Trempette dans la folie

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 Trempette dans la folie

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Aventure #1 écrite Lun 26 Aoû - 16:10

Un vent frais qui court le long de mon échine, du sommet de mon crâne humide jusqu'au creux de mes omoplates pour finir quelque part au niveau de mes mollets. Un frisson agréable, en fait. J'aime bien le froid. Bon, je vais pas mentir en vous disant qu'un peu de soleil et de chaleur humaine me feraient plaisir. Croupir dans une cellule sombre et glaciale, c'est jamais très joyeux, même pour un poisson. Et puis, c'est vrai qu'on s'ennuie. Je veux dire, on peut difficilement marcher et se promener, on n'a personne à qui parler, pas grand chose à faire.

Mais heureusement, j'ai trouvé une parade. Un truc infaillible pour me divertir un peu. Quelque chose que je trouve particulièrement amusant. Dans la société bien-pensante, on appelle ça « être complètement timbré ». Moi, je dis « être inventif et passionné ».
Je vous explique rapidement le concept. En fait, ça consiste en...


*Ploc. Ploc. Ploc.*

Mes dents se serrent, mon visage se crispe. Cette goutte d'eau, encore et toujours. Un bruit continu, insupportable, insupportable, insupportable...
Je me racle la gorge et prends une grosse voix, sérieuse et pompeuse. Presque solennelle.


- C'est assez ! Je me suis suffisamment montré clément à ton égard, méprisable petite gouttelette d'eau ! Par la barbe de mes ancêtres, je m'en vais te pourfendre de... Non, ça va pas. J'ai pas d'ancêtre à qui faire porter des barbes...

Je m'assieds et commence à réfléchir. J'ai besoin d'une formule forte, de quelque chose d'impressionnant et de puissant. Je dois faire taire ce liquide.

- Très bien, gouttelette. Oublions cette dispute. J'aimerais que nous discutions entre personnes civilisées. Qu'en dis-tu ?
- Ploc. Ploc.

La colère m'envahit. Vivre seul, c'est une chose. Vivre seul avec ce genre de... de... Je... Je ne sais pas quoi dire.

- Un jour, je sortirai d'ici et tu feras moins la maligne, gouttelette. Tu continueras à faire ploc toute seule, dans le noir. Je ne serai plus là pour te...
- PLOC !

Cette fois, c'est au tour de la surprise de prendre possession de mon corps. J'écarquille les yeux devant tant d'insolence de la part d'une goutte d'eau. Une simple goutte d'eau. Ridicule. Elle se rebelle, la fourbe.
Un sentiment de lassitude et une once de fureur me poussent à me redresser. Si vous avez déjà assisté à des combats de coqs, vous pouvez certainement vous représenter la tension qui règne dans la cellule. Moi, la goutte, la goutte, moi...
Je lève doucement la main et, d'un coup sec, je l'étale sur le sol. Le ploc s'arrête enfin.

Maintenant, c'est un foutu plic. La goutte fait plic quand elle me tombe sur la main. J'en ai marre. Je soupire. J'enlève ma main et je l'essuie rapidement.
Voilà, maintenant, vous savez quel genre de choses je fais pour me distraire dans ma prison éternelle. Je laisse mon imagination se répandre partout autour de moi, envahir ma cellule pour l'égayer et la rendre plus intéressante. Vous vous attendiez à quoi, sérieusement ?

Le ploc a repris. C'est un mal pour un bien. Le plic est parti. Je déteste le plic. Le plic, ça mouille. Au final, c'est pas si terrible que ça, le ploc. Non, le pire, je crois que c'est dans ma tête que ça se passe. Je fais pas référence au fait qu'on puisse me considérer comme taré, non.
Je parle de ces mots qui résonnent, encore et encore, toujours et à jamais, plus inexorables que tous les plocs et les plics du monde réunis.


- Dithyrambique. Abscons. Abiétin. Bobèche. Dithyrambique. Abscons. Abiétin. Bobèche.

Je sens que mes tentacules dorsaux s'agitent. Qu'elles sont coquines et joueuses ! Elles ont envie de jouer une pièce. La gauche veut jouer le rôle d'un chasseur de monstres unijambiste, et la droite veut jouer le rôle d'une vieille laitière fatiguée. Je vais encore devoir me coltiner des scénarios débiles pour oublier que je m'ennuie.

*Ploc. Ploc. Ploc.*

Quand est-ce que quelqu'un viendra balayer mes récits imaginaires avec une belle histoire ?

"Dithyrambique. Abscons. Abiétin. Bobèche. Rambique-rambique-rambique. Cons-cons-cons. Étin-étin-étin. Bèche-bèche-bèche."
Et encore et encore et encore...
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Edvah
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Aventure #2 écrite Lun 26 Aoû - 16:11

Edvah s’assit sur une pierre, soupirant sans retenu. Elle avait eu l’impression que ce voyage ne se terminerait jamais… Déjà pour aller chercher Ushiran ça n’avait pas été de tout repos, mais cette fois en plus de devoir traverser le Désert Ambré, elle avait également eu à voyager dans les Landes Luxuriantes. La jeune capitaine mordit dans une espèce de pain de voyage pas particulièrement ragoutant qu’elle avait eu à voler à défaut d’avoir assez d’argent pour acheter quoi que ce soit.
Ils étaient partis dans l’après-midi ayant suivis le recrutement à la taverne. Edvah avait invoqué Ushiran pour lui expliquer ce qu’elle attendait de lui, non sans devoir supporter mauvaise humeur et protestations. Puis avait dû se préparer, faire un stock d’outre et autres gourdes pour contenir le plus d’eau possible, de rations pour elle et son cheval… Le temple étant sur un thème assez humide, elle prit également de quoi se changer pour ne pas pourrir dans des vêtements détrempés… Bien qu’au retour, le Désert Ambré aurait eu vite fait de la sécher… Ou de l’assécher. Peut-être pourrait-elle esquiver ce lieu de malheur en passant à la nage des Landes à la Traversée de la Rivière Blanche… Mais encore fallait-il que son invocation ait de quoi la porter et qu’Ushiran accepte de mettre les pieds dans l’eau ou de traverser le Désert en vitesse seul… Mais elle ne lui en avait pas encore parlé.
Ils étaient donc partis, avait voyagé jusqu’à l’entrée du Désert Ambré, y avait fait une pause et était repartit. Ils avaient voyagé de nuit dans le Désert, esquivant tant bien que mal les attaques de Zuhu et autres merveilles que les Dieux avaient inventés pour emmerder le monde… Terme vulgaire mais approprié. Ils avaient dû ensuite faire une nouvelle halte pour reposer la pauvre Astragale qui avait galopé à en mourir, mais c’est un élémentaire de feu qui avait fini par avoir raison de la jument. Et c’est à pied, Ushiran pire que bougon de devoir porter les sacoches d’Astragale comme un mulet, qu’Edvah pu enfin atteindre ce Temple de malheur.

Edvah se releva, époussetant son pantalon de cuir, ses cuissardes, sa chemise de lin. Elle laissa son tricorne à Ushiran, lui ordonnant de rester là où il se trouvait avec ses affaires et de l’attendre jusqu’à ce qu’elle revienne. Elle voulut lui dire que si elle ne revenait pas, il retournerait bien sûr dans son Temple et qu’elle avait été ravie d’avoir fait un bout de chemin avec lui… Mais au vu de son humeur, Edvah préféra ne rien dire et partit, son sabre à la ceinture, sa dague dans sa botte comme à l’accoutumé.
Arriver au pied du Temple ne fut pas non plus une tâche simple, et Edvah se demanda combien de personne avait eu une volonté assez farouche pour avoir ne serait-ce que le courage de nager jusqu’à l’immense bâtisse. Et encore, s’il ne pleuvait pas des cordes, sans doute que l’aventure aurait été plus facile… C’est donc détrempée, ses longs cheveux d’or dégoulinant sur ses épaules depuis que l’élastique qui les retenait avait lâché au cours de la longue nage qu’elle avait subi ; qu’Edvah put enfin se trouver sous le porche du Temple. Elle s’écroula juste sur la première marche, reprenant sa respiration et ses forces comme elle put. Mais elle n’avait pas non plus le temps de camper ici. Quand bien même si, contrairement au Temple de feu, elle n’était pas poursuivie par un mercenaire fou furieux contre elle…
Edvah se releva au bout de quelques minutes, s’épousseta de nouveau, acte inutile vu l’état… Mouillé de sa tenue, et partit en quête de ce qu’elle était venu chercher : Une invocation. Cette fois elle prit le temps d’errer dans le Temple, de se sécher, de se perdre en partie puis de revenir sur ses pas. Elle observa les portes qui lui plaisaient et ignorait celles qui n’étaient pas assez agréables à ses yeux. Puis elle finit par en choisir une. En la poussant, Edvah sentie son cœur battre la chamade. Elle était stressée et quoi de plus naturel ?

Derrière cette porte, un PLOC insistant et répétitif se faisait entendre au cœur de l’obscurité, mais Edvah n’y prêta aucune sorte d’attention : Il en était de même dans tout le bâtiment qui semblait fuir, gouttelette par gouttelette. Une forme parut bouger dans l’obscurité, preuve que la cellule n’était pas vide…

« Dithyrambique Abscons Abiétin Bobèche Dithyrambique Abscons Abiétin Bobèche »

L’écho devait être insupportable à long terme. Pourvu que l’occupant de la cellule n’en soit pas devenu fou. De plus Edvah craignait le pire, ne comprenant rien aux mots qui étaient prononcés par la réverbération… Et ce froid ! Décidemment, Edvah n’en aurait donc jamais terminé avec le froid. La chaleur d’Ushiran lui manquait déjà mais elle ne pouvait plus faire marche arrière.

« Je m’appelle Edvah, et je suis venue pour vous libérer, Demi-dieu. Quel est le moyen de le faire ? »

Elle n’avait pas haussé le ton, jugeant à la taille de la pièce qu’il était bien inutile de le faire. Mais Edvah avait fait l’effort d’articuler et de ne manger aucuns mots comme elle avait la coutume de le faire. En plissant les yeux, elle parvint à voir plus clairement la forme qui se tenait fasse à elle. Et elle dû se retenir de ne pas frissonner. Si un jour on lui avait demandé d’imaginer quel genre de monstre marin pouvait bien se terrer au fond des océans, c’était sans doute à ce genre de créature qu’elle aurait pensé. Puis une idée lui vint en tête, une pensée plutôt, qui la fit se redresser et sourire. C’était parfait. Une invocation avec un physique de fée ou de dauphin n’aurait pas fait autant d’effet sur un bateau que celle qu’elle avait en fasse des yeux, même s’il s’agissait du dauphin le plus féroce de toute l’île…
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Aventure #3 écrite Lun 26 Aoû - 16:11

Ploc fait la goutte. Ploc et encore ploc. Mes tentacules se mettent à danser. Pourquoi faites-vous ça, mes amis ? Le spectacle de marionnettes se fera plus tard, je me sens fatigué... Je voudrais tellement revoir le soleil, revoir les nuages, revoir le sable blanc de mes belles plages. Manger quelque chose. N'importe quoi. Pouvoir respirer un grand bol d'air frais, pouvoir nager dans de l'eau, salée ou douce, pouvoir... Rien que pouvoir.

Ploc fait la goutte. Mes tentacules se figent subitement. C'est bizarre qu'ils réagissent comme ça. Est-ce qu'ils peuvent sentir quelque chose que moi-même je n'aurais pas perçu ?
Ploc fait la goutte. Je scrute les environs. Oui, je sens également une perturbation dans l'atmosphère. Ploc fait la goutte.
Ploc fait la goutte. Elle commence à m'énerver, cette saloperie de goutte. On dirait qu'elle profite de mon état de faiblesse pour me narguer. Ploc. Ploc.
Je grogne de dépit et me tourne vers la porte de ma cellule. J'ai une impression que je n'avais jamais ressentie auparavant. Ploc fait la goutte. Silence, stupide gouttelette, laisse-moi écouter...
Ploc fait la goutte.

- Je m’appelle Edvah, et je suis venue pour vous libérer, Demi-dieu. Quel est le moyen de le faire ?
- STUPIDE GOUTTE D'EAU JE VAIS T'ÉVISCÉRER DES... des pieds... a... attendez... Il y a quelqu'un ? Vous m'entendez ? Je... Oui ! Vous êtes venue me libérer ? Vous... ? Une humaine ? Pour de vrai ? Je...

L'émotion me saisit vivement la gorge, m'arrachant les mots de la bouche. Je n'arrive pas à parler. Il faut se calmer. Ne pas faire fuir cette Edvah. Bon, comment ça fonctionne déjà, les humains ? Oui, échanger des politesses.

- Bonjour Edvah. Je m'appelle Letto. Je suis... ravi. Enchanté. Content, heureux, fabulé, transporté, extasi... CHUT !

Oui, chut. Ne pas oublier l'habile stratagème que j'ai mis en place. Vendre le produit de qualité que je suis. Musclé, fort, aimable...

- Je suis... Je... Je... Arrête de bégayer, Letto ! Oui, oui, désolé ! Pas la peine de t'énerver ! Ça fait... longtemps ! Hum, donc je disais... Je disais quoi, déjà ? Je... J'ai oublié... Le stress... C'est pas vrai, il faut tout faire soi-même, ici... L'épreuve est très simple. Raconte-moi une histoire et utilise les mots : "Dithyrambique, abscons, abiétin et bobèche". L'histoire doit avoir un sens. La longueur, peu importe. Il faut juste qu'elle me plaise.

Je me prends la tête entre les mains. Ma voix qui fluctue d'elle-même en plein milieu des phrases... c'est pas facile à vivre. J'espère que Edvah n'aura pas pris peur.

- N'hésitez pas à poser des questions... Je vous écoute, madame Edvah.
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Dernière édition par Anciens Joueurs le Jeu 29 Aoû - 14:38, édité 1 fois
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Aventure #4 écrite Lun 26 Aoû - 16:12

Le Demi-dieu grogna puis…

« STUPIDE GOUTTE D'EAU JE VAIS T'ÉVISCÉRER DES... des pieds... a... attendez... Il y a quelqu'un ? Vous m'entendez ? Je... Oui ! Vous êtes venue me libérer ? Vous... ? Une humaine ? Pour de vrai ? Je... »

Il hurla contre… Une goutte. Edvah sursauta, posant la main sur la garde de son sabre. Et au fur et à mesure que l’énorme poisson parla, la jeune femme se détendit, un sourcil haussé. Elle avait vu juste malgré elle : l’occupant de cette cellule avait perdu l’esprit. Tous ne pouvaient pas supporter la solitude, l’enfermement. En plus de ressentir un certain dégoût pour cet être ayant perdu l’esprit, Edvah sentit une grande part de pitié l’envahir et une note d’ironie. Elle n’aurait pas supporté d’être enfermé ici non plus et encore moins de voir quelqu’un arriver et repartir. Donc la jeune femme ne bougea pas d’un pouce, la main toujours sur son sabre.

« Bonjour Edvah. Je m'appelle Letto. Je suis... ravi. Enchanté. Content, heureux, fabulé, transporté, extasi... CHUT !
Je suis... Je... Je... Arrête de bégayer, Letto ! Oui, oui, désolé ! Pas la peine de t'énerver ! Ça fait... longtemps ! Hum, donc je disais... Je disais quoi, déjà ? Je... J'ai oublié... Le stress... C'est pas vrai, il faut tout faire soi-même, ici... L'épreuve est très simple. Raconte-moi une histoire et utilise les mots : "Dithyrambique, abscons, abiétin et bobèche". L'histoire doit avoir un sens. La longueur, peu importe. Il faut juste qu'elle me plaise. »


Edvah le regarda se prendre la tête entre ses mains palmées. Avait-elle rêvé ou avait-il parlé de deux voix différentes ? Non pas comme une voix d’homme et une de femme, mais quelque chose de subtile, comme quelqu’un imitant une personne puis une autre. Mais en réalité ce n’était pas ce qui tracassait réellement la jeune femme. Il voulait une histoire ? Avec les mots de l’écho ? Mais comment pouvait-elle faire ? Elle n’en connaissait même pas le sens…

« - N'hésitez pas à poser des questions... Je vous écoute, madame Edvah.
- Pas d’madame… Juste Edvah ça suffit… Laissez-moi juste réfléchir…»


Edvah avait répondu, mais était déjà en train de réfléchir. Son ton dû paraître lointain, ses yeux fixant le sol. Elle se frotta le menton, les sourcils froncés, puis se gratta la tête. Elle se mit à faire les cents pas, se murmurant à elle-même les mots qu’elle devait utiliser, cherchant à leur donner un sens. Sa voix se cala sur l’écho, mais rien ne lui vint. Elle n’avait aucune idée de ce que pouvait bien dire dithyrambique, abscons, abiétin ou bobèche. Dithyrambique lui faisait penser à alambiqué, mais même ce deuxième mot n’avait qu’un vague sens pour elle et n’était pas réellement certaine de l’avoir jamais prononcé… Abscons lui faisait penser à une insulte, mais comment être certaine ? Bobèche ressemblait à bobine certes mais elle n’osait pas non plus penser à abiétin…
Alors Edvah n’avait qu’une seule autre solution : Si elle ne pouvait pas donner leur sens aux mots, elle devait contourner ce sens. Il était inutile de se torturer à chercher quoi que ce soit sur quelque chose qu’elle ne connaissait pas. Mais comment contourner le sens d’un mot ? Le visage d’Edvah était tordu d’un rictus énervé. Elle n’était jamais allée à l’école ! Elle ne savait ni lire ni écrire, et bien évidemment, le problème qui lui était posé touchait aux mots. Mais elle ne pouvait attaquer l’énigme de front, elle devait l’esquiver pour le prendre à revers, comme elle faisait si bien en combat…
Soudain, une idée fleurit sous ses cheveux d’or. Son visage se détendit et elle fixa Letto. Un léger sourire qui, s’il avait été plus grand et donc visible, aurait pu être qualifié de fourbe se dessina sur sa bouche. Et ses yeux luisaient de malices. Si avec ça elle ne parvenait pas à s’en sortir… Soit le Demi-dieu était dur en affaire, soit elle n’était pas très bonne narratrice… Sur ce deuxième point, elle aurait à faire attention à sa prononciation, et ce ne serait pas non plus une mince affaire.

« Vous permettez que je m’assois ? »

Sans réellement attendre de réponse, Edvah s’assit, le dos contre la porte. Elle se racla la gorge, se frotta les mains puis les posa sur ses genoux. Elle aurait bien prit Letto sur ses genoux comme le faisait sa mère mais quelque chose lui disait que ce n’était pas la meilleure solution.

« Dithyrambique, abscons, abiétin et bobèche, on est d’accord ? »

Heureusement que l’écho ne cessa pas une seule seconde car Edvah n’était pas certaine de pouvoir les mémoriser, même si sa vie en dépendait. Et sa vie en dépendait… Mais le plus important à présent était d’imaginer une histoire qui puisse toucher, ou du moins plaire à un monstre marin de 2m de haut à moitié fou. Sans réellement savoir pourquoi, Edvah prit une voix douce et se mit à conter un récit qu’elle avait entendu une fois, quelques détails en plus, sur le ton que prenait sa mère quand elle lui en racontait… Il y a longtemps.

« Alors… Il y a bien longtemps, longtemps avant que les Dieux ne reviennent châtier leurs enfants, longtemps avant même que ces Dieux n’existent, longtemps avant que le temps ne puisse nous permettre de savoir quand se déroule notre histoire… Il y a longtemps, un autre monde existait. Il n’avait été créé ni par la douce Aqua, ni par l’impétueux Ignis, ni par la sage Terra, ni par le frivole Aer ; car comme nous l’avons dit plus tôt, les Dieux n’existaient pas encore.
Mais un monde existait déjà. Et dans ce monde se trouvait une ville. Et dans cette ville se trouvait un terrible comte. Et ce comte se prénommait…»


Edvah ne marqua qu’une minuscule pause, imperceptible, mais c’était à cet instant présent qu’elle jetait les dés pour pouvoir jouer son coup.

« Abscons. Or, un jour, le compte Abscons venait de perdre les dernières pièces d’or de son immense fortune, et même au-delà. Cet homme sans honneur avait dilapidé son bien à guerroyer vainement, à jouer, à boire et à festoyer. Sa femme était morte de chagrin en laissant une petite fille, Dithyrambique, à laquelle elle avait légué beaucoup d’argent.
A la même époque vivait Mr Bobèche. C'était un banquier que sa charité inlassable avait fait aimer de tous. Mr Bobèche était, pour son malheur, le banquier du comte Abscons auquel il avait prêté beaucoup d'argent que le comte ne lui avait, bien sûr, jamais rendu.
Dans le bureau de Mr Bobèche le comte hurlait qu’on lui prête de l’argent. Et le banquier lui répondait qu’il ne pouvait plus rien lui donner. Et le compte de le menacer, crachant qu’il aurait son argent quoi qu’il advienne et que le banquier en paierait de sa personne.

Mr Bobèche rentra chez lui pour réfléchir jusqu'au dîner. Or, ce même soir, les soldats du comte défoncèrent la porte de Mr Bobèche. Ils le ligotèrent et l'emmenèrent, sans explication, pour le jeter en prison. Tous les habitants de la ville surent que la terreur allait passer sur eux... Alors ils se tournèrent vers le seul homme qui puisse encore écarter le malheur : Mr Abiétin, le sage.

A minuit exactement, Mr Abiétin chercha comment sauver les pauvres gens de la ville quand apparut devant lui un homme dont le regard avait la profondeur du ciel. Mr Abiétin lui expliqua tout, prit d’une immense confiance en cet homme : Le comte sans scrupules, le pauvre banquier condamné à mort, les habitants à présents sans soutien, le comte qui voulait à présent s’emparer de la richesse de Dithyrambique en la disant morte… L’homme dit alors à Mr Abiétin d’aller chercher de l’eau et d’y façonner le visage de la justice. Il y insufflerait la vie, et Justice serait faîtes. Et l’homme partit.

Mr Abiétin modela donc de ses mains, avec l'eau qu'il avait recueillie et des algues, un géant de forme humaine.
A peine la dernière courbe ajustée, la créature respira et se redressa. Mr Abiétin expliqua de nouveau la situation, demandant à sa création de retrouver Dithyrambique. La créature accepta d'une voix terrible qui fit trembler les murs.
Au tribunal, le jour du procès de Mr Bobèche, le comte Abscons croyait toucher au but. Il se réjouissait déjà dans son cœur, lorsque retentit le fracas d'une porte brisée. Dans l'encadrement il y avait un géant qui tenait une petite fille dans ses bras. L'enfant courut aussitôt vers le comte en criant " Papa ! Papa !" C'était effectivement Dithyrambique que la créature avait trouvée dans une cave où son père l'avait enfermée.
Le juge libéra Mr Bobèche et condamna le comte Abscon à l'exil. Mr Abiétin effaça alors le visage de la créature d’un doux coup de main pour l'endormir. La Justice avait été rendu. Et si une chose resta toujours en mémoire des habitants de cette ville, dans ce monde, bien avant que les Dieux ne s’éveillent, c’était que le Juste n’avait rien à craindre du Vil… Car la créature les protégeait. »


Edvah se stoppa. Elle n’avait plus rien à dire. C’était maintenant à Letto de lui dire ce qu’il pensait de son histoire.
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Aventure #5 écrite Lun 26 Aoû - 16:12

La jeune Edvah ne s'est pas enfuie. Elle n'a pas pris les jambes à son cou. Elle est encore là, de l'autre côté, me demandant de ne pas l'appeler "madame", juste Edvah.

- Vous permettez que je m’assois ?
- Bien sûr, bien sûr, prenez vos aises, mad... Edvah !

Ça promet d'être intense et intéressant, comme situation ! Je me demande comment elle va utiliser mes mots ? Est-ce que j'ai à faire à quelqu'un de cultivé qui me fera un personnage savant en train de réciter un dictionnaire ? Ou alors tentera-t-elle la ruse ? Est-ce que l'auteur de son œuvre s'appellera Monsieur Dithyrambique ? Une ville fictive près de l'inexistante mer Bobèche ?
C'est important de pouvoir déterminer comment on réussirait sa propre épreuve avant de la faire passer à quelqu'un. Mes tentacules ne s'arrêtent pas de frétiller. Ils se tordent dans tous les sens. Calmez-vous, mes amis. Dame Edvah va commencer son histoire.

Les premiers mots sortent déjà de sa bouche. Elle a une voix incroyablement douce. C'est si beau d'entendre enfin une autre voix que la mienne... enfin, que les miennes. Le début de son histoire, je ne l'écoute que d'une oreille, trop subjugué par son timbre vocal. La hauteur de ses mots, leur profondeur... Un chef d'œuvre musical.
Et puis, une très légère pause. Moins d'une seconde, mais tellement brutale, tellement... inattendue que je la remarque. Pendant ce minuscule intervalle, mon cœur s'arrête de battre. Elle a disparu ? Elle a changé d'avis ? Revenez, dame Edvah !

Mais non, mes craintes sont rapidement balayées par sa voix chantante qui reprend. Oui, j'ai affaire à une rusée. Même si elle n'est pas encore ma maîtresse, ça me rend fier. Les personnes rusées sont les plus intéressantes. Elles savent s'adapter à tout et n'importe quoi. Je sais déjà ça sur sa personnalité. Je crois que je n'aurais pas pu mieux tomber. Merci, dame Edvah, d'être venu me chercher moi dans ce tombeau froid et humide...

L'histoire se termine. C'est une histoire heureuse, qui se termine bien. Le Bien gagne, le Mal perd. La finalité du récit me rend un peu d'espoir. Ce n'est pas une personne mauvaise, qui a raconté une histoire horrible où tout le monde meurt.
J'en suis extrêmement satisfait. Oui, l'histoire me plaît. La voix de dame Edvah me plaît. La façon dont elle s'exprime, dont elle raconte, me plaît.

- C'était une belle histoire, madame Edvah. Edvah, pardon ! Je... je pense que vous êtes une personne intelligente et futée. Ça me remplit de fierté que vous soyez venue jusqu'ici et que vous m'ayez trouvé.

Je savoure chacun de mes mots. C'est si rafraîchissant de pouvoir discuter avec quelqu'un d'autre. Je crois que je n'en lasserai jamais. D'ailleurs, j'ai un vieux compte à régler.
Je me retourne vers la goutte d'eau, un rictus malveillant aux lèvres.

- À ton tour de mourir seule dans ce trou, gouttelette ! J'ai gagné, et tu as perdu !
- Ploc. Ploc.
- Tu auras beau me regarder avec des yeux tristes, gouttelette... Nos chemins se séparent. J'espère qu'on ne se recroisera jamais !

Et je me détourne vers la porte. Question importante, maintenant : comment sortir de cette fichue cellule ? Bah, autant essayer de juste pousser la porte et de voir. Je m'arque contre le panneau de bois et commence à pousser de toutes mes forces. Non, ça ne fonctionne pas.

- Edvah... Est-ce que vous pourriez... essayer d'ouvrir ? Vu que vous avez réussi l'épreuve, je pense que vous seule êtes habilitée à me délivrer...
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Aventure #6 écrite Lun 26 Aoû - 16:13

« C'était une belle histoire, madame Edvah. Edvah, pardon ! Je... je pense que vous êtes une personne intelligente et futée. Ça me remplit de fierté que vous soyez venue jusqu'ici et que vous m'ayez trouvé. »

Letto apprécia son histoire, Edvah en avait eu la confirmation à l’instant et souri pour seul réponse. Elle avait suffisamment parlé pour le moment. Cependant, elle ne fut pas surprise de la conclusion du Demi-dieu. Sans doute que ses étranges tentacules frétillants ou quelque chose dans son regard le lui avait fait comprendre bien avant qu’il n’ouvre la bouche que son histoire le satisfaisait pleinement. Elle, était satisfaite de ne pas être morte et d’avoir su plaire à ce qui serait son serviteur jusqu’à la fin de ses jours à elle… Bien que serviteur n’était sans doute pas le mot le plus juste. Car Edvah ne traitait pas Ushiran comme un esclave ou un animal. Disons qu’il s’agissait plutôt d’une coopération forcée.

« À ton tour de mourir seule dans ce trou, gouttelette ! J'ai gagné, et tu as perdu ! Tu auras beau me regarder avec des yeux tristes, gouttelette... Nos chemins se séparent. J'espère qu'on ne se recroisera jamais ! »

Edvah n’haussa pas de sourcil cette fois, souriant à Letto comme on sourit à un enfant malade. Comme à un enfant malade à qui l’on n’a pas encore dit qu’il était souffrant. Mélange de compassion et d’attendrissement. Elle espérait qu’Ushiran saurait être indulgent. Sinon elle aurait à se montrer ferme. L’eau et le feu n’était peut-être pas fait pour s’entendre, mais ils étaient tous les deux bien assez capable de se maîtriser et de prendre sur eux. N’étaient-ils pas plus vieux que tous les humains sur cette île réunis ?!
La jeune capitaine fronça par contre les sourcils en voyant Letto pousser sur la porte sans parvenir à la faire bouger.

«- Edvah... Est-ce que vous pourriez... essayer d'ouvrir ? Vu que vous avez réussi l'épreuve, je pense que vous seule êtes habilitée à me délivrer...
- Je… Attends, pousse-toi. »


Edvah se rappelait très bien avoir poussée la porte pour entrer dans la cellule de Letto. Et s’il était impossible de la pousser pour en sortir… La jeune prit la petite poignée ronde se situant sur sa droite et la tira vers elle. La porte s’ouvrit sans broncher, ni même grincer, donnant sur le couloir humide qu’elle avait emprunté à l’allée. Elle ne fit aucun commentaire, sortant de la cellule et s’avança tranquillement vers la sortie du temple.
Edvah se rappelait très bien d’Ushiran sortant en trombe de sa cellule pour aller se rouler dans le sable. Elle ne voulut donc pas brusquer Letto, le laissant apprécier sa sortie comme il l’entendait. Qu’il court ou qu’il reste sur place pendant quelques instants, la jeune femme ne dit rien, se contentant de rejoindre l’entrée sans se presser pour lui laisser le temps dont il avait besoin. Mais une fois dehors, elle l’appela. Il était tant qu’il lui montre ses talents. Pour ne pas trop le choquer par rapport au ton doux et articulé qu’elle avait employé au cours de l’histoire, elle tenta de graduellement revenir à son ton sifflant et à ses mots mal prononcés. Car pour Edvah il était essentiel de ne pas mettre en rogne ses invocations, bien qu’avec Ushiran il est était assez difficile de toujours le brosser dans le sens des écailles. Elle avait besoin d’eux entant qu’alliés et non entant qu’esclaves agissant contre leur gré.

« Letto ? C’est l’moment de faire tes preuves. Chacun son tour. Mais j’pense pas que cette épreuve-là soit très difficile pour toi… Suffit que tu me prennes sur ton dos pour que j’puisse traverser. Mais avant, j’dois te raconter une nouvelle histoire. La mienne. »

Cette fois Edvah ne s’assit pas car elle n’en avait pas non plus pour très longtemps, simplement assez pour informer Letto sur sa nouvelle vie.

« Donc, j’m’appelle Edvah, Edvah Laudenie. Je suis la capitaine d’un équipage de pirates. J’ai déjà une invocation, Ushiran, mais pour m’assister, j’avais besoin d’un autre demi-dieu et j’suis venue te chercher… On pourra discuter plus si t’as des questions, mais une fois que j’serais de l’autre côté. Ushiran nous attend là-bas. »

Elle pointa la forme de l’énorme dragon qui était déjà visible du porche du temple. Edvah n’attendait rien d’autre de Letto qu’il accepte de la faire monter sur lui pour traverser l’étendue d’eau qui séparait le temple et la Lande Luxuriante. Elle aurait aimé que cela se fasse sans qu’elle en ressorte trop trempée, mais la pluie qui s’abattait toujours sur un large périmètre autour du bâtiment rendait la tâche impossible.
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Aventure #7 écrite Lun 26 Aoû - 16:13

La porte s'ouvre en grinçant devant moi. Est-ce que ce que je vois est réel ? Est-ce qu'il s'agit d'un songe ? Dame Edvah se dirige vers la sortie du temple. Elle ne me dit rien, ne me parle pas. Me donne-t-elle le droit de faire ce que je veux ?
Hésitant, j'avance d'un pas. J'observe avec anxiété les gonds rouillés du panneau de bois. Vont-ils se refermer violemment sur mes pieds palmés ? Vont-ils se moquer de moi ? Je déglutis et franchis le cap. Je suis... Ce n'est pas un rêve. Je suis devant ma cellule, prêt à m'élancer vers l'extérieur.

Une seconde.

La gouttelette d'eau n'est plus qu'un fond sonore bénin dans mon esprit enthousiasmé par cette liberté retrouvée.

Deux secondes.

Je peux presque sentir un courant d'air frais me caresser les écailles... Presque.

Trois secondes.

Je n'y tiens plus et je m'élance. Je passe à toute vitesse à côté de ma nouvelle maîtresse, sans même lui accorder un regard. Une étendue d'eau qui s'étend devant moi... Je m'y jette sans plus attendre.
La fraicheur de l'eau qui me trouble la vision, les bancs de poissons timides qui s'éclipsent avant même que je n'arrive à leur niveau, les bulles qui s'échappent de mes narines à intervalles réguliers... Tant de petits détails qui m'ont manqué, que je ne pensais jamais revoir de ma vie... Et voilà que si, je les revois, je retourne à l'intérieur, je m'y noie avec un bonheur non caché. Mais tout a fin une, même les plus agréables des expériences... La voix de ma maîtresse me parvient.


- Letto ? C’est l’moment de faire tes preuves. Chacun son tour. Mais j’pense pas que cette épreuve-là soit très difficile pour toi… Suffit que tu me prennes sur ton dos pour que j’puisse traverser. Mais avant, j’dois te raconter une nouvelle histoire. La mienne. Donc, j’m’appelle Edvah, Edvah Laudenie. Je suis la capitaine d’un équipage de pirates. J’ai déjà une invocation, Ushiran, mais pour m’assister, j’avais besoin d’un autre demi-dieu et j’suis venue te chercher… On pourra discuter plus si t’as des questions, mais une fois que j’serais de l’autre côté. Ushiran nous attend là-bas.

Je m'arrête pour la regarder. Oui, c'est à moi de jouer. À moi de la remercier. Cet Ushiran... Il est difficile de ne pas le voir. Mes tentacules s'agitent déjà. Le premier s'enroule sur lui-même, de manière à dresser un siège pour ma nouvelle maîtresse.
Le deuxième se dresse derrière, agrippe Edvah par la taille et la fait doucement monter sur le siège de fortune. Le cercle du tentacule s'adapte, se resserre puis se desserre... Il faut que Dame Edvah soit à l'aise.

Et je saute à l'eau. Battant des pieds et des mains à toute allure, je fuse vers le versant opposé de la rive. Est-ce que Dame Edvah est indisposée par cette façon de voyager ? Bah, j'en profite pour l'instant. Je n'ai pas reçu d'ordres contradictoires donc autant m'amuser tout de suite.
Je pique une pointe de vitesse. Terminus, tout le monde descend. Même pas le temps de m'éclater qu'on est déjà arrivés.

Je dépose précautionneusement ma passagère sur la terre ferme et je me tourne vers Ushiran.


- Salut. Je m'appelle Letto, et j'ai cru comprendre qu'on allait devoir coexister, si on peut dire. Je vois que t'es un fils d'Ignis... Ravi de faire ta connaissance. Dame Edvah, vous dites que vous êtes une pirate ? Vous pouvez m'en dire plus sur vous ? Qu'est-ce que vous attendez de moi ?
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Aventure #8 écrite Lun 26 Aoû - 16:14

Le temps aux alentours du temple était à l'image de mon humeur : maussade. Et encore, maussade était un euphémisme, tant pour le temps que pour moi, il faisait carrément pourri : humide et glacial, l'air en semblait presque visqueux et dégoulinant. Un endroit bien digne des rejetons de l'Eau...

On aurait pu croire que j'aimais être de mauvaise humeur, puisque j'étais dans cette situation presque en continu depuis le retour de la mémoire d'Edvah, mais au contraire, je détestais ça, et quelque part ça me rendait une humeur encore plus noire de ne pas pouvoir profiter pleinement de ma liberté.

On aurait dit que la capitaine faisait tout pour me contrarier : elle m'avait d'abord amené avec elle pour une expédition totalement inutile ayant pour but de constater que les moules aimaient bien le bois vermoulu de sa coquille de noix, et que cette dernière ne s'était pas vu pousser des ailes pour prendre la poudre d'escampette toute seule. Constat qui m'avait d'ailleurs coûté un plongeon dans l'eau glacée, on ne pouvait pas dire que je ne faisais pas d'efforts quand même... Mais ce constat n'avait pas du lui plaire puisqu'elle m'avait pris de haut et m'avait renvoyé dans mon temple, où soit dit en passant, j'étais toujours bien mieux que dans cette grotte lugubre ou bien qu'ici.

Cependant cela ne lui avait pas suffi et elle ne m'avait rappelé à elle que pour me dire qu'après cette expédition foireuse, elle comptait aller au temple de l'Eau pour libérer un fils d'Aqua. Sérieusement, elle avait un grave problème d'addiction à l'eau cette humaine. Comment pouvait-on y être accro à ce point ? Autant pour les poissons, qu'ils soit divins ou non, je pouvais comprendre, mais pour une espèce terrestre...

Toujours est-il que j'avais du me retaper la traversée de Lüh à ce temple tout visqueux. J'avais beau lui avoir rabâché qu'un enfant de la Terre ce serait bien mieux, et que j'en connaissais justement une particulièrement efficace, elle avait tenu à aller chercher son poisson divin. Et j'attendais maintenant sous la pluie et les embruns, constatant que même le vent sentait la poiscaille. J'en venais presque à espérer qu'elle tombe sur un poisson sadique qui la tuerait, ce qui me permettrait de retourner dans le confort douillet de ma cellule et son plafond de lave. Presque.

Mais je la vis finalement apparaître de l'autre côté du bras de mer qui séparait le temple de la rive. Au moins ne m'avait-elle pas demandé de l'accompagner jusque là-bas à la nage, l'atmosphère y semblait encore plus visqueuse qu'ici, si jamais c'était possible. Elle était accompagnée de son poisson magique... Il s'avérait être une sorte de colosse marin. Au moins il ne semblait pas complètement inutile et Edvah pourrait peut-être se contenter de lui pour parcourir les mers, auquel cas j'aurais champ libre pour faire ce que je voulais sur terre pendant qu'il veillait sur sa vie - et accessoirement sur ma liberté - sur les mers.

Le poisson enserra Edvah dans ses tentacules, et se lança dans la traversée du bras de mer tel un hors-bord. J'eus un sourire malsain en pensant que l'humaine devait être glacée jusqu'aux os, et j'espérais que la traversée serait aussi inconfortable que possible pour elle. Peut-être que ça lui mettrait dans la tête que l'eau ça craignait sérieusement, et ça ne valait sûrement pas le coût d'y risquer le confort et la dignité d'un fils d'Ignis.

Cependant, quelque inconfortable qu'ait été le voyage, il fut en tout cas bref, et bien vite je pus examiner ce fils d'Aqua de près, les écailles hérissées et un rictus mauvais aux lèvres. Un combat contre ce poisson fraîchement sorti de sa boîte ne m'aurait pas déplu, surtout qu'il n'avait pas l'air particulièrement faiblard.

Cependant je doutais que ce soit dans les intentions d'Edvah de me laisser faire, ni dans les projets de mon potentiel adversaire d'ailleurs, puisqu'il s'adressa à moi d'un ton fort cordial, avant de s'enquérir de plus de détail sur notre Invocatrice commune. J'eus un rictus d'amusement en remarquant qu'il vouvoyait l'humaine.

Bien que je ne trouvais pas que l'environnement humide et glacial se prêtait particulièrement à une discussion cordiale telle que des humains auraient pu en tenir une autour d'un bon feu dans un fauteuil moelleux et une tasse de thé à la main, je répondis au fils d'Aqua, prenant sur moi pour adopter un ton aussi affable que je le pouvais, l'exercice rendu difficile par mon humeur et le froid qui ne me laissaient que très peu desserrer les dents.


"Ushiran pour ma part, et oui je suis un fils d'Ignis. Ça devrait d'ailleurs répondre à ta question quant à tes activités futures : ce sera sûrement faire des expéditions dénuées d'intérêt dans des lieux qui sont tout sauf adaptés à toi. Je me demande si notre humaine t'amènera dans le désert, ou bien dans un volcan ou un truc du genre... Ou bien si elle partira avec toi sur sa coquille de noix pour aller éventrer les marchands assez idiots pour voyager par la mer et s'emplir les poches du métal doré qu'ils trimballent... Personnellement je préférerais la deuxième solution, au moins ça me laisserait tranquille."

Un sourire à peine teinté de cynisme vint conclure ma déclaration, et je pus ajouter, sur un ton un peu moins glacial :

"Bref, ravi de faire ta connaissance bien que je ne pense pas que nous nous côtoierons beaucoup, nous ne nous épanouissons pas vraiment dans les mêmes environnements... D'ailleurs maintenant que tu es là, plus rien ne nous retient ici et on peut partir pour un endroit un peu plus chaleureux."

Joignant le geste à la parole, je me détournai de mon demi-frère et de notre humaine, et entrepris de m'éloigner à grands pas de cet endroit dégoulinant.
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Aventure #9 écrite Lun 26 Aoû - 16:15

Edvah posa le pied à terre et laissa les deux invocations se présenter. Autant Letto, avec cette espèce de candeur que devait lui attribuer la folie, était assez poli autant Ushiran... Était Ushiran. Soupirant, les yeux levés vers le ciel, la jeune femme ne prit même pas la peine de lui faire une quelconque remarque.

«- Salut. Je m'appelle Letto, et j'ai cru comprendre qu'on allait devoir coexister, si on peut dire. Je vois que t'es un fils d'Ignis... Ravi de faire ta connaissance. Dame Edvah, vous dites que vous êtes une pirate ? Vous pouvez m'en dire plus sur vous ? Qu'est-ce que vous attendez de moi ?
- Ushiran pour ma part, et oui je suis un fils d'Ignis. Ça devrait d'ailleurs répondre à ta question quant à tes activités futures : ce sera sûrement faire des expéditions dénuées d'intérêt dans des lieux qui sont tout sauf adaptés à toi. Je me demande si notre humaine t'amènera dans le désert, ou bien dans un volcan ou un truc du genre... Ou bien si elle partira avec toi sur sa coquille de noix pour aller éventrer les marchands assez idiots pour voyager par la mer et s'emplir les poches du métal doré qu'ils trimballent... Personnellement je préférerais la deuxième solution, au moins ça me laisserait tranquille.
Bref, ravi de faire ta connaissance bien que je ne pense pas que nous nous côtoierons beaucoup, nous ne nous épanouissons pas vraiment dans les mêmes environnements... D'ailleurs maintenant que tu es là, plus rien ne nous retient ici et on peut partir pour un endroit un peu plus chaleureux. »


Et d'un signe de la main, Edvah fit signe à Letto de suivre le gros ver grincheux qu'était Ushiran. Il allait falloir qu'elle essaye de se faire pardonner de la crique et du temple. Mais comment ? Il était tellement exécrable. Un caractère de cochon comme elle en avait rarement vue. Ils n'allaient pas resté fâché à vie, non ? Si elle voulait que ses invocations lui obéissent avec bon cœur et sans poser de soucis, il fallait qu'elles l'apprécient un minimum. Et elle soupçonnait Ushiran de regretter de ne pas l'avoir écrasé dans le désert il y a presque un an...
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Trempette dans la folie

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