa folie que dans le fond, cette dernière importait peu.
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Peu importe que les étoiles dont la lumière nous parvient soit mourante ...

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